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L’Italie résiste à la faillite en émettant des obligations

Le Gouvernement Italien a émis mercredi 8,5 milliards d’euros d’obligations à six mois avec des taux d’intérêt de 3,535 % alors qu’il en avait déjà émis en Septembre dernier.

On peut donc dire sans exagérer que l’Italie se rapproche petit à petit d’un défaut de paiement.

Le journal économique et financier espagnol « El Economista » a fait ses calculs. Selon lui, pour sauver l’Italie de la faillite, il faudrait 1000 milliards d’euros. En Juillet dernier, le sénat italien avait approuvé un plan de rigueur renforcé de 40 milliards d’euros d’ici 2014 proposé par le gouvernement de Berlusconi, plan qui devrait tenter de juguler la crise de la dette qui s’est abattue sur les pays de la zone euro. Néanmoins, l’Italie a quand même trouvé les ressources pour aller attaquer la Libye alors que son lendemain est sombre.

Après la faillite de la Grèce, celle de l’Italie, de l’Angleterre, de la France, …puis de toute l’Europe, en agonie.

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Le mandat d’arrêt de la CPI contre Kadhafi nul et non avenu

Le mandat d’arrêt de la CPI contre Kadhafi nul et non avenu – Il a été rejeté par l’UA, la Russie et l’Alliance bolivarienne pour les Amériques

Le mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale à l’encontre du guide libyen Mouammar Kadhafi, de son fils Seïf El Islam et du chef des services de renseignements, Abdallah Al Senoussi, est «non avenu et illégitime» ne s’appuyant sur «aucun règlement juridique valable».

Les chefs d’Etat de l’Union africaine l’avaient déjà rejeté dans la forme et dans le fond lors du dernier sommet de Malabo. Autre argument irréfutable pour les «pseudos» juristes à la merci de l’Occident, la Libye de Kadhafi n’a jamais adhéré à cette juridiction.

Elle n’a pas signé ni ratifié le statut de Rome. C’est plutôt les autres chefs d’Etat, notamment français et britannique, qui devraient être devant les «tribunaux internationaux», car la CPI a été créée pour juger «les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité et de crime de guerre». Dans ce contexte, Kadhafi avait accepté l’initiative politique de l’Union africaine et de l’ONU, mais la stratégie de guerre menée par l’Otan dans ce pays a donné le résultat d’un coup d’Etat militaire international contre un gouvernement jusque-là légitime, en témoignent tous les accords y compris militaires signés avec le régime de l’ex-dirigeant.

Il n’est pas possible de rappeler tous les évènements qui ont conduit à ce coup d’Etat, mais certains faits démontrent à l’opinion publique que la guerre de Libye est une erreur impardonnable qui a créé un précédent dans les annales du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Tout est faux et il n’existe aucune raison juridique et humanitaire légitimant une telle intervention contre un peuple paisible et serein depuis presque un demi-siècle.

Il n’y a eu jamais de massacre de manifestants

Selon des experts et des spécialistes, ainsi que des journalistes qui ont eu à effectuer des enquêtes sur les évènements en Libye depuis la «révolte de Benghazi», il n’y a jamais eu de «massacres» de manifestants et une «révolution populaire appelant au changement du système» à l’exemple des révolutions tunisienne et égyptienne, où les deux tenants des régimes dictatoriaux n’ont pas été inquiétés à ce jour par la CPI, ni moins la police (Interpol).

Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a affirmé samedi publiquement aux jeunes Italiens rassemblés dans un meeting que Kadhafi était aimé par son peuple et qu’il n’y a jamais eu de soulèvement populaire en Libye. Il s’agit, selon lui, d’un coup d’Etat mené par des hommes de pouvoir aidés par les éléments d’Al Qaïda et les forces de l’Otan. Berlusconi aurait voulu à travers cette déclaration négocier sa part du gâteau après la destitution du guide libyen, mais il a restitué des faits véridiques devant servir les historiens qui voudront écrire l’histoire de la Libye.

De plus en plus, les spécialistes de la question libyenne se rendent compte du désastre et de la volonté délibérée de détruire un pays afin de se servir de ses richesses. Dans ce contexte, le président russe, Dmitri Medvedev, le dit haut et fort : «L’opération de l’Otan en Libye est au-delà du mandat de l’ONU.» «Le mandat de la résolution onusienne 1973 sur la Libye a été dépassé», a souligné le président russe. Chaque jour, des voix s’élèvent contre cette injustice, ces attaques et cette entrée sur le sol libyen des forces de l’Otan. Les huit pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques, regroupant entre autres la Bolivie, Cuba, la Dominique, l’Equateur, le Nicaragua et le Venezuela, ont dénoncé cette intervention militaire la considérant comme un crime international contre des personnes innocentes. Le nombre de civils libyens tués et la destruction des édifices publics dans des attaques des avions de l’Otan restent inconnus, car les fameuses ONG humanitaires ne s’y intéressent pas.

Elles se sont plutôt investies dans les accusations contre le régime de Kadhafi. D’ailleurs, un fait «inédit» s’est produit dans ce contexte. Un «militant» de l’ONG Humain Right, établi au Caire, a fait état lors d’une intervention sur la chaîne Al Jazeera, de crimes contre l’humanité en Libye !

Les bombardements des avions libyens des manifestants fabriqués par les chaînes TV

A ce sujet, il y a lieu de citer l’étude de Michel Collon, journaliste indépendant et historien belge qui a souligné lundi dans un entretien à la presse nationale que «toute la campagne de l’Otan repose sur la désinformation». «Les bombardements des avions libyens des manifestants étaient des informations entièrement fabriquées par Al Jazeera et Al Arabia», a-t-il ajouté.

Partant de ces données, il est évident que cette justice internationale ne sera crédible et loyale qu’en jugeant les commanditaires de ce complot. Quelle sera la joie de l’opinion internationale d’apprendre que des chaînes satellitaires, des chefs d’Etat qui incitent au meurtre et des anciens dirigeants voulant prendre leur revanche sur un système en appelant à la guerre, ont été jugés loyalement au même titre que ceux qui ont été accusés à tort ou à raison.

C’est ce qui a amené les pays africains, réunis lors du sommet de Malabo (Guinée équatoriale), de rejeter le mandat d’arrêt lancé par la CPI contre Kadhafi». «Les Etats membres de l’UA ne coopéreront pas à l’exécution du mandat d’arrêt», a indiqué l’organisation dans un communiqué diffusé au terme de cette réunion. L’Union africaine avait déclaré sa «préoccupation par la manière dont la Cour pénale internationale gère la situation en Libye». Selon l’UA, «le mandat d’arrêt de la CPI est venu compliquer sérieusement les efforts visant à trouver une solution politique à la crise en Libye (…) et à prendre en compte l’intérêt mutuel des parties concernées». La CPI a choisi un camp au détriment d’un autre. Une démarche qui ne relève pas d’une justice se voulant loyale et exemplaire, avait souligné dans un récent entretien accordé au Temps d’Algérie le professeur Chems Eddine Chitour. La CPI a failli et a démontré son incompétence dans ce domaine, d’où la nécessité de sa dissolution, car elle est devenue un instrument d’influence plutôt que celui de justice.

A ce jour, elle n’est reconnue que par une poignée de pays sur lesquels elle n’exerce malheureusement aucun pouvoir. Les Etats-Unis, la Russie, l’Inde, la Chine, le Pakistan, l’Algérie, l’Arabie Saoudite, la Libye, l’Egypte, le Maroc et bien d’autres pays ne reconnaissent pas cette instance. Ce qui nous amène à dire que son existence est fictive.

Il est d’une urgence extrême que tout doit être revu dans cette question libyenne et que la justice fasse son travail de manière légale, selon la réglementation internationale. La mission ne doit plus être confiée aux instances actuelles (ONU, Union européenne, Ligue arabe…) étant donné leur implication et responsabilité entière dans cette guerre désastreuse. Tout le monde doit être jugé pas seulement Kadhafi. Une mission qui doit relever de personnalités autonomes n’ayant aucun intérêt avec un chef d’Etat.

Le Temps d’Algérie

Extrait de « Chronique du choc des civilisations » : “La Libye de Kadhafi sous les bombes de l’Otan”

Realpolitik.tv propose en exclusivité le téléchargement du chapitre consacré à la Libye de Chronique du choc des civilisations (pages 52 à 55), “La Libye de Kadhafi sous les bombes de l’Otan”.

Chronique du choc des civilisations, pages 52 à 55

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Extrait

Le régime du colonel Kadhafi avait réussi à maintenir une certaine unité dans un pays en fait profondément fragmenté. Le soulèvement de l’est, au printemps 2011, a d’abord un caractère tribal. L’intervention armée de l’Otan, quant à elle, n’est pas sans rapport avec les richesses en pétrole et en gaz du sous-sol et des fonds sous-marins libyens.

Le 1er septembre 2009, le régime du colonel Mouammar Kadhafi fête en grande pompe son 40ème anniversaire. Réhabilité depuis 2007 par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, le régime a officiellement tourné le dos au terrorisme (explosion de deux avions commerciaux occidentaux au-dessus de Lockerbie et du désert du Ténéré, mais aussi soutien à l’IRA et à l’ETA basque dans les années 1970-1980) et aux armes de destruction massives. Ce jour-là à Tripoli, parmi les très nombreux invités d’honneur venus du monde entier, se retrouvent les présidents zimbabwéen Mugabe et soudanais Omar Hassan Al-Bashir, le chef le plus connu de la piraterie somalienne, Mohammad Abdi Hasan Hayr, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi…

À la mi-février 2011, l’onde de choc consécutive à l’effondrement des régimes de Ben Ali en Tunisie et de Moubarak en Égypte provoque un nouveau soulèvement des provinces rebelles au gouvernement de Tripoli. (…)

LIBYE : Les ambigüités de Berlusconi

Contre toute attente, l’Italie de Silvio Berlusconi réclame un cessez-le-feu en Libye. Les Français sont en furie, d’autant que Mouammar Kadhafi est de plus en plus lâché par ses amis. Derniers en date, les Chinois qui viennent de lui infliger un revers diplomatique en recevant à Pékin Mahmoud Djibril, considéré comme le « ministre des Affaires étrangères » du Conseil national de transition (CNT), mis sur pied par les opposants de Benghazi.

La nouvelle est très amère pour Kadhafi : le chef de la diplomatie chinoise, Yang Jieshi, a affirmé que désormais, pour Pékin, les insurgés libyens sont des « interlocuteurs importants ». Jusque-là, on considérait les réticences de la Chine à apporter son plein soutien aux efforts déployés par les Occidentaux pour chasser Kadhafi, comme l’un des facteurs du maintien du Guide libyen, en dépit même des raids aériens de l’OTAN.

La position chinoise qui se veut ferme, pourrait signifier que Pékin considère désormais que les jours de Kadhafi sont comptés. Le revirement chinois pourrait aussi inspirer davantage le camp russe, et ouvrir la voie à l’adoption d’une résolution susceptible de pousser la coalition à vouloir en finir totalement avec le leader libyen. La récente réélection de Ban Ki-Moon pourrait même faciliter les choses. Comme il le reconnaît lui-même, Kadhafi a aujourd’hui le dos au mur. A ce jour, une dizaine de gouvernements ont reconnu le CNT comme étant le seul représentant légitime du peuple libyen. Mais le chef de la Jamahiriya libyenne populaire et socialiste, a aussi ses alliés dans le camp occidental.

En effet, s’exprimant devant la Chambre des députés à Rome à propos du dossier libyen, le chef de la diplomatie italienne a souligné, mercredi dernier, qu’un cessez-le-feu constitue la première étape de la négociation politique. Selon lui, un gel de l’activité militaire est aussi « fondamental pour permettre une aide humanitaire immédiate ». Ces propos du camp Berlusconi ont contrarié Français et Britanniques. Au Quai d’Orsay, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a soutenu qu’il faut intensifier la pression sur Kadhafi. Pour Bernard Valéro, « toute pause dans les opérations risquerait de lui permettre de gagner du temps et de se réorganiser ». Un porte-parole de David Cameron, chef du gouvernement britannique, a, lui aussi, soutenu que pour le moment, la bonne approche est « d’accentuer la pression sur Kadhafi ».

Des divergences existent donc au sein des pays membres de la coalition internationale. Elles apparaissent au fur et à mesure que se dessine l’après-Kadhafi. Les tâches de reconstruction et le contrôle des riches puits de pétrole aiguisent les appétits. Or, on le sait : les Occidentaux ne s’engagent pas, et ne s’empressent pas pour rien dans les dossiers internationaux. Certains d’entre eux ont de véritables appétits de Pantagruel. De quoi semer la panique dans les rangs. Sinon, comment expliquer les récentes sorties des ministres du président du conseil italien à propos de la Libye ? Ces derniers temps, une certaine anxiété était perceptible à Rome.

L’Italie, ancienne puissance coloniale, chercherait-elle à préserver son pré carré, à la veille du départ du leader libyen ? Par les temps qui courent, difficile en effet d’ignorer les liens politiques et économiques entre les deux pays, en particulier la présence du clan présidentiel libyen dans les milieux d’affaires italiens. Par le passé, un des fils de Kadhafi ne s’était-il pas illustré dans la prise d’actions au niveau de grands clubs italiens de football ? Quel deal lierait-il Berlusconi à Kadhafi ? Le président du conseil italien aurait-il trouvé un compromis avec le célèbre « Guide » libyen pour mettre fin à la guerre, et par ce biais même redorer son propre blason terni ces derniers temps dans l’actualité italienne ? Dans une telle hypothèse, jusqu’où Berlusconi serait-il prêt à aller ? Offrir l’asile au colonel libyen, ce dirigeant en sursis ? Quelles chances donner aux négociations par cette prise de position ?

Le camp Berlusconi, par sa prise de position, rejoint ainsi l’Union africaine (UA) dans ses incohérences. L’organisation panafricaine a toujours estimé qu’en l’absence de résultats militaires, les puissances occidentales allaient devoir accepter son plan prévoyant également un cessez-le-feu. Parallèlement, l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), qui réunit 57 Etats, a aussi dépêché une mission de médiation en Libye. Elle se rendra à Benghazi et à Tripoli. Quels facteurs ont-ils pu influencer le président du conseil italien dans sa prise de position ? Le pétrole libyen ? La situation nationale en Italie où Berlusconi se trouve dans une mauvaise posture ? L’inconfort de Nicolas Sarkozy dans les sondages à moins d’un an de la présidentielle en France ? Berlusconi voudrait-il régler des comptes à un « partenaire » devenu insatiable et difficile au moment où, l’Italie, acculée, paie au prix fort l’afflux incontrôlable d’immigrants venus de Libye ?

Par son obsession, son acharnement à vouloir demeurer à la tête de son pays, Kadhafi montre qu’après quarante ans de pouvoir, il ne conçoit toujours pas que son pays ait changé. Les jeunes ne se reconnaissant pas en lui, il n’est pas sûr en cas d’élections réellement démocratiques, transparentes, propres et équitables, qu’il obtiendra les faveurs de la majorité de ses compatriotes. Le comble c’est que le roi Idriss 1er ( ?) qu’il a chassé du pouvoir après un coup d’Etat, n’aura pas autant régné que lui. Un vrai monarque des temps modernes.

Parvenu à la tête de la Libye alors qu’il n’avait pas lui-même 30 ans, le voilà qui va se faire chasser comme un malpropre. Ceci, après avoir été gagné par la boulimie du pouvoir comme tant d’autres dirigeants africains. On se demande d’ailleurs pourquoi le leader libyen aime-t-il tant à pinailler alors que tout se désagrège autour de lui ? Pourquoi continuer à clamer « sa » petite vérité, sachant bien que jamais l’OTAN ne renoncera à sa proie, et que lui, n’a plus la force d’antan ? Kadhafi compte peut-être sur les ambigüités du régime Berlusconi pour se sortir du trou. Mais dans ce qui apparaît comme une ruse de guerre entre partenaires ennemis occidentaux, y gagnera-t-il vraiment ? Car, autant la position italienne met à nu les dissensions entre Etats membres de l’Otan engagés militairement en Libye, autant elle traduit les relents d’un certain passé colonial. Les sorties des porte-parole de Berlusconi le confirment bien : elles sonnent comme une forme de rappel à ceux qui auraient oublié que la Libye est avant tout une ancienne possession italienne.

« Le Pays »

Berlusconi, ce dirigeant africain qui s’ignore

Les Italiens en ont ras-le-bol de leurs dirigeants. Ils l’ont exprimé en rejetant lundi dernier, suite à un référendum, plusieurs textes du gouvernement : le retour au nucléaire, la privatisation de la gestion de l’eau et la loi dite « d’empêchement légitime », offrant une immunité pénale aux ministres. Une vraie défaite pour le président du Conseil, Silvio Berlusconi. Celui-ci, sûr de son coup ou devenu entêté au point de vouloir défier inutilement le destin, avait même poussé l’audace jusqu’à inviter les Italiens à aller à la pêche le jour du référendum. Le bilan de Berlusconi à la tête de l’Italie ne convient pas à tout le monde. Et cette fois, le désaveu est cinglant. La déroute est d’autant plus douloureuse que lors des municipales partielles, il y a quinze jours, le parti au pouvoir avait perdu la mairie symbolique de Milan. Un résultat sans appel : à chaque fois, les scores ont été rejetés par plus de 90% des suffrages. Les Italiens seraient-ils en train de changer ? En lui-même, Berlusconi constitue un véritable « cas » d’espèce. Chef d’entreprise de la race des « gagneurs », c’est un conducteur d’hommes et d’affaires bien avisé. Chef d’entreprise comblé, au-delà de ses intérêts personnels, il a toujours su mettre ses atouts au service de son pays et bien entendu de ses propres intérêts. Mais le régime Berlusconi est de ceux qui auront su inquiéter la pègre italienne et troubler le sommeil des patrons des différents groupes mafieux, perpétuellement en conflit. Et c’est, entre autres, ces aspects qui le différencient de nombre de dirigeants africains même si les contextes sont différents.

Il est vrai que depuis l’antiquité, l’Italie constitue avec la Grèce le berceau de la démocratie républicaine. Là-bas, régulièrement, on consulte le peuple. Celui-ci est bien instruit et fait donc ses choix en conséquence. Par contre, dans la plupart des pays africains, l’arbitraire règne en permanence. Bon nombre de dirigeants sont de véritables despotes non éclairés. Peu instruit et généralement pas tenu au courant des enjeux, le peuple est rarement invité à se prononcer sur les questions qui fâchent ou sur les sujets d’intérêt national. Le chef de l’Exécutif n’a habituellement pas le courage de mettre son autorité et celui de ses compagnons à l’épreuve des urnes. L’alternance et la critique sont presque proscrites. Lorsqu’au grand dam des thuriféraires, ils osent s’aventurer sur cette voie, des courtisans zélés et à courte vue sont toujours aux avant-postes pour orchestrer des fraudes « légales » et dresser sans vergogne des bilans hideusement « propres » et pompeux.

Berlusconi a le sens du respect des règles, de sorte qu’il a toujours su profiter des outils et des institutions de la démocratie italienne pour assouvir des desseins inavoués. C’est qu’il est lui-même le fruit des contradictions ayant miné l’histoire politique de l’Italie. Dans ce pays, les nombreuses crises politiques avaient en effet fini par ôter toute crédibilité aux principaux acteurs politiques, ouvrant ainsi la voie à des opérateurs économiques fortunés et assez subtiles pour exploiter la situation. L’homme a donc fait irruption sur la scène politique à la faveur du jeu démocratique. Avec cette particularité qu’en Italie, les consultations électorales sont régulières, claires, transparentes et leurs résultats généralement peu contestés. De telles opportunités sont rares sur le continent noir.

Ainsi, Berlusconi se distingue de ces dirigeants africains sortis de nulle part et que le destin a frauduleusement installés dans l’histoire de ces républiques bananières. Quelques-uns sont peut-être venus par les urnes, mais rares sont ceux qui ont osé partir en se conformant aux règles. Dans la plupart des cas, les cheminements des dirigeants africains sont tortueux : coups d’Etat, révolutions de palais, rébellions, successions à relent dynastique, hold-up électoral, etc. D’où cette tendance à privilégier les usurpations à travers des élections tronquées, des fraudes et tripatouillages constitutionnels pour se maintenir après l’expiration des mandats.

Certains éléments rapprochent toutefois Berlusconi des dirigeants africains. Ce dirigeant italien est en effet un bon « macho » qui entretient avec la femme des rapports inégalitaires. C’est un fait que l’homme est un beau « mâle » qui sait séduire la gent féminine. Or, la soif du pouvoir va bien souvent de pair avec le désir obsessionnel de posséder la femme. Sur ce plan, Berlusconi semble bien partager avec bien de ses pairs africains cette tendance à multiplier les aventures extra-conjugales. Ainsi, ces dernières années, régulièrement, ses escapades et autres frasques scandaleuses ont alimenté le monde des médias.

Par ailleurs, comme tant de dirigeants africains chez eux, Berlusconi a bien profité de la magnanimité du peuple. Mais comme eux, il a fini par en abuser. Tant et si bien que de nos jours, l’Italie semble être devenue le ventre mou de l’Europe. Avec les résultats du scrutin référendaire, on peut avancer que, outre les problèmes écologiques, notamment la question du nucléaire, son penchant pour les filles aura beaucoup contribué à lui nuire dans l’opinion. Même en Italie « sexuellement libérée », il n’est pas exclu que de nombreux électeurs demeurent encore sensibles aux thèses proches des milieux puritains, notamment catholiques. Une vraie leçon de démocratie dont les Africains devraient s’inspirer par ces temps où l’éthique fait cruellement défaut dans le comportement des élites politiques. Quelles leçons tirer de ce scrutin italien ? L’apparent attachement des électeurs à cet homme controversé confirme que si les Italiens sont un peuple tolérant, ils restent malgré tout attachés à des valeurs que d’aucuns semblent avoir renvoyées aux calendes grecques. Mais, que l’on ne s’y trompe point : au-delà des intérêts de l’Italie plusieurs fois en crise, ce qui a toujours prévalu dans la gestion de Berlusconi, c’est d’abord son intérêt d’homme d’affaires et de président du Conseil. La preuve en est que les problèmes qui assaillent l’Italie au plan social et économique n’ont jusque-là pas trouvé de solutions. Tel est aussi le cas en Afrique où malheureusement, le tempérament de « gagneurs » de certains responsables n’aura jamais servi à sortir le continent du marasme dans lequel il patauge depuis les indépendances. D’où l’intérêt de savoir faire preuve de discernement à l’heure des grands choix. Comme quoi, même en Italie, on peut trouver des dirigeants de type africain. Comme Berlusconi.

Lefaso

Karima El Mahroug, alias Ruby : La starlette qui déstabilise Berlusconi

La danseuse sexy a participé entre février et mai 2010 à des fêtes débridées données par le Cavaliere dans ses résidences privées, où il l’aurait inondée d’argent et de cadeaux alors qu’elle avait juste 17 ans.

La starlette marocaine « Ruby la voleuse de cœurs », une grande brune plantureuse aux longs cils, est au centre d’un scandale qui vaudra en avril un procès au chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi pour avoir rétribué ses services sexuels quand elle était mineure. La danseuse sexy a participé entre février et mai 2010 à des fêtes débridées données par le Cavaliere dans ses résidences privées, où il l’aurait inondée d’argent et de cadeaux alors qu’elle avait juste 17 ans. Une ample couverture médiatique a été accordée à des écoutes téléphoniques et témoignages sur les parties de débauche présumées de M. Berlusconi et ses proches, avec des prostituées et des aspirantes à la gloire télévisée. Ruby, de son vrai nom Karima El Mahroug, est arrivée avec sa famille à Letojanni en 2003. Elle y a vécu quatre ans avec son père colporteur, sa mère femme au foyer et ses trois plus jeunes frères et sœur puis s’est enfuie à l’âge de 14 ans.

Dans cette petite ville sicilienne, la fugueuse était déjà connue pour son tempérament instable et une tendance à commettre de menus larcins et la police l’a placée dans plusieurs foyers en Sicile et à Gênes. Elle s’en est à chaque fois immédiatement enfuie, selon la presse italienne. Apparemment remarquée par l’entourage de M. Berlusconi dans une discothèque de Milan, elle a été engagée pour divertir le milliardaire par Nicole Minetti, une ancienne hygiéniste dentaire à présent conseillère régionale du parti de Berlusconi. C’est d’ailleurs Nicole Minetti qui a aidé Berlusconi à tirer Ruby de prison en mai lorsqu’elle a été arrêtée pour un vol présumé, accusée par sa colocataire de lui avoir dérobé 3.000 euros. Berlusconi a appelé le poste de police et plaidé pour sa libération, affirmant qu’elle était la nièce de l’alors président égyptien Hosni Moubarak. Il a demandé de la confier à Nicole Minetti pour éviter un incident diplomatique. Un Berlusconi indigné a par la suite clamé qu’il ne savait pas que Ruby n’était pas la nièce de Moubarak, arguant que cette histoire faisait partie d’une série de mensonges de la jeune fille, qui l’avait également trompé sur son âge. Il est également accusé d’avoir payé les prestations sexuelles de la jeune fille avant ses 18 ans, un fait pénalement répréhensible selon la législation italienne mais nié par les deux intéressés.

A présent, Ruby est devenue l’héroïne du scandale : elle a protesté de son innocence sur plusieurs chaînes de télévision et raconté sa version de son passé troublé en forme de douloureuse histoire. Une fois, elle a même pleuré en racontant son viol présumé à l’âge de 9 ans par deux oncles paternels que sa mère lui a dit de tenir secret en lui disant : « si ton père découvre que tu n’es plus vierge, il te tuera ». Se disant enceinte et sur le point de se marier avec Luca Rizzo, un gérant de discothèque de 41 ans, Ruby, considérée comme une « victime » dans le procès, parle avec tendresse de M. Berlusconi, qu’elle décrit comme un homme charitable et très seul, contraint d’acheter l’affection des femmes.

Ella Ide (AFP)

Le 18-02-2011

Source : aujourdhui.ma