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1er Décembre 1944 : Massacre de Tirailleurs africains au camp de Thiaroye

Aphrika – Le 1er Décembre 1944, furent massacrés des soldats Africains, libérateurs de la France par… la France. Ces soldats Africains, communément appelés ‘ ‘Tirailleurs Sénégalais’  ont commis un seul crime: celui d’être Africains.

Recrutement de paysans Africains pour le corps des tirailleurs
Tirailleurs sur le départ en France

En effet, comment expliquer autrement l’assassinat dont ils ont été victimes?  Car ces Tirailleurs africains*, à qui on avait toujours répété que la France est la mère patrie, avaient pour la grande majorité, même si ils ont été pour la plupart recrutés de force, combattu avec conviction l’ennemi Nazi, dont ils sont finalement venu à bout.

C’est donc fiers de leur victoire qu’ils ont été démobilisés et sont arrivés au camp de Thiaroye* au Sénégal, le 21 novembre 1944. Sur leur visage, se lisait le bonheur de retrouver enfin leurs familles, après quatre longues années d’absence, malgré le traumatisme de la guerre et la perte de leurs nombreux camarades morts au combat ou fusillés par les Nazis. Ils ne se doutèrent pas qu’ils ne reverront plus jamais les leurs, ou leurs pays, pour ceux originaires d’autres pays du continent. Ils sont au nombre de 1280, originaires de pays d’Afrique Occidentale Française.

Tirailleurs avec une autochtone Française

Mais le 30 Novembre 1944, il y’ eut une révolte au camp de Thiaroye, suite à la réclamation de leurs arriérés de solde et de leur prime de démobilisation, qu’on leur avait déjà refusés en France, avant leur retour en Afrique. Ils prirent le général Damian en otage donc. Le 1er Décembre 1944, le bataillon de Saint-Louis  donne l’assaut de nuit, sans sommation, du camp désarmé. Il y eu une trentaine de survivants qui  furent  condamnés à des peines allant de 1 à 10 ans, avec amende, et perte de leur indemnité de mobilisation. Ils ne furent libérés qu’en 1947, par le président Français de l’époque Vincent Auriol, sans avoir été rétabli dans leurs droits, et n’ont pas eu droit à une pension de retraite.

Les corps de la majorité des tirailleurs furent enterrés dans une fosse commune, une trentaine ayant eu des tombes individuelles, pour cacher le nombre réel de morts.

Tirailleurs faits prisonniers et qui seront exécutés

Le cimetière de Thiaroye 44 fût longtemps laissé à l’abandon. Aujourd’hui, il a été réhabilité, et est ouvert aux pèlerins Africains. Le 23 Mai 2004, 60 ans après ce massacre, fut célébrée et instaurée, pour la première fois au Sénégal, la journée du Tirailleur Africain, en souvenir de la date de libération de la ville de Toulon, en France, par les tirailleurs le 23 Août 1944.

Je me pose toujours la question de savoir pourquoi aucun chef d’état Africain ne leur a jamais rendu hommage, ni inscrit l’histoire de ces libérateurs noirs de la France dans les manuels scolaires.

Thiaroye : village fondé en 1800, situé à environ 17 km de Dakar, fait partie aujourd’hui de la banlieue surpeuplée de Dakar. Tirailleur: Soldat tiraillant en avant de la troupe pour harceler l’ennemie. Tirailleur Sénégalais: soldats Africains originaires d’Afrique Occidentale Française, enrolés de force dans l’armée Française lors des 2 guerres mondiales. Ils furent  212.000  lors de la 1ere guerre et  environ 100.000 lors de la 2eme guerre.

Voir aussi le film du cinéaste Sembène Ousmane : ‘Le camp de Thiaroye’.

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Jean-Paul Pougala à propos du Président Diouf : « voilà le genre d’Africain qu’aime l’Occident »

En Réponse à Aly D. Diop non content de mon commentaire sur l’ancien Président Diouf du Sénégal. En parlant du Président Diouf, J’avais dit sur mon mur facebook ceci : « voilà le genre d’Africain qu’aime l’Occident« 

Jean-Paul Pougala

Mon cher Diop, bonjour et bon dimanche. Pour moi, la fonction de Chef d’Etat est sacrée.

C’est pour cela que je prétends qu’on respecte nos chefs d’Etat (quoi qu’ils aient fait) exactement comme on le fait ailleurs en Europe, aux Etats-Unis, en Russie, en Chine etc… Mais en revanche, ce sont nos chefs d’Etats qui doivent arrêter de nous humilier en acceptant de présider des associations et institutions bidon.

De la même manière que je dis que la place d’un chef d’Etat Africain n’est pas à la Haye et me bats même contre les Africains qui acceptent d’y siéger comme procureurs ou juges, de la même manière je dis que la place d’un chef d’Etat africain n’est pas à défendre les intérêts de la France à travers une institution à saveur coloniale qu’est la Francophonie dont j’ai demandé l’abolition en 2010, à travers ma lettre ouverte au chef d’Etat Français et au peuple français (voir la copie sur mon blog : www.pougala.org).

A propos de la langue, c’est depuis 1975 que le Swahili a été reconnu à l’ONU est inscrit à l’UNICEF comme la langue officielle Africaine et c’est à ce titre qu’un autre ex-Président : Konaré alors président de la Commission de l’UA (présidant l’institution juste à mes yeux) s’est battu afin que ce Swahili soit très vite adopté comme la langue commune Africaine. Je me serais attendu que le Président Diouf lui donne un coup de main pour la continuité de sa bataille et non aller défendre une langue qui empêche l’émergence de la culture africaine.

S’il contestait le Swahili, il aurait pu défendre le Wolof, pas le français.

Par ailleurs, l’Afrique est un si grand chantier pour réécrire notre histoire, même en formant nos jeunes, en leur faisant partager son expérience, que je me demande si le Président Diouf n’a pas trouvé l’utilité de donner lui aussi ce précieux coup de main à nos jeunes.

C’est ce que beaucoup font déjà, car pour le faire, on n’a pas besoin d’être en poste ou d’être Ministre ou Président.

Il a déjà un salaire d’ancien Chef d’Etat qui le protège du besoin, et lui laisse suffisamment d’espace pour qu’il fasse plein de choses au Sénégal, en Afrique. Au lieu de cela, il a préféré comme son prédécesseur de s’exiler en France.

Au fond, à quoi sert cette francophonie ? Si les étudiants africains, les chanteurs africains ne peuvent pas voyager librement vers la France, la Suisse, le canada ou la Belgique alors que les pays de l’Amérique du Sud qui ne sont pas dans la francophonie peuvent le faire ?

Les Africains doivent copier l’exemple des pays Scandinaves où tous les jeunes doivent bien parler au moins 3 langues internationales et non s’engouffrer dans une seule langue qui limite leur vision du monde.

Le Président Diouf en présidant la Francophonie, n’a-t-il pas compris que S’exprimer uniquement dans la langue de l’autre est symbole de soumission ? Tous les dirigeants Nord-africains parlent français, mais aux Nations-Unies, ils ne prononcent jamais un discours en français, mais plutôt en Arabe. C’est aussi le cas des dirigeants Chinois qui même si c’est eux qui impriment tous les dictionnaires anglais, dès lors qu’ils sont aux Nations-Unies, font semblant de ne connaitre aucun mot d’anglais et se font traduire de leur chinois. Le Président Diouf peut-il nous aider à faire que très bientôt, aux Nations-Unies, un Président Africain se fasse traduire du Wollof, du Lingala ou du Malgache, en attendant que le Swahili remplace toutes ces langues ?

PS : S’opposer au PAS est juste la fumée aux yeux, à mon avis ; car ne pas mettre en cause le Franc CFA est la preuve d’un certain alignement récompensé justement par cette présidence de la Francophonie.

« L’Europe, en proie à la crise de la dette, n’est plus un modèle à suivre pour le reste du monde et refuse de l’admettre » l’a déclaré le 9/12/2011 le président tchèque Vaclav Klaus. Les Présidents Africains et les anciens ont-ils compris que la page de la gloire européenne est en train d’être tournée ? voudront-ils faire partie du nouveau monde qui se redessine ou de l’ancien déjà obsolète ?

Jean-Paul Pougala

www.pougala.org

pougala@gmail.com

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Un citoyen sénégalais à Abdoulaye Wade : « Je ne me présenterai pas », 5 mots pour sauver 14 millions de vies

Un citoyen sénégalais à Abdoulaye Wade : « Je ne me présenterai pas », 5 mots pour sauver 14 millions de vies, nous vous en supplions

Je ne cesserai d’écrire, encore et encore. Parce que quelle que soit la région où je me trouve dans ce monde, quelle que soit ma situation actuelle, je n’ai que le Sénégal pour me sentir totalement comblé.

Ce pays, le nôtre, qui s’est toujours vanté de sa stabilité, ce pays que nous vous avions confié en 2000 avec cette même stabilité est entrain de trembler aujourd’hui. La fameuse « Téranga » (hospitalité) connue du Sénégal et des sénégalais est entrain de battre de l’aile, parce qu’elle est devenue totalement fragile. L’insécurité s’est accrue et continue à s’accroitre, les viols et la violence se multiplient, l’honnêteté a laissé place à l’arnaque face à la pauvreté, la sexualité est devenue banalisée, la salubrité ne s’inscrit plus dans le quotidien des sénégalais, etc.

De même, les entreprises nationales se fragilisent de plus en plus conditionnant ainsi l’accroissement du taux de chômage. Des entrepreneurs se trouvent même sacrifiés pour des raisons politiques ; pourtant leur seule ambition, conditionnée par l’amour qu’il porte à notre cher Sénégal, au-delà du profit bien-sûr, est de contribuer au développement du pays, donc à redonner sourire à certains pères de famille qui se sont vus impuissants face aux besoins primaires des êtres sous leur responsabilité.

Abdoulaye, de l’avion, je me vante de la corniche que vous nous avez créée, de l’aéroport LSS que vous nous avez rénové, du fameux Monument de la Renaissance Africaine qui constitue une grande fierté pour vous, etc. Mais aujourd’hui, malgré toutes ces ambitions, les vôtres, que vous avez réalisées, le peuple, la majorité des sénégalais je veux dire, demande autre chose. Le peuple souhaiterait que ses besoins primaires soient satisfaits. Ce même peuple qui reconnait le coté positif de vos réalisations, ce même peuple qui vous a confié le Sénégal, ce même peuple qui constitue la majorité des sénégalais, est entrain aujourd’hui de vous souhaiter au moins la retraite. Parce que ce même peuple juge que vous avez tiré votre révérence et qu’à votre âge, il risquerait de souffrir encore plus en vous voyant encore à la tête du Sénégal.

Abdoulaye, souvenez-vous ! C’est ce même peuple qui a veillé à un Sénégal stable dans lequel vous avez vécu sans craindre d’entendre des coups de feu raisonner au moment ou vous dormez, c’est ce même peuple qui a veillé à cette stabilité qui vous a rendu sain et sauf jusqu’à cet âge de 85 ans que vous avez aujourd’hui, officiellement.

Nous vous prions et nous continuons à vous tendre la main encore et encore de renoncer à votre candidature et de le faire savoir aux sénégalais pour apaiser la tension. Aujourd’hui, il suffit de 5 mots pour apaiser la tension que vit actuellement les sénégalais partout ils peuvent être dans ce monde : « Je ne me présenterai pas ». Ces cinq mots pourraient sauver la vie d’environ 14 millions de sénégalais, s’ils ne seront pas dédits bien-sûr.

Abdoulaye, nous vous supplions encore de faire raisonner ces mots afin que le peuple sénégalais l’entende. Ne soyez ni prisonnier de votre égo, ni des caprices de votre femme, ni celles de vos enfants ni des intérêts de ces « hommes d’affaires » qui vous entourent.

Le Sénégal compte énormément pour nous, alors pensez à notre avenir.

Que Dieu bénisse le Sénégal !

Sénégal : et dire que Wade s’est permis de jouer les moralisateurs face à Gbagbo et Kadhafi !

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a affirmé dans une interview lundi à Dakar qu’il sera « bel et bien candidat » à sa propre succession, en réponse à ses opposants qui lui demandent de ne pas se présenter à la présidentielle de 2012.

« Pour éclairer définitivement la lanterne des Sénégalais, je dis ici, et vous pouvez l’écrire, que je serai bel et bien candidat si Dieu me prête vie », a déclaré le chef de l’Etat dans cet entretien accordé au quotidien sénégalais Le Pays (privé).

« Je vais tous les terrasser dès le premier tour » prévu le 26 février, dit-il en parlant de ses futurs concurrents. « Sans prétention, je crois mordicus que je vais les coiffer au poteau (…) », ajoute-t-il.

Les opposants au chef de l’Etat, 85 ans et au pouvoir depuis 2000, ont exigé qu’il annonce fin octobre le retrait de sa candidature qu’ils jugent anticonstitutionnelle, menaçant de multiplier les manifestations de rue pour le forcer à ne pas se représenter. Abdoulaye Wade, Sénégal, présidentielles Sénégal, présidentielles Sénégalaises, politique Afrique, Afrique

Ce sera au Conseil constitutionnel de décider en janvier de la validité des candidatures et M. Wade a affirmé qu’il respectera sa décision: « Si ma candidature est invalidée, je ne sourcillerai pas à partir, je me retirerai ».

Il a vivement condamné les critiques liées à son âge, qui, selon lui, n’intéressent que « les Occidentaux ». « Nous, en Afrique, on ne s’attarde pas sur ces détails. Aucun Africain ne demande à l’autre son âge, parce que les Africains s’occupent seulement de la santé, de la vie et de la mort », a-t-il assuré.  Afrique de l’Ouest, Laurent Gbagbo, Kadhafi, international

Selon M. Wade, « ce débat doit être tranché par les seuls Sénégalais qui connaissent, à peu près, mon âge. Voilà un sujet qui, pour vous dire la vérité, me révulse », a-t-il déclaré, ajoutant: « Si le peuple (…) s’aperçoit que je ne suis pas apte pour le diriger, il ne m’élira pas. Mais, qui va mourir, qui va vivre? Laissons de côté cette question qui ne tient pas la route ».

Lu sur africa news

Il parait que les parias de la planète se portent bien !!!

Tout irait à merveille en zone franc. N’évoquez surtout pas, auprès des dirigeants des 14 Etats utilisant le Cfa, la tempête monétaire qui secoue la terre entière. Pas forcément qu’ils sont de mauvaise foi. À dire vrai, ils n’ont jamais géré une monnaie propre, après un cinquantenaire d’appartenance aux nations unies. Seule zone monétaire au monde où les pays membres (tous indépendants depuis 51 ans) ont volontairement renoncé à toute appropriation d’expertise en matière monétaire. A l’ancien colon de décider, pour eux, des orientations économiques, des flux des capitaux sur le marché international, de la gestion des dettes, pire, de la tutelle auprès des institutions financières internationales. Vus d’Afrique francophone (espace Cfa), les tourments des places boursières ne constituent que de vagues spasmes médiatiques lointains. Pour ce qui concerne la réflexion et les mesures éventuelles face à la prétendue crise, « l’ancienne puissance tutélaire, la France y pourvoira » !

Le devenir économique ayant été confié à la France, les régimes africains consommateurs du Cfa peuvent se préoccuper d’autres choses. Seul débat digne d’intérêt auprès des élites locales : la longévité au pouvoir (révision constitutionnelle, nombre et durée de mandat). Sénégal, Cameroun, Bénin, Burkina Faso, Togo, Congo Brazzaville, Tchad, Guinée Bissau.

Quand certains ne sont carrément pas occupés à se tirer dessus. Cela ne veut pas dire que nos princes sont dépourvus de visions économiques. De Dakar à Libreville en passant par Lomé, Cotonou, Yaoundé, N’djamena et les autres, une incantation fait fureur depuis plusieurs années déjà : émergence économique. Chacun y ajoute quelques variantes avec les « grandes réalisations » de Paul Biya, les « grandes réformes » de Bongo fils, la « refondation » de Yayi. Mais jamais, au grand jamais, la moindre velléité de s’autonomiser vis-à-vis du parrain monétaire. La ligne rouge ! « La France y pourvoira » !

Sans exiger une rébellion de la part des 14 Etats « assistés monétaires », on peut néanmoins se préoccuper de l’absence totale de débats voire de consciences nationales sur la question de la monnaie. Il a fallu que Gbagbo soit privé de ressources pour que son régime vacillant et au bord de l’agonie se conjecture sur la nécessité d’une monnaie nationale, le temps que les bombes venues de Paris finissent de le déloger de son bunker.

Depuis, la page a été tournée. La sécurité de nos économies continue d’être assurée par les fameux conclaves entre les ministres des Finances de la zone franc et celui du parrain français. Deux séances par an, pas plus. Le sort de 14 trésors publics réglé en deux réunions l’an. Pendant qu’on se languit sous les tropiques en zone franc, l’Elysée déborde d’initiative dans la recherche de solutions face au calvaire du Cac 40 (principal indice boursier de Paris).

L’Euro sensée être une assurance tous risques pour la zone Cfa, parlons-en ! Une Europe loin d’être le modèle de solidarité par excellence lorsqu’on voit les réticences des Allemands à toute assistance financière à la Grèce ou à d’autres pays européens en crise. Le débat fait d’ailleurs rage sur l’opportunité de maintenir l’Euro en tant que monnaie ou pas, à voir le nombre sans cesse croissant de ces propres éclopés (Irlande, Grèce, Espagne, Italie…). Or c’est sur cet espace en plein doute que se reposent curieusement les espoirs des africains francophones. Mais comme d’habitude : « la France y pourvoira » même en cas de fragilisation voire de disparition de la monnaie européenne. Le dessein est désormais clair, jamais les Africains utilisateurs du Cfa (Compagnie française d’Afrique) ne devraient agir par eux-mêmes en matière d’option économique indépendamment des vœux du parrain.

La France, terre de blanchiment de l’argent des dictatures africaines, pourvoira à nos misères !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Les WADE : 11 ans de règne, 11 ans de scandales

Les onze ans de règne des libéraux ont été ponctués par une série de scandales. Les uns plus spectaculaires que les autres.Le 7 août 2010, lors d’un dîner-débat organisé par l’association des jeunes avocats du Sénégal (Ajas) Abdou Latif Coulibaly affirmaient que si l’on totalise l’argent de l’ensemble des scandales financiers connus depuis l’avènement de l’alternance en 2000, on atteindra les mille milliards de francs Cfa.Ce qui équivaut à plus de 26 000 kilomètres de route bitumée, selon lui.

Les 13 milliards du Qatar

Le dernier scandale financier, pour l’instant, c’est Saïf Al Islam, le fils du guide libyen, qui nous l’apprend. Selon lui, Me Wade aurait reçu la bagatelle de treize (13) milliards de francs Cfa du Qatar pour son fils. Pourquoi ? Pour réclamer urbi et orbi, depuis Benghazi, le fief des rebelles libyens, le départ de Kadhafi.

Mais d’autres scandales financiers ont précédé celui-ci. Lors d’un meeting le 22 mai à Zinguinchor, le Premier Souleymane Ndéné Ndiaye affirmait : ‘Pendant presque 10 ans, Landing Savané a reçu de mes mains ou des autres collaborateurs du président de la République, 30 millions de francs Cfa tous les mois, et jamais il n’a partagé cet argent avec ses camarades.’

Fesman: Plus de 45 milliards de francs Cfa dépensés par la fille et un déficit de 26 milliards pour chanter et danser

Le 3e Fesman aura été un véritable gouffre financier. Cette manifestation, dont Wade a confié l’organisation à sa fille, aura coûté au trésor public plus de 45 milliards de francs Cfa et engendré un déficit de 26 milliards de francs. Le chef de l’Etat soutenait que le Sénégal n’aurait dépensé de son budget que 5 milliards. Le reste du budget étant supporté par les autres pays. On sait ce qu’il en a été.

L’autre scandale qui noircit le tableau du Fesman, le financement de la construction du monument de la Renaissance africaine. En effet, pour le construire, l’Etat du Sénégal a bradé les terres de la zone aéroportuaire. Des terres pourtant estimées à 75 milliards de francs par des spécialistes. Pourtant, dans une brochure remise aux journalistes lors de l’inauguration, l’on pouvait lire que le monument de la renaissance africaine a coûté zéro F Cfa à l’Etat du Sénégal. Qui pour y croire ?

Plus de 205 milliards dépensés par le fils pour l’Oci

Autre gouffre financier, l’Organisation de la conférence islamique (Oci), confiée à l’autre fils Wade, Karim.Dans son livre intitulé Contes et mécomptes de l’Anoci, le journaliste Abdoulatif Coulibaly affirme que contrairement aux affirmations de ses dirigeants, l’Agence nationale pour l’organisation de conférence islamique (Anoci), n’a pas dépensé 72 milliards de FCfa, pour réaliser les travaux nécessaires à l’accueil du sommet qui a eu lieu en mars 2008 dans la capitale sénégalaise. Elle en a dépensé plus du double. ‘Nous sommes à même de dire que l’Anoci a dépensé pour l’organisation de la conférence islamique une somme totale de 205 milliards 211 millions de FCfa’, renseigne-t-il. ‘Les 205 milliards 211 millions de FCfa de dépenses effectives et réelles de l’Anoci comportent un chapitre ou une composante nommée: ‘Aménagement des bureaux du siège de l’Anoci’. Ce poste a englouti la somme de 750 millions de FCfa. Celle-ci a servi à l’aménagement des bureaux du président du Conseil de surveillance, M. Karim Wade, et à l’équipement des bureaux de ses collaborateurs. Ils ont été logés aux 1er, 2e et 3e et 10e étages de l’immeuble Tamaro’, poursuit-il, affirmant que c’est aussi mentir que de tenter de faire croire au peuple que la réalisation des chantiers ouverts à la veille de la Conférence islamique a coûté 101 milliards de FCfa. Selon lui, l’Oci a saigné le Trésor public et a accéléré la crise financière dans laquelle se débat aujourd’hui le Sénégal.

Perturbations sur la ligne : 20 milliards de Sudatel distraits

Si ce n’est pas le fils ou la fille de Wade qui sont impliqués, ce sont les fils de ses amis. Ainsi, lors de la vente de la troisième licence de téléphonie à Sudatel, Abdou Latif Coulibaly affirme que Thierno Ousmane Sy, fils du ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, aurait été impliqué dans le scandale d’une commission qui aurait été versée dans le cadre de la vente de la licence de Sudatel. Se fondant sur une enquête du journaliste, l’entrepreneur Bara Tall avait alors initié une pétition pour réclamer la vérité sur les vingt milliards de francs Cfa. Mais le ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, avait déclaré, dans un communiqué, que ‘Sudatel a réglé la totalité du prix de la licence par deux virements sur un compte du Trésorier général du Sénégal à l’Agence nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), pour un montant total de 200 millions de dollars’.

Réparation de l’avion présidentiel : 28 millions de dollars en l’air

En avril 2007, la Pointe de Sangomar, l’avion de commandement du président de la République est en panne. L’avion présidentiel a été obligé de faire un atterrissage à Palma de Majorque dans les Iles Canaries en Espagne. L’incident s’est passé un samedi dans les airs vers 5 heures du matin. C’est le cockpit de l’appareil qui a eu des problèmes techniques. Il se trouvait dans l’espace aérien espagnol alors que le Président Wade se rendait dans les pays du Golfe. Déjà au lendemain de l’alternance, les moteurs de Sangomar ont été à Perpignan, car disait-on à l’époque qu’ils n’étaient pas dans un meilleur état. D’ailleurs, le président avait affirmé qu’aucun sou du contribuable sénégalais n’a été dépensé pour la réfection de la Pointe de Sangomar.

Mais le journaliste Abdou Latif Coulibaly avait affirmé tout à fait le contraire. Dans son retentissant brûlot ‘Wade, un opposant au pouvoir, l’Alternance piégée? ’, il affirmait que le ‘montant global et final’ de l’ensemble des opérations de la révision de l’avion s’élève à 28 millions de dollars. Prenant le contre-pied de Wade, le journaliste écrivain a révélé que la ‘facture salée’ a été payée à partir du fonds routier sénégalais. Un montant de 10 milliards de Fcfa aurait été transféré par l’État, explique Latif. Selon lui, cette somme n’a pas fait l’objet d’enregistrement au Secrétariat général du gouvernement, ni publié au journal officiel. Ce qui est considéré comme une violation flagrante des règles de la bonne gouvernance et de la transparence.

Mais quelques années après cet incident voilà Wade qui paie un ancien avion, celui du président français Nicolas Sarkoky vieux de 8 ans à 20,9 milliards de francs Cfa. Il s’agit d’un moyen-courrier A319 CJ entré en service en 2002, d’une capacité d’une trentaine de places.

La planque chypriote de 7,5 milliards de francs Cfa du fonds taiwanais

En 2006, 15 millions de dollars, soit 7,5 milliards de francs Cfa alloués par la Chine Taiwan à l’Etat du Sénégal ont été détournés et planqués à Chypre. Selon le journal Le Témoin, ce sont 15 millions de dollars Us, soit 7,5 milliards de nos francs ‘destinés à la construction de projets à caractère social dans notre pays’ que Taïwan a décaissés. Une somme qui n’avait pas atterri dans les comptes de l’Etat, jusqu’à la rupture des relations diplomatiques entre le Sénégal et Chine Taïwan. Selon l’hebdomadiare Le Témoin, ‘cet argent s’est retrouvé dans le compte bancaire d’une société créée par Emmanuel Aïm, la Fitem Entreprises Limited’ précisément, ‘ouvert dans les livres de la Société générale de Nicosie, à Chypre’.Ce dernier étant le fils de Pierre Aïm, conseiller spécial du président de la République et propriétaire de la Nouvelle Brasserie devenue ‘Africa investissement Sénégal Brasserie’ gérée par le même Emmanuel Aïm.

La mallette de Segura : 90 millions en cash

En fin de mission au Sénégal, le représentant du Fmi au Sénégal, pour son départ du pays, s’est fait remettre une mallette contenant 100 000 euros et 50 000 dollars en cash et a voyagé avec jusqu’à Barcelone… Après découverte du contenu du ‘cadeau’, l’ancienne bête noire des autorités avertit sa hiérarchie à Washington. Ordre lui fut intimé de retourner le paquet à l’envoyeur. Ce qui fut fait, via l’ambassadeur du Sénégal à Barcelone.

Dans cette énumération des scandales et gouffres financiers qui est très loin d’être exhaustive, nous n’avons pas pris en compte les fameux fonds politiques. Des fonds, dont l’utilisation et la gestion, paraît-il, sont laissés à l’appréciation exclusive du président de la République et peut-être de ses proches, dont un a avoué s’être servi et avoir donné à qui il veut. Récemment, d’ailleurs, le porte-parole du président de la République a cru bon de déclarer que ces fonds ont pu servir à Me Wade pour l’acquisition d’un terrain acheté à plus d’un milliard aux Almadies.

Des milliards de francs en surfacturation et en marchés de gré à gré

Mais c’est sans conteste l’affaire dite des Chantiers de Thiès qui fut le premier scandale financier du régime de l’alternance. Dans un discours sur les chantiers de Thiés, le mardi 26 juillet 2005 au Méridien Président, suite à la déclassification du rapport de (Ige) sur les chantiers. Macky Sall, qui a succédé à Idrissa Seck à la primature, se demande comment a-t-on pu passer, sans en informer le président de la République, de l’enveloppe des 20 milliards F Cfa fixée par lui-même, au montant global de 46 217 166 908 francs Fca. Il en conclut alors à des surfacturations. Se fondant sur ce rapport, il débusque aussi des marchés contractés dans le cadre de cette enveloppe de 46 217 166 908 francs Cfa, par entente directe. ‘Dans leur rapport, les experts ont relevé des surfacturations sur la presque totalité des marchés, c’est-à-dire, des écarts significatifs entre les coûts réels des travaux et les montants facturés à l’Etat. Sur la première phase correspondant aux travaux devant intervenir avant le 4 avril 2004, pour des engagements d’un montant global de 40 618 568 848 FCFA, le coût réel des travaux a été évalué par les experts à 22 633 730 608 FCFA, soit une surfacturation de 17.984.838.241 F Cfa’, disait-il devant les diplomates accrédités au Sénégal.‘Selon les vérificateurs de l’Ige, ce marché, d’un montant de 14 847 280 358 FCFA, a été conclu de gré à gré et approuvé irrégulièrement, le 3 octobre 2003, par l’ancien Premier ministre, en violation des dispositions du Code des marchés publics et du Règlement général sur la comptabilité publique. (…)

Sur la première phase correspondant aux travaux devant intervenir avant le 4 avril 2004, pour des engagements d’un montant global de 40 618 568 848 F Cfa, le coût réel des travaux a été évalué par les experts à 22 633 730 608 FCFA, soit une surfacturation de 17 984 838 241 F Cfa’, poursuivait-il, expliquant que sur le marché spécifique de 14 847 280 358 FCFA, les experts ont évalué la surfacturation à 8 099 337 207 F Cfa.

La malette de Segura : 90 millions en cash

En fin de mission au Sénégal, le représentant du Fmi au Sénégal, pour son départ du pays, s’est fait remettre une mallette contenant 100 000 euros et 50 000 dollars en cash et a voyagé avec jusqu’à Barcelone… Après découverte du contenu du ‘cadeau’, l’ancienne bête noire des autorités avertit sa hiérarchie à Washington. Ordre lui fut intimé de retourner le paquet à l’envoyeur. Ce qui fut fait, via l’ambassadeur du Sénégal à Barcelone.

Dans cette énumération des scandales et gouffres financiers qui est très loin d’être exhaustive, nous n’avons pas pris en compte les fameux fonds politiques. Des fonds, dont l’utilisation et la gestion, paraît-il, sont laissés à l’appréciation exclusive du président de la République et peut-être de ses proches, dont un a avoué s’être servi et avoir donné à qui il veut. Récemment, d’ailleurs, le porte-parole du président de la République a cru bon de déclarer que ces fonds ont pu servir à Me Wade pour l’acquisition d’un terrain acheté à plus d’un milliard aux Almadies.

Wade achète un terrain comptant à 1,182 milliard

Wade achète un terrain à 14 milliards à New York

LERAL

Révélation de WikiLeaks : Karim Arrêté Au Maroc Avec de La Drogue

Une dépêche de wikileak exploitée par le journal Le Quotidien révèle qu’il y a deux ans, un fonctionnaire de la police marocaine trop zélé a arrêté Karim Wade à l’aéroport de Casablanca en possession de haschich.

Le ministre d’Etat et fils du président de la République du Sénégal a ainsi été détenu pendant quelques heures avant d’être libéré sur instruction du roi du Maroc, Mouhamed VI. L’officier qui l’avait arrêté avait finalement été muté dans le Sahara marocain. Les autorités marocaines estimaient que «l’arrestation du jeune Wade pouvait mettre en danger les relations entre le Sénégal et le Maroc».

L’ambassade des Etats-Unis au Maroc avait fait une dépêche diplomatique pour rendre compte de cet «incident». «Il a été rapporté à la mi-août qu’un officier supérieur de la police de l’aéroport de Casablanca a été brutalement affecté à un poste à Laayoune (dans le sud du Maroc), au Sahara occidental. Les motifs invoqués étaient divers : un journal déclarait que c’était parce qu’il avait arrêté un proche d’un dirigeant africain qui transportait de la drogue. Des informations de police ont confirmé, ont indiqué que le proche en question était Karim Wade, le fils du président sénégalais, Abdoulaye Wade », écrivait-on dans la dépêche reproduite par wikileaks.

Voici le lien vers le câble diplomatique publié par Wikileaks :

http://wikileaks.org/cable/2009/09/09RABAT752.html

Wade et les 40 imams, par Malick Noël Seck

La politique réduite à des querelles de personnes, à des déclarations sentimentales qui jouent de l’imaginaire et de l’épistémè panafricaine, où la tradition est fantasmée et les référents du discours présidentiel sont souvent tronqués ; ces ruses apparaissent aujourd’hui comme un moindre mal.

La véritable tragédie sénégalaise sera l’incommensurable médiocrité des pratiques mafieuses que Wade laissera derrière lui. Il aura été dans l’histoire du XXIème siècle l’homme qui a osé dire à son peuple que « tout beau parleur vit au dépend de celui qui l’écoute », autrement dit « Je vous ai trompés parce que vous avez eu la naïveté de me croire, parce que vous êtes crédules et bêtes ». Cette déclaration n’appelle pas l’indignation, elle appelle la révolte et le soulèvement populaire !

C’est une insulte lancée au visage de tous les Sénégalais à commencer par ceux qui le soutiennent, c’est un affront qui a démasqué l’homme ! Il est tour à tour champion de l’unité
Africaine et agent de l’impérialisme Occidental : « Je suis pour le droit d’ingérence des puissances Occidentales en Afrique ». Il vocifère, engage l’honneur des Sénégalais dans des déclarations plus stupides les unes que les autres, et, accablé par la médiocrité de son bilan, dos au mur, le masque tombe et on découvre Tartuffe. Et je me refuse à lui accorder comme certains l’excuse de la sénilité.

On le savait veule, incompétent, on découvre le mépris qu’il a pour son peuple. Je considère aujourd’hui cette déclaration comme l’argument fondamental d’une destitution de Wade au sein de son propre parti. C’est une destitution que j’attends et qui n’arrive pas : le monde nous observe et j’ai peur d’être vu. Les Sénégalais sont devenus bien peu de choses si Wade avec son visage de clown triste peut les insulter sans en souffrir les conséquences. Vous voulez me dire qu’il n’y a au Sénégal aucune autorité morale, juridique, législative, populaire qui puisse interdire à cet homme de s’adresser à ce peuple qui avec lui a découvert la misère ! Or la politique de la misère, c’est à dire appauvrir pour mieux corrompre, prépare la Tyrannie ! Je comprends l’acharnement de Wade à vouloir se faire réélire, et je peux même comprendre les démagogues qui le soutiennent car dans l’hypothèse d’une défaite aux élections de 2012 (auxquelles il va s’en dire, il ne se présentera pas), il devra, ainsi que toute personne ayant servi sous son régime, rendre des comptes ! C’est donc en vue de sauver sa tête en se faisant réélire qu’il envisage d’acheter toute personne susceptible de constituer un obstacle à sa réélection.

Ce n’est pas le soutien des Imams qu’il cherche mais plutôt à les destituer, les diminuer aux yeux des communautés qu’ils représentent, à jouer de leurs tentations et de leurs vanités, afin de suggérer qu’ils ne valent pas mieux que lui-même. Après tout, ce ne sont que des hommes à la quête de leur soupe, prompts à oublier d’où ils viennent et le désespoir de ceux qui les ont choisis pour guides spirituels et qu’ils ont trahi, pendant le mois saint du ramadan, pour un repas chaud et 250.000 CFA. Il n’y a pas grand-chose à attendre d’un homme qui accepte la pitance que Wade lui offre en échange de son soutien ou du moins de son silence. Il achète tour à tour les manifestants qui l’acclament, les lutteurs, les chefs de village qui l’écoutent et semble t-il le croient, et auxquels il promet un salaire et des voitures de fonctions comme s’ils étaient des fonctionnaires. Wade dont la médiocrité a gagné toutes les couches sociales voudrait nous réduire à sa norme, et quand toutes les âmes seront corrompues, quand il ne restera plus aucune force morale pour s’ériger contre le fléau qu’il représente, et qu’enfin tout le monde, sans exception, aura été réduit à la bassesse présidentielle, alors il sera impossible de le fustiger sans se condamner soi-même !

Et c’est là tout le sens du mot fameux d’Acton: « Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument », un pouvoir corrupteur pervertit tout ce qu’il touche, aussi bien l’Imam que le pèlerin qui acceptent l’argent qu’on leur donne tout en feignant d’ignorer son origine douteuse.

Certaines personnes se justifient d’accepter l’argent de Wade en arguant que « puisque c’est de l’argent volé au peuple, ce n’est que justice s’ils le reçoivent » oubliant que c’est le sang des pauvres que Wade distribue au détriment du développement des zones rurales, de la sécurité routière, des infrastructures des écoles publiques, de l’aménagement du territoire et de la formation des élites. Je me demande combien de paludéens, de prématurés, de personnes mortes d’infections bénignes, l’argent de ce festin aurait pu sauver ce soir là !

Ma pensée va vers mon beau frère Cheikh, mort en janvier 2011 d’une crise d’asthme dans le taxi qui l’amenait vers l’hôpital Principal. Il avait 26 ans et a tout fait pour vivre : chez les pompiers de Sicap Liberté comme au Centre de santé Gaspard Camara on lui avait signifié qu’il n’y avait pas d’oxygène. Ma pensée va aux milliers de femmes qui au Sénégal avortent à cause de l’état de nos routes, aux jeunes diplômés qui parce que la fonction publique n’embauche personne au mérite ne trouveront pas de travail. C’est de ce pain-là que les imams de la république mangent et c’est pour cela que l’on souffre et que l’on meurt au Sénégal.

Malick Noël SECK (SG Convergence socialiste Sicap Liberté)

Interview de Sanou Mabye : Pas de miracle économique pour les pays de la zone franc

Interview de Sanou Mabye, économiste sénégalais

Les banques de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC) ont enregistré un excédent de trésorerie de 4,5 milliards d’euros (3000 milliards de FCFA) à la mi-avril. Cet excédent de liquidité signifie t-il de meilleures perspectives économiques pour les six pays (Cameroun, République centrafricaine, République du Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad) qui forment l’institution régionale ? Sanou Mbaye, économiste sénégalais et ancien fonctionnaire de la Banque africaine de développement (BAD), nous livre son analyse.

Les banques de la Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale (CEMAC) ont annoncé avoir fait un excédent de trésorerie de 4, 5 milliards d’euros à la fin avril. Mais pour Sanou Mbaye, économiste sénégalais et ancien fonctionnaire de la Banque Africaine de développement (BAD), « avoir des réserves qui augmentent, c’est bien beau. Mais quand on y regarde de plus près, ce qui semble être positif ne profite pas aux économies africaines ». Selon l’auteur de L’Afrique au secours de l’Afrique, qui réside à Londres, « les pays de la zone franc sont entrain de rater le coche du renouveau économique », à la différence de leurs pays voisins qui disposent de plus d’autonomie monétaire. Entretien.

Afrik.com : Les banques de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (CEMAC) ont enregistré un excédent de trésorerie 4, 5 milliards d’euros (3 000 milliards de FCA). Qu’est ce que cela révèle des banques concernées ?

Sanou Mabaye : Cet excédent prouve que les banques de ces pays ont une activité qui produit des excédents. Du fait de l’accroissement de la demande des pays émergents, l’activité bancaire des pays producteurs de pétrole comme le Gabon ou la Guinée a considérablement augmenté. Le pétrole, tout comme l’or sont devenus des valeurs refuges. La crise des marchés boursiers n’a fait qu’accentuer cette dynamique. Il faut savoir que l’Asie et l’Afrique sont les deux continents qui ont été épargnés par la crise financière et économique de 2008. Il y a eu recul de la croissance, mais pas de récession. Cette croissance a été portée par le coût des matières premières qui a augmenté les valeurs de réserve des banques centrales, et les investissements directs à l’étranger (IDE). Le taux de profit sur le continent est l’un des plus élevés au monde.

Afrik.com : C’est plutôt positif pour les économies de ces pays…

Sanou Mabye : Avoir des réserves qui augmentent, c’est bien beau. Mais quand on regarde de plus près, ce qui semble être positif ne profite pas aux économies africaines. Ce n’est pas la première fois que la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC), tout comme la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), affichent de tels résultats. Les banques centrales dégagent des recettes, mais il n’existe pas de projet bancable. Les habitants de l’Afrique sub-saharienne n’ont pas accès aux crédits. A peine 10% ont un compte bancaire. Quant aux banques commerciales, elles favorisent l’accès aux crédits pour les biens de consommation (voitures etc), mais lorsqu’il s’agit d’investir dans les projets sur le long terme, comme l’éducation, la construction, il n’y a plus rien. Or aujourd’hui ce sont ces secteurs qui portent les pays émergents. Pour que ces excédents puissent vraiment servir aux Africains, il faut accéder au secteur informel, qui représente entre 80 et 90% des emplois en Afrique. Il faut une politique d’expansion du crédit.

Afrik.com : Donc d’après vous la politique monétaire de ces banques n’est pas axée sur la croissance économique ?

 Sanou Mbaye : Absolument. Le problème est que les pays de la zone franc ne disposent pas d’une politique monétaire autonome. La moitié des réserves des banques centrales de la zone FCFA sont déposées au trésor français pour garantir la convertibilité purement symbolique entre les deux monnaies. Cela signifie tout simplement que la politique de taux de change et des taux d’intérêts est articulée par la France. Les banques commerciales, qui octroient des crédits à court ou moyen terme au mieux, est le fait de grandes banques étrangères comme la Société générale ou BNP, qui constituent 60% de l’activité en Afrique francophone. Elles disposent souvent de contrats d’exclusivité dans le transfert des devises. Par exemple, si un résident français veut transférer de l’argent au Sénégal, il ne pourra le faire que par le biais de quelques entreprises comme Western Union ou autre. Ce type de contrat empêche la concurrence de se développer et les coûts de transfert de baisser. En fait, il n’existe pas de banque d’investissement au sens propre en zone franc. C’est la raison pour laquelle je préconise une banque d’investissement de la diaspora qui investirait dans les domaines productifs comme l’agriculture, la technologie, la construction etc.

Afrik.com : Quel est l’impact de cette politique monétaire pour les pays de la zone franc ?

Sanou Mbaye : Alors que les pays d’Afrique Australe ou de l’Est progressent, les pays de la zone franc régressent. Je veux par là dire que le taux de croissance de cette zone se situe aux alentours de 2,5%, 3%, ce qui couvre tout juste le budget de fonctionnement de ces Etats. Ces dix dernières années, le taux de croissance moyen en Afrique sub-saharienne a été de 5 % à 7%. Il sera d’environ 5,5% en 2011 et 6% en 2012. En fait les pays de la zone du FCFA sont entrain de rater le coche du renouveau économique. L’Afrique de l’Ouest est la région où la Chine, le plus gros investisseur du continent, a le moins investi. En l’absence des IDE chinois ou indiens, l’Afrique du Sud est l’un des plus gros investisseurs d’Afrique, mais aucun des pays de la zone franc n’est à la pointe. Des multinationales comme Google ou même Walmart investissent au Nigeria. D’après nos pronostics, d’ici 2049, le PIB dans ce pays d’une population de 189 millions d’habitants sera supérieur à celui du Canada ou de la Corée du Sud, si les conditions politiques et économiques demeurent sensiblement les mêmes.

Afrik.com : Comment expliquer une telle différence de croissance entre les différentes régions monétaires du continent ?

Sanou Mbaye : Parce que des pays comme l’Afrique du Sud ont une politique monétaire autonome. Il faut revenir sur le régime de convertibilité de la zone du FCFA. Alors que l’on se situe actuellement dans une guerre de la monnaie, tous les pays cherchant les taux de change les plus bas, le FCFA a l’un des taux de change les plus élevé. Nous évoluons dans un monde où les monnaies sont à parité fluctuante, mais le FCFA est à parité fixe avec la monnaie française, l’Euro, qui est actuellement très élevé. Cet état de fait pénalise les économies des pays concernés. Il est inadmissible que le franc CFA de la CEMAC ne soit pas convertible avec celui de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), alors que les deux franc CFA sont convertibles avec l’Euro. La zone franc doit faire des réformes fondamentales pour obtenir la totalité de son autonomie financière. Il ne suffit pas d’avoir des institutions communes, mais aussi une réelle politique monétaire commune.

Interview réalisé par Afrik.com

Le Sénégal de 2000 à 2011 : De l’espoir au Désespoir

Le Sénégal emprunte une pente dangereuse qui le plonge dans un sombre passé où il n’y avait ni démocratie ni l’expression des libertés individuelles. Ce retour au passé lointain s’explique par la gestion cahoteuse du Président Wade, la centralisation des pouvoirs entre ses mains, la corruption, le tripatouillage de la Constitution etc. Autant de maux qui font que le Sénégal sous 2000 est méconnaissable. On dirait que nous retournons au Sénégal des années 50 et 60. C’est précisément ce recul de notre démocratie qui fait que Me Wade est désavoué à tous les points de vue.

Au sortir de l’an 2000, le peuple sénégalais avait nourri un immense espoir que plus jamais les choses ne seront comme avant. Les Sénégalais étaient dans leur droit d’avoir de l’espoir placé en la personne de Me Wade présenté comme une providence pour le pays. Hélas, les actes qu’il a posés au fil des années ont suscité plein de désespoir chez les Sénégalais en quête d’un 4ème Président. Le réchauffement du front social et le bouillonnement de la scène politique témoignent du profond malaise qui envahit les Sénégalais. Pratiquement, tout le monde réclame la tête de Wade, coupable de gestion cahoteuse. Parmi plusieurs indicateurs, nous choisissons le mauvais fonctionnement de l’Etat pour justifier le fait que le pays soit à genou.

Dans notre Constitution, la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, telle que théorisée par Montesquieu dans son livre De l’Esprit des Lois, est de rigueur. Mais le Président Wade semble l’ignorer et s’est arrogé le droit d’ingérence sur des pouvoirs qui ne relèvent pas de sa juridiction. Le pouvoir exécutif incombe au Président, et il doit s’en tenir là. Le pouvoir législatif revient au Parlement et celui judiciaire appartient à la Justice. Ne faisant pas la différence entre ce qui relève de ses compétences de ce qui n’en relève pas, le chef de l’Etat a centralisé tous les pouvoirs entre ses mains. Il gouverne comme au Moyen Age où les souverains se prenaient pour les représentants de Dieu sur terre et qui revendiquaient le droit de vie et de mort sur les sujets. Dans l’entendement de Me Wade, il n’y a pas de distinction entre ces trois formes de pouvoir. C’est pourquoi il se permet de s’immiscer dans le Parlement comme dans la Justice. Son parti est majoritaire à l’Assemblée nationale, chose qui lui permet de faire passer toutes sortes de lois comme lettre à la poste. Sauf pour le cas du 23 juin dernier où le peuple s’est vigoureusement opposé au projet de loi portant élection d’un ticket présidentiel. Cet indicateur sur la mauvaise gestion des pouvoirs de l’Etat suffit, à lui seul, pour réclamer à tue-tête le départ de Me Wade. Le peuple, dans son écrasante majorité, ne veut plus de lui. Les observateurs internationaux sont inquiets de la situation politique actuelle et les grandes puissances l’ont désavoué. Ce n’est pas pour rien que Barack Obama ne compte plus le chef de l’Etat parmi ses invités. C’est parce qu’il a déçu toutes les attentes et toute la confiance placée en lui naguère.

Pape Matar NDIAYE/lanalyste.com