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Noël : la part de l’Afrique dans l’universel

Noël est devenu une fête universelle. Aux quatre coins de la planète terre, elle est célébrée avec ferveur, vécue comme l’un des temps forts de la vie des communautés humaines. Au point qu’on en oublie les origines religieuses. Il reste que les Chrétiens continuent, à travers Noël, de célébrer la naissance de l’enfant Jésus, laissant à d’autres de n’y voir qu’une pause festive dans la ronde des jours. Dans cette mouvance universelle de Noël, où situer le Bénin, où situer l’Afrique ? Devons-nous nous laisser entraîner dans le courant d’une mondialisation qui tend à uniformiser, à standardiser Noël à l’échelle de la planète ? Concédons aux plus futés, aux plus malins d’entre nous, les commerçants en l’occurrence, d’avoir récupéré Noël pour de bonnes affaires. Noël, comme la fête des enfants, c’est l’une de leurs trouvailles. Il en est de même de Noël rendu synonyme de jouets à distribuer généreusement aux enfants. Sans oublier le père Noël qui a l’art de frapper les esprits, de faire rêver, de donner de la couleur à la fête,

Ne prenons pas de gants pour le dire : les Africains en général, les Béninois en particulier ne vivent pas encore Noël comme une fête qu’ils se sont appropriés, une fête qui porte leur marque, leur sceau distinctif. A Cotonou comme à Dakar, Ouagadougou, Kampala, Nairobi, on fête Noël comme à Paris, Berlin ou Washington. Nous nous laissons couler dans un moule sans nous poser trop de questions. Nous suivons le fil d’un mimétisme de mauvais aloi sans nous remettre en question. Au regard de quoi, nous nous acceptons comme des imitateurs plats, des contrefacteurs sans génie, des plagiaires sans talent, des singes grimaçants. Est-il aussi difficile que cela d’imaginer une Noël béninoise, africaine ? Une Noël qui serait notre part contributive à la civilisation de l’universel dont Senghor s’était fait le poète inspiré ?

Commençons par l’arbre de Noël. Il trouve, chaque année, une place dans les foyers de certains de nos compatriotes. Le pin, cet arbre des latitudes tempérées, surgit dans nos salons par 40° à l’ombre. Une aberration. Nous n’avons rien contre l’arbre de Noël. Bien au contraire. Mais de grâce, activons nos imaginations. Et nous trouverons un arbre de Noël qui soit de chez nous. Un arbre qui nous parle une langue que nous pouvons aisément comprendre. Un arbre avec lequel nous pouvons dialoguer, entrer en débat. Est-il dépaysé celui qui mange les mets de chez lui ? Oublie-t-il les sentiers qui conduisent à sa maison celui dont les chaussures ne manquent de porter un peu de la terre du pays qui l’a vu naître ? Nous avons, sous nos latitudes béninoises, africaines, à réinventer l’arbre Noël.

Venons-en à ce personnage appelé le père Noël. Nous l’avons adopté sans grand effort d’imagination. Nous n’avons cherché ni trop loin ni trop longtemps. Ce seul et même toubab à la grande barbe, tout de rouge vêtu, la hotte, c’est-à-dire le panier qu’il porte sur le dos, rempli de cadeaux, a le don d’ubiquité. Ce qui veut dire qu’il a la possibilité d’être présent à Washington comme à Bamako, à Madrid comme à Abidjan, à Rome comme à Nairobi.

Il en aurait été autrement si le père Noël au Bénin, par exemple, était pour l’enfant béninois à qui, à l’occasion, il apporte des jouets, la projection de son grand-père qu’il connaît bien et qu’il aime tant. Pourquoi, diable, attendre Noël pour donner à cet enfant un autre grand père, blanc de surcroît ? Comme si seul un Blanc pouvait lui donner le jouet dont il rêvait. Comme si seul un Blanc pouvait satisfaire ses désirs et combler ses attentes. Voilà comment nous creusons les fondations des complexes qui risquent de marquer durablement nos enfants.

Enfin, les jouets. Où sont nos psychologues ? Où sont nos éducateurs ? Où sont nos artistes et artisans ? Si le jouet a un rôle de tout premier plan dans l’évolution de l’enfant, comprenons que nous ne pouvons plus mettre dans les mains des enfants béninois, africains des jouets complètement déconnectés d’un projet de développement humain que nous sommes en devoir de concevoir pour eux. Jouer pour s’éduquer, grandir béninois, africain sans cesser de prétendre d’être un citoyen du monde. Voilà comment nous avons à jouer notre partition béninoise et africaine dans la grande symphonie universelle de Noël.

Jérôme Carlos

Burkina Faso : Des tirs nourris entendus dans plusieurs villes

(AfriSCOOP ) — Des tirs nourris et quelques détonations ont été entendus dans la nuit de mercredi 27 au jeudi 28 avril à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso soumise à un couvre-feu depuis bientôt deux semaines, et dans d’autres villes du pays, a appris Afriscoop de sources concordantes.

Il s’agit d’une nouvelle mutinerie qui a éclaté dans une caserne de Crs (Compagnie républicaine de sécurité, police) sise au quartier de Dassasgho, dans l’est de la capitale.

Selon des témoins, les tirs nourris d’armes automatiques, accompagnés de quelques détonations, ont été entendus pendant des heures. De nombreux policiers étaient sortis dans les rues du quartier où ils tiraient en l`air.

Le mouvement qui a débuté vers 22Heures (locale et Gmt) s’est étendu à d’autres villes de l’intérieur à savoir Bobo-Dioulasso (sud-ouest) et Dédougou (ouest) où des habitants joints au téléphone ont affirmé avoir entendu des coups de feu venant également des casernes des Crs de ces deux ville.

Il faut signaler que la mutinerie qui touche le Burkina Faso depuis deux mois ne concerne jusqu’à présent essentiellement que les militaires. Ce mercredi, une violente manifestation de commerçants et de jeunes a eu lieu à Koudougou (centre) où la mairie, la résidence du maire et la direction de la police municipale ont été saccagées, pillées et incendiées par les commerçants en colère.

Depuis janvier 2011, c’est toutes les catégories sociales qui s’en sont pris au régime de la IVe république dirigé par le président Blaise Compaoré qui est un ancien militaire arrivé au pouvoir, il y a 24 ans à la faveur d’un coup d’État contre son ancien compagnon d’armes Thomas Sankara.

Ces manifestations très violentes qui ont occasionnées au moins six morts et 45 personnes blessées par balles depuis ont lieu dans plusieurs villes du pays, dont la capitale Ouagadougou où un couvre-feu a été instauré mi-avril, suite aux mutineries de soldats de la garde personnelle de M. Compaoré.

Face à cette série de contestations militaires, des scolaires et des commerçants, Blaise Compaoré a dissout et nommé un nouveau gouvernement. De nouveaux responsables à la tête des armées de terre, de l’air et de la gendarmerie ont aussi été nommés.

Dans une déclaration rendue publique dimanche, les 34 partis d’opposition ont appelé à une « grande mobilisation » le 30 avril 2011 prochain à Ouagadougou contre le régime du président Blaise Compaoré qui depuis 1991, s’est fait réélire quatre fois avec plus de 80% des voix dans des scrutins contestés par ses opposants.

Burkina Faso : Blaise Compaoré mis en difficulté par une mutinerie

Burkina Faso : Blaise Compaoré, dégage !

Publié par : AFRIK ONLINE

Le Burkina Faso. C’était donc par le Burkina Faso que cette maladie devait commencer sa contagion, le pays des hommes intègres, le pays où le Président fraîchement élu est le chouchou de la communauté internationale, grand tribun de la région Ouest-Africaine, le grand Blaise !

Qui l’eût cru ? Nous, bien évidemment !

Nous avions parié sur le Cameroun ou le Burkina Faso ; nos prévisions sont donc sauves.

Il est quand même risible de considérer les voies de fait, le truchement par lequel se fait cette révolution.

C’est un peu comme dans les 7 solitudes de Lorsa Lopez (Roman Fiction de Sony Labou Tansi) où, à cause de « la chose », tout un gouvernement s’écroule !

En Tunisie le détonateur s’appelait Mohamed Bouazizi, en Afrique noire, ça se passe sous la ceinture !

A chacun ses armes, profil psychologique oblige.

La grande pagaille qui règne au Burkina Faso depuis des semaines, sans que l’opinion internationale n’en parle, est partie certes du « meurtre » consécutif aux bavures policières sur un jeune Lycéen, mais la mutinerie de la grande muette d’Ouagadougou qui couve depuis est, elle, prédicable à une affaire de fesses, dans laquelle seraient impliqués des hommes en kaki !

Les mutins entendaient acquitter tout bonnement leurs frères d’armes inculpés dans cette affaire d’adultère, à la manière Turque.

Mal leur en a pris et ils ont balancé des roquettes sur le palais de justice pour manifester leur désaccord avec les magistrats qui n’ont fait que lire le droit.

Les commerçants victimes de pillages, ont fermé boutique et les établissements scolaires ont été fermés.

En fin stratège, « grand Blaise » a initié une rencontre avec les insurgés, promettant d’augmenter leurs salaires, avec des primes supplémentaires, et la relaxe de leurs compagnons d’armes.

Quelle n’a pas été leur surprise en recevant leurs fiches de paie ! Pas d’augmentation de salaires, pas de primes !

Une erreur de débutant que « grand Blaise » n’aurait pas dû commettre car la grève des militaires est la chose à éviter vu les temps qui courent et ce n’est pas pour rien que les militaires ont leur mot à eux pour grève : mutinerie, pas très loin d’ailleurs de mutilerie

D’après les dernières informations, Blaise Compaoré se serait réfugié dans son village natal.

Une épreuve de plus pour la communauté internationale, après tous les muscles déployés en Libye et en Côte d’Ivoire pour faire partir des dictateurs dont leurs peuples ne voulaient plus.

Comment va-t-elle réagir face à ce test ?

Défendre Compaoré contre son peuple ou appuyer la volonté de changement ?

Ouattara vient de prendre le pouvoir et Blaise doit s’en aller !

Qui va donc le babysitter ?

Et si c’était la main noire du « boulanger d’Abidjan » derrière cette surprise ?

On pourrait donc dire, au risque de s’y méprendre, qu’il y a du pain sur la planche !

Nous avons une piste, regardez plutôt ces images d’archives, on dirait qu’il l’avait prévenu à maintes reprises :

Je te dis que chez toi aussi tu vas voir draps, mon frère !

Je te le redis devant Guillaume, même si j’en ris un peu c’est vrai…

Au fait, est-ce que tu as pris tes dispositions ?

Sans déconner ! Laisse-moi plutôt en rire !

Toi aussi tu dois faire gaffe, je te dis !