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Archives de Tag: Saddam Hussein

Good bye Bagdad, Un retrait sans gloire mais pas de retour à la paix

Le retrait n’a pas été une retraite. Cela suffit au président Obama pour être content. « C’est une réussite extraordinaire, qui a pris neuf ans », a-t-il dit, sans paraître en douter.

Lors d’un discours devant des soldats à Fort Bragg (Caroline du Nord, Sud-est), le président a aussi évoqué le « prix élevé » de cette guerre de près de neuf ans, à laquelle il s’était opposé quand il n’était pas encore à la tête des Etats-Unis. « Nous laissons derrière nous un Etat souverain, stable, autosuffisant, avec un gouvernement représentatif qui a été élu par son peuple. Nous bâtissons un nouveau partenariat entre nos pays. Et nous terminons une guerre non avec une bataille finale, mais avec une dernière marche du retour« , a-t-il lancé. Cela reste très optimiste.

Avec le départ des derniers soldats américains d’ici la fin de l’année, c’est une guerre injustifiée qui se termine pour les USA en Irak; mais pas pour les Irakiens. Elle avait été déclenchée, pour de très mauvaises raisons, puisque Saddam Hussein ne cachait pas d’armes de destruction massive et que son alliance avec Al-Qaïda était totalement inventée. Elle se termine sans que l’Irak détruit et divisé soit reconstitué et dispose d’une stabilité politique même relative.

On ne les pleurera pas

L’Irak reste très vulnérable au terrorisme, aux affrontements ethniques et religieux, sans parler d’une action de l’Iran. Les généraux américains auraient souhaité garder sur place un contingent de conseillers militaires, capables de préparer notamment la défense aérienne irakienne. Aujourd’hui, celle-ci est égale à zéro! Idéalement, il aurait fallu laisser de 5 000 à 10.000 hommes sur place, ainsi qu’une force antiterroriste, comme dans d’autres pays de la région, pour de nombreux spécialistes.

Les Américains ne seront pas regrettés, notamment des les Sunnites qui dominaient un Irak unifié du temps, du président Saddam Hussein. Des centaines d’habitants de Fallouja, qui fut le premier bastion du refus de la présence américaine en Irak dès le printemps 2003, ont  célébré ce départ Cette ville d’un demi-million d’âmes reste profondément marquée par la double offensive menée contre elle, en avril et novembre 2004, dont la violence inouïe lui a valu une place à part dans la saga de la guerre d’Irak.

La première attaque américaine, qui visait à mater l’insurrection sunnite, fut un échec et la ville se transforma rapidement en un fief d’Al-Qaïda et de ses alliés qui y imposèrent leur loi. La deuxième bataille fit quelque 2.000 morts civils et 140 chez les Américains. Elle impliqua 15.000 GI’s et est considérée comme la plus dure qu’ils aient eu à mener depuis la guerre du Vietnam. Rien n’est oublié.

Un retrait peut cacher une intervention

En fait, le retrait d’Irak est indispensable dans l’hypothèse d’une intervention militaire contre l’Iran. Il est de plus en plus évident qu’une guerre furtive américano-israélienne contre l’Iran a déjà commencé, soutenue par la Grande-Bretagne et par la France. Un appui clandestin aux groupes armés de l’opposition s’est développé en une campagne d’assassinat de scientifiques iraniens, d’un général iranien, en cyber-guerre, en attaques sur les installations militaires etc.

La décision du gouvernement britannique de prendre l’initiative de l’imposition de sanctions sur toutes les banques iraniennes et de faire pression pour un boycott européen du pétrole iranien a déclenché le saccage de son ambassade à Téhéran par des manifestants, la semaine dernière, et l’expulsion ultérieure des diplomates iraniens de Londres.

C’est un avant-goût de la manière dont le conflit peut rapidement s’intensifier, comme ce fut le cas à la fin de la semaine lorsqu’un drone US, qui survolait le territoire iranien, a été capturé. Ce qu’un responsable israélien a appelé un « nouveau type de guerre » peut se transformer en une beaucoup plus classique. Si l’opposition à une attaque contre l’Iran ne se renforce pas, ce pourrait devenir la guerre au Moyen-Orient la plus dévastatrice de toutes. Le retrait US d’Irak ce n’est ni la paix pour le pays ni la paix pour la région.

Jean Bonnevey sur METAMAG

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Roland Dumas : Les Israéliens manipulent les services de renseignements français (DST) comme bon leur semble

Al manar – Dans son dernier livre intitulé « Coups et blessures – 50 ans de secrets partagés avec François Mitterrand« , l’ancien ministre des Affaires étrangères Roland Dumas parle de ses souvenirs auprès de l’homme, mais aussi… (Et c’est là où l’auteur étonne et détonne), il dénonce l’ingérence israélienne dans les affaires françaises ! Pour ce faire, l’homme a dû enlever ses gants diplomatiques, et se livrer à cœur ouvert : sans un seul tabou, il parle de tout, relate tout, explique tout, sans fioriture ni faux-semblants.

Les Israéliens manipulent la DST

« Les Israéliens en font à leur guise en France, et manipulent les services de renseignements français (DST) comme bon leur semble », dénonce-t-il, non sans courage.

Il évoque les circonstances qui ont entouré la visite du chef de l’organisation de libération de la Palestine Yasser Arafat en France à la fin des années 80, assurant être lui-même l’architecte des relations avec le leader palestinien.

Selon lui, Mitterrand n’était pas contre l’idée de le rencontrer mais craignait la réaction du lobby juif : « le lobby juif, comme l’appelait Mitterrand, œuvrait ardemment. Les pressions étaient très fortes lorsque j’ai annoncé que je comptais rencontrer Arafat durant sa visite au parlement européen en septembre 1988. J’ai obtenu du président Mitterrand après de pénibles tractations la permission de l’accueillir. Après m’avoir répété ses mises en garde, il m’a dit : bon d’accord, mais tu en assumeras la responsabilité…peut-être voulait il insinuer par-là ma démission si les choses tournaient mal ».

Et d’ajouter : « je ne suis pas d’accord avec la politique israélienne, j’ai toujours été fidèle au principe d’équilibre instauré par le général de Gaule au Moyen Orient. Les peuples arabes ont droit au respect. La politique israélienne actuelle inspirée des activités proches des sionistes ne suit pas le bon chemin ».

Les révolutions arabes auront un impact fort sur Israël

Dans son ouvrage paru le mois d’avril dernier, le diplomate français estime que les révolutions arabes sont l’événement le plus important après celui la fin du colonialisme et celui de la chute du mur de Berlin, et leur impact sur Israël sera formidable. Mais d’après lui, l’Égypte est en train de payer le prix de l’humiliation qu’elle a fait pâtir au peuple Palestinien, et ce de par son laxisme avec les Américains et les Israéliens.

Bachar El Assad est un homme charmant.

L’ancien ministre français des affaires étrangères s’est longuement attardé sur la Syrie.
Il a révélé avoir visité l’ancien président syrien Hafez Al Assad en 1992 sur une suggestion de Shimon Perez qui était alors chef de la diplomatie israélienne.

Rapportant leur longue discussion qui a porté sur le Liban, durant laquelle Assad s’est attelé à lui expliquer que le Liban est une terre syrienne et que les problèmes sont dus aux Britanniques et aux français qui ont opéré un partage injuste, Dumas affirme qu’il sentait qu’Assad voulait par là le taquiner sans aller pour autant jusqu’à mettre en question les frontières léguées par le colonialisme.

« Bien au contraire, c’est une chose qu’il a refusée, lorsque certains leaders maronites le lui ont suggérée, comme l’a rapporté Karim Bakradouni », un ancien responsable des Phalanges-les Kataëb.

Indiquant avoir aussi connu le président syrien actuel Bachar El Assad, il le qualifie « d’homme charmant qui détient un esprit plus ouvert que celui de son père, un esprit pétillant, qui ne récuse pas les questions embarrassantes », estimant que les israéliens se trompent de ne pas négocier avec lui.

Pas d’armes nucléaires en Iran

Roland Dumas a consacré un chapitre important à l’Iran, qu’il a visité plusieurs fois pour y rencontrer son ancien homologue Ali Wilayati et l’ancien président Ali Akbar Hachémi Rafsanjani.

« La bombe nucléaire iranienne est à mon avis à l’instar des armes de destructions massives de Saddam Hussein. C’est-à-dire que je n’y crois pas. Tout ce qui se passe n’est que de l’intoxication. Les tergiversations de la politique française sont dues à des immixtions aux origines connues », a-t-il signifié, signalant que la présence d’Israël aux portes rend toute analyse différente suspecte.

Dumas défend le point de vue iranien qui explique la nécessite d’édifier des réacteurs nucléaires pour des besoins énergétiques vu que leur stock en pétrole devrait tarir dans 60 ans. « Ce qui est vrai est que les Iraniens veulent poursuivre leur programme nucléaire civil et que tous les rapports indiquent qu’il n’y a pas d’armes nucléaires », conclut-il.

Les otages français et l’avenir de Chirac

Dumas a également évoqué l’affaire des otages français détenus au Liban au milieu des années 80 du siècle dernier, incombant le retard de leur libération à l’intrusion de Jacques Chirac et de son équipe dans les négociations menées entre Mitterrand et les Iraniens. Il y dévoile que le président de gaullien qui en était au summum de sa campagne électorale a accordé aux Iraniens un marché plus séduisant pour que leur libération soit effectuée grâce à lui, et ce en faveur de son avenir politique.

Roland Dumas n’hésite pas révéler son parcours personnel, sa vision politique et ses choix de vie, en tant que résistant, sympathisant puis socialiste dès 1942, ancien journaliste, avocat réputé, député, dandy, ministre puis président du Conseil constitutionnel.

Il évoque son militantisme pour la défense des militants algériens du Front de libération dans les années 60, ses secrets en particulier avec les présidents et les rois arabes…

Roland Dumas, qui a bénéficié d’une relaxe dans l’affaire ELF en 2003, avait démissionné comme président du Conseil constitutionnel en 2000, après avoir été accusé de favoritisme, lors de l’embauche de son ancienne maîtresse, Christine Deviers-Joncour. Il ne manquait plus que cet épisode croustillant des années Dumas.

Le scalp du Guide …

Le morbide trophée d’un Kadhafi ensanglanté avec tout autour la danse funeste de ses propres compatriotes exhibé sur tous les écrans de télévision du monde. Une sorte de rituel de la coalition Onu-Otan-Ue-Cnt afin d’exorciser l’occident engluée dans l’une des pires crises de son odyssée ; au prix d’une traque dantesque sur le Guide bédouin. Un effroi déshumanisant pour guérir une crise de l’humanité. Peut-être la prescription d’une obscure secte apocalyptique planétaire ? Parce que jusque là les motivations de cette barbarie subite (plus de 60.000 morts en 6 mois) ne sont toujours pas perceptibles pour les faibles d’esprit comme nous. Longévité au pouvoir ? Omar Bongo a fait exactement 42 ans au pouvoir et serait très certainement encore bien calé dans son fauteuil si la mort ne l’avait fauché. Son fils prolonge d’ailleurs à merveille la légende sans que Sarkozy ne soit inspiré par une mission de sauvetage mystique du peuple gabonais. Fidèle Castro a bien bouclé son demi-siècle au trône sans que les bombardiers des plus grandes puissances militaires ne viennent le déloger. Là encore c’est un successeur pré-identifié qui a pris la relève sans que la Havane ne reçoivent des bombes bénies par l’Onu.

Déficit démocratique ? Il parait qu’il n’y a jamais eu d’élection en Libye. On connait la signification des élections au Cameroun, au Togo, au Gabon, au Tchad, au Burkina Faso : des scrutins à l’issue desquels ce sont toujours les mêmes (ou leurs progénitures) qui gagnent. En d’autres termes, le Guide libyen aurait dû faire semblant comme la plupart de ses collègues du continent en organisant des simulacres de scrutin dont les résultats sont connus d’avance, et il serait peut-être encore en vie. Le classique des scrutins en Afrique est suffisamment rôdé depuis plusieurs décennies : urnes bourrées, trucage des listes électorales, manipulations des résultats, falsifications des documents des bureaux de vote, inféodation des structures organisatrice des élections. Lorsqu’en plus de tout cela, on dispose d’un sous-sol aussi enchanteur que celui de la Libye (gaz, pétrole), on est sûr de figurer parmi les dirigeants les plus fréquentables et les plus adulés.

Il parait que c’est pour rétablir la justice et la liberté que Sarkozy et Obama ont distrait de considérables moyens pour écraser Kadhafi et son régime dans le sang. Qu’on nous donne alors l’échelle des grandeurs en matière de liberté et de justice. Des innocents croupissent dans des geôles en terre américaine à Guantanamo sans que l’Otan ne sente la nécessité d’agir. Des résistants Tchétchènes et Ingouches se font massacrer quotidiennement sans que personne n’ose inquiéter la Russie. A l’interne au Bénin, des milliers d’électeurs en âge de voter ont été privés de leur droit de vote sans que les auteurs ne deviennent des cibles des faiseurs de justice et de liberté dans le monde. Ne parlons pas des accusations à propos des disparités réelles ou supposées en ce qui concerne l’accès aux médias publics ou d’autres questions liées au défaut de justice et de liberté. Mais jusque là, aucun Béninois n’a pensé sérieusement à une intervention du genre de celle diligentée en Libye.

Et pourquoi la liberté, la démocratie et la justice doivent couter autant en vies humaines en Libye ? Kadhafi ensanglanté ; il était une fois Saddam Hussein déterré comme un rat puis pendu. Décalage troublant en comparaison avec le traitement des criminels de guerre nazies après la deuxième guerre mondiale. Idem pour leurs auteurs des massacres et des nettoyages ethniques en ex-Yougoslavie, traités avec beaucoup d’humanité. Lorsqu’un gars tue une centaine d’individus en Suède, il est un militant d’extrême droite protégé par une armée d’avocat, de psychologues, d’experts en tout genre. Mais un enfant palestinien qui lance un caillou à un soldat israélien est un terroriste, cible de drones ou de tir à balles réelles de l’occupant. C’est une évidence que la rébellion du Conseil national de transition (Cnt) a provoqué, en l’espace de 6 mois, 10 fois plus de morts libyens, 20 fois plus de blessés, 100 fois plus de réfugiés que le règne de Kadhafi en 42 ans. Une pensée également pour les dizaines de négro-libyens et émigrés africains noirs en voie d’extermination et objets des pires atrocités pour leur proximité supposée au Guide.

Plein succès aux chasseurs de scalp de dirigeants insoumis au nouvel ordre mondial !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

L’imposture Libyenne

D’un bout à l’autre, la guerre menée par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis d’Obama en Libye a été une imposture.

Après un soulèvement à Benghazi, très vite, Nicolas Sarkozy s’est, comme on sait, mis en tête de « protéger les civils » libyens alors qu’il n’a pas eu la moindre préoccupation pour les civils de Syrie, d’Iran ou des régions kurdes de Turquie, et pour protéger les civils, il s’est arrangé pour faire voter une motion de l’ONU, soutenue par les Etats-Unis, et présentée par la France en partenariat avec le Liban du Hezbollah, et avec le soutien du Qatar et de l’Organisation de la Coopération Islamique. Cohorte étrange.

La « protection des civils » a commencé et a duré jusqu’à ces jours derniers. Elle s’est déroulée elle-même de manière étrange : sous forme de bombardements intensifs.

Elle a débouché, selon les plus récentes estimations, sur plus de cinquante mille morts, qui n’étaient sans doute pas les civils à protéger, sur la destruction quasiment complète de plusieurs villes qu’il faudra des années à reconstruire, sur l’anéantissement d’infrastructures, sur des livraisons d’armes à des bandes rivales plus ou moins liées à des mouvements islamistes, et souvent d’obédience tribale, sur l’assassinat de milliers d’Africains coupables d’avoir la peau noire et victimes de véritables pogroms.

Elle n’a pas offert à Kadhafi la moindre possibilité de reddition, et sa fin a été ignominieuse et barbare. Des arsenaux contenant du gaz moutarde, des entrepôts renfermant du yellow cake, et d’autres renfermant vingt mille missiles sol air ont été pillés.

Elle a été une guerre qui n’a jamais dit son nom et n’a jamais été déclarée officiellement.

La guerre a été inutile et arbitraire : Kadhafi ne représentait aucune menace pour quiconque, et coopérait maintenant depuis huit ans avec les services secrets occidentaux. La population libyenne n’était pas plus menacée que d’autres populations de la région, et Kadhafi n’a pas été plus barbare qu’Assad, les Saoudiens qui ont fait tirer dans la foule à Bahrein, ou Ahmadinejad : il l’a été moins, bien moins qu’Assad, qui, lui, est un ennemi de l’Occident.

La guerre a coûté très cher : trois cents millions d’euros pour la France, deux milliards de dollars pour les Etats-Unis.

Plus grave encore, la guerre a été menée pour satisfaire les islamistes, qui considéraient Kadhafi comme un traître depuis qu’il s’était tourné vers la CIA en 2003, et elle a reçu la bénédiction d’al Qaida, des Frères musulmans, du Hamas et de l’Iran. Les armées françaises, britanniques et américaines ont été placées au service d’intérêts islamiques.

La France et le Royaume Uni auront peut-être du pétrole libyen, mais il n’était pas utile de faire la guerre pour cela.

Obama aura fait un pas de plus dans la direction de ce qu’il souhaite : un Proche-Orient plus sûr pour l’islam radical.

Dans les semaines à venir, en Libye, la chasse aux noirs d’Afrique sub-saharienne va rester ouverte, la chasse aux femmes ne portant pas le hijab va l’être aussi. Les armes resteront aux mains de milices proches d’al Qaida, des armes dangereuses continueront à se vendre et se retrouveront jusqu’à Gaza. Un antisémitisme frénétique va continuer à monter à Tripoli. On en voit des traces sur les murs encore debout, mais, bien sûr, ces images ne sont pas montrées en France.

Au mieux, une république islamique où tous les clans seront représentés verra le jour.

Au pire, les factions se combattront, et la Libye deviendra une Somalie sur Méditerranée.

Je ne serais pas étonné si commence maintenant la vraie guerre civile entre factions. Je serais étonné si un gouvernement effectivement démocratique émerge.

La façon dont Kadhafi a été tué, et dont son corps a été exposé ensuite (dans une boucherie !) à Misrata montre que nous sommes très loin, vraiment très loin de mœurs démocratiques.

Je n’ai vu aucun de ceux qui se sont dit choqués de la condamnation à mort de Saddam Hussein, se déclarer choqués par les images du cadavre de Kadhafi. Il y a pourtant une différence : Saddam a été arrêté, jugé, condamné à mort et exécuté. Quels qu’aient été les crimes passés de Kadhafi, le traitement qu’il a subi relève de la bestialité.

Je n’ai vu aucun manifestant dire qu’on assassinait et qu’on bombardait les Libyens. Je n’ai vu aucun antiraciste défendre les africains noirs assassinés en masse. Je n’ai vu aucun ennemi de l’antisémitisme donner l’alerte sur l’antisémitisme féroce des « rebelles » libyens.

Je n’ai vu à l’œuvre aucun des pseudo « pacifistes » si prompts à réagir en général contre « l’impérialisme » occidental.

Est-ce parce qu’ils savaient que, cette fois, les forces « impérialistes » étaient au service de l’islamisme ?

Est-ce parce qu’ils savaient que, à la différence de Saddam, Kadhafi n’était plus un ennemi de l’Occident et était devenu un « traître » à la cause islamique et se trouvait traité de « sale porc Juif » par les « rebelles » ?

Je n’ai pas les réponses. Je les devine aisément.

Trois dictateurs sont tombés depuis le début de l’hiver islamique indûment appelé printemps arabe : trois alliés de l’Occident. Les dictateurs hostiles à l’Occident, eux, sont toujours là.

La doctrine Obama avance. Nicolas Sarkozy et David Cameron sont les idiots utiles de l’imposteur de la Maison Blanche, et sont regardés à Téhéran comme des crétins vendant la corde qui servira pour les pendre.

PS. J’y reviendrai : la doctrine Obama avance aussi sur d’autres fronts. Il n’y aura plus un seul soldat américain en Irak à la fin de l’année : Ahmadinejad n’a même pas dit merci. Bientôt, l’Afghanistan sera rendu aux talibans. En Syrie, pour le cas où Assad tomberait quand même, Obama a préparé une équipe de rechange composées de membres des Frères musulmans.

Guy Millière

Reproduction vivement encouragée, avec la mention suivante et le lien ci dessous :

© Guy Millière pour www.Drzz.fr

Comment l’Occident a fait main basse sur la Libye

Ils se disputent la carcasse comme des vautours.

Bien évidemment, l’OTAN et les médias qui lui sont soumis évitent à tout prix de comptabiliser le nombre de victimes, combattants ou civils, qui se chiffrent très probablement à plusieurs dizaines de milliers

Le ministère français de la Défense a affirmé qu’ils l’avaient eu avec un avion de combat Rafale qui a tiré sur le convoi. Le Pentagone dit de son côté qu’ils l’ont eu avec un Predator qui a tiré un missile Hellfire.

Après que le colonel Mouammar Kadhafi, blessé, ait cherché refuge dans une conduite de dérivation sous une autoroute – un écho sinistre du « trou » ou a été trouvé Saddam Hussein – il a été capturé par les « rebelles » du Conseil national de transition (CNT). Et puis dûment achevé.

Abdel-Jalil Abdel-Aziz, un médecin libyen qui a accompagné le corps de Kadhafi dans une ambulance et qui l’a examiné, dit qu’il est mort de deux balles, une à la poitrine, une à la tête.

Le CNT – qui a colporté des mensonges, encore des mensonges et rien que des mensonges pendant des mois – jure qu’il est mort dans « dans un échange de tirs ».

Ils sont nombreux à avoir pu faire cela. Cela peu avoir été Mohammad al-Bibi, un jeune de 20 ans arborant une casquette de baseball des New-York Yankees qui a posé pour le monde entier, brandissant le pistolet d’or de Kadhafi – son billet d’entrée peut-être pour ramasser la prime de 20 millions de dollars que l’on a fait miroiter pour capturer Kadhafi « mort ou vif ».

Cela devient de plus en plus curieux quand on se souvient que c’est exactement ce que la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, dans sa visite éclair à Tripoli, avait annoncé 48 heures auparavant : Kadhafi devrait être « capturé ou tué ». Clinton a été comblée. Apprenant la nouvelle en consultant l’écran de son BlackBerry, elle a réagi avec toute la sémantique dont elle est capable : « Wow ! »

Et aux gagnants, le butin

Ils y ont tous mis la main : l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), le Pentagone et le CNT. A la minute où une résolution des Nations Unies pour imposer une zone d’exclusion aérienne sur la Libye a été votée, elle s’est transformée en feu vert pour un changement de régime. Le plan A a toujours été de capturer et de tuer Kadhafi.Un assassinat ciblé. C’est la politique officielle de l’administration Obama. Il n’y a jamais eu de plan B.

Laissez-moi vous bombarder, pour mieux vous protéger

Comme à propos de la R2P (« responsabilité de protéger » les civils), tous ceux qui ont des doutes devraient écouter l’explication fournie par le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen : « l’OTAN et ses partenaires ont appliqué avec succès le mandat historique de l’Organisation des Nations Unies pour protéger le peuple de la Libye ». Celui qui veut vérifier sur le terrain ce qu’est la protection des civils par l’OTAN n’a qu’à sauter sur un camion pick-up et se rendre à Syrte, le nouveau Fallujah.

Les réactions ont été très instructives. Le bureaucrate du CNT, Abdel Ghoga, se l’est joué « Colisée dans l’Empire romain », en proclamant : « Les révolutionnaires ont eu la tête du tyran ».

Le président américain Barack Obama a déclaré qu’avec la mort de Kadhafi, « nous assistons à la force du leadership américain à travers le monde ». Cela revient à dire : « nous l’avons eu » comme on pouvait s’y attendre, considérant aussi que Washington a payé pas moins de 80% des coûts de cette opération de l’OTAN (plus de 1 milliard au total – que le mouvement Occupy Wall Street pourrait bien estimer avoir été plus utile pour créer des emplois aux États-Unis). Etrange, de dire à présent « nous l’avons fait », parce que la Maison Blanche a toujours affirmé que ce n’était pas une guerre, que c’était quelque chose de secondaire dont ils n’étaient pas en charge.

Il revenait à ce stratège de la politique étrangère, le majestueux vice-président américain Joe Biden, d’être nettement plus instructif qu’Obama : « Dans ce cas, l’Amérique a dépensé 2 milliards de dollars et n’a pas perdu une seule vie. C’est une indication pour savoir comment traiter avec les affaires du monde dans le futur, contrairement au passé. »

Monde, tu es prévenu pour ce qui est de savoir comment l’Empire va traiter avec toi à partir de maintenant !

Sentez mon amour humanitaire

Alors félicitations à la « communauté internationale » – qui comme chacun le sait est composée de Washington, de quelques seconds couteaux de l’OTAN, et des « puissances démocratiques » du Golfe Persique : le Qatar et les Emirats arabes unis (EAU). Cette communauté, au moins, a adoré la fin. L’Union européenne (UE) a salué « la fin d’une ère de despotisme » – alors que hier encore ils caressaient le bas de la tunique de Kadhafi. Maintenant ils se renient eux-mêmes dans des éditoriaux sur le règne de 42 ans d’un « bouffon ».

Kadhafi aurait été l’invité le plus inopportun à la Cour pénale internationale à La Haye, car il aurait aimé rappeler tous les baisemains, les chaudes embrassades et la mendicité de l’Occident pour décrocher des affaires juteuses après avoir été promu « Mad Dog »(Ronald Reagan) et jusqu’à « notre bâtard ». Il se serait régalé en détaillant d’où venaient tous ces louches opportunistes qui se présentent désormais comme « révolutionnaires » et « démocrates ».

Quant à la notion de droit international, elle est tombée dans un drain aussi sale que celui où était Kadhafi, ou que la cache où était retranché le dictateur irakien Saddam, lequel au moins a eu droit à un procès factice devant une cour faite de pantins avant de rencontrer son bourreau. Oussama ben Laden a été tout simplement liquidé, un assassinat dans le meilleur style après une invasion territoriale du Pakistan. Kadhafi a été le suivant, liquidé dans un mélange de guerre aérienne et d’assassinat direct.

De puissants vautours encombrent le ciel. Basé à Londres, Mohammed El Senoussi, l’héritier du trône libyen (le Roi Idris a été renversé en 1969) est prêt pour se placer au premier plan, ayant déjà établi qu’il « était au service du peuple libyen, et que celui-ci décidera ce qu’il voudra ». Traduction : je veux le trône. Il est évidemment le candidat favori de la dynastie contre-révolutionnaire des Saoud.

Et que dire de ces think-tank de Washington, des ânes répétant que ce fut le « moment Ceausescu » du printemps arabe ? Si seulement le dictateur roumain avait amélioré les conditions de vie dans son pays – en termes de soins médicaux gratuits, d’éducation gratuite, de prêts incitatifs pour les jeunes mariés, etc – pour seulement une fraction de ce que Kadhafi a fait en Libye. Plus le fait que Nicolae Ceausescu n’a pas été destitué par les bombardements « humanitaires » de l’OTAN.

Seul un mort cérébral pourrait avoir avalé la propagande de l’attaque « humanitaire » de l’OTAN aux 40 000 bombes ou plus – qui ont dévasté l’infrastructure de la Libye en la faisant revenir à l’âge de pierre (Shock and Awe en version ralentie). Cela n’a jamais rien eu à voir avec le fameux R2P (Right To Protect, et le bombardement implacable des civils à Syrte le prouve.

Comme les quatre premiers membres du BRIC le savaient avant même le vote par l’ONU de la Résolution 1973, l’OTAN considère la Méditerranée comme son lac privé, et il s’agissait d’une guerre de l’Africom contre la Chine et pour la mise en place d’une base stratégique clé. Et les Français et les Britanniques escomptent bien obtenir des contrats juteux pour exploiter les ressources naturelles de la Libye à leur profit. Il était temps que l’Occident impose son discours sur le printemps arabe, après avoir été pris au dépourvu en Tunisie et en Egypte.

Écoutez les gémissements barbares

Bienvenue à la nouvelle Libye. Les milices islamistes intolérantes transformera la vie des femmes libyennes en un enfer. Des centaines de milliers de subsahariens – ceux qui ne pouvaient pas s’échapper – seront impitoyablement persécutés. Les richesses naturelles de la Libye seront pillées. Cette moisson de missiles anti-aériens volés par les islamistes seront une raison extrêmement convaincante pour que la « guerre contre le terrorisme » dans le nord de l’Afrique devienne éternelle. Il y aura du sang – le sang la guerre civile, parce que la Tripolitaine refusera d’être gouvernée par la Cyrénaïque.

Aux dictateurs qui subsistent un peu partout, prenez une assurance-vie de l’OTAN – Hosni Moubarak de l’Egypte, Zine el-Abidine Ben Ali de la Tunisie et Ali Abdallah Saleh du Yémen ont été assez intelligents pour le faire. Nous savons tous qu’il n’y aura jamais de R2P pour libérer les Tibétains et les Ouïghours, ou les gens dans ce goulag monstrueux qu’est le Myanmar, ou le peuple d’Ouzbékistan, ou les Kurdes en Turquie, ou les Pachtounes des deux côtés de la Ligne Durand impérialement établie.

Nous pouvons aussi croire que le monde aura vraiment changé le jour où l’OTAN imposera une interdiction de survol sur l’Arabie Saoudite afin de protéger les chiites dans la province orientale, et que le Pentagone lancera un tapis d’Hellfire sur les princes médiévaux et corrompus de la maison des Saoud.

Cela n’arrivera jamais. En attendant, voici la voie choisie par l’Occident : un bombardement de l’OTAN, et mille barbares sans loi qui pleurnichent. Vous êtes dégoûtés ? Offrez-vous un masque de Guy Fawkes [conspirateur catholique du 17e qui a voulu faire sauter le parlement anglais – N.d.T] et plongez dans cet enfer.

Pepe Escobar

* Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge. Son dernier livre vient de sortir ; il a pour titre : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

Asia Times – Vous pouvez consulter cet article à :

http://www.atimes.com/atimes/Middle…

Traduction : al-Muktar

Le gangstérisme international d’Etat en Libye

L’humanité a connu des guerres, celles de 1915 et 1945, les guerres indigènes, les guerres eugénistes. Depuis quelques décennies, elle s’acclimate avec un nouveau genre de guerre : les guerres de gangsters : deuxième guerre du Golfe, Guerre de Yougoslavie, Guerre du Kosovo, Guerre en Afghanistan, Guerre des Etats-Unis en Philippines en 2001, Guerre en Irak, Attaque de la Côte d’Ivoire par la France via ses suppôts régionaux en 2002, Conflit alimenté en Haïti en 2004, ainsi de suite puis, en 2011 fin du coup d’Etat contre le régime de Gbagbo en Côte d’Ivoire et actuellement sous nos yeux la Guerre en Libye. Les Etats en faillite sont obligés de faire du gangstérisme d’Etat, s’attaquer aux pays faibles et de taille moyenne qui refusent de laisser mourir leurs peuples pour faire vivre l’Occident.

La désinformation, arme de guerre

Que se passe t-il en Libye ? difficile au citoyen lambda de répondre convenablement à cette question puisque la presse a décidé d’aller à l’encontre de la liberté qui est censée la caractériser et qu’elle est censée exprimer en intoxiquant les citoyens avec l’uniformatisation des articles de presse déformés. Nous assistons à la falsification de l’histoire, à l’embrigadement et au formatage des esprits des citoyens du monde, un travail savamment réalisé par les grands médias qui pratiquent depuis du journalisme de caniveaux.

La première dans cette catégorie de minable chaîne d’information est bel et bien France 24 qui, coiffe les autres minables telles que France 2, BFM TV, i-TV,… Sur le dossier ivoirien, cette chaîne française s’est démerdée pour faire plaisir à ses bailleurs et actionnaires en désinformant largement les Français qui ne voyaient qu’en Gbagbo un immonde dictateur et en Ouattara un gentil démocrate. La presse française sous Sarkozy, c’est la nullité qui est célébrée, le degré zéro du journalisme quoi et ceci, donne raison à l’écrivain et penseur Russe Léon Tolstoï qui écrivît que : « l’activité journalistique est un bordel intellectuel ». La presse écrite se fait elle aussi l’écho de ce type galeux de journalisme. Un exemple de ce genre nauséabond de journalisme est bien Jeune Afrique ou pour certains Jeune à fric, un hebdomadaire d’inféodés et de corrompus qui, le 05 septembre 2011 titrait après la prise de Tripoli par les pseudo rebelles, « l’Afrique humiliée mais l’Afrique libérée » après avoir selon ses propres termes titré en Février 2009, « Au secours, Kadhafi arrive » après l’accession du Guide à la tête de l’Union Africaine. Cette presse propagandiste nous annonce tous les jours sinon toutes les minutes que les rebelles libyens ont pris telle ville ou qu’ils sont aux portes de telle autre. Depuis qu’ils nous annoncent cela, ces rebelles armés par l’Occident et les pétromonarchies du Golfe devraient déjà être à Paris puisque depuis sept (07) mois, ils ne font qu’avancer mais hélas, la réalité est toute autre. Ces « rats » et autres drogués ne finissent pas de compter leurs morts. L’euphorie des premiers jours étant tombée, place au désenchantement. Toutes leurs forces ou ce qu’il leur reste de combattants sont dispersées sur tous les fronts où ils tombent comme des rats. Drôle de révolution ! les révolutionnaires sont vus comme les occupants et les populations pour lesquelles ils auraient pris les armes les accueillent avec les armes, des attentats suicides, des manifestations comme celle de Samedi dernier à Tripoli où le vaillant peuple libyen a montré sa solidarité envers son guide et demandé son retour dans la capitale.

Kadhafi a été accusé dès le départ de « massacres » de la population civile à Benghazi. Et pourtant, depuis lors, aucune télévision n’a diffusé la moindre image de ces massacres qui auraient fait 6.000 morts en quelques semaines. Aucun de ces grands canaux d’information qui s’amusait à qualifier Kadhafi de « fou tyran » n’avait pris la peine de mentionner la résolution de l’Union Africaine (UA) qui s’est prononcée contre toute intervention militaire en Libye, condamné les premiers bombardements et appeler à des négociations et pourtant, la feuille de route de l’UA avait été acceptée par Kadhafi qui ne voulait pas voir détruire son pays.

La résolution 1973 du Conseil de Sécurité n’a jamais mentionné des bombardements de villes ou un Coup d’Etat contre un régime disent-ils dictatorial mais qui a fait ses preuves plus que ceux très très « démocratique » de l’Occident. Elle visait plutôt une interdiction de vol, la No-Flight Zone parcequ’il avait été abondamment relayé par les médias menteurs que Kadhafi pilonnait la ville de Benghazi. Alors même que la résolution stipule explicitement qu’elle vise à instaurer une zone d’exclusion aérienne en vue de protéger les populations civiles, la France a été la première à ouvrir le bal en décidant unilatéralement de lancer des frappes aériennes contre les forces gouvernementales libyennes dans la région de Benghazi. Ça doit se savoir, s’écrire et se dire afin que les falsificateurs de l’histoire n’écrivent pas autre chose dans les livres d’histoire. Il paraîtrait selon le nain de l’Elysée que l’homme noir ne serait même pas suffisamment rentré dans l’histoire.

Détrousser la Libye pour enrichir les multinationales

La crise économique pousse l’Occident vers les pays riches en pétrole, en minerais et en richesses de toute nature. J’avais déjà dans un article précédent (ici ou ) abordé cette question. Nous aurons entre le Conseil National de Transition – Conseil National des Traitres libyens – et les pays affamés de l’Occident des accords secrets (s’ils n’existent pas déjà) qui consacreront la disparition des fonds souverains libyens ; ces fonds seront injectés dans le circuit financier pour soulager le Trésor de ces pays y compris le Trésor américain ; la FED étant devenue par une gymnastique subtile le plus gros détenteur d’emprunt de l’Etat américain devant la Chine et le Japon. L’Occident est donc en quasi faillite. La dette anglaise  fait par exemple 270% du PIB. Pour résoudre cette crise et palier cette situation, l’Occident préfère la fuite en avant. La course aux armements est donc devenue pour elle, le seul moyen de créer des emplois via les entreprises telles que Dassault, créer une menace constante pour les pays concurrents en déstabilisant les faibles et moyens Etats pour maintenir les équilibres géostratégiques. Les armements disponibles, il faudra bien les utiliser et pour justifier les guerres, tous les alibis sont bons surtout face à un public occidental qui a l’air de ne guère se soucier des autres peuples, ils vont gober la préparation. De l’alibi d’épuration ethnique (utilisé contre Slobodan Milosevic) à la protection des civils (utilisé contre Kadhafi) en passant par les armes de destruction massive (utilisé contre Saddam Hussein), le chemin est vite trouvé. En pleine crise, les budgets militaires des pays tels que les Etats-Unis, la France ou la Grande Bretagne ont connu une hausse alors que ceux affectés au volet social et autre subissent des coupes régulières comme quoi la précarité et la décadence sont aux portes de l’Occident.

Avant même la disparition des fonds souverains libyens dans les banques européennes et américaines, un vaste chantier après guerre s’ouvre ; celui de la reconstruction puisque toutes les infrastructures de ce beau pays sont sciemment détruites parce qu’ils savent que leurs entreprises reviendront pour les construire. « Le marché de la reconstruction de la Libye est évalué à 200 milliards de dollars…. Les entreprises, dont certaines sont déjà à l’œuvre, savent pouvoir compter sur l’aide du gouvernement français ». Cela ne vient pas de moi mais de Thierry Courtaigne, directeur général de Medef International, au lendemain d’une réunion sur la Libye tenue mardi au siège du Medef à Paris en présence de nombreux directeurs de groupes du Cac 40 comme Alcatel, Bouygues ou encore Total. Quatre vingt (80) d’entre elles se sont par ailleurs rendues en Libye ce mercredi.

Sacrée guerre humanitaire !!!

aymard

Lire aussi La Libye, les gendarmes du monde et les traîtres africains

La guerre d’Irak était BIEN une guerre du pétrole (cette fois, c’est prouvé !)

Petrole.blog – On s’en doutait, quelques-uns l’avaient affirmé, mais on n’avait pas vu encore la fumée sortie du canon. C’est désormais chose faite, grâce au militant britannique Greg Muttitt et à son livre d’enquête Fuel on The Fire, publié en avril.

Un soldat britannique devant des champs pétroliers irakiens en feu, en 2003 [Bruce Adams / PA]

L’accès au brut irakien était bel et bien au coeur de la décision britannique de s’engager aux côtés des Etats-Unis lors de l’invasion de l’Irak en 2003. C’est ce que prouvent des documents confidentiels obtenus par M. Muttitt grâce à la loi britannique sur la liberté d’information, et dont le quotidien The Independent s’est fait l’écho. [Je gardais sous le coude cette info, en attendant de voir si elle allait faire scandale en Grande-Bretagne : loupé, à ma maigre surprise.]

Cinq mois avant le début de l’invasion lancée en mars 2003, la ministre du commerce britannique, la baronne Elisabeth Symons, déclarait aux représentants des majors britanniques qu’elle ferait en sorte que ces dernières aient accès aux réserves d’hydrocarbures dans l’Irak d’après Saddam Hussein.

Le compte-rendu d’une réunion avec BP, Shell et BG (British Gas) datée du 31 octobre 2002 indique : « La baronne Symons a reconnu qu’il serait difficile de justifier que les compagnies britanniques puissent sortir perdantes en Irak (…) si la Grande-Bretagne devait être un allié proéminent du gouvernement américain durant la crise. » La ministre a alors promis « de rendre compte aux compagnies avant Noël » du résultat de ses tractations auprès de l’administration Bush à Washington.

Le ministère des affaires étrangères britannique invitait BP le 6 novembre 2002 à parler des opportunités en Irak « après le changement de régime ». Dans le compte-rendu de la réunion, on peut lire : « L’Irak est la grande opportunité du pétrole. BP est prêt à tout pour y aller, et s’inquiète que des accords politiques ne la privent de cette opportunité. »

Après une autre réunion, en octobre 2002, le directeur du Moyen Orient au Foreign Office notait : « Shell et BP ne pourraient pas se permettre de ne pas avoir leur part en [Irak], pour le bien de leurs futurs à long terme. (…) Nous sommes déterminés à obtenir pour les compagnies britanniques une part honnête de l’action dans l’Irak post-Saddam. »

Un mois avant l’invasion de l’Irak, en février 2003, l’ex-premier ministre Tony Blair qualifiait d’ « absolument absurde » l’idée que cette invasion puisse être motivée par le pétrole. Le 12 mars 2003, le patron de BP de l’époque, Lord Browne, déclarait : « De mon point de vue, et du point de vue de BP, ce n’est pas une guerre du pétrole. »

Aux Etats-Unis, l’administration Bush n’a, bien entendu, jamais reconnu le rôle joué par le pétrole. Les mobiles, c’était les armes de destructions massives (inexistantes) de Saddam Hussein et les liens (fictifs) de ce dernier avec l’organisation terroriste Al-Qaida.

Quelques personnalités liées à l’administration Bush ont pourtant pu révéler le secret de Polichinelle, notamment Paul Wolfowitz (« La plus grosse différence entre la Corée du Nord et l’Irak (…) : l’Irak nage dans une mer de pétrole ! ») et Alan Greenspan (« Je suis attristé qu’il soit politiquement inconvenant de reconnaître ce que tout le monde sait : la guerre d’Irak est largement une histoire de pétrole »).

Lors des réunions de l’Energy Task Force assemblée par le vice-président Dick Cheney en 2001, dans les premières semaines de l’administration Bush, une carte fut produite, faisant état d’un découpage possible de futures concessions pétrolières en Irak. L’existence de cette carte fut révélée en 2002 par décision de la justice américaine.

Après avoir quitté le gouvernement, Lady Symons, aujourd’hui âgée de 59 ans, est devenue conseillère de la banque d’affaires MerchantBridge, qui a réalisé d’importants profits dans des contrats de reconstruction dans l’Irak d’après-guerre, précise The Independent. En mars, Elisabeth Symons a rompu les contacts qu’elle entretenait avec le Conseil de développement économique national libyen, auprès duquel elle intervenait en tant que conseillère bénévole.

L’Irak détient 8,3 % des réserves mondiales de pétrole. C’est aujourd’hui le seul producteur majeur dont les capacités de production semblent pouvoir être accrues de façon substantielle, face à la perspective d’un déclin des extractions de nombreux autres grands producteurs (voir aussi [oil man] ‘Peak Oil’ : LE DOSSIER).

Les intérêts britanniques dans le pétrole irakien remontent à la veille de la première guerre mondiale, à l’époque de la Turkish Petroleum Company. Ceux des compagnies américaines remontent à la création de l’Iraq Petroleum Company, en 1929.

Cécité politique

Le conflit libyen a aiguisé bien des appétits de la part de nombreux pays qui tentent de se placer au mieux de leurs intérêts dans la perspective des nouvelles institutions post-régime El Gueddafi. A mesure que le parfum de la victoire, parti de Benghazi, se répand dans l’ensemble du pays pour gagner et encenser la capitale tombée entre les mains des rebelles du CNT, les manifestations de soutien au Conseil national de transition affluent de toutes parts. Des pays qui avaient observé une attitude attentiste ou qui ont louvoyé au début du conflit en apportant un soutien discret mais actif à El Gueddafi, compte tenu de leurs relations avec le «guide» libyen et de leurs intérêts économiques dans le pays, à l’instar de la Chine et de la Russie, sont en train de recadrer leurs positions en reconnaissant à mots à peine couverts la légitimité du CNT et de son combat pour renverser le régime dictatorial d’El Gueddafi.

La course au trésor est engagée. Les Etats ayant reconnu le CNT se comptaient sur les doigts d’une main au début de la révolution, ils sont aujourd’hui une quarantaine de pays et le chiffre est sans nul doute éligible à la hausse. Il faudra s’attendre, en effet, dans les prochains jours à une cascade de reconnaissances confortées par la tournure des événements de ces dernières heures avec la déconfiture totale du régime d’El Gueddafi symbolisée par le contrôle de la capitale par les insurgés. Dans le monde arabe, hormis les monarchies du Golfe qui avaient reconnu, dès le début, le CNT, car elles avaient un compte à régler avec El Gueddafi qui ne prenait pas de gants lorsqu’il était l’homme fort de Tripoli pour prédire aux souverains arabes le même sort funeste que Saddam Hussein, les positions des autres pays arabes sont à l’avenant.

Pour d’autres considérations, géopolitiques, économiques, humaines et historiques et après s’être accommodé de l’encombrant et ombrageux personnage ménagé par les régimes en place qui ont entretenu avec El Gueddafi des relations en dents de scie au gré des humeurs du «guide», les pays du Maghreb ont pris le train presque à l’arrivée pour ceux qui ont osé franchir le pas. L’Egypte a ouvert le bal en reconnaissant le CNT il y a quelques jours, suivie de la Tunisie ; deux pays qui ont tracé la voie du printemps démocratique arabe et qui ne pouvaient pas, par conséquent, investis de cette responsabilité historique, rester en marge d’une autre révolution populaire qui est en marche à leurs frontières.

Le Maroc vient à son tour de franchir le pas en reconnaissant le CNT, se permettant même le luxe politique de doubler la mise avec la visite du ministre marocain des Affaires étrangères à Benghazi. Bien servi par la position embarrassée de l’Algérie dans le conflit libyen et le climat délétère existant entre le CNT et les autorités algériennes, Rabat se positionne et place ses billes en Libye en espérant empocher, demain, les dividendes politiques et économiques de son soutien. A cause de leur cécité politique, les responsables algériens, qui n’ont pas su s’élever à la hauteur du mouvement de l’histoire des peuples de la région, risquent de perdre un partenaire et un allié qui compte. Au plan de l’équilibre géostratégique dans la région, par rapport à l’affaire du Sahara occidental, et sur d’autres dossiers liés à la stabilité régionale et la coopération bilatérale.

Omar Berbiche