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Côte d’Ivoire : Déclaration de Paul Yao N’dré qui proclame Ouattara président de la République

Nous vous livrons le texte intégral de la déclaration du Professeur Yao N’dré président du Conseil Constitutionnel ivoirien.

Décision n° Ci 2011- 036 du 4 mai du Conseil constitutionnel, le Secrétariat général portant proclamation de M. Alassane Ouattara en qualité de président de la République de Côte d’Ivoire.

Au nom du peuple de Côte d`Ivoire, le Conseil constitutionnel

Vu la loi n° 2000- 513 du 1er août 2000 portant constitution de la République de Côte d`Ivoire

Vu la loi 2000- 514 du 1er Août 2000 portant code électoral

Vu la loi n° 2001- 301 du 5 juin 2001 déterminant l`organisation et le fonctionnement du conseil Constitutionnel

Vu la décision n° 2005- 01 Pr du 5mai 2005 rélative à la désignation à titre exceptionnel des candidats à l`élection présidentielle d`octobre 2005

Vu la décision n° 2008- 15 /Pr du 14 avril 2008 portant modalité spéciale d`ajustement au code électoral

Vu la décision 2008- 133 du 14 avril 2008 portant ajustement au code électoral

Vu le décret n° 2010- 207 du 5 août 2010 portant convocation du collège électoral de la République de Côte d`Ivoire en vue de l`élection du président de la République de Côte d`Ivoire

Vu les procès verbaux de dépouillement des votes et autres pièces annexées transmis par la Commission électorale indépendante et réceptionnés par le Secrétariat général du Conseil constitutionnel les 30 novembre et 1er décembre 2010

Vu les résultats provisoires du deuxième tour de l`élection présidentielle proclamé par la Commission électorale indépendante le 2 décembre 2010

Vu la décision du conseil n° 2010 Ep 104 du 3 décembre du conseil constitutionnel, Secrétariat général en date du 3 décembre 2010

Vu le communiqué du Conseil de paix et de sécurité de l`Union africaine en sa 265e réunion du 10 mars 2011

ouï mesdames et messieurs en leur rapport

Considérant qu`au terme des articles 32 et 94 de la Constitution, le Conseil constitutionnel contrôle la régularité des opérations du président de la République, statue sur les contestations y relatives et en proclame les résultats définitifs

Considérant que, conformément à l`article 59 du code électoral nouveau du code électoral, la Commission électorale indépendante a, le 2 décembre 2010, proclamé les résultats provisoires du second tour du scrutin et désignait M. Alassane Ouattara vainqueur dudit scrutin

Considérant que le 3 décembre 2010, par décision n° CI 2010- EP 340312 Cc sg, le Conseil constitutionnel a proclamé les résultats définitifs du scrutin présidentiel du 28 décembre 2010 et désigné M. Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d`Ivoire

Considérant en outre que le 3 décembre 2010, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d`Ivoire a certifié les résultats provisoires du second tour de l`élection présidentielle tels que proclamés par le président de la Commission électorale indépendante le 2 décembre 2010 désignant M. Alassane Ouattara vainqueur de l`élection présidentielle
Considérant que suite à ces proclamations contraires, une crise post- électorale s`est élevée sur les résultats du scrutin du 28 novembre 2010

Considérant qu`en raison de la gravité de cette crise, la Communauté économique des Etats de l`Afrique de l`ouest(Cedeao) s`est saisie du dossier ivoirien et a décidé entre autres, qu`au vu des éléments en sa possession, M. Alassane Ouattara devrait être considéré comme le président élu de Côte d`Ivoire

Considérant qu`à la suite de la Cedeao, l`Union africaine s`est, à son tour, saisi du dossier ivoirien

Considérant que la Côte d`Ivoire est membre fondateur de l`Organisation de l`unité africaine depuis 1963 devenue l`Union africaine en 2000

Considérant que les normes et dispositions internationales acceptées par les organes nationaux compétents ont une autorité supérieure à celle des lois et aux décisions juridictionnelles internes sous réserve de leur application par l`autre partie

Considérant que lors de sa 259e réunion, le Conseil de paix et de sécurité tenu le 28 janvier 2011 à Addis-Abéba (Ethiopie), l`Union africaine a décidé de la mise en place d`un groupe de haut niveau présidé par le président de la République islamique de la Mauritanie et comprenant les chefs d`Etat d`Afrique du sud, du Burkina Faso de la Tanzanie et du Tchad

Considérant que ce groupe de haut niveau avait pour mission d`évaluer la situation en Côte d`Ivoire et de formuler sur la base de décisions pertinentes de l`Union africaine et de la Communauté économique des Etats de l`Afrique de l`ouest, une solution politique qui sera contraignante pour toutes les parties ivoiriennes

Qu`ainsi, lors de sa 259e réunion, le 10 mars 2011, le Conseil de paix et de sécurité de l`Union africaine a entériné les résultats des travaux et investigations du groupe de haut niveau qui a réaffirmé la victoire de M. Alassane Ouattara au scrutin du 28 novembre 2010 et demandé le départ de M. Laurent Gbagbo

Considérant qu`il convient de rappeler qu`au terme du paragraphe 6 de la 259e réunion susvisée que les conclusions du groupe de haut niveau de l`Union africaine seront contraignantes pour toutes les parties ivoiriennes avec lesquelles elles auront été négociées

Considérant que le Conseil de paix et de sécurité en sa 270e réunion tenue le 5 avril 2011 a reconduit les précédentes décisions sur la Côte d`Ivoire, à savoir, celles issues de sa 259e et 265e réunions tenues respectivement les 28 janvier et 10 mars 2011 et reconnu M. Alassane Ouattara comme le président de la République de Côte d`Ivoire

Décide :

Article 1er : le Conseil constitutionnel fait siennes les décisions du Conseil de paix et de sécurité de l`Union africaine sur le règlement de la crise en Côte d`Ivoire

Article 2 : proclame M. Alassane Ouattara président de la République de Côte d`Ivoire

Article 3 : en raison des circonstances exceptionnelles, le Conseil constitutionnel, prend acte des décisions prises par M Alassane Ouattara, président de la République de Côte d`Ivoire et les déclare valides. Le Conseil constitutionnel invite le président Alassane Ouattara à prêter serment en audience solennelle dans les meilleurs délais

Article 4 : toutes décisions contraires à la présente sont nulles et de nul effet

Article 5 : la présente décision sera affichée et publiée au Journal officiel de Côte d`Ivoire

Délibéré du Conseil constitutionnel en sa séance du 4 mai 2011

Je vous remercie.

Paul Yao N’dré

Président du Conseil constitutionnel

Cote d’Ivoire : En clair Yao N’Dré a donc entériné le coup d’Etat…

Le président du Conseil constitutionnel ivoirien, Paul Yao N’Dré, a déclaré officiellement Alassane Ouattara président de la République de Côte d’Ivoire. Cinq mois après avoir investi son rival Laurent Gbagbo. A peine l’information annoncée, le célèbre professeur de droit public fait l’objet d’un certain nombre de commentaires. Quasiment tous désobligeants. Les pro-Ouattara considèrent que Yao N’Dré a enfin accepté d’entériner « la vérité des urnes » après des milliers de morts, tandis que les pro-Gbagbo tancent un « Judas », qui s’est dédit.

Mon analyse est que Paul Yao N’Dré ne s’est pas dédit, qu’il a produit un arrêt « politique » (comme cela arrive souvent aux juridictions suprêmes quand la réalité offre des situations institutionnelles inédites), et qu’il a tenté d’opérer une remise en selle de son institution.

Yao N’Dré n’a pas remis en cause son arbitrage du 3 décembre dernier, qui donnait Laurent Gbagbo vainqueur de la présidentielle après prise en compte de ses réclamations, concernant des irrégularités observées dans le nord contrôlée par la rébellion pro-Ouattara. Yao N’Dré ne dit pas que Ouattara a gagné, mais qu’il doit être investi au nom de ce qu’il faut bien appeler un diktat international. L’Histoire le retiendra. Extraits d’une dépêche de l’AFP.

« Le Conseil constitutionnel a proclamé M. Ouattara président après avoir « fait siennes » les décisions « contraignantes » prises par l`Union africaine (UA) qui avait reconnu M. Ouattara comme nouveau président et pressait M. Gbagbo de partir, a déclaré M. Yao N`Dré, en lisant la décision du Conseil.

Dans sa décision, le Conseil précise également que la Côte d`Ivoire étant membre de l`UA, « les normes et dispositions internationales acceptées par les organes nationaux compétents ont une autorité supérieure à celles des lois et décisions juridictionnelles internes ».

Yao N’Dré produit un arrêt politique, donc. Si l’on regarde la Constitution de près, cet arrêt devrait être validé par l’Assemblée nationale, qui doit le transformer en loi. Extraits de la Constitution ivoirienne.

« Article 85

Les Traités de paix, les Traités ou Accords relatifs à l’organisation internationale, ceux qui modifient les lois internes de l’État ne peuvent être ratifiés qu’à la suite d’une loi.

Article 86

Si le Conseil constitutionnel, saisi par le Président de la République, ou par le Président de l’Assemblée nationale ou par un quart au moins des députés, a déclaré qu’un engagement international comporte une clause contraire à la Constitution, l’autorisation de le ratifier ne peut intervenir qu’après la révision de la Constitution

Article 87

Les Traités ou Accords régulièrement ratifiés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque Traité ou Accord, de son application par l’autre partie. »
A priori, si le Conseil constitutionnel va jusqu’au bout de sa logique, l’Assemblée nationale devrait endosser ce « traité international ». Ce qui permettra de la remettre
en selle, elle aussi. Et surtout d’empêcher la mise en place d’une transition, d’un Etat d’exception permettant à Ouattara de poser les bases d’un Etat RDR, d’un simili parti unique comme ceux que l’on retrouve dans tous les pays phares de ce que l’on appelle, aujourd’hui encore, la Françafrique.

Ce projet contre-révolutionnaire est partagé à la fois par Ouattara et par la France officielle, qui n’a pas chassé le nationalisme ivoirien par la porte (l’éviction brutale de Gbagbo) pour qu’il revienne par la fenêtre (les futures élections législatives, par exemple). Cette stratégie sera-t-elle efficace ? Possible, mais il est permis d’en douter ; tant la force brute des milices de Soro et le soutien inconditionnel de « la communauté internationale » donnent libre cours à « la volonté de puissance » de Ouattara.

La décision du Conseil constitutionnel appelle quelques questions. Si Ouattara devient officiellement président maintenant, que valent les décisions et actions qu’il a prises jusque là ? Et surtout, qui était président jusque là ? La réponse à cette question est forcément « Laurent Gbagbo », ce qui implique que les procédures judiciaires qui le touchent en ce moment sont nulles. Extraits de la Constitution, qui indiquent également que les ministres du gouvernement Gbagbo ne sauraient être poursuivis par des juridictions ordinaires.

Article 108

La Haute Cour de Justice est composée de députés que l’Assemblée nationale élit en son sein, dès la première session de la législature. Elle est présidée par le Président de la Cour de Cassation.

Une loi organique détermine le nombre de ses membres, ses attributions et les règles de son fonctionnement ainsi que la procédure suivie devant elle.

Article 109

Le Président de la République n’est responsable des actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions et traduit devant la Haute Cour de Justice qu’en cas de haute trahison.

Article 110

La Haute Cour de Justice est compétente pour juger les membres du Gouvernement à raison des faits qualifiés crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

Article 111

La mise en accusation du Président de la République et des membres du Gouvernement est votée au scrutin secret, par l’Assemblée nationale à la majorité des 2/3 pour le Président de la République, et à la majorité absolue pour les membres du Gouvernement.

Article 112

La Haute Cour de Justice est liée par la définition des crimes et délits et par la détermination peines résultant des lois pénales en vigueur à l’époque des faits compris dans les poursuites.

Si l’on reste dans un cadre constitutionnel, Simone Gbagbo ne devrait pas non plus être mise aux arrêts, en raison de son immunité parlementaire. Extraits de la Constitution.

« Article 67

Aucun député ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou des votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions.

Article 68

Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle qu’avec l’autorisation de l’Assemblée nationale, sauf le cas de flagrant délit.

Aucun député ne peut, hors session, être arrêté qu’avec l’autorisation du Bureau de l’Assemblée nationale, sauf les cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnations définitives. »

Au-delà de toutes ces considérations immédiates, l’arrêt de Yao N’Dré se pliant à une décision de l’Union africaine, après une défaite militaire de l’Etat de Côte d’Ivoire face à la France et à l’ONU, doit nous pousser à nous interroger sur la valeur de l’indépendance de ce pays, cinquante ans après les indépendances.

Car il est évident que l’Union européenne ne peut imposer, ou aider à imposer, un président à un de ses Etats membres. Comment, à cause de qui, en raison de quelles faiblesses structurelles, la Côte d’Ivoire a-t-elle été progressivement dépouillée de tout ce qui faisait sa souveraineté ? Et comment peut-elle la retrouver ? Le débat est ouvert.

l’analyse de Théophile Kouamouo

Lettre ouverte au Pr Paul Yao N’dre Président du Conseil Constitutionnel de Cote d’Ivoire

Monsieur le Président

Votre proclamation de Monsieur Alassane Dramane Ouattara vainqueur aux élections de 2010 me laisse perplexe sur le devenir des institutions en Cote d’Ivoire. Je me demande comment le même Président du Conseil Constitutionnel Ivoirien  peut se dédire en quelque mois après avoir pris une décision ?

Monsieur le président , après avoir déclaré et investi le Candidat Laurent Gbagbo Président de la République de Cote d’Ivoire (art 34 et 94 const) , vous aviez fait l’objet de critiques acerbes. Certains ont préconisé de nouvelles élections dans les zones contrôlées par les rebelles  conformément à l’article 64 du code électorale ignorant que les conditions ne permettaient la reprise des élections parce que dans ces zones, il n’y a pas eu de désarmement (Accord de Ouagadougou de 2007) . Cette décision qui aurait du faire jurisprudence en Afrique,  en ce sens qu’elle écarterait l’usage de la force des armes pour accéder à la magistrature suprême, a été écartée par la France et les Etats-Unis d’Amérique parce qu’ils avaient déjà préparé leur « pion ».  Ils ont au mépris de la Constitution  Ivoirienne et de nos institutions déclaré la guerre à la Cote d’Ivoire. Et comme on peut s’y attendre le  bilan est aux yeux de tous : 72000 personnes tuées, 123 villages détruits, 24 villes incendiées, le Président Laurent Gbagbo, et sa famille arrêtés et humiliés, ses proches tués , et imposition du gouverneur français  ADO en Cote D’Ivoire.  Mais voilà que  deux semaines plus tard, on vous appelle pour venir investir Monsieur ADO., c’est-à-dire, venir vous dédire. Monsieur le Président qu’est ce qu’ils vous ont donné ou promis ? J’ai pu lire sur abidjan.net « les institutions doivent fonctionner » Et bien les institutions fonctionnent si les personnes qui les incarnent ces institutions sont cohérents et irréprochables. La politique est une appréciation de la réalité du moment dixit Fologo,  mais moi je dis, la politique c’est le sens de responsabilité, l’étique, et la cohérence entre ce qu’on dit et ce qu’on fait.

Monsieur le président, lorsque votre personne jette une ombre de nature à discréditer l’institution que vous dirigez, il vaut mieux rendre sa démission car j’observe que les hommes passent mais les Institutions restent. Nous avons aujourd’hui besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts dixit Barak Obama. Et en cela qu’on le veille ou pas Gbagbo est un exemple lorsqu’il dit :  « sur la souveraineté de la Cote d’Ivoire je ne négocie pas ».
Monsieur  le Président ne légalisez pas le coup d’état de la France en Cote d’Ivoire, rendez votre démission et sortez grandi. La cote d’ivoire est en train d’écrire son histoire et elle vous sera reconnaissante.

En espérant que la présente retienne votre attention je vous prier d’agréer Monsieur le Président d’expression des mes sentiments distingués.

Dr Coff Michel D  Economiste

Master in Peacekeeping and security Studies

Email. djico76@libero.it

Cote d’Ivoire : Paul Yao N’Dré reçu par Allassane Ouattara, investiture en Mai

Alassane Ouattara, Président installé par la communauté internationale, a reçu jeudi soir à Abidjan le président du Conseil constitutionnel, qui avait proclamé Laurent Gbagbo réélu après le scrutin de novembre 2010,selon des informations provenant du Golf hôtel.

Alassane Ouattara a reçu durant environ trois quarts d’heure le président du conseil constitutionnel à son QG du Golf hôtel d`Abidjan.

« Nous sommes tous responsables de ce qui est arrivé: le président actuel, le président parti, (Laurent Gbagbo), les citoyens, les médias, tout le monde est responsable », aurait-il dit.

Le chef de l’Etat installé par la communnaté internationale dirige la Côte d’Ivoire depuis que le président ivoirien Laurent Gbagbo a été enlevé par la force Licorne le 11 avril et remis aux combattants pro-Ouattara.

Le 3 décembre 2010, le Conseil constitutionnel, plus haute juridiction du pays avait proclamé Laurent Gbagbo réélu avec 51,45% des suffrages au scrutin du 28 novembre.
« Il faut reconstruire la Côte d`ivoire, tout le monde, dans un élan de solidarité, d`amour et de fraternité », aurait ajouté Paul Yao N`Dré.

M. Ouattara a prévu d`être investi prochainement lors d`une cérémonie, mais a souhaité être proclamé officiellement chef de l`Etat par le Conseil constitutionnel, la plus haute juridiction du pays.

Le contentieux électoral né du scrutin du 28 novembre s’est transformé en un conflit armé suite à l’intervention armée de la France et de l’ONU (Organisation des Nations Unies) aux côtés de la rébellion soutenant Alassane Ouattara.

Le Conseil Constitutionnel ivoirien, plus haute juridiction chargée de proclamer les résultats définitifs des présidentielles, avait constaté la victoire du Président Gbagbo. Young Jin Choi, représentant de l’ONU avait lui proclamé Ouattara vainqueur, justifiant l’enlèvement du Président légitime par la coalition armée pro-Ouattara.

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Côte d’Ivoire : Le Conseil Constitutionnel Constate la vacance du pouvoir donc Ouattara ne peut pas légalement diriger la Cote d’Ivoire

L’information est passée sous silence mais elle est pourtant de taille. Le Conseil Constitutionnel de la République de Côte d’Ivoire a constaté la vacance du pouvoir il y a quelques jours à Abidjan. Logiquement, c’est donc comme le veut la Constitution Ivoirienne, le Président de l’Assemblée Nationale qui doit assurer une nouvelle transition politique devant aboutir sur de nouvelles élections. Alassane Ouattara et ses soutiens internationaux le savent c’est pourquoi ils ont exigé dès lundi 11 avril 2011 du Président légal de la RCI, M. Laurent Gbagbo, la signature d’un acte de démission, autant dire, d’une capitulation.

L’Histoire reconnaîtra la grandeur de cet homme qui, assiégé par des tanks français et des rebelles sans foi ni loi, bombardé par des missiles onusiens, disons-le sans détour, de « l’opération Licorne », a fait fi de sa vie en refusant d’apposer sa signature au bas d’un document inique. Certaines indiscrétions font même état de sommes, en millions d’euros, qui ont été proposées à Laurent Gbagbo, à vie, s’il démissionnait. On croit rêver.

La loi de la jungle, c’est-à-dire celle du plus fort, veut s’appliquer dans toute sa rigueur aux Ivoiriens. Nous leur disons aujourd’hui, faites appel à votre loi fondamentale, montrons leur qu’au XXIe siècle, les africains sont conscients désormais d’être devenus, au bout de cinq siècles d’exploitation, la civilisation qui connaît «la plus longue servitude de tous les temps ».

Un coup d’état international des fascistes libéraux

Un monstre, le libéral-fascisme, menace l’Afrique en général et l’Afrique francophone plus que jamais. Son objectif est de faire payer sa crise financière internationale à ceux qui ont été considérés depuis toujours comme des esclaves. Cet « Homme Africain qui n’est pas assez entré dans l’Histoire » comme le disait le Président Nicolas Sarkozy dans son fameux discours de Dakar en 2007. Il est urgent pour les Ivoiriens qu’ils utilisent les armes du droit et de la raison face au déploiement de la force brutale.

Comment Alassane Ouattara peut-il être Président de la Côte d’Ivoire alors même qu’il n’a pas prêté serment devant le Conseil Constitutionnel et que cette même institution ne l’a pas reconnu comme Président de la République ? C’était pourtant l’exigence minimale de l’Union Africaine. Le silence de la plupart des Chefs d’Etat du continent africain, qui n’ont pas noyé M. Ouattara sous les félicitations est éloquent. Certes quelques uns (le Président de la Guinée Equatoriale par exemple) auraient félicité M. Ouattara mais il est clair que le fait que ce dernier s’avise à marcher sur les institutions d’un pays qu’il est supposé diriger n’est pas rassurant.
A vrai dire, le Président de la Communauté internationale, l’ami du Président français, n’a pas d’autre solution s’il veut favoriser des institutions fortes selon le discours du Président Obama à Accra, que d’assumer son coup d’Etat international devant le monde, mais les coups d’Etat sont mal vus par l’Union Africaine, ou alors de retourner aux urnes. Il a prêté serment par écrit dit-il, mais nous lui répondons que le Conseil Constitutionnel ne l’a pas déclaré Chef de l’Etat.

Un imbroglio politico-militaro-juridique

La puissance ne suffit pas si elle ne se greffe pas sur le droit et avant tout sur celui des Etats. Si le « coup d’Etat international » de M. Ouattara est accepté alors n’importe qui pourra se déclarer Président de la République n’importe où à l’avenir. Si l’option armée est privilégiée sur la légalité alors tous les peuples africains doivent savoir qu’ils sont perdus pour plus d’un siècle sans doute.

Les élections dans nos pays ne seront toujours qu’une plaisanterie. La rapacité des ultra-libéraux qui tiennent les médias et les pouvoirs politiques occidentaux risquent de nous entraîner dans un nouvel esclavage qui ne dit pas son nom. Voilà pourquoi toute l’Afrique doit protester derrière les Ivoiriens.

Aucun africain digne de ce nom ne peut accepter ce que M. Ouattara a fait à la Côte d’Ivoire : financer un premier coup d’Etat contre M. Konan Bédié fin 1999 ; sponsoriser une rébellion armée en 2002, oublier qu’il doit son retour dans le jeu politique ivoirien à M. Gbagbo ; privilégier la brutalité en marchant sur des milliers de cadavres pour réaliser son rêve de Chef d’Etat ; cacher au monde entier le fait qu’il ne peut pas prêter serment par écrit et se considérer comme Chef d’Etat.

Où a-t-on vu cela ? Le Conseil Constitutionnel Ivoirien ne peut pas se dédire. Ou alors, il faut que le Parlement dissolve le Conseil Constitutionnel. D’autres veulent nous réduire au rang de « primates à peine évolués » et M. Ouattara est en train de leur donner des arguments en écrasant sous un tapis de bombes le droit de son pays. Des dictateurs comme Omar Bongo faisaient au moins semblant de respecter la Constitution du Gabon ! Pourquoi pensez-vous que le clan Bongo bichonne autant la Cour Constitutionnelle de la République Gabonaise ? Mais c’est bien parce qu’il sait qu’une fois les recours des autres candidats aux présidentielles déposés, et après que la Cour Constitutionnelle ait validé une élection contestable, le tricheur qui prête serment devant la Cour et les institutions du pays devient légalement le Président.
Que devons nous faire ? La guerre ? Il faut croire que les acteurs politiques gabonais soient plus légalistes qu’Alassane Ouattara, c’est pourtant sur la décision de la Cour Constitutionnelle Gabonaise, malgré les preuves de la tricherie, que le Président Nicolas Sarkozy a été le premier à féliciter Ali Bongo Ondimba en 2009. Les ultra-libéraux qui en veulent coûte que coûte aux richesses du Golfe de Guinée ne parviennent même plus à cacher leurs mensonges.

Si Laurent Gbagbo, le Président légal de la Côte d’Ivoire, doit partir, alors pourquoi Ali Bongo reste-t-il au pouvoir ? Pourquoi n’est-ce pas André Mba Obame, officieusement vainqueur du scrutin présidentiel de 2009, n’est-il pas installé sur le fauteuil présidentiel au Gabon ?

Alors, cher Peuple Ivoirien, courage. Battez-vous au nom de la loi car Monsieur Ouattara et ses soutiens internationaux ont déjà perdu la bataille du droit.

Bruno BEN MOUBAMBA

bruno@moubamba.com / http://www.moubamba.com