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Kenya : Un juge lance un mandat d’arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir afin de le livrer à la CPI

On aura tout vu en cette année 2011. Les Africains ont encore du chemin à parcourir. Le fait de ne pas aimer un homme ne peut pas nous amener à l’envoyer à la vindicte. Comment demander l’arrestation d’un Chef d’Etat en exercice ?

Un juge de la Haute Cour kényane a lancé lundi un mandat d’arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir ; ce dernier étant déjà poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide et crimes contre l’humanité au Darfour.

« Le tribunal en conséquence délivre un mandat d’arrêt contre Omar el-Béchir à la demande du requérant (ICJ Kenya). Il reviendrait au Procureur général et au ministre de la Sécurité intérieure d’ordonner cette arrestation s’il devait remettre les pieds au Kenya« , a déclaré le juge de la Haute Cour du Kenya, Nicolas Ombija.

Cette décision prendrait aussitôt effet si le président soudanais entrait sur le territoire kenyan. Selon la Haute Cour, le gouvernement aurait pour obligation de l’arrêter et de le livrer à la Cour pénale internationale (CPI) devant laquelle il devrait répondre d’accusations de génocide et de crimes contre l’humanité.

Les juges de la CPI avaient délivré le 12 juillet 2010 un mandat d’arrêt contre le président Soudanais pour génocide au Darfour, après avoir lancé le 4 mars 2009 un premier mandat pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

La Cour avait demandé au Kenya « de prendre toute mesure nécessaire pour s’assurer que le président du Soudan, Omar el-Béchir, soit arrêté et remis à la Cour s’il visite le Kenya le 30 octobre (2010) à l’occasion d’un sommet régional ».

Le sommet avait ensuite été repoussé et déplacé à Addis Abeba, l’Ethiopie n’étant pas signataire du Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI.

L’Union africaine a à plusieurs reprises appelé ses Etats membres à ne pas arrêter le président soudanais, accusant la CPI de concentrer ses poursuites contre les seuls responsables africains et estimant que l’arrestation d’Omar el-Béchir serait nuisible à la recherche de la paix entre les deux Soudan.

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Obama, le fils de l’Afrique, s’accapare les joyaux du continent

Le 14 Octobre, le président Obama a annoncé que les Etats-Unis allaient envoyer des forces spéciales américaines en Ouganda pour prendre part à la guerre civile. Dans les mois à venir, des troupes de combat américaines vont être envoyées au sud-Soudan, au Congo et en Centrafrique. Elles n’engageront le combat qu’en cas de « légitime défense » a dit Obama de manière satirique. Avec la Libye tombée dans l’escarcelle, une invasion américaine du continent africain prend forme.

La décision d’Obama est décrite par la presse comme étant « hautement inhabituelle » et « surprenante » et même « bizarre ». Il n’en n’est rien. Ceci n’est que la logique de la politique américaine depuis 1945. Prenez le Vietnam. La priorité était d’arrêter l’influence de la Chine, un rival impérialiste et « protéger » l’Indonésie, que le président Nixon appela « le plus gros magot en ressources naturelles de la région.. La plus grande des récompenses ». Le Vietnam était simplement sur le chemin et le massacre de plus de trois millions de Vietnamiens, la dévastation et l’empoisonnement de leur pays étaient le prix de la réalisation des objectifs de l’Amérique. Comme toutes les invasions américains suivantes, un sentier de sang qui s’étend de l’Amérique latine à l’Afghanistan en passant par l’Irak, le leitmotiv était toujours la « légitime défense » ou « la cause humanitaire », des mots vidés depuis longtemps de leur sens propre.

En Afrique, dit Obama, « la mission humanitiare » est d’assister le gouvernement de l’Ouganda à se défaire de l’armée de résistance de dieu (LRA) qui a « tuée, violée et kidnappée des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants en Afrique centrale ». Ceci est une description juste de la LRA, évoquant de mulitples atrocités administrées par les Etats-Unis, tel le bain de sang des années 1960 suite à l’assassinat arrangé par la CIA de Patrice Lumumba, le leader congolais indépendant et premier ministre légalement élu pour la première fois au Congo, ainsi que le coup d’état perpétré par la CIA, installant au pouvoir Mobutu Sese Seko, vu comme le plus vénal des tyrans africains.

L’autre justification d’Obama invite également la moquerie. Ceci est du ressort de  la sécurité nationale américaine ». La LRA a fait son sale boulot depuis 24 ans, sans intérêt particulier des Etats-Unis. Aujourd’hui, elle se compose de quelques 400 membres armés et n’a jamais été aussi faible. Quoi qu’il en soit, la « sécurité nationale américaine » veut en général dire l’achat d’un régime corrompu et veule, qui possède quelque chose que Washington veut. Le « président à vie » ougandais Yoweri Museveni a déjà reçu la plus grande part des 45 millions de dollars d’aide militaire des Etats-Unis, incluant les drones favoris d’Obama. Ceci est son pourboire pour combattre une autre guerre par proxy contre l’ennemi islamiste fantôme de l’Amérique, le groupe Shabaab basé en Somalie.La LRA jouera son rôle imparti de diversion par relation publique, en distrayant les journalistes occidentaux avec ses histoires d’horreur habituelles.

Quoi qu’il en soit, la raison principale pour laquelle les Etats-Unis envahissent l’Afrique n’est pas différente de celle qui enflamma la guerre du Vietnam. C’est la Chine. Dans le monde de la paranoïa institutionalisée auto-infligée, qui justifie ce que le général David Petraeus, l’ancien chef d’état major maintenant à la tête de la CIA, suppose être un état de guerre permanent, la Chine est en train de remplacer Al Qaïda comme la « menace » officielle contre l’Amérique. Quand j’ai interviewé Bryan Whitman, un secrétaire d’état adjoint du ministère de la défense, l’an dernier, je lui ai demandé de décrire le danger courant auquel l’Amérique fait face en ce moment. Il répéta visiblement embarassé, « les menaces asymétriques, les menaces asymétriques ». Ces menaces justifient le blanchiment d’argent sale que l’état effectue avec les conglomérats d’armes et le plus gros budget militaire de l’histoire. Avec Oussama Ben Laden hors service, la Chine reprend le flambeau.

L’Afrique est l’histoire à succès de la Chine. Là où les Américains amènent leurs drones et la destabilisation, les Chinois amènent des réseaux routiers, des ponts, des barrages. Ce qu’ils veulent ce sont les ressources, spécifiquement les hydrocarbures.  Avec les plus grosses réserves de pétrole du continent africain, la Libye de Mouammar Kadhafi était une des sources les plus importantes de la Chine. Lorsque la guerre civile éclata et que les « rebelles » furent soutenus par l’OTAN sous couvert d’une histoire fabriquée de toute pièce à propos de Kadhafi planifiant un « génocide » à Benghazi, la Chine évacua ses 30 000 ouvriers de Libye. La résolution du conseil de sécurité de l’ONU qui autorisa une « intervention humanitaire » de l’occident fut expliquée succintement par le conseil transitoire au gouvernement français, ce qui fut publié le mois dernier par le journal Libération et dans lequel le conseil national de transition libyen offrait 35% de la production nationale de pétrole à la France « en échange » (le terme utilisé) d’un soutien « total et permanent » de la France au conseil de transition. Portant la bannière étoilée dans un Tripoli « libéré » le mois dernier, l’ambassadeur américain Gene Cretz laissa échapper: « Nous savons que le pétrole est le joyau de la couronne des ressources naturelles libyennes ! »

La conquête de facto de la Libye par les Etats-Unis et ses partenaires impérialistes annonce la version moderne de la « ruée sur l’Afrique » de la fin du XIXème siècle. Tout comme la « victoire » en Irak, les journalisres ont joué un rôle essentiel et critique en divisant les Libyens entre de bonnes victimes et de mauvaises victimes. Une une récente du journal Guardian illustra une photo d’un combattant « pro-Kadhafi » effrayé aux mains de ses geôliers aux yeux élargis avec la mention « célébrez ». D’après le général Petraeus, il y a maintenant une guerre de la « perception… qui est continuellement conduite à travers les médias ».

Depuis plus de dix ans, les Etats-Unis ont essayé d’établir un commandement militaire sur le continent africain, AFRICOM, mais ont été repoussés par les gouvernements, appréhensifs des tensions régionales que cela impliquerait. La Libye et maintenant l’Ouganda, le sud-Soudan et le Congo leur donnent une autre bonne chance. Comme le révèlent les câbles fuités par Wikileaks du bureau national stratégique pour le contre-terrorisme, les plans américains pour l’Afrique font partie d’un schéma global qui verra 60 000 forces spéciales, incluant des escadrons de la mort, opérant dans 75 pays, de bientôt opérer dans 120 pays. Dick Cheney le dît dans son plan de « stratégie de défense) des années 1990, l’Amérique désire simplement dominer le monde.

Que ceci soit maintenant le cadeau de Barack Obama, le « fils de l’Afrique », est d’une ironie suprême. Où cela l’est-il vraiment ? Comme Frantz Fanon l’a expliqué dans « Black Skin, White Masks », ce qui importe en fait n’est pas tant la couleur de votre peau, mais le pouvoir que vous servez et les millions que vous trahissez.

John Pilger

Mondialisation

Vous voulez devenir le 193e Etat membre de l’ONU de plein exercice en moins d’une semaine ?

Vous voulez devenir le 193e Etat membre de l’ONU de plein exercice en moins d’une semaine ?

Pas de problème! Mode d’emploi

Les présidents Siir et Obama à l’ONU, 21 septembre 2011

Vous avez un territoire de plus de 620000km2 aux limites incertaines. Vous êtes le produit d’une guérilla sécessionniste (subdivisée en sous-guérillas emboîtées depuis un demi siècle), qui mêle des conflits religieux (islam/christianisme/animisme), des conflits sur la terre (agriculteurs sédentaires/éleveurs nomades), des affrontements inter-ethniques (Noirs/Blancs) et inter-tribaux (entre Dinkas, Nuers, Bari, Azandés, etc.). En un demi siècle, sans doute plus de 2,5 millions de morts, et 5 millions de déplacés ou réfugiés, dispersés dans toute la région. Vos quelques 8 à 9 millions d’habitants pratiquent une soixantaine de langues (nilo-soudanaises, nigéro-congolaises). Votre capitale (déterminée il y a très peu de temps) est une non-ville de 150 à 300000 habitants (les estimations ont été faites récemment à partir de photographies aériennes), où les administrations et les ambassades sont des conteneurs métalliques non climatisés, mais qui se louent à prix d’or.

Vos 800 km de frontières nord ne sont pas fixées précisément, et on s’y dispute encore, les armes à la main, villes, villages et ressources foncières et hydrauliques, et surtout pétrolières.

En alternance avec de longues périodes de guerre ouverte, et de conflits éclatés de plus ou moins basse intensité, vous avez négocié, en vain, avec le pouvoir central pendant des années. Du fait de la situation de conflit, et du sous-investissement du pouvoir central, vous être classé au fond de la liste des pays les plus pauvres de la planète. Les problèmes alimentaires et sanitaires sont majeurs. L’analphabétisme est un des plus élevés du continent, en particulier chez les femmes. Les ONG internationales tiennent une partie de la population à bout de bras. Heureusement, on a découvert chez vous il y a quelques années, d’importantes ressources pétrolières, que se disputent, avec des stratégies qui ressortent du billard à trois bandes (ou plus), principalement les compagnies chinoises et américaines. Et votre autorité de tutelle, le pouvoir central, essaie de réintégrer la « communauté internationale », et d’éviter des sanctions américaines: elle s’est finalement résolue à vous laisser mener votre vie hors de son giron.

Vous organisez donc en janvier 2011, avec la bénédiction des observateurs des organisations régionales et internationales, et surtout de quelques grandes puissances (et surtout des Etats-Unis, qui sont votre plus ferme soutien dans l’aventure), un référendum d’auto-détermination, qui obtient 98,83% de oui.

Vous proclamez votre indépendance le 9 juillet 2011. Venus parfois de très loin, de nombreux invités se pressent pour assister aux cérémonies, y compris le secrétaire général de l’ONU, M.Ban Ki-moon.

Vous avez tiré la carte Chance : avant même d’avoir proclamé votre indépendance, plusieurs Etats vous ont déjà reconnu (dont l’Allemagne, le Vatican, la Corée du Sud, le Soudan); mais aussi l’Union européenne, dont la diplomatie n’est pas toujours aussi réactive!

Vous tirez une deuxième carte Chance : en une semaine, une centaine de pays vous reconnaissent. Dans l’ordre les Etats-Unis sont les 4e, avec quelques heures d’avance sur la France, la Chine, la Russie, la Grande-Bretagne. Israël traîne un peu, puisque sa reconnaissance n’arrive que le lendemain, en même temps que celles du Koweït, du Bahreïn ou du Nigéria.

Vous tirez une troisième carte Chance : le jour même de votre indépendance, vous avez remis au secrétaire général de l’ONU, M.Ban Ki-moon, une demande formelle d’adhésion à l’ONU. Il l’a transmise immédiatement au Conseil de sécurité, qui vous répond positivement en quelques heures. Sans vote. Et qui redonne votre dossier à l’Assemblée générale. 5 jours après la proclamation de votre indépendance, soit le 14 juillet 2011, le président en exercice de la 65e Assemblée générale de l’ONU, le Suisse Joseph Deiss, propose un vote par acclamation. Vous êtes donc devenu, en 5 jours, le 193e Etat membre de l’ONU, de plein exercice. Néanmoins, vous devez attendre encore une douzaine de jours pour devenir le 54e Etat membre de l’Union africaine. C’est un peu long, d’accord. Mais vous entrez, dans la foulée, au FMI, à la Banque mondiale, au Commonwealth, etc. Et très bientôt à la Ligue arabe.

Vous êtes désormais la République du Soudan du Sud, capitale Juba, et vous pouvez vous occuper tranquillement de l’essentiel: le pétrole, son exploration, son exploitation et son évacuation.

Salva Kiir, Président du Sud soudan

Votre président, Salva Kiir Mayardit, dont tout le monde a admiré le chapeau pour l’occasion, a pris la parole devant la 66e Assemblée générale, vendredi 23 septembre 2011. Juste avant le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Qui est candidat, comme chacun sait, au titre de 194e Etat membre de l’ONU…

Les principales zones d’exploration pétrolière aux confins du Soudan et du Sud-Soudan en 2005
(source: Wikipedia.fr)

Jean-Paul Burdy

Maître de conférences d’histoire à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble

http://www.questionsdorient.fr/

NOTES:

 1/ Un des rares blogs sud-soudanais: http://paanluelwel2011.wordpress.com/

 2/ Le tableau des reconnaissances internationales du Soudan du Sud, sur Wikipedia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Reconnaissance_internationale_du_Soudan_du_Sud

Les raisons cachées de la partition du Soudan

Les raisons cachées de la partition du Soudan

Depuis sa création, Israël a toujours redouté les pays arabes islamistes, notamment, en Afrique, l’Egypte et le Soudan, à cause de la présence dans ces pays d’un pouvoir intégriste qu’il considère comme dangereux pour sa sécurité. En plus, le pouvoir soudanais a toujours coopéré avec les ennemis traditionnels de l’État hébreu. Lorsque Nasser s’est rapproché des Soviétiques après le refus américain de financer le barrage d’Assouan, l’Egypte devint un ennemi juré d’Israël. Pour cette raison, Nasser a fini par être assassiné et remplacé par un modéré pro Américains. Entouré par des pays ennemis, Israël a cherché à se tourner vers l’Afrique pour s’assurer un espace essentiel de sa survie, briser son isolement et  construire une ceinture de sécurité. Pour contrecarrer la politique arabe en Afrique, il a noué des alliances avec des pays non arabes, il s’est rapproché de l’Ethiopie, de l’Ouganda, du Zaïre de Mobutu, du Ghana de Kwame N’krumah, du Cameroun d’Ahidjo et de Paul Biya (Israël a organisé les écoutes téléphoniques dans ce pays) et d’autres pays comme l’Iran, la Turquie et certaines minorités comme les druzes, les maronites, les Kurdes, les phalangistes au Liban, les royalistes au Yémen. Israël s’est appuyé sur l’Ethiopie (l’Erythrée était encore sous le contrôle de l’empereur Hailé Sélassié) pour sécuriser la mer Rouge et surveiller toute action subversive en provenance d’Egypte ou du Soudan. Israël a entraîné des troupes d’élite de Hailé Sélassié sur la base militaire d’Asmara gérée par les Américains. Le Soudan, qui partage avec l’Égypte une longue frontière de 716 kilomètres de côte sur la mer Rouge, a toujours constitué une source de grande inquiétude pour Israël, car sa séparation d’avec l’Egypte ne date que de 1956. Au XIXe siècle, la grande partie du territoire soudanais actuel a été annexée à l’Egypte qui fut une province de l’Empire ottomane. Le Négus déclarait appartenir au monde juif. C’est donc par l’Ethiopie, où Israël a ouvert sa première ambassade dès 1956, que l’État hébreu a pénétré les nouveaux pays africains après 1960. Israël s’est appuyé sur un argument de poids : la communauté de souffrance entre Juifs et Noirs mais les Africains ignoraient que pendant ce temps Israël composait avec la France qui est une puissance néo-coloniale et qu’il servait les intérêts des Américains dans leur lutte contre la progression du communisme en Afrique. L’Etat hébreu luttait contre les pays africains soutenus par les pays arabes.

Au lendemain de l’indépendance, le Soudan, qui est le plus grand pays d’Afrique, présente une situation particulière. La partie Nord qui gouverne le pays est composée de musulmans qui ne peuvent composer avec Israël tandis que le Sud est occupé par les Chrétiens. Devant cette réalité, Israël a décidé de soutenir les rebelles noirs et chrétiens du Sud dans le but de punir le pouvoir islamiste soudanais qui avait soutenu le camp des pays arabes durant la guerre des Six Jours. Israël a également noué des relations très étroites avec l’Ouganda, en soutenant ouvertement Idi Amin Dada qui a suivi sa formation militaire en Israël afin de surveiller le nord du Soudan de plus près à partir du Sud-Soudan. Israël s’est rapproché du Sud avec l’intention cachée de contribuer à l’éclatement du pays. L’État hébreu, qui a été rejoint par les États-Unis et la Grande-Bretagne dans son combat contre le Soudan, n’a jamais abandonné son idée de contribuer à la division du Soudan afin d’affaiblir ce pays et d’avoir un contrôle sur la partie Nord.

La guerre froide a gelé la poursuite de cette stratégie qui n’a finalement été réactivée qu’après le départ de l’URSS du continent. Le passage du pétrole soudanais entre les mains de la Chine a renforcé la conviction de faire éclater le Soudan. Israël s’est appuyé sur le soutien américain et sur les hommes de l’ombre pour faire aboutir ce projet. Les uns et les autres ont toujours pensé qu’ils ont l’obligation de lutter contre un ennemi commun : l’islamisme. Ils ont comploté ensemble pour éliminer Nasser, parce qu’il a nationalisé le canal de Suez (le 26 juillet 1956) sans l’accord des initiateurs et parce qu’il s’est retourné vers l’URSS contre les Anglo-saxons, de la même façon, ils ont coopéré ensemble pour parvenir au partage du Soudan entre le Nord musulman et le Sud chrétien.

Pour les raisons ci-dessus, les Anglo-Saxons et Israël ont exploité à fond le narcissisme des Sud-Soudanais pour les opposer aux Nord-Soudanais afin de diviser leur pays mais les Sud-Soudanais, surexcités par l’idée de devenir indépendants, ont oublié que les Anglo-Saxons et Israël travaillent pour leurs propres intérêts et jamais pour ceux des Soudanais.

Il n’y a pas que le Soudan qui est concerné par un conflit religieux dans le pays. Le même problème se pose avec acuité en Irlande entre protestants et catholique mais quelle est cette puissance qui a cherché à diviser l’Irlande pour résoudre ce conflit religieux dans ce pays ?

Le Soudan séparé, il deviendra facile de mettre la main sur son pétrole. Seulement les raffineries se trouvent au Nord du pays ! Pendant que les pays du Nord se regroupent (Union européenne, ALENA, CEI), on émiette les pays du Sud pour les affaiblir.

Il y a une communauté d’intérêt entre les États-Unis et Israël qui a mené de nombreuses actions en Afrique pour le compte de la CIA.

Après la division du Soudan, la RD Congo va-t-elle devenir le prochain point de mire, sera-t-elle la prochaine cible ?

Par Dr Fweley Diangitukwa, Politologue et écrivain

Sources :
Fweley Diangitukwa, Stratégies pour la conquête, l’exercice et la conservation du pouvoir, Saint-Légier (Suisse), éditions Monde Nouvevau/Afrique Nouvelle, 2011, 236 pages ;
– Pierre Péan, Carnages. Les guerres secrètes es grandes puissances en Afrique, Paris, Fayard, 2010, 570 pages ;
– Charles Onana, Menaces sur le Soudan et révélations sur le procureur Ocampo. Al-Bashir et Darfour. La contre-enquête, Paris, Duboiris, 2010, 475 pages ; Ces tueurs tutsi au coeur de la tragédie congolaise, Paris, éd. Duboiris, 2009, 317 pages.