Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives de Tag: Tchad

Il parait que les parias de la planète se portent bien !!!

Tout irait à merveille en zone franc. N’évoquez surtout pas, auprès des dirigeants des 14 Etats utilisant le Cfa, la tempête monétaire qui secoue la terre entière. Pas forcément qu’ils sont de mauvaise foi. À dire vrai, ils n’ont jamais géré une monnaie propre, après un cinquantenaire d’appartenance aux nations unies. Seule zone monétaire au monde où les pays membres (tous indépendants depuis 51 ans) ont volontairement renoncé à toute appropriation d’expertise en matière monétaire. A l’ancien colon de décider, pour eux, des orientations économiques, des flux des capitaux sur le marché international, de la gestion des dettes, pire, de la tutelle auprès des institutions financières internationales. Vus d’Afrique francophone (espace Cfa), les tourments des places boursières ne constituent que de vagues spasmes médiatiques lointains. Pour ce qui concerne la réflexion et les mesures éventuelles face à la prétendue crise, « l’ancienne puissance tutélaire, la France y pourvoira » !

Le devenir économique ayant été confié à la France, les régimes africains consommateurs du Cfa peuvent se préoccuper d’autres choses. Seul débat digne d’intérêt auprès des élites locales : la longévité au pouvoir (révision constitutionnelle, nombre et durée de mandat). Sénégal, Cameroun, Bénin, Burkina Faso, Togo, Congo Brazzaville, Tchad, Guinée Bissau.

Quand certains ne sont carrément pas occupés à se tirer dessus. Cela ne veut pas dire que nos princes sont dépourvus de visions économiques. De Dakar à Libreville en passant par Lomé, Cotonou, Yaoundé, N’djamena et les autres, une incantation fait fureur depuis plusieurs années déjà : émergence économique. Chacun y ajoute quelques variantes avec les « grandes réalisations » de Paul Biya, les « grandes réformes » de Bongo fils, la « refondation » de Yayi. Mais jamais, au grand jamais, la moindre velléité de s’autonomiser vis-à-vis du parrain monétaire. La ligne rouge ! « La France y pourvoira » !

Sans exiger une rébellion de la part des 14 Etats « assistés monétaires », on peut néanmoins se préoccuper de l’absence totale de débats voire de consciences nationales sur la question de la monnaie. Il a fallu que Gbagbo soit privé de ressources pour que son régime vacillant et au bord de l’agonie se conjecture sur la nécessité d’une monnaie nationale, le temps que les bombes venues de Paris finissent de le déloger de son bunker.

Depuis, la page a été tournée. La sécurité de nos économies continue d’être assurée par les fameux conclaves entre les ministres des Finances de la zone franc et celui du parrain français. Deux séances par an, pas plus. Le sort de 14 trésors publics réglé en deux réunions l’an. Pendant qu’on se languit sous les tropiques en zone franc, l’Elysée déborde d’initiative dans la recherche de solutions face au calvaire du Cac 40 (principal indice boursier de Paris).

L’Euro sensée être une assurance tous risques pour la zone Cfa, parlons-en ! Une Europe loin d’être le modèle de solidarité par excellence lorsqu’on voit les réticences des Allemands à toute assistance financière à la Grèce ou à d’autres pays européens en crise. Le débat fait d’ailleurs rage sur l’opportunité de maintenir l’Euro en tant que monnaie ou pas, à voir le nombre sans cesse croissant de ces propres éclopés (Irlande, Grèce, Espagne, Italie…). Or c’est sur cet espace en plein doute que se reposent curieusement les espoirs des africains francophones. Mais comme d’habitude : « la France y pourvoira » même en cas de fragilisation voire de disparition de la monnaie européenne. Le dessein est désormais clair, jamais les Africains utilisateurs du Cfa (Compagnie française d’Afrique) ne devraient agir par eux-mêmes en matière d’option économique indépendamment des vœux du parrain.

La France, terre de blanchiment de l’argent des dictatures africaines, pourvoira à nos misères !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Publicités

L’opposition tchadienne appelle à la cessation immédiate du massacre des Tchadiens et des populations noires en Libye

Le CNCD exprime son indignation devant le massacre et les traitements inhumains et dégradants perpétrés actuellement à l’encontre des tchadiens et des populations noires en général vivant en Libye. Les témoignages et rapports de différentes associations des droits humains dont Human Rights Watch et Amnesty International, font état de centaines de civils tués ou torturés en raison de leur couleur de peau.

Dans ce drame qui se déroule sous nos yeux, dans l’indifférence quasi totale de la communauté internationale, les citoyens tchadiens se retrouvent hélas doublement victimes. D’une part, de l’incurie du régime d’Idriss Déby Itno, qui faisant du mercenariat son fond de commerce, a livré comme chair à canon en Libye (comme en RCA, au Togo, en RDC…) de centaines de jeunes Tchadiens désœuvrés par une absence de perspectives sérieuses dans leur pays, et d’autre part, victimes de la vindicte et du lynchage  des insurgés du Conseil National de Transition (CNT) au mépris de toutes les règles de droit international en matière de protection des prisonniers de guerre. Le CNCD  condamne avec force ces crimes racistes et exige leur arrêt immédiat et inconditionnel.

Le CNCD lance un appel pressant :

    • Aux nouvelles autorités libyennes pour qu’elles prennent toutes les mesures garantissant  la sécurité des prisonniers parmi lesquels se retrouvent sans distinction beaucoup de paisibles citoyens dont certains vivent en Libye depuis des décennies ;

    •  Aux responsables de l’OTAN et notamment à la France, chef de file des opérations en Libye, pour qu’ils protègent toutes ces populations civiles au nom desquelles,  faut il le rappeler, une résolution fut votée aux Nations Unies et pour lesquelles, ils se targuent d’intervenir en Libye ;

    •  Au  Conseil de Sécurité des Nations Unies de voter une résolution condamnant clairement ces exactions et exigeant la poursuite des responsables devant les juridictions internationales ;
•  A l’Union Africaine pour organiser le rapatriement de ces citoyens dans leurs pays respectifs ;

    • Au gouvernement Tchadien pour organiser le retour immédiat en territoire national de nos compatriotes qui paient un lourd tribut à sa politique irresponsable et criminel.

Le CNCD, demande aux dirigeants du CNT :

    •  D’autoriser  la Croix Rouge à se rendre au chevet de ces populations terrorisées et leur apporter l’assistance nécessaire ;

    • De diligenter  une enquête indépendante sur les exactions commises sur toutes ces personnes et de traduire les responsables devant la justice.

Dans cette phase de transition et de reconstruction de la Libye, le CNT se doit d’envoyer à la communauté internationale, des signaux positifs. La protection et le respect des droits de l’Homme doivent figurer parmi ses priorités.

Paris le 5 Septembre  2011

Annette Yoram LAOKOLÉ

Coordinatrice du CNCD

BENIN : Elévation d’Idriss Deby Itno à l’UAC, Boni Yayi élève un DICTATEUR au grade de Dr Honoris Causa

Les mercredi 6 et jeudi 7 juillet  2011, le président tchadien, Idriss Deby Itno était en visite d’amitié et de travail au Bénin. Après les usages protocolaires et diplomatiques, l’hôte du Bénin s’est rendu au Port autonome de Cotonou pour une visite guidée. Il s’est agi en effet de faire découvrir à l’illustre président, ce poumon de l’économie béninoise qui dessert le Tchad, pays de l’hinterland.

Toujours au cours de son séjour de 48 heures en terre béninoise, le président tchadien, Idriss Deby a été fait grand croix dans l’ordre national du Bénin. Ceci en présence de son homologue béninois, Boni Yayi. Mieux en visite sur le campus universitaire d’Abomey-Calavi, le numéro 1 tchadien a été élevé au grade de Docteur Honoris Causa de l’Université d’Abomey-Calavi par le conseil scientifique avant son départ dans l’après-midi d’hier 7 juillet 2011. Décoration qui n’a pas laissé indifférent les intellectuels. En effet, après cette cérémonie, ils sont plusieurs, les intellectuels qui n’ont pas caché leur amertume de voir les distinctions galvaudées comme cela se passe actuellement sous le régime Yayi. Tout le monde connait le parcours du général Idriss Deby Itno. Ancien rebelle, il a accédé au pouvoir par les armes après un coup d’Etat. Mieux, la démocratie n’est pas la chose la mieux partagée au Tchad. Tout le monde a encore en mémoire la disparition mystérieuse de l’opposant tchadien, Ibni Oumar Mahamat Saleh depuis le 2 février 2008 dont on est sans nouvelle jusqu’à ce jour. Rien qu’avec ce palmarès peu glorieux, Deby ne mérite pas d’être fait Docteur Honoris Causa dans un pays surnommé quartier latin d’Afrique. Il se raconte que c’est parce qu’il a offert des tentes d’une capacité de 1200 places  pour servir d’amphithéâtre aux étudiants béninois que cet honneur lui a été fait. Cela a même été dit lors de l’élévation de ce dernier. Toutefois cette raison souffre de pertinence. Ce n’est pas parce que quelqu’un offre une tente ou toute autre chose à une Université qu’il faut l’élever au grade de Docteur Honoris Causa. Les dizaines d’années passées à la tête de son pays n’effacent pas ses actes peu glorieux dans le domaine du respect des libertés individuelles, de la démocratie et des droits de l’homme. Le chef de l’Etat, Boni Yayi l’a si bien compris au point où il n’a pas voulu embrasser l’heureux du jour une fois que les attributs de ce grade lui ont été décernés. Il a fallu l’intervention du chef du protocole d’Etat pour qu’il se tourne vers lui pour procéder à cette pratique de civilité. En effet, Boni Yayi sait très bien que la démocratie et le respect des droits de l’homme ne sont pas les choses les mieux pratiquées au Tchad et que le général Idriss Deby qui est un président qui se fait élire dans des conditions que tout le monde connait. Au regard de cela, il ne mérite pas de recevoir cette distinction hautement intellectuelle. On se rappelle que même Mathieu Kérékou n’a pas vu son nom attribué à l’Université d’Abomey-Calavi. En effet, à quelques mois de son départ du pouvoir, des personnes ont souhaité que l’Université d’Abomey-Calavi porte le nom de Mathieu Kérékou pour service rendu à la Nation. A l’époque des intellectuels s’étaient opposés à un tel projet estimant qu’on ne saurait donner le nom d’un général de l’armée à un haut lieu de savoir qu’est l’Uac. C’est dire donc que c’est une farce inopportune organisée par le conseil scientifique de l’Université d’Abomey-Calavi avec à sa tête Norbert Awanou hier.

E.N. L’autre Fraternité

Présidentielle au Tchad : La France et l’Union Européenne soutiennent la dictature Deby sous couvert de démocratie

COMMUNIQUE DE L’ASSOCIATION SURVIE, LE 19 AVRIL 2011

« Le parti d’Idriss Déby, arrivé au pouvoir il y a 21 ans par un coup d’Etat, a remporté les législatives du 13 février dernier au terme d’un scrutin entaché de fraudes manifestes. Les résultats ont pourtant été cautionnés par l’Union Européenne et la France. Dans ce contexte, les principaux candidats de l’opposition ont annoncé qu’ils ne participeront pas à l’élection présidentielle du 25 avril prochain.

La diplomatie française, qui a désavoué les dictateurs tunisien et égyptien, continue au Tchad à soutenir le régime criminel d’Idriss Déby. Pourtant les Tchadiens eux-aussi ont droit à la démocratie.


Idriss Déby

Les élections législatives du 13 février dernier ont été l’objet de nombreuses irrégularités dénoncées par la Coalition des Partis politiques pour la Défense de la Constitution (CPDC) : bureaux de vote fictifs, bourrage d’urnes, encre non indélébile fournie par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), ou encore cartes d’électeurs non distribuées, non conformes, manquantes ou surnuméraires, sont autant de fraudes qui ont entaché le scrutin. A cela il faut ajouter la corruption de certains chefs traditionnels, des agressions multiples, et le fait que des moyens considérables de l’État ont été mis à la disposition du parti au pouvoir pour mener sa campagne. Enfin l’opposition a également remis en cause l’indépendance de la CENI mise en place par le régime.

L’ensemble des requêtes sur ces irrégularités, portées devant le Conseil Constitutionnel par les principaux représentants de l’opposition ayant été rejetées, plusieurs d’entre eux, dont Wadal Abdelkader Kamougué et Ngarlejy Yorongar de la Fédération Action pour la République (FAR), et Saleh Kebzabo de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Renouveau (UNDR) porte-parole adjoint de la CDPC, ont annoncé qu’ils ne participeront pas à l’élection présidentielle prochaine et ont appelé au boycott du scrutin. Seuls deux ministres de son propre gouvernement restent en compétition face à Idriss Déby.

Malgré les nombreuses fraudes, le Ministère français des Affaires étrangères a salué, le 17 février dernier, « le bon déroulement des élections législatives ». L’Union Européenne en a fait de même. Catherine Ashton, Haute Représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de Sécurité, s’est « [félicitée] du bon déroulement des élections législatives au Tchad et du climat apaisé et serein qui a marqué la campagne électorale et le scrutin. ». Louis Michel, le chef de la Mission d’Observation Electorale (MOE) de l’Union Européenne, a même parlé de « tournant historique », alors que les conclusions préliminaires de sa mission soulignent nombre d’irrégularités.

La MOE permet ainsi, comme ce fut le cas pour la présidentielle au Togo en 2010, à un dictateur de conserver le pouvoir par des élections truquées. Il est en effet désormais aisé pour Idriss Déby de gagner la présidentielle du 25 avril qui s’annonce comme une inévitable mascarade. L’Union Européenne confirme son absence de politique réelle de soutien à la démocratie et le rôle de paravent qu’elle joue en faveur de la France historiquement omniprésente au Tchad.

En place de manière permanente depuis 1986 avec l’opération Épervier (opération à l’origine provisoire), l’armée française entraîne, équipe et conseille l’armée tchadienne. Elle participe ainsi clairement à la perpétuation d’un pouvoir répressif et dictatorial. L’incohérence de la diplomatie française face aux dictatures, révélée en Tunisie, est d’autant plus évidente que le régime tchadien soutient actuellement Mouammar Kadhafi, notamment par l’envoi de mercenaires.

En 2001 déjà, Survie dénonçait un scrutin présidentiel frauduleux, suivi de l’arrestation des principaux candidats de l’opposition et de nombreux militants. En 2006, après avoir révisé la constitution pour pouvoir à nouveau se présenter, Idriss Deby remportait la présidentielle boycottée par l’ensemble de l’opposition. Toutes ces mascarades électorales furent soutenues financièrement et logistiquement par les autorités et l’armée françaises.

En février 2008 encore, c’est grâce au soutien militaire français qu’Idriss Déby fut sauvé in extremis d’un renversement par une coalition de mouvements de l’opposition armée. Il en profita pour réprimer l’opposition démocratique et procéder à l’enlèvement puis à l’élimination de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole de la Coalition des partis politiques pour la Défense de la Constitution (CPDC). Le rapport de la Commission d’enquête internationale chargée d’enquêter sur ces événements a clairement mis en cause la Garde présidentielle du dictateur tchadien dans l’enlèvement de l’opposant et évoque le rôle d’officiers français. Aucune suite judiciaire n’a toutefois été donnée à ce rapport.

L’actuel processus électoral est présenté comme étant dans la droite ligne des accords politiques du 13 août 2007, signés entre le gouvernement et l’opposition tchadienne. Ces accords, contestés alors par diverses organisations de la société civile exclues des négociations, furent signés à l’instigation de la diplomatie française et avec la « facilitation » de l’Union Européenne. Ils devaient déboucher sur la mise en place d’un processus démocratique et d’élections libres et transparentes. Cependant le régime s’est depuis évertué à empêcher leur application, plongeant le Tchad dans un cycle de violence, de rébellions et de répression, dans lequel s’inscrit clairement la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Aujourd’hui, c’est pourtant en référence à ces accords que la France soutient un processus électoral qui est bien loin de donner la moindre garantie démocratique. Ainsi, les Tchadiens, qui aspirent à la démocratie, restent prisonniers d’un régime largement soutenu par les diplomaties française et européenne.

Pour toutes ces raisons, l’association Survie demande :

–       aux autorités françaises et européennes de ne pas cautionner l’élection présidentielle du 25 avril qui n’offre aucune garantie démocratique ;

–       au gouvernement français de cesser de soutenir le régime dictatorial d’Idriss Deby à travers sa coopération diplomatique, militaire et technique et de retirer l’armée française présente depuis 1986 au Tchad ;

–       la déclassification des documents diplomatiques et militaires français relatifs à la disparition de l’opposant Mahamat Saleh ainsi que l’audition des fonctionnaires civils et militaires français présents au Tchad en février 2008, conformément aux demandes répétées du député Gaëtan Gorce et du sénateur Jean-Pierre Sueur ;

– à l’Union Européenne de mettre fin aux Missions d’Observations Electorales quand les garanties démocratiques ne sont pas suffisantes et que celles-ci renforcent les dictatures au lieu de les affaiblir ».