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BENIN : Déclaration de constitution du Groupe Parlementaire PRD / UNION FAIT LA NATION

Le Groupe parlementaire PRD/ Union fait la Nation a vu le jour, sa présidence est assurée par l’Honorable Augustin Ahouanvoébla ; Atao Mohamed Hinouho en est le vice-Président. Les membres de ce nouveau groupe parlementaire sont les députés du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) de Me Adrien Houngbedji. Ils quittent ainsi le grand groupe « Union fait la Nation » pour faire bande à part. Le groupe revendique toujours son appartenance à l’Union fait la Nation.

DECLARATION DE CONSTITUTION DU GROUPE PARLEMENTAIRE PRD/UNION FAIT LA NATION

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Chers collègues,

Depuis la Conférence Nationale des forces vives de la Nation, notre peuple a affirmé solennellement sa détermination à créer un état de droit et de démocratie pluraliste dans lequel les droits fondamentaux de l’homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus. Pour y parvenir, plusieurs institutions ont été prévues dont l’Assemblée Nationale. Celle –ci a pour mission de légiférer et de contrôler l’action du gouvernement.

En dépit des légitimes contestations qui ont caractérisé la préparation et l’organisation des dernières élections présidentielles et législatives, les Béninois continuent d’exprimer avec insistance leur désir de voir le Bénin accéder au progrès et au mieux-être dans un environnement de paix. Le peuple tout entier aspire à voir ses élus au Parlement se consacrer davantage aux questions liées à son développement. Le peuple souhaite voir le Parlement exercer ses attributions de contre-pouvoir conformément au texte et à l’esprit de la Constitution du 10 décembre 1991, en vue de la satisfaction de ses aspirations.

Réaffirmant sa totale appartenance à l’Union fait la Nation, le Parti du Renouveau Démocratique(PRD) s’engage aux côtés des différentes entités constitutives de l’Union fait la Nation, en faveur de la paix et du développement ; il adresse ses félicitations au groupe parlementaire UN et à son Président pour leur ardeur et leur dévouement à soutenir les points de vue du groupe.

Cependant soucieux d’une meilleure implication et d’une plus grande efficacité dans l’accomplissement de la mission qu’ils ont reçue du peuple, les députés signataires de la présente déclaration ont formé un groupe parlementaire dénommé « PRD-UNION FAIT LA NATION «.

Le groupe parlementaire PRD/UNION FAIT LA NATION composé des députés dont la liste est annexée, a pour :

– Président l’Honorable Augustin AHOUANVOEBLA

-Vice-président l’Honorable Atao HINOUHO

 Vive la démocratie

Vive le Bénin

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Wabi FAGBEMI à propos de la gouvernance de Boni Yayi : « La refondation est émaillée de précipitations et d’improvisations »

BENIN – Wabi FAGBEMI, Secrétaire général du Parti du renouveau démocratique (PRD), invité de « Sous l’arbre à palabre », organisé par « l’événement précis » : « La refondation est émaillée de précipitations et d’improvisations »

Wabi FAGBEMI, Secrétaire général du Parti du renouveau démocratique (PRD)

Statutairement propulsé au Secrétariat général du Parti du Renouveau démocratique (PRD) après la démission de Moukaram Badarou, Wabi Fagbémi, très peu médiatisé a accepté se soumettre aux préoccupations de la conférence de rédaction de L’Evénement Précis dans sa rubrique atypique « Sous l’Arbre à palabre ». L’exercice a permis d’explorer la vie de ce parti politique à la lumière des dernières actualités politiques et socioéconomiques mais aussi les supposées crises de fonctionnement et d’existence. Le Prd au sein de l’Union fait la Nation… Mais au cœur des débats, il y a une bonne place pour la personne-même du Secrétaire Général Fagbémi. Depuis le primaire à la dernière année de sa carrière d’enseignant passant par ses amours de syndicaliste, on se rend compte que l’ascension à la tête du secrétariat du Prd n’est pas un hasard.

Et si on en parlait

Comment se porte le PRD ?

Le PRD se porte très bien. Au lendemain des élections présidentielles de 2011 et même des législatives, beaucoup de langues ont fait croire que c’est fini pour ce parti, parce que, évidemment, depuis fort longtemps, c’est la bête à abattre. Mais il se relève chaque fois. Vous avez constaté avec l’université de vacances, que malgré tout, le parti a su se reprendre et se relever très tôt, si bien qu’aujourd’hui, je pense que vous le constatez, le parti vit bien.

Le silence de HOUNGBEDJI à l’université de vacances

Est-ce qu’il est dit tout le temps que le président Adrien Houngbédji doit parler ? Le secrétaire général a parlé, le président de l’université de vacances aussi. Je pense quand même que c’est suffisant. Le moment viendra où il va parler. Et vous le connaissez bien. Il ne parle que lorsque c’est vraiment utile, lorsque c’est vraiment urgent.

Adrien Houngbédji et le K.O de la présidentielle

Je pense qu’aujourd’hui, les hommes politiques de notre pays doivent dire la vérité. De 1990 à ce jour, je pense que le leader politique qui a marqué la vie de notre nation, c’est bel et bien Adrien Houngbédji. Vous l’avez vu à l’université de vacances, tout rayonnant. D’aucuns ont même dit qu’il est devenu encore plus jeune. Souriant.

C’est la preuve que le président est déjà habitué à ces épreuves. Ce n’est pas pour la première fois. Le K.O en question était annoncé avant même les élections ! 53%, c’était déjà annoncé avant les élections ! Et c’est ce que nous contestons ! Ce K.O forcé, c’est un hold-up. Et tout le monde le sait. Même les auteurs en sont conscients. Ils en sont tellement conscients qu’à tout moment, ils se réclament être l’élu du peuple.

La reconnaissance du K.O par la communauté internationale

Selon vous, la communauté internationale a reconnu. Evidemment, lorsque tous les observateurs qui arrivent dans le pays sont chambrés, nourris, correctement entretenus, ils ne peuvent dire que ce qu’ils ont dit.Mais en vérité, sur le plan international, il n’y a pas à se cacher la figure, notre pays à des problèmes. Notre démocratie n’est plus crédible. Lorsqu’on cite les pays qui ont conduit les élections de façon transparente, on ne cite plus le Bénin.

Le mutisme de l’opposition

Vous avez parlé de l’opposition. Est-ce qu’il y a une loi dans ce pays qui permet à la classe politique de jouer un rôle de l’opposition ? Prenez la loi sur le statut de l’opposition et son décret d’application. Il y a trop de choses qui clochent. Partout où il y a opposition et que c’est réglementé, non seulement il y a la loi sur le statut de l’opposition, mais il y a également la loi sur le financement de l’opposition. Est-ce qu’on a réglé cette question dans notre pays ?

 Est-ce qu’on permet aux partis politiques de jouer le rôle de l’opposition ? C’est ça la question. D’abord la loi elle-même donne des limites. C’est seulement l’opposition parlementaire qui est concernée par cette loi. En dehors du Parlement, n’ y a-t –il pas d’autres partis qui peuvent être de l’opposition ? Ceux qui vont se déclarer opposants, ils seront quoi ? Leur sécurité est-elle garantie ? Ont-ils accès à l’information sur l’administration, sur la gouvernance du pays ? Et les médias, y-ont-ils équitablement accès ?

Ce n’est pas comme dans les autres pays où il ya vraiment un statut de l’opposition et que ceux-là ont tous les moyens pour jouer ce rôle. Or, en démocratie cela est nécessaire, sinon vous allez tendre vers la dérive. Je pense que nous sommes sur cette pente actuellement, lorsque toutes les institutions de la république sont caporalisées, celles qui doivent jouer le rôle de contre-pouvoir ne l’exercent plus, et bien, le chemin est balisé pour la dictature. Le peuple est pris en otage à partir de ce moment. Vous voulez que dans ces conditions-là, qu’on aille plus loin que ce que nous avions fait.

Qui a gagné les dernières élections ?

Vous savez très bien que, nous n’avons pas perdu les élections. Mais nous, nous n’en sommes plus là ; nous sommes plus que jamais dans la logique de notre slogan ‘’avançons maintenant’’

Les démissions après les élections

Nous avons déjà fait plusieurs présidentielles dans notre pays et nous savons comment les gens observent la direction du vent pour se loger auprès des candidats et après les résultats chacun rejoint sa maison. C’est évident qu’il faudra faire une évaluation de la participation du PRD aux dernières élections. On est entrain de faire une analyse critique de ces élections et le moment venu vous aurez donc les résultats.

Le slogan« Réagissons maintenant »adopté par l’UN pour les législatives a bien porté ses fruits mais on lui a tordu le cou. Pour les législatives, vous avez estimé que c’est la débâcle. Non ce n’est pas vrai. C’est le même système. C’est la Lepi contestée qui a toujours jouée. Quand le Secrétaire général part, selon ce que les textes disent, en attendant le congrès c’est l’adjoint qui le remplace et c’est ce qui a été fait. Le congrès c’est pour bientôt en décembre. Ça nous fera cinq ans donc on va au congrès en décembre, nous n’avons pas encore pris une date. La date d’anniversaire c’est le 18 décembre.

Je pense que la suite va éclairer tout le monde. Vous voyez lors de notre conseil national à Calavi, nous avons pris des résolutions entre autres : l’ouverture et le dialogue. C’est grâce à cela que beaucoup de jeunes sont rentrés au PRD et aujourd’hui si nous faisons le point, c’est que cet engagement qu’on a pris à Calavi est très avantageux pour le parti ;lorsque dix (10) jeunes entrent au parti et que deux (02) quittent, le rendement est bon.

Le rendement est bon en matière de mobilisation politique. Est-ce que aujourd’hui vous pensez ou constatez que le PRD est affecté ? Au plan moral, je ne pense pas. Jusque-là encore, vous n’avez pas vu l’enthousiasme qui a entouré les dernières manifestations de notre université de vacances ? Comment les militants se sont déplacés massivement ?

La RB et la main tendue de Yayi

Permettez que je ne me prononce pas sur cet aspect de comportement de la RB. Chacun fait son choix, il paraitrait que le Président Yayi Boni a tendu ses mains. A qui veut de choisir la main où ne pas la prendre. Nous, nous sommes dans une alliance, l’union fait la nation, qui est ouverte à tout le monde ; on n’a pas vu la main ; certainement qu’il a voulu tendre la main à l’UN et il l’a tendu à d’autres personnes.

Il a confondu peut être les personnes. Pensez-vous que la meilleure manière de tendre la main est de saisir au sein d’un ensemble n’importe quel membre surtout lorsqu’on veut réellement former un gouvernement d’union nationale ? Vous pensez que c’est la meilleure manière ? La bonne manière c’est le dialogue sincère avec les chefs de parti. C’est le dialogue qui a été l’un des piliers même des recommandations de la conférence nationale de notre pays.

L’université de vacances

Nous avons les résultats qui encouragent à continuer. Nous avons pris trois résolutions : une résolution qui concerne le parti et qui donnera au parti plus de visibilité et permettra donc au parti de s’enraciner plus et de se maintenir sur l’échiquier politique national, nous avons pris une résolution par rapport à l’UN pour dire que c’est un creuset idéal qu’il faut fortifier parce que vous constatez aujourd’hui que c’est ici que les partis que vous appelez partis opposants se sont retrouvés ensemble et encore ils sont allés plus loin pour choisir un seul candidat.

Dans la sous région et même dans toute l’Afrique aujourd’hui l’exemple est suivi un peu partout. Et la troisième résolution, c’est par rapport à la gouvernance dans notre pays. Ainsi avons-nous analysé l’actualité nationale dominée par des tensions. En ce qui concerne le programme de vérification des importations, nous avons déploré la non prise en compte des acteurs concernés et l’absence de mesures d’accompagnement en vue d’amoindrir les effets induits.

Quant à la proposition de loi relative au droit de grève, nous avons dénoncé le caractère liberticide de cette loi. Aussi, avons-nous recommandé la revue de ce programme et le retrait définitif de cette proposition de loi, afin d’apaiser la tension politique, économique et sociale dans le pays

Houngbédji toujours Président du PRD ?

Jusqu’à l’heure actuelle vous avez constaté que quelque part on a dit qu’il n’est plus le président ? Il demeure et reste le président du parti. Certes un parti politique n’est pas lié à un homme. Non, un parti politique c’est pour toujours. Le leader charismatique du PRD est peut-être au soir de pouvoir participer à une échéance électorale présidentielle aujourd’hui , mais il n’est pas au soir de sa vie politique. Vous parlez de guerre de succession. Non parce qu’avec le fonctionnement du PRD, la structuration même du PRD, je ne pense pas que ça puisse laisser place à une guerre comme vous le pensez.

Gaston Zossou présumé dauphin de Houngbédji !

Je n’en sais rien mais ce que je puis dire est qu’Il est au PRD. Moi je vous confirme qu’il travaille avec le PRD. Et puis,ce n’est pas n’importe qui, qui peut être dans la cellule de communication du Président Adrien Houngbédji !

La Lépi, instrument de vol des élections

Nous l’avons réaffirmé encore à l’Université vacances (UV) que la Lépi c’est l’instrument par lequel on a opéré le hold-up électoral. C’est ça et s’il faut insister encore sur l’audit de cet instrument. On l’a dit et on continue de le dire. Nous, nous n’attendons jamais la veille des élections pour soulever les grands problèmes mais jamais le gouvernement n’a pensé les régler au plus tôt. Le peuple Béninois n’est pas ce qu’on pense et il semble qu’on tend vers une situation critique.

La refondation emaillée par la précipitation

Comme le changement, la refondation est émaillée de précipitations et d’improvisations. La preuve, quelle consultation il y a eu au préalable pour savoir si le peuple adhère aux lois que l’on sort la nuit et fait voter à 04h du matin ? C’est vrai que les députés sont les représentants du peuple et c’est eux qui votent les lois.

 Mais comment ils les votent ? Les députés de la mouvance se retirent et concoctent des choses qu’ils cachent a leurs collègues et c’est la nuit qu’on les sort sur la table et demande de voter avant le matin. Bien sûr qu’une plénière est convoquée avec l’annonce de l’ordre du jour, mais quand cela est fait et vous n’avez pas le support des lois et c’est arrivé a l’Assemblée nationale qu’on prend connaissance d’une loi qu’on doit voter.

Je pense que la démocratie prend des coups. Il faut investiguer et aller constater si le processus normal pour convoquer les plénières est respecté. Vous pouvez attendre pour comparer le contenu de la loi portant révision de la constitution qui a été publiée à ce qui sera sortir à l’assemblée. Je pense qu’aujourd’hui il est nécessaire pour tout béninois de prendre conscience du contexte que nous sommes en train de vivre.

 C’est un contexte marqué par une dérive totale. La démocratie est sérieusement menacée, sinon on ne peut pas agir de la manière qu’on est entrain de constater où on ne veut pas de dialogue. On fait ce qu’on veut et ça doit se faire. Si la démocratie est la dictature de la majorité sur la minorité qui ne doit pas parler c’est bon.

 Le dialogue est très important pour se comprendre, pour éviter les frustrations or c’est des frustrations que naissent la guerre.Le peuple béninois est frustré aujourd’hui, ne soyez pas étonné qu’un jour les medias annoncent que vous êtes dans une autre république, puisque c’est à 04h du matin qu’on vote les lois. C’est vers cela que nous évoluons.

Et alors les réalisations sous Yayi

Il y a bien sûr des réalisations. Je ne connais pas un gouvernement qui est arrivé dans notre pays et qui n’a pas réalisé quelque chose. Il y a beaucoup de reformes, mais tout ce que nous constatons est marqué par la précipitation. Quel résultat positif peut-on obtenir dans une telle précipitation ?

Il y a un conseiller du président de la République qui a dit quelque chose, il y a longtemps. Il demande d’enclencher d’abord avant de penser à réparer. Après on va colmater les brèches. Voilà comment on gouverne le pays. Si vous retourner sur vos bandes, vous allez retrouver ce que je viens de dire, peut être que ce n’est pas avec les mêmes termes. C’est ce qui se passe au port actuellement.

PVI, mauvais instrument ?

C’est un bon instrument pour renflouer la caisse de l’Etat normalement. Mais il aurait fallu qu’à l’avance qu’on discute avec les acteurs et qu’on trouve un terrain d’entente et prévenir. Aujourd’hui on a effectué un rentrée scolaire, voyez ce qu’on a installé au bord des voix pour vendre des fournitures, c’est-à-dire les « RAL ». Combien de personnes vont vers ces installations pour acheter. Comprenez que l’économie se porte mal.

C’est un indice. Or tout cela transite par le port. Cela veut dire que les opérateurs économiques ont des problèmes, il ne faut pas faire des reformes pour gêner la nation. Si on veut construire et développer, c’est ensemble que c’est possible. Ce n’est pas tout seul, tout le monde doit jouer sa partition avant, pendant et après.

Le PRD exclu de la prise de décisions ?

Moi, je ne dirai pas qu’est ce que le gouvernement ne permet pas au PRD de faire. Mais est ce qu’il tient compte des réactions du PRD, c’est tout le problème.

On a déjà trop parlé du problème de gratuité. Et pour ce qui concerne le paludisme, C’est heureux et nous remercions au passage tous ces partenaires ; mais est-ce que toutes les dispositions nécessaires sont prises pour que la population soit vraiment satisfaite? Regarder l’exemple des moustiquaires distribuées ! Avant de lancer un processus, il faut l’essayer et voir tous les contours. C’est tout ce que nous reprochons.

Il est vrai que nous sommes des hommes et personne n’est parfait même moi qui suis ici. Mais l’éducation que nous avons reçue devrait nous permettre de dire je veux faire telle chose, est-ce-que c’est possible et quelles sont les dispositions que je dois prendre. Je veux qu’on voie ensemble les réformes et réalisations, c’est emmailler d’erreurs parce que c’est dans la précipitation.

La loi sur la grève !

Par exemple celle sur la réglementation des grèves et vous le savez, si nous sommes en démocratie aujourd’hui, c’est grâce à la grève. Souvenez-vous des souffrances des années 1980 et ce n’est qu’en 1989 que la craie est tombée de la main des enseignants par inanition, au CEG Davié. J’étais acteur et c’était des risques énormes, le gouvernement de Mathieu Kérékou avait dépêché une forte délégation sur les lieux, mais une fois qu’ils nous ont écoutés, ils ont coulé des larmes et la rencontre prit fin.

Et c’était le tournant décisif ; mais aussi avec d’autres actions de l’intérieur comme de l’extérieur nous sommes parvenus à la conférence nationale. Est-ce qu’aujourd’hui, les conclusions de cette conférence ne sont pas menacées ? Il faut se demander pourquoi il y a beaucoup de grèves.

Comparaison des régimes Soglo-Kérékou-Yayi

Je veux faire une comparaison des grèves sous le régime de Soglo, de Kérékou et de Yayi, c’est le régime de Yayi qui bat le recors. Et c’est dans tous les domaines. C’est Yayi qui a fait la pléthore dans la fonction publique et il doit le régler ? C’est plutôt un problème de gouvernance au Bénin. Sous Kérékou, il y a moins de grèves et quand il y en a, il y a négociation. Vous avez les archives, je veux prendre l’exemple de la période de 1996 à 1998 avec le premier ministre Adrien Houngbédji.

 Son arme dans ce domaine est la négociation et dès qu’il s’engage, les problèmes sont réglés à telle point que certains partis politiques de la mouvance de Kérékou pensent que c’est lui qui les crée et apaise, c’est qu’il a de la méthode. Est-ce que c’est par la loi qu’on limite les grèves ? La loi réglemente les activités syndicales. Mais la loi n’interdit pas la grève, on ne doit pas aller jusqu’à ce niveau-là, c’est la dérive. Moi je ne suis plus responsable syndicale aujourd’hui, mais je dis à mes responsables syndicaux, qu’ils ne doivent pas faillir.Concernant la refondation des valeurs morales je pense que nos coutumes et traditions sont déjà très riches en la matière, est-ce que les parents ne sensibilisent pas les enfants sur un certain nombre de choses ?

 Le limogeage du Haut-commissaire au pèlerinage

Le Haut commissaire au pèlerinage, Rafiou Toukourou qui est sanctionné et suivez moi. J’ai suivi à la télévision le secrétaire de Rafiou Toukourou. Il a situé les responsables ; pour dire que c’est la Direction du transport du ministère qui est chargée de choisir l’aviateur. C’est déjà là le problème. Pour engendrer la situation, la responsabilité est déjà située; alors pourquoi on n’a pas agi dans ce sens là.

C’est ce que je constate et cela a été toujours comme cela. Vous l’avez suivi, « on laisse le serpent pour taper dans la brousse » bien sûr est-ce que c’est même dans la brousse parce que si on tape dans la brousse on va réveiller d’autres choses. On a tapé sur le sol nu.

Une vision critique du processus de la révision de la constitution enclenché

Les sages de la Cour Constitutionnelle sont entrain d’endormir le peuple en relevant l’article 6 de la loi référendaire de ce qui leur a été envoyé pour montrer qu’ils ont réagi contrairement à ce qu’ils ont l’habitude de faire. Et effectivement, certains ont acclamé comme ils le souhaitent et c’est pourquoi je dis « ne soyez pas surpris quand un beau matin vous vous réveillez pour entendre que vous êtes dans une autre République ».

 Puisque l’Assemblée Nationale peut le faire et ils ont la majorité qu’il faut pour le faire. C’est parce qu’ils ont la majorité qu’il faut pour le faire qu’ils ont déplacé le débat là en retirant les prérogatives du peuple en la matière. Et que c’est la majorité de l’Assemblée qui peut statuer là-dessus. C’est ce que la constitution dit ? C’est ce que la Cour a dit. Il y a deux voies pour réviser la constitution.

Il y a la voie du peuple ou voie référendaire et il y a la voie des députés de l’Assemblée Nationale. Lorsqu’on exclut l’une des voies il reste quoi ? Il reste la deuxième voie. Nous sommes des intellectuels, et il ne faut pas qu’on triche avec le peuple. Je suis d’accord avec la révision de la constitution mais je ne suis pas d’accord avec une révision opportuniste. Même aujourd’hui est-ce que c’est si urgent que ça de réviser cette constitution ?

Est-ce que sans réviser la constitution; la Nation ne vit pas ? Moi, je pense que ce qui est urgent ? C’est l’outil qu’est la LEPI, l’instrument fondamental pour la survie de notre démocratie ; c’est plutôt ça. Il faut d’abord régler ce problème là avant toute consultation électorale.

Des affectations politiques qui frustrent.

J’ai suivi tout récemment le front des enseignants qui rejette les affectations qui ont été faites à l’enseignement secondaire et ils disent que c’est des affectations politiques. Si tu n’es pas avec moi, je vais te déranger, je vais te gêner. C’est ce qui se dit au quotidien maintenant. Si toi opérateur économique tu n’es pas eux, tes affaires ne vont pas prospérer, tu ne gagneras pas de marchés.

 Est-ce que les affectations à l’enseignement tiennent compte des listes d’aptitude ? Il faut écrire je veux ; on examine et on mène l’enquête pour savoir est-ce qu’il est avec nous ou non, c’est tout. Moi ça ne me dit plus rien car je suis dedans il y a longtemps. D’ici quelques mois je vais à la retraite. Je ne parle pas seulement de mes militants, mais de tout le monde; parce que même dans leur rang il y a de frustrations.

L’avis de l’opposant sur la loi sur la corruption

Très bien ! La marche contre la corruption depuis 2007 et nous sommes en 2011 aujourd’hui. Dites-moi franchement avec tous les chapelets de mauvaise gestion qu’on a révélée après cette marche si quelque chose a changé. La loi sur la corruption vient d’être votée et les spécialistes en ont déjà parlé suffisamment.

Mais le seul point que je relève est-ce que c’est le Chef de l’Etat qui va délibérer, puisque c’est lui qui est à la tête de la commission qui va décider. Si réellement on est conscient qu’on veut lutter contre la corruption ; revoyez bien votre justice, c’est la justice qui règle ces cas-là. Revoyez la justice pour qu’elle réponde correctement aux besoins de la Nation.

Enseignement et dévotion

Moi, j’enseigne les SVT, Sciences de la Vie et de la Terre, au CEG Djassin. Allez voir mon Directeur pour savoir si je ne suis pas au cours. Mes élèves sont très chers pour moi et chaque fois que j’en rencontre, je me sens très heureux pare ce que de ces anciens élèves que je n’arrive plus à reconnaitre et qui me rendent d’énormes services, qui m’honorent.

Elu communal à Pobè

Je pense que la population de Pobè peut témoigner, je suis président de la commission éducation ; aujourd’hui à Pobè le système éducatif a reculé ? Mais, on est parti de deux ou trois collèges à Pobè, pendant que les autres communes d’à côté sont à neuf, dix collèges. Aujourd’hui chaque arrondissement de Pobè à son CEG et l’arrondissement de Pobè même a déjà trois CEG. Un quatrième CEG est prévu. Quand les fruits seront murs, vous saurez qu’il y avait des travaux en cours.

La caractéristique de Pobè c’est son sol. Pobè a un sol hydro morphe. Je vous ai dit quelques chose tout à l’heure, on ne peut pas mettre des engins sur ce sol maintenant, il faut attendre. Et le conseil qui est là est en train de bousculer beaucoup de choses. Si vous connaissez Pobè, et que vous connaissez la place mythique de Pobè, un véritable dépotoir, aujourd’hui le conseil a négocié avec les sages et nous voulons en faire une place touristique.

La crise du football vue par l’opposant

Je souhaite que tout le monde ramène la balle à terre. Il faut repenser autrement le football. Il faut que tous les acteurs se retrouvent et que chacun oublie ces querelles et laisse un peu de soi.

Conclusion

Je vous remercie une fois de plus, je souhaite que vous continuiez, car je trouve l’ambiance aussi magnifique que je ne l’aurais imaginé. Je vous félicite sincèrement et vous encourage à continuer ainsi, parce que vous constituez un maillon très important dans l’arène médiatique du Bénin.

Carte d’identité

Enseignant par vocation

Plutôt costaud, 1,72 mètre environ sur une silhouette de lutteur, le Secrétaire Général du PRD a le profil du poste. Originaire de Pobè dans le Plateau, c’est là qu’il débute le cours primaire en 1959 à l’école de la mission catholique de la localité. « Mon père est charpentier, rappelle-t-il. Il fendait des madriers. Les prêtres venaient s’approvisionner chez lui, et c’est comme ça qu’un matin la sœur Berth venue prendre quelques planches dit à mon père : « Mais Karim, l’enfant ne va pas à l’école ? » Mon père a dit : « Non, son grand frère va déjà à l’école, lui, il est avec moi. » Finalement, la religieuse finit par amener Wabi à l’école catholique, lui qui était issu d’une famille musulmane fervente.

 « Je voyais mes maîtres très élégants et quand ils viennent en classe on leur voue du respect, » se souvient-il encore. De là, est née chez lui la vocation de l’enseignement qui s’est accentuée au collège. « J’ai été marqué par un directeur, M. SOGLOBOSSOU Jules, au collège en 1967. Là c’était la rigueur, la discipline. Tu dois te mettre à jour. C’était bon, c’était beau. Et je suis rentré au lycée BEHANZIN en 1973 et là, j’étais dans un monde où les professeurs qui venaient avaient du talent ». Il cite alors un certain Jérôme Carlos, aujourd’hui directeur de la radio CAPP FM et chroniqueur reconnu qui a créé en lui cette envie d’être du corps enseignant.

« Quand il rentre dans la classe, mais vous avez envie d’être comme lui. Vous avez envie de parler comme lui. » Sur insistance de son grand-frère alors à l’extérieur, Wabi choisit une branche scientifique. Après son Bac obtenu en 1976, il entame des études scientifiques à l’Université nationale du Bénin. La Faculté des sciences et techniques (FAST) où il s’est inscrit, lui impose encore de passer par l’école normale, après le premier cycle universitaire. Devenu professeur certifié de Biologie (aujourd’hui nommée Sciences de la Vie et de la Terre, SVT), il est définitivement enseignant et fier de l’être. Le premier poste d’affectation a été le CEG Savalou.

Wabi Fagbémi y fait cinq ans de travail acharné avant d’être affecté en 1987 au CEG Davié, à Porto-novo. Le CEG Djassin, toujours à Porto-Novo, l’accueille en 1997. « Je ne suis pas fatigué de la craie malgré mes trente ans de service que je vais boucler l’année prochaine. C’est avec plaisir que j’exerce ce métier. On m’a proposé d’être directeur et j’ai décliné l’offre », dit-il. Pour cet enseignant, le contact avec la classe est primordial. « J’aime être en contact avec les élèves. Et je suis heureux lorsque mes élèves réussissent. »

 Sa vocation politique, il la doit à la crise qui a secoué le régime révolutionnaire en 1989. Au fond de la crise marquée par des mois d’impayés, il mène une action dans son collège, le CEG Davié. Il refuse de continuer les cours, aussitôt suivi par d’autres collègues. La nouvelle se répand très vite dans la ville et paralyse les activités scolaires à Porto-Novo. Au soir, ce sont les établissements de Cotonou qui sont touchés à leur tour. C’est le début d’une grande action de résistance dont l’aboutissement est la conférence des forces vives de la nation de février 1990.

De cette expérience, Wabi Fagbémi et ses collègues vont tirer des leçons qui vont leur permettre de créer leur propre mouvement politique, le MDR. Et plus tard, il entre au Parti du Renouveau Démocratique (PRD) où son admiration pour Maître Houngbédji a fini par faire de lui le secrétaire général du Parti suite à la démission de l’ancien titulaire du poste. Mais avant d’accéder à ce niveau de responsabilité, Wabi a su d’abord démontrer son dévouement pour le parti.

En sa qualité d’enseignant, il a pris le gouvernail du Prd, section des enseignants en 2000. Pour avoir assumé avec rigueur et ténacité ce poste de responsabilité, il gagnera l’estime des militants du parti qui ont fini par le propulser au poste du secrétariat général adjoint du PRD à la faveur de leur congrès tenu en 2006. Il doit surtout ce militantisme politique à son militantisme syndical.

Membre fondateur du Syndicat national des enseignements secondaires, techniques et professionnels (Synestp), du fait de son engagement pour la justice, il en a été fait Secrétaire général en 1996. Démocrate, Wabi refuse de s’éterniser à ce poste. Après 5 années accomplies donc, il quitte le poste alors qu’il était toujours aimé par les siens.

Désormais déchargé, Wabi se consacre à fonds aux activités politiques de son parti, le PRD qu’il sert aujourd’hui avec abnégation, mais sans jamais négliger pour autant, son activité professionnelle originelle qu’est l’enseignement. Il est actuellement professeur de Sciences de la vie et de la terre au Ceg Pobè.

Intimité

Wabi, un sportif endurci

Marié et père de cinq enfants (trois filles et deux garçons), wabi Fagbémi est un grand sportif. Il est passionné de football. Il a créé son propre club avant de participer à la mise en place de l’équipe phare de Pobè, la Jeunesse sportive de Pobè (JSP) en 1992. Lorsqu’on lui demande ce qu’il aime le plus chez l’homme, il répond sans détour : « Moi, j’aime la franchise ». Au plan de l’alimentation, les préférences du secrétaire général du PRD sont vraiment sélectives.

« Mon plat préféré, c’est le Lafou (pâte de cossettes de manioc, NDLR) mais je ne peux plus en prendre aujourd’hui comme ça, parce que j’ai un début de diabète et je dois veiller à cela, donc éviter certains aliments, » dit-il.

Au sujet du livre blanc sur l’Union fait la Nation, la réaction des Béninois du CANADA

Au sujet du livre blanc sur l’Union fait la Nation, la réaction des Béninois du CANADA.

Une association regroupant des Béninois résidant au Canada, a pris connaissance via le net du livre blanc publié sur l’Union fait la Nation par deux groupes de retraités, dénommés Comité des Cadres et Personnes Ressources –CCRPR- et Groupe de Réflexion d’Initiatives et d’Actions –GRIA-) et publie comme suit, son analyse y afférent.

1- Des tractations entre la Renaissance du Bénin, l’Exécutif et la Majorité Présidentielle

Le Bénin en cette année 2011, a vécu deux élections : présidentielle et législatives. S’agissant de la présidentielle, cette élection tenue dans une grande crispation et de fortes tensions sociales, a été contestée par une partie des acteurs politiques. De toute évidence, le pays en est sorti divisé.

En ce qui concerne les élections législatives, les résultats, dans tous les camps, n’ont pas été à la hauteur des attentes : 30 députés pour l’Union fait la Nation, contre 41 pour les FCBE qui elles non plus, n’ont pas obtenu pour le Chef de l’Etat, la majorité qualifiée qu’il souhaitait ; et il était aisé de constater une désaffection de plus en plus grande des populations (préoccupées par la satisfaction de leurs besoins vitaux, la sécurité et la paix) pour la chose politique.

C’est dans ce contexte que le Chef de l’Etat, à l’occasion de son adresse du 13 mai 2011 à la nation, a prôné l’ouverture. Il a clairement affiché sa volonté de mener des réformes dans le dialogue et la compréhension mutuelle pour trouver des solutions aux divergences politiques et à la misère des populations. En somme, une politique de la main tendue à travers laquelle le Président de la République appelle chacun à mettre les intérêts de la nation au dessus des intérêts partisans. Cette posture qu’a adoptée enfin le Chef de l’Etat est celle que le G4 (RB, PRD, PSD, MADEP) avait déjà souhaitée le 12 mars 2008, à l’occasion de sa mise sur les fonds baptismaux, au Palais des Sports de Kouhounou où ses partis membres, avaient dénoncé les dérives du pouvoir. Dans une déclaration commune, la RB, le PRD, le PSD, le MADEP avaient dénoncé les entraves à la démocratie, à la bonne gouvernance et aux libertés fondamentales. On lit bien le lien entre la nouvelle vision du Chef de l’Etat et celle du G4 (devenu aujourd’hui l’Union fait la Nation – UN -).

Quel mal y a t-il alors que la RB accepte clairement (les discours le témoignent) l’ouverture initiée par le Chef de l’Etat ? Quel mal y a-t-il que le Président Léhady SOGLO fasse nommer Ministre, Monsieur Blaise AHANHANZO-GLELE, et fasse élire deuxième Vice-président à l’Assemblée Nationale, Monsieur Boniface YEHOUETOME et Président de commission, Monsieur Epiphane QUENUM ? Vu que Léhady SOGLO, à sa sortie d’audience le 18 juin 2011 avec le Chef de l’Etat a dit qu’à la RB, ils entendent être « des partenaires fidèles, loyaux et exigeants en ce qui concerne la consolidation de la démocratie, le respect des libertés fondamentales, la justice sociale et la bonne gouvernance » ?

N’est-ce pas l’idéal à la lecture de cette adresse de BARACK OBAMA aux Républicains ? « Le pays avant le parti. On joue dans la même équipe, surtout quand les temps sont durs… ».

L’UN toute entière, avait alors la responsabilité historique et dans une démarche concertée, d’ouvrir avec le Président de la République, le débat sur la main tendue de celui-ci. Cela est préférable aux jeux de coulisses entrepris isolément, mais, vainement, par le PSD et le PRD avec comme preuve, l’extrait ci-après du communiqué de maître Adrien HOUNGBEDJI en date du 31 mai 2011, dans lequel, il a avoué « s’en être remis au premier responsable de l’Union fait la Nation pour agir au nom de l’alliance, dans le cadre de la politique de la main tendue annoncée par le Président YAYI Boni », alors que les statuts de l’Union prévoient que la Conférence des Présidents soit saisie en de pareilles circonstances.

Ainsi, le CCRPR et le GRIA ont pris parti, contrairement à leur engagement d’impartialité, dans l’introduction du livre blanc, en ne désavouant pas cet acte de trahison posé par le PRD et le PSD; pourtant la Présidence de la République par la voix de Alexandre HOUNTONDJI, alors chargé de mission aux affaires politiques du Chef de l’Etat, en a donné confirmation le 03 juillet 2011 sur la chaîne de télévision béninoise Canal 3 : « Avant que la RB ne vienne, beaucoup d’autres partis de l’opposition, de l’Union fait la Nation, ont frappé à la porte ».

Le journal des faits de traîtrise exposé le 16 juin 2011 en conférence de presse par les structures décentralisées de la RB est également éloquent. «… savez-vous que contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, des composantes de l’Union fait la Nation négociaient activement et en sous-main, sans concertation préalable avec la conférence des Présidents, leur participation au pouvoir ?

Un député du PRD, connu pour sa verve et sa passion pour le football, a intensément négocié, en vain, avec la majorité présidentielle, le poste de questeur.

Et que dire de l’éminent responsable, député et ancien ministre du PSD qui a obtenu, je dis bien qui a obtenu, le quitus du bureau politique de son parti pour négocier, hélas ! Lui aussi sans succès, une entrée au gouvernement ?

Si ces tractations clandestines dont la RB a souvent été victime avaient été concluantes, mettrait-on à l’index, le PRD et le PSD ? Ou les passerait-on devant le “tribunal de l’Union“ pour faute contre l’honneur et la probité ? »

Quid du MADEP qui dans la confusion totale, a eu deux membres au gouvernement de YAYI I ?

Au regard de tout cela, ce pan de la déclaration des structures décentralisées de la RB prend toute sa logique et son sens : « qui est le traitre ?

En tout cas, pas le Président Léhady Vinagnon SOGLO qui a réconcilié les présidents Adrien HOUNGBEDJI et Nicéphore SOGLO à l’occasion du 75ème anniversaire de naissance de celui-ci.

Par ailleurs, lorsque des responsables de la Renaissance du Bénin, non contents des agissements de certains leaders de l’Union fait la Nation, avaient décidé, quelques mois avant les dernières élections, de rejoindre la majorité présidentielle, c’était encore le Président Léhady Vinagnon SOGLO qui avait travaillé à les fidéliser aux idéaux de l’Union fait la Nation.

Et nous ne vous rappelons pas que le Président Léhady Vinagnon SOGLO s’est sacrifié au profit de Maître Adrien HOUNGBEDJI, en ne se portant pas candidat à l’élection présidentielle de 2011, malgré les multiples appels, les pressions et les supplications pour l’y contraindre.

Ce soutien franc, massif et loyal de la Renaissance du Bénin à la candidature de Maître Adrien HOUNGBEDJI, lui a permis pour la première fois, d’arriver très largement en tête dans les départements du Littoral et du Zou, fiefs de notre parti, lors de la dernière élection présidentielle. Et alors de quelle trahison parle-t-on ?

De la même façon, nous n’avons pas trahi l’Union fait la Nation car nous sommes allés aux élections législatives sous la bannière de ce regroupement politique. », contrairement par exemple au RDL Vivotin (un parti membre de l’UN) qui pourtant, n’a pas subit les foudres des comités AHOYO.

Le livre blanc, au lieu de faire une fixation sur le cas RB, devrait plutôt se pencher alors sur sa connaissance des ombres et lumières de l’UN dans son ensemble.

2- Les réalités de l’UN

Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise. La formule sacrosainte a été bien trouvée par les partis membres de l’UN pour faire table rase du passé où sur le plan politique et des intérêts partisans, ils ne s’accordaient pas. Mais loin de ces divergences du passé, il a été instauré au sein de l’UN, une guerre politique fratricide entre partis (en témoignent les bisbilles entre partis à l’installation des Unions Communales Provisoires), une chasse inopportune sur les terres du partenaire, une mauvaise répartition à dessein, des rôles. Inutile d’évoquer les déclarations aujourd’hui compréhensibles de Epiphane QUENUM et de Blaise AHANHANZO GLELE, deux personnalités dont la direction de leur parti, la RB, a réussi à calmer les réserves contre l’UN.

Autres maux dont a souffert l’UN, la marginalisation et les tentatives de débauchage à l’interne. Le comble, le refus obstiné des partis membres de l’UN de signer le procès-verbal de la désignation du candidat unique au motif que ce document pré positionnait déjà le candidat de la RB comme porte-flambeau de l’UN en 2016. Pourtant, contre mauvaise fortune, Léhady SOGLO a fait bon cœur comme l’a souligné Charlemagne KEKOU AKAN dans son ouvrage Amours et désamours politiques : « suivant une méthode consensuelle axée sur trois critères liés au parcours politique, à la contribution aux activités de l’Union et à l’audience électorale du parti de chacun des candidats à la candidature, Adrien HOUNGBEDJI sort premier; Léhady SOGLO arrive en deuxième position, suivi de Sévérin ADJOVI, 3e candidat. Léhady SOGLO voit ainsi la concrétisation de son projet politique lui échapper, du moins pour l’élection présidentielle de 2011. Le résultat pouvait ne pas être du goût des nombreux militants de la Renaissance du Bénin (RB) longtemps restés dans l’opposition, qui rêvaient de reprendre le pouvoir à partir d’avril 2011. Cependant, le candidat de la Renaissance du Bénin accepte le verdict du groupe ».

Seule récompense pour le Président de la RB, cette phrase de maître Adrien HOUNGBEDJI après sa désignation comme candidat unique « Je voudrais tout particulièrement remercier mon frère, le Président Léhady Vinagnon SOGLO. Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Mon frère, le président Léhady V. SOGLO, s’est montré … un homme de perspectives, un homme de construction, dans, je dirai, la foulée de son père. C’est un homme de vision. Je voudrais dire ici, très haut et très fort que l’Union lui doit beaucoup, aussi bien à sa naissance que dans le dénouement de ce jour. Merci infiniment, merci de tout cœur. »

Mais que le doyen Jean Roger AHOYO, à la tête de ses équipes de soutien à Adrien HOUNGBEDJI, veuillent dans leur livre blanc, enlever ce mérite à Léhady SOGLO, cela ne surprend guère. Trois raisons l’expliquent : la première est liée à l’inconstance et l’inconséquence de Jean Roger AHOYO, qui en même temps qu’il a désapprouvé la nouvelle orientation de la RB, n’en a pas moins adressé, d’après son propre entourage, une lettre de félicitation au Ministre Blaise AHANHANZO-GLELE pour sa nomination et par la même occasion, lui demander des services (aménagement de la concession AHOYO à Abomey, pavage de la rue menant à la villa AHOYO, bienveillance sur des protégés au Ministère de l’Environnement…).

La deuxième raison, aucun acte des SOGLO n’a de grâce aux yeux de Jean Roger AHOYO qui, après avoir été Directeur Général du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de l’Orientation Nationale (MISON), connu de sinistre mémoire, pour sa célébrité en matière de répression, sous la dictature du PRPB (Parti de la Révolution Populaire du Bénin) a pourtant été choisi par le Président SOGLO, pour être successivement son Directeur de Cabinet, et son Ministre de l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme.

La troisième raison peut se lire dans les positions de Jean Roger AHOYO face aux candidatures aux élections présidentielles de 2011 et de 2016. En effet, dans l’une des opinions publiée en juin 2009 par Jean Roger AHOYO, il est écrit : « Notre ami, A. Bio TCHANE, qui ne manque pas d’étoffe, peut certainement se présenter en 2011, comme tout semble l’indiquer qu’il le fera ; et ce n’est pas nécessairement en son temps que l’effet boomerang annoncé se produira. Il doit même se présenter pour donner une leçon au Président actuel, qui en se portant candidat, a créé un précédent (voire une jurisprudence !) et lui a balisé la voie. Surtout à cause de ces démarches frénétiques et incohérentes auprès de ses collègues présidents, ses voisins de l’UEMOA, pour essayer désespérément d’empêcher Mr A.Bio TCHANE de faire le même parcours que lui. Cette candidature aura, par ailleurs l’avantage de constituer un premier tour de piste pour se faire encore mieux connaître. Mais le meilleur schéma dont je rêve pour lui, c’est qu’il accède à la magistrature suprême de notre pays en 2016, après une transition de cinq ans par un compatriote du Sud. Et ce compatriote, sans aucun doute, ne peut être que Maître Adrien HOUNGBEDJI. »

L’agenda de Jean Roger AHOYO était clair : écarter Léhady SOGLO et mettre en veilleuse ses ambitions politiques.

3- Des résultats de l’UN à l’élection présidentielle de 2011

C’est un fait que la réalisation de la LEPI, telle qu’elle a été faite, a été le facteur déterminant de l’échec de l’UN au scrutin du 13 mars 2011. Et en cela, l’UN a elle-même commis une série d’erreurs fatales : sortie de ses députés de la CPS LEPI, tergiversations quant à la participation de la population au recensement etc.…

Mais il n’y a pas eu que cela. On peut se demander aujourd’hui quelle utilisation a été faite du document de stratégie élaboré par le comité d’experts dirigé par Léhady SOGLO, et qui a proposé la structuration de la campagne électorale de l’UN. Ensuite, on peut faire le constat désolant que plusieurs pôles de décision ont été créés : la Direction Nationale de Campagne que le candidat n’a jamais finalement installée officiellement était concurrencée par l’équipe de proximité du candidat, la coordination de l’Union fait la Nation et la Cellule de Communication qui elle, non seulement était décriée des hommes des médias et des premiers soutiens de Adrien HOUNGBEDJI, mais n’est pas parvenue à mettre sur pied une stratégie de communication.

L’UN, devenue véritable machine à perdre en l’état, malgré les personnalités aussi talentueuses que marquées qui la composaient, donnaient conséquemment des signes d’essoufflement. Sa campagne électorale fut des plus maussades. A part les bons scores du candidat dans les départements du Littoral, du Zou et de l’Ouémé, l’Union fait la Nation a presque fait piètre figure dans les autres départements.

Tout cela a fait les affaires du candidat BONI YAYI -qui n’a pas eu besoin de passer par l’étape du second tour -pendant qu’à l’UN, on pensait virtuellement avoir gagné le match par addition des scores traditionnels des partis membres du regroupement, ignorant qu’une barque n’est jamais assez grande pour chavirer. Et là, on comprend bien la clairvoyance politique de Léhady SOGLO quand il déclarait sur la chaîne de télévision Vox Africa, au lendemain de l’investiture du Président YAYI BONI que « le vin est tiré, il faut le boire même si ce vin est amer. Pour nous aujourd’hui, le Président élu devra tout faire, tout mettre en œuvre pour réconcilier notre pays, parce qu’il est profondément divisé et je salue donc sa volonté de tendre la main, d’ouvrir les perspectives, mais je souhaite que ça ne soit pas simplement qu’une posture, il faut des actes concrets ».

Dans ce contexte, le doyen Jean Roger AHOYO et son groupe, au lieu de mettre de l’huile sur le feu ou de souffler sur la braise avec leur livre blanc, rendrait un fier service aux militants de l’UN en s’inscrivant dans un rôle de missi dominici. Ils accompagneraient ainsi le comité de médiation et les initiatives de réconciliation déjà envisagées et entamées. Cela porterait l’UN à la hauteur des espérances de ses militants et sympathisants en vue des défis à relever.

4- Les défis de l’Union fait la Nation

Le présent document, loin de se vouloir complet et exhaustif, n’est qu’une contribution à la clarification que nécessite, la situation qui prévaut à l’Union fait la Nation. Il se veut également un document de rétablissement de la vérité qui a manqué entre les lignes du livre blanc. Cela posé, il faut que les partis membres de l’UN, groupe politique qui a suscité un immense espoir au sein des Béninois, mettent fin à la guerre intestine de communication et aillent à l’essentiel, les défis à relever.

Il s’agit essentiellement de la modernisation de l’Union fait la Nation et de la partition qu’elle doit jouer pour une prise en compte des attentes des populations.

Pour cela, l’Union fait la Nation doit reposer désormais sur la nouvelle génération à qui les aînés ont d’ailleurs promis de passer le témoin, comme il a été dit et répété par le Président de l’Union, au cours des campagnes électorales. Il y va de la survie de l’Union fait la Nation. Le premier pas devra se traduire par un utile et nécessaire état des lieux en vue de la mue de l’Union.

Ainsi, l’Union fait la Nation pourra véritablement contribuer à donner aux populations un mieux être et l’éthique qu’elles exigent dans la conduite des affaires du pays.

Fait à Montréal, le 9 septembre 2011

FOCUS-BENIN

Alex Yves AGBOTON

Secrétaire Général

Lire le « LIVRE BLANC SUR L’UNION FAIT LA NATION« 

BENIN : Les lettres de démission de Moukaram BADAROU du PRD et de L’Union fait la Nation

Monsieur le Président, C’est avec tristesse que du bout de ma plume, je vous écris les lignes qui suivent. Mes charges au secrétariat général du parti et dans la coordination de l’Union fait la nation m’obligent, au moment où je dois prendre les responsabilités qui sont les miennes, à avoir une pensée pour ces nombreux militants du PRD et de l’Union fait la nation dont la fidélité, le dévouement et l’esprit de sacrifice m’ont marqué.

Porto-Novo, le 23 juin 2011

LE SECRETAIRE GENERAL A

MONSIEUR LE PRESIDENT DU PARTI DU RENOUVEAU DEMOCRATIQUE

Objet : Démission

Monsieur le Président, C’est avec tristesse que du bout de ma plume, je vous écris les lignes qui suivent. Mes charges au secrétariat général du parti et dans la coordination de l’Union fait la nation m’obligent, au moment où je dois prendre les responsabilités qui sont les miennes, à avoir une pensée pour ces nombreux militants du PRD et de l’Union fait la nation dont la fidélité, le dévouement et l’esprit de sacrifice m’ont marqué.

D’entrée, je voudrais féliciter les militants du PRD, le parti dans lequel je milite depuis 1991, pour l’endurance au combat et leur esprit de sacrifice. Pour ce que nous avons partagé et appris l’un de l’autre durant toutes ces années, j’exprime mes réels regrets. J’ai découvert, à l’épreuve que les militants du PRD sont de véritables militants et de grands militants. Je voudrais rendre hommage à ceux et celles d’entre eux, qui de jours comme de nuits, jours ouvrables ou non, sont prêts à tout braver pour porter très haut les idéaux du parti et soutenir systématiquement sans conditions, son président dans ses différents challenges. Mais malheureusement, tous ces vaillants et valeureux militants consentent de si lourds sacrifices dans la méconnaissance des dysfonctionnements au sommet du parti.

Monsieur le président, je voudrais également dire à tous les militantes et militants de l’Union mes vives félicitations pour le chemin parcouru en si peu de temps et malgré les handicaps subjectifs et objectifs, structurels et conjoncturels dont l’Union a souffert. Mes regrets pour le rêve non réalisé et l’expérience inédite restée inachevée et qui est aujourd’hui mise à mal par l’échec d’une candidature, d’un candidat pour qui nous nous sommes tous mobilisés et pour lequel chacun a donné le meilleur de lui-même.

A tous ces compagnons dévoués à la cause du PRD et de l’Union fait la nation, je dis félicitations, j’exprime mes regrets et je rends hommage, parce que par la présente, je viens donner ma démission du poste de secrétaire général du parti. Les raisons de ma démission sont multiples et vous les connaissez toutes, mais j’en retiens deux. D’abord, il s’agit du dysfonctionnement récurent des organes du parti. Je l’évoque parce que, selon toute vraisemblance et de l’avis de vos principaux collaborateurs, anciens comme actuels, ce dysfonctionnement est la cause de vos échecs successifs, des mésaventures du parti, mais également de tous les revers qu’essuient les militants depuis plusieurs années déjà. Ensuite, c’est la profonde divergence que j’ai avec vous sur la morale en politique et plus spécifiquement du sens de la parole donnée.

En ce qui concerne le disfonctionnement du parti, mon expérience à vos cotés me permet de soutenir qu’il est dû pour l’essentiel à la vision que vous avez d’un parti politique. Au PRD, elle s’est traduite dans la pratique par un fonctionnement défectueux des organes du parti. Figurez vous que pendant cinq ans, le bureau politique ne s’est réuni que deux fois et ce, après insistance du secrétaire général du parti et de votre directeur de cabinet. Quant à la direction nationale, elle ne s’est réunie qu’une seule fois. Alors qu’au terme de l’article 20 du règlement intérieur du parti, le bureau politique doit se réunir en session ordinaire au moins une fois par mois sous la présidence du président du parti et qu’au terme de l’article 38 des statuts le bureau politique ne peut être convoqué que sur les instructions du président du parti qui d’ailleurs en fixe l’ordre du jour. Et pourtant, des situations graves et déterminantes comme par exemple l’entrée du PRD dans l’Union fait la nation, votre désignation comme le candidat unique de l’Union, l’organisation pratique des élections présidentielles et législatives commandaient que le PRD se réunisse, se rassemble et se mobilise.

J’ai souvent pris sur moi la responsabilité d’assumer les critiques des camarades sans jamais leur indiquer que ces dysfonctionnements résultaient de votre aversion pour le travail en équipe, votre conception personnelle et patrimoniale du parti. Pour vous sortir de l’isolement et davantage vous renforcer, je vous ai proposé à maintes reprises de réunir autour de vous au tant que de besoin, un comité restreint composé du secrétaire général, de votre directeur de cabinet, du président du groupe parlementaire et au moins de trois vice présidents parmi les plus anciens que sont M. Saliou AKADIRI, Maire de Pobè, M. Ismaël TIDJANI SERPOS, ancien garde des sceaux et député expérimenté et Mme Collette HOUETO, ancienne ministre et 1e adjointe au maire de Porto-Novo.

Cette formule apparaissait, du moins de mon point de vue, comme une solution de rechange, plus légère que le bureau politique et la direction nationale dont vous ne vouliez pas. Elle vous permettrait de ne pas gérer seul, car seul on ne sait pas tout et on est plus faillible ; elle vous permettrait aussi de travailler en équipe, de peser et de soupeser par une équipe les décisions importantes dont vous ne pouvez pas seul envisager tous les contours. Hélas, cette proposition n’a pas reçu votre assentiment. Le seul moyen de contournement que j’ai trouvé et développé durant ces cinq (5) dernières années, c’est de réunir souvent les secrétaires nationaux et ceci en évitant soigneusement de heurter votre susceptibilité dont j’ai une parfaite idée.

Par ailleurs, l’article 73 des statuts du parti indique clairement que « l’investiture et les positionnements des candidats aux élections législatives relève du bureau politique ». Mais jamais ça n’a été le cas. Conséquence, les positionnements sont conduits par vous seul et en tenant compte exclusivement de ce que chacun et beaucoup ont fini par savoir, réduisant ainsi le militantisme, les sacrifices, la loyauté et le dévouement, bref, le mérite de vos compagnons d’aventure et ceux des militants au second rang, que dis-je, au dernier rang. Oui au dernier rang, comme l’illustrent d’ailleurs fort tristement les derniers positionnements aux élections législatives. Pire, en plus d’avoir méconnu les règles élémentaires de la méritocratie, les lois de la nature, les positionnements que vous avez faits ont cette fois-ci, comme jamais auparavant remis en cause les équilibres fondamentaux des deux grandes communautés qui constituent la plus grande base électorale du parti à savoir les goun et les yorouba.

Ainsi à Porto-Novo, dans la 19ème circonscription électorale, vous n’avez identifié, pour vous remplacer sur la liste, aucun de tous les cadres et notables goun qui vous ont servi et accompagné depuis si longtemps. Même pas ceux d’entre eux qui ont payé leur fidélité et leur dévouement à votre cause, de leur carrière, de leurs affaires y compris au prix de la prison. Ainsi, il n’y a aucun goun sur la liste, le seul député goun de Porto-Novo qui siège aujourd’hui, à l’Assemblée nationale nous est paradoxalement offert par la Renaissance du Bénin (RB). Il s’agit de l’Honorable Francis LOKO. De même, à Akpakpa, dans la 15ème circonscription, le PRD n’a positionné aucun yorouba, ni comme titulaire, ni comme suppléant. Le seul député yorouba de cette circonscription nous est aussi offert par nos amis de la RB. Il s’agit de l’honorable Kamarou ALI.

Vous le savez vous-même désormais, puisque vous avez le retour des réactions suscitées par vos choix. Ces positionnements, ont surpris plus d’un dans le parti, dans l’Union et même dans l’opinion. Dans cette surprise, certaines absences de la liste PRD parvenue à l’Union ont plus que surpris encore. Beaucoup sont ceux qui s’interrogent de l’absence sur votre liste de vos jeunes collaborateurs que les Béninois ont vus au front au lendemain de votre échec en 2006. Chacun voulait savoir ce qui s’est passé exactement.

Me concernant, il m’est revenu beaucoup de commentaires dont le plus choquant est que vous auriez dit que : « Mouka, je ne l’ai pas positionné parce que je ne l’aime pas ». Rien de plus pour choquer un homme qui a tout laissé et sacrifié pour se battre nuit et jour à vos cotés pour votre élection à la présidence de la République. Quoi de plus choquant ! Mais vraiment quoi de plus choquant ! Ne pas tenir constamment parole à mon égard est choquant, dire par-dessus le marché ne pas m’aimer est encore plus choquant. En quoi le positionnement sur la liste électorale peut-il relever du domaine de l’affection ? Je m’interroge.

Militant de section du parti à l’extérieur, responsable de structures verticales et horizontales depuis mon retour au pays et même après avoir été promu secrétaire général du parti au cours du congrès de décembre 2006, j’étais loin de penser que vous pouvez donner la moindre parole sans la tenir. Et pourtant au contact de la réalité, que de paroles données et non tenues à mon endroit et à l’endroit de beaucoup d’autres dont j’ai connaissance. Pour illustrer, je citerai un seul cas :

2006, « Mouka, je vais te faire député parce qu’à voir ce que tu as fait et comment tu t’es battu, ce n’est pas en une journée, ce n’est pas en une semaine encore moins en un mois, tu as tellement travaillé que, quand je m’écoute, je me dis qu’est ce que je peux te faire pour te récompenser ? Je vais te faire député ». Ainsi me parliez-vous quelques jours après les résultats des élections présidentielles de mars 2006.

2007, Quelques mois plus tard, après plusieurs autres confirmations de cette promesse, vous me disiez un jour à votre résidence à Porto-Novo : « Tu es le secrétaire général du parti, il n’y’ a pas de raison que tu ne sois pas à l’Assemblée nationale. C’est vrai, c’est une question d’argent mais laisse-moi faire ». De tels propos, vous les avez multipliés jusqu’au jour où vous me disiez de préparer deux dossiers de ma candidature aux élections législatives de 2007, un pour Cotonou et un pour Porto-Novo. Ce que j’ai fait et déposé à votre niveau. Trois (3) jours avant le dépôt des dossiers à la Commission Nationale Electorale Autonome (CENA), dans une conversation téléphonique, vous me disiez exactement ceci : « Mouka, le positionnement se fera à Porto-Novo et non à Cotonou », c’est en allant déposer les dossiers des candidats PRD à la CENA avec Frédéric Joël AÏVO, votre directeur de cabinet, que j’ai su que je n’étais que suppléant. Il y a-t-il une confusion possible entre être député et suppléant, la question est posée. Une semaine après le dépôt des dossiers, dans une rencontre d’explication, je vous disais exactement ceci : « le problème pour moi n’est pas forcement le fait d’être positionné ou pas mais beaucoup plus un problème de repères parce que de mon point de vue, quand on ne peut pas retrouver un ainé dans la parole donnée, il y a véritablement problème pour la suite ». Les arabes disent que l’homme vaut la parole, la parole vaut l’homme et Nicolas Sarkozy enseigne à raison que : « la question de la parole donnée n’est pas une question politique mais relève de la moralité ».

Pour montrer que le combat qui est le mien n’est pas personnel, j’ai accepté d’être le directeur national de campagne de ces élections législatives de 2007. Cette campagne a permis au PRD de s’en sortir avec dix députés. Ce n’était pas évident à l’époque. Mieux, comme si de rien n’était, avec d’autres, j’ai continué le travail du repositionnement du parti sur l’échiquier politique national. Nous avons réussi à rendre le parti plus fréquentable, ce qui d’ailleurs à favoriser son rapprochement avec les autres formations politiques pour créer l’Union fait la nation et pour enfin débouchez sur votre désignation comme candidat unique aux élections présidentielles de mars 2011.

Ce cas de parole non tenue est le premier d’une série que j’aurai avec vous au cours des années suivantes au point qu’au jour d’aujourd’hui, je suis en mesure de certifier sans aucune hésitation que vous êtes un homme qui ne tient pas à sa parole ou alors celui dont la parole donnée n’a aucun sens. Ma conviction sur cette question est davantage confortée par la mésaventure de beaucoup d’entre vos soutiens y compris, et c’est le plus attristant, de la majorité de ces jeunes cadres qui vous ont défendu, sans doute avec candeur, naïveté, mais avec un dévouement et un esprit de sacrifice étonnant. Mais vous n’y avez pas été sensible, au contraire nombre d’entre nous ont payé leur loyauté et leur fidélité par des engagements pris mais non tenus.

Tout ceci m’a posé et me pose encore aujourd’hui un problème profond de convenance et de ligne, mais il fallait faire avec. L’essentiel du combat étant ailleurs à savoir réussir avec l’ensemble de nos militants et sympathisants à vous porter à la magistrature suprême. Nous avons joué notre partition mais hélas !

Fort étrangement, depuis qu’on a fini les élections présidentielles à ce jour, aucune réunion formelle ni informelle pour apprécier et analyser la situation afin de tirer les conséquences idoines et savoir qu’est ce qu’il faut faire pour faire face à l’avenir. Je comprends votre gène par le non positionnement de vos deux plus proches collaborateurs et probablement deux de vos ardents défenseurs : le secrétaire général et votre directeur de cabinet. Vous n’avez pas cru devoir tenir la moindre séance avec eux jusqu’à ce jour. Cela voudrait-il dire que nous repartirions pour les mêmes pratiques et sans doute pour les mêmes résultats ?

Or, nous savons tous quelles sont les causes profondes de nos échecs successifs aux différentes élections présidentielles, notamment à ce dernier scrutin. Nos maux ont pour noms : impréparation, inorganisation, absence de travail en équipe et manque de coordination. Combien de fois n’ai-je pas attiré votre attention sur l’improbabilité de l’addition automatique des scores des partis membres de l’Union fait la nation à votre profit ? Et qu’en conséquence, seul un travail minutieux de terrain couvrant l’ensemble du territoire national pourrait nous permettre de rallier l’électorat de nos partenaires. Combien de fois, monsieur le président, n’ai-je pas tiré la sonnette d’alarme sur l’approximation de notre stratégie sur la gestion du dossier de la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) ? Combien de fois, n’ai-je pas, avec le concours d’autres, souligné la nécessité d’une organisation rationnelle autour de vous et qui tienne compte de la réalité du terrain et surtout des forces et faiblesses de nos adversaires. Les nombreuses fiches que je vous ai adressées dans la période attestent de ces signaux d’alerte et surtout de l’urgence de votre décision et de votre action sur certains dossiers. Vous conviendrez ainsi avec moi que dans la dernière fiche que je vous ai faite, concernant la stratégie électorale et sur un certains nombre d’urgences, j’écrivais mot pour mot qu’ « attendre encore serait trop tard ».

Monsieur le président, vous me permettrez de revenir ici sur les réserves que je vous ai exprimées sur notre attitude à l’égard des institutions de la République et notamment à l’égard de la Cour constitutionnelle. Ma vision de la politique et ma compréhension du jeu démocratique est que dès lors que la haute juridiction a décidé de ce qui relève de sa compétence, en l’occurrence la proclamation des résultats définitifs, nous devrions, en bons républicains, nous y conformés scrupuleusement. C’est le prix à payer pour préserver les acquis de la conférence nationale et maintenir notre pays et son peuple dans la démocratie et dans la paix. C’est d’ailleurs cette divergence qui explique mon absence à vos cotés le jeudi 31 mars 2011 lors d’une ultime déclaration contestant les résultats définitifs de la Cour. Sur tout un autre plan, alors que vous étiez réticent à engager le parti à prendre part aux dernières législatives, ma vision de la politique et ma compréhension du jeu démocratique m’a amené avec d’autres à vous convaincre de la nécessité d’y aller pour continuer de compter parmi les forces politiques de notre pays et de préserver son image à l’extérieur.

C’est pour ces raisons et pour d’autres que le sens de la responsabilité m’oblige à taire, que je suis obligé de vous rendre mon tablier de secrétaire général du parti. Jacques Chirac a dit dans ses mémoires, tome 1, que « chaque pas doit être un but ». Mais notre politique au PRD ces cinq (5) dernières années, mais en réalité, depuis 1996, me conduit à penser que nos pas furent isolés et non coordonnés vers un but.

Aux présidents de cellules, de sous sections, de sections ainsi que leurs différents membres et l’ensemble des militants du parti, je confesse toute ma désolation et que faute d’éclairage nécessaire au sommet du parti, leurs multiples efforts ont eu du mal à aboutir. Ce qui est regrettable. Comment peuvent-ils comprendre que notre candidat aux élections présidentielles de mars 2011 a abordé le scrutin avec comme représentant à la CENA et comme équipe restreinte de travail, des prestataires de service, des mercenaires ? Ceux-ci sont, depuis la proclamation des résultats, repartis à leurs affaires et occupations habituelles, mais laissant les militants et le parti à leur peine et triste sort.

A mes collègues de la coordination nationale de l’Union fait la nation ainsi qu’à l’ensemble des militants de ce regroupement politique, j’exprime également tous mes regrets. L’abnégation et la foi à l’œuvre de Bruno AMOUSSOU, président de l’Union et de Kolawolé IDJI, coordonnateur général ainsi que la détermination des militants de l’Union n’ont pourtant pas fait défaut. Il semblait difficile et très difficile que les efforts des uns et des autres aboutissent parce que quoi qu’en soit la qualité et le nombre des wagons, l’état de la locomotive comptera pour aller à terme. Je voudrais réitérer mes regrets et dire que je suis dans l’obligation conséquente de rendre instamment au président Bruno AMOUSSOU, le tablier de directeur exécutif de l’image et de la communication que j’occupe au titre du PRD.

Avec ceux et celles du PRD et d’autres compatriotes avec qui je partage la même vision du développement et du destin de notre pays, je poursuivrai le même combat politique sous un autre format surement avec la même détermination, la même foi en l’avenir pour apporter ma modeste contribution à la construction d’un Bénin qui renoue avec les repères et qui gagne. Monsieur le président, Je pars du secrétariat général du parti en vous suggérant modestement de continuer avec les autres en faisant l’effort de distinguer désormais l’argent du travail militant tout en sachant concilier les deux pour de meilleurs résultats.

Avec ma cordiale considération. A bientôt président.

Moukaram BADAROU

LE DIRECTEUR EXECUTIF A L’IMAGE ET A LA COMMUNICATION

A MONSIEUR LE PRESIDENT DE L’UNION FAIT LA NATION

Objet : Démission

Monsieur le Président, Suite à ma démission du secrétariat général du Parti du Renouveau Démocratique, j’ai l’honneur de vous donner ma démission du poste de Directeur exécutif à l’image et à la communication de l’Union Fait la Nation que j’occupe au titre de ce parti. Je salue votre leadership éclairé et espère vivement que nos chemins se croisent à nouveau. Aux collègues de la coordination nationale de l’Union Fait la Nation ainsi qu’à ses nombreux militants, je dis toute ma désolation mais face au disfonctionnement interne au PRD, je suis dans l’obligation politique de prendre cette ultime décision. Veuillez croire, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations militantes

Moukaram BADAROU