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La Turquie, l’Occident et les arabes : Quand la perfidie et la cupidité dirigent les consciences !

La Turquie, l’Occident et les arabes : Quand la perfidie et la cupidité dirigent les consciences ! par, DJERRAD Amar

En critiquant la France qui compte pénaliser la « négation du génocide arménien », Erdogan doit comprendre qu’il s’est fait avoir sur tous les plans. Il ne trouve, comme réponse, que la contre-attaque par le « faire la lumière sur les génocides de la France en Algérie et au Rwanda ». Il n’a pas parlé de la participation de la France au récent génocide des libyens (entre 50 et 70 mille morts); parce qu’il a soutenu cette agression. Il s’active encore à le faire contre la Syrie. Se servir du génocide de la France en Algérie et au Rwanda comme riposte – alors qu’il ne l’a pas fait en temps de « paix » – est une attitude immorale, une perfidie qui montre le degré de vassalité de la Turquie à l’Empire.

Par sa cupidité, la Turquie d’Erdogan s’est laissée entraînée en jouant les faire-valoir de l’Empire. Une sorte de 2ème collège dont-on se sert pour dominer le MO. On ne l’autorise, temporairement, sur des choses (répression des Kurdes par exemple) que pour mieux l’utiliser contre la Syrie (pourtant son alliée) pour des pressions économiques voire militaires. On lui fait miroiter une possible intégration dans l’UE qu’il n’obtiendra jamais pour des raisons historiques et racistes. Pourtant, une déstabilisation de la région ne profite qu’aux Anglo-saxons et aux sionistes d’Israël ! Non seulement la Turquie n’entrera pas dans l’UE, mais elle prend le risque de perdre aussi certains de ses alliés arabes ; en premier la Syrie avec qui elle a de bonnes relations économiques et bien plus !  On ne voit aucun intérêt à s’aliéner des voisins pour des chimères. En permettant d’utiliser son territoire pour servir de base arrière aux terroristes – composés de mercenaires libyens, de quelques renégats syriens et d’islamistes à la solde des monarchies du Golfe – pour mener des attentats contre la Syrie, pour évincer le régime qui ne convient pas aux sionistes, est la chose la plus vile qui montre le degré de servitude et de déshonneur auquel est arrivée cette Turquie. Oui « déshonorée » tout en restant, comme on la qualifie déjà, d’« homme malade » de l’Europe.

A-t-elle été illusionnée, obnubilée par la proposition mielleuse empoisonnée d’Obama qui aurait appâté les dirigeants d’Ankara en répondant favorablement pour « sous-impérialisme néo-ottoman » contrôlé par Washington après les inquiétudes de la Turquie de la domination exercée au M.O par Israël et les USA ?  Sûrement ! Raison suffisante de voir les arabes, dans ce cas, (y compris certaines monarchies) se détourner et de s’en méfier durablement.

A hypocrite, hypocrite et demi car, au même moment, l’opportuniste France sarkozienne  passe à l’offensive contre la Turquie – comme pour lui rappeler son rang de sous-européen, de nation « utile » ou de « service » – en annonçant son projet que le porte-parole de l’ambassade de Turquie à Paris considère « acte hostile » en menaçant même de geler  toute coopération et tous les projets communs.  Est-ce parce que la Turquie s’apercevant, mais en retard, de la supercherie à son égard – suite à la grogne des Turcs contre leur gouvernement pour les effets néfastes qu’ils commencent à sentir et le rapport de force qui se dessine en sa défaveur – montre des réticences à une éventuelle opération militaire hasardeuse depuis son territoire que la France veut obstinément ? Certainement !

En répliquant à la France par ses génocides en Algérie et au Rwanda – en semblant lui dire « et vous alors ? » – la Turquie reconnait implicitement ce qu’on lui reproche d’une part mais se trahie aussi en critiquant exactement ce qu’elle  a soutenu pour la Libye d’autre part.  Ainsi, Erdogan, fait preuve, comme ses maitres, d’hypocrisie.

Dès lors, les violentes réprimandes qu’il s’était permis à l’endroit de Président Israélien Shimon Peres, à Davos, au sujet des attaques contre Gaza ayant causé la mort de 1300  palestiniens innocents ou bien la volonté de la Turquie de se rapprocher du Monde arabe – avec objectif de se « réconcilier…et d’établir un langage politique et une attitude commune avec les pays arabes», selon Bülent Aring, représentant d’Erdogan lors du récent  Forum arabo-turc qui s’est déroulé à Istanbul – apparaissent douteuses, trompeuses voire des tentatives de diversion. C’est ainsi qu’on le pressent lorsqu’on la voit, nous semble-t-il, ‘manger à tous les râteliers’ en obéissant aveuglément à l’Occident tout en lançant des clignements d’yeux aux arabes, aux islamistes et les voilà participer à l’agression de la Libye et de la Syrie en soutenant des forces antiarabes ! Rien que ça !

En entreprenant de renforcer ses relations avec les pays arabes, la Turquie  – qui se croit encore héritière  de l’Empire ottoman –  vise plus à s’en servir comme force d’appui et ‘pont’  pour se repositionner comme axe fort sur la scène internationale. A notre sens, la Turquie d’Erdogan est plutôt devenue la « fille dépravée de l’Europe » en défendant une chose et son contraire. Tantôt elle adopte les thèses occidentales dans l’espoir d’y être intégrée, tantôt elle feint de s’y éloigner pour plaire aux arabes. Cette contradiction lui coûtera chère car, la conduisant à perdre des deux côtés.

DJERRAD Amar

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Monsieur Sarkozy, nous acceptons votre provocation en duel !

Comme vous, contre vous et pour l’Afrique, je m’en vais en mission de civilisation, dans cet Article 163ème de la Révolution Permanente. Une mission comme celles qui mettent en spectacles vos valeurs sacrées autour desquelles vous avez fini par bâtir votre réputation actuelle. Une des bien sinistres d’ailleurs.

Alors, permettez-moi de parler de vos valeurs pour que l’histoire retienne cela de vous, cher Monsieur Sarkozy.

Parce que les valeurs qui sont vôtres et que je note au passage, en scrutant vos exploits les plus glorieux du moment, me font froid dans le dos.

Car en Libye, je viens de vous contempler en spectacle. En mission pour imposer la démocratie sarkozienne et lutter contre la longévité au pouvoir et la longévité tout court de Monsieur Kadhafi et ses fils qui vous reprochaient votre ingratitude et vous demandaient de rembourser l’argent qu’ils vous auraient donné, vous avez fait bombarder des écoles primaires, des hôpitaux et réduit en champ de ruine plus de la moitié de la Libye ; ce qui donne en termes de nouveau palmarès personnel, pas moins de 100 000 civils tués que vous enregistrez à votre compteur pour la seule Libye.

Ici, les valeurs sarkoziennes, c’est lutter contre la longévité au pouvoir, lutter contre l’espérance de vie de ceux qui ne font pas votre affaire, tuer les enfants, petits enfants et membres de la tribu de quiconque est considéré par vous comme un ennemi ayant trop duré sur la terre et à la tête de son pays.

Je vous voie également en route vers la Syrie, l’Iran, la République Démocratique du Congo et bien d’autres destinations dans votre agenda secret, pour diffuser dans une puanteur de nouveaux cadavres de civils, vos valeurs.

Mais avant ces nouveaux théâtres de vos missions d’implantation de la démocratie sarkozienne, je vous ai vu en activité et en mission civilisatrice en Côte d’Ivoire. Ne faisant pas les choses dans la dentelle, vous y êtes allé sans état d’âme. Un génocide primaire du peuple Wê dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire avec au moins 2000 civils tués, plus de 3000 civils tués pour la seule ville d’Abidjan et, quelques exploits privés des mercenaires et bandits que vous avez armés en rajoutent à votre macabre palmarès.

Ici également, vos valeurs, c’était la mise en place d’un « véritable processus démocratique » qui n’a de chance d’aboutir qu’avec Laurent GBAGBO en déportation, un appauvrissement de tous les cadres jugés pro-GBAGBO Laurent, un emprisonnement systématique de tous les cadres du parti du même Laurent GBAGBO, un exil forcé pour tous ceux d’entre les Ivoiriens qui ont pu échapper à votre mission de domestication démocratique dans une Côte d’Ivoire en pleine déconfiture aujourd’hui.

Je ne vous en veux pas, je vous prie d’assumer !

Personnellement, je n’ai rien contre vous. Je ne vous en veux pas. Chaque être humain a ses valeurs. J’ai les miennes, vous avez les vôtres. Donc, je n’ai point à me plaindre de vous pour le simple fait que vos valeurs sont différentes des miennes. Sauf que voilà : votre liberté d’imposer la démocratie sarkozienne à traversé les frontières de la France pour venir causer le deuil chez les miens ; alors, je me permets de traverser par ma plume, le territoire français afin de vous imposer mon opinion sur vos valeurs. Et pour être honnête, j’ai réellement pitié de vous.

Je vous ai vu heureux à vous fendre la bouche d’un sourire large jusqu’aux oreilles, lorsque vous avez eu, à votre âge, je veux dire, à quelques pas de la retraite, un bébé, qui devra grandir, aller à l’école et bénéficier de la sécurité sociale, au moment où vous-même serez à la charge du contribuable français. Du point de vue de mes valeurs africaines, ce comportement est celui d’un homme qui manque de dignité. Vivre au crochet des autres avec un bébé à la main, c’est être indigne.

Toujours en regard de mes valeurs africaines, humilier moins violent que soi ou si vous voulez, maltraiter et donner la mort à moins fort que soi, c’est adopter une attitude de lâche et faire la preuve d’un simple instinct criminel. C’est pourquoi vos exploits criminels en Libye et en Côte d’Ivoire ont été vécus par ma modeste personne, comme l’expression d’un complexe de personnalité, qui consisterait pour vous à jouer le brave, le mâle qui crache le feu, le raciste qui tue sans état d’âme l’inutile africain, même quand cela est totalement inutile, juste pour prouver à qui vous savez que vous en avez plein le « coffre » pour faire perpétuer une tradition raciste vieille de plusieurs siècles.

C’est ainsi que je vous voie et je vous prie d’assumer celui que vous êtes à mes yeux.

Mais que devriez-vous assumer de plus que fondamental ?

La mort des civils dont j’ai parlé ? Votre conception toute particulière de la démocratie ? Ou votre mépris racial qui est le langage le plus universel de vos crimes de sang en Afrique ?

Je ne pense pas qu’il s’agisse de cela.

En Côte d’Ivoire, il y a une expression qui dit : « si tu ne m’arranges pas, ne me dérange pas ».

Non seulement votre mentalité et votre regard de l’Africain dûment exprimé à Dakar ne nous arrangent pas, mais vous vous êtes permis d’aller au-delà, pour déranger mon peuple et son destin.

Alors, il va falloir assumer. Assumer notre droit à une légitime défense. Assumer notre droit à une colère proportionnelle et proportionnée à l’humiliation et au deuil que vous avez infligés et continuez à infliger à l’Afrique. Assumer votre destin uni au nôtre pour relever tous les défis du duel à mort dans lequel vous venez de provoquer par votre haine raciale et votre mépris de nos peuples, toute l’Afrique digne.

Alors, vaincre ou périr, tel est notre unique challenge dans ce duel que vous nous imposez à une époque de notre histoire où nous ne vous avons fait aucun mal.

Et pour être honnête avec vous, cher Monsieur, vous, vos supporters et vos alliés allez souffrir jusqu’à ce que la France soit réduite à sa plus simple expression en Afrique.

Car de ce duel, un seul vainqueur devra sortira. Et j’ai la conviction inébranlable que vous et votre suite serez vaincus pour toujours. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute pour l’Afrique digne. Vous serez vaincus. Tous autant que vous êtes !

A Très bientôt !

Hassane Magued

Intégralité de la première audience de comparution du Président Gbagbo à la CPI

L’ancien président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, était hier lundi 5 décembre 2011, dans le box des accusés de la CPI (Cour pénale internationale) pour répondre aux questions d’ordre technique concernant l’ouverture de son probable procès.

Il avait troqué son éternelle chemise africaine pour une chemise blanche et une cravate.

Face à lui, à l’autre extrémité de la salle aveugle aux murs recouverts de panneaux de bois blonds hérissés de caméras, le procureur de la CPI Luis Moreno- Ocampo fixe du regard, en souriant, celui contre lequel il a obtenu un mandat pour crimes contre l’humanité.

La juge argentine Silvia Fernandez de Gurmendi, en robe noire aux revers bleus et plastron blanc prend la parole : « Je vous souhaite la bienvenue ».

Laurent Gbagbo se lève à la demande de la présidente, les deux gardes qui l’entourent, aussi. Il boutonne sa veste.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Maintenant je voudrais m’adresser à monsieur Gbagbo et lui demander de bien vouloir se présenter. Je vous prie monsieur de vous lever. Je vous invite à nous dire quel est votre nom ainsi que votre date et lieu de naissance et votre profession actuelle.

Laurent Gbagbo : Bonjour madame la présidente, je vous remercie de me donner la parole. Je m’appelle Laurent Gbagbo, je vois ici Laurent Koudou Gbagbo. Koudou c’est aussi mon nom. Mais officiellement sur mes papiers, c’est Laurent Gbagbo. Donc l’affaire indique bien qu’il s’agit de moi.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je vous remercie, mais il nous faut connaître votre date de naissance et votre profession ?

Laurent Gbagbo : Je suis né le 31 mai 1945, à Gagnoa en République de Côte d’Ivoire.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Merci beaucoup. Bien sûr, je constate que vous parlez le français, vous le parlez parfaitement.

Laurent Gbagbo : Oui, je ne parle que français, malheureusement !

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je crois qu’il est utile avant de commencer de clarifier la nature et la portée de cette audience. Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas aujourd’hui d’un procès, mais d’une audience de confirmation des charges. Aucun élément de preuve ne sera recueilli ni présenté. Il n’y aura pas non plus des questions touchant à la culpabilité ou à l’innocence de monsieur Gbagbo. La portée de cette comparution initiale est limitée à trois questions conformément à l’article 61-60/1 du statut de Rome et l’arrêt 121/ 1 du règlement de procédure des preuves qui définissent l’objet de la présente audience de la façon suivante : premièrement, la Chambre Préliminaire doit s’assurer que la personne ayant fait l’objet du mandat d’arrêt a été informé des crimes qui lui sont reprochés. Deuxièmement, que la Chambre Préliminaire doit s’assurer que cette personne a été informée de ses droits tels que garantis par le statut. Et enfin, la Chambre Préliminaire doit fixer une date à laquelle elle a l’intention de tenir une audience relative à la confirmation des charges. Par conséquent, la Chambre va aborder de manière consécutive les trois questions faisant l’objet de l’audience d’aujourd’hui. Premièrement, mes collègues et moi, avons besoin de savoir comme cela a été exigé par l’article 60 du statut de Rome, si vous avez été informé des crimes qui vous sont reprochés. Monsieur Gbagbo s’il vous plait ?

Laurent Gbagbo : Oui, madame. J’ai été informé.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Est-ce que vous souhaitez qu’on vous relise les crimes qui vous sont reprochés dans le mandat d’arrêt ?

Laurent Gbagbo : Je pense que ce n’est pas nécessaire madame.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Monsieur Gbagbo, la Chambre doit aussi s’assurer que vous avez été informé de l’ensemble de vos droits tels qu’ils sont inscrits par le statut de Rome, notamment, l’article 67. Est-ce que vous avez été informé de vos droits ?

Laurent Gbagbo : Oui, madame.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je vous remercie. De toute façon, je voudrais répéter certains de ces droits, qui sont d’une importance particulière à ce stade de la procédure. Je vais rappeler que vous avez, entre autres, les droits suivants : vous avez le droit d’être informé, dans le plus court délai, et de façon détaillée, de la nature de la cause et de la teneur des charges dans une langue que vous comprenez et parlez parfaitement. Vous pouvez également disposer de l’assistance gratuite d’un interprète, si jamais le besoin se fait sentir et bénéficier de traduction nécessaire pour satisfaire aux exigences de l’équité. Vous avez le droit à disposer du temps pour faciliter si nécessaire la préparation de votre défense et communiquer librement et confidentiellement avec les conseils de votre choix. Vous avez le droit de garder le silence et vous ne pouvez pas être forcé de témoigner contre vous-même ou de vous avouer coupable. Vous pouvez également faire des déclarations dans le cadre de votre réponse sans que cela ne se fasse sous serment. Finalement, outre toute autre communication, comme prévu par le statut, les procureurs doivent communiquer dès que cela est possible, les éléments de preuves en leur possession ou à leur disposition qui vous disculpent ou qui tendent à vous inculper ou à atténuer votre culpabilité ou qui pourraient entamer la crédibilité des éléments de preuves à charge. Monsieur Gbagbo, je m’adresse à vous une nouvelle fois pour savoir si vous avez des observations à formuler sur les conditions de votre remise à la Cour Pénale Internationale ainsi que sur les conditions de votre détention au siège de la Cour à La Haye depuis votre arrivée ?

Laurent Gbagbo : Madame, les conditions de ma détention à la Cour ici à La Haye sont correctes. Ce sont des conditions normales de détention et même plus humaines. Mais ce sont les conditions de mon arrestation qui en sont moins. J’ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises. Président de la République, la résidence du président de la République a été bombardée du 31 mars au 11 avril. C’est dans ces décombres-là le 11 avril pendant qu’on bombardait la résidence qui était déjà à terre. Une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence pendant que les hélicoptères la bombardaient. C’est dans ces conditions-là que j’ai été arrêté. J’ai vu devant moi mourir mon ministre de l’Intérieur Tagro. J’ai vu mon fils aîné qui est encore détenu en Côte d’Ivoire. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi on l’a arrêté. Est-ce parce qu’il est mon fils ? J’ai vu mon médecin personnel qui était avec moi, le docteur Blé qui est encore à Korhogo. Je l’ai vu partir. J’ai cru même qu’il allait mourir. Dieu merci, il n’est pas mort. Tagro, mon ministre de l’Intérieur, a eu moins de chance. Je ne vais pas continuer parce qu’on n’est pas dans le procès. Mais je veux dire que les conditions de mon arrestation sont celles-là. C’est l’armée française qui a fait le travail. Et elle nous a remis aux forces d’Alassane Ouattara qui n’étaient pas encore les forces régulières de Côte d’Ivoire. Puisque les forces régulières travaillaient avec moi. On nous a donc amené à l’hôtel du Golf qui était le siège de campagne de M. Alassane Ouattara le 11 avril. Et le 13 avril, l’Onuci nous a transférés moi et mon médecin personnel à Korhogo qui est à peu près à 600 km au Nord de la Côte d’Ivoire. J’étais logé dans une maison. Il y avait un lit, une moustiquaire, une douche. J’avais deux repas par jour à ma demande parce qu’on m’avait proposé trois. Généralement, je ne mange pas trois repas par jour. Je n’en mange que deux. Donc, le problème n’était pas là. Mais je ne voyais pas le soleil. Je ne savais ce qui se passe dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit. Les quelques rares fois où j’ai vu le soleil, c’est quand mes avocats sont venus. Ils ont vécu des difficultés. Maître Altilt est allé jusqu’à Korhogo. Il a fait deux jours dans cette ville. On l’a empêché de me rencontrer. Ça été tout le temps une bataille entre les avocats et mes geôliers. Je pense que ce n’est pas correct. Là aussi je vais m’arrêter parce que ce n’est pas une séance pour apitoyer les gens. J’essaie de décrire ce qu’il y a à dire. L’enfermement sans pouvoir marcher, sans pouvoir voir le ciel et sans pouvoir sortir. J’ai eu de nouvelles pathologies en plus de celles que j’avais déjà . Je ne suis plus un jeune homme comme vous le voyez Madame. Je ne suis plus un jeune de 20 ans ou de 30 ans. J’ai aujourd’hui 66 ans. Aujourd’hui, j’ai mal à l’épaule, à tous les poignets. Quand je suis arrivé ici même, heureusement on m’a fait des radios, on me donne des médicaments. Voilà ce que je souhaitais dire. Sur mon transfert à La Haye, Madame je suis toujours surpris par certains comportements. Si on m’informe que je vais à La Haye, je monte dans l’avion et je viens à La Haye. Mais là encore on nous a trompé. On m’a appelé pour me dire que j’allais rencontrer un magistrat à Korhogo dans le cadre de je ne sais plus quelle affaire. On a attiré mes avocats là-bas. Pendant qu’on discutait, un juge d’application des peines est arrivé avec un papier que je n’ai d’ailleurs pas lu. ‘‘Voilà le mandat d’arrêt. Donc, immédiatement, il faut qu’on fasse une séance’’. Ils ont improvisé une séance alors que mes avocats n’étaient pas préparés à cela. Moi, non plus. Ils ont improvisé là une séance de jugement pour que la Cour donne son autorisation à mon enfermement. Madame, je ne regrette pas le fait que je sois là . On va aller jusqu’au bout. Mais je dis qu’on peut faire les choses un peu plus normales. On n’a pas besoin de se cacher. J’ai dirigé ce pays pendant dix ans. Je n’ai pas fait cela. Lorsque cette séance volée s’est achevée, mon geôlier m’a pris dans la voiture pour me ramener à mon lieu de détention. Et puis un moment, j’ai vu qu’on dépassait ce lieu de détention. Je lui ai signalé cela. Il m’a dit ceci : ‘’on va à l’aéroport parce qu’il n’était pas éclairé. A partir de 18 h 30, il faut que l’avion s’envole’’. Je lui ai demandé où je partais en avion. Il n’a même pas eu le courage de me dire que je venais à La Haye. Il m’a dit que je venais à Abidjan. Alors, j’ai ri parce que j’avais compris. C’est comme cela que je suis venu sans rien à part mon pantalon et ma chemise. Sans rien du tout. Je signale cela pour que vous puissiez prendre des précautions pour que prochainement dans d’autres pays, dans d’autres cas, cela ne se répète plus parce que ça ne sert à rien. Cela fait croire qu’il y a des gens qui sont de mauvaise volonté, qui n’ont pas envie de comparaître. Si on m’accuse, c’est qu’on a des éléments de preuves pour m’accuser. Donc, je comparais. Je vais voir ces éléments de preuves. Je vais les confronter à ma vérité à moi et puis vous jugerez. Mais ce n’est pas bon que l’on essaie de jouer des petits tours de passe-passe. Madame, voilà ce que je voulais dire. Sur les conditions d’arrestation, de transport et de transfert. Voilà Madame. Ici, je vis normalement. Je n’ai pas de problèmes.

L’audience de confirmation des charges qui pèsent contre le Président Laurent Gbagbo, a été fixée au 18 juin 2012 par la Cour pénale internationale.

Mamadou Koulibaly : Pourquoi une nouvelle monnaie s’impose à la zone UEMOA

L’idée de la création d’une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial est plus que d’actualité avec la récession économique sur le continent. Dans cet entretien datant de janvier 2008, le Pr Mamadou Koulibaly, économiste explique pourquoi une nouvelle monnaie s’impose à la zone UEMOA.

Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et professeur d’économie, fait la lumière sur les dégâts causés dans les Etats membres de la zone franc en raison de l’indexation de leur monnaie sur le franc français, aujourd’hui, sur l’euro.

Dans cet entretien réalisé par Ruth Tete et Soh Tadhieu pour le magazine « New African », Mamadou Koulibaly ne mâche pas ses mots et appelle à la création d’une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial.

Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs quels sont les principaux mécanismes de la zone Franc ?

La zone du franc CFA est une union de coopération monétaire dont les leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la France. Les États satellites, membres de cette zone, sont des pays d’Afrique occidentale et centrale. La logique qui sous-tend le fonctionnement de cette zone rappelle la manière dont les Etats de l’Europe de l’Est étaient liés à l’ex-Union soviétique par le biais du Pacte de Varsovie à l`époque de la Guerre froide.

Les principes de la coopération monétaire entre la France et les Etats membres de la zone franc ont été énoncés dès les années 1960 dans le cadre d’un pacte colonial. Ce pacte a été modifié par la convention de coopération monétaire du 23 novembre 1972 entre les Etats membres de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) et la France d’une part, et par l’accord de coopération du 4 décembre 1973 entre les pays membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et la République française d’autre part. Juste avant que la France n’accède aux demandes d’indépendance des pays africains dans les années 1960, elle a obligé ces Etats à placer 65% de leurs réserves de change sur un compte du Trésor français, après avoir défini un taux de change fixe du franc CFA. Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des banques centrales communes [BEAC et BCEAO, ndlr], ces banques n’ont d’africain que le nom. En réalité, elles n’ont aucun pouvoir et ne sont rien de plus que de gigantesques institutions bureaucratiques qui ne décident pas des politiques monétaires. Elles sont là pour faire croire aux pays de la zone franc qu’ils sont maîtres de leur destinée. Les pays de la zone franc continuent de perpétuer un système mis en place par l’ancien bourreau colonial.

Comment décririez-vous la situation financière des pays de la zone franc depuis qu’ils font partie de cette union monétaire ?

La zone franc a engendré un long débat. D’une manière générale, il ne faut pas oublier que cette union a apporté à la France d’immenses avantages en termes de marchés pour ses biens et services. La situation monétaire des pays de la zone franc est une longue histoire de secrets jalousement gardés par la France, dont la seule préoccupation est de préserver ses intérêts. Par exemple, les réserves de change des Etats de la zone franc sont placées sur un compte commun du Trésor français, mais aucun pays africain n’est capable de dire quelle partie de cet argent durement gagné lui appartient. Seule la France a le privilège d’accéder à ces informations. Et pourtant ces fonds, placés sur des « comptes d’opérations », génèrent des intérêts chaque fois que leur montant est supérieur aux besoins d’importation des pays africains concernés. Ces comptes d’opérations, en vertu des accords de coopération monétaires signés par la France et les pays de la zone franc, sont en théorie assortis du principe de découvert illimité. Cependant, les autorités françaises ont inclus, dans les statuts des banques centrales africaines, des mesures, parfois préventives, destinées à éviter que les comptes d’opérations deviennent constamment débiteurs. Les opérations liées au franc CFA sont secrètes et seul le Trésor français connaît le montant des fonds appartenant aux pays de la zone franc placés sur les comptes d’opérations. Seul le Trésor français peut indiquer le niveau de rémunération ainsi que les frais de gestion de compte. Le système est donc opaque et autoritaire.

Les économies de la zone franc sont très vulnérables. Les effets provoqués par le mécanisme de fonctionnement du franc CFA sont asymétriques. Les pays les plus dépensiers de la zone franc peuvent utiliser les réserves de change des pays qui ont une gestion plus prudente. De fait, l’Unité monétaire profite aux pays les plus riches et encourage l’exploitation des pays les plus pauvres. L’existence d’un système monétaire stable et unifié n’a pas conduit à l’émergence d’un système bancaire et financier efficace dans les pays africains de la zone franc. Sur les 107 banques que comptent ces pays, 42 avaient fait faillite en 1990.

Les réseaux bancaires, qui se sont constitués par la suite, dépendent fortement des banques françaises. La France encourage les pays de la zone franc à vivre largement au-dessus de leurs moyens. Quelle différence y a-t-il entre le Gabon dont les réserves de change sont placées en France et le Ghana, qui possède sa propre monnaie ? Ou entre le Cameroun et le Kenya ? Le Bénin et la Tunisie ? Ces questions suscitent des questions légitimes sur le bien-fondé de la zone franc.

La zone franc existe depuis plus de soixante ans. Comment expliquez-vous qu’elle perdure malgré les effets négatifs qu’elle continue de produire dans les pays africains ?

A mon avis, cela est dû à l’influence que la France exerce sur les pays d’Afrique francophone, même si les partisans utilisent les arguments suivants pour défendre leur position : garantie monétaire, qui génère un afflux de capitaux, mesures d’austérité limitant le risque d’inflation et permettant de maintenir l’équilibre de la balance extérieure, et la crédibilité de la monnaie.

Les partisans du franc CFA font semblant de ne pas voir la répression politique et financière qu’ont exercée les présidents français successifs sur les pays africains qui ont tenté de se retirer de la zone franc. Nous avons été témoins de mesures répressives visant à couper court à toute velléité d’émancipation du système : la protection des intérêts français a engendré récemment des crises au sujet de l’uranium au Niger, de l’or au Mali, du pétrole au Tchad, des matières premières et du transfert des actions d’entreprises du service public en Côte d’Ivoire, auxquelles sont à ajouter d’autres crises au Rwanda, en République démocratique du Congo et au Sénégal. Quand le Sénégal a annoncé récemment qu’il avait découvert du pétrole à Saint Louis, le pays a demandé au Vénézuela de l’aider dans son exploitation, et non à la France. Paris a perçu ce geste comme une trahison et une violation des accords de coopération liant la France aux pays de la zone franc et à leurs ressources.

Par ailleurs, les élites et la classe politique africaines n’ont fait qu’empirer la situation en prétendant qu’elles ne possédaient pas les compétences nécessaires pour gérer leur propre monnaie de manière responsable et efficace, à l’inverse des pays occidentaux ou asiatiques. Elles se satisfont de voir les Etats africains être réduits à l’état de contribuables au profit de la France, avec les 65% de réserves de change qu’ils déposent chaque année auprès du Trésor français ! Et pourtant, nos citoyens n’ont pas la nationalité française, et n’ont pas non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres contribuables français. Cela conduit à une situation qu’on ne peut que qualifier d’asservissement volontaire, et qui a incité la population et les acteurs économiques à croire qu’ils ne pouvaient se passer de la France. C’est bien dommage car cette idée est totalement fausse. Le monde est vaste : il suffit de vouloir s’y intégrer de façon libre et responsable par le biais du commerce et non de l’aide étrangère qui réduit les gens à la situation de mendiants. Chaque jour, la mondialisation crée des milliers d’opportunités dont nous ne tirons pas profit, parce que nous sommes piégés dans un système inefficace.

Une réunion des ministres des Finances des pays de la zone franc s`est tenue à Paris le 14 octobre 2007. Cette réunion précède traditionnellement la conférence d’automne de la Banque mondiale et du FMI. Vous avez été ministre des Finances de Côte d’Ivoire, et peut-être avez-vous eu l’occasion de participer à ces réunions. Beaucoup d’Africains disent que rien de positif pour le peuple africain ne ressort de ces réunions. Est-ce vrai ?

Je n’ai jamais participé à ce type de réunion quand j’étais ministre des Finances. Mais la plupart des pays de la zone franc sont faibles. Avec des économies sous perfusion, ils n’ont aucun poids dans les décisions prises dans le cadre de ces réunions. On peut donc se demander pourquoi ils continuent de se rendre à ces réunions dans lesquelles ils n’ont aucune voix. En agissant ainsi, ces pays montrent qu`ils sont convaincus que la France peut tout faire pour eux. Nos pays préfèrent choisir la solution de la facilité même si elle met en danger l’emploi, les revenus, l`épargne et les investissements privés. Nous nous rendons complices du piège de la pauvreté dans lequel nous avons été poussés. Pourriez-vous citer au moins trois raisons pour lesquelles les Etats africains devraient se libérer du franc CFA ?

En premier lieu, le franc CFA est coercitif, injuste et moralement indéfendable. Il a favorisé la corruption de l’État. Au moment des élections françaises, les pays de la zone franc sont sans cesse sollicités pour donner des dons aux hommes politiques français, une obligation qui ne peut se justifier. Ces  » cadeaux  » ont été à l’origine de nombreux conflits et ouvrent la voie à de nombreuses autres formes de corruption. Ce sont ces relations qui perpétuent le monopole français dans les pays de la zone franc, malgré la mondialisation. Sous prétexte d’aider les pays pauvres avec l’argent du contribuable français, c’est la classe politique française et africaine qui s’enrichit de manière illicite. Cette réalité justifie à elle seule l’abandon de la zone franc. La libéralisation économique et financière ne peut se produire avec un taux de change fixe et une zone d’influence économique créée artificiellement. En fait, l’émergence de tensions apparues au sein du système monétaire international et les crises financières de ces dernières années portent à croire que le choix du régime de taux de change dépend du système d’engagements pris auprès des autorités monétaires. Et pourtant, la restriction de la liberté des pays de la zone franc dans le domaine de la politique monétaire ne protège pas du risque de dévaluation du franc CFA. Ainsi, dans les années 1990, faisant fi de la clause de découvert illimité, la France a ordonné la dévaluation du franc CFA. Avant la dévaluation, 1 franc français s’échangeait contre 50 francs CFA. En 1994, après la dévaluation, 1 FF s’échangera contre 100 FCFA. Les autorités françaises sont pourtant arrivées à faire croire que le taux de dévaluation était de 50%, alors que nous venions de subir une dévaluation de 100% !

Après l’abandon du système, quel avenir monétaire proposez-vous aux pays africains du point de vue monétaire ?

Etant donné les enjeux, il est nécessaire d’entreprendre des réformes financières et monétaires. La monnaie doit être au service de l’économie. Elle doit s’adapter au contexte économique actuel. A cet effet, il faut permettre aux pays de se prémunir contre les chocs asymétriques, d’améliorer la convergence et l`ajustement macroéconomiques et de financer le développement.

Il est vital aujourd’hui que le franc CFA acquière une autonomie, qu’il se libère du joug colonial. Il est grand temps que les pays africains assument les conséquences d’une politique macroéconomique librement choisie. Il n’y a pas de secret. Il suffit que nous décidions de nous choisir nos politiques et d’en assumer la responsabilité. La liberté n’a de sens que si elle est assortie de responsabilité. Une fois la rupture accomplie, les pays de l’ex-zone franc devront créer leur propre système basé sur des principes simples : accès direct aux marchés internationaux sans tuteur, c’est-à-dire la France, mise en place d’un système fiscal simple sans règles d`imposition incompréhensibles, taux de changes flexible par rapport aux principales monnaies. Pour atteindre cet objectif, les pays concernés ont deux possibilités. La première consisterait à créer des monnaies nationales indépendantes, avec une parité flexible comme les monnaies de l’Union européenne avant l’introduction de l’euro. Cette solution peut fonctionner uniquement si les banques sont privées et indépendantes et que les banques centrales ont la liberté de mettre en œuvre des politiques monétaires crédibles. La deuxième option, c’est que les pays africains s’unissent et créer une monnaie commune, mais cela suppose un gouvernement unique, contrôlée par une banque centrale unique et indépendante du pouvoir politique, ainsi qu’une politique économique monétaire et budgétaire uniques. Quelle que soit la solution adoptée, les États doivent être démocratiques. Ils doivent indiquer clairement à leurs citoyens leurs droits de propriété et leur accorder la liberté de décider s’ils veulent hypothéquer ces droits. Tout commence avec l`attribution du droit de propriété aux citoyens, un droit qui les fera émerger de la pauvreté. Le libre échange fera le reste.

En 2005, vous avez publié un livre intitulé  » Les servitudes du pacte colonial « . Pourriez-vous expliquer brièvement le sujet de cet ouvrage et le message qu’il transmet ?

L’objectif de ce livre était de faire connaître au public le  » pacte colonial « , fondement des accords de coopération franco-africains. Il s’agit d’un modèle institué par la France sous de Gaulle à la veille de l`indépendance des Etats d’Afrique francophones, destiné à contrôler indirectement les affaires de ces pays de manière subtile, sans apparaître en première ligne comme pendant la longue période coloniale. Le livre publie les textes utilisés pour organiser les interventions de l’Etat français, malgré la fin de l’époque coloniale dans les années 1960. Selon ce pacte colonial, les présidents des Etats d’Afrique francophone doivent diriger leurs pays en fonction des intérêts de Paris. L’indépendance s’est donc résumée au transfert de compétences de l’Elysée aux chefs d’État africains, qui doivent faire acte d’allégeance à la France, et non aux peuples qu’ils gouvernent. Paris se charge de leur dicter les politiques à adopter. Ce livre révèle comment les accords de Défense sont en réalité que des accords commerciaux obligeant les Etats d’Afrique francophone à conserver des bases militaires françaises sur leur sol, avec des soldats prêts à intervenir pour chasser les dirigeants récalcitrants afin de les remplacer par des individus plus dociles. Dans ce livre, on découvre que la France détient un monopole sur toutes les matières premières de l’Afrique francophone. On apprend comment la France a pris des mesures pour s’assurer qu’elle conserverait toutes ses prérogatives coloniales après avoir accordé « l’indépendance » aux pays africains. Par le biais de ce pacte colonial, la France est demeurée omniprésente en Afrique francophone et a conservé les avantages d’hier. Paris a confisqué la véritable indépendance des pays d`Afrique francophone.

Nous nous devons de dénoncer collectivement ce pacte colonial. Lors de sa visite au Sénégal en juillet 2007, le fraîchement élu président français Nicolas Sarkozy a reconnu que la colonisation était un crime contre l`humanité, mais a refusé de se repentir. Les Africains doivent dénoncer tous les accords et systèmes qui éloignent l’Afrique des marchés. Le pacte colonial constitue une violation du droit de propriété africain.

Etes-vous parvenu à transmettre ce message à travers ce livre ?

Je pense que oui. Je voulais partager mes convictions avec un grand nombre d’Africains. Et d’amis de l’Afrique, afin qu’ils soient dans une meilleure position pour mesurer les dangers du pacte colonial, du contrôle de l’Etat, et surtout de prendre conscience que la gestion de l’économie sous l’emprise du pacte colonial est une source de pauvreté dans nos pays. Nous ne voulons pas l’aumône ; notre problème n’est pas le manque d’argent. Je suis convaincu que nous devons avant tout revendiquer clairement nos droits de propriété sur nos terres et nos ressources, qui ont été aliénées par les colons, et dont le pacte colonial nous dépossède aujourd’hui`hui. Enfin, je voulais dire que l’Afrique a un besoin urgent de libertés individuelles, d’un contrôle de l’Etat limité, de marchés libres, d’une société ouverte et de la paix, qui ne peuvent exister que si la liberté économique et politique est respectée.

In New African Magazine, Janvier 2008

Alassane Ouattara ou la soumission sans équivoque de la Côte d’Ivoire

KOMLA R. KPOGLI

Les guerres sont faites souvent pour des objectifs purement économiques. En détruisant les infrastructures du pays agressé, en réduisant à néant sa machine militaire, en mettant à sac un pays on prépare un nouveau débouché. Des guerres conduisent à la naissance de nouveaux clients qui, une fois installés au pouvoir, vont devoir s’équiper en armes et en matériel de guerres pour prétendre redonner à l’Etat détruit, un de ses attributs de souveraineté : une armée. Aussi, ce pays devenu ruiné à coup de bombardements est obligé d’emprunter le chemin de la « reconstruction ». Cette « reconstruction », relevant plus de a propagande que de la réalité, passe nécessairement par les entreprises des pays agresseurs qui en font une occasion de déployer la corruption dans toutes ses formes. La « reconstruction », on sait ce qu’elle a produit dans les pays tels que l’Irak et l’Afghanistan récemment victimes de l’agression occidentale. La Côte d’Ivoire du criminel récidiviste Alassane Ouattara offre le meilleur exemple de cet état de chose en ce moment en Afrique subsaharienne.

Après avoir installé cet homme-lige au pouvoir suite à des bombardements et la destruction du matériel militaire ivoirien, la France peut passer aux affaires. Le prix de l’installation passe donc par l’achat des produits du faiseur de roi. C’est ainsi !

Il n’y a pas longtemps nous écrivions ceci à propos de l’agression contre la Libye par des pays occidentaux regroupés au sein de l’OTAN : « Les « soldats de la paix » de l’Occident accompagnés de quelques ravitailleurs arabo-musulmans de pacotilles et de décor sont sur le pied de guerre. Ils iront en Libye détruire l’aviation et le matériel militaire, mais le gouvernement fantoche et obséquieux à venir devra acquérir de nouveaux matériels de guerre. Les « soldats de la paix » iront détruire les infrastructures dont s’est dotée la Libye au prix d’énormes sacrifices, mais les préfets locaux à venir devront en reconstruire. Et qui sont ceux qui vont avoir les contrats pour la prétendue reconstruction? Les multinationales des pays envahisseurs. Comme en Irak et comme partout ailleurs. Ainsi, le profit sera double voire triple: détruire ce qu’on avait vendu, faire payer le reste de la facture si tout n’avait pas été réglé par l’ancien régime et reconstruire ce qu’on avait détruit. C’est aussi cela les affaires![1] ». Cette logique commerciale s’applique à la satrapie de Côte d’Ivoire.

Le Patriote du 23 novembre 2011 nous informe que le pouvoir de Ouattara s’octroie de l’équipement militaire[2]. En effet, le journal du parti placé au pouvoir nous apprend que « l’Etat de Côte d’Ivoire par le biais du ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, a décidé de doter l’armée de moyens conséquents. Il s’agit, selon lui, de la suite logique de la volonté des autorités ivoiriennes de doter le pays d’une véritable armée.

Comme équipements, la Côte d’Ivoire de Ouattara s’achète 87 véhicules dont 55 de type double-cabine, 24 de type 4X4, 2 véhicules de transport de troupes, 4 berlines, 1 ambulance, 1 véhicule de type simple cabine, 1000 tenues parachutistes, 1000 paires de Rangers, 200 lits de camp, 91 tentes dont 65 collectives, 13 postes de commandement et 13 d’infirmerie.

Toutefois aucune information n’est donnée concernant le vendeur. On ne dispose non plus d’aucun chiffre sur le coût de ces fameux équipements.

A l’analyse, l’ombre de la France plane sur cette livraison. Car, c’est elle qui a installé Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire. Depuis cette installation, on a vu la Côte d’Ivoire redevenir le ventre mou de la France qu’elle était au temps de Houphouët Boigny. Des hommes politiques français font la navette entre Paris et Abidjan pour consolider l’autorité de ce nouveau « chef indigène ». Ainsi, Sarkozy, Longuet, Guéant, Raffarin…ont depuis fait le déplacement sur Abidjan. En juin dernier, Gérard Longuet s’était rendu en Côte d’Ivoire pour discuter de la présence des troupes françaises dans le pays et de la « réorganisation » de l’armée de Côte d’Ivoire. Ce voyage de Longuet, sans doute, était aussi une occasion de conclure des contrats de vente de matériels militaires. On imagine mal d’ailleurs comment la France puisse installer un « chef indigène » et laisser un autre commerçant lui vendre ses produits.

Cette stratégie de s’offrir de nouveaux marchés par la guerre, on l’a vue en Libye quelques semaines seulement après la chute de Tripoli. Un cargo d’hommes dits d’affaires français accompagnés du ministre du commerce avait débarqué dans le pays pour soi-disant « aider à la reconstruction » et surtout prendre sa part du gâteau acquis par « la France et les Anglais » selon les termes mêmes de Patrick Lellouche, secrétaire d’Etat au commerce extérieur. Autrement dit lorsqu’on fait la guerre à un pays, ceux qui ont fait l’effort de guerre sont les seuls fondés à partager le butin. Raisonnement plus que logique. Les européens occupant l’Amérique n’ont-ils pas procédé de la même façon en Irak ? La France qui n’avait pas participé à l’invasion a été privée de « contrats pour la reconstruction ».

Aussi, rapporte Le Patriote, ces propos très éclairants de Paul Koffi Koffi selon qui «l’état des lieux fait à la suite de la crise postélectorale a révélé que les défis auxquels l’institution défense est confrontée, sont aussi nombreux qu’urgents tant au niveau des hommes, des infrastructures que de leurs équipement». En clair, Koffi Koffi dit qu’après les bombardements français, la Côte d’Ivoire se trouve en ruine sur le plan militaire. Constat qu’on doit d’ailleurs élargir à tant d’autres secteurs. Cet aveu confirme l’idée que la guerre menée contre le territoire de Côte d’Ivoire a détruit mais cette destruction offre un marché nouveau. Il s’agit d’une sorte de commerce par le terrorisme.

Gérard Longuet devant l’Association des journalistes de défense (AJD), le mercredi 16 novembre 2011 évoque l’actuel processus de resserrement du dispositif militaire en Afrique et regrette que la Côte d’Ivoire n’ait pas remplacé le Gabon comme point d’implantation en ces termes : « On aurait choisi Port-Bouët, en Côte d’Ivoire si Ouattara avait été en place plus tôt ». Cette déclaration de Gérard Longuet donne un aperçu sur les missions pour lesquelles Alassane Ouattara est placé au pouvoir et combien cet homme serait capable de se fendre en quatre pour servir les intérêts de la France. Alassane est si soumis que la France ne doute un seul instant que s’il était placé un peu plus tôt, la Côte d’Ivoire aurait accueilli une base militaire française permanente sur son sol. C’est dire combien on est loin de Laurent Gbagbo.Il faut préciser que le même Longuet affirme que « les unités ont une formidable capacité à être projetées, et on peut travailler depuis la métropole. »

Travailler depuis la métropole ! Cela démontre combien la colonisation de l’Afrique est plus qu’une réalité.Revenons à la soumission sans équivoque ni retenue d’Alassane Ouattara à la France. Non seulement, on voit cette soumission à travers les relations militaires, mais on la verra également sur le terrain monétaire avec une possible dévaluation du franc CFA autour de laquelle la France travaille depuis un certain temps avec les ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales ainsi que les présidents des institutions régionales de la zone franc. Le 19 septembre dernier, ces « élites indigènes » avaient été convoquées à Paris pour « discuter de la situation économique de la zone ». Un mois plus tard, devant la presse lors des « Matinales du gouvernement » du 24 novembre 2011[3], Mabri Toikeuse, ministre du plan et du développement du gouvernement Ouattara, déclarait que la dévaluation du franc CFA ne serait « pas une catastrophe ».

Au contraire, il s’était réjoui « des retombées de la dernière dévaluation (1994) qui, selon lui, « a fait tomber une pluie de milliards dans ce pays. » Cette soumission à toute épreuve aux intérêts française porte à penser que la presse de l’opposition a raison de dire que Ouattara qui, ces derniers temps, a fait le tour des capitales des autres territoires de la zone franc CFA était chargé de porter l’information de la future dévaluation à ses pairs. Même si les journalistes auteurs de ces écrits se retrouvent arrêtés et maintenus en détention, personne ne prend Ouattara pour un homme pour qui les préoccupations intérieures l’emporteraient sur les intérêts de ses maîtres occidentaux qu’il a toujours servi depuis son passage aussi bien à la BCEAO qu’au FMI en passant par toutes les institutions intermédiaires qu’il a dirigé.

Comme Lumumba, Olympio, Sankara…furent éliminés puis remplacés par une bande de fripouilles munies d’une feuille de route précise élaborée par les occidentaux, le président Gbagbo a été éliminé pour une fripouille dénommée Alassane Ouattara qui, le livrant à la fameuse Cour pénale internationale ce soir, montre qu’il est prêt à tout pour sauvegarder la place des maîtres. Pendant que les pires criminels au monde que sont Bush et ses amis, Blair et ses amis, Sarkozy et ses amis, Cameron, Obama…dorment tranquillement chez eux en toute impunité, ce qui leur font commettre à nouveau d’autres crimes, voilà que des nègres partisans d’une justice internationale qui n’existe pas dans la pratique, livrent un digne fils africain à la vindicte occidentale et notamment sarkozyste nichée sous le manteau troué de la CPI. Le désir étant d’humilier Laurent Gbagbo et montrer aux africains ce qui arrivera lorsque certains parmi eux oseraient des libertés avec l’attelage occidental et particulièrement français.

Le peuple africain en lutte sait donc à quoi s’en tenir face à un groupe de serviteurs aliénés piloté par Alassane Ouattara dont la mission est manifestement de replonger le territoire de Côte d’Ivoire dans le bain françafricain et dans le capitalisme terroriste qui drainent les richesses des pays tombés dans leurs escarcelles vers les pays dits développés.

29 novembre 2011

Komla KPOGLI

Secrétaire Général de la J.U.D.A

Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A)

Côte d’Ivoire, un an déjà que dure l’imposture

Des élections législatives sont annoncées en grande pompe en Côte d’Ivoire. D’aucuns diront qu’ils ne se sentent pas concernés par cette aventure qui n’est en somme que pure distraction. Parce que, parler à nouveau, dans le contexte actuel, d’élections dans ce pays sinistré, c’est aussi soulever l’épineuse question qui divise encore bons nombre d’ivoiriens : « Qui a remporté l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire ? »

Pour mémoire, sachons qu’il y a bientôt un an déjà que la Côte d’Ivoire organisait des élections présidentielles. Des élections censées la sortir de la grave crise qu’elle traverse depuis plus d’une décennie. Seulement, en lieu et place, la confusion, des douleurs et des larmes ont été servies aux ivoiriens et ce, par la volonté de mains obscurs aux antipodes des aspirations véritables du peuple ivoirien. Dans le désordre surréaliste savamment orchestré, deux hommes ont prêté serment au titre de présidents élus de la république de Côte d’Ivoire. « Du jamais vu », titraient les journaux nationaux et internationaux à leur une : « un pays, deux présidents ». Mais rassurez-vous, à côté du faux, il y a toujours du vrai. Si le mensonge est là, c’est qu’il existe à côté, la vérité.

Et l’usurpateur, tout comme le légitime, avaient leurs partisans : dans chaque camp, des hommes et des femmes convaincus de la victoire de leur champion. Pourtant, l’on aurait pu régler ce contentieux, comme on aurait réglé une affaire ordinaire, mettant en jeu des hommes civilisés. Ces hommes civilisés auraient saisi la justice, et chacun, devant un jury aurait plaidé sa cause. Et le jury à son tour, après les délibérations, aurait rendu son verdict,  et le juge, sur la base des délibérations aurait désigné qui des deux protagonistes a raison ou tort. Bien entendu ce schéma, qui n’est qu’une illustration, s’applique à des gens soucieux de préserver l’intérêt national et désireux de faire triompher la justice et le droit. Mais hélas, ceux qui se sentaient morveux ne se sont pas fait prier pour se moucher, et de la plus triste des manières. De peur de voir leur forfaiture dévoilée, ces imposteurs ont cru devoir s’imposer aux ivoiriens par la seule force de leurs armes, avec une violence inouïe. Rappelons-nous, lorsque l’Union Africaine, dans sa fuite en avant sur le dossier ivoirien, recommandait à Alassane Ouattara d’aller se faire investir par le Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire. Croyez-vous que ce monsieur se soit préoccupé un seul instant du bain de sang que son attitude de va-t-en guerre faisait courir à ce pays ? Au début, ce fut le commando invisible qui endeuilla la nation. Leurs cibles privilégiées : policiers et gendarmes, pris au dépourvu et sauvagement assassinés. Puis entra dans la danse, les soldats de l’onuci, à travers leur appui technique et logistique aux assaillants. L’armée française, la Licorne, quant à elle occupa les zones stratégiques de la ville d’Abidjan et fit nuitamment entrer sur le sol ivoirien, armes lourdes de tous genres et des soldats venus des autres bases militaires françaises d’Afrique. La suite tout le monde la connait.

Huit mois après, la question que nous ne cesserons de poser à Sarkozy, Alassane Ouattara, Obama et consorts, est la suivante : « Et maintenant, croyez-vous que Monsieur Alassane Ouattara soit en mesure de gouverner pacifiquement et souverainement ce pays ou voulez-vous insinuer que vous pouvez vaincre les ivoiriens sans les convaincre» ?

Dans la même veine, Alassane Ouattara aussitôt assis dans le fauteuil présidentiel s’est empressé de lancer une opération dite de : « recherche de caches d’armes », car n’ignorant certainement pas ce dicton selon lequel « celui qui règne par les armes, périra par les armes ». Il mit alors en branle toute sa bande hétéroclite qui lui sert d’armée, afin de rechercher et trouver ces fameuses armes qu’auraient dissimulées  les partisans de Gbagbo. Cette opération qui n’était rien d’autre qu’un prolongement de la traque aux pro-Gbagbo dans nos villages et hameaux, connue son corollaire de dérives tribales, de dérapages et de tueries systématiques de jeunes gens supposés avoir combattu aux côtés des forces loyalistes au président Gbagbo. Car ce qu’il faut savoir, c’est qu’en Côte d’Ivoire, la détention des armes  à feu, revient exclusivement aux ‘’vainqueurs’’ (sans gloire) de la guerre postélectorale. Les armes sont une affaire de milice Dozos (chasseurs traditionnelles) et des rebelles FRCI au grand dam des policiers, gendarmes et militaires (ex-FDS), pourtant qualifiés à porter et utiliser ces armes.

Aujourd’hui, nous sommes en effet loin des heures chaudes où des obus et des mortiers franco-rebelles pleuvaient sur Abidjan et sur la résidence du président Gbagbo. Les armes ayant finalement montré leurs limites. Le pays est toujours en crise. Les nouvelles autorités, malgré elles, doivent à présent faire face à l’aspect civil de cette crise. Celle qui préconise que les problèmes politiques soient réglés dans un cadre purement politique et démocratique.

Pour tous ceux s’insurgent contre le coup d’état qui a vu l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire, c’est une nouvelle opportunité qui s’ouvre. Dans cette perspective, quelle stratégie adopter face à des hommes qui ne savent qu’utiliser la violence, les menaces et à la fourberie comme armes dans l’arène politique ? En effet, il nous faut y répondre à notre tour avec nos propres armes, étant entendu qu’une arme est un instrument d’attaque mais aussi de défense, de peur de se voir proprement « écraser » par Ouattara.

Et des armes, nous en avons, en quantité suffisante. Plus efficaces que celles des FRCI, Onuci et forces françaises Licorne réunies. Avec ces armes nous pouvons défaire ce pouvoir vacillant, jusqu’à sa chute brutale. Ouattara pense t-il avoir vaincu et désarmé les ivoiriens? Eh bien qu’il se détrompe ! Car nous avons de ces armes-là qu’on ne peut nous arracher. Des armes qui n’ont pas besoin de munitions, qui ne peuvent ni s’enrayer, ni souffrir d’aucun défaut. Les seules armes capables de convaincre le peuple ivoirien car en adéquation avec ses aspirations les plus profondes. Ce peuple qui au fil du temps a pris conscience de notre destin commun, à savoir la préservation de sa liberté et de son indépendance. Des notions qui certes semblent devenir évasifs et insaisissables pour certains de nos compatriotes perdus dans une profonde léthargie. C’est pourtant dans ces notions fortes que nous tirons nos armes. Ce sont elles qui doivent sous-tendre notre combat en tout temps. C’est bien pour ces notions d’affirmation de sa souveraineté qu’elle a voulu traduire en actes concrets que la Côte d’Ivoire s’est vue attaquée par des forces étrangères avec la complicité de certains de ses fils corrompus.

Dans cette lutte sans merci, mettant en jeu la survie même de la nation ivoirienne, le pays n’appelle que les fiers ivoiriens sur qui elle peut compter. Non pas ces félons qui, pas assez convaincus, sont mû par cette propension à fuir le bateau lorsque celui-ci semble prendre de l’eau de tous parts. C’est à cette mobilisation sans faille que nous appelons tous les ivoiriens. Une guerre sur le terrain politique, sans passion ni fuite en avant. Dans un pays qui croule sous le poids de prisonniers politiques, qui vit au rythme effréné d’arrestations arbitraires et d’emprisonnements d’hommes politiques et de journalistes, qui fait du projet de rapatriement musclé des exilés politiques son cheval de bataille, qui initie l’omerta comme principale politique interne…, il est temps de se mettre en ordre de bataille. Les uns solidement soudés aux autres pour faire échec à cette imposture qui n’a que trop durée.

Marc Micael

Pour le retrait du Prix Nobel de la Paix à Obama

Un citoyen italien, indigné par les actes posés par Obama depuis son arrivée à la maison blanche (coup d’Etat en Côte d’Ivoire, guerre contre la Libye et toute l’Afrique, assassinat d’un Chef d’Etat souverain) demande au Comité d’Oslo de lui retirer le prix nobel de paix qui lui a été décerné.

« Mon nom est Joe Fallisi. Je suis un ténor italien et activiste des droits de l’Homme et universels. Je lance un appel à tous les hommes et les femmes de bonne volonté, aimant la justice, afin qu’ils puissent signer la pétition d’Action Justice and Peace, lancée par Action Liberté 20 en collaboration avec le Congrès National du Peuple Ivoirien, demandant le retrait du Prix Nobel de la paix à M. Barack Obama, ainsi que l’arrestation, par la Cour pénale internationale, du même Obama, de Mme Hillary Clinton, de M. Cameron et de M. Sarkozy qui sont des criminels de guerre… »

Pour signer la pétition, cliquer ici

La chine, meilleure alliée stratégique de l’afrique

La chine, meilleure alliée stratégique de l’afrique : cas du Cameroun et de la Côte d’Ivoire

Jean-Paul POUGALA

Les 12 derniers mois ont été très intenses sur le continent africain avec d’importantes élections qui ont suscité beaucoup d’intérêts même hors d’Afrique, parce que l’issu de chacune d’elle marquait les nouvelles frontières du partage des zones d’influence qui sont en train de se renégocier entre les anciens maîtres du monde, l’Occident et le nouveau, la Chine.

En paraphrasant un classement qu’on a vu en Ukraine, ont peut dire qu’en Côte d’Ivoire, en Zambie ou au Libéria, ce sont les Pro-Occident qui ont gagné la partie. Au Cameroun ou République Démocratique du Congo, ce sont les pro-Chine qui ont gagné.

Depuis les indépendances africaines il y a environ 50 ans, dans la logique de la guerre froide, les pays africains étaient tous sous l’une des deux bannières : pro-occident ou pro-Union Soviétique. A la chute du mur de Berlin en 1989 et la conséquente fin de la période de la guerre froide, toute l’Afrique était devenue, de gré ou de force pro-Occident. Le tandem Fond Monétaire International et Banque Mondiale avait de fait pris le pouvoir en Afrique, décidant de toute ou partie de la politique économique, financière, sociale et même juridique de bon nombre de pays africains.

Après ces 20-30 ans de ce pouvoir en Afrique, il n’existe à ce jour, aucune exception de pays qui aurait réussi grâce à ces recettes venues tout droit de Washington. Ce qui a amené certains pays à entrer en dissidence, à entrer en rébellion contre ce pouvoir ultralibéral FMI-BANQUE MONDIALE qui a une particularité et c’est que lorsqu’il échoue, le chapeau n’est porté que par le dirigeant africain rebaptisé pour la circonstance en « dictateur africain » afin de détourner l’attention de la vraie paternité de l’échec : l’ultralibéralisme occidental. Cette tragi-comédie continue de nos jours, puisque ce sont ces mêmes recettes qu’on prescrit aujourd’hui à la Grèce, au Portugal et à l’Italie qui ont toutes échoué il y a 20 ans en Afrique.

Ces dissidents Africains ont regardé ailleurs vers l’Orient, vers la Chine. Ils ne sont pas très nombreux, parce qu’il fallait du courage pour braver les pressions occidentales, lorsque cela ne se terminait pas par des coups d’état bien pilotés par l’entremise des rebelles qui n’ont jamais expliqué comment et par qui ils avaient été financés. Et c’est dans ce contexte que s’inscrit désormais tous les rendez-vous électoraux sur le continent africain, où le seul vrai projet de société est de savoir si le pays se contente du statu quo habituel avec le niveau de misère qu’on connait depuis 50 ans au service de l’Occident ou alors s’il fera le saut dans le vide en choisissant la Chine, pour émerger avec elle, sans savoir où on va atterrir.

Aujourd’hui, je vais prendre en examen deux pays africains qui ont fait 2 choix opposés, l’un la Cote d’ivoire a choisi de rester comme avant, sous l’Occident et l’autre, le Cameroun qui a choisi de se jeter dans le vide avec la Chine. Lequel des 2 pays a fait le bon choix ? pour répondre à cette question, je me garderai bien de donner des jugements de valeur à une élection ou à une autre. Je ne vais pas refaire l’histoire ici. Mais il me plait de revoir les événements sous la loupe purement géostratégique.

Le Cameroun et la Côte d’Ivoire sont deux pays africains qui ont récemment connu des élections et le point commun des deux élections c’est que les deux géants mondiaux, la Chine et l’Occident avaient fait leur choix et apporté leur soutien. En Côte d’Ivoire, on peut être d’accord ou pas d’accord sur les méthodes utilisées, mais chaque contemporain a pu assister en direct à l’intronisation par la France et les Etats-Unis d’une administration africaine.  Il n’est donc pas erroné d’affirmer que le pouvoir en place est pro-Occident.

Au Cameroun, Monsieur Biya a été le chouchou de Pékin, cette ville étant devenue au cours des années la seule destination officielle hors des frontières camerounaises de Monsieur Paul Biya ; Lors du dernier congrès du parti de Monsieur Biya, le RDPC, le parti de monsieur Sarkozy l’UMP n’était pas invité comme d’habitude. A sa place, c’est le Parti Communiste Chinois qui a été convié et désigné comme le « meilleur parti ami » du Cameroun. Et que dire du fait que les résultats des élections présidentielles au Cameroun ont été rendus publiques à Pékin, 4 heures avant la proclamation par la Cour Suprême du Cameroun. Ce qui nous amène à dire sans nous tromper que le positionnement du Cameroun est pro-Chine ?

Etait-ce un simple hasard la décision conjointe de Pékin et Yaoundé de choisir la date du 8/10/2011, un seul jour avant les élections, la cérémonie présidée par Monsieur Biya et le représentant Chinois pour  poser ensemble la première pierre du chantier du port en eau profonde de Kribi avec une première enveloppe de 1 milliard de dollars versés par la Chine ? N’étaIt-ce pas un vrai défi lancé aux Occidentaux qui eux sont dans une profonde crise financière ? Dans tous les cas, l’électorat Camerounais  a approuvé ce choix de ses dirigeants, le lendemain dans les urnes, en élisant Monsieur Biya avec 78%. En comparaison, on est très loin de la gestion calamiteuse des Occidentaux de la situation Ivoirienne quelques mois auparavant.

Qui du Cameroun et de la Côte d’Ivoire a eu raison de son choix ?

S’il est encore trop tôt pour parler du Cameroun on peut déjà tirer les premières conclusions sur la Cote d’ivoire et constater que la situation aujourd’hui est de loin pire que celle qui prévalait durant la crise sous Monsieur Laurent Gbagbo. Le FMI vient d’avancer un chiffre de -7,5 % de croissance du pays pour l’année 2011 faisant ainsi de la Côte d’Ivoire, le seul pays en récession de tout le continent africain, c’est-à-dire,  pire que la Somalie, où même sans gouvernement stable il y’aura eu 1% de croissance pour 2011, c’est-à-dire une croissance somme toute positive.

Les mêmes sources nous informent des contre-performances de toute l’économie ivoirienne où l’état doit aux entreprises la rondelette somme de 900 milliards de FCFA. Et la totalité du budget 2012 à peine voté ne pourra être financé que de l’étranger.

Prenons au hasard une date commune dans les 2 pays, la date d’hier 23/11/2011. Quelle est l’actualité principale en Côte d’Ivoire : C’est le porte parole du  président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso qui nous annonce que Monsieur Alassane Drame Ouattara se trouve à Bruxelles où il va rencontrer dans la journée Monsieur Karel de Gucht, commissaire Européen chargé du Commerce, pour parler des exportations du cacao ivoirien vers les pays de l’Union européenne.

Au même moment, au Cameroun, c’est Monsieur Martin Yankwa, Inspecteur général du ministère camerounais de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique qui nous annonce la signature d’un accord pour la création d’une usine, la SITRACO, d’une valeur de 1,6 milliard de FCFA pour la transformation à Douala de 40% du coton camerounais pour alimenter les nombreux hôpitaux que la Chine construit un peu partout au Cameroun, avec des consommables comme les  compresses médicales et des rouleaux de gaze hydrophile de coton.

Dans le premier cas, il s’agit de l’énième visite en Occident depuis la prise de pouvoir au mois de mai 2011 dernier. La première visite était le 26 Mai 2011 au sommet du G8 à Deauville en France, où l’ami Sarkozy, président de la France l’a présenté comme un trophée, il avait une grande envie de célébrer la victoire militaire de sa présidence mais avait oublié d’informer son protégé Monsieur Ouattara que lui-même se trouvait en pleine tempête financière avec les 3 principales banques  qui venaient de perdre en bourse près de 40% de leur valeur, ce qui atteindra très vite les jours suivants, 65% pour la plus grande.

Il y a eu le 27/07/2011 la visite à Washington pour demander de l’argent.

Malheureusement ici aussi, Monsieur Obama était en pleine querelle avec la nouvelle majorité républicaine au Congrès qui ne voulait pas lui octroyer une rallonge pour de nouvelles dettes;  et du coup, accompagné des autres Présidents Africains qui semblaient tous à la Maison Blanche comme des écoliers dans le bureau du Directeur d’école, les photos que la Maison Blanche a publiées de cette rencontre donnent l’amère impression de se trouver à une cérémonie de funérailles.

Comment lire ces deux évènements ?

1. En Côte d’Ivoire

La démarche ivoirienne est erronée. à mon avis, le Cacao et le Café, comme la malaria, doivent tout simplement être éradiqués du continent africain. C’est la seule certitude de mettre fin à la sombre époque de la soumission coloniale avec toute son économie, comme la culture de certaines plantes que les principaux journaux financiers en Occident continuent de classer en cette fin de l’année 2011 comme « produits coloniaux ». Plus de 50 ans après l’indépendance, ce n’est pas normal qu’un dirigeant Africain se rende en Europe pour négocier en faveur d’un produit colonial, c’est-à-dire pour continuer volontairement à cultiver ce produit qui correspondait à la vision et aux intérêts européens de cette Afrique coloniale.

C’est une faute politique, historique et surtout, économique, car aucun pays du monde ne s’est jamais enrichi en continuant la production d’un produit colonial, même le Brésil a été obligé de renoncer à sa place de premier production mondial du café pour passer à la production de la viande qu’elle exporte désormais vers Europe parce qu’elle est 100 fois plus rentable et sa production est hebdomadaire et non annuelle comme le café.

En d’autres termes, la Côte d’Ivoire doit se spécialiser en « Intelligence » pour compter et pour commander en Afrique et voilà non plus retourner en arrière aux sombres heures des travaux champêtres de la période coloniale, aux heures du travail manuel pour remettre le vieux tablier de domestique et reprendre comme le veut le maître Européen, sa place dans les plantations de cacao et café du pays tropical.

2. Au Cameroun

La démarche camerounaise est à encourager, parce la décision de créer une usine de transformation du coton camerounais présente 2 avantages :  d’abord parce que la vraie plus-value d’un produit agricole réside dans sa transformation en produit fini, ensuite parce que le produire pour satisfaire un besoin national permet de dynamiser une demande locale et mettre sur pied le cercle vertueux de la création de la richesse. Il est prévu que dans les prochains 10 ans le Cameroun passera du pays exportateur de coton, à pays importateur, du même coton pour satisfaire la demande des hôpitaux camerounais et ensuite africains.

Ce que les dirigeants Camerounais ont compris c’est la leçon même de Laurent Gbagbo c’est-à-dire que désormais c’est en Afrique même qu’il faut aller chercher l’argent.  La Sitraco est l’arbre qui cache la forêt du vaste projet de développement du business de la santé au Cameroun pour attirer les malades non plus uniquement des pays voisins, mais venant de beaucoup plus loin. A travers ses hôpitaux, le Cameroun veut récupérer le très lucratif  pactole des évacuations sanitaires vers la France depuis les pays d’Afrique francophone notamment pour des spécialités bien précises : cardiovasculaire, traumatologique, neurochirurgical, ontologique, ophtalmologique.

Selon les incroyables chiffres fournis par Monsieur Bedouma Alain Yoda, ministre Burkinabé de la Santé, le gouvernement d’un petit pays comme le Burkina Faso règle à la France la facture pour évacuer une cinquantaine de patients par an, la bagatelle de 900 millions de FCFA (1,372 million d’Euros) chaque année. cette information a été rendue publique par le quotidien burkinabé, LE PAYS dans son édition du 19/09/2007. Yaoundé veut une partie de ce gâteau. L’histoire ne nous dit pas si Paris est très content de l’activisme de ce nouveau concurrent inattendu.

Un autre domaine dans lequel les dirigeants de Yaoundé cherchent des palabres avec la France de Monsieur Sarkozy est celui de la formation. On peut facilement imaginer la scène à l’intérieur du Palais d’Etoudi (demeure du Président Camerounais) où son hôte prend un stylo et sa calculette pour voir combien l’Europe encaisse chaque année des étudiants Africains qui y affluent. Un vrai magot ! se sera-t-il exprimé. et toutes les réflexions successives ont dû être sur le fait de savoir comment intercepter une partie de cette somme.

Les Universités publiques et privées sont en train de sortir de terre comme des champignons avec des cités universitaires et son lot de chantiers chinois pour livrer les oeuvres dans les plus brefs délais afin, non seulement d’éviter que les Camerounais quittent le pays, mais aussi pour attirer les autres étudiants africains qu’ils soient francophones ou anglophones, profitant au passage de sa position privilégiée d’être le seul pays bilingue français/anglais du continent africain. Alors que l’hôte de l’Elysée (demeure du président français) compte sur la stigmatisation de ces étudiants africains pour remonter dans les sondages, on peut parier que lui enlever un tel alibi sera vécu comme un crime. Déjà depuis le mois de Mai 2011, un décret intime à ces étudiants Africains de laisser la France le lendemain de leur soutenance de thèse.

Que faire lorsqu’on s’est trompé dans le choix des alliances ?

Aujourd’hui, le développement de l’Afrique est une question de choix décisif dans le positionnement géostratégique de chaque pays. L’alliance avec l’Occident sur le point de déposer le bilan, me semble un choix suicidaire, parce que le résultat est connu d’avance : misère garantie comme plat de résistance et dettes pour dessert.

Le Guide Libyen Kadhafi est l’exemple de ce choix suicidaire. Il avait opté pour l’alliance avec l’Occident, en snobant soit la Chine que la Russie et en mettant ses Services Secrets sous le contrôle de la CIA dès 2006. Ce qui lui sera fatal, puisque ce sont ces mêmes Services Secrets devenus américains qui feront qu’il ne soit plus en sécurité nulle part sur le sol libyen, encore moins son dauphin. Dans la nature, les mammifères cherchent les males jeunes et forts pour s’accoupler et assurer la descendance, garantir l’avenir. Parce que les males vieux sont trop faibles et souvent aigris et génèrent d’autres faiblesses qui ne laissent pas beaucoup de chance à la race de survivre longtemps, et qui ne présagent aucun futur.

En ce moment, l’Occident est cet animal devenu vieux et faible et pour cette raison, devenu plus dangereux pour lui-même et pour ses alliés. Sa faiblesse le rend aigri. Un jour arrivera lorsqu’ils comprendront que leur trophée de la victoire ivoirienne n’était qu’une pure illusion et qu’ils ne seront pas sauvés de leur profonde crise financière et sociétale par la Côte d’Ivoire et donc que qu’ils n’auront plus besoin de Monsieur Ouattara. Ce jour là, il sera très vite rebaptisé en « Dictateur Africain » et on n’a pas besoin d’être un magicien pour prédire que ce jour là, des ONG prétendument expertes de l’Afrique sortiront de partout pour nous expliquer comment il est méchant et s’enrichit sur le dos du peuple.

On trouvera très vite un autre Africain pour le remplacer et ce jour là, nous serons présents pour le soutenir avec toutes nos forces, exactement comme nous l’avons fait pour son prédécesseur, exactement comme nous l’avons fait pour le Guide Libyen, Kadhafi. Parce que la tradition africaine veut que nous n’abandonnions jamais les nôtres, quoi qu’ils aient fait dès lors qu’ils sont en mauvaise posture avec nos bourreaux de toujours. Nicolas Machiavel (1469-1527) ne dit-il pas que « Pour prévoir l’avenir, il faut connaître le passé, car les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par les hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats » ?

Combien serons-nous pour répondre « présent » au soutient de Monsieur Ouattara lorsque son heure de disgrâce sera arrivée ?  Qu’est-ce que l’histoire retiendra de lui au delà de la page peu glorieuse qu’il a écrite avec sa fameuse « Communauté Internationale » ?  lui seul et son équipe pourront répondre à ces questions, à travers les actes et les décisions qu’ils pourront mener en utilisant leur cerveau pour ne pas insister avec des recettes qui ont démontré leurs limites. Le plus grave n’est pas de commettre des erreurs, mais de persister dans l’erreur. Et le geste le plus sage à mes yeux est celui d’avoir le courage et la force d’aller contre ceux qui l’ont mis au pouvoir et de libérer son frère Laurent Gbagbo. Il sortirait alors ainsi de « l’Afrique de la traitrise et des sous-préfets » pour entrer dans l’Afrique du courage et de la défense de la dignité humaine.

Nous sommes différents des Européens. Pour construire l’Union Européenne, ils ont recouru à un catalogue de conditions à être toutes satisfaites avant d’entrer dans l’Union et des pays comme la Turquie depuis 1963, n’ont toujours pas réussi à satisfaire à ces conditions. En Afrique nous privilégions d’autres valeurs que l’argent. C’est pour cela qu’il n’ya jamais eu un quelconque catalogue de conditions pour adhérer à l’OUA hier ou à l’UA aujourd’hui et demain dans les Etats-Unis d’Afrique en construction.

Ce qui nous unit est avant tout est un idéal, celui de soustraire l’Africain à l’esclavage européen, à travers la lutte contre l’humiliation que l’Occident continue de nous infliger depuis 5 siècles. Le Tribunal Pénal International (TPI) n’est-il pas la preuve évidente de cet acharnement contre la dignité humaine en Afrique ? Comment expliquer sinon qu’avec les 3 millions de morts au Cambodge, pour le génocide perpétré par les ‘Khmers rouge’, le tribunal spécial se passe en terre Cambodgienne pour juger ses auteur 30 ans après les faits alors que pour l’Afrique, le TPI devient l’énième instrument de domination et de la xénophobie contre l’Afrique ?

Le dénominateur commun du peuple africain est l’anticolonialisme. C’était même le fondement de l’OUA. Et nous ne pourrons pas construire les Etats-Unis d’Afrique sans associer tout le monde, sans prendre conscience de la capacité de nuisance de ceux qui veulent nous diviser jusqu’à chasser nos chefs d’Etat du pouvoir, jusqu’à tuer nos Présidents. Nous sommes très indignés de ces actes de barbarie et si ceux qui ont le pouvoir en Afrique n’ont pas conscience de cela, nous devons être doublement indignés.

Conclusion

Le déclin de l’Occident est paradoxalement une chance pour l’Afrique, à condition que nous soyons conscients de l’importance de la place que nous pouvons occuper dans cette nouvelle ère avec la redistribution des places. L’Occident ne peut pas nous aider parce qu’il ne peut pas s’aider lui-même. Monsieur Obama a visité le Ghana et présenté ce pays comme la vitrine d’un allié de l’Occident qui réussit, mais la vérité est plus amère et c’est que ce pays pour sa croissance s’est tourné vers la Chine et a reçu 10 milliards de dollars américains, montant qu’aucun pays occidental ne pouvait lui offrir. Pour l’histoire, hier 23/11/2011, pour la première fois, même l’Allemagne, le pays européen le plus vertueux et le plus riche n’a pas pu emprunter l’argent sur les marchés, leurs propres opérateurs étant les premiers à parier sur leur chute inexorable.

Au 21ème siècle c’est la fin des Etats-Nations et le triomphe des ETATS-CONTINENT. Je ne me réjouis pas pour le début de la prospérité de mon pays, le Cameroun tant que l’économie d’un autre pays africain, comme la Côte d’Ivoire est en berne, parce que la Côte d’Ivoire comme la Somalie, c’est aussi mon pays et le comprendre c’est  avoir la force pour résister à nos agresseurs et pour construire la base d’une prospérité stable, continentale.

Et pour le faire, nous avons besoin des alliances, nous avons besoin de compter nos amis, nos vrais amis. Pour l’instant, le meilleur ami de l’Afrique est la Chine et nous devons tous nous indigner lorsque l’Europe va à Pékin parler de l’Afrique, parler de nous sans nous. Ne sommes-nous pas suffisamment sortis de l’adolescence ?

Toujours plus de Chefs d’Etats Africains seront encore humiliés, d’autres seront encore assassinés. Mais le pire qu’un Africain puisse faire c’est qu’il soit de près ou de loin, complice des ces actes tous dirigés contre les nôtres, tous orientés contre nous. Parce que chaque Président Africain qu’on humilie, c’est nous tous qu’on humilie, chaque Chef d’Etat Africain qu’on tue, c’est nous tous qu’on tue. Défendre les nôtres, c’est défendre nous-mêmes aujourd’hui, c’est défendre nos enfants demain. Et identifier avec précision contre qui, nous avons à nous défendre en priorité, nous aidera à mieux choisir nos alliances. A ce jour, aucun Africain n’est mort tombé sous les balles de l’armée chinoise.

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com 

www.pougala.org

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.

Livre « Côte d’Ivoire : le coup d’Etat » : Gbagbo y raconte lui-même son 11 Avril

Le livre est intitulé «Côte d’Ivoire : le coup d’Etat». Il est écrit par le journaliste d’investigation Charles Onana et préfacé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Et il apparaît d’ores et déjà comme un livre-événement, tant les révélations et les rappels utiles y sont foisonnants. Le livre contient également des documents et des courriers inédits que Charles Onana a réussi à se procurer, provenant notamment de ministres français. Déjà en vente en France, «Côte d’ivoire : le coup d’Etat» sera-t-il autorisé à la vente en Côte d’Ivoire ? Il faudrait pour cela que des libraires ou des distributeurs aient le courage de le commander…

Le Nouveau Courrier publie des «bonnes feuilles» de ce livre. Il s’agit du témoignage du président Laurent Gbagbo, qu’il a pu faire parvenir à Charles Onana depuis sa réclusion, et qui va, à coup sûr, déranger des milieux internationaux très haut placés. Ses accusations contre l’armée française, qui a selon lui tiré sur de jeunes manifestants Ivoiriens pour les disperser ou les empêcher de rallier sa résidence, et qui a visiblement profité d’une conversation téléphonique pour le localiser dans la résidence et bombarder sa chambre, sont très claires. Elles montrent une petite partie de ce qu’il a à dire, et constituent une alerte pour tous les hommes de bonne volonté. En effet, le pouvoir Ouattara et la Sarkozie doivent absolument comprendre qu’une éventuelle élimination physique du témoin gênant de Korhogo serait lourde de conséquences pour la Côte d’Ivoire. A court, moyen et long terme.

Gbagbo raconte comment une bombe a atterri dans sa bibliothèque

«Ce sont les soldats français qui ont tout fait. Ils ont bombardé du 31 mars au 11 avril 2011. Il y a eu des bombardements sporadiques avec largage des bombes. Le ministre français de la Défense, Alain Juppé, avait manifesté le désir de parler avec moi. Mon conseiller Désiré Tagro était venu me dire que cette demande venait de monsieur Charles Millon, l’ancien ministre de la Défense du gouvernement Juppé en 1995. En fait, monsieur Millon avait été à l’université de Lyon avec moi. Tagro m’avait fait part de cette

demande le 10 avril 2011 à mon réveil matinal. J’étais sur le point d’aller prendre ma douche lorsque Tagro m’a informé du souhait de monsieur Juppé. Quand j’ai fini de prendre ma douche, j’ai retrouvé Tagro qui m’attendait le téléphone à l’oreille. Il était encore en communication avec monsieur Millon. Soudain, une bombe explose sur le toit de ma chambre. Millon demande alors à Tagro ce qui se passe. Tagro lui répond qu’on est en train de vouloir tuer le président. Ceux qui ont largué cette bombe ont tout détruit dans la pièce. J’avais une collection de livres d’auteurs romains et grecs traduits en français que je conservais jalousement depuis quarante ans, tous ont brûlé. Ma bibliothèque constituée depuis l’époque où j’étais étudiant est partie en fumée en quelques minutes seulement.»

Gbagbo explique pourquoi il a demandé à l’armée ivoirienne de ne plus se battre

«Le 10 avril 2011, notre informateur au ministère de la Défense à Paris nous a dit que ce jour-là, c’était 6+3. C’est-à-dire 6 hélicoptères plus 3 autres. Il faut savoir qu’auparavant, c’était uniquement trois hélicoptères qui nous bombardaient. Les snipers étaient également postés sur le toit de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Qui est mitoyen à ma résidence. Leur rôle essentiel était de tirer sur les jeunes Ivoiriens qui manifestaient ou s’aventuraient à sortir à proximité de ma résidence. Ainsi, lorsqu’on m’apprend que les chars français sont à Cocody, le commandant des Forces spéciales, l’officier de frégate Boniface Konan, me fait parvenir un message disant qu’il ne peut plus combattre, car les soldats sont dispersés. Le message souligne que les chars et les hélicoptères français ne cessent de tirer sur les soldats ivoiriens. Le 10 avril, j’ai dit à Konan qu’il devait cesser les combats pour ne pas faire tuer les soldats. Je ne pouvais accepter de voir mourir inutilement les dignes fils de mon pays face à des gens qui voulaient uniquement ma tête. J’ai demandé qu’on me laisse attendre sereinement le dénouement à la Résidence. Les soldats voulaient me mettre à l’abri. Mais je leur ai dit que je n’étais pas militaire mais chef de l’Etat. Ce qui m’importait le plus, c’était leur sécurité et non pas la mienne devant le feu français. A ce moment, Konan me dit la gorge serrée : «Monsieur le président, les Français ont tout détruit».

Gbagbo : «Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture

«En fait, les Français ont encerclé la résidence et au lieu d’achever leur mission, c’est-à-dire de venir me prendre eux-mêmes, ils ont plutôt envoyé les rebelles me prendre. Je tiens tout de même à préciser qu’ils ont envoyé les rebelles m’arrêter devant les caméras. Toutes les images que vous avez reçues sont les images des soldats français. Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture. Ils tournaient avec des caméras à la résidence et à l’hôtel du Golf. Plus tard, ils ont fait venir des journalistes français pour d’autres images de moi. Il n’y avait pas de journalistes africains tournant les images au moment de mon arrestation.»

La tentative de «corruption» de l’administration Obama

«Un sous-secrétaire d’Etat américain m’a téléphoné et m’a parlé pendant au moins une heure. Il me disait que si je partais du pouvoir, je ne serais pas poursuivi, je pourrais m’exiler avec soixante-quatre personnes de mon entourage et que tous seraient pris en charge. Quant à moi, je serais logé, nourri et blanchi, j’aurais un travail et des revenus équivalant à 2 millions de dollars, etc. Cette conversation ou plutôt ce monologue était surréaliste.

Il y avait un tel décalage entre ce que disait ce monsieur et la réalité que je vivais avec le peuple ivoirien que son discours était indigeste. J’ai finalement raccroché, fatigué de l’entendre pérorer sur les propositions qui m’attendaient si j’acceptais de quitter le pouvoir. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’étrange dans ce discours. Quel était le sujet ? A mon avis, c’était le résultat des élections présidentielles. Ils ont tous prétendu que j’avais perdu les élections présidentielles mais le Conseil constitutionnel de mon pays a dit le contraire. J’ai demandé de recompter les voix, ils ont refusé. J’ai même proposé une commission d’enquête indépendante internationale pour examiner les faits. On a refusé. Pourtant, les données sont simples. S’il est prouvé que j’ai perdu les élections, je m’incline sans autre forme de discussion. Si j’ai gagné, je suis disposé à faire des concessions politiques pour créer un climat d’apaisement et de paix dans tout le pays. Mais pourquoi s’obstine-t-on à me faire des propositions absurdes ? Pourquoi cherche-t-on à me corrompre et à me menacer si on est convaincu que j’ai perdu les élections ?

Peu après ce coup de téléphone étrange, mes conseillers me disent qu’Hillary Clinton cherche à me joindre au téléphone. Je refuse de prendre la communication car je suis convaincu que je vais encore passer un moment à entendre à nouveau les mêmes propositions. Elle m’a finalement adressé un message pour me proposer je ne sais quoi. Je n’ai même pas ouvert l’enveloppe. Après Hillary Clinton, le président Obama m’a directement appelé à son tour. Une fois de plus, j’ai refusé de prendre la communication. Je ne voulais plus écouter ni entendre les discours ennuyeux et les propositions ubuesques qu’ils infligeaient à mes oreilles.»

Le nouveau courrier

Côte d’Ivoire – Libye : le message de l’Occident est passé, mais la riposte arrive !

Mouammar Kadhafi et Laurent Gbagbo à Abidjan le 27 juin 2007

Le message de l’Occident pour les Africains est, on ne peut plus clair. Quiconque osera développer ou chercher à développer son pays, pour qu’il soit affranchi des prêts usuraires des institutions financières de domination colonialiste, sera tué. S’il résiste, son pays sera rasé. Si le pays résiste, le peuple connaîtra un génocide. Car Afrique, ton développement précipitera mon effondrement. Alors je t’ordonne de demeurer pauvre et soumise, sinon je tue jusqu’au dernier de tes enfants afin que tu comprennes que tu n’as pas le droit d’être libre et développée.

Aussi simple que cela puisse paraître, tel est le message que l’Occident veut faire passer lorsqu’il a voté les résolutions à l’ONU pour massacrer les civils Ivoiriens et détruire la Libye afin d’y installer des imposteurs et des voleurs en lieu et place des bâtisseurs, fils du pays. Après quoi, le reste n’est que manipulation, corruption morale, lavage de cerveau et instrumentalisation en vue de faire passer ce message fondamental.

Mais avec les gros moyens qui accompagnent les efforts pour faire respecter cet édit méprisant et raciste, l’achat de conscience et la promotion des renégats qui sous-tend cet odyssée de la haine, plusieurs fils de l’Afrique qui ne pensent qu’à leurs ventres et à ceux de leurs proches, croient jouer juste, en collaborant par traîtrise et lâcheté.

Mais permettez-moi de leur dire qu’ils ont échoué. Car ni l’assassinat des anciens résistants, ni celle des aînés comme Kadhafi, ne peut nous influencer et déclencher un vent de lâcheté. Alors allez-y leur dire que l’arrestation et le massacre de tous les fils de Kadhafi a été la plus grosse erreur de leur fin de règne, de la fin de l’hégémonie occidentale !

Parce qu’en agissant ainsi, même les traîtres collabos qui leur servent de monture en Afrique, ont fini par comprendre que l’Occident ne s’est jamais civilisé, qu’il est demeuré raciste et barbare et que la faim comme la pauvreté lui font perdre la tête au point de manger même la monture qui est à son service pour conduire son odyssée de vol et de pillage.

Alors, ces traîtres fils de l’Afrique, ces montures de la honte pour le projet de vol et de pillage de l’Occident en Afrique deviennent de plus en plus hypocrites avec leurs maîtres blancs et nous encouragent en secret, dans notre engagement pour libérer notre continent agressé sauvagement par des prédateurs affamés.

C’est pourquoi notre riposte sera totale et aucune force armée ou nucléaire, aucun vestige de puissance économique avec tous ses réseaux d’influence, ne pourra résister à notre action. Oui, nous allons les vaincre et les contraindre à accepter leur statut de nouveau pauvre. Et s’ils insistent, leurs collabos en Afrique subiront un destin plus tragique que celui qu’ils ont imposé aux dignes fils de l’Afrique qui ont osé leur dire non !

Tous les piliers de leur croisade raciste seront brisés, rasés et jetés hors de l’Afrique.

Quand je parle de piliers, je parle des instruments économiques, financiers, diplomatiques et mystiques sur lesquels ils s’appuient pour infester l’Afrique.

Nous les connaissons, ils sont nos cibles primaires. Et nous nous donnons les moyens pour que de générations en générations, nous créions la chaîne de la résistance et de la libération contre l’invasion et le mépris raciste de l’Occident.

C’est pourquoi la Révolution Permanente vous prie, dignes fils d’Afrique, d’écrire, de vous mobiliser et de rejoindre chacun des fronts que nous avons ouverts pour la Libération de notre Continent agressé inutilement alors que nous leur avons tendu la main en leur disant que nous voulons les aider à stabiliser leurs modèles économiques, dans le respect de nos différences et de nos intérêts, des intérêts de nos peuples.

Ils nous agressent et nous tuent pour s’installer. Nous allons les désinstaller par tous les moyens en coupant tous les piliers de leur agression raciste et méprisante. Alors dites-leur qu’ils ont échoué dans leur tentative de nous faire peur pour nous faire taire !

A Très bientôt.

Hassane Magued