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Vérité sur la mort de Thomas Sankara

Justice pour Thomas Sankara Justice pour l’Afrique

Le président Thomas Sankara aurait eu 62 ans le 21 décembre s’il n’avait pas été assassiné par les hommes de Blaise Compaoré, l’actuel président du Burkina Faso et de Gilbert Diendéré, son actuel chef d’Etat Major particulier. Ce dernier a été élevé au rang de chevalier dans l’Ordre national de la légion d’honneur française lors d’un séjour en France en mai 2008. Pour élucider la mort de ce grand homme, modèle du dirigeant, résolu, intègre, courageux et créatif, le collectif Justice pour Sankara Justice pour l’Afrique a lancé une campagne de signatures.

De nombreux témoignages, souvent en provenance d’anciens compagnons de Charles Taylor, mettent en cause Blaise Compaoré dans l’assassinat de Thomas Sankara, avec la complicité d’Houphouët Boigny, mais aussi de la France, de la CIA et d’autres personnalités africaines.

En avril 2006, le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, saisi par le Collectif Juridique de la Campagne internationale Justice pour Thomas Sankara (CIJS), au nom de la famille, donnait raison aux plaignants et demandait à l’Etat burkinabé d’élucider l’assassinat de Thomas Sankara, de fournir à la famille les moyens d’une justice impartiale, de rectifier son certificat de décès, de prouver le lieu de son enterrement, de compenser la famille pour le traumatisme subi et de divulguer publiquement la décision du comité.

Le 21 avril 2008, le Comité des droits de l’homme de l’ONU, en contradiction totale avec la décision précédente, a clos le dossier sans qu’une enquête n’ait été diligentée. Cette décision ne fait pas honneur à cette institution.

Au sein de la communauté internationale certains font mine de voir en Blaise Compaoré un homme de paix, lui qui, pourtant, est notoirement impliqué dans les conflits au Libéria, en Sierra Léone et dans des trafics d’armes et de diamants pour l’UNITA de Jonas Sawimbi alors sous embargo onusien, et plus récemment dans le conflit qui a déchiré la Côte d’Ivoire.

Cette même communauté internationale nous propose de nous apitoyer sur ce continent pourtant si riche qu’est l’Afrique, tout en travaillant à perpétuer son assistance et sa soumission. En réalité, les vraies raisons des difficultés du continent sont à chercher dans les réseaux internationaux qui fomentent les guerres et les assassinats pour conserver leur mainmise sur les richesses du continent, avec la complicité des pays occidentaux et de certains dirigeants africains.

Plus de 22 ans après son assassinat, Sankara, personnage historique, leader africain de premier plan, représente de plus en plus une référence, comme leader intègre, déterminé, créatif et courageux, précurseur de la lutte pour la défense de l’environnement et la révolution burkinabé est devenu un modèle de développement. Sankara a été assassiné parce qu’il dénonçait la dette odieuse et le diktat des puissances occidentales, mais aussi parce qu’il engageait une politique décidée dans son pays, orientée vers les besoins de son pays, pour la satisfaction des populations de son pays, tout en œuvrant pour le panafricanisme.

C’est pourquoi nous soutenons et appelons à soutenir les initiatives du collectif juridique du la CIJS qui, inlassablement, depuis plus de 12 ans, intente, des actions juridiques aux côtés de la famille Sankara.

Nous demandons l’ouverture des archives des pays que les témoignages désignent comme impliqués, à savoir principalement la France, les Etats Unis, mais aussi la Côte d’Ivoire, le Togo et la Libye.

Nous demandons que s’engage sans tarder une enquête indépendante sur l’assassinat de Thomas Sankara. Ceci est un devoir pour la communauté internationale, un droit pour la famille Sankara, une exigence pour la jeunesse d’Afrique, une nécessité pour l’avenir de ce continent qui ne saurait se construire avec une histoire amputée de la vérité sur un des épisodes majeurs de la fin du 20eme siècle. Nous appelons la jeunesse, les partis démocratiques, le mouvement social en Afrique et au-delà dans les pays du monde à continuer à se mobiliser pour que cette enquête fasse toute la lumière sur cet assassinat et pour que justice soit faite, ce qui serait un grand pas pour mettre fin à l’impunité en Afrique.

Pour signer l’appel,

Vous devez remplir le formulaire qui se trouve sur le lien ci-dessous. Votre adresse mail ne sera pas rendue publique. Mais un mail y sera envoyé automatiquement par notre serveur à l’adresse mail que vous aurez donnée. Dans ce mail, vous trouverez un lien sur lequel vous devrez cliquer pour que votre signature soit confirmée.

http://www.thomassankara.net/spip.php?article866

Contacts : contactjusticepoursankara@gmail.com ; Solidaires/ CADTM Pointe-Noire, Congo Brazaville, jlemvo@yahoo.fr et solasso@yahoo.fr ; Comité Sankara, España, alozano956@hotmail.com ; Collectif Sankara Ile de France, France, collectifthomsank@gmail.com ; Comité Sankara de Montpellier, France, comitesankara@yahoo.fr ; Comitato Italiano SankaraXX, Italie, sankara.italia@gmail.com ; Sankara Tribute (Washington), USA, Sankaratribute@yahoo.com ;Groupe Thomas Sankara de Liège, Belgique, pauline@cadtm.org ; GRILA, Groupe de recherche et d’initiatives pour la libération de l’Afrique, Canada, admin@grila.org ;ATTAC Togo, Togo, attactogo@yahoo.fr ; Arbeitskreis Panafrikanismus München (AKPM), Allemagne, sekretariat@panafrikanismusforum.net ; RAID ATTAC Tunisie, Tunisie, fatcham@yahoo.fr ; FNDP (forum national sur la dette et la pauvreté), Côte d’Ivoire, fndp11@yahoo.fr ; RNDD ( Réseau National Dette et Développement), Niger, rnddniger@gmail.com ; Club Sankara du Sud-Ouest, Burkina, sanksudouest@yahoo.fr , CETIM (Centre Europe Tiers Monde), Suisse, cetim@bluewin.ch

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Coulisses de la rencontre Yayi-Sarkozy mardi dernier à l’Elysée : Les 17 minutes de la honte

Conformément au calendrier établi pour la circonstance, le président Boni Yayi en visite de travail et d’amitié en France a été reçu par son homologue français Nicolas Sarkozy. Chose rendue possible grâce à l’intervention personnelle du patron du Groupe Bolloré, Vincent Bolloré sinon Sarkozy avait catégoriquement refusé de recevoir Boni Yayi. S’il est vrai que le faux bond d’il y a quelques semaines, a été cette fois-ci évité, il faut avoir l’honnêteté de dire que l’accueil a été des plus froids et glaciaux. Pour cause, l’entretien entre les deux chefs d’État n’a duré que 17 minutes contrairement à ce qu’ont raconté les sources proches du palais de la République et qui font état de 25 minutes d’échanges. Plus grave, les chaînes de télévision françaises en dépit de la tradition de grande démocratie et donc de liberté d’expression qu’on connaît à la France n’ont pas été autorisées à diffuser les images de la rencontre. Mieux, le caractère bref de la visite de Boni Yayi dans l’Hexagone est la preuve que Boni Yayi est devenu persona non grata à l’Élysée et témoigne du mépris que Sarkozy ressent pour lui. Puisque les derniers événements qui se sont succédés en ce qui concerne les relations entre les deux hommes en disent long sur le dédain que Sarkozy éprouve pour son homologue béninois. En effet, il y a un an de cela, alors que Boni Yayi était en visite de travail et d’amitié en France, c’est au stade qu’il a été reçu par Sarkozy. Après cette humiliation, Boni Yayi n’avait pas toujours compris le jeu de son homologue français et a continué à forcer l’amitié. Se sentant harcelé, Sarkozy a fini par programmer une visite pour le recevoir. Mais alors que les préparatifs allaient bon train, Sarkozy a annulé la visite sous prétexte qu’il aurait un agenda très chargé. Selon des sources proches du Quai-d’Orsay, le malheur de Boni Yayi aurait commencé après le départ du Bénin de l’ambassadeur français Hervé Besancenot du Bénin car à en croire lesdites sources, celui-ci faisait des rapports et fiches tronqués à Sarkozy sur le Bénin compte tenu des relations intimes qui le lient à Yayi. Ce qui faisait que le Bénin avait une certaine considération aux yeux de Sarkozy. Mais avec l’arrivée du nouvel ambassadeur, les rapports sont désormais bien faits, sans enjolivures. Toute chose qui a permis à Sarkozy de connaitre à présent le vrai visage de Yayi et qui justifie par voie de conséquence son attitude dédaigneuse à son endroit. C’est une grande humiliation pour Yayi qui ne semble cependant pas avoir pris la mesure des choses.

On se souvient qu’il y a quelques décennies lors d’un voyage en France, Thomas Sankara, le président burkinabè à l’époque avait refusé de descendre de son avion alors qu’il était déjà sur le tarmac pour la simple raison que c’est un quidam que son homologue français François Mitterrand avait envoyé le recevoir. Il s’est indigné de ce que ce ne soit pas Mitterrand lui-même qui se soit déplacé pour le rencontrer. A défaut de respecter sa personne, Mitterrand se devrait de respecter le drapeau burkinabè qu’il représentait. Boni Yayi qui attend certainement le pire pour revenir de sa léthargie doit aller à l’école de Sankara pour tout au moins soigner l’image du Bénin. Après tout, l’humiliation est le prix à payer par les États africains vu qu’ils ne veulent pas se mettre résolument au travail et préfère faire la manche. On ne veut pas travailler et on préfère la main tendue.

Jean kpingla, Quotidien béninois d’information Le Béninois Libéré

Déclaration du Conseil Africain de Défense des Œuvres Progressistes de KHADAFI (C.A.D.O- KHADAFI)

Héritières et héritiers des glorieuses traditions de lutte des Samory Touré, Tchaka ZouIou, Béhanzin, Bio Guerra, Kaba, Patrice Lumumba, N’kruma, Sékou Touré, Thomas Sankara et autres illustres disparus qui ont fait le sacrifice suprême de leur vie pour l’honneur de l’Afrique et la dignité des peuples de notre continent, les panafricanistes ci-dessous signataires de la présente déclaration,

 ayant constaté avec une profonde amertume la démission de l’Union Africaine et celle de certains chefs d’ETATS Africains dans leur incapacité à résoudre la crise libyenne en toute souveraineté africaine sans l’intervention de l’occident impérialiste et arrogant,

 constatant que sous le prétexte fallacieux de protéger les populations, l’impérialisme international usant et abusant de la couverture du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies a bombardé et détruit pendant plus de six mois les réalisations économiques et socioculturelles de 42 années de Révolution Libyenne sous la direction courageuse et intrépide du Colonel Mouammar AL KHADAFI ;

 ayant compris aujourd’hui que les milliers de morts Libyens (enfants, jeunes vieillards, hommes et femmes) du fait de ce bombardement barbare et aveugle n’ont servis qu’à assouvir la soif pétrolière de l’impérialiste spoliateur et prédateur impitoyable ;

  1. expriment par la présente, leur attachement indéfectible et sacré au droit du peuple Libyen à choisir lui-même ses propres dirigeants en toute souveraineté et en toute indépendance et cela à chaque époque de son histoire ;
  2. refusent de se reconnaitre dans l’interprétation injuste et contre véridique qui veut peindre en noir à 100% les 42 années de gestion du pouvoir par le Colonel Mouammar AL KHADAFI et ce en reconnaissant les graves dérives dont son propre Peuple a été victime du fait de sa gouvernance du pays ;
  3. s’engagent à compter de ce samedi 29 Octobre 2011à se constituer en Conseil Africain de Défense des Œuvres Progressistes de Colonel Mouammar Al KHADAFI, dont la mission essentielle est de :

3.1  faire le bilan critique et objectif de l’œuvre accomplie à la tête de la Révolution Libyenne en 42 années afin de faire la part entre ses erreurs à dénoncer et ses œuvres progressistes qui devront être sauvegardées, défendues et promues dans la conscience militante des peuples Africains en général et de la jeunesse en particulier pour préserver le flambeau du panafricanisme qui doit nous conduire inexorablement à l’avènement des Etats-Unis d’ Afrique qui n’est plus un rêve mais une exigence de notre époque qui est celle de la mondialisation et de la globalisation dans laquelle les micro-Etats ¬Nations hérités de la colonisation n’ont ni place ni perspective ;

3.2  susciter de chacun des 53 Etats Africains des Comités Nationaux du Conseil Africain de Défense des œuvres progressistes du guide Mouammar Al KHADAFI, au sein desquels les peuples Africains doivent s’organiser pour exiger des – gouvernements Africains de :

a)      décréter dans chacun des 53 Etats Africains une Journée de Deuil National à la mémoire du panafricaniste Mouammar Al KHADAFI ;

b)      baptiser au moins dans chacune des Capitales Africaines au nom du panafricaniste Mouammar Al KHADAFI en vue de maintenir, dans le cœur des jeunes générations, inextinguible la Flamme Panafricaniste des Kwame N’khumah et Lumumba.

En avant pour l’avènement des Etats-Unis d’ Afrique Aujourd’hui et Maintenant !

Ouvrons tous pour la construction d’une Afrique Libre, souveraine, moderne et solidaire dans la Mondialisation et la Globalisation !

Le Conseil Africain de Défense des Œuvres Progressistes de KHADAFI (C.A.D.O- KHADAFI)

S’unir ou périr ensemble : quel choix pour l’Afrique ?

Les conditions de la mort de Kadhafi auront fait de lui un héros aux yeux de la grande majorité des peuples africains, n’en déplaise aux maîtres du monde qui ont droit de vie et de mort sur les dirigeants des pays faibles. Il repose désormais, dans nos mémoires, au Panthéon des combattants pour la dignité de l’Afrique à côté de Patrice Lumumba, Barthélémy Boganda, Kwamé Nkrumah et Thomas Sankara et son sang fertilisera cette terre d’Afrique pour que germent une conscience et une résistance à toute épreuve. Son assassinat résulte du croisement de deux objectifs parallèles, l’un interne et l’autre externe, qui ont fini par fusionner pour être offerts au monde sous des aspects digestes.

Le premier objectif de sa mort programmé est dévoilé dans le premier discours du chef du CNT au lendemain de son assassinat : le rejet de la charia par Kadhafi et son refus de s’en servir comme boussole à la constitution Libyenne. Kadhafi a lutté pour une Lybie aux valeurs républicaines, une Lybie moderne libérée des corsets de la religion. Il a été un rempart inébranlable contre la contagion de l’intégrisme religieux qui frappe bruyamment
aux portes des pays arabes et les dérives idéologiques subséquentes. Le rempart a fini par céder face au déferlement torrentiel de l’incontinence religieuse qui peut à présent faire tranquillement son lit avec la bénédiction des parrains occidentaux.

Le deuxième objectif est à rechercher dans son refus d’être un esclave docile qui se satisfait de sa condition et dont l’esprit n’est effleuré par quelque idée d’affranchissement. Le tort de Kadhafi c’est d’avoir voulu rompre les chaines de la servitude en poussant l’outrecuidance à contester l’hégémonie des maitres du monde. Les bases de l’Unité Africaine qu’il a jetées, le premier satellite africain RASCOM financé à concurrence de 300 Millions de Dollar sur un total de 377 Millions, le projet de création d’un Fonds Monétaire Africain qui accélérerait la Fédération des Etats africains pour les libérer des dicktats du FMI sont autant de crimes de lèse-majesté qui ont signé son arrêt de mort depuis les bureaux de Washington et de l’Union Européenne.

Loin de moi l’idée d’épiloguer sur les fondements internes et externes de la  déstabilisation de l’Afrique, fondements sur lesquels je suis amplement revenu déjà et auxquels la presse digne a d’ailleurs consacré de nombreux papiers. Je voudrais plutôt faire remarquer, dans une analyse diachronique, la similitude de la fin tragique réservée aux combattants pour la liberté de l’Afrique.

Le 30 juin 1960, à la cérémonie de célébration de l’indépendance du Congo, après le discours paternaliste et condescendant à l’égard du peuple congolais prononcé par le Représentant du Roi Belge auquel répondait en écho celui d’allégeance du président Kasavubu, Patrice Lumumba, dont l’intervention n’était pas prévue, prit la parole pour restaurer la Dignité de son peuple.

« […] Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop  douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire ».

En effet, là où le représentant du roi Léopold II infantilisait les dirigeants du peuple congolais en leur demandant de ne pas remplacer par des reformes hâtives les organismes que leur remettait la Belgique et qui rencontrait l’adhésion de Kasavubu, Lumumba répondit par un discours révolutionnaire rythmé par les maîtres- mots Indépendance, Egalité, Lutte, Humiliant esclavage. Son intervention,  loin d’être belliqueuse, s’inscrivait dans une perspective de recadrage du sens d’une cérémonie qui était en train d’être vidée de sa « substantifique moelle ». Il rappela simplement que le Congo, devenu désormais indépendant, se refuse de continuer avec « des paradigmes » de la colonisation par le maintien des lois iniques qui assurent la pérennité du pacte colonial. Dès lors, il a toute la latitude d’initier des reformes institutionnelles et de tracer des perspectives d’avenir pour ses concitoyens. De plus, fort de son indépendance acquise dans la lutte et en vertu des lois internationales, le Congo n’est plus un Etat vassal, mais un Etat à part entière comme la Belgique avec laquelle il entend entretenir des relations d’amitié.

Le refus à la Christophe d’un « pouvoir sans croûte ni mie » ne pouvait que sonner le glas aux ambitions révolutionnaires d’un homme. La suite, nous la connaissons. Lumumba a été arrêté par les Américains et les Belges puis livré au sécessionniste Tchombé qui n’a eu aucun mal à le tuer et à dissoudre son corps dans de l’acide. Ce fut le même scénario en Lybie.

Le 24 Mai 1963 au sommet de l’OUA à Addis Abeba dans un discours à valeur de supplique, Kwamé Nkrumah lance un appel de pied à ses pairs face à l’urgence de réalisation de la fédération des états africains avant que les occidentaux n’exploitent leurs divergences pour éloigner par des manœuvres mesquines la réalisation d’un tel projet qui sortirait l’Afrique de l’ornière. Dans cet extrait que je vous propose, il fait une lecture lucide des indépendances africaines : « Sur notre continent, il ne nous a pas fallu longtemps pour découvrir que la lutte contre le colonialisme ne prend pas fin lorsqu’on a réalisé l’indépendance nationale. Cette indépendance n’est que le prélude d’un combat nouveau et plus complexe pour la conquête du droit de diriger nous-mêmes nos questions économiques et sociales, en dehors des entraves écrasantes et humiliantes de la domination et de l’intervention néocoloniale ». Dès lors, des manœuvres souterraines vont être menées en vue d’amener certains chefs d’Etat à se désolidariser du projet, mais aussi pour déstabiliser le régime de Kwame Nkrumah.

Le 24 Février 1966, alors qu’il était en visite en Chine, un coup d’Etat est perpétré au Ghana qui le pousse à l’exil en Guinée et il meurt le 27 Avril 1972 à Bucarest. Vous y voyez vous une différence notable avec Kadhafi ?

Le 17 Novembre 1986, lors du dîner offert au président français François Mitterrand à l’occasion de sa première visite au Burkina Faso, Thomas Sankara prononça un discours dont les revendications provoquèrent l’ire de son hôte et donnèrent le prétexte à la machine à tuer de se mettre en branle. Lisez plutôt :

« […] C’est dans ce contexte, Monsieur François Mitterrand, que nous n’avons pas compris comment des bandits, comme Jonas Savimbi, des tueurs comme Pieter Botha, ont eu le droit de parcourir la France si belle et si propre. Ils l’ont tâchée de leurs mains et de leurs pieds couverts de sang. Et tous ceux qui leur ont permis de poser ces actes en porteront l’entière responsabilité ici et ailleurs, aujourd’hui et toujours ».

Thomas Sankara n’aurait pas dû dénoncer si vertement le parrainage de la France dont bénéficiaient Jonas Savimbi et Pieter Botha qui ont plongé, pour l’un, son pays dans une guerre qui a duré 25 ans, et pour l’autre, maintenu les noirs d’Afrique du sud dans la politique d’Apartheid. Il n’aurait pas dû interpeller avec « grand mépris » le président français dans une formule d’appel si peu apparentée à l’orthodoxie françafricaine.

Le 15 Octobre 1987, par un coup d’état dirigé par celui qu’il appelait son frère, Thomas Sankara est assassiné froidement jetant ainsi aux calendes grecques les espoirs d’une révolution prégnante. Le schéma burkinabè est-il fondamentalement différent de celui de la Lybie ? , la France se proposa de recevoir tous les chefs d’Etat africains autour d’une grande manifestation avec défilé de toutes les armées nationales. La farce de Nicolas Sarkozy qui consistait à se faire passer pour le président d’un continent qui est entouré de ses sous-préfets était tout trouvée.

Laurent Gbagbo décline l’invitation et toute la classe politique française ainsi que la presse hexagonale ruent dans les brancards. Bien avant cela, il décide de créer des usines de transformation du café et du cacao ce qui à terme constitue une menace pour les industries Suisse, Française et Américaine de chocolat. Des années avant, il proposa à ses pairs à un sommet de l’OUA le prélèvement d’un montant sur le revenu à l’exportation de nos matières premières. C’en était trop pour le président d’un pays à partir duquel la France boucle son budget et qui veut ainsi assécher le marigot par des reformes « hâtives ».

Une rébellion est créée le 19 Septembre 2002 qui peine à assouvir l’attente de la Métropole. Lasse d’attendre, elle se jette elle-même dans l’arène avec ses forces spéciales dans une union de corps avec l’ONU et l’infortuné Gbagbo est renversé le 11 Avril 2011.Au contraire des autres, Gbagbo n’a pas été tué parce que Dieu l’a préservé pour des raisons qu’il est le seul à savoir.

Toutes ces tragédies que nous venons de passer en revue posent la problématique du contenu réel de nos indépendances aujourd’hui, mais en même temps elles rendent impérieux l’avènement d’une solidarité africaine agissante, d’une unité et ce n’est pas utopique d’y croire. Mieux cela actualise plus que jamais l’interpellation de Kwame Nkrumah dans son discours du 24 Mai 1963 à Addis Abeba : « Notre objectif, c’est, maintenant, l’unité
africaine. Il n’y a pas de temps à perdre. Nous devons maintenant nous unir ou périr. Je suis certain que par des efforts concertés et notre ferme propos, nous allons jeter ici même les fondations sur lesquelles s’élèvera une union continentale des Etats africains ».

Si des présidents comme Wade pouvaient cesser de torpiller la solidarité africaine en arrêtant de pousser le ridicule jusqu’à aller rencontrer les rebelles du CNT à Benghazi dès le déclenchement de la crise Libyenne et à affirmer à la Cassandre que la bataille d’Abidjan aura lieu alors que le groupe de contact de l’Union Africaine était au travail. Si des chefs d’Etat comme Blaise Comparé pouvaient cesser de s’illustrer négativement en affirmant sur le perron de l’Elysée qu’il s’occuperait personnellement de la crise ivoirienne. Si des chefs d’états comme Good Luck Jonathan pouvaient cesser d’être des pyromanes chaque fois qu’ils agitent leur armée exterminateur appelée Ecomog. Hélas ! Mille fois hélas !

Quand on regarde les agissements de ces personnalités et qu’on mesure la grande traîtrise des fils d’Afrique qui sacrifient des vies humaines sur l’autel des ambitions politiques, on ne peut que joindre notre voix à celle d’Edem Kodjo pour dire : «…Honte de devoir, une fois de plus, assumer le sang d’un innocent comme le passage obligé d’un transfert chaotique du pouvoir dans une Afrique qui se goberge et se prélasse dans les voies de fait et dont la pratique politique paraît souvent si éloignée de ses traditions ancestrales d’humanisme et de solidarité…». (Mort, où est ta victoire ? J.A n° 1400 du 04 Novembre 1987 sur la mort de Sankara).

Gottha Yves Otché

Professeur de lettres

gotthayvesotche@yahoo.fr

L’Afrique, ses leaders et l’Occident…

Beaucoup d’Africains ont le sentiment de ne pas avoir de raison de vivre en voyant comment les Africains sont traités, mais surtout ce qui arrive aux leaders africains qui tiennent tête aux blancs. On l’a vu avec Patrice Lumumba, on l’a vu avec Nelson Mandela, on l’a vu avec Kwuame N’kruma, on l’a vu avec Thomas Sankara, on l’a vu avec Patrice Lissouba, on l’a vu avec Laurent Gbagbo, et on vient de le voir avec Kadhafi… Le seul point commun que tous ces hommes ont, c’est d’avoir tenu tête à des degrés divers aux occidentaux… Et c’est le « crime » officiel qui les emporte ou qui les maintient longtemps en prison. Mais de là à les placer sur le même podium, je ne le ferai pas car certains d’entre eux ont eu la possibilité de gouverner… Et pour la croyante que je suis, je sais que Dieu ne les juge pas sur la base de leur «entêtement» vis-à-vis des Occidentaux. Chacun d’eux est jugé selon le traitement qu’il a affligé à son peuple et je pense qu’on ne doit pas faire d’amalgame entre « dire non » aux blancs et « bien traiter » son peuple.

Est-ce que les blancs doivent parler et agir pour autant à la place des peuples africains? Non !

Est-ce que les peuples Africains savent faire la différence entre bon et mauvais gouvernant? Pas vraiment, à mon avis!

Nos écrits et nos cris de cœur par contre pour moi, s’avèrent plus un soulagement de LIBRES-INDIGNÉS plutôt qu’une solution magique à réveiller la conscience des nombreux Africains non scolarisés, des nombreux Africains intellectuels mais alimentaires, des nombreux intellectuels dont l’intellectualisme ne voit le bien que dans leurs tribus respectives, des nombreux politiciens instrumentalisés à souhait pour ne jurer qu’au non d’un individu fut-il leader de parti…

NB 1 : Je confesse que SEUL DIEU EST FORT ou alors, c’est Dieu qui est fort… Que les petits dieux de la terre, toutes races confondues le sachent…  ONLY GOD IS POWERFULL… ONLY GOD KNOWS WHAT IS TRUTH AND WHAT IS LIES… ONLY GOD KNOWS WHAT IS WRONG AND WHAT IS RIGHT…

NB 2 : Satan dans son règne sur terre, maltraite, pille, tue et amasse au détriment des plus faibles. Que chacun fasse l’effort pour avoir le soutien de Dieu dans toute épreuve… Car la différence se situe entre le soutien et l’abandon de Dieu, face aux forces sataniques terrestres…

Je m’incline devant lui pour dire: « que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel… »

Dieu bénisse et restaure la Côte d’Ivoire!

Dieu bénisse et restaure l’Afrique!

Rosalie Kouamé «Roska»

Ingénieur en Management, Leadership & Strategy Development

Activiste de la Paix, des Droits de l’Homme, de l’Education, de la Culture, de Jésus et des lois Divines

Présidente Fondatrice – Fondation Roska

Afrique : la saga des imbéciles heureux !

Ils ont le vent en poupe. Ils sont même dans la poupe du vent. Ils sont tous des frères dits de lumière. Ils sont les plus écoutés, les seuls à être écoutés, et ils se donnent en spectacle dans la presse nationale et internationale ou lors des sommets organisés par les puissances colonialistes. Ils connaissent l’ataraxie, bien rarissime, bonheur inépuisable, bonheur parfait, à l’état brut.

Voyage de plaisance par-ci voyages inutiles par-là, la collaboration avec l’agresseur est leur credo. Et pourquoi pas ? La collaboration reste le business le plus rentable de nos jours. Juste quelques investissements sous la forme d’applaudissements accompagnant les coups de canon et alors la récompense tombe : Président de Conseil National de Transition, Chef de l’Etat reconnu par la Communauté Internationale, la Seule Autorité légitime du pays, Chef de la Révolution, et j’en passe.

Mais ne pleurez pas devant ce triste spectacle. Ces spécimens éhontés qui font la pluie, le beau temps et les malheurs de l’Afrique, ce ne sont que des imbéciles heureux !

Ce n’est pas une injure. L’imbécile heureux, est un concept philosophique qui désigne une personne qui est heureuse par ignorance, heureuse parce qu’elle croit qu’elle sait alors qu’elle ne sait pas, heureuse parce qu’elle n’est pas consciente qu’elle est malheureuse ou qu’elle le sera si elle demeure dans la situation qui la rend heureuse. C’est donc un imbécile candide, naïf, superficiel, aux allures égoïstes, au triomphe saisonnier, à l’avenir précaire.

Et ils pilules partout. Imbéciles heureux, téméraires et nombreux au Sénégal. Imbéciles heureux, patriarches et conservateurs, au Cameroun. Imbéciles heureux, naïfs et sous lettrés en RD Congo. Imbéciles heureux, terroristes et renégats en Libye. Imbéciles heureux, voyous, voleurs et apatrides en Côte d’Ivoire. Imbéciles heureux, tout simplement imbéciles et heureux au Togo, etc. etc. Il y en a partout et tous sont nuisibles à l’Afrique.

Ce qu’ils savent sans savoir qu’ils ne le savent pas, c’est qu’ils ne savent pas que le Colon n’a pas d’ami mais des intérêts. Et qu’avant eux, des ancêtres imbéciles heureux ont connu des jours, voire des décennies de gloire pour récompenser leur soumise et arriviste collaboration, lorsqu’il s’est agit d’éteindre la Lumière Patrice Lumumba ou Sékou Touré ou encore Thomas Sankara.

Ils ne savent pas, croyant savoir, que c’est la magouille que l’homme blanc te propose aujourd’hui pour te permettre d’amasser sans avoir semé ou d’amasser ce que le peuple a semé, qu’il va brandir demain pour justifier leur livraison à la potence.

Ce qu’ils ne savent pas en croyant dur comme fer que ça n’arrive qu’aux autres, c’est que le collabo du Colon finit toujours au pilori, sauf s’il a la chance de crever d’une opération de la prostate qui a mal tourné.

Dans tous les cas, aucun imbécile heureux ne finit heureux. Cela est une vérité cartésienne.

Alors vivre comme un imbécile heureux, c’est être un imbécile qui trahit la Mère Afrique par arrivisme politique. Etre un imbécile heureux, c’est rechercher le bonheur de soi, de ses proches parents et amis, en détruisant celui de la multitude. Etre imbécile heureux, c’est applaudir quand les bombes sont larguées sur la tête d’un pays autrefois ami mais trahi pour s’offrir un court instant de corruption morale et de reconnaissance internationale.

Etre imbécile heureux, c’est s’appeler fratricide, puis livrer le son pays, à la françafrique. Etre imbécile heureux, c’est se faire passer pour un Universitaire, bardé de diplômes et être comme on est devenu, un juriste ou économiste ou ingénieur qui fait la honte de la jeunesse africaine qui a cru en cette noble discipline qui est la sienne. Et les autres, vous vous reconnaîtrez, êtes tous les mêmes. Incompétents, sans aucune vision, incapables de penser un développement réel et réalisable, mais heureux d’être ce que vous êtes, là où vous êtes.

Je ne vous insulte pas. Je ne fais que philosopher. Dans tous les cas, être un imbécile et heureux, n’est-ce pas le but de notre existence ? Sinon, pourquoi faites vous ce que vous faites à l’Afrique ?

Alors imbéciles et heureux, vous l’êtes, et permettez que j’en parle. Et ce ne sont pas vos yeux rouges de rage et de colère qui m’en dissuaderont. Car un lion, est lion. Et un chien, reste un chien. Alors un imbécile heureux, ne reste qu’un imbécile heureux.

Et ne venez pas vous plaindre chez moi. Je n’ai pas inventé la Philosophie. Regardez du côté de la Grèce.

Je vous vois. Et nous vous connaissons étant comme tels. Tous heureux comme des verres de terre, pour avoir trouvé un peu de poussière et d’eau, du côté de l’envahisseur, ennemi de la Dignité de Mon Afrique !

Et pourtant vous n’êtes point heureux, pour ce que je sais. Obligés comme vous êtes d’user de dictature, de mensonge, de simulacres, de prestidigitations, pour abuser de la naïveté de cette multitude dont la bonne foi en a fait une proie électorale à la merci de ces imbéciles heureux sans vergogne.

C’est pourquoi la Lumière de la Révolution Permanente ne s’éteindra plus jamais. Et tous parviendront à la lumière afin que vos beaux jours deviennent des cauchemars et des totems de famille ou de clans. Ce n’est pas une menace. Je ne fais que vous prédire un destin à court terme. Car l’Afrique en a besoin.

A très bientôt.

Hassane Magued

Interview Lynx.info et Komla Kpogli (Secrétaire Général de la J.U.D.A)

Komla Kpogli (Secrétaire Général de la J.U.D.A)

Lynx.info : Finalement la France revient cette fois-ci de force dans son pré-carré avec la Côte d’Ivoire. C’est ca aussi votre avis Rodrigue Kpogli ?

Kpogli : La France n’est jamais partie d’Afrique depuis qu’elle y a mis les pieds. Elle ne partira pas d’Afrique aussi facilement. Il faut que les africains se le mettent bien dans leur tête. La France et l’Occident plus généralement n’utilisent alternativement que la ruse et la violence selon les objectifs à atteindre. Comme le disait Jacques Foccart, l’Afrique doit être l’arrière-cour de la république comme l’Amérique latine l’est pour l’Oncle Sam. Nous avons dit et répété que la France est un grave danger pour les africains. Aujourd’hui, une infime part de ce danger et un petit bout des actes de la France en Afrique dessillent les yeux de certains africains qui ont jusqu’ici dormi en toute tranquillité. Et, voilà que nombre de ces africains qui ont toujours aimé le maître plus qu’eux-mêmes s’aperçoivent de quelque chose. C’est bien, car mieux vaut tard que jamais. Qu’ils soient les bienvenus dans le monde réel où nous étions parfois bien seuls à crier et à être ainsi traités de radicaux, de communistes, d’extrémistes, de fous, de haineux et d’illuminés.

La France s’est toujours comportée en maître des lieux en Afrique et c’est nous africains qui y sommes des étrangers. C’est cela la dure réalité, même si certains continuent de faire semblant de ne pas la voir. D’aucuns préfèrent jouer aux ignorants heureux, oubliant manifestement que le bonheur dans l’ignorance conduit inexorablement au suicide. Sans exagérer, 99% d’africains croient s’inventer un autre statut en refusant de voir l’état dans lequel notre peuple est réellement. Pourtant, voir cette réalité en face, c’est chercher à se doter des moyens pour notre libération. Depuis des siècles, la France humilie les Noirs. Elle les immobilise. Elle les massacre dans les territoires du Cameroun, du Togo, du Tchad, du Gabon, du Congo, du Niger, du Nigeria, de Centrafrique, de Côte d’Ivoire, du Rwanda….Lorsque la France ne veut pas directement les massacrer, elle délègue son autorité aux Oncles Tom tropicaux. Elle institue des dynasties un peu partout pour humilier notre peuple. Elle pille allègrement et avec mépris, elle répand qu’elle est en Afrique pour jouer le rôle d’Emmaüs. Donc, ce pays, nous ne devons pas seulement avoir une méfiance à son égard. Nous devons surtout le combattre, car c’est lui qui se cache derrière tous ces régisseurs coloniaux affublés du titre de dirigeants et qui renverse ou assassine tous les patriotes africains. Avec ce qu’elle vient d’accomplir en Côte d’Ivoire, le message qu’elle envoie est on ne peut plus clair : la France reste une puissance africaine et entend la demeurer, et quiconque osera la défier sera puni. Ce qui signifie que tant que la France et l’Occident seront en Afrique, il n’y aura ni paix ni développement. Mais pour combattre ce pays, nous devons savoir de quoi il est capable, ce qu’il a fait dans ses territoires africains hier, ce qu’il y fait actuellement et ce qu’il pourra y faire demain. Nous devons tirer toutes les leçons de l’histoire, de notre histoire, pour ne pas commettre certaines des erreurs qui ont coûté la vie à beaucoup de nos leaders anticolonialistes. Sans cette étude méticuleuse qui va conditionner notre méthode de lutte et nos moyens d’action, on est vaincu d’avance.

Lynx.info : L’argument avancé par la France et l’ONU d’apporter la démocratie et les libertés tient-il la route?

Kpogli : Ecoutez, la France et les pays occidentaux n’ont jamais milité pour les peuples tiers. Aucun peuple ne travaille pour le bonheur des autres. Dans l’histoire de l’humanité, seuls les noirs ont autant servi les autres et ceci à titre gratuit sous les coups de fouets et des injures. Les pays occidentaux adeptes de la philosophie individualiste multidimensionnelle ne peuvent, ni par essence, ni par destination, travailler pour la liberté des tiers. La classe politique française étant l’une des plus prostituées au monde, la démocratie et les libertés pour les africains ne la concernent pas. La France a toujours soutenu les pires dictateurs en Afrique. Elle est l’un des pays les plus négrophobes au monde. Il suffit de lire ses plus brillants intellectuels et ses gouvernants depuis le XVIIè siècle. Sarkozy ne déroge pas à cette règle républicaine du mépris à l’égard des africains. Le reste n’est que sophisme. Pour ce qui est des élucubrations démocratiques de l’ONU, seuls les aveugles ne souhaitent pas voir le rôle de cette institution en Afrique. Qu’a-t-elle fait de Lumumba, par exemple? Ne l’avait-il pas liquidé? Relativement à la Côte d’Ivoire, l’ONU a mis ses avions au service des rebelles de Ouattara pour transporter des tonnes d’or pillé dans le nord du territoire via le Ghana. Cet or vendu à Anvers, en Belgique a servi à Ouattara et à la France à équiper en armes les criminels de guerre stationnés dans cette zone. Et ces armes étaient transportées par les avions de l’ONU. Ceci n’est pas nouveau, des avions de l’ONU ou des prétendues ONG ont déjà livré des armes et des bombes « humanitaires » à des seigneurs de guerre dans d’autres territoires africains et ailleurs dans le monde. Le nègre domestique Hamadoun Touré, porte-parole de l’ONUCI était parfaitement au courant de ces choses, lui qui donnait souvent de la voix contre ce qu’il appelait « le clan Gbagbo ». Le peuple noir veut sa renaissance et les hologrammes comme Hamadoun Touré sont pour la remise sur pied du corps des « tirailleurs sénégalais ». Mieux, Touré et ses imitateurs Soro Solo, Turbice Koffi, Venance Konan, Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly, pour ne citer que ces individus, se frottent les mains de voir la métropole faire le boulot que les nouveaux tirailleurs sénégalais auraient dû faire s’ils avaient été plus courageux. Alpha Blondy qui demandait il y a quelques années à l’armée française de s’en aller d’Afrique, revient dire aujourd’hui qu’il est « soulagé de la fin de la crise». Autrement dit le rasta qui a déjà affirmé que Thomas Sankara a été tué par ses frères alors que cet assassinat est bien le fait de la France qui depuis lors ne cesse de protéger Blaise Compaoré, est soulagé de voir l’armée française « mettre fin à la crise ». Quant à Tiken Jah Fakoly, lui le chantre autoproclamé de la lutte contre la françafrique, il est content que la françafrique triomphe mais cette fois-ci c’est la bonne françafrique car elle oint à présent un dioula. Alpha Blondy, artiste, au demeurant réaliste depuis ses débuts, n’est pas moins dans cette logique ethnique qu’il dénonçait pourtant.

Comme beaucoup d’africains adorent souvent ce qui les blesse et les tue, on continue d’invoquer l’ONU et tous les instruments de la boîte à outils des Occidentaux à l’instar de la mythique communauté internationale. L’ONU n’est rien d’autre qu’une instance permettant aux européens et à leurs cousins occupant l’Amérique de donner des simulacres de légitimité et d’humanisme à leurs entreprises criminelles partout dans le monde. Le pouvoir de décision à l’ONU appartient à ces pays au sein du Conseil de sécurité. Depuis l’adoption de la charte des Nations Unies, pas moins de 67 guerres d’agression ont été menées par ces seuls pays. Ce sont des fauteurs de guerre armés et surarmés dans le dessein de braquer et saigner aux quatre veines les autres pays sans qu’il y ait riposte. L’Assemblée générale n’est qu’une chambre d’enregistrement. Il ne faut plus que les africains soient impressionnés par l’évocation des outils comme l’ONU qui a d’ailleurs menti effrontément en mars dernier à propos de l’inexistante livraison de trois hélicoptères par le Bélarus à l’armée nationale de Côte d’Ivoire. Ce sont les mêmes pays qui agissent, même si parfois la Chine et la Russie également membres du Conseil de sécurité sont plus réticentes non pas parce qu’elles seraient des « amis », mais parce qu’elles auraient aimé un peu plus de justice dans le partage. Le plus souvent d’ailleurs, la position de ces deux pays se traduit par un feu orange voire vert-clair de l’abstention : ce fut le cas concernant la résolution 1973 de la France autorisant les bombardements et la destruction de la Libye.

En clair, il faut se mettre bien dans la tête que la toute puissance des maîtres ne va pas se convertir en toute bonté parce que les africains le désirent. Le reste n’est que propagande de mauvais goût.

Lynx.info : ….. Nicolas Sarkozy se lave les mains comme Ponce Pilate et dit ce sont les africains qui voulaient que la force Licorne bombarde. N’a t-il pas raison ?

Kpogli : Sarkozy voulant bombarder la Côte d’Ivoire a utilisé son pupille Alassane Ouattara pour qu’il en fasse une demande. Cette démarche a été confortée par la prétendue lettre de Ban-ki Moon adressée à Sarkozy, le cowboy africain, afin qu’il mette les forces Licorne en action. Ce sont de petites combines qui ne changent rien au fait que la France, en dépit de ses dénégations tardives, ait capturé le président Laurent Gbagbo après d’intenses bombardements. L’ambassadeur de France, Jean-Marc Simon était personnellement aux commandes de l’opération du 11 avril 2011. Ouattara et Soro n’ont été que des rabatteurs qui ont certes leur responsabilité. Mais celle-ci ne doit en aucun cas nous éloigner des vrais auteurs de la destruction de la Côte d’Ivoire, des massacres et du kidnapping du président Gbagbo. Désormais, il faut que nous apprenions à écrire notre histoire, ceci afin de ne plus nous contenter d’avaler gloutonnement ce qu’on veut nous faire croire. La France est spécialiste dans la réécriture des faits criminels qu’elle commet en Afrique. Souvenons du Rwanda où elle est allée jusqu’à s’attribuer le beau rôle du sauveur malgré ses actes. Bien sûr, la France et les Occidentaux ont toujours sauvé les Noirs. C’était le cas lorsqu’ils allaient capturer les noirs durant quatre siècles sous prétexte de les sauver de l’enfer africain pour les amener enchaînés dans les cales des bateaux au paradis des îles et d’Amérique où les travaux forcés et les coups de fouets leur ouvraient la voie des cieux. Souvenons-nous des opérations de soustraction des documents des archives au Togo en 2005 à la mort d’Eyadema, en Centrafrique à la chute de Bokassa…par la DGSE. Ce sont des opérations visant à réécrire l’histoire. Et la France procède toujours de la même façon.

Dans le cas de la Côte d’Ivoire, il y a des complices, c’est indéniable. Mais ceux-ci ne sont rien sans l’auteur principal qu’est la France dont la classe politique est toujours soutenue dans ses basses œuvres en dehors de ses frontières, notamment en Afrique par une cohorte de journalistes plus chauvins qu’analystes et plus soumis aux intérêts financiers dans des organes de presse appartenant aux marchands d’armes Lagardère, Dassault et aux requins tels Bolloré et Bouygues qu’à la tâche d’information à laquelle ils se disent attacher.

Lynx.info : Pour certains Africains, Laurent Gbagbo était un dictateur, à la limite, un Hitler tropical. C’est ça aussi votre avis?

Kpogli : Cela fait doucement rigoler. Quand on ne connaît pas l’histoire de sa propre famille, encore moins celle de son territoire de provenance, prétendre connaître celle de l’Europe qui a connu Hitler, ne peut que procéder par la fraude et par des comparaisons hasardeuses. A ces cancres, il faut dire simplement qu’ils ne savent donc pas ce que c’est que l’hitlérisme. Mais comme les cancres osent tout, ils disent aussi que le président Gbagbo fut un fasciste tropical. Ceux-ci sont ni plus ni moins que des perroquets imitant bêtement le maître, Jacques Chirac- cité dans plusieurs affaires de corruption- qui avait fait cette comparaison en 2004 à l’égard du pésident Gbagbo. Comme bien d’africains n’aiment pas réfléchir par eux-mêmes, le mimétisme bovin reste leur seul issue.

Si le président Gbagbo était un Hitler ou un Mussolini tropical, alors nous ne savons pas ce que sont des contremaîtres comme les Gnassingbé, Sassou, Déby, Bozizé, Guélleh, Compaoré, Biya et les Bongo qui tuent, pillent, volent, violent, emprisonnent, torturent et soumettent le peuple noir sur leur gouvernorat respectif. Ces proconsuls noirs qui, plus que tout, méprisent le peuple noir et sanctifient le maître. Si le président Gbagbo était le Duce ou le Führer, alors que dirons-nous d’Alassane Ouattara, le banquier qui pue le crime et la mort à grande échelle si bien même que ses alliés objectifs que sont des ONG dites de défense des droits de l’homme et l’ONU n’ont pas hésité à parler de « massacres à grande échelle » et à lui demander de cesser les massacres?

Ce qui est bien avec des africains, c’est que certains prétendent même que le président Gbagbo ait trop duré au pouvoir. Ah oui??? Il a fait 10 ans dont 8 sous une rébellion dans un pays partitionné. Ce qui veut dire que ceux qui ont fait 40 ans pour laisser leur place à leurs enfants après leur décès, ceci n’est pas trop. Certains noirs ont un drôle de logique dans leur manière de voir les choses. 10 serait donc plus grand que 40. Il faut donc détruire celui qui a fait 10 ans et aduler ceux qui ont fait 40 ans, 30 ans, 25 ans avec des élections toujours truquées et douchées dans des bains répétés de sang.

Beaucoup disent aussi que le président Gbagbo a trop tué. Et dès que vous cherchez à savoir davantage, on vous dit qu’il a tué Guy-André Kieffer et Jean Hélène. Ceci veut dire que les noirs sont toujours prompts à se fendre en quatre dès que le malheur touche un Occidental. Mais, ils se foutent des milliers de leurs propres frères qui crèvent sous leurs yeux du fait de la France et de ses hommes de main Ouattara et Soro. Alassane Ouattara est justement de cette classe d’africains qui pleure quand le maître pleure et qui est malade lorsque le maître l’est. Il vient de déclarer dans une interview à La Croix qu’il est très inquiet pour les deux français enlevés à Abidjan. Le sort qu’il fait à des milliers de nos compatriotes ne lui pose aucun problème. Les deux français sont des hommes; ce qui n’est pas le cas des africains en Côte d’Ivoire. Eux, ils peuvent disparaître, ils peuvent être massacrés, ils peuvent être passés tranquillement à tabac. Voilà comment l’esprit de l’Oncle Tom sévit au sein de notre peuple.

Au fond, qui peut savoir, dans un pays où des bandes armées sévissent depuis 2002, celui qui a tué Jean Hélène et fait disparaître Kieffer? Mais non! Le président Gbagbo est décrété auteur de ces actes. C’est lui le méchant. Comme des africains refusent de savoir ce qui se passe autour d’eux, ils n’imaginent pas combien la France, pour atteindre certains objectifs, peut aller jusqu’à tuer ses propres citoyens et l’imputer à d’autres ou le cacher sous le manteau du suicide comme ce fut le cas du juge Borell à Djibouti en octobre 1995.

Donc, disons simplement que le seul dictateur africain en la personne de Gbagbo est chassé. Vive la démocratie de Ouattara, de Wattao, de Fozié, de Soro, de Fofié, de Ben Laden…Ce sont de vrais hommes d’Etat qui ne tuent pas, qui ne violent pas les femmes. Ce sont des colombes envoyées du ciel pour répandre la paix et bonheur sur la Côte d’ivoire. Et, on voit d’ailleurs la paix qu’ils ont apporté. C’est celle du cimetière.

Lynx.info : Alassane Ouattara dit n’avoir pas tué plus que Laurent Gbagbo n’en a tué. Vous le croyez?

Kpogli : Que nous le croyions ou pas, Alassane Ouattara n’échappera pas au jugement de l’histoire. Que ce soit aujourd’hui ou demain, les générations conscientes d’Afrique retiennent ou retiendront qu’Alassane Ouattara n’a jamais été au service de notre peuple et qu’il a été fait proconsul dans le territoire de Côte d’Ivoire par la France qui pour l’installer, a tué des milliers de personnes, bombardé la présidence et capturé celui qu’il veut remplacer à la tête de cette colonie. Se faire installer par le colonisateur signifie ni plus ni moins qu’Alassane Ouattara est un pantin et qu’il ne peut en aucun cas servir notre peuple en Côte d’Ivoire.

Cela étant, il faut dire que ce monsieur n’est pas un assassin débutant. C’est un criminel récidiviste. Il faut savoir qu’il a tué des millions d’africains à la suite des privations de nourriture, de soins de santé, d’éducation, de toits et d’habits imposées par le FMI et la Banque mondiale au travers des programmes d’ajustements structurels qu’il a fait respecter avec la terreur qu’on connaît à ses institutions de Breton Woods. A travers le FMI, Alassane Ouattara et tous les autres serviteurs de la finance internationale ont tué des millions d’enfants africains privés de soins médicaux de base et mis à genou des paysans africains à qui ils ont supprimé tout secours public. Ces paysans cultivent le coton, mais sont condamnés à être nus. Ils cultivent le café et le cacao, mais n’ont jamais goûté ni au café au lait, ni au chocolat. Les paysans africains ont été tués par millions, ils ont eu le dos calciné par la chaleur contre rien. Ils sont endettés parce que le système qui leur a imposé les cultures d’exportation pour engranger des devises pour payer l’odieuse dette africaine ne leur a pas laissé une autre alternative. Et Alassane Ouattara était celui que le FMI avait mandaté pour servir ce poison aux africains. Après que Ouattara ait réalisé tout ceci, il descend dans le territoire de Côte d’Ivoire pour faire et faire faire des massacres depuis 2002. Donc, en matière de crimes, nous ne croyons pas que le président Gbagbo peut approcher le score de ce criminel au sourire mesquin et à la démarche placide digne des meurtriers sans scrupules.

Lynx.info : Etant donné que vous êtes de la jeunesse panafricainiste, que restera t-il du forum de la jeunesse africaine (Cojep) qui avait les mêmes idéaux que votre organisation ?

Kpogli : Briser les murs ne signifie pas tuer les esprits. On peut tuer le corps d’un homme, mais pas ses idées. Donc, les idéaux du COJEP sont vivants et survivront aux personnalités qui les ont élaborés. Les noirs doivent d’ailleurs désormais travailler dans cet esprit. Il faut que quoiqu’il arrive aux dirigeants engagés, la relève puisse être assurée.

Aujourd’hui plus que jamais l’idée de la libération de l’Afrique et de sa reconstruction sur le roc des valeurs négro-africaines revisitées et adaptées au monde tel qu’il est n’a été aussi nécessaire. Ceci est rendu encore plus nécessaire avec les bombardements que la France fait en Côte d’Ivoire et les incessants bombardements de la France et des ses alliés en Libye. Fort de ces faits, travailler à doter l’Afrique, retirée des mains des guignols actuels, des armes des plus puissantes élaborées uniquement avec une intelligence endogène pour sa protection est une exigence existentielle pour notre peuple qui a toujours été l’objet d’agressions meurtrières et de pillages.

Lynx.info : Un mot sur l’UA, la CEDEAO…..

Kpogli : Nous répétons une fois encore que ces instruments ne sont rien d’autres que des outils au service de deux intérêts: l’un, principal, l’Occident et toutes ces déclinaisons et l’autre, accessoire, les intérêts multiformes des préfets et seigneurs locaux.

La CEDEAO est un syndicat de voleurs de suffrage démocratique, un conglomérat de putschistes et une bande d’assassins majoritairement acquis à la France. Ce syndicat du crime, quasi-unanimement issu des rangs de la Franc-maçonnerie vient de s’agrandir avec l’arrivée du « frère » Alassane Ouattara qui n’a pas dérogé aux règles du rituel sanglant. Les mêmes qui voulaient aller en guerre contre le président Gbagbo et qui ont applaudi les bombardements français sont eux-mêmes de grands dictateurs ayant toujours versé le sang de notre peuple. Mais, au nom de la fraternité maçonnique, ils ont le devoir de solidarité à l’égard du frère ivoirien.

Pour ce qui est de l’Union Africaine, il faut savoir qu’historiquement parlant, elle est le triomphe de l’esprit de Monrovia mené par les Houphouët Boigny et Senghor, plus proches et plus à l’aise avec le mépris des maîtres que de leurs frères Nkrumah, Sellasié et Sekou Toure acquis, eux, à la vision continentaliste du groupe de Cassablanca. Donc, l’UA, sous sa forme actuelle, ne peut faire plus que ce qu’elle fait. Elle est une institution mise en place pour bloquer l’élan d’une construction fédérale en Afrique. La seule preuve en est qu’elle maintient l’intangibilité des frontières dessinées à l’équerre et au compas des Occidentaux en 1885 à la conférence de « partage du gâteau africain » à Berlin.

Lynx.info : Merci Komla Kpogli

Kpogli : C’est nous qui vous remercions.

Interview réalisée par Camus Ali

Burkina Faso : Des tirs nourris entendus dans plusieurs villes

(AfriSCOOP ) — Des tirs nourris et quelques détonations ont été entendus dans la nuit de mercredi 27 au jeudi 28 avril à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso soumise à un couvre-feu depuis bientôt deux semaines, et dans d’autres villes du pays, a appris Afriscoop de sources concordantes.

Il s’agit d’une nouvelle mutinerie qui a éclaté dans une caserne de Crs (Compagnie républicaine de sécurité, police) sise au quartier de Dassasgho, dans l’est de la capitale.

Selon des témoins, les tirs nourris d’armes automatiques, accompagnés de quelques détonations, ont été entendus pendant des heures. De nombreux policiers étaient sortis dans les rues du quartier où ils tiraient en l`air.

Le mouvement qui a débuté vers 22Heures (locale et Gmt) s’est étendu à d’autres villes de l’intérieur à savoir Bobo-Dioulasso (sud-ouest) et Dédougou (ouest) où des habitants joints au téléphone ont affirmé avoir entendu des coups de feu venant également des casernes des Crs de ces deux ville.

Il faut signaler que la mutinerie qui touche le Burkina Faso depuis deux mois ne concerne jusqu’à présent essentiellement que les militaires. Ce mercredi, une violente manifestation de commerçants et de jeunes a eu lieu à Koudougou (centre) où la mairie, la résidence du maire et la direction de la police municipale ont été saccagées, pillées et incendiées par les commerçants en colère.

Depuis janvier 2011, c’est toutes les catégories sociales qui s’en sont pris au régime de la IVe république dirigé par le président Blaise Compaoré qui est un ancien militaire arrivé au pouvoir, il y a 24 ans à la faveur d’un coup d’État contre son ancien compagnon d’armes Thomas Sankara.

Ces manifestations très violentes qui ont occasionnées au moins six morts et 45 personnes blessées par balles depuis ont lieu dans plusieurs villes du pays, dont la capitale Ouagadougou où un couvre-feu a été instauré mi-avril, suite aux mutineries de soldats de la garde personnelle de M. Compaoré.

Face à cette série de contestations militaires, des scolaires et des commerçants, Blaise Compaoré a dissout et nommé un nouveau gouvernement. De nouveaux responsables à la tête des armées de terre, de l’air et de la gendarmerie ont aussi été nommés.

Dans une déclaration rendue publique dimanche, les 34 partis d’opposition ont appelé à une « grande mobilisation » le 30 avril 2011 prochain à Ouagadougou contre le régime du président Blaise Compaoré qui depuis 1991, s’est fait réélire quatre fois avec plus de 80% des voix dans des scrutins contestés par ses opposants.

Les journalistes Burkinabè dans la crise ivoirienne : journalisme de pacotille ou des journalistes en pacotille

Journalistes burkinabè, vous qui travaillez pour le compte de Blaise Compaoré, parrain de la rebellion de Ouattara, vous qui détruisez la profession de journalisme par votre course effrénée au gain facile, à la prostitution et à la désinformation.

N’avez-vous pas honte d’avoir à la tête de votre pays un homme qui porte sur ses mains les traces de sang de son ami et frère d’arme Thomas Sankara ?

N’avez-vous pas honte d’avoir à la tête de votre pays et de servir un homme qui porte sur ses mains les traces de sang de votre confrère Norbert Zongo ?

N’avez-vous pas pitié de la famille de David Ouedraogo le chauffeur de François Compaoré décédé d’une mort mystérieuse, décès sur lequel enquêtait votre confrère Norbert ?

Blaise peut redorer mille blasons de négociateur de paix, il sera le même assassin. Sans lui, le Burkina se porterait mieux, très mieux mais hélas !

N’avez-vous pas honte d’avoir à la tête de votre pays  le même personnage que Blaise depuis plus de 23 ans en oubliant bien sûr le coup d’état par lequel il a assassiné votre frère Sankara ?

Vous voilà malheureux burkinabè entrain de jubiler parceque tout simplement Ouattara a fait tuer des milliers d’ivoiriens et fait enlever le président Gbagbo juste pour être président.

Depuis 2002 où la crise a commencé, vous n’avez eu de cesse de critiquer et d’incriminer le président Gbagbo alors que c’était lui qui venait d’être attaqué par le rebelle Ouattara après juste un an d’exercice de pouvoir. Que voulez-vous à la fin ?

Aucun d’entre vous ne s’est jamais posé la question de savoir pourquoi le coup d’état de 2002 alors que Gbagbo était en visite en Italie où il devait rencontrer (le lendemain du putsch manqué) le pape Jean Paul II pour discuter de l’argent de la Côte d’Ivoire placé au Vatican du temps de Houphouët et de la manière dont ces sous seraient rapatriés dans son pays pour le plus grand bonheur de son peuple ?

Vous ne vous êtes jamais posés la question de savoir si c’était à la communauté internationale d’élire à la place d’un peuple son président. C’est normal puisque vous avez à la tête de votre pays un homme qui se fait réélire à plus de 80% alors qu’il est au pouvoir depuis une vingtaine d’années : c’est le parfait exemple du démocrate selon la communauté internationale.

Honte à vous journalistes burkinabè, vous qui avez corrompu la mentalité de vos frères burkinabè et qui depuis lors ne voient en Gbagbo que ce que vous leur faites lire et voir.

Vive la désinformation, la manipulation médiatique, le mensonge et la schizophrénie !

Bande d’attardés, joignez-vous à la presse sénégalaise (qui laisse l’octogénaire Wade torturer la constitution de son pays afin de s’offrir un troisième mandat) et à celle française (qui a toujours été naine à l’image de son président) pour désinformer et prendre parti.

Votre cécité vous perdra.

aymard