Le Blog de Aymard

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Déclaration du Conseil Africain de Défense des Œuvres Progressistes de KHADAFI (C.A.D.O- KHADAFI)

Héritières et héritiers des glorieuses traditions de lutte des Samory Touré, Tchaka ZouIou, Béhanzin, Bio Guerra, Kaba, Patrice Lumumba, N’kruma, Sékou Touré, Thomas Sankara et autres illustres disparus qui ont fait le sacrifice suprême de leur vie pour l’honneur de l’Afrique et la dignité des peuples de notre continent, les panafricanistes ci-dessous signataires de la présente déclaration,

 ayant constaté avec une profonde amertume la démission de l’Union Africaine et celle de certains chefs d’ETATS Africains dans leur incapacité à résoudre la crise libyenne en toute souveraineté africaine sans l’intervention de l’occident impérialiste et arrogant,

 constatant que sous le prétexte fallacieux de protéger les populations, l’impérialisme international usant et abusant de la couverture du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies a bombardé et détruit pendant plus de six mois les réalisations économiques et socioculturelles de 42 années de Révolution Libyenne sous la direction courageuse et intrépide du Colonel Mouammar AL KHADAFI ;

 ayant compris aujourd’hui que les milliers de morts Libyens (enfants, jeunes vieillards, hommes et femmes) du fait de ce bombardement barbare et aveugle n’ont servis qu’à assouvir la soif pétrolière de l’impérialiste spoliateur et prédateur impitoyable ;

  1. expriment par la présente, leur attachement indéfectible et sacré au droit du peuple Libyen à choisir lui-même ses propres dirigeants en toute souveraineté et en toute indépendance et cela à chaque époque de son histoire ;
  2. refusent de se reconnaitre dans l’interprétation injuste et contre véridique qui veut peindre en noir à 100% les 42 années de gestion du pouvoir par le Colonel Mouammar AL KHADAFI et ce en reconnaissant les graves dérives dont son propre Peuple a été victime du fait de sa gouvernance du pays ;
  3. s’engagent à compter de ce samedi 29 Octobre 2011à se constituer en Conseil Africain de Défense des Œuvres Progressistes de Colonel Mouammar Al KHADAFI, dont la mission essentielle est de :

3.1  faire le bilan critique et objectif de l’œuvre accomplie à la tête de la Révolution Libyenne en 42 années afin de faire la part entre ses erreurs à dénoncer et ses œuvres progressistes qui devront être sauvegardées, défendues et promues dans la conscience militante des peuples Africains en général et de la jeunesse en particulier pour préserver le flambeau du panafricanisme qui doit nous conduire inexorablement à l’avènement des Etats-Unis d’ Afrique qui n’est plus un rêve mais une exigence de notre époque qui est celle de la mondialisation et de la globalisation dans laquelle les micro-Etats ¬Nations hérités de la colonisation n’ont ni place ni perspective ;

3.2  susciter de chacun des 53 Etats Africains des Comités Nationaux du Conseil Africain de Défense des œuvres progressistes du guide Mouammar Al KHADAFI, au sein desquels les peuples Africains doivent s’organiser pour exiger des – gouvernements Africains de :

a)      décréter dans chacun des 53 Etats Africains une Journée de Deuil National à la mémoire du panafricaniste Mouammar Al KHADAFI ;

b)      baptiser au moins dans chacune des Capitales Africaines au nom du panafricaniste Mouammar Al KHADAFI en vue de maintenir, dans le cœur des jeunes générations, inextinguible la Flamme Panafricaniste des Kwame N’khumah et Lumumba.

En avant pour l’avènement des Etats-Unis d’ Afrique Aujourd’hui et Maintenant !

Ouvrons tous pour la construction d’une Afrique Libre, souveraine, moderne et solidaire dans la Mondialisation et la Globalisation !

Le Conseil Africain de Défense des Œuvres Progressistes de KHADAFI (C.A.D.O- KHADAFI)

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S’unir ou périr ensemble : quel choix pour l’Afrique ?

Les conditions de la mort de Kadhafi auront fait de lui un héros aux yeux de la grande majorité des peuples africains, n’en déplaise aux maîtres du monde qui ont droit de vie et de mort sur les dirigeants des pays faibles. Il repose désormais, dans nos mémoires, au Panthéon des combattants pour la dignité de l’Afrique à côté de Patrice Lumumba, Barthélémy Boganda, Kwamé Nkrumah et Thomas Sankara et son sang fertilisera cette terre d’Afrique pour que germent une conscience et une résistance à toute épreuve. Son assassinat résulte du croisement de deux objectifs parallèles, l’un interne et l’autre externe, qui ont fini par fusionner pour être offerts au monde sous des aspects digestes.

Le premier objectif de sa mort programmé est dévoilé dans le premier discours du chef du CNT au lendemain de son assassinat : le rejet de la charia par Kadhafi et son refus de s’en servir comme boussole à la constitution Libyenne. Kadhafi a lutté pour une Lybie aux valeurs républicaines, une Lybie moderne libérée des corsets de la religion. Il a été un rempart inébranlable contre la contagion de l’intégrisme religieux qui frappe bruyamment
aux portes des pays arabes et les dérives idéologiques subséquentes. Le rempart a fini par céder face au déferlement torrentiel de l’incontinence religieuse qui peut à présent faire tranquillement son lit avec la bénédiction des parrains occidentaux.

Le deuxième objectif est à rechercher dans son refus d’être un esclave docile qui se satisfait de sa condition et dont l’esprit n’est effleuré par quelque idée d’affranchissement. Le tort de Kadhafi c’est d’avoir voulu rompre les chaines de la servitude en poussant l’outrecuidance à contester l’hégémonie des maitres du monde. Les bases de l’Unité Africaine qu’il a jetées, le premier satellite africain RASCOM financé à concurrence de 300 Millions de Dollar sur un total de 377 Millions, le projet de création d’un Fonds Monétaire Africain qui accélérerait la Fédération des Etats africains pour les libérer des dicktats du FMI sont autant de crimes de lèse-majesté qui ont signé son arrêt de mort depuis les bureaux de Washington et de l’Union Européenne.

Loin de moi l’idée d’épiloguer sur les fondements internes et externes de la  déstabilisation de l’Afrique, fondements sur lesquels je suis amplement revenu déjà et auxquels la presse digne a d’ailleurs consacré de nombreux papiers. Je voudrais plutôt faire remarquer, dans une analyse diachronique, la similitude de la fin tragique réservée aux combattants pour la liberté de l’Afrique.

Le 30 juin 1960, à la cérémonie de célébration de l’indépendance du Congo, après le discours paternaliste et condescendant à l’égard du peuple congolais prononcé par le Représentant du Roi Belge auquel répondait en écho celui d’allégeance du président Kasavubu, Patrice Lumumba, dont l’intervention n’était pas prévue, prit la parole pour restaurer la Dignité de son peuple.

« […] Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop  douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire ».

En effet, là où le représentant du roi Léopold II infantilisait les dirigeants du peuple congolais en leur demandant de ne pas remplacer par des reformes hâtives les organismes que leur remettait la Belgique et qui rencontrait l’adhésion de Kasavubu, Lumumba répondit par un discours révolutionnaire rythmé par les maîtres- mots Indépendance, Egalité, Lutte, Humiliant esclavage. Son intervention,  loin d’être belliqueuse, s’inscrivait dans une perspective de recadrage du sens d’une cérémonie qui était en train d’être vidée de sa « substantifique moelle ». Il rappela simplement que le Congo, devenu désormais indépendant, se refuse de continuer avec « des paradigmes » de la colonisation par le maintien des lois iniques qui assurent la pérennité du pacte colonial. Dès lors, il a toute la latitude d’initier des reformes institutionnelles et de tracer des perspectives d’avenir pour ses concitoyens. De plus, fort de son indépendance acquise dans la lutte et en vertu des lois internationales, le Congo n’est plus un Etat vassal, mais un Etat à part entière comme la Belgique avec laquelle il entend entretenir des relations d’amitié.

Le refus à la Christophe d’un « pouvoir sans croûte ni mie » ne pouvait que sonner le glas aux ambitions révolutionnaires d’un homme. La suite, nous la connaissons. Lumumba a été arrêté par les Américains et les Belges puis livré au sécessionniste Tchombé qui n’a eu aucun mal à le tuer et à dissoudre son corps dans de l’acide. Ce fut le même scénario en Lybie.

Le 24 Mai 1963 au sommet de l’OUA à Addis Abeba dans un discours à valeur de supplique, Kwamé Nkrumah lance un appel de pied à ses pairs face à l’urgence de réalisation de la fédération des états africains avant que les occidentaux n’exploitent leurs divergences pour éloigner par des manœuvres mesquines la réalisation d’un tel projet qui sortirait l’Afrique de l’ornière. Dans cet extrait que je vous propose, il fait une lecture lucide des indépendances africaines : « Sur notre continent, il ne nous a pas fallu longtemps pour découvrir que la lutte contre le colonialisme ne prend pas fin lorsqu’on a réalisé l’indépendance nationale. Cette indépendance n’est que le prélude d’un combat nouveau et plus complexe pour la conquête du droit de diriger nous-mêmes nos questions économiques et sociales, en dehors des entraves écrasantes et humiliantes de la domination et de l’intervention néocoloniale ». Dès lors, des manœuvres souterraines vont être menées en vue d’amener certains chefs d’Etat à se désolidariser du projet, mais aussi pour déstabiliser le régime de Kwame Nkrumah.

Le 24 Février 1966, alors qu’il était en visite en Chine, un coup d’Etat est perpétré au Ghana qui le pousse à l’exil en Guinée et il meurt le 27 Avril 1972 à Bucarest. Vous y voyez vous une différence notable avec Kadhafi ?

Le 17 Novembre 1986, lors du dîner offert au président français François Mitterrand à l’occasion de sa première visite au Burkina Faso, Thomas Sankara prononça un discours dont les revendications provoquèrent l’ire de son hôte et donnèrent le prétexte à la machine à tuer de se mettre en branle. Lisez plutôt :

« […] C’est dans ce contexte, Monsieur François Mitterrand, que nous n’avons pas compris comment des bandits, comme Jonas Savimbi, des tueurs comme Pieter Botha, ont eu le droit de parcourir la France si belle et si propre. Ils l’ont tâchée de leurs mains et de leurs pieds couverts de sang. Et tous ceux qui leur ont permis de poser ces actes en porteront l’entière responsabilité ici et ailleurs, aujourd’hui et toujours ».

Thomas Sankara n’aurait pas dû dénoncer si vertement le parrainage de la France dont bénéficiaient Jonas Savimbi et Pieter Botha qui ont plongé, pour l’un, son pays dans une guerre qui a duré 25 ans, et pour l’autre, maintenu les noirs d’Afrique du sud dans la politique d’Apartheid. Il n’aurait pas dû interpeller avec « grand mépris » le président français dans une formule d’appel si peu apparentée à l’orthodoxie françafricaine.

Le 15 Octobre 1987, par un coup d’état dirigé par celui qu’il appelait son frère, Thomas Sankara est assassiné froidement jetant ainsi aux calendes grecques les espoirs d’une révolution prégnante. Le schéma burkinabè est-il fondamentalement différent de celui de la Lybie ? , la France se proposa de recevoir tous les chefs d’Etat africains autour d’une grande manifestation avec défilé de toutes les armées nationales. La farce de Nicolas Sarkozy qui consistait à se faire passer pour le président d’un continent qui est entouré de ses sous-préfets était tout trouvée.

Laurent Gbagbo décline l’invitation et toute la classe politique française ainsi que la presse hexagonale ruent dans les brancards. Bien avant cela, il décide de créer des usines de transformation du café et du cacao ce qui à terme constitue une menace pour les industries Suisse, Française et Américaine de chocolat. Des années avant, il proposa à ses pairs à un sommet de l’OUA le prélèvement d’un montant sur le revenu à l’exportation de nos matières premières. C’en était trop pour le président d’un pays à partir duquel la France boucle son budget et qui veut ainsi assécher le marigot par des reformes « hâtives ».

Une rébellion est créée le 19 Septembre 2002 qui peine à assouvir l’attente de la Métropole. Lasse d’attendre, elle se jette elle-même dans l’arène avec ses forces spéciales dans une union de corps avec l’ONU et l’infortuné Gbagbo est renversé le 11 Avril 2011.Au contraire des autres, Gbagbo n’a pas été tué parce que Dieu l’a préservé pour des raisons qu’il est le seul à savoir.

Toutes ces tragédies que nous venons de passer en revue posent la problématique du contenu réel de nos indépendances aujourd’hui, mais en même temps elles rendent impérieux l’avènement d’une solidarité africaine agissante, d’une unité et ce n’est pas utopique d’y croire. Mieux cela actualise plus que jamais l’interpellation de Kwame Nkrumah dans son discours du 24 Mai 1963 à Addis Abeba : « Notre objectif, c’est, maintenant, l’unité
africaine. Il n’y a pas de temps à perdre. Nous devons maintenant nous unir ou périr. Je suis certain que par des efforts concertés et notre ferme propos, nous allons jeter ici même les fondations sur lesquelles s’élèvera une union continentale des Etats africains ».

Si des présidents comme Wade pouvaient cesser de torpiller la solidarité africaine en arrêtant de pousser le ridicule jusqu’à aller rencontrer les rebelles du CNT à Benghazi dès le déclenchement de la crise Libyenne et à affirmer à la Cassandre que la bataille d’Abidjan aura lieu alors que le groupe de contact de l’Union Africaine était au travail. Si des chefs d’Etat comme Blaise Comparé pouvaient cesser de s’illustrer négativement en affirmant sur le perron de l’Elysée qu’il s’occuperait personnellement de la crise ivoirienne. Si des chefs d’états comme Good Luck Jonathan pouvaient cesser d’être des pyromanes chaque fois qu’ils agitent leur armée exterminateur appelée Ecomog. Hélas ! Mille fois hélas !

Quand on regarde les agissements de ces personnalités et qu’on mesure la grande traîtrise des fils d’Afrique qui sacrifient des vies humaines sur l’autel des ambitions politiques, on ne peut que joindre notre voix à celle d’Edem Kodjo pour dire : «…Honte de devoir, une fois de plus, assumer le sang d’un innocent comme le passage obligé d’un transfert chaotique du pouvoir dans une Afrique qui se goberge et se prélasse dans les voies de fait et dont la pratique politique paraît souvent si éloignée de ses traditions ancestrales d’humanisme et de solidarité…». (Mort, où est ta victoire ? J.A n° 1400 du 04 Novembre 1987 sur la mort de Sankara).

Gottha Yves Otché

Professeur de lettres

gotthayvesotche@yahoo.fr

Obama, le fils de l’Afrique, s’accapare les joyaux du continent

Le 14 Octobre, le président Obama a annoncé que les Etats-Unis allaient envoyer des forces spéciales américaines en Ouganda pour prendre part à la guerre civile. Dans les mois à venir, des troupes de combat américaines vont être envoyées au sud-Soudan, au Congo et en Centrafrique. Elles n’engageront le combat qu’en cas de « légitime défense » a dit Obama de manière satirique. Avec la Libye tombée dans l’escarcelle, une invasion américaine du continent africain prend forme.

La décision d’Obama est décrite par la presse comme étant « hautement inhabituelle » et « surprenante » et même « bizarre ». Il n’en n’est rien. Ceci n’est que la logique de la politique américaine depuis 1945. Prenez le Vietnam. La priorité était d’arrêter l’influence de la Chine, un rival impérialiste et « protéger » l’Indonésie, que le président Nixon appela « le plus gros magot en ressources naturelles de la région.. La plus grande des récompenses ». Le Vietnam était simplement sur le chemin et le massacre de plus de trois millions de Vietnamiens, la dévastation et l’empoisonnement de leur pays étaient le prix de la réalisation des objectifs de l’Amérique. Comme toutes les invasions américains suivantes, un sentier de sang qui s’étend de l’Amérique latine à l’Afghanistan en passant par l’Irak, le leitmotiv était toujours la « légitime défense » ou « la cause humanitaire », des mots vidés depuis longtemps de leur sens propre.

En Afrique, dit Obama, « la mission humanitiare » est d’assister le gouvernement de l’Ouganda à se défaire de l’armée de résistance de dieu (LRA) qui a « tuée, violée et kidnappée des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants en Afrique centrale ». Ceci est une description juste de la LRA, évoquant de mulitples atrocités administrées par les Etats-Unis, tel le bain de sang des années 1960 suite à l’assassinat arrangé par la CIA de Patrice Lumumba, le leader congolais indépendant et premier ministre légalement élu pour la première fois au Congo, ainsi que le coup d’état perpétré par la CIA, installant au pouvoir Mobutu Sese Seko, vu comme le plus vénal des tyrans africains.

L’autre justification d’Obama invite également la moquerie. Ceci est du ressort de  la sécurité nationale américaine ». La LRA a fait son sale boulot depuis 24 ans, sans intérêt particulier des Etats-Unis. Aujourd’hui, elle se compose de quelques 400 membres armés et n’a jamais été aussi faible. Quoi qu’il en soit, la « sécurité nationale américaine » veut en général dire l’achat d’un régime corrompu et veule, qui possède quelque chose que Washington veut. Le « président à vie » ougandais Yoweri Museveni a déjà reçu la plus grande part des 45 millions de dollars d’aide militaire des Etats-Unis, incluant les drones favoris d’Obama. Ceci est son pourboire pour combattre une autre guerre par proxy contre l’ennemi islamiste fantôme de l’Amérique, le groupe Shabaab basé en Somalie.La LRA jouera son rôle imparti de diversion par relation publique, en distrayant les journalistes occidentaux avec ses histoires d’horreur habituelles.

Quoi qu’il en soit, la raison principale pour laquelle les Etats-Unis envahissent l’Afrique n’est pas différente de celle qui enflamma la guerre du Vietnam. C’est la Chine. Dans le monde de la paranoïa institutionalisée auto-infligée, qui justifie ce que le général David Petraeus, l’ancien chef d’état major maintenant à la tête de la CIA, suppose être un état de guerre permanent, la Chine est en train de remplacer Al Qaïda comme la « menace » officielle contre l’Amérique. Quand j’ai interviewé Bryan Whitman, un secrétaire d’état adjoint du ministère de la défense, l’an dernier, je lui ai demandé de décrire le danger courant auquel l’Amérique fait face en ce moment. Il répéta visiblement embarassé, « les menaces asymétriques, les menaces asymétriques ». Ces menaces justifient le blanchiment d’argent sale que l’état effectue avec les conglomérats d’armes et le plus gros budget militaire de l’histoire. Avec Oussama Ben Laden hors service, la Chine reprend le flambeau.

L’Afrique est l’histoire à succès de la Chine. Là où les Américains amènent leurs drones et la destabilisation, les Chinois amènent des réseaux routiers, des ponts, des barrages. Ce qu’ils veulent ce sont les ressources, spécifiquement les hydrocarbures.  Avec les plus grosses réserves de pétrole du continent africain, la Libye de Mouammar Kadhafi était une des sources les plus importantes de la Chine. Lorsque la guerre civile éclata et que les « rebelles » furent soutenus par l’OTAN sous couvert d’une histoire fabriquée de toute pièce à propos de Kadhafi planifiant un « génocide » à Benghazi, la Chine évacua ses 30 000 ouvriers de Libye. La résolution du conseil de sécurité de l’ONU qui autorisa une « intervention humanitaire » de l’occident fut expliquée succintement par le conseil transitoire au gouvernement français, ce qui fut publié le mois dernier par le journal Libération et dans lequel le conseil national de transition libyen offrait 35% de la production nationale de pétrole à la France « en échange » (le terme utilisé) d’un soutien « total et permanent » de la France au conseil de transition. Portant la bannière étoilée dans un Tripoli « libéré » le mois dernier, l’ambassadeur américain Gene Cretz laissa échapper: « Nous savons que le pétrole est le joyau de la couronne des ressources naturelles libyennes ! »

La conquête de facto de la Libye par les Etats-Unis et ses partenaires impérialistes annonce la version moderne de la « ruée sur l’Afrique » de la fin du XIXème siècle. Tout comme la « victoire » en Irak, les journalisres ont joué un rôle essentiel et critique en divisant les Libyens entre de bonnes victimes et de mauvaises victimes. Une une récente du journal Guardian illustra une photo d’un combattant « pro-Kadhafi » effrayé aux mains de ses geôliers aux yeux élargis avec la mention « célébrez ». D’après le général Petraeus, il y a maintenant une guerre de la « perception… qui est continuellement conduite à travers les médias ».

Depuis plus de dix ans, les Etats-Unis ont essayé d’établir un commandement militaire sur le continent africain, AFRICOM, mais ont été repoussés par les gouvernements, appréhensifs des tensions régionales que cela impliquerait. La Libye et maintenant l’Ouganda, le sud-Soudan et le Congo leur donnent une autre bonne chance. Comme le révèlent les câbles fuités par Wikileaks du bureau national stratégique pour le contre-terrorisme, les plans américains pour l’Afrique font partie d’un schéma global qui verra 60 000 forces spéciales, incluant des escadrons de la mort, opérant dans 75 pays, de bientôt opérer dans 120 pays. Dick Cheney le dît dans son plan de « stratégie de défense) des années 1990, l’Amérique désire simplement dominer le monde.

Que ceci soit maintenant le cadeau de Barack Obama, le « fils de l’Afrique », est d’une ironie suprême. Où cela l’est-il vraiment ? Comme Frantz Fanon l’a expliqué dans « Black Skin, White Masks », ce qui importe en fait n’est pas tant la couleur de votre peau, mais le pouvoir que vous servez et les millions que vous trahissez.

John Pilger

Mondialisation

Libye : Le terrorisme occidental a encore frappé

Le terrorisme le plus ancien au monde vient une nouvelle fois de frapper. Il a frappé en Libye et cette fois-ci, c’est Mouammar Kadhafi – paix à son âme et condoléances aux familles éplorées – qui en est la victime après que des milliers de ses compatriotes ont été tués, des villes rasées, des dizaines voire des centaines de personnes renvoyées en exil. Ce terrorisme, c’est celui que le monde occidental exerce sur les peuples préalablement affaiblis depuis que la cupidité l’a poussé hors de ses frontières dans le dessein avoué de s’emparer de leurs ressources.

La pulsion de mort, les européens l’ont exercée entre eux pendant longtemps. Avant de l’exporter chez les autres, ces peuples barbares, qui cachent leur barbarie sous le sophisme outrageusement appelé civilisation, se sont entretués. Ils se sont bouffés entre eux au travers de multitudes guerres. Dans l’histoire de l’humanité, aucun peuple n’a exalté autant la pulsion de mort et de destruction que les européens. Ils l’ont exalté au point de la porter sur la scène mondiale avec deux grandes guerres entre 1914-1918 et 1939-1945. Ce n’est qu’à la suite de cette dernière que ces sociétés avaient conclu la paix et décidé de sécuriser leur peuple tout en déplaçant cette pulsion de mort chez les autres. Dès lors, la paix est installée en Europe et plus globalement en Occident tandis que les canons ne cessent de tonner ailleurs sous l’impulsion du terrorisme occidental.

Les peuples qui luttent contre l’exploitation et pour leur indépendance ne connaîtront plus jamais la paix. Des Amérique en Asie en passant par l’Afrique, des torrents de sang coulent parce que l’Occident doit avoir la paix et jouir des biens qu’il vole chez les autres. Que de guerres ! Que d’agressions !

Ce vieux terrorisme qui permet à l’Occident de s’enrichir et de dominer le monde, s’est abattu sur les Indiens dans leur Amérique natal aussitôt découverte par Christoph Colomb en octobre 1492. Ce peuple inoffensif, croyant en la vertu de l’hospitalité, a accueilli la mort sans s’en rendre compte dès le départ. Avant qu’il se réveille et veuille combattre les envahisseurs, il est totalement détruit. Son espace est occupé et radicalement transformé. Les autochtones sont rayés de la carte par le terrorisme occidental.

Ayant besoin de main-d’œuvre et de serviteurs pour combler le vide semé en Amérique et dans les colonies, les terroristes avaient jeté leur dévolu sur l’Afrique. Pendant quatre (4) siècles, les africains n’auront plus jamais la paix. Des guerres, des pillages, des incendies de villes et de villages, des razzias, des rapts nocturnes et autres actes du genre étaient déclenchés contre les africains. Dans le genre du terrorisme, l’occident, inventif, est allé jusqu’à utiliser de nouvelles armes de destruction massive à l’instar de l’alcool , grisant ainsi des millions de personnes qui s’étaient réveillés dans les fers dans les cales de bateaux. Des rois, des princes, des hommes, des enfants, des jeunes, des femmes enceintes s’étaient retrouvés enchaînés et conduits dans « l’univers concentrationnaire » des îles et des Amériques.

Ce terrorisme opéré la bible à la main, la « science » en bandoulière et les canons au point a décimé l’Afrique et l’a plongée dans la déchéance avec des séquelles psychologiques indélébiles. Espérant se disculper, on inventa le roi africain qui volontairement vendit ses propres sujets et on minora le coût démographique de cette terreur de masse.

Etant entendu que le terrorisme européen s’est doté d’armes redoutables à la fois pour commettre ses crimes et s’accorder une immunité, la récidive survient. C’est ainsi qu’après le terrorisme esclavagiste, une nouvelle terreur s’est abattue sur l’Afrique avec la colonisation. Soumettant des millions et des millions d’africains à son service exclusif, l’Europe s’est imposée en Afrique à coup de massacres coloniaux, des guerres de tout genre, des coups de fouet, des impôts de tout genre. Les européens coupèrent des têtes, des pieds et des mains aux noirs dans leur propre pays . Ce terrorisme avait poussé des millions d’africains à fuir leurs villes et villages pour s’abriter dans des forêts où il les suit pour les massacrer.

Face à ces massacres incessants, des masses africaines s’étaient organisées pour lui barrer la router. Mais, peine perdue. De nouveaux massacres furent commis. Toutes les figures de la résistance contre ce terrorisme avaient été présentées comme des terroristes (comme Mandela le fut jusqu’en 2008) et tuées. A titre d’exemple, pour atteindre les plus dignes résistants sur le sol du Cameroun, la France, championne en terrorisme coloniale dressa des camps de concentration où elle parqua des populations .

Qui peut ignorer ce que l’Europe et ses cousins germains occupant l’Amérique avaient fait et font encore en Asie et surtout dans les pays arabo-musulams ? Que de guerres ! Que d’agression ! Que de pillages !

C’est ce terrorisme là qui a frappé la Libye depuis le mois de février 2011. Ce terrorisme occidental a frappé et a détruit l’un des rarissimes pays les plus prospères sur le continent africain. Il a atteint son dirigeant Mouammar Kadhafi.

Mais le terrorisme occidental a des partisans y compris au sein des peuples qui en sont les victimes. Pourquoi ? Parce que les terroristes occidentaux recrutent sous le coup de la propagande sous le manteau puant des mythes de « droits de l’homme », de la « liberté » et de la « démocratie » et font miroiter à leurs collaborateurs locaux des bribes de pouvoir. Au nom de ce pouvoir colonial manifestement sans pouvoir, des hommes et des femmes s’allient à la terreur et livrent leurs propres terres et les peuples dont ils sont issus à la mort de masse, au pillage et à la misère chronique. Ils installent et consolident la dépendance mortelle et le sous-développement dans des territoires qu’ils gouvernent en leur qualité de satrapes. Comme la terreur occidentale n’élève à l’honneur que celles et ceux qui lui sont soumis, ces satrapes se font adoubés par leurs gourous qui les accueillent dans leur palais et leur rendent visite dans les satrapies.

Kadhafi est assassiné. Mais, le terrorisme occidental n’a pas triomphé. Il a vaincu un résistant comme ce fut le cas avec l’assassinat de Nasser, de Sylvanus Olympio, de Lumumba, de Biko, et plus loin de Behanzin, de Samory et de tant d’autres résistants anonymes massivement tués. Ce terrorisme n’a pas triomphé et ne triomphera jamais pour la simple et bonne raison que la résistance qui lui est opposée ne se réduit pas à une personne, aussi immense fut-elle. Elle est systémique et populaire. Si c’était une question d’individus, l’assassinat des précurseurs comme Samory, Behanzin…aurait découragé tant d’autres.

Au final, n’est-il pas un acte héroïque de mourir en résistant que vivre à genou devant des maîtres qui n’en sont pas ? Plutôt mourir et rejoindre Olympio, Nasser, Nkrumah, Sékou Touré, Lumumba, Sankara, Nyerere, Biko, Malcolm, King…que vivre sous la férule des terroristes comme Obama, Sarkozy et Cameron et leurs chiens de chasse. Se faire capturer et livrer à une parodie de justice par ce trio historiquement insignifiant aurait été le plus insoutenable des affronts que Kadhafi aurait eu à subir. Mieux vaut rejoindre les ancêtres que vivre en prisonnier et comparaître devant le tribunal de la terreur sous les oripeaux de l’ONU, avec comme procureur la marionnette Moreno Ocampo accompagné des qatari et quelques libyens ayant un appétit fou de représenter localement le pouvoir colonial .

1-Observations sur la traite des nègres, Carl Wadström, 1794-1995

2-Les fantomes du roi leopold : un holocauste oublié, Adam Hochschild, 1998.

3-Maurice Delauney, haut-commissaire au Cameroun, reconnait l’édification de camp de concentration, avec cette citation terrible, (voir le Canard Enchainé du 27/04/2011 « Une guerre Française cachée pendant 40 ans » page 3) : « J’avais été prisonnier en Allemagne, je savais comment ça se passait ! J’avais fait un camp à Bangou (Cameroun) avec des barbelés, des miradors ». Voir aussi, le film : Cameroun (Autopsie d’une indépendance) sur http://www.dailymotion.com/video/xf0o5a_cameroun-autopsie-d-une-independanc_webcam

Komla KPOGLI

Secrétaire Général de la J.U.D.A

Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A)

L’Afrique, ses leaders et l’Occident…

Beaucoup d’Africains ont le sentiment de ne pas avoir de raison de vivre en voyant comment les Africains sont traités, mais surtout ce qui arrive aux leaders africains qui tiennent tête aux blancs. On l’a vu avec Patrice Lumumba, on l’a vu avec Nelson Mandela, on l’a vu avec Kwuame N’kruma, on l’a vu avec Thomas Sankara, on l’a vu avec Patrice Lissouba, on l’a vu avec Laurent Gbagbo, et on vient de le voir avec Kadhafi… Le seul point commun que tous ces hommes ont, c’est d’avoir tenu tête à des degrés divers aux occidentaux… Et c’est le « crime » officiel qui les emporte ou qui les maintient longtemps en prison. Mais de là à les placer sur le même podium, je ne le ferai pas car certains d’entre eux ont eu la possibilité de gouverner… Et pour la croyante que je suis, je sais que Dieu ne les juge pas sur la base de leur «entêtement» vis-à-vis des Occidentaux. Chacun d’eux est jugé selon le traitement qu’il a affligé à son peuple et je pense qu’on ne doit pas faire d’amalgame entre « dire non » aux blancs et « bien traiter » son peuple.

Est-ce que les blancs doivent parler et agir pour autant à la place des peuples africains? Non !

Est-ce que les peuples Africains savent faire la différence entre bon et mauvais gouvernant? Pas vraiment, à mon avis!

Nos écrits et nos cris de cœur par contre pour moi, s’avèrent plus un soulagement de LIBRES-INDIGNÉS plutôt qu’une solution magique à réveiller la conscience des nombreux Africains non scolarisés, des nombreux Africains intellectuels mais alimentaires, des nombreux intellectuels dont l’intellectualisme ne voit le bien que dans leurs tribus respectives, des nombreux politiciens instrumentalisés à souhait pour ne jurer qu’au non d’un individu fut-il leader de parti…

NB 1 : Je confesse que SEUL DIEU EST FORT ou alors, c’est Dieu qui est fort… Que les petits dieux de la terre, toutes races confondues le sachent…  ONLY GOD IS POWERFULL… ONLY GOD KNOWS WHAT IS TRUTH AND WHAT IS LIES… ONLY GOD KNOWS WHAT IS WRONG AND WHAT IS RIGHT…

NB 2 : Satan dans son règne sur terre, maltraite, pille, tue et amasse au détriment des plus faibles. Que chacun fasse l’effort pour avoir le soutien de Dieu dans toute épreuve… Car la différence se situe entre le soutien et l’abandon de Dieu, face aux forces sataniques terrestres…

Je m’incline devant lui pour dire: « que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel… »

Dieu bénisse et restaure la Côte d’Ivoire!

Dieu bénisse et restaure l’Afrique!

Rosalie Kouamé «Roska»

Ingénieur en Management, Leadership & Strategy Development

Activiste de la Paix, des Droits de l’Homme, de l’Education, de la Culture, de Jésus et des lois Divines

Présidente Fondatrice – Fondation Roska

Patrice Lumumba à Ibadan : Exposé sur l’Unité africaine et l’indépendance

Le 22 mars 1959, Patrice Lumumba est invité à la séance de clôture du Séminaire international d’Ibadan (Nigeria) organisé par le Congrès pour la liberté de la culture et l’Université d’Ibadan. Il y fait un exposé sur  » l’Unité africaine et l’indépendance nationale « .

Le texte a été repris dans l’ouvrage  » La pensée politique de Patrice Lumumba  » dont voici la teneur.

Je remercie le  » Congrès pour la liberté de la culture et l’université d’Ibadan  » pour l’aimable invitation qu’ils ont bien voulu m’adresser pour assister à cette conférence internationale où l’on discute du sort de notre chère Afrique. C’est une satisfaction pour moi de rencontrer ici plusieurs ministres africains, des hommes de lettres, des syndicalistes, des journalistes et des personnalités internationales qui s’intéressent aux problèmes de l’Afrique. C’est par ces contacts d’homme à homme, par des rencontres de ce genre que les élites africaines pourront se connaître et se rapprocher afin de réaliser cette union qui est indispensable pour la consolidation de l’unité africaine.

En effet, l’unité africaine tant souhaitée aujourd’hui par tous ceux qui se soucient de l’avenir de ce continent, ne sera possible et ne pourra se réaliser que si les hommes politiques et les dirigeants de nos pays respectifs font preuve d’un esprit de solidarité, de concorde et de collaboration fraternelle dans la poursuite du bien commun de nos populations. C’est pourquoi l’union de tous les patriotes est indispensable, surtout pendant cette période de lutte et de libération. Les aspirations des peuples colonisés et assujettis sont les mêmes ; leur sort est également le même. D’autre part, les buts poursuivis par les mouvements nationalistes, dans n’importe quel territoire africain, sont aussi les mêmes. Ces buts, c’est la libération de l’Afrique du joug colonialiste.

Puisque nos objectifs sont les mêmes, nous atteindrons facilement et plus rapidement ceux-ci dans l’union plutôt que dans la division. Ces divisions, sur lesquelles se sont toujours appuyées les puissances coloniales pour mieux asseoir leur domination, ont largement contribué – et elles contribuent encore – au suicide de l’Afrique.

Comment sortir de cette impasse ?

Pour moi, il n’y a qu’une voie. Cette voie, c’est le rassemblement de tous les Africains au sein des mouvements populaires ou des partis unifiés. Toutes les tendances peuvent coexister au sein de ces partis de regroupement national et chacun aura son mot à dire tant dans la discussion des problèmes qui se posent au pays qu’à la direction des affaires publiques. Une véritable démocratie fonctionnera à l’intérieur de ces partis et chacun aura la satisfaction d’exprimer librement ses opinions.

Plus nous serons unis, mieux nous résisterons à l’oppression, à la corruption et aux manœuvres de division auxquelles se livrent les spécialistes de la politique du “ diviser pour régner “. Ce souhait d’avoir dans nos jeunes pays des mouvements ou des partis unifiés ne doit pas être interprété comme une tendance au monopole politique ou à une certaine dictature. Nous sommes nous-mêmes contre le despotisme et la dictature.

Je veux attirer l’attention de tous qu’il est hautement sage de déjouer, dès le début, les manœuvres possibles de ceux qui voudraient profiter de nos rivalités politiques apparentes pour nous opposer les uns aux autres et retarder ainsi notre libération du régime colonialiste.

L’expérience démontre que dans nos territoires africains, l’opposition que certains éléments créent au nom de la démocratie, n’est pas souvent inspirée par le souci du bien général ; la recherche de la gloriole et des intérêts personnels en est le principal, si ce n’est pas l’unique mobile. Lorsque nous aurons acquis l’indépendance de nos pays et que nos institutions démocratiques seront stabilisées, c’est à ce moment là seulement que pourrait se justifier l’existence d’un régime politique pluraliste.

L’existence d’une opposition intelligente, dynamique et constructive est indispensable afin d’équilibrer la vie politique et administrative du gouvernement au pouvoir. Mais ce moment ne semble pas encore venu et ce serait desservir le pays que de diviser aujourd’hui nos efforts. Tous nos compatriotes doivent savoir qu’ils ne serviront pas l’intérêt général du pays dans des divisions ou en favorisant celles-ci, ni non plus dans la balkanisation de nos pays en de petits états faibles.

Une fois le territoire national balkanisé, il serait difficile de réinstaurer l’unité nationale. Préconiser l’unité africaine et détruire les bases mêmes de cette unité, n’est pas souhaiter l’unité africaine. Dans la lutte que nous menons pacifiquement aujourd’hui pour la conquête de notre indépendance, nous n’entendons pas chasser les Européens de ce continent ni nous accaparer de leurs biens ou les brimer. Nous ne sommes pas de pirates. Nous avons au contraire, le respect des personnes et le sens du bien d’autrui.

Notre seule détermination – et nous voudrions que l’on nous comprenne – est d’extirper le colonialisme et l’impérialisme de l’Afrique. Nous avons longtemps souffert et nous voulons respirer aujourd’hui l’air de la liberté. Le Créateur nous a donné cette portion de la terre qu’est le continent africain; elle nous appartient et nous en sommes les seuls maîtres. C’est notre droit de faire de ce continent un continent de la justice, du droit et de la paix.

L’Afrique toute entière est irrésistiblement engagée dans une lutte sans merci contre le colonialisme et l’impérialisme. Nous voulons dire adieu à ce régime d’assujettissement et d’abâtardissement qui nous a fait tant de tort. Un peuple qui en opprime un autre n’est pas un peuple civilisé et chrétien.

L’Occident doit libérer l’Afrique le plus rapidement possible. L’Occident doit faire aujourd’hui son examen de conscience et reconnaître à chaque territoire colonisé son droit à la liberté et à la dignité. Si les gouvernements colonisateurs comprennent à temps nos aspirations, alors nous pactiserons avec eux, mais s’ils s’obstinent à considérer l’Afrique comme leur possession, nous serons obligés de considérer les colonisateurs comme ennemis de notre émancipation. Dans ces conditions, nous leur retirerons avec regret notre amitié.

Je me fais le devoir de remercier ici publiquement tous les Européens qui n’ont ménagé aucun effort pour aider nos populations à s’élever. L’humanité tout entière leur saura gré pour la magnifique oeuvre d’humanisation et d’émancipation qu’ils sont en train de réaliser dans certaines parties de l’Afrique.

Nous ne voulons pas nous séparer de l’Occident, car nous savons bien qu’aucun peuple au monde ne peut se suffire à lui même. Nous sommes partisans de l’amitié entre les races, mais l’Occident doit répondre à notre appel.

Les occidentaux doivent comprendre que l’amitié n’est pas possible dans les rapports de sujétion et de subordination.

Les troubles qui éclatent actuellement dans certains territoires africains et qui éclateront encore ne prendront fin que si les puissances administratives mettent fin au régime colonial. C’est la seule voie possible vers une paix et une amitié réelles entre les peuples africains et européens.

Nous avons impérieusement besoin de l’apport financier, technique et scientifique de l’Occident en vue du rapide développement économique et de la stabilisation de nos sociétés. Mais les capitaux dont nos pays ont besoin doivent s’investir sous forme d’entraide entre les nations. Les gouvernements nationaux donneront toutes les garanties voulues à ces capitaux étrangers.

Les techniciens occidentaux auxquels nous faisons un pressant appel viendront en Afrique non pour nous dominer mais bien pour servir et aider nos pays.

Les Européens doivent savoir et se pénétrer de cette idée que le mouvement de libération que nous menons aujourd’hui à travers toute l’Afrique, n’est pas dirigé contre eux, ni contre leurs biens, ni contre leur personne, mais simplement et uniquement, contre le régime d’exploitation et d’asservissement que nous ne voulons plus supporter. S’ils acceptent de mettre immédiatement fin à ce régime instauré par leurs prédécesseurs, nous vivrons avec eux en amis, en frères.

Un double effort doit être fait pour hâter l’industrialisation de nos régions et le développement économique du pays. Nous adressons un appel aux pays amis afin qu’ils nous envoient beaucoup de capitaux et de techniciens.

Le sort des travailleurs noirs doit aussi être sensiblement amélioré. Les salaires dont ils jouissent actuellement sont nettement insuffisants. Le paupérisme dans lequel vivent les classes laborieuses est à la base de beaucoup de conflits sociaux que l’on rencontre actuellement dans nos pays. A ce sujet, les syndicats ont un grand rôle à jouer, rôle de défenseurs et d’éducateurs. Il ne suffit pas seulement de revendiquer l’augmentation des salaires, mais il est aussi d’un grand intérêt d’éduquer les travailleurs afin qu’ils prennent conscience de leurs obligations professionnelles, civiques et sociales, et qu’ils aient également une juste notion de leurs droits.

Sur le plan culturel, les nouveaux états africains doivent faire un sérieux effort pour développer la culture africaine. Nous avons une culture propre, des valeurs morales et artistiques inestimables, un code de savoir-vivre et des modes de vie propres. Toutes ces beautés africaines doivent être développées et préservées avec jalousie. Nous prendrons dans la civilisation occidentale ce qui est bon et beau et rejetterons ce qui ne nous convient pas. Cet amalgame de civilisation africaine et européenne donnera à l’Afrique une civilisation d’un type nouveau, une civilisation authentique correspondant aux réalités africaines.

Des efforts sont aussi à faire pour la libération psychologique des populations. On constate chez beaucoup d’intellectuels, un certain conformisme dont on connaît les origines.

Ce conformisme provient des pressions morales et des mesures de représailles qu’on a souvent exercées sur les intellectuels noirs. Il suffisait de dire la vérité pour que l’on fut vite taxé de révolutionnaire dangereux, xénophobe, meneur, élément à surveiller, etc.

Ces manœuvres d’intimidation et de corruption morale doivent prendre fin. Il nous faut de la véritable littérature et une presse libre dégageant l’opinion du peuple et non plus ces brochures de propagande et une presse muselée.

J’espère que le « Congrès pour la Liberté de la Culture nous aidera dans ce sens.

Nous tendons une main fraternelle à l’Occident. Qu’il nous donne aujourd’hui la preuve du principe de l’égalité et de l’amitié des races que ses fils nous ont toujours enseigné sur les bancs de l’école, principe inscrit en grands caractères dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Les Africains doivent jouir, au même titre que tous les autres citoyens de la famille humaine, des libertés fondamentales inscrites dans cette Déclaration et des droits proclamés dans la Charte des Nations Unies.

La période des monopoles des races est révolue. La solidarité africaine doit se concrétiser aujourd’hui dans les faits et dans les actes. Nous devons former un bloc pour prouver au monde notre fraternité.

Pour ce faire, je suggère que les gouvernements déjà indépendants apportent toute leur aide et appui aux pays non encore autochtones.

Pour favoriser les échanges culturels et le rapprochement entre les pays d’expression française et ceux d’expression anglaise, il faudrait rendre l’enseignement du français et de l’anglais obligatoire dans toutes les écoles d’Afrique.

La connaissance de ces deux langues supprimera les difficultés de communication auxquelles se heurtent les Africains d’expression anglaise et ceux d’expression française lorsqu’ils se rencontrent.

C’est là un facteur important d’interpénétration.

Les barrières territoriales doivent aussi être supprimées dans le sens d’une libre circulation des Africains à l’intérieur des états africains.

Des bourses d’études seraient également à prévoir en faveur d’étudiants des territoires dépendants.

Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour rendre publiquement hommage au Dr Kwamé Nkrumah et à M. Sékou Touré d’avoir réussi à libérer nos compatriotes du Ghana et de la Guinée.

L’Afrique ne sera vraiment libre et indépendante tant qu’une partie quelconque de ce continent restera sous la domination étrangère.

Je conclus mon intervention par ce vibrant appel :

Africains, levons-nous !

Africains, unissons-nous !

Africains, marchons main dans la main avec ceux qui veulent nous aider pour faire de ce beau continent un continent de la liberté et de la justice.

Afrique : la saga des imbéciles heureux !

Ils ont le vent en poupe. Ils sont même dans la poupe du vent. Ils sont tous des frères dits de lumière. Ils sont les plus écoutés, les seuls à être écoutés, et ils se donnent en spectacle dans la presse nationale et internationale ou lors des sommets organisés par les puissances colonialistes. Ils connaissent l’ataraxie, bien rarissime, bonheur inépuisable, bonheur parfait, à l’état brut.

Voyage de plaisance par-ci voyages inutiles par-là, la collaboration avec l’agresseur est leur credo. Et pourquoi pas ? La collaboration reste le business le plus rentable de nos jours. Juste quelques investissements sous la forme d’applaudissements accompagnant les coups de canon et alors la récompense tombe : Président de Conseil National de Transition, Chef de l’Etat reconnu par la Communauté Internationale, la Seule Autorité légitime du pays, Chef de la Révolution, et j’en passe.

Mais ne pleurez pas devant ce triste spectacle. Ces spécimens éhontés qui font la pluie, le beau temps et les malheurs de l’Afrique, ce ne sont que des imbéciles heureux !

Ce n’est pas une injure. L’imbécile heureux, est un concept philosophique qui désigne une personne qui est heureuse par ignorance, heureuse parce qu’elle croit qu’elle sait alors qu’elle ne sait pas, heureuse parce qu’elle n’est pas consciente qu’elle est malheureuse ou qu’elle le sera si elle demeure dans la situation qui la rend heureuse. C’est donc un imbécile candide, naïf, superficiel, aux allures égoïstes, au triomphe saisonnier, à l’avenir précaire.

Et ils pilules partout. Imbéciles heureux, téméraires et nombreux au Sénégal. Imbéciles heureux, patriarches et conservateurs, au Cameroun. Imbéciles heureux, naïfs et sous lettrés en RD Congo. Imbéciles heureux, terroristes et renégats en Libye. Imbéciles heureux, voyous, voleurs et apatrides en Côte d’Ivoire. Imbéciles heureux, tout simplement imbéciles et heureux au Togo, etc. etc. Il y en a partout et tous sont nuisibles à l’Afrique.

Ce qu’ils savent sans savoir qu’ils ne le savent pas, c’est qu’ils ne savent pas que le Colon n’a pas d’ami mais des intérêts. Et qu’avant eux, des ancêtres imbéciles heureux ont connu des jours, voire des décennies de gloire pour récompenser leur soumise et arriviste collaboration, lorsqu’il s’est agit d’éteindre la Lumière Patrice Lumumba ou Sékou Touré ou encore Thomas Sankara.

Ils ne savent pas, croyant savoir, que c’est la magouille que l’homme blanc te propose aujourd’hui pour te permettre d’amasser sans avoir semé ou d’amasser ce que le peuple a semé, qu’il va brandir demain pour justifier leur livraison à la potence.

Ce qu’ils ne savent pas en croyant dur comme fer que ça n’arrive qu’aux autres, c’est que le collabo du Colon finit toujours au pilori, sauf s’il a la chance de crever d’une opération de la prostate qui a mal tourné.

Dans tous les cas, aucun imbécile heureux ne finit heureux. Cela est une vérité cartésienne.

Alors vivre comme un imbécile heureux, c’est être un imbécile qui trahit la Mère Afrique par arrivisme politique. Etre un imbécile heureux, c’est rechercher le bonheur de soi, de ses proches parents et amis, en détruisant celui de la multitude. Etre imbécile heureux, c’est applaudir quand les bombes sont larguées sur la tête d’un pays autrefois ami mais trahi pour s’offrir un court instant de corruption morale et de reconnaissance internationale.

Etre imbécile heureux, c’est s’appeler fratricide, puis livrer le son pays, à la françafrique. Etre imbécile heureux, c’est se faire passer pour un Universitaire, bardé de diplômes et être comme on est devenu, un juriste ou économiste ou ingénieur qui fait la honte de la jeunesse africaine qui a cru en cette noble discipline qui est la sienne. Et les autres, vous vous reconnaîtrez, êtes tous les mêmes. Incompétents, sans aucune vision, incapables de penser un développement réel et réalisable, mais heureux d’être ce que vous êtes, là où vous êtes.

Je ne vous insulte pas. Je ne fais que philosopher. Dans tous les cas, être un imbécile et heureux, n’est-ce pas le but de notre existence ? Sinon, pourquoi faites vous ce que vous faites à l’Afrique ?

Alors imbéciles et heureux, vous l’êtes, et permettez que j’en parle. Et ce ne sont pas vos yeux rouges de rage et de colère qui m’en dissuaderont. Car un lion, est lion. Et un chien, reste un chien. Alors un imbécile heureux, ne reste qu’un imbécile heureux.

Et ne venez pas vous plaindre chez moi. Je n’ai pas inventé la Philosophie. Regardez du côté de la Grèce.

Je vous vois. Et nous vous connaissons étant comme tels. Tous heureux comme des verres de terre, pour avoir trouvé un peu de poussière et d’eau, du côté de l’envahisseur, ennemi de la Dignité de Mon Afrique !

Et pourtant vous n’êtes point heureux, pour ce que je sais. Obligés comme vous êtes d’user de dictature, de mensonge, de simulacres, de prestidigitations, pour abuser de la naïveté de cette multitude dont la bonne foi en a fait une proie électorale à la merci de ces imbéciles heureux sans vergogne.

C’est pourquoi la Lumière de la Révolution Permanente ne s’éteindra plus jamais. Et tous parviendront à la lumière afin que vos beaux jours deviennent des cauchemars et des totems de famille ou de clans. Ce n’est pas une menace. Je ne fais que vous prédire un destin à court terme. Car l’Afrique en a besoin.

A très bientôt.

Hassane Magued

Les chefs d’Etats africains suscitent le mépris et la honte, Côte d’Ivoire 2011 – Congo Kinshasa 1961, l’histoire se répète !

Ce lundi 11 avril 2011, l’inacceptable vient encore de se produire en Afrique noire. Comme ce fut le cas en 1961 avec l’arrestation, par le colon belge, de Patrice Lumumba qui sera livré pour assassinat à son rival politique Tshombé. Le colon blanc français vient de frapper et détruire le plus grand symbole représentatif de la souveraineté d’un pays indépendant : l’Institution Présidentielle de la Côte d’Ivoire ! L’armée française a détruit la Présidence ivoirienne et arrêté son Chef d’Etat (Laurent Gbagbo), avec sa famille, et l’a livré à son adversaire politique (Ouattara) et ses rebelles sauvages.

La France par ce geste signifie clairement, au monde entier, que l’indépendance de la Côte d’Ivoire et sa souveraineté sont une grosse blague racontée depuis les années 60. Il y’a une lugubre similitude historique entre ce qui s’est passé au Congo Kinshasa avec Lumumba en 1961 ET ce qu’il se passe actuellement en 2011 avec la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo. L’histoire macabre est en train de se répéter ! Mêmes les peuples des communautés internationales restent curieusement muets malgré le cynisme de ce crime que le continent noir revit.

Malheureusement, l’Union Africaine qui est sensée traiter les problèmes du continent se relègue aussi au rang de simple messager des volontés de Sarkozy quant à sa vision de la politique du continent noir. Nos chefs d’Etat sont d’autant plus ridicules, et irresponsables, qu’ils ont laissé la situation ivoirienne déraper jusqu’à l’indécente arrestation de Gbagbo et sa femme par la France. Ils sont livrés aux rebelles de Ouattara qui leur infligent déjà de copieuses humiliations. La France a opéré sereinement comme si le Président ivoirien n’était qu’un simple délinquant terré dans un abri quelconque, qu’on devait à tout prix détruire sans retenue, et dans l’irrespect total du droit international protégeant la souveraineté des Etats.

Pendant que Gbagbo est la cible des missiles français, notre chère Union Africaine se rend chez Kadhafi qui n’est pourtant pas en danger de mort comme le Président ivoirien. Les chefs d’Etats africains, par cette attitude, ont-ils sacrifié leur homologue ivoirien par lâcheté ou par opportunisme ? Même le Président sud-africain Jacob Zuma qui a vécu dans ces turpitudes racistes et coloniales dans son pays pendant des décennies, s’est tiré discrètement et honteusement, abandonnant son frère GBAGBO au rouleau compresseur franco-onusien. Ce que n’aurait pas fait son prédécesseur Tabo MBEKI qui a tenu tête à Chirac, en 2004, alors que la France continuait à déstabiliser la Côte d’Ivoire avec la rébellion de Ouattara.

Les chefs d’Etat africains ont laissé la France lyncher GBAGBO comme un animal qu’il n’est pas. Ils signifient à leur Peuple que le sort macabre du Président ivoirien a été scellé par le dieu colonial auquel le nègre ne doit pas résister. Les noirs ne seront JAMAIS respectés tant qu’ils continueront à se comporter en félons, en grands enfants à qui l’on fait miroiter n’importe quoi quand ils ne plient pas sous de simples menaces. En jouant aux factotums de Sarkozy en Libye alors qu’ils devaient vider le contentieux ivoirien qui s’enlisait de plus en plus, quelle image nos chefs d’Etat renvoient ils de l’Africain, et à l’Africain, quant au sérieux avec lequel ils seraient capables de traiter les problèmes cruciaux de leur continent ?

Au regard de ce qu’il se passe en Côte d’Ivoire, l’Afrique n’est pas prête de sortir du joug colonial avec ses larbins chefs d’Etats sans aucune dignité. Ils sont incapables de structurer un front uni contre toute manœuvre occidentale, de division, visant à annihiler la moindre velléité d’asseoir une réelle solidarité et une véritable souveraineté de nos Etats. Sans émettre la moindre protestation, en laissant la France livrer leur homologue et frère GBAGBO et sa femme, aux délinquants de Ouattara pour les humilier et les assassiner, les présidents africains viennent de montrer leur incapacité légendaire à mener leur Peuple vers les voies de la dignité et du respect de l’Homme noir.

HONTE A ‘EUX’ DANS LEURS COSTUMES DE MACAQUES

Bhenen