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La chine, meilleure alliée stratégique de l’afrique

La chine, meilleure alliée stratégique de l’afrique : cas du Cameroun et de la Côte d’Ivoire

Jean-Paul POUGALA

Les 12 derniers mois ont été très intenses sur le continent africain avec d’importantes élections qui ont suscité beaucoup d’intérêts même hors d’Afrique, parce que l’issu de chacune d’elle marquait les nouvelles frontières du partage des zones d’influence qui sont en train de se renégocier entre les anciens maîtres du monde, l’Occident et le nouveau, la Chine.

En paraphrasant un classement qu’on a vu en Ukraine, ont peut dire qu’en Côte d’Ivoire, en Zambie ou au Libéria, ce sont les Pro-Occident qui ont gagné la partie. Au Cameroun ou République Démocratique du Congo, ce sont les pro-Chine qui ont gagné.

Depuis les indépendances africaines il y a environ 50 ans, dans la logique de la guerre froide, les pays africains étaient tous sous l’une des deux bannières : pro-occident ou pro-Union Soviétique. A la chute du mur de Berlin en 1989 et la conséquente fin de la période de la guerre froide, toute l’Afrique était devenue, de gré ou de force pro-Occident. Le tandem Fond Monétaire International et Banque Mondiale avait de fait pris le pouvoir en Afrique, décidant de toute ou partie de la politique économique, financière, sociale et même juridique de bon nombre de pays africains.

Après ces 20-30 ans de ce pouvoir en Afrique, il n’existe à ce jour, aucune exception de pays qui aurait réussi grâce à ces recettes venues tout droit de Washington. Ce qui a amené certains pays à entrer en dissidence, à entrer en rébellion contre ce pouvoir ultralibéral FMI-BANQUE MONDIALE qui a une particularité et c’est que lorsqu’il échoue, le chapeau n’est porté que par le dirigeant africain rebaptisé pour la circonstance en « dictateur africain » afin de détourner l’attention de la vraie paternité de l’échec : l’ultralibéralisme occidental. Cette tragi-comédie continue de nos jours, puisque ce sont ces mêmes recettes qu’on prescrit aujourd’hui à la Grèce, au Portugal et à l’Italie qui ont toutes échoué il y a 20 ans en Afrique.

Ces dissidents Africains ont regardé ailleurs vers l’Orient, vers la Chine. Ils ne sont pas très nombreux, parce qu’il fallait du courage pour braver les pressions occidentales, lorsque cela ne se terminait pas par des coups d’état bien pilotés par l’entremise des rebelles qui n’ont jamais expliqué comment et par qui ils avaient été financés. Et c’est dans ce contexte que s’inscrit désormais tous les rendez-vous électoraux sur le continent africain, où le seul vrai projet de société est de savoir si le pays se contente du statu quo habituel avec le niveau de misère qu’on connait depuis 50 ans au service de l’Occident ou alors s’il fera le saut dans le vide en choisissant la Chine, pour émerger avec elle, sans savoir où on va atterrir.

Aujourd’hui, je vais prendre en examen deux pays africains qui ont fait 2 choix opposés, l’un la Cote d’ivoire a choisi de rester comme avant, sous l’Occident et l’autre, le Cameroun qui a choisi de se jeter dans le vide avec la Chine. Lequel des 2 pays a fait le bon choix ? pour répondre à cette question, je me garderai bien de donner des jugements de valeur à une élection ou à une autre. Je ne vais pas refaire l’histoire ici. Mais il me plait de revoir les événements sous la loupe purement géostratégique.

Le Cameroun et la Côte d’Ivoire sont deux pays africains qui ont récemment connu des élections et le point commun des deux élections c’est que les deux géants mondiaux, la Chine et l’Occident avaient fait leur choix et apporté leur soutien. En Côte d’Ivoire, on peut être d’accord ou pas d’accord sur les méthodes utilisées, mais chaque contemporain a pu assister en direct à l’intronisation par la France et les Etats-Unis d’une administration africaine.  Il n’est donc pas erroné d’affirmer que le pouvoir en place est pro-Occident.

Au Cameroun, Monsieur Biya a été le chouchou de Pékin, cette ville étant devenue au cours des années la seule destination officielle hors des frontières camerounaises de Monsieur Paul Biya ; Lors du dernier congrès du parti de Monsieur Biya, le RDPC, le parti de monsieur Sarkozy l’UMP n’était pas invité comme d’habitude. A sa place, c’est le Parti Communiste Chinois qui a été convié et désigné comme le « meilleur parti ami » du Cameroun. Et que dire du fait que les résultats des élections présidentielles au Cameroun ont été rendus publiques à Pékin, 4 heures avant la proclamation par la Cour Suprême du Cameroun. Ce qui nous amène à dire sans nous tromper que le positionnement du Cameroun est pro-Chine ?

Etait-ce un simple hasard la décision conjointe de Pékin et Yaoundé de choisir la date du 8/10/2011, un seul jour avant les élections, la cérémonie présidée par Monsieur Biya et le représentant Chinois pour  poser ensemble la première pierre du chantier du port en eau profonde de Kribi avec une première enveloppe de 1 milliard de dollars versés par la Chine ? N’étaIt-ce pas un vrai défi lancé aux Occidentaux qui eux sont dans une profonde crise financière ? Dans tous les cas, l’électorat Camerounais  a approuvé ce choix de ses dirigeants, le lendemain dans les urnes, en élisant Monsieur Biya avec 78%. En comparaison, on est très loin de la gestion calamiteuse des Occidentaux de la situation Ivoirienne quelques mois auparavant.

Qui du Cameroun et de la Côte d’Ivoire a eu raison de son choix ?

S’il est encore trop tôt pour parler du Cameroun on peut déjà tirer les premières conclusions sur la Cote d’ivoire et constater que la situation aujourd’hui est de loin pire que celle qui prévalait durant la crise sous Monsieur Laurent Gbagbo. Le FMI vient d’avancer un chiffre de -7,5 % de croissance du pays pour l’année 2011 faisant ainsi de la Côte d’Ivoire, le seul pays en récession de tout le continent africain, c’est-à-dire,  pire que la Somalie, où même sans gouvernement stable il y’aura eu 1% de croissance pour 2011, c’est-à-dire une croissance somme toute positive.

Les mêmes sources nous informent des contre-performances de toute l’économie ivoirienne où l’état doit aux entreprises la rondelette somme de 900 milliards de FCFA. Et la totalité du budget 2012 à peine voté ne pourra être financé que de l’étranger.

Prenons au hasard une date commune dans les 2 pays, la date d’hier 23/11/2011. Quelle est l’actualité principale en Côte d’Ivoire : C’est le porte parole du  président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso qui nous annonce que Monsieur Alassane Drame Ouattara se trouve à Bruxelles où il va rencontrer dans la journée Monsieur Karel de Gucht, commissaire Européen chargé du Commerce, pour parler des exportations du cacao ivoirien vers les pays de l’Union européenne.

Au même moment, au Cameroun, c’est Monsieur Martin Yankwa, Inspecteur général du ministère camerounais de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique qui nous annonce la signature d’un accord pour la création d’une usine, la SITRACO, d’une valeur de 1,6 milliard de FCFA pour la transformation à Douala de 40% du coton camerounais pour alimenter les nombreux hôpitaux que la Chine construit un peu partout au Cameroun, avec des consommables comme les  compresses médicales et des rouleaux de gaze hydrophile de coton.

Dans le premier cas, il s’agit de l’énième visite en Occident depuis la prise de pouvoir au mois de mai 2011 dernier. La première visite était le 26 Mai 2011 au sommet du G8 à Deauville en France, où l’ami Sarkozy, président de la France l’a présenté comme un trophée, il avait une grande envie de célébrer la victoire militaire de sa présidence mais avait oublié d’informer son protégé Monsieur Ouattara que lui-même se trouvait en pleine tempête financière avec les 3 principales banques  qui venaient de perdre en bourse près de 40% de leur valeur, ce qui atteindra très vite les jours suivants, 65% pour la plus grande.

Il y a eu le 27/07/2011 la visite à Washington pour demander de l’argent.

Malheureusement ici aussi, Monsieur Obama était en pleine querelle avec la nouvelle majorité républicaine au Congrès qui ne voulait pas lui octroyer une rallonge pour de nouvelles dettes;  et du coup, accompagné des autres Présidents Africains qui semblaient tous à la Maison Blanche comme des écoliers dans le bureau du Directeur d’école, les photos que la Maison Blanche a publiées de cette rencontre donnent l’amère impression de se trouver à une cérémonie de funérailles.

Comment lire ces deux évènements ?

1. En Côte d’Ivoire

La démarche ivoirienne est erronée. à mon avis, le Cacao et le Café, comme la malaria, doivent tout simplement être éradiqués du continent africain. C’est la seule certitude de mettre fin à la sombre époque de la soumission coloniale avec toute son économie, comme la culture de certaines plantes que les principaux journaux financiers en Occident continuent de classer en cette fin de l’année 2011 comme « produits coloniaux ». Plus de 50 ans après l’indépendance, ce n’est pas normal qu’un dirigeant Africain se rende en Europe pour négocier en faveur d’un produit colonial, c’est-à-dire pour continuer volontairement à cultiver ce produit qui correspondait à la vision et aux intérêts européens de cette Afrique coloniale.

C’est une faute politique, historique et surtout, économique, car aucun pays du monde ne s’est jamais enrichi en continuant la production d’un produit colonial, même le Brésil a été obligé de renoncer à sa place de premier production mondial du café pour passer à la production de la viande qu’elle exporte désormais vers Europe parce qu’elle est 100 fois plus rentable et sa production est hebdomadaire et non annuelle comme le café.

En d’autres termes, la Côte d’Ivoire doit se spécialiser en « Intelligence » pour compter et pour commander en Afrique et voilà non plus retourner en arrière aux sombres heures des travaux champêtres de la période coloniale, aux heures du travail manuel pour remettre le vieux tablier de domestique et reprendre comme le veut le maître Européen, sa place dans les plantations de cacao et café du pays tropical.

2. Au Cameroun

La démarche camerounaise est à encourager, parce la décision de créer une usine de transformation du coton camerounais présente 2 avantages :  d’abord parce que la vraie plus-value d’un produit agricole réside dans sa transformation en produit fini, ensuite parce que le produire pour satisfaire un besoin national permet de dynamiser une demande locale et mettre sur pied le cercle vertueux de la création de la richesse. Il est prévu que dans les prochains 10 ans le Cameroun passera du pays exportateur de coton, à pays importateur, du même coton pour satisfaire la demande des hôpitaux camerounais et ensuite africains.

Ce que les dirigeants Camerounais ont compris c’est la leçon même de Laurent Gbagbo c’est-à-dire que désormais c’est en Afrique même qu’il faut aller chercher l’argent.  La Sitraco est l’arbre qui cache la forêt du vaste projet de développement du business de la santé au Cameroun pour attirer les malades non plus uniquement des pays voisins, mais venant de beaucoup plus loin. A travers ses hôpitaux, le Cameroun veut récupérer le très lucratif  pactole des évacuations sanitaires vers la France depuis les pays d’Afrique francophone notamment pour des spécialités bien précises : cardiovasculaire, traumatologique, neurochirurgical, ontologique, ophtalmologique.

Selon les incroyables chiffres fournis par Monsieur Bedouma Alain Yoda, ministre Burkinabé de la Santé, le gouvernement d’un petit pays comme le Burkina Faso règle à la France la facture pour évacuer une cinquantaine de patients par an, la bagatelle de 900 millions de FCFA (1,372 million d’Euros) chaque année. cette information a été rendue publique par le quotidien burkinabé, LE PAYS dans son édition du 19/09/2007. Yaoundé veut une partie de ce gâteau. L’histoire ne nous dit pas si Paris est très content de l’activisme de ce nouveau concurrent inattendu.

Un autre domaine dans lequel les dirigeants de Yaoundé cherchent des palabres avec la France de Monsieur Sarkozy est celui de la formation. On peut facilement imaginer la scène à l’intérieur du Palais d’Etoudi (demeure du Président Camerounais) où son hôte prend un stylo et sa calculette pour voir combien l’Europe encaisse chaque année des étudiants Africains qui y affluent. Un vrai magot ! se sera-t-il exprimé. et toutes les réflexions successives ont dû être sur le fait de savoir comment intercepter une partie de cette somme.

Les Universités publiques et privées sont en train de sortir de terre comme des champignons avec des cités universitaires et son lot de chantiers chinois pour livrer les oeuvres dans les plus brefs délais afin, non seulement d’éviter que les Camerounais quittent le pays, mais aussi pour attirer les autres étudiants africains qu’ils soient francophones ou anglophones, profitant au passage de sa position privilégiée d’être le seul pays bilingue français/anglais du continent africain. Alors que l’hôte de l’Elysée (demeure du président français) compte sur la stigmatisation de ces étudiants africains pour remonter dans les sondages, on peut parier que lui enlever un tel alibi sera vécu comme un crime. Déjà depuis le mois de Mai 2011, un décret intime à ces étudiants Africains de laisser la France le lendemain de leur soutenance de thèse.

Que faire lorsqu’on s’est trompé dans le choix des alliances ?

Aujourd’hui, le développement de l’Afrique est une question de choix décisif dans le positionnement géostratégique de chaque pays. L’alliance avec l’Occident sur le point de déposer le bilan, me semble un choix suicidaire, parce que le résultat est connu d’avance : misère garantie comme plat de résistance et dettes pour dessert.

Le Guide Libyen Kadhafi est l’exemple de ce choix suicidaire. Il avait opté pour l’alliance avec l’Occident, en snobant soit la Chine que la Russie et en mettant ses Services Secrets sous le contrôle de la CIA dès 2006. Ce qui lui sera fatal, puisque ce sont ces mêmes Services Secrets devenus américains qui feront qu’il ne soit plus en sécurité nulle part sur le sol libyen, encore moins son dauphin. Dans la nature, les mammifères cherchent les males jeunes et forts pour s’accoupler et assurer la descendance, garantir l’avenir. Parce que les males vieux sont trop faibles et souvent aigris et génèrent d’autres faiblesses qui ne laissent pas beaucoup de chance à la race de survivre longtemps, et qui ne présagent aucun futur.

En ce moment, l’Occident est cet animal devenu vieux et faible et pour cette raison, devenu plus dangereux pour lui-même et pour ses alliés. Sa faiblesse le rend aigri. Un jour arrivera lorsqu’ils comprendront que leur trophée de la victoire ivoirienne n’était qu’une pure illusion et qu’ils ne seront pas sauvés de leur profonde crise financière et sociétale par la Côte d’Ivoire et donc que qu’ils n’auront plus besoin de Monsieur Ouattara. Ce jour là, il sera très vite rebaptisé en « Dictateur Africain » et on n’a pas besoin d’être un magicien pour prédire que ce jour là, des ONG prétendument expertes de l’Afrique sortiront de partout pour nous expliquer comment il est méchant et s’enrichit sur le dos du peuple.

On trouvera très vite un autre Africain pour le remplacer et ce jour là, nous serons présents pour le soutenir avec toutes nos forces, exactement comme nous l’avons fait pour son prédécesseur, exactement comme nous l’avons fait pour le Guide Libyen, Kadhafi. Parce que la tradition africaine veut que nous n’abandonnions jamais les nôtres, quoi qu’ils aient fait dès lors qu’ils sont en mauvaise posture avec nos bourreaux de toujours. Nicolas Machiavel (1469-1527) ne dit-il pas que « Pour prévoir l’avenir, il faut connaître le passé, car les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par les hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats » ?

Combien serons-nous pour répondre « présent » au soutient de Monsieur Ouattara lorsque son heure de disgrâce sera arrivée ?  Qu’est-ce que l’histoire retiendra de lui au delà de la page peu glorieuse qu’il a écrite avec sa fameuse « Communauté Internationale » ?  lui seul et son équipe pourront répondre à ces questions, à travers les actes et les décisions qu’ils pourront mener en utilisant leur cerveau pour ne pas insister avec des recettes qui ont démontré leurs limites. Le plus grave n’est pas de commettre des erreurs, mais de persister dans l’erreur. Et le geste le plus sage à mes yeux est celui d’avoir le courage et la force d’aller contre ceux qui l’ont mis au pouvoir et de libérer son frère Laurent Gbagbo. Il sortirait alors ainsi de « l’Afrique de la traitrise et des sous-préfets » pour entrer dans l’Afrique du courage et de la défense de la dignité humaine.

Nous sommes différents des Européens. Pour construire l’Union Européenne, ils ont recouru à un catalogue de conditions à être toutes satisfaites avant d’entrer dans l’Union et des pays comme la Turquie depuis 1963, n’ont toujours pas réussi à satisfaire à ces conditions. En Afrique nous privilégions d’autres valeurs que l’argent. C’est pour cela qu’il n’ya jamais eu un quelconque catalogue de conditions pour adhérer à l’OUA hier ou à l’UA aujourd’hui et demain dans les Etats-Unis d’Afrique en construction.

Ce qui nous unit est avant tout est un idéal, celui de soustraire l’Africain à l’esclavage européen, à travers la lutte contre l’humiliation que l’Occident continue de nous infliger depuis 5 siècles. Le Tribunal Pénal International (TPI) n’est-il pas la preuve évidente de cet acharnement contre la dignité humaine en Afrique ? Comment expliquer sinon qu’avec les 3 millions de morts au Cambodge, pour le génocide perpétré par les ‘Khmers rouge’, le tribunal spécial se passe en terre Cambodgienne pour juger ses auteur 30 ans après les faits alors que pour l’Afrique, le TPI devient l’énième instrument de domination et de la xénophobie contre l’Afrique ?

Le dénominateur commun du peuple africain est l’anticolonialisme. C’était même le fondement de l’OUA. Et nous ne pourrons pas construire les Etats-Unis d’Afrique sans associer tout le monde, sans prendre conscience de la capacité de nuisance de ceux qui veulent nous diviser jusqu’à chasser nos chefs d’Etat du pouvoir, jusqu’à tuer nos Présidents. Nous sommes très indignés de ces actes de barbarie et si ceux qui ont le pouvoir en Afrique n’ont pas conscience de cela, nous devons être doublement indignés.

Conclusion

Le déclin de l’Occident est paradoxalement une chance pour l’Afrique, à condition que nous soyons conscients de l’importance de la place que nous pouvons occuper dans cette nouvelle ère avec la redistribution des places. L’Occident ne peut pas nous aider parce qu’il ne peut pas s’aider lui-même. Monsieur Obama a visité le Ghana et présenté ce pays comme la vitrine d’un allié de l’Occident qui réussit, mais la vérité est plus amère et c’est que ce pays pour sa croissance s’est tourné vers la Chine et a reçu 10 milliards de dollars américains, montant qu’aucun pays occidental ne pouvait lui offrir. Pour l’histoire, hier 23/11/2011, pour la première fois, même l’Allemagne, le pays européen le plus vertueux et le plus riche n’a pas pu emprunter l’argent sur les marchés, leurs propres opérateurs étant les premiers à parier sur leur chute inexorable.

Au 21ème siècle c’est la fin des Etats-Nations et le triomphe des ETATS-CONTINENT. Je ne me réjouis pas pour le début de la prospérité de mon pays, le Cameroun tant que l’économie d’un autre pays africain, comme la Côte d’Ivoire est en berne, parce que la Côte d’Ivoire comme la Somalie, c’est aussi mon pays et le comprendre c’est  avoir la force pour résister à nos agresseurs et pour construire la base d’une prospérité stable, continentale.

Et pour le faire, nous avons besoin des alliances, nous avons besoin de compter nos amis, nos vrais amis. Pour l’instant, le meilleur ami de l’Afrique est la Chine et nous devons tous nous indigner lorsque l’Europe va à Pékin parler de l’Afrique, parler de nous sans nous. Ne sommes-nous pas suffisamment sortis de l’adolescence ?

Toujours plus de Chefs d’Etats Africains seront encore humiliés, d’autres seront encore assassinés. Mais le pire qu’un Africain puisse faire c’est qu’il soit de près ou de loin, complice des ces actes tous dirigés contre les nôtres, tous orientés contre nous. Parce que chaque Président Africain qu’on humilie, c’est nous tous qu’on humilie, chaque Chef d’Etat Africain qu’on tue, c’est nous tous qu’on tue. Défendre les nôtres, c’est défendre nous-mêmes aujourd’hui, c’est défendre nos enfants demain. Et identifier avec précision contre qui, nous avons à nous défendre en priorité, nous aidera à mieux choisir nos alliances. A ce jour, aucun Africain n’est mort tombé sous les balles de l’armée chinoise.

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com 

www.pougala.org

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.

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Versatilité d’une presse française manicheenne…

L’actualité africaine n’a jamais été l’exutoire des médias français que lorsque celle-ci est faite de guerres, de crises institutionnelles, de maladies, de famine, de sous-développement, bref de tous les maux dont souffre le continent africain. Cette presse hexagonale, manichéenne à souhait, et dont l’inclination congénitale à la versatilité et la manipulation sont connues, reste malgré tout, celle dont l’audimat est le plus grand, notamment dans l’espace francophone. Sacré paradoxe pour tous ces Africains qui ont toujours maudit « les méfaits de la colonisation française et les crimes de la France en Afrique». Le Cameroun, bien qu’à proprement parler, n’ait jamais été une colonie, fut sans doute le pays qui paya le plus lourd tribut de l’impérialisme français, avec non seulement la décapitation de la crème des principaux leaders nationalistes, mais aussi et surtout, des massacres perpétrés par l’armée française avant et après l’indépendance du Cameroun.

Des médias qui sont davantage des instruments de propagande et d’espionnage au service du gouvernement et des lobbies économiques français que des organes classiques d’information, de véritables cache-sexes au service d’une politique néocolonialiste en vigueur dans les ex-colonies françaises. Conséquence, cinquante ans après une indépendance politique octroyée par l’ancienne métropole à ses colonies d’Afrique, les médias français sont justes après les gouvernants et les milieux d’affaires, le principal instrument d’aliénation et d’assujettissement de l’Afrique. La situation est déplorable, surtout dans le pré-carré, lorsque sous le couvert d’une couverture médiatique ou d’enquête journalistique, et nonobstant l’image du professionnalisme qu’ils laissent transparaitre, les médias français se positionnent davantage comme le porte-parole de leurs dirigeants. Des exemples sont légions : que ce soit en Côte d’Ivoire avec l’éviction du président Laurent Gbagbo au profit d’Alassane Dramane Ouattara en avril dernier, ou encore en Libye, où les pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), avec comme chefs de file la France et les Etats-Unis, ont renversé du pouvoir, puis tué la semaine dernière, le « Guide » de la révolution libyenne Mouammar Kadhafi.

L’art de la manipulation et de la désinformation

S’agissant de l’élection présidentielle du 9 octobre 2011 au Cameroun, la presse française, comme c’est le cas pour tous les pays du pré-carré qui vit cet événement politique majeur, s’est fortement mobilisée pour couvrir cette importante actualité politique. Ce qui est frappant dans les rendus des confrères hexagonaux, c’est parfois la distance entre les suppositions, les supputations, les procès d’intention et la réalité, basée en principe sur les faits.

Du coup, les reportages, commentaires, analyses et chroniques se situent généralement dans le sens du vent, c’est-à-dire, là où se trouvent les intérêts de la France. Sinon, comment comprendre que ce sont ces mêmes médias français, qui, pour peu qu’ils passent à la caisse, disent tout le grand bien du Cameroun et de ses dirigeants. Le président Paul Biya est alors présenté comme un « sphinx », qui a su préserver la paix au Cameroun dans « une Afrique centrale minée par les guerres fratricides et une instabilité institutionnelle chronique». Le Cameroun est alors présenté comme un pays où « la presse est libre plus qu’en France », un pays où « on n’est pas inquiété pour ses opinions politiques », Paul Biya étant présenté comme un « sage Africain »…

Comme on peut le constater, cette peinture blanche des gouvernants est généralement assujettie à la mobilisation de fortes sommes d’argent, la plupart de ces publi-informations étant prises en charge par le contribuable camerounais, sauf dans le cas du marché des dupes, où des magnats de l’économie française acceptent de payer la note. L’un des exemples en date remonte à juillet 2009 lors de la toute première visite officielle de Paul Biya en France sous la présidence de Nicolas Sarkozy, où Vincent Bolloré dont l’étendue de l’empire au Cameroun se passe de tout commentaire, avait pris en charge, la « promotion de l’image de marque du Cameroun et de son président dans les médias français », d’où de « bons articles » sur le pays de Paul Biya, aussi bien dans la presse audiovisuelle, écrite que cybernétique.

A contrario, quand cette presse française ne passe pas à la caisse, ce sont des articles au vitriol qu’on lit sur le Cameroun. Aussi, Paul Biya est présenté comme un « sanguinaire », un « tyran », un « roi fainéant », un « absentéiste notoire qui gouverne par procuration », et son régime présenté comme très corrompu, sinon le plus corrompu au monde, un pays où le chômage est endémique, où les gens meurent de famine, où la justice n’existe pas, où la démocratie va plutôt à reculons, où la presse est bâillonnée. Dans leur volonté de tout noircir, des médias français ne manquent pas de tenter d’opposer les Camerounais entre eux, dénigrent la campagne d’assainissement des mœurs dans la haute administration connue sous le vocable de « l’opération Epervier », décrivent une économie exsangue malgré d’incommensurables potentialités, avant de conclure sur un pays dans l’impasse. En début de ce mois d’octobre, alors que le pays était en plaine campagne électorale, le célèbre journal Le Monde dont les lecteurs n’ignorent pas les gros plans sur le Cameroun, « un pays dans la voie de l’émergence » quand cela participe à renflouer les caisses de la boite, ont découvert « un reportage » d’un autre style, où tout ou presque, est peint en noir.

Le Cameroun n’est ni un paradis, ni un enfer

Dans sa volonté d’en découdre avec le régime en place, le journal ne manqua pas d’écrire noir sur blanc que depuis vingt ans, Paul Biya n’avait plus mis les pieds à Douala. Mensonge. Certes, si on ne connaît pas particulièrement au locataire d’Etoudi des qualités de grand voyageur dans son pays, même ses pourfendeurs les plus acerbes qui connaissent les réalités du pays ne pourraient être d’accord avec ce mensonge du journal Le Monde. Oui chers confrères de la presse française, sans être un paradis, le Cameroun n’est pas non plus un enfer. C’est un pays qui a ses tares : corruption, clanisme, sectarisme, favoritisme, inertie, détournements de deniers publics, roublardise des dirigeants, laxisme de l’administration, mauvaise répartition du patrimoine national, insuffisance des écoles et des hôpitaux, adduction d’eau et électrification insuffisantes, mauvais réseau routier, chômage…, mais c’est un pays qui bouge, et poursuit sa voie vers le développement et ses millions de citoyens croient en son avenir, et mettent toutes leurs forces, toutes leurs énergies et tout leur savoir-faire pour son essor et pour le bien-être de ses populations.

Malheureusement, cette presse française, à la fois versatile, manipulatrice, manichéenne, mieux, en mission commandée, est reconnue pour son inclination à donner les leçons de déontologie et de professionnalisme aux autres. Cette catégorie de la presse française, où tout « bon article de presse » se joue par l’épaisseur du chèque ou du virement, est encore la première, sous une forme déformée, à s’ériger en modèle lorsqu’il faut perpétuer la Françafrique. Dommage que les dirigeants africains en général et ceux de l’espace francophone en particulier, par complexe du Blanc ou par souci d’obtenir l’adoubement de Paris, essaient toujours de faire des médias français, leur principal vecteur de communication. Est-ce parce qu’ils sont mal élus ? En tout état de cause, il y a lieu d’espérer pour un affranchissement dans les prochaines années. Les pays comme le Rwanda avec le président Paul Kagamé essaient de montrer la voie, convaincus que « la liberté ne se donne pas, elle s’arrache ». Aux autres de piger la leçon.

Une chronique de A. Mbog Pibasso

Le scalp du Guide …

Le morbide trophée d’un Kadhafi ensanglanté avec tout autour la danse funeste de ses propres compatriotes exhibé sur tous les écrans de télévision du monde. Une sorte de rituel de la coalition Onu-Otan-Ue-Cnt afin d’exorciser l’occident engluée dans l’une des pires crises de son odyssée ; au prix d’une traque dantesque sur le Guide bédouin. Un effroi déshumanisant pour guérir une crise de l’humanité. Peut-être la prescription d’une obscure secte apocalyptique planétaire ? Parce que jusque là les motivations de cette barbarie subite (plus de 60.000 morts en 6 mois) ne sont toujours pas perceptibles pour les faibles d’esprit comme nous. Longévité au pouvoir ? Omar Bongo a fait exactement 42 ans au pouvoir et serait très certainement encore bien calé dans son fauteuil si la mort ne l’avait fauché. Son fils prolonge d’ailleurs à merveille la légende sans que Sarkozy ne soit inspiré par une mission de sauvetage mystique du peuple gabonais. Fidèle Castro a bien bouclé son demi-siècle au trône sans que les bombardiers des plus grandes puissances militaires ne viennent le déloger. Là encore c’est un successeur pré-identifié qui a pris la relève sans que la Havane ne reçoivent des bombes bénies par l’Onu.

Déficit démocratique ? Il parait qu’il n’y a jamais eu d’élection en Libye. On connait la signification des élections au Cameroun, au Togo, au Gabon, au Tchad, au Burkina Faso : des scrutins à l’issue desquels ce sont toujours les mêmes (ou leurs progénitures) qui gagnent. En d’autres termes, le Guide libyen aurait dû faire semblant comme la plupart de ses collègues du continent en organisant des simulacres de scrutin dont les résultats sont connus d’avance, et il serait peut-être encore en vie. Le classique des scrutins en Afrique est suffisamment rôdé depuis plusieurs décennies : urnes bourrées, trucage des listes électorales, manipulations des résultats, falsifications des documents des bureaux de vote, inféodation des structures organisatrice des élections. Lorsqu’en plus de tout cela, on dispose d’un sous-sol aussi enchanteur que celui de la Libye (gaz, pétrole), on est sûr de figurer parmi les dirigeants les plus fréquentables et les plus adulés.

Il parait que c’est pour rétablir la justice et la liberté que Sarkozy et Obama ont distrait de considérables moyens pour écraser Kadhafi et son régime dans le sang. Qu’on nous donne alors l’échelle des grandeurs en matière de liberté et de justice. Des innocents croupissent dans des geôles en terre américaine à Guantanamo sans que l’Otan ne sente la nécessité d’agir. Des résistants Tchétchènes et Ingouches se font massacrer quotidiennement sans que personne n’ose inquiéter la Russie. A l’interne au Bénin, des milliers d’électeurs en âge de voter ont été privés de leur droit de vote sans que les auteurs ne deviennent des cibles des faiseurs de justice et de liberté dans le monde. Ne parlons pas des accusations à propos des disparités réelles ou supposées en ce qui concerne l’accès aux médias publics ou d’autres questions liées au défaut de justice et de liberté. Mais jusque là, aucun Béninois n’a pensé sérieusement à une intervention du genre de celle diligentée en Libye.

Et pourquoi la liberté, la démocratie et la justice doivent couter autant en vies humaines en Libye ? Kadhafi ensanglanté ; il était une fois Saddam Hussein déterré comme un rat puis pendu. Décalage troublant en comparaison avec le traitement des criminels de guerre nazies après la deuxième guerre mondiale. Idem pour leurs auteurs des massacres et des nettoyages ethniques en ex-Yougoslavie, traités avec beaucoup d’humanité. Lorsqu’un gars tue une centaine d’individus en Suède, il est un militant d’extrême droite protégé par une armée d’avocat, de psychologues, d’experts en tout genre. Mais un enfant palestinien qui lance un caillou à un soldat israélien est un terroriste, cible de drones ou de tir à balles réelles de l’occupant. C’est une évidence que la rébellion du Conseil national de transition (Cnt) a provoqué, en l’espace de 6 mois, 10 fois plus de morts libyens, 20 fois plus de blessés, 100 fois plus de réfugiés que le règne de Kadhafi en 42 ans. Une pensée également pour les dizaines de négro-libyens et émigrés africains noirs en voie d’extermination et objets des pires atrocités pour leur proximité supposée au Guide.

Plein succès aux chasseurs de scalp de dirigeants insoumis au nouvel ordre mondial !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Sans commentaire

Cameroun : Biya gagnera les élections mais perdra la tête !

Vox populi, vox Dei. Que la voix du peuple fut la Voix de Dieu ! Mais vox populi, vox erratum. Puis la voix du peuple devint la voix de l’erreur. Erreur commise par un peuple instrumentalisé. Erreur commise parce que ce pauvre peuple a peur du changement. Erreur aussi parce qu’il a été éduqué dans le mensonge, le faux paternalisme, la corruption morale. Le Cameroun, c’est ce peuple là qui n’échappe pas à cette réalité implacablement africaine.

Biya est le père de la stabilité avec un « peu » d’injustice commise contre l’opposition, faisant quelques centaines de morts. Mieux vaut sacrifier quelques uns et sauver la multitude. Cela s’appelle forcer le respect et consolider le pouvoir.

Alors Biya gagnera les élections de 2011. Parce qu’en territoire affamé, lorsqu’un bulletin de vote de l’adversaire peut rapporter 1000 francs CFA, je ne connais pas beaucoup d’électeurs qui refuseront de le commercialiser. D’ailleurs qu’est-ce que l’autre fera pour moi, s’il venait à gagner ? Ne sont-ils pas les mêmes ?

Oui, ils sont les mêmes. Un Bantu reste un Bantu. Chez le Bantu, le pouvoir est conquis pour régner et non pour enrichir les sujets. Le citoyen est un sujet politique sur qui Biya règne. Il est craint pour sa capacité à donner la mort sans être inquiété. Mais il n’est pas aimé. Il le sait. Cependant, il s’en fout. Dès lors qu’il n’a aucune raison d’avoir peur de subir le même sort que celui qu’il inflige aux autres, à ses opposants.

Dans l’Europe féodale, la même arrogance a habité tous les rois et toutes cours royales. Ils ont conquis le pouvoir d’Etat. Ils ont régné, conduit des guerres de conquête et dominé leurs peuples et des peuples conquis. Puis vint le siècle des lumières avec plusieurs courants de pensée révolutionnaire.

La plupart des monarchies se sont effondrées. Plusieurs rois ont été décapités. Et ceux qui leur ont succédé dans un environnement où la République remplaçait ou cohabitait avec une monarchie honorifique, ont compris qu’il faut gagner les élections avec le peuple et non gagner des élections et contre le peuple. Parce que la colère du peuple fait perdre au roi, sa tête, au sens propre comme au sens figuré.

Alors Biya ne devra pas fêter d’apprendre qu’il gagnera les prochaines élections qu’il organise pour gagner. Il doit être inquiet. Parce que j’ai vu Douala. Et j’ai compris que l’homme a perdu le peuple depuis fort longtemps. C’est pourquoi j’ai peur pour lui. Parce qu’il est assis sur un volcan en ébullition ascendante.

Si Biya avait encore des oreilles utiles pour entendre, je lui aurais recommandé de tirer sa révérence en proposant l’organisation d’élections anticipées dans les deux années qui vont suivre sa victoire certaine de 2011. En le faisant, il gagnera deux choses : le respect du peuple, cet indispensable respect qui doit se substituer à la crainte de Biya, mais aussi et surtout, le pardon de tous ceux qui sont frustrés depuis au moins trois décennies.

Si Biya ne m’écoute pas, il perdra sa tête, au sens propre comme au sens figuré, avant la fin de son septennat de trop. Parce qu’un peuple qui a fini par vaincre sa crainte, est irrésistiblement habité par le désir de vengeance et reste ouvert à tout marchandage pour étancher sa soif de Justice. Or les marchands ont déjà posé pied à Yaoundé.

A très bientôt.

Hassane Magued

Cameroun, Paul Biya ne sera pas candidat : Partira t-il comme Moubarak ou comme Mandela?

Le président Camerounais ne sera pas candidat à sa propre succession lors de la prochaine présidentielle qui, en principe, doit se tenir au mois d’octobre prochain. En effet, selon de source bien introduite, à moins d’un revirement, comme lui seul en a le secret, Paul Biya, au pouvoir depuis 29 ans, ne se représentera pas comme candidat du RDPC pour la prochaine présidentielle. S’il faut en croire des informations venant de son entourage, «il va se retirer pour laisser la place à un autre candidat du RDPC et assurer ainsi le maintient au pouvoir de son parti, comme l’avait fait en 1982 avec l’UNC, son prédécesseur le président Ahmadou Ahidjo». C’est en fait ce que rapporte cette source qui insiste pour dire qu’en renonçant à briguer un autre mandant présidentiel, «Monsieur Biya, non seulement montrera qu’il est un vrai démocrate, mais voudra prendre le monde entier à témoin qu’après lui, ce ne sera pas le chaos dans son pays le Cameroun». Il entant donc, par ce geste historique à la Mandela, préserver la paix et l’unité nationale dans ce pays qui compte plus de 200 tribus et donc les séquelles d’une lutte brutale pour l’indépendance ne sont pas tout à fait disparues.

Bien que cette source pourrait  jurer sur la tête de sa mère, une certaine prudence s’impose. D’autant plus que le concerné n’a pas encore dit mot de son avenir politique. Un silence qui laisse la place à plusieurs hypothèses.

Pour certains, Paul Biya va se représenter, gagner les élections coûte que coûtera et cédera par la suite le pourvoir à un dauphin qu’il aura eu le temps de présenter au Camerounais comme ce fut son cas avec son parrain Ahidjo. Cette période, qu’on qualifie de transition, pourra durer deux ans. Dans ce scénario, il annoncera son départ en 2013, lors de son traditionnel discours de fin d’année au cours duquel il fera le bilan de ses 31 ans de règne, annoncera son retrait définitif de la scène politique, souhaitera bonne chance pour l’avenir du pays qu’il laisse dans la paix, souhaitera bonne année 2014 aux compatriotes, et en fin, dira que Dieu soit toujours avec tous les Camerounais. On pense également que cette période permettra de visser le système contre toutes poursuites judiciaires envers lui et autres membres de son entourage.

Un autre schéma voudrait  qu’il déclare la présidentielle d’octobre prochain reportée pour le premier trimestre de 2012. Le temps pour son parti le RDPC d’organiser un congrès d’ici la fin de l’année 2011 ou au plus tard début de la prochaine année. Rencontre au cours de laquelle il annoncera son départ et laissera le soin aux membres de désigner démocratiquement un successeur légitime qui sera candidat à la présidentielle. Si tel est le cas, alors cas de force majeure s’imposant, l’élection pourrait se tenir avant le mois de mai 2012 ou bien en octobre 2012, si ELECAM n’est pas tout à fait prête.

Le dernier scénario est celui du «advienne que pourra». C’est-à-dire celui d’aller en élection en octobre prochain et vivre avec les résultats et les conséquences d’une réélection. Ce schéma, qu’on redoute, peut mène à cinq façons de quitter le pouvoir comme nous enseignent les derniers changements de régimes en Afrique.

1- Partir par des élections transparentes

Élections transparentes, dites-vous? Personne n’y croit au Cameroun. ELECAM est tellement contestée qu’on n’envisage pas un seul instant qu’elle puisse, dans sa forme actuelle,  organiser des élections transparentes au Cameroun. Surtout que,  même si c’est à elle que revient le rôle de préparer et de tenir des élections. Elle n’a aucun contrôle sur la campagne des candidats et les résultats.  La loi lui interdit de donner les résultats partiels, même pas les estimations. La composition d’Élection Cameroun ne laisse personne penser que Biya et le RDPC organiseraient les élections en envisageant une possible défaite. Raison pour laquelle une bonne majorité de Camerounais pense qu’ELECAM a encore beaucoup de chemin à faire pour envisager la tenue d’élections crédibles et surtout une campagne équilibrée pour les candidats.

2- Quitter suite à un coup d’État

Partir suite à un coup d’État est le pire des scénarios que redoute tout chef d’état. Ils ont beau faire du chef de la sécurité, du chef d’État major, du chef de leur garde rapprochée des proches ou des étrangers, ils ne sont pas à l’abri d’un renversement brutal. Les images en provenance de la Tunisie ou de l’Égypte sont d’ailleurs parlantes. Mamadou Tandja du Niger, un autre Héro devenu Zéro, qui a modifié la constitution pour se maintenir au pouvoir après deux mandats en sait quelque chose. Au fort du Coup d’État qui l’a renversé, il était surpris d’apprendre que c’est un général proche qui le renversait au moment où il l’appelait au secours.

Il se dit même que les dictateurs sont ceux qui dorment le plus d’un seul œil avec l’oreille bien à l’écoute. Ils ont confiance en plusieurs personnes mais s’en méfient en même temps qu’ils les soupçonnent. On ne surprendra personne en disant que, même si le président pense que ses collaborateurs proches sont des hommes intègres sur qui il peut compter, il ne doute pas que si l’occasion se présentait, ils hésiteront à le renverser. Raison pour laquelle, dans ce milieu, on ne fait pas confiance même à son propre fils.

3- Partir comme le président Gbagbo

Même si le Cameroun n’a pas encore ses forces nouvelles comme en Côte d’Ivoire, les lendemains d’une réélection de Paul Biya pourraient rendre le terrain fertile pour une rébellion. Certes les conditions actuelles sont différentes de celle de la Côte d’Ivoire, mais il reste que le Cameroun présente tout de même des éléments susceptibles de faciliter l’allumage d’une mèche difficile à éteindre.

En fait, si la prochaine élection présidentielle se tenait et que Biya la remportait encore, la frustration des uns et des autres pourrait mener à la formation d’une rébellion qui se dirait légitime avec pour mission de contester la légalité du pouvoir jusqu’à ce qu’il tombe. Une bonne franche de la diaspora mais également des camerounais qui en ont marre du président Biya pourrait financer cette rébellion si elle est bien organisée et ayant à sa tête un leader charismatique, connu, accepté et respecté. Ce mouvement aura pour mission soit de renverser le pouvoir soit de parvenir à obtenir des négociations qui aboutiraient à un changement bien visible des mêmes gens qui sont aux commandent depuis 30 ans. Le but étant l’alternance par l’introduction de nouvelles personnes. Très souvent on pense que cela n’arrive qu’aux autres.

4- Partir comme Moubarak

C’est le scénario le plus craint actuellement par le pensionnaire d’Étoudi. Il se dit même que l’homme fort d’Etoudi suit attentivement les procès de ces anciens pairs Moubarak et Ben Ali. Advenait qu’il se représente et gagne la prochaine élection, il pourrait se créer un mouvement social sans précédent qui finirait par l’emporter. Les scènes où on voit l’ex dictateur sur une civière au tribunal au Caire traumatisent autant Paul Biya que les autres dictateurs africains. Ils comprennent que le monde a changé et que cela peut leur arriver aussi.

Souvent mal informé ou pris dans un désir de se maintenir coûte que coûtera, ces dictateurs encore en poste, refusent souvent de prendre en compte les signes avant-coureurs d’une fin annoncée. Ils s’obstinent  et continuent à s’accrocher jusqu’à ce qu’à la suite de plusieurs morts de citoyens, le « assez c’est assez » les rattrapes. Heureusement, cette mauvaise lecture de la nouvelle dynamique du monde, les oblige désormais à répondre de leurs actes devant la justice. Hélas souvent c’est aussi trop tard aussi pour leur entourage, certains de leurs ministres et marabouts partisans du «il est en poste pour rester».

Voir Moubarak sur une civière au tribunal, qui demande pardon à son peuple, se dit prêt à rembourser des milliards de dollars accumulés pendant des années est plutôt surprenant. Par ce procès, on voudrait servir une leçon à ces présidents, bien qu’étant des êtres humains, briment leur peuple, modifient la Loi fondamentale de leur pays pour garder le pouvoir à vie. Monsieur le Président Biya fait bien de demander à ses conseillés de le briefé quotidiennement sur le déroulement des procès Ali et Moubarak. Pour un rappel historique, Hosni Moubarak arrive au pouvoir en 1981 et Paul Biya en 1982.

5-Partir comme Mandela ou Ahidjo

C’est le schéma idéal et souhaité par plus de 95% des camerounais et la quasi totalité de la communauté internationale. Il s’agit surtout de prévenir maintenant et d’anticiper la crise qui pourrait naître suite à la chute des dicteurs qui se maintiennent au pouvoir. Ainsi donc tous souhaitent que Paul Biya se retirer pour privilégier une transition pacifique.

Il y a quelque mois, circulait une lettre attribuée à Franck Biya, fils aîné de Paul Biya, dans laquelle il demandait à sont père de se retirer pour le bien non seulement du Cameroun, mais également pour sa propre famille. S’il faut se référer à la maxime « Il n’y a pas de fumée sans feu », est ce que Franck a vraiment demandé à son père de prendre une retraite bien méritée? Personne ne sait. Tout de même on sait que ni lui, ni l’entourage de Paul Biya n’ont contesté la véracité de cette lettre qui a circulé sur Internet.

Si le fils a peut être bel et bien écrit à papa pour lui demander de céder le pourvoir, on peut dire que par ce geste, il voudrait s’aligner du côté de la majorité des camerounais qui pensent que, comme Ahidjo en 1982 ou Senghor au Sénégal en 1981, le président camerounais doit se retirer après 29 ans de bons et loyaux services afin céder pacifiquement le pouvoir à un autre digne fils Camerounais. D’autant plus que ceux qui soutiennent ce scénario pensent que c’est la seule façon d’assurer aujourd’hui une transition pacifique au Cameroun. Ce serait aussi la manière idéale de montrer qu’après lui, son parti ne se déchera pas à cause du choix d’un successeur légitime. Car en politique, il n’y a pas de testament. La transition se fait qu’en on est encore vivant, ou plutôt qu’en on a encore le pourvoir d’arbitrer différentes ambitions.

C’est pourquoi on ose penser que comme Mandela, Senghor, Ahidjo, Alpha Oumar Konaré, Olusegun Obasanjo, pour ne citer que ceux là, Paul Biya aura à cœur l’avenir de son pays le Cameroun et qu’il cédera le pouvoir maintenant. En lieu et place d’un entêtement qui pourrait l’amener à finir comme Mobutu, Ben Ali ou même le cas le plus médiatisé actuellement que personne n’aimerait ici au pays, le procès de l’ex demi Dieu du Caire, Hosni Moubarak et certains de ses collaborateurs. À cela on ne peut que dire  simplement: «Quelle tragique fin!».
Désormais, il revient au Président Paul Biya de choisir comment il veut quitter la politique et comment il veut rester dans l’histoire de notre pays. Chaque chose ayant une fin qui peut être joyeuse ou dramatique. On peut croire que de sa retraite actuelle et le silence qu’il observe depuis quelques semaines lui donnent l’occasion de faire une bonne lecture de la situation sociopolitique camerounaise et de la nouvelle dynamique mondiale. On ne dira jamais assez, elle est explosive et n’attend que l’étincelle.

Comme le Cardinal Tumi, la Communauté Internationale et bons nombres de camerounais, épris de paix comme vous aussi, je l’exhorte à écouter son cœur et à chosir de partir maintenant à la Mandela. Et on pense que c’est ce qu’il va annoncer dans les prochains jours. Comme en 1982, de retour d’un long séjour en Europe, feu le Président Ahmadou Ahidjo dans une déclaration historique au poste nationale de la Radio Camerounais :

«Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes, j’ai décidé de démissionner de mes fonctions de Président de la République du Cameroun. Cette décision prendra effet le samedi 6 novembre à 10 h. En cette circonstance capitale, je voudrais du fond du cœur remercier toutes celles et tous ceux qui, depuis bientôt 25 ans, m’ont accordé leur confiance et apporté leur aide dans l’accomplissement de mes lourdes tâches à la tête de l’État. Je voudrais tout particulièrement remercier les militantes et les militants de notre grand Parti national, l’U.N.C. de leur soutien total, constant et inébranlable. « S’il reste beaucoup à faire dans la grande et longue œuvre de construction de notre cher et beau pays, nous avons ensemble accompli après l’indépendance, la Réunification et l’Unification, des progrès considérables dans tous les domaines. Notre pays dispose d’atouts importants. L’unité nationale consolidée, des ressources nombreuses, variées et complémentaires, une économie en expansion continue, des finances saines, une justice sociale en amélioration, une population laborieuse et une jeunesse dynamique, de solides et fructueuses relations d’amitié et de coopération en Afrique et dans le monde. « J’invite toutes les Camerounaises et tous les Camerounais à accorder, sans réserve, leur confiance et à apporter leur concours à mon successeur constitutionnel M. Paul Biya. Il mérite la confiance de tous, à l’intérieur et à l’extérieur ».

« Je vous exhorte à demeurer un peuple uni, patriote, travailleur, digne et respecté. « Je prie Dieu Tout-Puissant afin qu’il continue à assurer au peuple camerounais la protection et l’aide nécessaires à son développement dans la paix, l’unité et la Justice. « Vive le Cameroun ».

Voici que 30 ans après cette démission mémorable du 4 novembre 1982 annoncée au journal de 20 heures, aujourd’hui, la balle est plus que jamais dans le camp de Paul Biya.

Partir comme Mandela ou comme Moubarak? Paul Biya a son destin entre ses mains.

© icicemac.com : Martin Stéphane Fongang

Cameroun : Le profil du candidat du sous-developpement

Paul Biya, Président du Cameroun et candidat à sa propre succession

A 77 ans additionnés aux années retranchées par le colon de l’époque lorsqu’il a mal compté les dents, il croit incarner l’avenir du Cameroun. Un avenir qu’il a pourtant laissé loin derrière lui depuis des décennies. Et pourtant, il n’en démord pas. C’est lui et lui seul ; l’avenir du passé ; l’avenir du futur ; l’avenir de la pauvreté ; l’avenir du sous-développement ; l’avenir des jeunes. Il incarne tout. Un condensé de contradictions appauvrissantes que ce candidat du sous-développement ! Mais, comme on le dit, « il n’y a rien en face ». Donc, il peut prétendre incarner au crépuscule de sa vie, le Cameroun des 20 années à venir.

Peu importe. L’essentiel, c’est de faire l’affaire de l’homme blanc et s’assurer une stabilité politique. Dès lors qu’il peut compter sur une armée fidèlement corrompue, une police qui préfère l’injustice au désordre. C’est donc lui, le candidat de l’idéal antidémocratique.

Contre vents et marrées, il reste convaincu qu’il a le devoir de mourir avec le sceau de la République du Cameroun dans la poche. Et pourtant, il sait que ces choses portent malheur. Dans la culture bantu, les morts sont à la fois sacrés et sacrilèges. C’est pourquoi, il y a des choses qu’une dépouille ne touche pas. Les choses dont les vivants ont encore besoin. Il en est ainsi du sceau de la République, symbole de l’Autorité de l’Etat et du Pouvoir d’Etat. Mais le valeureux candidat, artificiellement maintenu en pleine forme, ne lâchera, pour rien au monde, ce qu’il a conquis de haute lutte : le Pouvoir.

Et il n’y a rien en face. Parce que de l’autre côté, dans l’opposition où la jeunesse appelle de tous ses vœux le changement, l’alternance démocratique et idéologique, espérant béatement qu’il y aurait un nouveau modèle économique pour amorcer une dynamique nouvelle de développement, il n’y a aucun leader qui incarne un idéal révolutionnaire.

Et ce n’est pas dans l’entourage immédiat du candidat du sous-développement qu’il faut chercher parmi ces jeunes loups, celui qui incarnera cet idéal révolutionnaire. Habitués aux bons soins du père fondateur devenu par la force des choses, le père propriétaire du Cameroun, la bouche sauvagement pleine, les oreilles fermées par la douce musique des caisses vidées de l’Etat, ils n’ont pas besoin d’entendre les pleurs maladroits d’une jeunesse en quête d’idéal et d’opportunités pour exprimer son potentiel. Eux, ce sont les fidèles collaborateurs. Les fidèles mangeurs aussi. Ils ont tous un sticker d’authentification sur l’âme, juste pour témoigner qu’ils sont sortis du laboratoire de la corruption, ce fameux truc qu’on appelle gouvernement. Il faut rassurer le receleur blanc. Quoi donc de plus normal qu’un sticker appelé poste ministériel.

Le gâchis, c’est surtout l’arme fatale de ce candidat. Dépenses inutiles, projets virtuels, réfection, et encore réfection puis, réhabilitation d’ouvrages et encore réhabilitation d’ouvrages. Un véritable programme de gouvernement du désespoir !

Mais que voulez-vous ? Il est le candidat du sous-développement. Au pouvoir depuis 29 ans, il a toujours le sentiment d’avoir oublié de faire l’essentiel. Mais jusqu’ici, il n’a pas encore trouvé quelle est cette chose essentielle pour le Camerounais : le Développement ! Alors, il veut tenter de nouveau sa chance. Briguer un autre mandat. Peut-être que cette fois-ci sera la bonne.

En attendant que l’inspiration lui vienne, l’espoir fout le camp sur toute l’étendue du territoire camerounais. Le développement aussi. Et cela s’appelle, incarner l’espoir du Cameroun. Mais que voulez-vous ? Nous avons affaire au Candidat du sous-développement.

Cependant, je suis tenté de demander au Camerounais, est-ce pour autant qu’il faut laisser ce pays dans l’ivresse du pouvoir gérontocratique ? Et si on tentait le coup de l’espoir, le coup du changement, le coup de la renaissance, le coup de la Révolution Permanente qui est en train de gagner toute l’Afrique ? Je crois, alors que l’heure du réveil a sonné pour toi Cameroun ! C’est pourquoi je viens de mettre pied à Douala, ville symbole du réveil révolutionnaire du Cameroun de demain. Et je dis : Cameroun berceau de la lutte anticoloniale, crie au monde entier, ta volonté irréversible de mettre à la retraite le Candidat du Sous-développement ! Ta patience a atteint ses limites !

A très bientôt.

Hassane Magued

Cameroun : Scandale au cœur de l’industrie de la banane

50 ans après les indépendances, de nombreux Hommes d’Etats africains sont encore complices du pillage de leurs pays  et de l’avilissement de leurs peuples. Au Cameroun, «  L’empire noir  de Bolloré », l’esclavagisme des temps modernes et le néocolonialisme se poursuivent avec la complicité des Hauts dignitaires du régime.

Les Plantations du Haut Penja (PHP),  premier producteur de bananes du pays (société  détenue à 60 % par la Compagnie fruitière, basée à Marseille, et près de 40 % par l’américain Dole et par des actionnaires privés camerounais)  sont accablés par de nombreux faits : accaparement des terres au détriment des paysans locaux, expropriations forcées, Mauvaises conditions de travail, licenciements abusifs,  absence de liberté syndicale, monnaie de singe pour des employés travaillant  plus de 14 h par jour…On se croirait encore à l’époque de l’esclavage.

D’autres part, les habitants se plaignent  de la pollution causée par les  pesticides et fongicides utilisées par la société, des produits pourtant interdits par l’UE (union européenne) pour leur danger sanitaire sont utilisés à Penja. Du fait des produits répandus par voie aérienne et des substances chimiques utilisées, on observe une recrudescence anormale des  cancers, maladies respiratoires,  dermatoses…

La richesse produite par PHP, ne bénéficie pas  aux habitants de Njombé, puisque les routes abimées par les camions de PHP sont dans de piteux états. Ces sociétés ne paient plus d’impôts depuis plus d’une vingtaine d’années.

Il est donc triste de Constater que certains camerounais ont préféré vendre leur pays, la santé de leurs concitoyens, la vie de leurs concitoyens contre des espèces sonnantes et trébuchantes.

La PHP a les responsables politiques, administratifs ou judiciaires de la région dans sa poche.
Les chefs  traditionnels, sous-préfet et préfet  sont gracieusement payés chaque mois pour garder le silence et calmer les ardeurs des populations locales. PHP compte ainsi parmi ses cadres des députés du parti au pouvoir(RDPC) et loue des terres appartenant à des hauts gradés de l’armée.la  PHP est membre de l’Association de la banane camerounaise, un lobby dirigé par un autre député du parti au pouvoir, beau-frère du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana.

Lequel n’est rien moins que le président du conseil d’administration de PHP, Un procureur de la république est habilement corrompu pour diligenter des simulacres de procès  et pour faire disparaître des preuves pouvant les accabler, des policiers corrompus sont coptés pour menacer  les éventuels témoins et pour saper leur moral .D’après le quotidien français Libération, le président Paul Biya, serait l’un des grands actionnaires de la société. En tout cas,  c’est PHP  qui s’occupent de ses plantations d’ananas dans son village de Mvomeka’a dans le sud du Cameroun. Un véritable scandale au cœur d’une république impliquant les plus hautes institutions de l’Etat : La présidence de la république, la primature, l’armée, le gouvernement, La justice, les préfectures, les chefferies traditionnelles…

C’est une affaire très délicate dans la mesure où qui s’y frotte s’y pique et y laisse sa peau. Le 26 avril dernier  l’avant-première du film La Banane du jeune réalisateur camerounais Franck Bieleu a été interdite. Ce film  dénonce les abus subis par les populations de Penja, Le film pointe aussi du doigt la pollution potentielle de l’environnement et de l’eau de rivière par des produits toxiques utilisés dans les plantations et les usines de PHP. Des journalistes français ont été récemment arrêtés alors qu’ils voulaient filmer des manifestations des citoyens expropriés par la SOSUCAM (Autre société transgressant les lois). Ces journalistes  avaient  pourtant reçu  l’autorisation du directeur national de la cinématographie, ce dernier sera démis de ses fonctions par la suite sans aucune forme de procès.

Comme quoi, il ne faut pas pointer son nez dans les affaires françafricaines  en république ‘’bananière’’.
Pour avoir osé dénoncer cette injustice, cet esclavagisme moderne, ce pillage du Cameroun avec la complicité de ses propres fils, l’ex Maire de Djombé Pendja, Paul Eric kinguè croupit aujourd’hui derrière les barreaux  et est accablé de complots montés de toute pièce visant à l’affaiblir et à l’éliminer.

Le directeur général de la PHP avait promis « avoir sa tête à coup de millions » et le directeur général de la SPM avait menace de « le faire assassiner ou emprisonner, après l’avoir fait déposer de ses charges de Maire». On voit bien que ces menaces ont été mises en exécution. «Ce scandale en république « Bananière » n’est que le cote visible de l’iceberg, tout le sommet de l’état est trempe dans de telles magouilles.» nous confiait un ancien directeur général d’une société d’état désormais privatisée.

Triste est de constater que les camerounais qui sont des champions pour apercevoir et combattre la franceafrique dans le pays des autres, feignent de ne pas l’apercevoir chez eux-mêmes, alors qu’elle s’y manifeste dans sa pernicieuse splendeur, avec la complicité des fils de la nation. 50 ans après l’indépendance, le néocolonialisme a encore de beaux jours devant lui. A Penja la banane a un gout amer.

Pour nous joindre

Contact: wakeupafrica1@yahoo.fr

Wake up Africa!

Source: Wake up Africa

Cameroun : Présidentielle 2011 – Doutes et incertitudes autour de la transparence électorale

Les contestations autour de l’organe en charge de l’organisation des élections ne douchent pas l’enthousiasme de ses dirigeants.

900.000 nouveaux inscrits. En plus des 4 millions d’électeurs déjà répertoriés dans le fichier que le ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation a difficilement transmis à Elections Cameroon, Elecam, c’est le nombre de Camerounais qui ont consenti, jusqu’ici, à faire partie du corps électoral dans la perspective de la présidentielle de 2011. Cette statistique divulguée par Elecam il y a quelques jours montre l’ampleur de la tâche qui est celle de cet organisme, qui ambitionne de constituer un fichier de 9 millions d’électeurs avant août prochain, si l’on suppose que la consultation électorale devant conduire au choix de celui qui présidera aux destinées du Cameroun est théoriquement prévue pour octobre prochain.

Mais loin de l’ambition herculéenne d’inscrire 5 millions de nouveaux électeurs (en plus des 4 millions recensés dans le fichier transmis par le Minatd), Elecam devrait d’abord gagner le pari de la crédibilité, tant les critiques fusent de partout, depuis sa mise en place, non seulement sur la constitution de son conseil électoral, mais aussi sur son indépendance structurelle vis-à-vis du Minadt, ancien manitou très contesté des consultations électorales au Cameroun.

D’abord la constitution du conseil électoral. Hormis le fait que trône à sa tête un certain Samuel Fonkam Azu’u dont le nom a été cité dans une histoire d’immigration clandestine vers les Etats-Unis au lendemain de sa nomination comme président du conseil électoral d’Elecam, aussi bien la société civile que les partis politiques de l’opposition continuent de dénoncer avec véhémence la désignation d’anciens caciques du parti au pouvoir au sein de cette structure que le Rdpc a préféré à la commission nationale électorale indépendante réclamée par l’opposition depuis belle lurette. Pour montrer leur détermination à contester la partialité d’Elecam, certains partis politiques tels que le Sdf n’ont d’ailleurs pas hésité à saisir les juridictions du pays pour réclamer la substitution des membres du conseil électoral.

Quid de l’indépendance d’Elecam vis à vis du Minatd? La polémique a repris du poil de la bête au terme de la modification de la loi portant création d’Elecam, avant même que cet organisme ne passe son galop d’essai qu’est la prochaine élection présidentielle. En effet, en 2010, l’assemblée nationale du Cameroun a voté une loi modifiant celle organisant le fonctionnement d’Elecam, afin d’impliquer à nouveau le ministère de l’administration territoriale dans l’organisation des élections au Cameroun. Argument pris de ce que cette administration dont le rôle a toujours été décrié dans les fraudes ayant émaillé les consultations électorales au Cameroun, dispose d’une meilleure connaissance du processus et d’une meilleure couverture du territoire.

L’émoi que cette rentrée en force du Minatd dans le processus électoral a suscité, tant au sein de l’opinion publique que des partis politiques de l’opposition, n’a point ému la classe gouvernante. Idem pour la direction générale d’Elecam, qui continue de clamer que l’organe désormais en charge de l’organisation des consultations électorales au Cameroun ne sera l’otage d’aucun groupe de pression. Une promesse dont on ne tardera pas à se rendre compte qu’elle a été respectée ou alors qu’elle relève simplement de paroles en l’air. Le mois d’octobre étant si proche.

© Mutations : Brice R. Mbodiam, lvdpg.com

Ne critique pas Paul Biya Tu risques un assassinat

Je suis maintenant convaincu qu’il n’y a pas de démocratie en Afrique et qu’il n’y en n’aura jamais si les dictateurs comme Sassou, Paul Biya, Ali Bongo, Faure Gnassigbé. Compaoré, Idriss Deby, Bozizé ne dégageaient pas. Lorsque les libertés d’expression sont bafouées par des canards boiteux, comment voulez-vous qu’on puisse parler de la démocratie en Afrique?

Les frères pro-biya du Cameroun nous le démontrent déjà. Car pour eux, critiquer Paul Biya, c’est un crime. Il faut voir avec quelle agressivité les soldats camerounais répriment les populations civiles aux mains nues à Douala, et ailleurs! (c’est le cas actuellement au Bénin).

Le régime dictatorial de Paul Biya ne respecte pas les principes de droits de l’homme au Cameroun. Ces crimes ne sont pas dénoncés par Sarkozy et son gouvernement. Quel horreur! L’opposition camerounaise est phagocytée par un régime criminel; et dictatorial. Que l’on mène des enquêtes.

Plus grave encore, certains pro-Biya vivant en occident menacent de mort, tous ceux qui critiquent le régime sanguinaire de Paul Biya. Nous avons côtoyé certains jeunes camerounais qui en parlent en catimini, question de ne pas être remarqué. Vous comprendrez que même ici en occident, lorsque des citoyens camerounais parlent en cachette, cela veut dire que c’est très grave! Certains disent que les ambassades ont également leurs antennes dans les rues des villes occidentales pour mieux regarder les opposants.

La vérité est toujours la vérité. C’est un problème d’éducation pour certains pro-biya de se comporter en véritables criminels dans le monde. Mais, ce que ces individus oublient, c’est que malheureusement, l’occident n’est pas le Cameroun. Cette haine barbare qui fait que l’on profère des menaces mêmes à moi militant de droit de l’homme, parce que je critique dans mes articles le dictateur Paul Biya président du Cameroun, cela risque de ternir l’image de ce beau pays qui a le plus grand nombre d’intellectuels de haute qualité en Afrique et dans le monde. Un jeune espion camerounais a fini même se faire avoir en écopant une expulsion.

Je n’y croyais pas. Je le crois maintenant. Je ne croyais pas que des individus ratés se proclamant pro-Biya en occident, pouvaient autant, sans même se brosser les dents, proférer des menaces de mort à celui qui critique un dictateur. Oui, qui peut oublier que Paul Biya est un dictateur au Cameroun? Quel courage dans la honte! Quelle honte enveloppée de courage! Je vois certains toujours avec une bouille tendue de haine comme s’ils avaient un problème particulier qui les turlupine.

La vérité c’est encore de la vérité. Si les peuples Africains eux-mêmes ne prenaient pas l’engagement de critiquer des régimes dictatoriaux, lesquels viendront le faire à leur place? Si un Noir complote avec un Blanc pour tuer un autre Noir : qui est le plus idiot?

Est-ce que c’est le Blanc ou le Noir? Répondez chers messieurs!

Les peuples d’Afrique centrale sont des peuples les plus divisés au monde. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire est moins grave et en Afrique de l’ouest. En Afrique de l’Ouest, une fois que les gens aient trouvé des solutions sur un problème, les rancœurs s’effacent, les gens circulent. Or en Afrique centrale, ce n’est pas le cas.

Un congolais de Brazzaville est l’ennemi juré d’un Gabonais, un Camerounais est l’ennemi juré d’un centrafricain, un Gabonais est l’ennemi juré d’un Equato-Guinéen et vice versa. Les raisons, il faut les trouver dans le fétichisme, les croyances démoniaques emballées dans des considérations ethniques et religieuses.

La bible à la main en faisant semblant de fureter des chapitres et de versets, mais au fond du cœur, l’homme est au service des réseaux démoniaques. De même les femmes, elles passent des veillées de prières uniquement pour avoir un mari blanc. Je ne vous dis que la vérité. De tels comportements rétrogrades prouvent bien que certaines femmes d’Afrique centrale n’ont aucune éducation et c’est cette gangue qui a endoctriné toutes les jeunes filles déroutées qui ont fini par abandonner l’école.

Je vais prendre l’exemple du Cameroun pour deux raisons. Un pays si beau, si riche, mais que la corruption a gangrené. Quel est la cause de cette corruption?

La première cause c’est Paul Biya, ce monsieur et son ethnie qui colonisent le Cameroun depuis des décennies.

Si cela n’est pas la vérité, vous la retrouverez toujours cette vérité. Lorsqu’on demande à Paul Biya pourquoi le Cameroun baigne-t-il dans la corruption, comme un bébé gâté, le président camerounais ne prend pas de la peine de convaincre dans ses réponses. Ensuite, ses partisans ethniques passent rapidement aux menaces. Oui, de graves menaces. Les camerounais sont dans une prison à ciel ouvert à cause de Paul Biya. Sarkozy a sûrement des yeux fermés qui l’empêchent de bien distinguer Paul Biya à Laurent Gbagbo, le défenseur des intérêts de l’Afrique.
Disons que tous les pays occidentaux, tant qu’ils tirent des gros intérêts au Cameroun, ils ont des yeux fermés devant une dictature dure, mûre et pure, pratiquée par Paul Biya. En ma qualité de militant de défense des droits de l’homme, ajouté à cela mon rôle d’analyste politique des pays d’Afrique centrale, la famille Biya peut faire des menaces de morts à tout le monde, moi, je n’ai rien à cirer. Il est grand temps de sauver le peuple camerounais des griffes d’un tyran.

Une révélation qui nous a été faite il y’a quelques mois, parmi les personnes qui voyagent dans le monde occidental en provenance du Cameroun, dans le lot, vous trouverez des flics parfois déguisés en pasteurs, des jeteurs des sorts, des charlatans, des magiciens, des marabouts qui viennent chasser leurs compatriotes camerounais de l’opposition qui combattent contre Paul Biya le dictateur. Il y’a même des hommes du pouvoir inscrits dans les universités pour contrôler les activités de tous ceux qui critiquent le régime biya. De véritables flics. La vérité, c’est déjà la vérité. (Sources : ce sont des jeunes camerounais qui en parlent).

Ces gens porteurs de deuil, pensent qu’on ne les connaît pas.

Dites-moi chers messieurs : Paul Biya est un président qui viendrait du ciel? Non, c’est la somme d’élucubrations qui caractérisent l’homme noir, une fois placé à un certain niveau des responsabilités.
Le crime : là aussi, je dis la vérité, rien que la vérité.

Un jeune Camerounais et, pour sa sécurité, je tais son nom, dans une causerie amicale après que j’aie fini d’animer une conférence sur l’excision en Afrique, il me dit :

«Gervais, moi je te connais bien. Tu es actif sur des questions de défense des droits de l’homme, je te prie d’écrire un article sur ce qui se passe dans mon pays le Cameroun, à condition de ne pas citer mon nom…». Ce dernier m’a donné des repères avec mes propres recherches, j’ai vite compris qu’il y’a des choses bien réelles.

Plus loin, il m’a parlé de la situation politique de son pays en me citant tant d’exemples.
Je lui ai demandé, mais : « mon cher frère, votre pays le Cameroun est en paix, ce n’est pas comme le mien ou il y’a eu plusieurs guerres civiles accompagnées de centaines de milliers de morts!».
Mon frère Camerounais me regarde, puis, il ajoute des propos durs en maugréant : «Gervais, tu vois bien qu’il y’a des Camerounais pro-biya qui débarquent en occident, mais attention! Même le cardinal Tumi est emmerdé au Cameroun.

Par ailleurs, parmi nous, il y’a des agents du mal que le pouvoir de Biya envoie pour nous filer ici en occident. Ils suivent tout à la lettre, ils regardent les gens que nous abordons, les choses que nous avançons en critiquant le président Biya. Ils font de fiches et une fois que nous allons rentrer au Cameroun après les études, nous risquons d’avoir des difficultés pour trouver du travail…». Eh oui! Là, je l’ai compris, car, je connais des amis camerounais à Montréal qui ont juré ne pas repartir au Cameroun tant que Paul Biya Bi Mvondo y règne encore.
Et, j’ai secoué la tête en lui disant : mais, n’est-ce pas nous sommes en démocratie?

Puisque tout le monde peut sagement lire des dérives de biya, selon des occasions, puisque tout le monde peut regarder comment la brise vous chatouille, la peau, selon la sensation dont on fait l’objet. J’ai rencontré un autre jeune camerounais dont le regard a effleuré le mien, je constatais quelque chose d’étrange dans sa manière de marquer le pas. Il m’a dit qu’il est étudiant, ensuite, il m’a dit qu’il habite sur le campus. Il m’a encore dit qu’il est là depuis quelques noix de coco de temps, car il venait droit de son pays.

Belle hommage pour celui qui vient du continent, notre beau continent qui aime les gens et dont les gens aiment autant. Mon cher étudiant me demande quel est mon nom. Je lui dis soyez le bienvenu, moi on m’appelle Gervais Mboumba, tout en lui expliquant que Mboumba, selon ma coutume, c’est la sirène des montagnes capable de faire du bien et rendre de bons services à l’humanité. Je n’ai même pas eu de la peine à lui demander son nom. Il me lâche sans tarder : qu’il est étudiant en sciences po et qu’il s’appelle Nicol. Point barre.
On a sympathisé, puis, comme dans mes habitudes, je lui ai offert mes amitiés légendaires. Puis, je lui ai demandé, connais-tu Mbia, cette fois-ci c’est le nom d’une fille. Il ne m’a pas compris pourquoi j’ai posé une telle question. Pour moi, c’est une référence pour une habituée fille qui joue le même rôle de flicaille tropicale en occident, selon qu’un autre camerounais m’ait donné l’information, en me disant : «Gervais, avec une telle fille fais attention».
J’avais tout compris. Mais, je lui ai aussi dit que je m’en tape, je continue de faire la défense des droits de l’homme. Il faut que les gens de tous les pays nous comprennent. C’est l’unique combat noble dans la vie. Défendre les causes justes.

Nicol ne dit rien. Un jour, je me suis rappelé d’un autre camerounais qui a étudié quelque part, une fois rentré au Cameroun, à son retour à Montréal, il est décédé mystérieusement.
On a simplement dit qu’il est mort de mort naturelle.

Un autre jour, le jeune étudiant qui me félicita pour mon engagement dans la défense des droits de l’homme, crut bonde me revoir. On s’est salué. Deux bonnes patates douces de minutes avaient-elles suffit pour que je regarde passer le fameux Nicol. Ainsi, je l’appelai et il répondit gentiment à ma demande. Ensuite, lorsque je l’ai invité de manière à le présenter auprès de son compatriote camerounais, comme font des ivoiriens et des Maliens de l’étranger, question de raffermir leur unité en tant que compatriotes venus de loin. Nicol le camerounais, m’expédie un niet surprenant en refusant de se parler avec son frère originaire du même pays. Que craignait-il?

Je le rassure en lui disant : «ne te fait pas de mal, c’est un jeune camerounais doctorant, il est très aimable, en plus, c’est un croyant. Puis Nicol, me rétorque sans ménagement : «Bien qu’il soit croyant, alors! Moi je vais le voir pourquoi?» «Il ne me connaît pas, moi, je ne le connais pas».
Je lui dis : « oui, voilà l’occasion pour vous faire la connaissance! ».

Nicol prit l’option fatale, celle de me quitter brusquement. Il est parti vers un jeune Gabonais venant d’Ottawa la capitale du Canada. Ils semblent soupçonnés par des jeunes camerounais. Leurs distances inquiétaient d’autres camerounais. Je fus surpris du comportement de Nicol. Je commençai à aiguiser mon sixième sens, comme cela se dit chez mes jeunes frères congolais d’à peine 16 ans.

Nicol arrive à nouveau, je commençai à rigoler car, parfois le rire, c’est nettoyer le système nerveux, selon la parole de ma grand-mère qui était décédée depuis 1967. Nicol me brandit une information, en me disant qu’il venait de finir sa session, il va s’en aller. Je lui demande, mais : «tu as terminé pour de bon?» Il me dit qu’il avait déjà eu du boulot, ensuite, il me brandit la carte professionnelle de la douane, je l’ai encouragé. Ensuite, je lui dis dans quel service travailles-tu? Il n’a pas répondu.

Je lui demande : «Pourquoi tu m’as menti que tu vis sur le campus, alors que tu vis à Montréal?». Il me dit : « comment l’as-tu su?».

Je lui dis : «c’est celui qui était avec toi hier dans la ville de Montréal qui me l’a dit». Il me demande : «qui était avec moi à Montréal?». J’ai ris car son air était grave puisqu’il me trouva étrange de le dénicher d’une manière inattendue. Je lui ai dit que : «tu as un ami au nom de Patrick». Je lui ai encore dit que : «tu as mangé hier avec lui, accompagné d’une personne de race blanche au nom de Ricky».

Lorsque j’ai dit tout ça, J’ai vu Carol en bain de sueur. Il ne comprenait pas, il n’en revenait pas. Il me posa la question de savoir : « comment peux-tu être au courant de mes relations, même sur les moindres détails, sur les choses que j’ai faites, alors que tu n’étais pas avec moi?». J’ai encore ri, en lui disant que le monde est petit.

Les jours suivants, carol a disparu.

Je suis allé voir le premier camerounais, c’est-à-dire, l’étudiant au doctorat qui m’avait chargé d’écrire un article sur le régime de Biya au Cameroun. Je lui ai fait le compte rendu de la conversation que j’ai eue avec Carol le flic camerounais. Ce jeune doctorant me dit à nouveau qu’ils sont nombreux au Canada, en France, aux États-Unis, les pro-biya et leur rôle qui est surveiller les autres camerounais de l’opposition. Surtout à la veille d’une élection.

-Finalement : je me demande si certains Camerounais pro-biya, peuvent savoir quel est le danger qu’ils peuvent provoquer un jour en occident avec de tels comportements?
-Est-ce que de tels individus peuvent mesurer les graves conséquences à long terme sur eux-mêmes et sur d’autres personnes non-originaires du Cameroun?

-Nombreux sont des africains qui se permettent tout, sans lire leur propre avenir.
-D’autres promettent la mort à cause des fesses des femmes, comme si cela était une préoccupation.
-Si celui qui promet tuer son prochain croit qu’il est le premier homme que Dieu a créé sur terre, et qui continue de vivre, il faut que ce dernier nous dise s’il ne mourra pas.
-Est-ce que critiquer un dictateur comme Paul Biya, est un crime?
-Pour qui se prennent certains pro-biya du Cameroun?

-Est-ce que c’est un mensonge par rapport à la dictature de Biya qui se vit et sévi au Cameroun et qui soumet un peuple intelligent et bien cultivé dans une prison à ciel ouvert?
À tous les criminels pro-biya venus du Cameroun, pour ma part, si vous voulez que je vous donne toutes mes adresses, je vais vous les donner. je vous invite de passer me voir, Je suis celui qui critique Paul Biya pour une raison claire : Biya s’est accaparé du pouvoir en pillant son pays. Je connais certains jeunes pro-biya qui menacent tout le monde. Et, j’ai reçu des menaces de mort. Nous n’allons pas nous arrêter là. Prenez même mes nombreuses photos sur la toile, j’en ai à chier.

Mais, ne me dites pas que Paul Biya n’est pas dictateur, auquel cas, vous serez ridiculisés devant l’histoire.

Par définition, un dictateur c’est celui qui passe trop du temps au pouvoir en abusant de son peuple. Si Vous commettez un crime sur moi, Je deviendrai un héros comme Lumumba, comme Thomas Sankara, comme Marien Ngouabi, comme Félix Mumié, mort par poison à Genève. Une journaliste camerounaise, une autre au Canada m’avaient déjà envoyé des emails quelque peu désobligeants. Ce sont des pièces à conviction que je publierai bientôt.
Un conseil : après m’avoir tué, mon corps sera bien mangé par vous, commencez à me manger par la tête. C’est par là qu’il y’a toute mon intelligence. Ensuite mangez également mon nombril, vous serez en bonne santé. Ne jetez pas mes dents, s’il vous plait, ce sont les plus belles dents au monde. Ensuite, je vous dirais de jeter mes cheveux dans la mer, ce n’est pas une pollution, mais mes cheveux ont été travaillés par Dieu pour bénir les poissons.

Gervais Mboumba, militant des droits de l’homme