Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives de Tag: Rassemblement du peuple togolais (Rpt)

CVU : Le système RPT/AGO a créé 500.000 pauvres au Togo

Les Togolais sont aujourd’hui en mesure d’apprécier les effets négatifs de la gouvernance de Faure Gnassingbé et de son gouvernement RPT/AGO, que les bailleurs de fonds présentaient, après les élections frauduleuses de 2005 et de 2010, comme une victoire de la « raison ». Ces bailleurs qui ferment les yeux sur les crimes économiques et électoraux dès lors que leurs intérêts sont en jeu, ont cru, du moins certains, à la capacité de Faure Gnassingbé d’apporter une solution aux problèmes quotidiens de tous ordres rencontrés par les Togolais.

1. FAURE A ACCOUCHE PREMATUREMENT DE 500 000 PAUVRES

Sous couvert d’une réconciliation factice, sous couvert d’un gouvernement d’union nationale factice, sous couvert d’un dialogue inclusif factice, Faure Gnassingbé a du mal à accoucher d’une solution participative qui permettrait des créations d’emplois et une redistribution des richesses qu’il réserve à son clan ou à sa clientèle. Quant au pouvoir d’achat des Togolais et Togolaises, il y a fait des coupes sombres sans aucun ménagement. Faure Gnassingbé avec son système RPT/AGO, loin de contrôler les statistiques économiques, a réussi, d’après les derniers chiffres de la Banque mondiale, à créer 500 000 nouveaux pauvres. Les Togolais peuvent mesurer aujourd’hui dans les faits, que le ralliement au RPT de Gilchrist Olympio et de ses AGO – piteux au regard de son histoire personnelle et de celle de sa famille – n’était en fait qu’une manœuvre d’intégration dans l’oligarchie qui règne sans partage sur la richesse du Togo, laquelle appartient au Peuple togolais.

Après un an et demi de gouvernance commune RPT/AGO, la situation des Togolais n’a connu aucune amélioration mais s’est au contraire aggravée pour la grande majorité des citoyens. Les bailleurs incrédules continuent à croire les informations partielles et partiales envoyées par l’Etat togolais, pour mieux justifier en Occident un système d’incrédulité qui permet de protéger les intérêts de ces mêmes bailleurs de fonds. Faure Gnassingbé utilise les travaux routiers pour gagner du temps et faire patienter le peuple togolais qui refuse de faire un bilan des actions passées du fils du père.

Mais le Représentant Résident de la Banque mondiale au Togo, M. Hervé ASSAH, a refusé manifestement de verser dans la désinformation. Il reconnaissait récemment que la situation du Togo portant sur l’environnement des affaires s’est détériorée, ce qui n’échappe pas aux potentiels investisseurs qui survolent le Togo pour aller s’installer au Ghana ou au Bénin. Malgré une légère remontée de la croissance économique, le nombre de pauvres, qui représentait déjà 74 % de la population, bilan du Papa de Faure, aurait « augmenté de 500.000 lorsqu’on fait une simulation de la pauvreté » 1. Les doutes sur les programmes de réformes « nous souhaitons que ce programme permette des avancées substantielles dans le sens de la relance économique et sociale du Togo », ne semblent plus permis. La vérité est que le système RPT/AGO a créé plus de 500 000 pauvres avec l’argent des bailleurs de fonds incrédules.

2. UN TROISIEME MANDAT EN 2015 POUR AUGMENTER LE NOMBRE DE PAUVRES AU TOGO

Il s’agit d’une estimation moyenne. A ce rythme effréné, à la fin du dernier mandat présidentiel normalement prévu en 2015, Faure Gnassingbé et ses soutiens RPT/AGO auront réussi le tour de force d’avoir créé 2 500 000 pauvres supplémentaires au Togo en 2015. Chacun peut comprendre alors pourquoi Faure Gnassingbé fait tout pour briguer un 3e mandat présidentiel, contrairement à ce que prévoyait la Constitution togolaise de 1992 avant qu’elle ne soit unilatéralement tripatouillée par le RPT. Si les Togolais et Togolaises le laissent faire, il aura réussi le tour de force de transformer en pauvres toute la population togolaise. Toute la population ? Non ! Les membres de la galaxie RPT/AGO forment l’exception qui confirme la règle. Il n’y a pas lieu de les citer, ils se reconnaitront et les togolais les reconnaitront. Surtout lorsque ce sont ceux qui se sentent lésés qui demandent à cvu-togo-diaspora de publier les noms.

Comme la Commission vérité, justice et réconciliation est rentrée dans sa phase de « pardon de l’impunité », il est difficile de voir comment l’exercice factice de transparence à la manière de Monseigneur Barrigah, chef d’Etat-major du CVJR, pourrait illuminer la vérité, celle prônée par Dieu, celui qu’il prie. Il est vrai que les comportements évoluent lorsque, comme dans les pays riches, les pauvres sortent de leur condition et découvrent les opportunités offertes en tant que classe moyenne. Le pauvre qui s’est élevé hors de la classe pauvre pour entrer dans la classe moyenne, oublie de fréquenter les cultes religieux, devient critique, et conteste le pouvoir que s’arroge un archevêque ou un ecclésiastique de ne pas respecter la séparation de l’Eglise et de l’Etat. C’est donc cette connivence qu’il faut retenir, quant au rôle que joue la CVJR pour empêcher la vérité de jaillir, donc de soutien d’une forme nouvelle d’impunité, puisque les militaires non républicains refusent de dire la vérité. Mais qui est fou ? Dire la vérité sur les meurtres, crimes, viols et autres exactions pour aller en prison ou obtenir la bénédiction de Monseigneur Barrigah est risqué. Il vaut mieux se taire et faire du chantage sur ceux qui souhaitaient témoigner pour dire la vérité. Et puis, comme il n’y a pas de séparation entre l’église et l’Etat, rien ne permet d’être certain que les dépositions devant la CVJR ne serviront pas pour créer des boucs-émissaires, seul moyen de disculper le système RPT/AGO.

3. FAURE GNASSINGBE A PEUR DE FAIRE LES ELECTIONS COMMUNALES AVANT LES LEGISLATIVES

Alors peut-être, sans bouc-émissaires identifiés, c’est la Cour pénale internationale (CPI) qui pourrait guetter les membres criminels du système RPT. Alors pour parer à toutes éventualités, il suffit de rouler le peuple togolais dans la farine en lui promettant du vent et à manger afin que chacun oublie que la vérité des urnes est difficile à falsifier avec des élections locales. En attendant que Faure Gnassingbé annonce qu’ il ne se représentera pas aux élections présidentielles de 2015, et sous la pression des étudiants indignés de Lomé et de Kara qui voient leur avenir bouché du fait du système RPT/AGO, le peuple togolais ne doit pas faire l’impasse sur les élections locales et communales. A ce titre, le report quasi-régulier par Faure Gnassingbé de la tenue de ce scrutin, ressemble fort à une forme d’amnésie sélective en démocratie. Une telle élection devrait permettre à de nombreux togolais et togolaises de la Diaspora, pris dans le tournis de la crise de solvabilité et celle de l’Euro qui met à mal l’Union européenne, de trouver une occasion de servir leur commune. Aux Etats-Unis, les perspectives d’une guerre ne sont pas à écarter. Ce qui tend à cristalliser les Etats autour de ceux qui au conseil de sécurité peuvent aujourd’hui dire « non » à l’injustice et l’ingérence directe ou indirecte d’Etats qui deviennent cyniques, dès lors qu’il faut défendre d’abord leurs intérêts avant ceux des peuples africains en général, togolais en particulier. La violence bestiale de l’agression occidentale en Côte d’Ivoire et en Libye, a fini par faire sortir de leur torpeur une partie importante des Africains rêveurs et naïfs et en dessillant leurs yeux, amoindri leur vénération des dirigeants des pays riches vus comme des justiciers au service du pauvre.

4. RECOMMANDATIONS : IMPOSER LES ELECTIONS LOCALES AU TOGO

La vérité des urnes rencontre des contraintes au Togo comme ailleurs. Mais si Faure Gnassingbé refuse d’annoncer son départ constitutionnel pour 2015, si l’opposition togolaise refuse de se parler pour proposer une équipe commune pour servir d’alternance crédible au service du peuple togolais, alors le peuple togolais ne doit pas se faire avoir.

Le cvu-togo-diaspora recommande :

* de militer, d’insister, de demander et d’imposer des élections locales et communales avant les élections présidentielles et législatives. Le système choisi devra permettre une réelle représentativité des Togolais et obtenir un consensus. Faure Gnassingbé refuse toujours de compter les Togolais de la Diaspora justement pour les empêcher de se présenter aux élections locales ;

* de rappeler à Faure Gnassingbé que rien ne l’empêche d’annoncer par avance son départ, afin d’apaiser les tensions politiques, servir de catalyseur à la réconciliation et de retrouver l’estime des Togolais ;

* Faure doit s’expliquer sur sa capacité à créer 500 000 pauvres en si peu de temps. En réalité, Faure Gnassingbé ne rend compte que rarement – pour ne pas dire jamais – de ses actions et arbitrages au peuple togolais. Militons pour l’obliger à le faire !

Le Collectif pour la Vérité des Urnes (Togo)

Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Coordinateur Général

François FABREGAT

Secrétaire Général

Publicités

Togo : Quand Faure Gnassingbé pousse son allié Gilchrist Olympio vers la sortie

Présidentielle 2015 / Plafonnement de l’âge des candidats à 75 ans : Quand Faure Gnassingbé pousse son allié Gilchrist Olympio vers la sortie

Gilchrist Olympio, fils du regretté Sylvanus Olympio

Le « Leader nouveau » qui courrouce l’ « Opposant historique », ce n’est plus arrivé depuis le 26 mai 2010, date de la signature de l’accord « historique » entre le Rassemblement du peuple togolais (Rpt) et l’Union des forces de changement (Ufc). Depuis lors, les désirs, et mieux, les caprices du « Leader charismatique » étaient des ordres. Ils sont satisfaits pour ne pas susciter son courroux. Mais apparemment les choses ne seront plus ainsi. Faure Gnassingbé vient de franchir le pas, et on peut oser dire qu’il s’est ou commence à s’affranchir du joug Gilchrist Olympio.

La 8e session des discussions au sein du Cadre permanent de dialogue et de concertation (Cpdc) tenue hier était consacrée au nombre de mandats du président de la République, Selon le compromis qui s’est dégagé, ce mandat, de 5 ans, ne devrait être renouvelé qu’une seule fois. Mais la précédente cession organisée le jeudi 24 novembre dernier à été consacrée aux conditions d’éligibilité à la présidence de la République. Au-delà des dispositions de nationalité, résidence et santé physique et morale, la grande « nouveauté » est relative à l’âge des candidats, et surtout au plafond. Selon la proposition qui emporte l’adhésion des parties prenantes aux discussions, pour briguer la magistrature suprême, il faut avoir au moins 40 ans, et au plus 75 ans. Avant que ces dispositions ne prennent la forme de loi, elles doivent être avalisées par l’Assemblée nationale ou par référendum, et on n’en est pas encore là. Mais ce plafonnement de l’âge pose problème. Il écarte de facto un candidat potentiel, et pas des moindres : son Excellence Gilchrist Olympio.

Comme un scandale à l’Ufc

Il y a de quoi faire couler de la bile à l’Ufc. Si ces propositions sont validées – ce qui va forcément arriver -, cela signifie que « Fo Gil » ne sera pas de la course en 2015. D’autant plus que l’homme compte déjà trois quarts de siècle derrière lui, et en 2015 aura connu 79 moussons et 79 harmattans. Il faut craindre même que le plus grand parti de l’opposition (sic) n’ait pas de représentant pour la compétition, quand on se rappelle le feuilleton de la candidature de Jean-Pierre au scrutin du 4 mars 2010. C’est un sacrilège d’oser remplacer le « vieux », même grabataire, et le président de l’Alliance nationale pour le changement (Anc) l’a appris à ses dépens. D’ailleurs au sein de ce qu’il reste de l’Ufc comme ressources humaines, on ne voit pas de présidentiable, à part le « maréchal ». Et ce n’est certainement pas le diplômé de la Fondation Konrad Adenauer qui ferait l’affaire.

Cette proposition impromptue est vécue comme un scandale et on a tenu à le signifier au travers d’un communiqué gribouillé juste au lendemain de cette séance au Cpdc, signé de son Secrétaire Général, Dr. Pierre Sambiani Jimongou. Le parti trouve inopportune une telle proposition « dans la mesure où tout candidat éligible doit présenter un état général de bien-être physique et mental, dûment constaté par trois (3) médecins assermentés désignés par la Cour Constitutionnelle comme le stipule l article 62 en son alinéa 4 ». L’Ufc « réitère, comme lors des débats, que cette proposition de plafonnement d’âge n’a donc pas sa raison d’être et invite, par conséquent, le CPDC à poursuivre la réflexion sur la question dans l’intérêt supérieur de la Nation ». Si c’était une époque, on parie que cette manœuvre d’exclusion aurait fait l’objet d’une marche suivie de meeting au cours duquel le pouvoir en place serait passé à la tronçonneuse.

Nous voyions en cette agitation une petite mise en scène, juste pour entretenir l’ambiance, mais nous avons dû déchanter au regard de tout le sérieux qui est mis dans l’entourage du grand gourou.

Des émissaires du parti sont déployés sur les médias pour fustiger la chose. Avouons qu’à la place de Gilchrist Olympio, tout homme serait courroucé, d’autant plus que les relations qui lient l’Ufc au pouvoir Rpt qui oriente les travaux au Cpdc sont privilégiés. C’est un traitement de faveur qui devrait être réservé à l’ « Opposant historique », au nom de l’accord du 26 mai 2010. On a toutes les raisons à l’Ufc de se fâcher parce qu’il y en a en Afrique qui préside aux destinées de son pays à…87 ans, et qui n’est pas repu et manœuvre pour rempiler. Allusion faite au papy momie du Sénégal, le démocrate (sic) Abdoulaye Wade. C’est d’ailleurs l’argument massue brandi à l’Ufc.

La fin d’une époque ?

Doit-on voir en cette mésentente le début de la fin de la cohabitation entre Gilchrist Olympio et Faure Gnassingbé ? La crainte est bien légitime, d’autant plus que jusqu’ici le « vieux » a été choyé. Ses caprices étaient satisfaits, car la menace était constante de le voir claquer la porte à tout moment s’il est contrarié. Un comité de suivi de l’accord a été spécialement mis en place, et la présidence confiée à son Excellence Gilchrist Olympio. Le « terroriste international » est devenu cet industriel hors pair et cet homme d’affaires international qui visitait désormais des entreprises togolaises, suivi dans tous ses mouvements par les médias d’Etat, tel une star…Il se raconte même que le refus du pouvoir en place de réintégrer à l’Assemblée nationale les neuf députés Anc serait l’effet de pressions exercées par l’ « Opposant historique », qui menacerait de quitter le foyer si Faure Gnassingbé donnait suite à cette requête de la Cour de justice de la Cédéao.

Gilchrist Olympio a toutes les raisons de se fâcher, d’autant plus qu’il a tout sacrifié pour suivre Faure Gnassingbé : ses proches collaborateurs et parents qui l’ont fait (Jean-Pierre Fabre, Patrick Lawson, Isabelle Ameganvi, Eric Amerding et autres), son aura (le mythe de l’opposant historique adulé par tout un peuple ) et sa carrière « prometteuse » qui aurait pu le propulser à la présidence de la République – hum… Mais son « époux » ne lui rend pas la pareille.

Il nous revient que l’Ufc aurait fait une proposition de 80 ans comme âge plafond, tenant donc compte de l’âge qu’aura son président national en 2015. Il fut un temps, le pouvoir Rpt se serait aligné sur cette suggestion qui passerait au Cpdc comme une lettre à la poste, même la sachant inappropriée. Mais cette fois, on a osé dire non à Gilchrist Olympio, et sur la place publique, c’est-à-dire au Cpdc. Et si cette disposition était savamment dirigée contre l’ « Opposant historique » ? La question reste posée, vu que de tous les opposants datables au carbone 14 – suivez les regards- , c’est lui seul que cette mesure met sur le carreau. Le confrère « koaci.com » y voit justement une volonté du Rpt de « pousser Gilchrist vers la retraite ». A tort ou à raison ?

Au demeurant avec cette disposition, c’est un grand pas que vient de franchir Faure Gnassingbé. Il faut croire que tous les désirs de Gilchrist Olympio ne seront plus des ordres. Apparemment il a déjà servi et le « Leader nouveau » n’a plus besoin de lui. Autant que l’accord du 26 mai 2010 scellant la cohabitation, en réalité dirigée contre Jean-Pierre Fabre et les siens. Faure aura réussi à démythifier Gilchrist Olympio et à s’en défaire, tout comme le Rpt dont il cherche à s’affranchir, avec la création de son propre parti.

(liberte-togo.com)