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Côte d’Ivoire, pays pauvre très endeuillé

A la faveur de la guerre orchestrée par les forces de la coalition franco-onusienne, dont l’objectif  inavoué était le renversement du Président élu Laurent Gbagbo pour  imposer Alassane Ouattara aux ivoiriens, la Côte d’Ivoire, naguère vitrine de l’Afrique de l’Ouest, s’est appauvrie. Elle n’est plus ce pays riche que l’on connaissait.

Aujourd’hui méconnaissable, la terre d’Eburnie, est devenue l’ombre d’elle-même. Dans cette crise dite postélectorale, dont on dénombre plus de 3000 morts, elle n’a pas encore fini de faire son deuil. Pire, elle continue de compter ses victimes. Au moment où Ouattara annonce une croissance économique de 8% et que, euphoriques, les journaux proches du pouvoir, s’en font l’écho, et prédisent la tombée imminente d’une pluie de milliards, pour ceux qui veulent bien y croire, la Côte d’Ivoire affiche un taux de pauvreté jamais atteint de toute sa jeune histoire. Etre pauvre, c’est bien entendu, ne pas être riche, simple question de logique. Or la Côte d’Ivoire, comme on le sait, regorge de nombreuses richesses naturelles. Ici donc, la pauvreté dont nous parlons, revêt un tout autre aspect. Depuis l’arrivée du filleul de Sarkozy à la tête de ce pays, il y a en effet un indicateur de richesse qui fait cruellement défaut à la Côte d’Ivoire. De quoi s’agit-il ?

La Côte d’Ivoire est certes riche, riche de son sous-sol, de son climat, de Sa faune et sa flore…. Mais un pays n’est-il riche que par ses ressources naturelles ? Il doit être aussi riche de ses hommes. Du nombre et surtout de la qualité et la diversité de ses citoyens. Voilà ce qui caractérise aussi un pays dit riche. Tout développement a pour point focal l’homme. Comme Jean Bodin, philosophe et théoricien politique, nous pouvons affirmer: « il n’est de richesse que d’hommes ».

Si tant il est vrai qu’il n’est de richesse que d’hommes, alors la Côte d’Ivoire est pauvre. Pauvre de ses citoyens, car à peine assis dans le fauteuil présidentiel, Ouattara Alassane s’est empressé de lancer sa meutes de chiens de guerre et d’assassins aux trousses de tous ceux qui, se sont opposés à lui et qui d’une manière ou d’une autre ont soutenu ou collaboré avec le Président Laurent Gbagbo. Ce dernier, lui-même, arrêté par les forces spéciales françaises et livré à ses adversaires politiques.

La traque de ceux qu’on a appelés pro-Gbagbo fut, en effet, un véritable malheur: des milliers d’ivoiriens déplacés ou en exil. D’autres inculpés ou encore sous le coup de mandats d’arrêts. Ceux qui n’ont pas pu ou voulu s’enfuir, ont été littéralement massacrés, tels le ministre Désiré Tagro, plusieurs jeunes patriotes sortis défendre leur patrie et le génocide du peuple Guéré dans le grand ouest de la Côte d’Ivoire. Les plus ‘’chanceux’’ quant à eux, ont été jetés en prison comme des malpropres. Du coup, la Côte d’Ivoire s’est vue amputée d’une grande partie de ses fils et filles au motif que ces derniers ne sont pas du bon côté politique. Simone Ehivet, Affi N’guessan, Aké N’Gbo, Raphael Dogbo, Hermann Aboa, Michel Gbagbo, etc. Pour ne citer que ceux-là, croulent aujourd’hui dans les geôles infectes de Ouattara. Parmi eux, des éminences grises du pays, internationalement reconnus, des ivoiriens, des cadres et militants de la majorité présidentielle, qui à un moment donné, ont eu à diriger ce pays. Que dire de tous ceux qui sont hors du pays, angoissés à l’idée de rentrer ? N’ignorant pas la politique de Ouattara qui consiste à tendre un bras pour les inviter à rentrer et de l’autre les balancer en prison, aussitôt venus.

Se priver d’une partie du peuple, appauvrit le pays tout entier.

Le président Gbagbo avait en son temps si bien comprit ce principe que dès son accession au pouvoir, il a invité tous les ivoiriens, où qu’ils soient, de quel bord politique qu’ils appartiennent, à rentrer dans leur pays. Il aussi et surtout, prôné l’unité entre les fils et filles de ce pays. Signaux forts: en 2003, il signe une loi d’amnistie en faveur des rebelles, au nom de la paix. Il met ensuite en place, pour l’unité nationale, un gouvernement de large ouverture où tous les partis politiques sont représentés. Mais avant, il contribue au retour d’exil de messieurs Konan Bédié et Ouattara, aujourd’hui, ennemis déclarés de leur bienfaiteur d’hier. Abou Cissé, oncle maternel d’Alassane Ouattara affirme, sans ambages: « Aujourd’hui, partout, les gens soutiennent que le temps du Président Gbagbo était le meilleur ». Puis il poursuit : « Diriger un peuple ce n’est pas seulement avec le talent d’un économiste. Pour diriger un pays, il faut être investi d’un humanisme. Il (Laurent Gbagbo ndlr) est d’un humanisme incroyable. La politique du Président Laurent Gbagbo prenait en compte tout le monde sans distinction d’ethnie, de religion et de région. Contrairement à Alassane dont l’entourage est composé uniquement de gens de leur ethnie et leur région. Ce n’est pas construire une Nation. C’est en tenant compte de ces facteurs que Gbagbo a mené une politique de rassemblement des Ivoiriens. Pour lui, il ne faut pas juger les gens sur la base ethnique ou religieuse. Mais sur la base des valeurs et de la compétence. C’est un humain ».

Le régime de Ouattara, tue, contraint à l’exil ou emprisonne sans autre forme de procès ses opposants, et continue parler de relance économique. Qui donc bénéficierait des retombées financières des efforts entrepris, sinon lui et ses seuls alliés ? Notre cher préfet-président, Alassane Ouattara, parle de développement économique, bien sûr, signe de progrès. Mais selon les normes modernes actuelles, le développement économique à lui seul ne peut suffire à mesurer le développement d’un pays. D’autres indicateurs, tels que l’indice de développement humain (IDH), qui prend en compte la santé, l’éducation, le respect des droits de l’homme… Sont à considérer. C’est donc là que le bât blesse. En Côte d’Ivoire, des ivoiriens ne bénéficient pas tous de ce respect des droits de l’homme. Il y a une certaine catégorie de d’ivoiriens, notamment les pro-Gbagbo, qui subissent une telle exclusion. Ouattara a appauvrit la Côte d’Ivoire et en est fière. Selon lui: «La Côte d’Ivoire va mieux. Les moments difficiles sont passés. Nous avons maintenant la paix. Nous sommes en période de réconciliation et cela se passe bien ». Vous croyez halluciner ? Et bien non ! C’est ainsi que Ouattara envisage ce pays qu’il compte diriger: un pays boiteux et borgne, amputé de certains de ses fils et filles, considérés comme étant du mauvais côté politique. Dans de telles circonstances, l’on s’achemine droit vers un régime de parti et de pensée unique.

Les ivoiriens accepterons t-ils la pauvreté dans la soumission ?

Alassane et ses alliés, en leurs âmes et consciences, peuvent-ils prétendre avoir la conscience tranquille, alors que plusieurs ivoiriens ont été impunément massacrés et d’autres exclus de la vie de la nation ivoirienne à travers leur politique ethnico-régionale? Assurément non. Ils n’auront jamais la conscience tranquille, la quiétude qu’ils espèrent tant. Ils seront toujours sur le-qui-vive, se faisant peur au moindre bruit, tant que justice ne sera pas faite. C’est cela la vraie réalité. Les ivoiriens dans leur grande majorité le savent aussi. Il ne s’agit pas pour ces ivoiriens dignes de quémander une quelconque indulgence auprès de Ouattara et ses affidés, car conscients qu’ils ont avec eux la justice et la vérité. Tôt ou tard  cette justice sera rendue et la vérité éclatera au grand jour. C’est peine perdue que de courir après relances et autres développement économiques, si des ivoiriens sont tués, embastillés, leurs droits niés et bafoués. On peut donner à un peuple tout le confort matériel possible. Mais si  ce peuple n’a pas l’esprit libre, cela ne servira absolument à rien.

Mais alors cette situation, qui ne saurait d’ailleurs perdurer, ne devrait point briser le moral des ivoiriens. Bien au contraire, elle devra les galvaniser et les pousser d’avantage à croire et à continuer leur lutte, leur quête de la liberté. Abou Cissé, oncle de Ouattara, au  sujet de l’emprisonnement de Gbagbo, persiste: « Sa présence en prison va susciter, plutôt, une chaîne de mouvements au niveau de la classe sociale. On n’aura pas besoin des armes ou d’une révolution par la guérilla. C’est le peuple lui-même qui va se soulever. Parce que le pouvoir actuel ne pourra pas répondre à l’attente des préoccupations des Ivoiriens ». En effet, dès l’annonce de l’arrestation du Président Laurent Gbagbo, des milliers d’ivoiriens se sont aussitôt mobilisés pour engager la lutte. L’emprisonnement de ce dernier, loin de les décourager à bien au contraire créé un engouement sans précédent, des ivoiriens et  même de certains africains et occidentaux, qui se sont rangés du côté de la justice, autour de ce digne fils d’Afrique. Les dernières nouvelles, nous révèlent que l’homme est en « très bon état de santé morale et physique ». Selon Me Lucie Bourthoumieux, une de ses avocats venus récemment le rencontrer : « Le président Gbagbo est si fort dans la tête qu’il ne tient pas du tout à ce que l’on s’attarde sur ses conditions de détention ». Laurent Gbagbo lui-même, quelques temps auparavant, avait lancé aux ivoiriens cette mémorable phrase: « Si pendant la bataille, je tombe et que je meurs, enjambez mon corps et continuez la lutte».

A Ouattara Alassane, qu’il le sache une fois pour toute: le combat des ivoiriens se situe bien au-delà de sa modeste personne. En effet, il n’est qu’un triste pion de la nébuleuse puissance impérialiste occidentale. La bataille engagée ici, vise cet impérialisme, qui par la seule force des armes veut exproprier l’Afrique de ses richesses. Que donc, tous les africains dignes rejoignent les ivoiriens dans cette lutte, en laquelle ils doivent avoir foi. Car ces descendants d’esclavagistes, venus, des siècles auparavant et qui ont contribué à l’appauvrissement de l’Afrique, en la privant de ses valeureux fils et filles, les vendant comme de la marchandise, avec la complicité de certains africains, sont en passe réitérer en ce 21ème siècle leur forfait, en Côte d’Ivoire. Il appartient dès lors aux ivoiriens de décider s’ils souhaitent assister sans régir à l’appauvrissement de leur pays, ou si à l’inverse, ils comptent lutter pour une Côte d’Ivoire riche, riche de tous ses hommes.

Une contribution de  Marc Micael

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Interview de Koné Katinan, porte parole de Gbagbo

Porte-parole officiel du président Laurent Gbagbo, Koné Katinan revient sur les propos d’Alassane Ouattara le 6 août dernier, notamment au sujet de son appel au retour des exilés et de ses allusions à la souveraineté de la Côte d’Ivoire, maltraitée ces derniers mois. Il évoque également la question de la santé du FPI.

Vous avez suivi, sans doute avec beaucoup d’attention, le discours du 6 Août d’Alassane Ouattara. En tant que porte parole du président Gbagbo, en contact par divers moyens avec lui, quelles sont vos observations à la suite de cette allocution ?

Ma première observation, c’est que je me rends compte qu’après plusieurs hésitations, le président Ouattara se rend compte que la Côte d’Ivoire a vraiment besoin de réconciliation. Il rejoint en cela le président Gbagbo qui a dit, dès lors qu’il a été arrêté par l’armée française, que nous abordions désormais la partie civile de la résolution de la crise ivoirienne. En demandant aux exilés de revenir, M. Ouattara admet qu’en dépit de tout ce qu’on peut dire, le problème ivoirien n’est pas réglé. Et il faut le régler.

On constate toutefois qu’entre ce que le président Ouattara dit et ce qui a cours dans les faits, il y a un vrai décalage. Et c’est ce décalage qui brouille la lecture de ses propos et qui fait qu’on peut être amené à douter de leur sincérité. Je n’irai pas jusque là mais je constate tout simplement que la veille de la diffusion de son discours, c’est-à-dire le 6 août, les personnes qui étaient détenues à Katiola et à Bouna ont été formellement inculpées.

Dont le président du parti, Pascal Affi N’Guessan. Quand le président du parti est inculpé, le président Gbagbo qui a assumé les fonctions de chef d’Etat est lui-même arrêté, au moment où l’on s’attendait à des actes forts de réconciliation de la part des nouvelles autorités, admettez qu’on est en droit d’avoir des  inquiétudes sur les discours d’Alassane Ouattara.

Je remarque aussi qu’on fait des efforts inutiles, des dépenses d’énergie énorme, à vouloir réconcilier les Ivoiriens sans Laurent Gbagbo. Pourtant, pour moi, c’est un préalable absolu. Il y a eu une élection en Côte d’Ivoire, et deux personnes qui ont été proclamées élues, des investitures de part et d’autre. Il y a eu une énorme cassure.

On ne peut pas passer tout ça par pertes et profits et faire une réconciliation en dehors du président Gbagbo. Cela me paraît impossible, c’est même contre le bon sens. La main tendue dont il parle doit être tendue vers le président Gbagbo. On aurait été convaincu s’il disait qu’il prenait l’engagement d’entamer le  dialogue avec celui qu’il aime bien appeler « mon frère Laurent » pour trouver des solutions à la crise ivoirienne. J’ai attendu cette annonce en vain. Ce qui fait que je reste sur ma faim. Ceux qui sont en exil le sont parce qu’ils se  reconnaissent en quelqu’un qui est en prison ! S’il est libéré, il sera tout à fait évident que les autres rentrent ! Ne tournons pas autour du pot. L’essentiel est que Ouattara a absolument besoin d’engager un dialogue franc avec Gbagbo.

Dans son adresse à la nation diffusée par voie de presse, Laurent Gbagbo a beaucoup parlé de la souveraineté de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara a également évoqué cette notion. Quel sens avez vous donné à cette sorte de “réplique” de Ouattara à Gbagbo?

Sur la souveraineté, Gbagbo a donné la profondeur de ce qu’il entend par ce concept. On ne peut pas dire aujourd’hui qu’on est pour la souveraineté d’un  Etat, lorsque dans la réalité des faits, la présence trop forte de la France apparaît comme dérangeante. Nous sommes tout de même au XXIè siècle, à 51 ans d’indépendance.

On ne peut pas parler de la souveraineté de la Côte d’Ivoire en confiant l’essentiel de sa vie à un autre pays. Si le président Ouattara a repris ce thème, c’est qu’il sait que le débat sur la souveraineté de la Côte d’Ivoire est réel. Mais on ne peut pas le régler en négociant de nouveaux accords de coopération militaire avec la France, quand des conseillers militaires français sont au Palais présidentiel, quand l’armée française assume des missions de police à Abidjan, ce qui est tout de même un des devoirs régaliens de l’Etat ! C’est cela qui  perturbe l’esprit.

Je souhaite que le discours de Ouattara soit suivi d’actes allant dans le sens de la réaffirmation de la souveraineté de notre pays. De l’extérieur, nous sommes mal vus. Comment un pays qui a fait des efforts des années durant pour sortir de la vassalisation puisse aujourd’hui donner tous les signes de ralliement à cette puissance- là ? Ce n’est pas un problème de Gbagbo ou de Ouattara, c’est un problème de la Côte d’Ivoire. Vous trouverez des gens pro-Ouattara qui le  pensent mais qui ne peuvent pas le dire. Comme vous trouverez des pro-Gbagbo qui le pensent.

Très peu d’Ivoiriens admettent que leur pays soit soumis à une nouvelle forme de recolonisation. Je suis heureux que le président Ouattara soit revenu sur la question.

En tant que porte-parole du président Gbagbo, que pensez vous des nominations récentes au sein de l’armée qui ont été critiquées par les organisations de défense des droits de l’homme dans la mesure ou elles faisaient la part belle aux anciens Comzones ?

Cela traduit le paradoxe de la réconciliation dont on parle. J’aurais été à la place de M. Ouattara, qui a une grande responsabilité dans la construction de l’unité nationale, je n’aurais pas fait comme lui. Car l’armée a des règles ! Il y a des officiers anciens, qui ont été formés pour exercer ce métier ! De plus, ces nominations violent les accords de Ouagadougou.

Ces personnes qui ont été nommées sont des Ivoiriens, et je n’ai rien contre elles, mais les accords de Ouaga, qui ont fondé le processus électoral, disaient qu’à la suite des élections, tous ces Comzones devaient être admis à faire valoir leurs droits à la retraite. Dans la pratique, ce n’est pas cela. Ces Comzones ont été confirmés ! C’est dans ce contexte que le président Gbagbo a dit que les militaires FDS ne doivent pas nourrir le complexe d’une armée vaincue. En effet, ils ont mené des combats difficiles, dans des conditions difficiles, face à une coalition d’armées étrangères. Aujourd’hui, celui qui est chef d’Etat, pour des raisons qui lui sont propres, fait ces nominations. Il a sans doute ses raisons, mais personnellement j’aurais procédé autrement. On peut penser que ces  nominations sont une prime à la violence contre l’Etat.

Le tragique accident du bus 19 a malheureusement été l »occasion d’interprétations politiciennes. La presse proche du nouveau pouvoir accuse le président Gbagbo d’avoir acheté des bus qui n’étaient pas de bonne qualité…

S’il vous plaît… Des personnes, des Ivoiriens sont décédées dans des conditions dramatiques. Il faut avoir la décence de ne pas donner des explications politiciennes à des drames aussi graves. Cela nous discrédite, discrédite la Côte d’Ivoire vis-à-vis de l’extérieur. On peut haïr quelqu’un mais il y a des limites à ne pas franchir. C’est indécent et injurieux pour les personnes décédées. Je préfère ne pas m’attarder là-dessus. Au nom du président Gbagbo, je viens de faire un message de condoléances, de compassion aux populations. Restons humains. Même dans l’adversité, restons humains. Et respectons la mémoire de ceux qui sont décédés.

La presse ivoirienne est touchée en plein coeur. Avec l’incarcération d’Hermann Aboa, qui vient s’ajouter à d’autres confrères comme Frank Anderson Kouassi, Gnahoua Zibrabi, Serge Boguhet et Germain Guézé. Tous incarcérés. Sana oublier l’assassinat de Sylvain Gagnétaud…

Il n’est pas bon qu’un pouvoir politique emprisonne des journalistes. Ces actes ne rassurent pas et ne donnent pas de bons signaux aux Ivoiriens et à la communauté internationale. Toutes ces personnes qui sont arrêtées doivent être libérées. Les Ivoiriens ont besoin de réconciliation.

Dans sa déclaration, le président Gbagbo a demandé de libérer tous les prisonniers politiques. Et affirmé que c’est lui et lui seul qui doit répondre du mandat que les Ivoiriens lui ont confié. Hermann Aboa est un jeune, un père de famille. Il n’a fait que son devoir professionnel…

Le FPI est désormais dirigé par Sylvain Miaka Oureto, président par intérim. Certaines personnes considèrent que les initiatives du parti en Côte d’Ivoire sont assez molles. Le FPI  «de l’intérieur » ne demanderait pas assez clairement la libération des personnes incarcérées et tarderait à reprendre sa place sur l’échiquier national. Qu’en dites vous ?

Nous ne devons pas oublier que nous traversons une période d’exception, une situation difficile. Le parti est en pleine tempête. La violence avec laquelle le parti a été attaqué est extrême : le président du parti est en prison, le fondateur et les deux vice-présidents du parti aussi. L’ancien secrétariat général est en prison ou en exil. Je comprends les difficultés qu’éprouvent les camarades sur le terrain, dans un climat de terreur. Je leur tire mon chapeau. En même temps, je voudrais dire que le FPI est un parti de combat. Quelle que soit l’adversité, nous devrons garder cela à l’esprit. Nous sommes porteurs d’une espérance. Il ne faut pas que nous faiblissions devant l’adversité. Il faut que nous retrouvions le FPI que nous avons connu : un parti de combat, qui ne recule pas devant l’adversité.

La direction du FPI en exil est elle en contact avec les exilés disséminés dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et dont la situation humanitaire semple assez préoccupante ?

Bien sûr. La direction du parti en exil a fait une tournée dans les camps de réfugiés. J’en ferai autant au nom du président Gbagbo. Nous sommes en contact permanent avec ces personnes. Nous devons oeuvrer pour leur apporter notre compassion, notre solidarité, face à la situation humanitaire difficile qu’ils traversent. Quand vous voyez les camps de réfugiés où vivent les Ivoiriens, quelle que soit votre force, vous laissez échapper quelques larmes. Nous essayons de les aider dans la limite de nos moyens. Et de préparer leur retour au pays. La direction du FPI en exil le fait déjà très bien.

En tant que porte-parole du président Gbagbo, comment jugez vous le retour en Côte d’Ivoire d’officiers en exil, notamment le colonel-major Boniface Konan ?

Le président Gbagbo a rendu un vibrant hommage aux militaires lors de sa dernière déclaration. A ces personnes qui ont combattu pour la liberté et la souveraineté de notre pays. Dans des conditions très difficiles. Ils n’ont pas été vaincus par l’ennemi officiel, mais par une coalition de puissances étrangères qui ne s’est pas déclarée officiellement ennemie. Si un militaire estime que les conditions sont réunies pour qu’il rejoigne sa famille, le président Gbagbo, qui était leur chef, n’a rien à lui reprocher. Pourvu que ceux qui rentrent retrouvent leur unité, participent au rétablissement de la cohésion sociale. Ils doivent le faire, mais sans avoir le comportement d’une armée vaincue. Ils doivent participer à la construction de la Côte d’Ivoire la tête haute. Et non le profil bas.

Communiqué de presse

Nous avons pris connaissance de la mise en vente de timbres postaux à l’effigie du Président Laurent GBAGBO et de son épouse qui sont apposés sur des cartes postales pré-imprimées et adressées au Président SARKOZY, émanant d’une association dite Côte d’Ivoire Coalition, Inc., se réclamant proche du Président Laurent GBAGBO et qui militerait pour sa libération.

Le Porte-parole du Président Laurent GBAGBO, Monsieur le Ministre KONE Katinan Justin, tient à rappeler que ni le Président ni son Porte-parole n’ont donné mandat à une quelconque organisation pour collecter des fonds pour sa cause. Le Porte-parole du Président Laurent GBAGBO déplore l’exploitation à des fins mercantiles que certaines personnes tentent de faire du noble combat du Président Laurent GBAGBO. Le Porte-parole fait remarquer que le Président Laurent GBAGBO a été arrêté en qualité de Chef d’Etat. Il invite par conséquent toutes les personnes qui voudraient souscrire à son combat d’observer un grand respect à son égard.

La vente des timbres à son effigie constitue une méprise grave à son endroit. C’est pourquoi le Porte-parole se réserve le droit de traduire les promoteurs de cette honteuse entreprise devant les tribunaux compétents. Le combat du Président Laurent GBAGBO a besoin de l’adhésion d’hommes et de femmes d’honneur.

Le Porte-parole invite l’ensemble des combattants pour la liberté du monde entier, qui se
sont engagés aux côtés du Président Laurent GBAGBO, à demeurer vigilants pour éviter d’être victimes d’actes d’escroquerie et d’abus de confiance.

Fait à Abidjan, le 9 août 2011.

Le ministre Kone Katinan Justin

Porte-parole du Président Laurent Gbagbo

Côte d’Ivoire : Pascal Affi N’Guessan et Michel Gbagbo inculpés

| Nord-Sud – Le porte-parole par intérim du parquet d’Abidjan, Noël Djè, a révélé, hier,

à l’Afp les noms d’autres proches de Laurent Gbagbo inculpés. Ce sont, entre autres, Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (Fpi) et Michel Gbagbo, fils de l’ancien président. Au total, 12 proches de ce dernier ont été placés en détention préventive, pour cette énième vague d’inculpation. Mais ce sont en tout 40 pro-Gbagbo qui sont ainsi dans les liens de la justice. Ils sont accusés, pour certains, d’atteinte à la défense nationale, de complot contre l’autorité de l’Etat, de constitution de bandes armées, de participation à un mouvement insurrectionnel et de rébellion, pour d’autres, a-t-il indiqué. Cependant, vingt-six pro-Gbagbo avaient déjà été inculpés d’atteinte à la sûreté de l’Etat ou d’infractions économiques et sont détenus pour la plupart à Boundiali. Parmi eux, figurent l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo, Gilbert Aké N’Gbo et plusieurs ex-ministres. Ces nouvelles inculpations surviennent après le 51ème anniversaire de l’indépendance au cours duquel le président de la République, Alassane Ouattara, a « tendu la main » ce week-end au camp Gbagbo, spécialement aux exilés au Ghana. « Leur place est avec nous », a-t-il assuré, plaidant pour une « Côte d`Ivoire réconciliée et rassemblée ».

B.I.

Côte d’Ivoire : Pascal Affi N’guessan transféré à Katiola

Ils étaient, pour la plupart, enfermés à l`hôtel du Golf d`Abidjan, quartier général (QG) du président Ouattara jusqu`à sa prise du pouvoir alors aux mains de son rival Laurent Gbagbo. Depuis ce week-end pascal, les dignitaires de l`ancien régime, faits prisonniers depuis leur chute brutale du 11 avril dernier, ont de nouvelles destinations. C`est ce que nous a révélé une source proche des nouvelles autorités. Selon cette source, le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N`guessan, initialement à l`Hôtel la Pergola de Marcory Zone 4 avant d`être transféré manu militari au Golf, ne se trouverait plus à ce Q.G. du nouveau régime. Le chef de l`ex-parti au pouvoir aurait été transféré loin de la ville d`Abidjan, précisément à Katiola, au centre du pays, à 400 km de la capitale économique ivoirienne. Affi N`guessan ne serait pas la seule personnalité à être relocalisée dans cette ville. Avec lui, il y aurait tous les autres pontes du régime Gbagbo et les membres de l`entourage de l`ex-président de la République déchu, qui séjourneraient encore au Golf. Ces personnalités civiles mises aux arrêts seront conduites également à Katiola comme Affi N`guessan, en attendant de connaître leur sort dans les semaines et mois à venir. Quant aux prisonniers militaires, leur prochaine destination serait la ville de Bouaké, capitale du Centre et fief de l`ex-rébellion, où ils iront attendre les décisions du nouveau régime. Ainsi, après le transfert du président déchu, Laurent
Gbagbo à Korhogo, et celui de son épouse Simone dans l`extrême Nord-Ouest, à Odienné, le Golf hôtel se vide de ses prisonniers, dispersés sur l`ensemble des zones dites CNO (Centre-Nord-Ouest). Pourquoi cette dispersion? Essoufflement dû aux charges du Golf progressivement libéré par ses anciens pensionnaires, ou simple stratégie d`éloignement pour mieux tenir les prisonniers dans une zone qu`ils contrôlent et à distance du siège du pouvoir, objet des violences continues à Abidjan?

F.D Bony

Source : L’Inter

Les suites de la Guerre en Côte d’Ivoire, le plus dur reste à venir !

Comment ne pas encore parler de la Côte d’Ivoire puisque deux semaines après la chute du président légal, les choses sont loin de se tasser et que les armes crépitent toujours ? Pendant que les médias occidentaux mettent le paquet pour parler de la normalisation en voie, le nouveau régime, après avoir incarcéré sans base légale Laurent Gbagbo, son épouse et de nombreux responsables du FPI, se livre  à une véritable chasse aux sorcières indigne d’un régime qui se dit favorable à la réconciliation. Il tente également de casser le FPI pour avoir le soutien de ceux à qui on peut pardonner, tels Mamadou Koulibaly, Alcide Djedje, et de ceux dont on a besoin, en particulier le président du Conseil constitutionnel, Paul Yao N’Dré.


A la Résidence de Laurent Gbagbo 11-04-2011
Un carnage qu’on voudrait passer sous silence

C’est de bonne guerre pourrait-on dire et beaucoup de gens du camp Gbagbo, fatigués, apeurés, affamés ou qui ont peur de perdre leur job, ont bien envie de dire « Pouce » ! Evidemment, la base du parti créé par Laurent Gbagbo éructe à la trahison. Et dans tout ce méli-mélo où le camp gagnant détruit à la Bolchévique tous les symboles de l’ancien régime comme la « Sorbonne » (célèbre lieu de dialogue) et où les médias sont mis au pas, voici que le redoutable Sergent Ibrahim Coulibaly dit « IB » semble vouloir avoir sa part du « butin » dans cette sale guerre et attaquerait même des éléments de l’ex-rebelle Soro. Eh oui !, on ne passe pas de rebelles à simples citoyens aussi facilement ! Le chef de l’Etat propulsé par l’étranger et les siens risquent de l’apprendre à leurs dépens. Il y aurait aussi des tensions entre les gens de Guillaume Soro et le PDCI-RDA tant au niveau de la primature que de l’affectation des ministères ! Et au moment de boucler, on apprend que la conférence d’Affi N’Guessan, qui voulait s’adresser à la presse pour donner l’avis du parti du Président Laurent GBAGBO sur des points de l’actualité politique, a tourné court, des soldats de Ouattara s’invitant malencontreusement et arrêtant tout,  confisquant le matériel de travail des médias invités avant de conduire manu militari le président du FPI au Golf Hôtel. Le patron du FPI aurait même été molesté devant des forces onusiennes qui n’ont pas bougé devant cette scène de violence inacceptable, et à qui incombe pourtant la protection des lieux ! Mais bon, ce comportement, on le sait, n’est pas nouveau.

Vous lirez donc, outre les articles ci-après, la Déclaration du FPI, pour mieux vous éclairer sur les suites de ce conflit au moment où Alassane Ouattara promet que les deux mois de salaires dus seront payés dès la semaine prochaine grâce à un prêt de… la France contracté sans l’aval de l’Assemblée nationale.

CE FUT L’HORREUR AU PALAIS PRESIDENTIEL

Les journaux occidentaux ont tous préféré les images de la capture du « vilain » Laurent Gbagbo (président élu de Côte d’Ivoire), hagard et le cocard à l’œil Dieu seul sait par quoi, et celle  de son épouse, jetée à terre, frappée au sang par des miliciens pro-Ouattara. « Ah ces dictateurs, c’est bien fait pour eux, tout de même : on ne gère pas un pays comme son bien propre ; il faut respecter le vote de la majorité ! », etc… Voilà ce qu’on pouvait lire entre les lignes de ces journaux pro-Sarkozy. Et la France a fait son boulot, évidemment, rajoutent-ils ! Pas un mot sur le non-désarmement au Nord et le vol des voix dans une dizaine de départements en zone rebelle qui ont permis qu’Alassane Ouattara obtienne plus de 100 % de voix par endroits, sans même les deux voix du représentant du FPI ; rien sur le fait que le chef de l’Etat parvenu au pouvoir par la guerre soit notoirement connu pour être le patron de la rébellion qui a fait plus de 10.000 morts en Côte d’Ivoire ; «Nada » sur le fait que Laurent Gbagbo est un opposant qui n’a jamais voulu faire couler  le sang dans son pays, qui a fait de la prison pour ses idées, qui est le père de la démocratie et de la liberté de presse ! Motus sur  le fait qu’il ait demandé le recomptage de voix, qu’il ait toujours traité ses opposants avec dignité…Bref, il faut justifier le crime !

De grands médias comme Paris Match n’ont pas hésité à mettre les photos les plus choquantes où l’on voit des jeunes rebelles arracher les nattes de la présidente plus ou moins dévêtue et jetée au sol, hébétée ! Avec de telles images, sûr que le canard va bien se vendre ! D’aucuns se sont permis de  critiquer l’air hagard du couple présidentiel, estimant qu’il eût fallu un peu de dignité mais quand on sait  ce qui s’est passé à l’intérieur du Palais, on comprend. Voyez plutôt  la photo ci-dessous qui résume une partie de l’horreur qui s’est déroulée dans la résidence du quatrième président de Côte d’Ivoire. Et quand on sait qu’en plus des bombes, des coups de feu, il y a  eu également des gens torturés et tués, des femmes violées, le tout dans des actions de pillage  frénétique de tous les biens (argent, effets personnels…) et d’énormes beuveries  comme à l’époque des pirates, on frémit à la pensée de ce qu’ont dû endurer ceux des responsables de l’ancien régime !   Pourtant, dès lors que le président Gbagbo avait été capturé par les forces étrangères et remis aux forces d’Alassane Ouattara, plus rien ne justifiait cette barbarie à la résidence présidentielle. Pourquoi avoir laissé faire ? Et ce qui est révoltant, c’est  que quinze jours  après la chute de Laurent Gbagbo,  les tueries de ses partisans et  de nombre de ceux de son ethnie, à ce qu’on dit, continuent.

Voilà ce qu’ont permis les forces onusiennes dans ce beau pays d’Houphouët pour régler un conflit postélectoral monté de toutes pièces et sous le fallacieux prétexte de sauver des…. civils ! A méditer.

 CY

San Finna N°613 du 25 Avril au 01 Mai 2011

Affi N’guessan arrêté : Ouattara va t-il ramener la Côte d’Ivoire au parti unique ?

Pitié pour la Côte d’Ivoire ! C’est l’expression qui est sur toutes les lèvres de tous ceux qui suivent avec sérieux la bêtise qui mine ce pays ces dernières semaines. Après Laurent GBAGBO, son épouse, tout le cabinet présidentiel et la presque totalité des membres du gouvernement arrêtés le 11 Avril dernier, c’est au tour du Président du Front Populaire Ivoirien de rejoindre la prison Rhdp. Il a osé, nous apprend on, donner des interviews à la Presse étrangère.

En clair, avec l’avènement d’ALASSANE OUATTARA, personne ne doit dire mot. Oui vous avez bien compris, tous ceux qui ne veulent pas aller en prison ou passer de vie à trépas, doivent désormais s’arranger de sorte à applaudir OUATTARA malgré la merde qu’il ne cesse d’installer dans ce pays avec ses fantassins depuis 2002. Ceux qui doutaient encore de ce qu’ADO réservait aux Ivoiriens, ont juste quelques semaines pour s’en apercevoir.

Déjà, l’histoire du millier de personnes massacrées à DUEKOUE par ses hommes est en train de rentrer peu à peu dans les archives. L’ONU et les organisations internationales qui avaient annoncé cela ont été mises au pas. CHOI et ses hommes qui veulent s’éterniser en Côte d’Ivoire pour continuer de recevoir des salaires exorbitants qu’ils n’auraient jamais eus à New York, ont préféré s’aligner en empruntant la voie de la distraction : Les massacres qui avaient été l’œuvre des rebelles de OUATTARA sont désormais « le fait de conflits interethniques ».

Comme quoi, ces communautés ethniques ont attendu la prise de DUEKOUE par des rebelles pour s’entre-découper. N’importe quoi !

AFFI et tous les cadres de la Majorité Présidentielle qui n’ont plus de domiciles et qui se sont retrouvés dans un hôtel de la place pour animer la vie politique malgré la galère qu’ils vivent avec comptes gelés, maisons pillées, voitures arrachées, interdiction de voyager et de voir les rescapés (s’il yen a ) dans leurs familles respectives, ne doivent pas en plus-nous dit- on du côté du Golf « parler, encore moins se confier à la presse ». Le comble dans tout ceci, c’est que personne ne sait qui décide autour de OUATTARA.

La conférence d’AFFI a été interrompue dans un temps par les rebelles au pouvoir qui disent agir sur ordre de SORO. Mais joint au teléphone ce dernier accepte la proposition d’AFFI qui demande à répondre à sa convocation le lendemain. La conférence suit son cours. Une heure après la fin de cette adresse à la Presse, le groupe de soldats revient à la charge ; cette fois- ci sur ordre du ministre BAKAYOKO. Les cadres du FPI leur apprennent qu’AFFI sera au golf le lendemain et que SORO avisé n’y trouvait pas d’inconvénient. Surexcités, ils ne veulent pas entendre raison. Ils cassent alors portes et fenêtres de l’hôtel et emmènent le Président du FPI au QG du Rhdp.

On apprendra plus tard que « tous les cadres de la LMP sont en résidence surveillée ». Ne me demandez pas pourquoi car vous devez aisément deviner leur crime avant même que Hamed BAKAYOKO ne le précise aux journalistes : « ils ne doivent rien dire qui salissent la présidence de OUATTARA. S’ils veulent parler, qu’ils se contentent de chanter les louanges d’ADO. Aucune critique des actes posés par Ouattara et ses hommes ne leur est permise, c’est à prendre où à laisser »

Wao ! Que devient la Côte d’Ivoire ?

« Les enfants d’HOUPHOUET » nous ramènent ils dans les années 70 ? Et pourtant, c’est le multipartisme introduit en Côte d’Ivoire grâce à GBAGBO qui a permis à OUATTARA de se servir du RDR de DJENI KOBENAN pour parvenir au… pouvoir aujourd’hui. Et pourtant, de tous les régimes précédents, c’est celui de GBAGBO qui a autorisé le «Burkinabé» (selon BEDIE) d’être pour la première fois candidat aux élections Présidentielles dans ce pays. Et pourtant, OUATTARA parle de réconciliation. Avec qui va-t-il se réconcilier si, après avoir été installé par les Français suite à un carnage sans précédent de plus d’un millier de Pro-GBAGBO, les rescapés doivent être, eux aussi, jetés en prison ? Pitié ! Mille fois pitié pour mon pays !

Stéphanie KONAN

LVDPG – Presse Gabonaise & Internationale

Déclaration du président du Front populaire ivoirien (Fpi) sur la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire

Chers compatriotes,

Le conflit né de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 s’est terminé, hélas par la guerre, dans le sang et les larmes.

Le Président Laurent GBAGBO a été arrêté avec son épouse, de nombreux membres de sa famille et du personnel de la Présidence, les membres du gouvernement et des hautes personnalités civiles et militaires. M. TAGRO Désiré, Secrétaire Général de la Présidence, et ancien Ministre de l’Intérieur a été tué.

Les combats sur l’ensemble du territoire national et en particulier à Abidjan ont occasionné des morts, des pillages de biens publics et privés, de graves violations des Droits de l’Homme et des atteintes à la dignité des personnes.

La vie politique, économique et sociale s’est arrêtée et un climat de peur s’est abattu sur le pays.

La Majorité Présidentielle (LMP) est profondément meurtrie face à cette situation chaotique. Elle présente ses condoléances les plus attristées aux familles de tous ceux et toutes celles qui ont perdu la vie dans ces tristes évènements ; elle les assure de son entière solidarité.
A la Nation entière et à toutes les victimes de cette grave crise, LMP adresse sa sincère compassion.

Les meurtrissures sont encore vives. Nos cœurs saignent encore et en maints endroits (Yopougon notamment) certains de nos compatriotes continuent de se battre et de refuser la loi des armes. Nous devons arrêter l’escalade de la violence et de la déchéance.

Depuis trente (30) ans, notre pays est en crise : crise économique depuis 1980, crise politique depuis la mort du père-fondateur, le Président Houphouët Boigny en 1993, crise politico-militaire depuis 1999/2000.

Pays de liberté, de solidarité, de diversité et d’hospitalité, la Côte d’Ivoire ne doit pas et ne peut pas mourir par la faute de ses propres fils.

Ressaisissons-nous, dominons nos douleurs, apaisons nos cœurs, essuyons nos larmes et rassemblons-nous pour mettre fin aux souffrances de nos populations et donner une chance à la restauration et à la construction de notre pays.

Il appartient aux Nouvelles Autorités de prendre toutes les dispositions pour mettre fin à l’insécurité qui s’est généralisée avec les exactions, la traque des partisans du Président Laurent GBAGBO, les pillages, les braquages, les arrestations arbitraires, etc. pour rétablir l’ordre républicain et l’Etat de droits, afin de permettre au pays de retrouver une vie normale, de permettre à toutes les personnes arrêtées en particulier le Président Laurent GBAGBO, de retrouver la liberté pour prendre toute sa part dans la réconciliation nationale.

A tous nos frères et sœurs qui ont soutenu, qui soutiennent et qui accompagnent le combat politique du Président Laurent GBAGBO, aux Patriotes de toutes les générations, je voudrais rappeler les termes de la dernière déclaration du Président Laurent GBAGBO, le lundi 11 avril 2011 à l’hôtel du Golf : « je souhaite qu’on arrête les armes, qu’on entre dans la partie civile de la crise et qu’on la conclue rapidement pour que le pays reprenne ».

Où que vous soyez, quoi qu’on vous ait fait, quelque soit l’intensité de votre douleur, la gravité des frustrations et des préjudices subis, au nom de la paix, au nom de notre cher pays, la Côte d’Ivoire, Terre d’Espérance, arrêtons la guerre, mettons fin à toute forme de belligérance et de confrontations. Disposons nos cœurs à la Paix et à la Réconciliation Nationale pour que vive la Côte d’Ivoire, éternelle, une et indivisible.

QUE DIEU BENISSE NOTRE CHER PAYS !

AFFI N’GUESSAN PASCAL,
Président du Front Populaire Ivoirien
Porte-parole de Candidat Laurent GBAGBO

Réunion de l’UA à Addis-Abeba : Laurent Gbagbo représenté par Pascal Affi N’Guessan et Alcide Djédjé

C’est désormais certain ! Le président du Front populaire ivoirien (Fpi), Pascal Affi N’Guessan et le ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, sont les deux personnalités qui représenteront le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo à Addis-Abeba. Où se tiendra, aujourd’hui mercredi, la 4e réunion du panel des cinq Chefs d’Etat mandatés par l’Union africaine pour trouver des solutions à la crise ivoirienne. Réunion qui sera suivie, demain jeudi 10 mars, de celle du Conseil de paix et de sécurité de ladite organisation régionale.  La délégation du président ivoirien a embarqué hier matin à 9 heures 30 à l’Aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan Port-Bouët à bord d’un vol commercial.

Sans le président du Conseil économique et social, Laurent Dona-Fologo, comme l’annonçaient certaines sources. Concernant les raisons du choix des membres de la délégation, elles reposent sur leur connaissance du dossier.

S’agissant de Pascal Affi N’Guessan, il dirige le Fpi, parti de Laurent Gbagbo, depuis l’élection de ce dernier à la magistrature suprême en octobre 2000 et il a été son unique Premier ministre librement nommé jusqu’à l’éclatement de la crise militaro-politique, le 19 septembre 2002. a Linas-Marcoussis en janvier 2003 où il était pour le camp présidentiel, Laurent Gbagbo sera contraint de le remercier pour nommer Seydou Elimane Diarra au poste de Premier ministre, chef du gouvernement de réconciliation nationale. Marqué par le partage du pouvoir et l’entrée de la rébellion dans le gouvernement en plus de l’opposition.

Durant la campagne pour la présidentielle du 31 octobre et du 28 novembre 2010, le président du Fpi a joué le rôle de porte-parole du candidat de La majorité présidentielle (Lmp), Laurent Gbagbo. Cette coalition compte, outre le Fpi, neuf autres partis politiques alliés. Quant au ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, il est rompu aux affaires diplomatique et politique. Puisqu’il a été auparavant conseiller diplomatique et Représentant permanent de la Côte d’Ivoire à l’Onu jusqu’au lendemain de la présidentielle. Il faisait, en outre, partie de la délégation présidentielle lors des négociations de Ouagadougou en février 2007 et qui ont donné naissance à l’Accord de paix de Ouaga signé le 4 mars de la même année. Ainsi, que ce soit la crise post-électorale, la crise militaro-politique, l’implication de la France, de l’Union européenne, des Etats-Unis, de la Cedeao et de l’Onu, ce sont de véritables personnes-ressources qui représenteront le Président Laurent Gbagbo à Addis-Abeba.

Outre la délégation présidentielle et le Dr Alassane Ouattara, président du Rassemblement des républicains qui a annoncé samedi dernier qu’il effectuerait le déplacement du 10 mars, le président du Conseil constitutionnel y est également attendu. Cependant, nos sources indiquent que le Pr Paul Yao N’Dré, juge des élections et qui a déclaré Laurent Gbagbo vainqueur face à Alassane Ouattara, ne devrait pas répondre à l’invitation de l’Union africaine. Le panel mandaté depuis le 16e sommet de l’Ua fin janvier n’ayant pu dire, après évaluation de la situation, ce qu’il en est ni proposé de solution consensuelle, les parties vont donc poursuivre les discussions qui devront, on l’espère, aboutir à une décision acceptée par tous et «contraignante pour toutes les parties».

PAULIN N. ZOBO, Fraternité matin d’Abidjan