Le Blog de Aymard

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Archives de Tag: Robert Mugabe

RDC : Investiture d’un président mal élu

L’investiture de Joseph Kabila rappelle fort bien celle de Boni Yayi en Avril dernier. Pas de liesses populaires, Villes militarisées, les chars, policiers et soldats armés jusqu’aux dents. Pour des présidents réélus par K.O, c’est la consternation qui s’est emparée de leurs concitoyens qui ont boycotté leurs diverses investitures.

Si à l’investiture de Boni Yayi réélu mystérieusement par K.O (élections organisées sans liste électorale), il y avait le congolais Denis Sassou N’Guesso, président de la République populaire du Congo de 1979 à 1992 puis depuis 1997 où il a accédé comme à son habitude à la tête de la République du Congo par un coup de force militaire, le sénégalais Abdoulaye Wade (84 ans) qui à défaut de réussir à réviser la constitution pour s’offrir un troisième mandat a le souci (et il ne le cache pas) d’ouvrir la voie à une succession présidentielle dynastique en faisant élire son fils en 2012, le togolais Faure Eyadéma (fils de son père) nommé en 2005 président du Togo puis renommé en 2010, le gabonais Ali Bongo (encore un fils à papa, pauvres gabonais) lui aussi nommé en Août 2009 à la tête du Gabon pour perpétuer le massacre intelligent du peuple gabonais et le dépouiller de ses richesses, Kabila s’est retrouvé tout seul devant sa forfaiture. Mugabe y était surement pas pour Kabila mais parcequ’il est toujours prêt à prendre tout le monde à contrepied.

Les chefs d’Etat africains qui, pour la plupart mal élu ou mal réélus, accouraient aveuglément dans les capitales africaines pour se congratuler se sont cette fois-ci abstenus de faire le déplacement. La forfaiture était trop flagrante pour s’y aventurer et risquer de paraître ridicule. Leur présence à Kinshasa après le hold-up électoral de Kabila ne les arrangerait pas du tout. Ils ne sont pas nés avant la honte.

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Zimbabwe : Le taux de croissance passe à 9 %

C’est une fois encore de l’agence de presse chinoise Xinhua, le 25/11/2011, qu’on l’apprend : le Zimbabwe, jadis chanté par Bob Marley (et célébré par Gérard de Villiers, SAS en Rhodésie, 1975), voué, à cause de son leader, l’indéraciné Capt’ain Bob Mugabe, à toutes les gémonies occidentales, promis au plus moche avenir national (famine, extermination de l’opposition, choléra), aux plus considérables catastrophes humanitaires et sociales, le seul pays (avant la Grèce) que la coupable Allemagne de Big Mama Merkel se soit permis de tancer et de sermonner depuis la (si fâcheuse pour elle) seconde guerre mondiale… le  Zimbabwe se porte bien et  Mugabe les emmerde tous !

Malgré des campagnes médiatiques d’une violence inouïe (Gbagbo, lorsqu’il y sera confronté avouera comprendre Mugabe), des accusations qui eussent du avoir pour conséquences des démissions de journalistes, des limogeages à la tête des ONG et des excuses diplomatiques en cascade, et la mise sous tutelle internationale que représente le gouvernement d’union nationale (surtout si l’on considère la médiocrité du Premier ministre de l’étranger, l’hébété, imposé et stipendié Morgan Tsvangirai), « un budget de 4 milliards de dollars a été soumis au Parlement. Le taux de croissance annoncé sera étayé par la performance des secteurs en nette augmentation comme les finances (+23 %), l’industrie minière (+15,8 %), le tourisme (+13,7 %) et l’agriculture (+11,6 %). » Le reste ferait rêver n’importe quel dirigeant européen actuel… L’inflation devrait ne pas excéder 5% à la fin de 2011 (sont où les augures de mauvais oiseaux qui nous racontaient les valises de billets dévalués, l’augmentation phénoménalement exponentielle des prix ?). « Le ministre des Finances a révisé le budget initial de 3,4 milliards de dollars pour 2012 et l’a fait passer à 4 milliards. Les 600 millions supplémentaires proviendront de la vente de diamants de Marange, dont la commercialisation avait été auparavant suspendue par le Processus de Kimberley en raison de graves violations des droits de l’Homme, mais qui a été à nouveau autorisée au début du mois. »

Le secteur minier aura attiré 502 millions de dollars d’investissements en 2011, auxquels il convient d’additionner une aide étrangère de 618 millions de dollars (contre 370.7 millions l’année dernière). « Le pays s’attend à une légère croissance de la production du tabac, de 133 000 tonnes en 2011 à 150 000 tonnes en 2012. Quant à la production de maïs, une augmentation de 1.4 millions de tonnes à 1.8 millions de tonnes est prévue pour 2012. »

Avec un charlot comme Tsvangirai, dit l’homme de Londres, le Zimbabwe en serait-il là ?

Par Ezzat J.O. www.legrigriinternational.com

Zimbabwe : Les jours de Robert Mugabe, 87 ans, sont comptés

Zimbabwe: pourquoi Mugabe ne veut pas partir

Robert Mugabe et Mahmoud Ahmadinedjad de l’Iran

Les jours de Robert Mugabe, 87 ans, sont comptés. Selon les notes diplomatiques américaines divulguées par Wikileaks, le président du Zimbabwe, rongé par un cancer de la prostate qui s’est étendu à d’autres organes, pourrait mourir en 2013. C’est du moins ce qu’affirmait un télégramme envoyé en juin 2008 à Washington par l’ambassade des Etats-Unis à Harare, citant plusieurs sources qui donnaient entre trois à cinq ans d’espérance de vie au chef de l’Etat zimbabwéen. Parmi ces sources, les médecins de Mugabe, ainsi que Gideon Gono, le gouverneur de la Banque centrale, qui aurait demandé – en vain – à son patron de quitter le pouvoir. Embarrassé par ces révélations, Gideon Gono les a aussitôt qualifiées de «fiction».

Ces informations, pourtant, ne relèvent pas du scoop au Zimbabwe. Tout le monde sait qu’à chaque fois que Mugabe s’envole pour Singapour, c’est pour s’y faire soigner. Et ce n’est un secret pour personne: le «Vieux crocodile», comme on le surnomme chez lui, est bien décidé à mourir au pouvoir. «Je suis né au Zimbabwe, j’ai grandi au Zimbabwe, je me suis battu pour le Zimbabwe, je mourrai au Zimbabwe, je serai enterré dans ma patrie et nulle part ailleurs»… Robert Mugabe martèle cette phrase à longueur d’année, dans les bulletins d’informations que lui consacre la télévision nationale.

Père de l’Indépendance, acquise en 1980 après une longue lutte de libération nationale, il fait partie de ces présidents qui considèrent que leur pays leur appartient. Il a toujours rejeté le projet d’une retraite en exil, en Malaisie par exemple – une idée que ses proches lui soufflent à l’oreille depuis dix ans. Son refus de quitter le pouvoir ne relève pas du seul entêtement autocratique. Il s’explique aussi par sa peur d’avoir à répondre devant la justice internationale des massacres perpétrés en 1983 par son régime.

Formé à l’université sud-africaine de Fort Hare, fréquentée avant lui par Nelson Mandela, le nationaliste africain s’est brouillé dans les années 1960 avec Joshua Nkomo, le leader de l’Union du peuple africain du Zimbabwe (Zapu). Ce mouvement était alors la principale résistance à l’apartheid modéré que pratiquait la Rhodésie de Ian Smith. En 1963, Robert Mugabe lance l’Union nationale africaine du Zimbabwe (Zanu). Emprisonné pendant 10 ans, il part au Mozambique à sa libération, en 1974, d’où il mène la guerre d’indépendance. Il négocie aux côtés de Nkomo les accords de Lancaster, qui aboutissent à la libération du pays.
Mais une fois au pouvoir, en 1980, il se débarrasse de toute opposition et réprime le parti de Joshua Nkomo dans son fief, la région du Matebeleland, où réside l’ethnie ndébélé. Personne n’a oublié les massacres de civils qui ont fait 20 000 morts dans le Sud-Ouest du pays.

Perpétrés par la “cinquième brigade”, une unité spéciale formée en Corée du Nord, ces crimes ont durablement ethnicisé la vie politique zimbabwéenne, entre la majorité shona qui soutient la Zanu de Mugabe et la minorité ndébélé acquise à l’opposition de Morgan Tsvangirai.
Signe d’une impatience grandissante au sein du parti au pouvoir: Jonathan Moyo, ancien ministre de l’Information (2000-2005), membre du politburo de la Zanu-PF, a condamné pour la première fois le 14 août dernier les fameux massacres. Une «page sombre de notre histoire», a déclaré ce candidat à la succession, évoquant une réaction «outrageusement disproportionnée» des autorités à l’époque. Jonathan Moyo est persuadé que Mugabe est en trop mauvaise santé pour se présenter aux prochaines élections, en 2012. De leur côté, les familles des victimes n’ont jamais eu droit au moindre mot d’excuse, et encore moins à des réparations.

Qualifié de «moment de folie» par Mugabe lui-même, en 2007, cet épisode douloureux, sur lequel l’opposition demande un débat national, pèse toujours lourdement sur la vie politique du Zimbabwe.

SlateAfrique

Risque de déstabilisation de cinq autres pays Africains

Par AFROHISTORAMA

L’information se fait de plus en plus persistante ! Elle est à prendre au sérieux!

La guerre que l’occident a décidé de mener contre les Présidents africains qu’ils estiment  » impolis » n’est qu’à son début. Après le coup d’état contre le Président Laurent GBAGBO et les pseudos révolutions arabes, Il y a de cela quelques heures, nous venons de tomber sur une liste de Chefs d’états africains contre qui l’occident, à travers la France, USA, la Grande-Bretagne…etc, se basant sur des «résolutions » de l’ONU couper sur mesure et/ou sous le couvert de l’OTAN, a décider pour certains d’éliminer physique soit par des attentats ou des assassinats programmés. Pour cette catégorie, il s’agit du Président de l’Angola : José Eduardo Dos Santos, pour qui ils trouveront comme prétexte et slogan: José Eduardo Dos Santos32 ans au pouvoir, il est temps de partir ! Le deuxième de cette catégorie est Robert Gabriel Mugabe, l’actuel Président du Zimbabwe. La même chose sera retenue contre lui aussi (rappelez vous de la visite de Morgan Tsvangirai au sous-prefet Ouattara).

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Robert Mugabe : L’Otan est une organisation « terroriste » menée par des « fous » en Europe

Robert Mugabe et Mahmoud Ahmadinedjad

« Ils cherchent à tuer Kadhafi. Ils ont délibérément tué certains de ses enfants! »

HARARE :  Robert Mugabe a estimé lundi que l’Otan était une organisation « terroriste » menée par des « fous » en Europe, l’accusant d’essayer de tuer le leader libyen Mouammar Kadhafi. « Il y a des fous en Europe. Des fous qui refusent et rejettent la vérité, des fous qui défient le droit international », a-t-il ajouté lors d’une cérémonie en hommage aux anciens combattants de la guerre d’indépendance du pays. « Regardez ce qu’ils font en Libye: c’est l’Otan contre le droit international. Voilà pourquoi je dis que l’Otan est devenue aussi une organisation terroriste. Puisqu’elle défie le droit international ».

Le président Mugabe, âgé de 87 ans, a accusé les pays occidentaux de vouloir tuer M. Kadhafi: « Ils cherchent à tuer Kadhafi. Ils ont délibérément tué certains de ses enfants!  » « Alors quand ils le font volontairement, c’est exactement ce que font les talibans et Al-Qaïda. Quelle est la différence »?

« Méfiez-vous. Ils peuvent faire (la même chose) dans n’importe quel autre pays africain que la Libye », a affirmé Robert Mugabe.

Le président zimbabwéen a une fois de plus accusé la Grande-Bretagne, l’ancienne puissance coloniale et esclavagiste, qui impose des sanctions contre lui et ses proches alliés au gouvernement. M. Mugabe a annoncé que le Zimbabwe allait « riposter », et frapper plus de 400 entreprises britanniques opérant dans le pays,  en réaction aux sanctions imposées par Londres.

Le président Mugabe partage le pouvoir au sein d’un  gouvernement d’union nationale avec son rival Morgan Tsvangirai, devenu son Premier ministre en 2009.

© La Dernière Heure

La Licorne contre Gbagbo: impensable en Afrique australe

Une intervention militaire étrangère est un scénario inconcevable en Afrique australe. Même le régime de Robert Mugabe est jugé digne de mansuétude.

Ce qui s’est déroulé en Côte d’Ivoire –à savoir l’installation par la force d’un Président par l’ancienne puissance coloniale– aurait été inimaginable en Afrique australe. Même si leur mansuétude à l’égard des dérives du président zimbabwéen Robert Mugabe leur a valu des critiques, les Etats de cette région ont payé trop cher leur émancipation pour accepter une intervention militaire occidentale.

En Afrique de l’Ouest, aucun gouvernement n’a protesté contre l’intervention militaire française en Côte d’Ivoire, dont l’unique but était de débarquer Laurent Gbagbo pour installer Alassane Ouattara, Président reconnu par la communauté internationale et la Commission électorale indépendante. Les rares qui se sont exprimés, comme le Sénégalais Abdoulaye Wade, ont salué cette opération. Il faut dire que, dès la proclamation de la victoire de Gbagbo par le Conseil constitutionnel le 2 décembre 2010, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) avait joint sa voix à la France, à l’Union européenne et aux Etats-Unis pour demander au chef de l’Etat ivoirien sortant de quitter le pouvoir. La Cédéao avait même envisagé une intervention militaire régionale qui n’a jamais eu lieu, faute de consensus. L’organisation ouest-africaine a donc laissé à la France, ancienne puissance colonisatrice, le soin de faire le travail à sa place, sous couvert d’une résolution onusienne très largement interprétée.

Certes, plusieurs pays, dont le Burkina Faso et le Nigeria, ont, à en croire Laurent Gbagbo, fourni de l’aide aux forces pro-Ouattara, mais sans l’appui logistique et opérationnel de Paris, le candidat du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) n’aurait probablement pas la satisfaction d’être aujourd’hui le seul président de Côte d’Ivoire.

Vu d’Afrique australe, en tous cas, ce qui vient de se dérouler en Côte d’Ivoire est quasiment inconcevable. Certes, le président sud-africain Jacob Zuma, un des derniers soutiens de Laurent Gbagbo, l’a finalement lâché, le 17 mars 2011, en s’alignant clairement sur la décision de l’Union africaine de reconnaître Alassane Ouattara comme seul chef de l’Etat ivoirien. En outre, l’Afrique du Sud, membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a voté, le 30 mars, la résolution apportant son «entier soutien» à la Mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci) pour utiliser «toutes les mesures nécessaires» destinées à protéger les civils et empêcher l’utilisation d’armes lourdes contre eux. Mais la ministre des Affaires étrangères sud-africaine a ensuite émis des réserves sur les bombardements des sites stratégiques d’Abidjan par les hélicoptères de l’Onuci et de la force française Licorne.

«Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d’Ivoire, avait déclaré Maite Nkoana-Mashabane. Nous ne soutenons pas nécessairement ce que nous n’avons pas voté.»

Pas de sanctions sévères contre Mugabe

Si Jacob Zuma a fait le dos rond sur le dossier ivoirien, au grand dam des partisans de Laurent Gbagbo, il n’aurait sans doute jamais accepté l’intervention armée d’une puissance non-africaine dans son voisinage direct. Il suffit pour s’en convaincre d’observer comment les récentes crises régionales ont été gérées. A commencer par celle du Zimbabwe. Malgré les graves dérives du président Robert Mugabe à partir de 2000, en matière de droits de l’homme et de violations des règles démocratiques, ni l’Afrique du Sud, ni la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) n’ont accepté de suivre l’Union européenne et les Etats-Unis dans leur décision de sanctionner sévèrement le chef de l’Etat zimbabwéen et son régime. Ce dernier n’a, d’ailleurs, pas non plus été mis à l’index par l’Union africaine.

Thabo Mbeki, Président sud-africain de l’époque, avait privilégié la voie du dialogue, en grande partie parce que Robert Mugabe restait à ses yeux celui qui avait libéré le Zimbabwe du joug du régime raciste blanc de l’ex-Rhodésie du Sud, fin 1979. Au bout du compte, un accord de partage du pouvoir avait été conclu entre Mugabe et Tsvangirai, sous l’égide de Mbeki, en septembre 2008. Ce compromis est aujourd’hui encore difficile à mettre en œuvre, mais les pays de la région ont préféré trouver eux-mêmes une solution, d’autant que les très fortes pressions britanniques et américaines –qu’elle fussent ou non justifiées– n’avaient fait qu’envenimer la situation, en offrant à Robert Mugabe l’occasion de crier au complot néo-colonialiste.

Etait-ce la bonne solution? Aurait-il fallu envoyer les troupes britanniques ou américaines pour forcer Robert Mugabe à quitter le pouvoir? Certains le soutiennent, en faisant remarquer que la crise politique est loin d’être réglée dans son pays. Mais dans une région où la lutte pour l’émancipation a été longue et meurtrière –que ce soit au Mozambique, en Angola, en Namibie, au Zimbabwe et bien sûr en Afrique du Sud– aucun chef d’Etat ne se serait risqué à soutenir une telle solution.

Pour autant, Jacob Zuma tient actuellement un discours plus ferme que son prédécesseur à l’égard de Robert Mugabe. Le 18 avril, alors que le blocage politique et les arrestations se poursuivent au Zimbabwe, Zuma a averti que son voisin s’expose à une révolte comparable à celle intervenue en Afrique du Nord si des réformes ne sont pas mises en place. Mais il n’y a quasiment aucune chance que la SADC prône une solution à l’ivoirienne pour sortir du blocage. Le chaos et les nombreuses victimes qui ont accompagné la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara par les armes encouragera sans doute les pays d’Afrique australe à maintenir leur ligne de prudence.

Jérémie Ncubé

Slate-25/4/2011