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La liberté d'expression dans sa quintessence

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Qatar-i aujourd’hui, demain pleurera

Qatar-i aujourd’hui, demain pleurera

Le petit Etat est devenu le bras armé de l’Occident, mais jusqu’à quand ?

«Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil à toi?» Évangile de Luc, 6, 41, Cette parabole du Christ va nous servir pour articuler notre plaidoyer quant au comportement répréhensible, amoral d’une famille, qui a pris en otage un peuple, en l’occurrence celui du Qatar. Le monde a, assurément, le tournis et les valeurs que l’on croyait gravées dans le marbre, telles que le travail bien fait, l’abnégation, la sueur, sont battues en brèche par les richesses indûment acquises.

Elles ne sont pas le fruit de leur sueur, mais soit du loyer de l’argent et du scandale de la spéculation financière bâtie sur du vent et sur la façon de tromper l’autre, de le dévorer s’il perd pied, ce que le langage néolibéral appelle l’OPA, soit d’une rente imméritée. C’est le cas des pays arabes pétroliers, installés dans les temps morts, et qui prennent en otage leurs peuples, les condamnant à regarder filer à toute vitesse le train du progrès, tandis qu’ils ruminent sur le quai de la gare leur frustration.

On peut comprendre le mépris dans lequel sont tenus ces potentats gros, gras et bien nourris pendant que la misère s’avère être la calamité la mieux partagée pour des centaines de millions, voire des milliards de besogneux, quelles que soient leurs latitudes. Non les Arabes ne sont pas que cela! Il fut une époque où ils représentaient l’espérance de l’humanité.

Une démocratie qui tiendrait dans un studio télé

Le Qatar est un émirat du Moyen-Orient d’une superficie de 11 427 km². pour 300 000 autochtones et un million d’étrangers qui ont un statut peu enviable, surtout s’ils ne sont pas des Occidentaux. Petit producteur de pétrole, il est aussi le troisième producteur de gaz naturel du monde, après l’Iran et la Russie. Après avoir été dominé par les Perses pendant des milliers d’années, puis par le Bahreïn, les Ottomans ou encore les Britanniques, le Qatar devient un État indépendant le 3 septembre 1971.

Il est dirigé, d’une main de fer, par la famille Al Thani, depuis quarante ans; comme le règne de Kadhafi. L’émir actuel a renversé -faut il s’étonner de ces moeurs pour l’appât du pouvoir?- son père, en 1995. Le gouvernement qatari garde des restrictions sur la liberté d’expression et les mouvements pour l’égalité. La famille souveraine Al Thani continue de détenir seule le pouvoir. La nouvelle Constitution n’autorise pas, pour autan, la formation de partis politiques; ceci depuis quarante ans. Où est la liberté d’expression et l’alternance au pouvoir? La station de télévision Al Jazeera a acquis une triste réputation, en tant que source non censurée de l’information concernant les autres pays arabes, provoquant l’ire de ces derniers.

Des journalistes, tout à fait ordinaires, venant d’autres pays arabes attirés par l’appât du gain et non par la liberté d’expression, se sont érigés en censeurs agressifs, dans des émissions où ils diabolisent, à qui mieux mieux, les autres régimes arabes. A notre sens, deux tabous, la famille émiratie et les pays occidentaux, vénérés dans la plus pure tradition vassale, voire… D’ailleurs, lors de la guerre contre l’Irak, le pays a servi de base à l’état-major américain. Le 11 décembre 2002, est signé, avec les États-Unis un accord relatif à l’utilisation de la base aérienne d’Al-Eideïd.

On comprend que le Qatar soit intouchable. On estime les réserves de pétrole du pays à 26,8 milliards de barils fin 2009. Le Qatar détient actuellement les troisièmes réserves de gaz (25,37 milliards de mètres cubes en 2009) après la Russie et l’Iran. Le Qatar est, par ailleurs, le premier émetteur mondial de CO2 par habitant, avec une émission par habitant trois fois supérieure à celle des Etats-Unis, soit 60 tonnes de CO2/habitant/an. Il est heureux, pour la planète, que les Qataris ne soient pas nombreux. Pendant ce temps, un Arabe somalien «frère», une demi-tonne/an. En clair, ce dernier consomme en une année ce que gaspille un Qatari en trois jours!

Voilà le développement durable prôné par cet émirat. Le PIB du Qatar atteint le chiffre de 52,7 milliards $ en 2006. Le PIB par habitant atteint 78.260$ en 2009, dépassant celui des Européens et Américains. Ce dernier est le fruit d’une longue tradition scientifique, technologique et culturelle et non d’un gaspillage multidimensionnelle d’une rente imméritée; suscitant, par là même, des frustrations légitimes, voire un mépris de ceux qui galèrent.

Pour Hassan Moali, «le Qatar n’est évidemment pas fréquentable pour sa «démocratie» contenue dans les limites des studios d’Al Jazeera. Cet émirat détient le plus grand fonds souverain de la planète, Qatar Investment Authority, dont les avoirs sont estimés à environ 700 milliards$ ! C’est bien à ce niveau que se situe la force incroyable de ce petit… géant. Surtout que les Qataris se tiennent à la disposition des maîtres du monde pour financer et approvisionner des expéditions guerrières, comme ce fut le cas en Libye.

Il eut été plus glorifiant de voir l’émirat sur le toit du monde s’il était un modèle de démocratie. (…) Ils sont presque d’accord avec les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni s’agissant des conflits qui agitent la planète, y compris quand il s’est agi de «casser» de l’Arabe. Ils soutiennent la cause palestinienne en ne se privant pas de recevoir les dirigeants israéliens. (…) Pour ce pays, le souci existentiel autorise toutes les alliances, y compris celles contre nature. Les GI’s de la base militaire américaine veillent au grain. Jusqu’à quand encore?».

Le Quatar n’a pas beaucoup de copains arabes

Olivier da Lage qualifie la diplomatie du Qatar par l’expression «Des yeux plus gros que le ventre». «Dire, écrit il, que le Qatar agace ses voisins de la péninsule arabique relève de l’euphémisme. Jusqu’au début des années quatre-vingt-dix, le Qatar adoptait un profil bas en politique étrangère. (…) La contestation par le Qatar de la souveraineté de Bahreïn sur les îlots de Fasht al-Dibel semblait bien être sa seule priorité extérieure.(…) Lorsqu’il dépose son père, Cheikh Hamad est décidé à affirmer l’originalité du Qatar dans tous les domaines, quitte à choquer les autres monarques.

Ces derniers, comme on peut l’imaginer, n’ont guère apprécié le fâcheux précédent que pourrait représenter un prince héritier qui renverse son père. D’où vient donc cette assurance qui permet au Qatar, un petit pays de quelque 400.000 habitants dont environ 150.000 nationaux, de tenir tête à ses voisins et de se brouiller tour à tour avec la plupart des pays arabes? On ne saurait trop souligner que les Etats-Unis sont le premier pays à avoir reconnu le pouvoir de Cheikh Hamad.(…) De même, l’accord de défense mutuel qui lie Washington et Doha depuis juin 1992 est une réalité».(2)

«Aujourd’hui poursuit Da Lage, le Qatar abrite le plus grand dépôt d’armes américaines du monde hors du territoire des Etats-Unis. (…) Et pourtant, ce qui était parfois perçu comme une excentricité de la politique étrangère de l’émirat a continué de bénéficier de l’indulgence américaine. S’agissant de l’Iran, le rapprochement entre Doha et Téhéran n’a pas que des motivations politiques. La poche de gaz du North Dome, dont l’exploitation représente toute la richesse future du Qatar, s’étend sous le Golfe, au-delà de la frontière avec l’Iran. (…)

Cheikh Hamad ben Jassem a rencontré à New York Shimon Peres, puis au sommet économique d’Amman en octobre 1995, il y a eu la signature d’un mémorandum prévoyant la livraison à Israël de gaz naturel du Qatar. Un bureau commercial israélien s’est ouvert à Doha en septembre 1996. Le soutien sans faille des Etats-Unis explique largement l’assurance dont le petit émirat fait preuve face aux critiques de ses voisins. (…) Al Jazira apparaît comme le bras non officiel de la diplomatie de Doha et que la verve de sa rédaction s’exerce rarement à l’encontre de la politique officielle du Qatar».

Georges Malbrunot explique l’ambiance au Qatar et pourquoi il n’y a pas de révolte. «Le Qatar, écrit-il, ne se singularise plus seulement par l’activisme de sa diplomatie conciliatrice ou par cette richesse quasi insolente. Il est aussi le seul État de la région à avoir été épargné, jusqu’à maintenant, par la vague de contestation qui secoue le reste du Monde arabe.» «Ici la manne est bien répartie entre seulement 200.000 Qatariens qui n’ont pas vraiment de raison de se plaindre», observe un diplomate occidental. «Franchement, nous n’avions pas besoin d’organiser la Coupe du Monde», critique, à demi-mot, Hassan al-Ansari, le rédacteur en chef de Qatar Tribune.

«Pourquoi dépenser 55 milliards de dollars pour des installations qui seront démontées au bout d’un mois? », renchérit un autre officiel. Abreuvés d’informations sur les révoltes arabes par Al Jazeera, ses habitants, en revanche, n’ont rien à se mettre sous la dent quand ils regardent la chaîne qatarienne, muette sur l’actualité locale. Pourtant, «nous avons aussi des demandes politiques, affirme le professeur al-Misser. Pour l’instant, seul un Majlis al-Shoura existe, mais les membres de cette assemblée sont désignés par le pouvoir et ils n’ont qu’un rôle consultatif».(in Le Qatar, le contrepied du printemps arabe Le Figaro 04 2011)

Le Quatar directement impliqué dans les machinations occidentales

Si des personnes ont pu être dupes de la pseudo-révolution libyenne soutenue par les «révolutionnaires» bien connus que sont Nicolas Sarkozy, Bernard-Botul-Henri Lévy ou David Cameron, voilà qui pourrait leur ouvrir les yeux… Pour la première fois, le Qatar admet avoir participé aux opérations sur le terrain aux côtés des rebelles libyens. (…) Trois jours après la proclamation par le CNT de la «libération» totale de la Libye, les chefs d’état-major des pays engagés militairement en Libye se retrouvent pour une réunion à Doha, au Qatar. A cette occasion, le chef d’état-major qatari, le général Hamad ben Ali al-Attiya, a révélé que des centaines de soldats du Qatar ont participé aux opérations militaires aux côtés des rebelles en Libye. On apprend même que le président Omar el-Béchir du Soudan a fourni quantité d’armes aux prétendus «rebelles».

« Il apparaît aussi, écrit Ian Black, « que c’est le Qatar qui dirigera les efforts internationaux pour former l’armée libyenne, récupérer les armes et intégrer les unités rebelles souvent autonomes dans de nouvelles institutions militaires et de sécurité (…) Et lors de l’assaut final contre le QG de Kadhafi à Tripoli fin août, les forces spéciales qatariennes étaient en première ligne. Le Qatar a aussi accordé 400 millions de dollars aux rebelles, les a aidés à exporter le pétrole depuis Benghazi et a monté une station de télévision à Doha. (…)Pour certains, la stratégie de l’émir est de soutenir les forces démocratiques de manière sélective dans le Monde arabe, en partie pour améliorer la réputation internationale du pays tout en détournant l’attention du Golfe où les protestations anti-régime ont été écrasées à Bahreïn et achetées en Arabie Saoudite».

Expliquant la «manipulation de la Ligue arabe», Robert Kisk nous explique comment le Qatar tente de reproduire le scénario libyen: «La Ligue arabe – l’une des organisations les plus stupides, les plus impuissantes et absurdes dans l’histoire du Monde arabe – s’est soudainement transformée de souris en lion, rugissant que la Syrie sera suspendue ce mercredi à moins qu’elle ne mette fin à la violence contre les manifestants, ne retire l’armée des villes, ne libère les prisonniers politiques et ne commence à discuter avec l’opposition. Damas a rugi en retour que la Syrie avait déjà mis en oeuvre le plan de paix de la Ligue -on peut en douter- que la décision était «illégale et une violation de la Charte de la Ligue» (peut-être exact) et que la suspension possible de la Syrie était une tentative de «provoquer une intervention étrangère en Syrie, comme cela a été fait pour la Libye».

Le Qatar -qui est, avec sa chaîne Al Jazeera, l’ennemi actuel de la Syri – était à l’origine du vote, cajolant et plaidant, et, dit-on, payant largement ceux qui pouvaient avoir des doutes. La pussance du Qatar dans le Monde arabe commence à prendre une tournure nettement impériale. Avec son argent et ses propres raids aériens, elle a contribué à faire tomber le régime de Kadhafi. Maintenant, le Qatar est l’avant-garde de la Ligue arabe contre la Syrie. (…) Et pas un seul Arabe ne veut qu’une guerre civile du type de celle de la Libye, mette le feu à la Syrie. De plus, Léon Panetta, le chef de la CIA, a déjà exclu une implication militaire américaine.(Ligue arabe: comment le Qatar tire les ficelles in The Independent 17 11 2011).

Un détour par la Quatar pour la super classe

La diplomatie du dollar touche aussi la culture. L’argent n’ayant pas d’odeur, on peut, en fonction du chèque, dire tout et son contraire. Le Qatar restera dans l’histoire comme une machine à perversion, un générateur de corruption à laquelle il est apparemment difficile de résister. Lena Lutaud nous en donne un échantillon: «Son Excellence Mohamed al-Kuwari a décoré le dessinateur Jean Plantu et Amirouche Laïdi, président du club Averroes, du prix «Doha capitale culturelle arabe». Ce soir, l’ambassadeur décorera les poètes André Miquel, Bernard Noël et Adonis. De Jack Lang à Jean Daniel, en passant par Dominique Baudis, Edmonde Charles-Roux, Renaud Donnedieu de Vabres et Anne Roumanoff, un total de 66 personnalités françaises de la culture auront été décorées par le Qatar en 2010. Toutes sont reparties avec un chèque de 10.000€ ». (L’offensive culturelle du Qatar, in Le Figaro. 20 12 2010).

On le voit, que du beau monde. Cela va plus loin? Des institutions prestigieuses se décentralisent et l’aura scientifique s’exporte. C’est le cas de la Sorbonne. Robert de Sorbon se retournerait dans sa tombe! Il existe aussi un Louvre délocalisé au Moyen-Orient. Les Qataris pourront contempler, entre deux bouffées de narguilé et à demeure, les belles pièces, fruit de la rapine, qui décrivent en creux les expéditions coloniales pour amener la civilisation dans les contrées barbares. Nul doute que l’Occident mise, pour le moment, sur le Qatar, assis paresseusement sur un gisement de gaz, dont il a besoin.

Il arrivera un moment, où il sifflera la fin de la récréation pour tous ces non-Etats. Il accaparera, sans état d’âme, l’énergie qui lui est nécessaire. Pour n’avoir pas misé sur le savoir, ne pas avoir mis en pratique l’alternance, la démocratie, les Arabes deviendront une scorie de l’histoire. Dans mille ans, on se souviendra, malgré tout de Kadhafi qui avait, avec son credo «zenga, zenga», une certaine idée de la «cha’ama», la dignité qui manque aux potentats casse-croûteurs installés dans les temps morts. La parabole du Christ devrait être expliquée à l’Emir du Qatar…

Posté par : Professeur Chems Eddine Chitour sur Metamag

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Découverte d’un charnier à Tripoli, encore de l’intox !

Le Conseil de transition libyen par sa branche militaire de Tripoli a annoncé dimanche avoir retrouvé la fosse commune où auraient été enterrés des milliers de prisonniers de la prison d’Abou Salim exécutés le 29 juin 1996 par le régime de Mouammar Kadhafi. On reste pantois après avoir vu hier et dimanche les images sur la chaîne qatarie El Jazeera des « restes de ces centaines de prisonniers retrouvés à Tripoli ». La chaîne de l’émir du Qatar comme à son habitude a diffusé avec brio et élégance des images sur un vaste terrain et avec des témoignages de femmes voilées implorant la perte de leurs enfants !

Charnier ???

On pouvait remarquer que les os montrés n’étaient pas ceux des restes humains, mais plutôt ceux des animaux. Il n’y pas eu de fouille, ni moins des analyses pour prouver que l’endroit était réellement un charnier, selon les interventions des nouveaux responsables libyens. Aussi, chacun y est allé de son imagination sur le nombre de prisonniers qui auraient été exécutés par Mouammar Kadhafi ; 1270 pour certains, 1700 pour d’autres ou encore 2000 pour ceux qui cherchent à faire plus de sensationnel.

Et aux membres de ce conseil de transition d’affirmer que : «ces restes des détenus exécutés en 1996 dans la prison d’Abou Salim à Tripoli est l’une des principales causes de la révolte contre le régime mi-février» ! Aberrant !

Tous les moyens sont bons pour diaboliser le régime de Kadhafi, le CNT face à son illégitimité et son incompétence notoire recherche désespérément le soutien du peuple ; un soutien qui ne viendra jamais.

Les WADE : 11 ans de règne, 11 ans de scandales

Les onze ans de règne des libéraux ont été ponctués par une série de scandales. Les uns plus spectaculaires que les autres.Le 7 août 2010, lors d’un dîner-débat organisé par l’association des jeunes avocats du Sénégal (Ajas) Abdou Latif Coulibaly affirmaient que si l’on totalise l’argent de l’ensemble des scandales financiers connus depuis l’avènement de l’alternance en 2000, on atteindra les mille milliards de francs Cfa.Ce qui équivaut à plus de 26 000 kilomètres de route bitumée, selon lui.

Les 13 milliards du Qatar

Le dernier scandale financier, pour l’instant, c’est Saïf Al Islam, le fils du guide libyen, qui nous l’apprend. Selon lui, Me Wade aurait reçu la bagatelle de treize (13) milliards de francs Cfa du Qatar pour son fils. Pourquoi ? Pour réclamer urbi et orbi, depuis Benghazi, le fief des rebelles libyens, le départ de Kadhafi.

Mais d’autres scandales financiers ont précédé celui-ci. Lors d’un meeting le 22 mai à Zinguinchor, le Premier Souleymane Ndéné Ndiaye affirmait : ‘Pendant presque 10 ans, Landing Savané a reçu de mes mains ou des autres collaborateurs du président de la République, 30 millions de francs Cfa tous les mois, et jamais il n’a partagé cet argent avec ses camarades.’

Fesman: Plus de 45 milliards de francs Cfa dépensés par la fille et un déficit de 26 milliards pour chanter et danser

Le 3e Fesman aura été un véritable gouffre financier. Cette manifestation, dont Wade a confié l’organisation à sa fille, aura coûté au trésor public plus de 45 milliards de francs Cfa et engendré un déficit de 26 milliards de francs. Le chef de l’Etat soutenait que le Sénégal n’aurait dépensé de son budget que 5 milliards. Le reste du budget étant supporté par les autres pays. On sait ce qu’il en a été.

L’autre scandale qui noircit le tableau du Fesman, le financement de la construction du monument de la Renaissance africaine. En effet, pour le construire, l’Etat du Sénégal a bradé les terres de la zone aéroportuaire. Des terres pourtant estimées à 75 milliards de francs par des spécialistes. Pourtant, dans une brochure remise aux journalistes lors de l’inauguration, l’on pouvait lire que le monument de la renaissance africaine a coûté zéro F Cfa à l’Etat du Sénégal. Qui pour y croire ?

Plus de 205 milliards dépensés par le fils pour l’Oci

Autre gouffre financier, l’Organisation de la conférence islamique (Oci), confiée à l’autre fils Wade, Karim.Dans son livre intitulé Contes et mécomptes de l’Anoci, le journaliste Abdoulatif Coulibaly affirme que contrairement aux affirmations de ses dirigeants, l’Agence nationale pour l’organisation de conférence islamique (Anoci), n’a pas dépensé 72 milliards de FCfa, pour réaliser les travaux nécessaires à l’accueil du sommet qui a eu lieu en mars 2008 dans la capitale sénégalaise. Elle en a dépensé plus du double. ‘Nous sommes à même de dire que l’Anoci a dépensé pour l’organisation de la conférence islamique une somme totale de 205 milliards 211 millions de FCfa’, renseigne-t-il. ‘Les 205 milliards 211 millions de FCfa de dépenses effectives et réelles de l’Anoci comportent un chapitre ou une composante nommée: ‘Aménagement des bureaux du siège de l’Anoci’. Ce poste a englouti la somme de 750 millions de FCfa. Celle-ci a servi à l’aménagement des bureaux du président du Conseil de surveillance, M. Karim Wade, et à l’équipement des bureaux de ses collaborateurs. Ils ont été logés aux 1er, 2e et 3e et 10e étages de l’immeuble Tamaro’, poursuit-il, affirmant que c’est aussi mentir que de tenter de faire croire au peuple que la réalisation des chantiers ouverts à la veille de la Conférence islamique a coûté 101 milliards de FCfa. Selon lui, l’Oci a saigné le Trésor public et a accéléré la crise financière dans laquelle se débat aujourd’hui le Sénégal.

Perturbations sur la ligne : 20 milliards de Sudatel distraits

Si ce n’est pas le fils ou la fille de Wade qui sont impliqués, ce sont les fils de ses amis. Ainsi, lors de la vente de la troisième licence de téléphonie à Sudatel, Abdou Latif Coulibaly affirme que Thierno Ousmane Sy, fils du ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, aurait été impliqué dans le scandale d’une commission qui aurait été versée dans le cadre de la vente de la licence de Sudatel. Se fondant sur une enquête du journaliste, l’entrepreneur Bara Tall avait alors initié une pétition pour réclamer la vérité sur les vingt milliards de francs Cfa. Mais le ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, avait déclaré, dans un communiqué, que ‘Sudatel a réglé la totalité du prix de la licence par deux virements sur un compte du Trésorier général du Sénégal à l’Agence nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), pour un montant total de 200 millions de dollars’.

Réparation de l’avion présidentiel : 28 millions de dollars en l’air

En avril 2007, la Pointe de Sangomar, l’avion de commandement du président de la République est en panne. L’avion présidentiel a été obligé de faire un atterrissage à Palma de Majorque dans les Iles Canaries en Espagne. L’incident s’est passé un samedi dans les airs vers 5 heures du matin. C’est le cockpit de l’appareil qui a eu des problèmes techniques. Il se trouvait dans l’espace aérien espagnol alors que le Président Wade se rendait dans les pays du Golfe. Déjà au lendemain de l’alternance, les moteurs de Sangomar ont été à Perpignan, car disait-on à l’époque qu’ils n’étaient pas dans un meilleur état. D’ailleurs, le président avait affirmé qu’aucun sou du contribuable sénégalais n’a été dépensé pour la réfection de la Pointe de Sangomar.

Mais le journaliste Abdou Latif Coulibaly avait affirmé tout à fait le contraire. Dans son retentissant brûlot ‘Wade, un opposant au pouvoir, l’Alternance piégée? ’, il affirmait que le ‘montant global et final’ de l’ensemble des opérations de la révision de l’avion s’élève à 28 millions de dollars. Prenant le contre-pied de Wade, le journaliste écrivain a révélé que la ‘facture salée’ a été payée à partir du fonds routier sénégalais. Un montant de 10 milliards de Fcfa aurait été transféré par l’État, explique Latif. Selon lui, cette somme n’a pas fait l’objet d’enregistrement au Secrétariat général du gouvernement, ni publié au journal officiel. Ce qui est considéré comme une violation flagrante des règles de la bonne gouvernance et de la transparence.

Mais quelques années après cet incident voilà Wade qui paie un ancien avion, celui du président français Nicolas Sarkoky vieux de 8 ans à 20,9 milliards de francs Cfa. Il s’agit d’un moyen-courrier A319 CJ entré en service en 2002, d’une capacité d’une trentaine de places.

La planque chypriote de 7,5 milliards de francs Cfa du fonds taiwanais

En 2006, 15 millions de dollars, soit 7,5 milliards de francs Cfa alloués par la Chine Taiwan à l’Etat du Sénégal ont été détournés et planqués à Chypre. Selon le journal Le Témoin, ce sont 15 millions de dollars Us, soit 7,5 milliards de nos francs ‘destinés à la construction de projets à caractère social dans notre pays’ que Taïwan a décaissés. Une somme qui n’avait pas atterri dans les comptes de l’Etat, jusqu’à la rupture des relations diplomatiques entre le Sénégal et Chine Taïwan. Selon l’hebdomadiare Le Témoin, ‘cet argent s’est retrouvé dans le compte bancaire d’une société créée par Emmanuel Aïm, la Fitem Entreprises Limited’ précisément, ‘ouvert dans les livres de la Société générale de Nicosie, à Chypre’.Ce dernier étant le fils de Pierre Aïm, conseiller spécial du président de la République et propriétaire de la Nouvelle Brasserie devenue ‘Africa investissement Sénégal Brasserie’ gérée par le même Emmanuel Aïm.

La mallette de Segura : 90 millions en cash

En fin de mission au Sénégal, le représentant du Fmi au Sénégal, pour son départ du pays, s’est fait remettre une mallette contenant 100 000 euros et 50 000 dollars en cash et a voyagé avec jusqu’à Barcelone… Après découverte du contenu du ‘cadeau’, l’ancienne bête noire des autorités avertit sa hiérarchie à Washington. Ordre lui fut intimé de retourner le paquet à l’envoyeur. Ce qui fut fait, via l’ambassadeur du Sénégal à Barcelone.

Dans cette énumération des scandales et gouffres financiers qui est très loin d’être exhaustive, nous n’avons pas pris en compte les fameux fonds politiques. Des fonds, dont l’utilisation et la gestion, paraît-il, sont laissés à l’appréciation exclusive du président de la République et peut-être de ses proches, dont un a avoué s’être servi et avoir donné à qui il veut. Récemment, d’ailleurs, le porte-parole du président de la République a cru bon de déclarer que ces fonds ont pu servir à Me Wade pour l’acquisition d’un terrain acheté à plus d’un milliard aux Almadies.

Des milliards de francs en surfacturation et en marchés de gré à gré

Mais c’est sans conteste l’affaire dite des Chantiers de Thiès qui fut le premier scandale financier du régime de l’alternance. Dans un discours sur les chantiers de Thiés, le mardi 26 juillet 2005 au Méridien Président, suite à la déclassification du rapport de (Ige) sur les chantiers. Macky Sall, qui a succédé à Idrissa Seck à la primature, se demande comment a-t-on pu passer, sans en informer le président de la République, de l’enveloppe des 20 milliards F Cfa fixée par lui-même, au montant global de 46 217 166 908 francs Fca. Il en conclut alors à des surfacturations. Se fondant sur ce rapport, il débusque aussi des marchés contractés dans le cadre de cette enveloppe de 46 217 166 908 francs Cfa, par entente directe. ‘Dans leur rapport, les experts ont relevé des surfacturations sur la presque totalité des marchés, c’est-à-dire, des écarts significatifs entre les coûts réels des travaux et les montants facturés à l’Etat. Sur la première phase correspondant aux travaux devant intervenir avant le 4 avril 2004, pour des engagements d’un montant global de 40 618 568 848 FCFA, le coût réel des travaux a été évalué par les experts à 22 633 730 608 FCFA, soit une surfacturation de 17.984.838.241 F Cfa’, disait-il devant les diplomates accrédités au Sénégal.‘Selon les vérificateurs de l’Ige, ce marché, d’un montant de 14 847 280 358 FCFA, a été conclu de gré à gré et approuvé irrégulièrement, le 3 octobre 2003, par l’ancien Premier ministre, en violation des dispositions du Code des marchés publics et du Règlement général sur la comptabilité publique. (…)

Sur la première phase correspondant aux travaux devant intervenir avant le 4 avril 2004, pour des engagements d’un montant global de 40 618 568 848 F Cfa, le coût réel des travaux a été évalué par les experts à 22 633 730 608 FCFA, soit une surfacturation de 17 984 838 241 F Cfa’, poursuivait-il, expliquant que sur le marché spécifique de 14 847 280 358 FCFA, les experts ont évalué la surfacturation à 8 099 337 207 F Cfa.

La malette de Segura : 90 millions en cash

En fin de mission au Sénégal, le représentant du Fmi au Sénégal, pour son départ du pays, s’est fait remettre une mallette contenant 100 000 euros et 50 000 dollars en cash et a voyagé avec jusqu’à Barcelone… Après découverte du contenu du ‘cadeau’, l’ancienne bête noire des autorités avertit sa hiérarchie à Washington. Ordre lui fut intimé de retourner le paquet à l’envoyeur. Ce qui fut fait, via l’ambassadeur du Sénégal à Barcelone.

Dans cette énumération des scandales et gouffres financiers qui est très loin d’être exhaustive, nous n’avons pas pris en compte les fameux fonds politiques. Des fonds, dont l’utilisation et la gestion, paraît-il, sont laissés à l’appréciation exclusive du président de la République et peut-être de ses proches, dont un a avoué s’être servi et avoir donné à qui il veut. Récemment, d’ailleurs, le porte-parole du président de la République a cru bon de déclarer que ces fonds ont pu servir à Me Wade pour l’acquisition d’un terrain acheté à plus d’un milliard aux Almadies.

Wade achète un terrain comptant à 1,182 milliard

Wade achète un terrain à 14 milliards à New York

LERAL

Chávez désapprouve le montage sur la prise de la Place Verte de Tripoli

Le président de la République bolivarienne du Venezuela, Hugo Chávez, a critiqué ce samedi le montage réalisé au Qatar sur la prise de la Place emblématique Verte à Tripoli, la capitale libyenne, de la part des combattants du Conseil National de la Transition (CNT).

« Vous voyez comment la capacité de manipulation médiatique a été disséminée dans ce monde », a fait remarquer l’intervenant en référence à la dénonciation de la chaîne Russia Today contre les canaux arabes Al Jazeera et Al Arabiya pour avoir manipulé les images qui ont favorisé la reconnaissance du CNT comme nouveau gouvernement en Libye.

Chávez a déclaré lors du Conseil des Ministres que, l’assaut et la prise de la Place Verte ont été un montage fait au Qatar, où les acteurs professionnels ont participé ». « Ils ont monté au Qatar la Place Verte et l’ont prise, et cela a été ce qu’ils ont répandu au monde, pour cela prenons avec attention ce qu’ils disent les médias« , a t-il ajouté.

Actuellement les versions croissent sur la manipulation de ce qui arrive en Libye, où l’occident tire sur une guerre depuis six mois. « Ce mensonge a trompé les troupes du leader libyen, Muammar Gaddafi qui font partie de l’armée de mer, de plus ils ont remonté le moral des Rebelles et plus de 11 pays ont reconnu le CNT. Tous ces avantages sont le résultat de ces mensonges qui ont été travaillés et transportés d’une manière intelligente pour tromper les partisans de Muammar Gaddafi », a reconnu le leader du CNT, Mustafá Abdeljalil.

La chaîne Russia Today a dénoncé Al Jazeera et Al Arabiya, pour ces manipulations d’images qui ont favorisé la reconnaissance du CNT comme nouveau gouvernement de la nation nord-africaine. Conformément à la chaîne russe, les images des manifestations capturées, supposément, par des journalistes dans la Place Verte, ont été gravées des jours d’avance pour capter la sympathie de l’occident.

Dans les images on peut observer que beaucoup de détails ne coïncident pas avec la réalité de l’infrastructure. Dans le simulacre, aux éditeurs, ils ont oublié de placer les palmiers dans la – supposée – Place Verte. De plus, ils manquent, les ornements du décor et encore beaucoup de détails.

Entretemps, le porte-parole du Comité de solidarité des peuples de la Syrie et la Libye, Marat Musin, a soutenu que « nous avons su qu’avait été préparée une copie de la Place Verte de Tripoli, ils ont commercé avec des acteurs professionnels », a t’il a indiqué.

Il a rappelé que « Omar Jali a bien interprété le rôle du fils de Mouammar Gaddafi, Seif à l’Islam, le monde a vu comment les adversaires arrêtent le fils du colonel », mais les prises ont semblé fausses. Russia Today a réitéré que la création, de la part des agences internationales, d’une situation de déstabilisation en Libye a permis que le CNT fût reconnu par 11 nations et a facilité que les ambassades libyennes se joignent à la cause rebelle.

teleSUR/yi – FC

Traduit de l’espagnol par Aymard

http://www.telesurtv.net/secciones/noticias/97017-NN/chavez-rechaza-montaje-sobre-la-toma-de-la-plaza-verde-de-tripoli/

Guerre Coloniale De L’OTAN En Libye : Les Pervers De L’UMP Applaudissent Au Pillage du Pétrole, du Gaz, A La Ruée Vers L’Or de Tripoli

« Je n’aime pas les grands mots, mais ce que je vois c’est le commencement d’une deuxième colonisation de l’Afrique » Lode Vanoost ancien porte parole du parlement belge.

Actualisation de la situation en Libye. NE CROYEZ PAS LES MEDIAS A LA SOLDE DES MARCHANDS DE CANON ET BANQUIERS ET LEURS LARBINS UMPS & C°

L’arrogance affichée par les élites politiques perverses de l’UMPS dans leurs propos concernant la situation en Libye après 6 mois de bombardements intensifs de l’OTAN qui ont fait des milliers de victimes civiles libyennes surtout ces derniers jours où ils ont redoublé d’intensité montre à quel point la seule chose qui les intéresse c’est la main mise sur le pétrole et le gaz libyens par leurs donneurs d’ordre les multinationales qui piétinent d’impatience de pouvoir acheter les truands/al Qaeda/royalistes libyens – qui sans l’aide de l’OTAN mais surtout de la France la Grande Bretagne et les US sans oublier le Qatar n’auraient rien pu faire et restent de surcroit divisés – pour pouvoir impunément comme au temps des colonies piller le peuple libyen.

C’est surprenant que pendant 6 mois la situation soit restée bloquée malgré ces bombardements criminels de l’OTAN et que brusquement les médias propagandistes crient victoire en montrant des scènes de liesse dans Tripoli le peuple de Tripoli supposé acclamé en libérateurs ces terroristes du CNT. Des évènements non confirmés pour l’heure par des journalistes honnêtes (il en reste quelques uns) actuellement sur place. Il serait fort étonnant quand on connaît l’animosité existante entre les « traîtres » de Benghazi et la majorité de la population de Tripoli que cette dernière se réjouisse de la « victoire » de cette bande de fanatiques supplétifs de l’OTAN.

Pour expliquer cette fulgurante avancée des gangs du CNT dans Tripoli certains avancent le soutien inconditionnel par la puissance de feu aérien et maritime en violation de la Résolution 1973 du CSONU de l’OTAN le déploiement de forces spéciales au sol pour entraîner les rebelles et effectuer des missions de reconnaissance et repérage de cibles, mais aussi lors de l’avancée sur et dans Tripoli de leurs participation aux combats.

L’OTAN ne dissimule même plus la présence de «bottes au sol» de même que ceux qui ont voté pour la Résolution 1973 oublient désormais dans leur précipitation de crier victoire de mentionner la «protection des civils» affirmant haut et fort que «Kadhafi doit partir» prouvant ainsi à tous ceux qui ont soutenu stupidement cette «guerre humanitaire» que l’objectif réel était bien un «changement de régime» pour une recolonisation et un pillage de la Libye.

On parle moins de l’importante réserve d’or possédée par le peuple libyen. La Libye dispose d’une réserve de 143.8 tonnes. Dans le contexte actuel de crise économique avec des banques en manque de liquidité cet or libyen détenu par la Banque Centrale Libyenne est fortement convoité et ce d’autant plus que le président du Venézuela, Hugo Chavez, vient d’annoncer la nationalisation de l’exploitation de l’or dans son pays qui possède d’importantes ressources minières mais aussi le rapatriement et le transfert de ces réserves d’or soit au Venezuela soit dans des pays amis tels la Russie, la Chine…

D’où le vent de panique qui souffle dans le monde des banques notamment américaines et européennes obligées de se séparer de ce magot et la flambée actuelle de l’or.

Mais cette flambée de l’or peut aussi s’expliquer par le fait qu’il soit possible que les 143.8 tonnes d’or de la Libye ne soit plus à Tripoli mais ait été transférés ailleurs dans un pays ami qui partageait avec Kadhafi le souci de faire directement profiter le peuple de ses richesses en ressources naturelles en instaurant l’accès gratuit aux soins à l’éducation, des aides aux logement, bref en développant et consolidant un « état providence » tant décrié par les élites néo libérales cupides qui applaudissent aux massacres de civils en Libye.

Alors pure coïncidence cette « Ruée vers l’Or « sur Tripoli de l’OTAN et ses gangs armés de supplétifs du CNT ?

Comme l’a déclaré si justement l’ancien porte parole au parlement belge, Lode Vanoost le 22/08/2011 au site russe RT :

« L’opération de l’OTAN en Libye est un spectacle politique parfaitement orchestré qui marque le début d’une deuxième colonisation de l’Afrique. Les US et l’UE ont de très bons analystes professionnels…

« Ils ne vont pas le dire à haute voix mais ils savent parfaitement bien qu’il n’y aura pas de transition en douceur et pacifique en Libye. C’est là-dessus qu’ils comptent. Cela va leur donner une parfaite excuse pour intervenir militairement au sol.

« Je n’aime pas les grands mots mais ce que je vois c’est le commencement d’une deuxième colonisation de l’Afrique. »

Il a prédit que l’OTAN ne se retirerait pas de Libye à la fin de son mandat en Septembre.

Actualisation sur la situation en Libye

La bataille psychologique et médiatique

Au cœur de la stratégie des politiques et des militaires

La bataille psychologique et médiatique

Dans les guerres modernes, le rapport des forces militaires sur le terrain entre les belligérants, s’il constitue un paramètre important dans l’issue du conflit, demeure cependant insuffisant pour gagner la guerre.

La bataille de l’opinion reste au cœur de la stratégie des politiques et des militaires à mener avec succès une guerre. Les nouvelles technologies de l’information ont fait de cet enjeu le nerf de la guerre, comme on l’a vu lors de l’invasion de l’Irak où la guerre médiatique et psychologique fut encore plus féroce que les affrontements sur le terrain militaire.
Des journalistes transportés dans des blindés de la coalition furent invités à témoigner, sous le sceau de la censure militaire, des combats sur les différents fronts. La manipulation des faits et des réalités sur le terrain pour affecter le moral des troupes et faire basculer l’opinion de son côté ne choquait personne, même lorsque de l’info-intox diffusée et relayée par les grandes chaînes de télévision étrangères est démentie le lendemain. A la guerre comme à la guerre ! Tous les coups sont permis. Ce postulat s’est encore une fois vérifié avec la fausse nouvelle de l’annonce de la capture de Seïf El Islam El Gueddafi, faite sur un ton officiel teinté de triomphalisme par le Conseil national de transition (CNT) et les capitales occidentales engagées dans le conflit.

Des sources officielles de l’opposition libyenne, confortées par des déclarations de la Cour pénale internationale (CPI), avaient même fait état de consultations pour le transfèrement imminent de ce gros poisson à la Cour internationale de justice de La Haye pour y être jugé pour crime contre l’humanité. L’euphorie n’aura duré que quelques heures avant ce coup de théâtre, digne des films à rebondissements à la Hitchcock, apportant par l’image et le son la preuve que la supposée capture de Seïf El Islam n’était en fait qu’un grossier mensonge. C’est le concerné lui-même entouré de ses gardes et de ses fidèles qui a tenu à démentir le bobard devant un parterre de journalistes. En homme fort du régime qu’il incarne avec son père et le reste de sa fratrie, il s’est évertué devant les journalistes à donner de lui et du régime d’El Gueddafi l’image d’une citadelle qui est loin d’être défaite ou sur le point de capituler. Bien plus, il n’a pas hésité à enfoncer le clou en invitant les journalistes à une balade à travers les rues de Tripoli pour constater par eux-mêmes que la capitale est sous le contrôle des forces loyales au régime.

Embarras

Cette apparition de Seïf El Islam sur les télévisions du monde entier, libre et narguant ses ennemis, alors que tout le monde attendait, à la suite de l’annonce de sa capture, de le voir dans une autre posture moins valorisante, a laissé groggy ses adversaires aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Libye. Preuve de cet embarras à gérer cette bourde politique dont on ne connaît pas encore l’origine même si on devine facilement les objectifs : aucun commentaire ni réaction n’est venu ni de l’entourage du CNT ni des pays de la coalition engagée en Libye pour fournir des explications sur ce mensonge du siècle qui sera versé au registre des manipulations médiatiques du style du charnier de Timisoara ou encore de l’arsenal de guerre de Saddam Hussein présenté par le Pentagone comme des armes de destruction massive ayant fourni le prétexte à l’invasion de l’Irak.

La légèreté avec laquelle cette information a été validée et traitée suscite bien des interrogations. Comment se peut-il en effet que des Etats, qui se respectent et respectent au moins leurs opinions, acceptent de se fourvoyer dans une opération de mensonge institutionnel, tout en sachant que l’information sera très vite démentie, comme ce fut le cas ? A moins que ces derniers furent menés en bateau par l’opposition libyenne qui leur a refilé un tuyau crevé, laquelle opposition se serait faite piégée à son tour par une fausse information sortie de l’entourage d’un clan du CNT soucieux de solder des comptes au sein de cette entité secouée ces dernières semaines par de profondes dissensions. L’assassinat non élucidé de l’ancien ministre de l’Intérieur d’El Gueddafi et chef de la rébellion, Younès Abdelfettah, le 29 juillet dernier – assassinat attribué à une opération de purge interne au CNT – est le signe le plus patent de ces clivages.

Autre hypothèse tout aussi plausible : la fausse information serait l’œuvre des services libyens pour discréditer le CNT et ses soutiens extérieurs. Quelles que soient les hypothèses émises, le fait est que cette affaire de délit de mensonge d’Etat a suscité le doute dans les chaumières des anti-Gueddafi. Le régime libyen, ou ce qu’il en reste après l’offensive de Tripoli, tente de tirer le maximum de dividendes de cette fausse manœuvre dans l’espoir de plus en plus tenu de se m énager une porte de sortie. Surfant sur cette vague médiatique, Seïf El Islam multiplie les contacts avec la presse. Piqué au vif, l’OTAN risque de mettre toutes ses forces dans la bataille de Tripoli pour clore rapidement le dossier libyen et laver l’affront subi à travers l’épisode rocambolesque de la fausse capture de Seïf El Islam.

Omar Berbiche

Interview de Saïf Al-Islam Kadhafi : « Abdoulaye Wade a reçu 20 millions d’euros pour son fils »

Révélation du fils de Khadafi: “Abdoulaye Wade a reçu 20 millions d’euros pour son fils (Karim, son possible successeur). C’est le Qatar qui a payé, nos espions nous disent tout

Parmi les enfants de Mouammar Kadhafi, Saïf Al-Islam avait l’ambition d’être le réformateur de la Libye. Le deuxième fils du Guide libyen a vécu et étudié à l’étranger, lancé de grands travaux de transformation des villes libyennes. Lorsqu’a éclaté la contestation armée, en février, l’ingénieur de formation a sidéré la planète par une allocution télévisée où il promettait de continuer la guerre contre les rebelles de l’est libyen, le Conseil national de transition (CNT), “jusqu’au dernier homme, jusqu’à la dernière femme, jusqu’à la dernière balle.”

Quatre mois plus tard, Saïf Al-Islam Kadhafi, l’ex-”jet-setter”, joue un rôle clef à Tripoli. En raison des frappes de l’OTAN, il reste discret sur ses déplacements mais, en cet après-midi, il est allé “nager dans la mer”. Depuis le 20 juin, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), comme son père et le chef des services de renseignements libyens.

Vous sentez-vous visé par les frappes de l’OTAN ?

L’OTAN a bombardé ma propre maison, le bureau de mon père, sa tente et d’autres endroits où ils pensent mon père pourrait se trouver. Ils essayent de le tuer de toutes leurs forces. Ce qui montre que ce sont des gangsters, un groupe de criminels. Je ne crois pas que la résolution (1973) du Conseil de sécurité dise : “Vous devez tuer Monsieur Kadhafi”, ou tuer mon frère (Saïf Al-Arab, le plus jeune des fils de Mouammar Kadhafi, tué par un bombardement de l’OTAN avec sa famille en mai), ou tuer les enfants de Libye.

Comment vivez-vous les poursuites de la CPI ?

Il y a deux mois, on nous appelait de plusieurs pays, en nous disant : “Si vous partez en exil, on fera cesser les poursuites. On réglera ça.” Ça signifie que ce n’est pas un véritable tribunal. C’est un outil pour nous mettre sous pression. Mais on pense plus à la bataille en cours, pour l’instant, qu’à la CPI. Dieu est avec nous, on va se battre, et on gagnera. Ils (le Conseil national de transition (CNT), les rebelles) sont du côté du Mal. Ils commettent des horreurs. Benghazi est comme Mogadiscio, avec des terroristes partout.

Vous dites “ils” pour qualifier le CNT. Vous ne souhaitez pas les qualifier de rebelles ?

Je les appelle plutôt des rats. Ils n’ont aucune chance de prendre le contrôle de la Libye par le biais de l’OTAN et de la France. Les rats sont très fiers d’eux-mêmes. Ils n’étaient personne. Maintenant, ils sont reçus à l’Elysée, au 10 Downing Street, chez Obama. Il y a des avions, des sous-marins qui font la guerre pour eux. C’est comme au cinéma, mais le peuple ne les soutient pas. Un jour, vous vous souviendrez de ce que je vous dis : les rats n’ont strictement aucune chance de contrôler ce pays. Ce sont des traîtres. Ils travaillent avec des Européens, des Américains, d’autres encore pour bombarder leur propre peuple.

Il y a aussi des pays africains qui soutiennent le CNT.

La France a ses valets en Afrique. Ils ne vénèrent pas Dieu, ils vénèrent l’Elysée. Certains ont leurs raisons. Abdoulaye Wade (le président sénégalais) a reçu 20 millions d’euros pour son fils (Karim, son possible successeur). C’est le Qatar qui a payé, nos espions nous disent tout. Mais nous avons de nombreux amis sur le continent.

Il y avait à l’origine de cette crise un mouvement de contestation du pouvoir en Libye.

Les véritables enjeux sont l’argent, l’argent, l’argent et le pétrole. Personne ne soutient les rebelles en Syrie, par exemple. Mais ici, il y a du pétrole. La Libye est un gigantesque gâteau que les pays (étrangers) veulent se partager. Ça suffit, on n’est pas dans un bazar. On fait couler le sang des gens pour pouvoir signer ces contrats.

Nicolas Sarkozy avait reçu Mouammar Kadhafi à Paris en 2007. A présent, la France soutient le CNT. Que s’est-il passé ?

On considérait M. Sarkozy comme notre meilleur ami en Europe. La relation qu’il avait avec mon père était tellement spéciale. Nous avions même des liens avec son ex-femme. Nous avions une sorte de relation familiale avec lui. En une nuit, il a changé d’avis. Nous avons entendu qu’il était fâché parce que nous n’avons pas signé beaucoup de contrats avec la France. On n’a pas acheté le Rafale. Le Brésil et Abou Dhabi ne l’ont pas acheté non plus. Est-ce que la France va les bombarder aussi ? Mais il reste une chance pour restaurer cette amitié. Si vous continuez à nous bombarder, vous n’obtiendrez rien. Mais les rebelles ne l’emporteront jamais. Pétrole, Rafale, contrats : fini ! Total ? Fini ! Quant à ces gens (les rebelles), bientôt ils vont disparaître. Si vous voulez faire des affaires en Libye, vous devriez venir à la bonne adresse (Tripoli). Là, vous traitez avec les mauvais interlocuteurs.

On se bat toujours sur les fronts…

Les rebelles ne sont que quelques centaines de combattants, huit cents ou mille à l’échelle du pays. Ils sont relativement forts parce qu’ils ont l’OTAN qui se bat pour eux, avec l’argent, les médias, les armes, les (hélicoptères) Apache. Les Tornado, les Rafale, le Charles-de-Gaulle. La VIe flotte(américaine), les Awacs. Ce n’est pas une plaisanterie, tout ceci. Si vous soutenez Mickey Mouse avec de tels moyens, Mickey Mouse sera quelque chose en Libye ! En dépit de cela, ils perdent du terrain tous les jours.

Que se passerait-il si l’OTAN arrêtait ses frappes ? Vous arrêteriez la guerre ?

Avec l’OTAN ou sans l’OTAN, et même si le diable vient faire la guerre avec les rebelles, ils vont perdre ! Les Américains ont soutenu le Sud Vietnam pendant longtemps, à la fin ils ont dû partir en courant. Aujourd’hui même, les Américains essayent de faire plaisir aux talibans en Afghanistan et négocier avec eux. Les Mirage 2000 sont envoyés depuis la Corse, les Tornado anglais depuis la Sicile. Ils font des missions depuis l’Europe pour bombarder un Land Cruiser (un 4×4) en Libye et ils retournent sur leur base. Vous pensez qu’ils vont contrôler la Libye en s’y prenant de cette manière ? Ce sont les gens sur le terrain qui vont l’emporter.

L’opération de l’OTAN est particulièrement stupide, mal préparée. Tout a été fait dans la hâte. Une campagne fast-food, une campagne McDonald’s. Nous, nous avons notre armée. Nous avons plus de munitions, plus d’armes. Le moral est au plus haut. Les autres sont de plus en plus faibles.

Les possibilités de négociation qui se dégagent peuvent-elles mettre fin au conflit ?

Vous voulez la paix ? On est prêts. Vous voulez la démocratie ? On est prêts. Vous voulez des élections ? On est prêts. Vous voulez que la Libye devienne comme la Suisse ? On est prêts. Vous voulez une nouvelle Constitution ? On est prêts. Vous voulez la guerre ? On est prêts aussi. On est prêts pour toutes les options.

Moi, j’aime la démocratie. Je veux que la Libye soit la Suisse ou l’Autriche du Moyen-Orient. Je veux que nous ayons une économie moderne, une démocratie moderne, avec la liberté, des élections. Mais si vous voulez la guerre, nous adorons nous battre ! Jusqu’à la mort. Laissez les Libyens décider. S’ils veulent une monarchie, une république, ou tout ce qu’on peut imaginer.

Quelles sont les chances de voir aboutir les négociations qui s’annoncent ?

Laissez-nous organiser des élections, avec des observateurs du monde entier, de manière transparente.

Des élections pour quoi exactement ? A quel niveau ?

A tous les niveaux. Il suffit de demander. On peut mettre en place un gouvernement de transition avec des technocrates de tout le pays, pour la transition, pendant trois ou quatre mois. Ensuite on établit une nouvelle Constitution. Les élections suivent tout de suite et ce sera le retour à la paix. Libye n’est pas l’Irak. Les enfants pourront retourner à l’école, on voyagera, on ira se baigner dans la mer, on fera des affaires, point final. Nous sommes cinq millions, on est riches, on peut s’entendre. Ce n’est compliqué qu’à cause des autres, de l’OTAN, de la France, Royaume-Uni, Italie, Amérique, Turquie et Qatar.

Jugera-t-on les crimes commis ?

A Benghazi, ils font des horreurs, et on les appelle “combattants de la liberté”. On a accusé Kadhafi d’avoir bombardé Tripoli. Il n’y a aucune preuve. Où sont les victimes ? Cette fois, ils viennent avec une nouvelle histoire : les viols. On viole les femmes et on prend du Viagra (distribué aux combattants). C’est un vrai film ! Et là, encore une autre histoire : nous serions prêts à attaquer avec des armes chimiques. Tout ceci pour rendre la situation “sexy”. Comme on l’avait fait pour les armes de destruction massives de Saddam Hussein.

Ce pays a-t-il besoin d’un président (il n’y en a pas dans l’état actuel) ?

Non, ce pays a besoin de pouvoirs locaux très forts, avec un système fédéral.

Quelle peut être dans ce cas la place du Guide, votre père ?

Mon père ne fait pas partie des négociations. C’est un conflit libyen, avec des Libyens et des traîtres, des milices, des terroristes. Vous pensez qu’on peut trouver une solution qui ne l’implique pas ? Non, c’est impossible.