Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

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Du printemps arabe à l’été des islamistes

Le traître Moustapha Abdeljalil, Président du Conseil National de Transition libyen, ce conglomérat composé d’anciens tortionnaires, d’opposants politiques et d’islamistes d’Al-Qaeda a annoncé dimanche dernier l’instauration de la charia en Libye. Moustapha Abdeljalil : « En tant que pays musulman, nous avons adopté la charia (loi islamique) comme loi essentielle et toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue« .

Pour le citoyen lambda, les protégés de l’Otan sont donc en train de déraper. Mais, cela n’était-il pas prévisible ? Le pouvoir que les Occidentaux ont mis en place était depuis miné par les islamistes. Sur  les ruines de la ville martyre de Syrte, un Etat islamique s’installera au grand dam des Occidentaux comme le prouve si bien ce communiqué laconique de l’Elysée.

« La disparition de Mouammar Kadhafi est une étape majeure dans la lutte menée depuis plus de huit mois par le peuple libyen pour se libérer du régime dictatorial et violent qui lui a été imposé pendant plus de quarante ans.

La libération de Syrte doit marquer, conformément aux engagements pris par le Conseil national de Transition, le début du processus agréé par le CNT pour établir en Libye un système démocratique dans lequel toutes les composantes du pays auront leur place et où les libertés fondamentales seront garanties.

Comme depuis les premiers jours du soulèvement du peuple libyen contre l’oppression, la France est à ses côtés pour le soutenir dans cette démarche.

Une nouvelle page s’ouvre pour le peuple libyen, celle de la réconciliation dans l’unité et la liberté. »

Des mois qu’on nous gave de fausses nouvelles, de mensonges médiatiques et de manipulations. Toutes ces populations manipulées et conditionnées pour contribuer au renversement de dirigeants soudainement devenus dictateurs pour l’Occident mais qui, s’étaient toujours efforcés de contenir les islamistes et de réduire leur champ d’action. Le « printemps arabe » vendu au monde entier serait-il donc pour faire sortir les islamistes du désert et les installer au pouvoir afin d’instaurer l’anarchie dans ces Etats ?

Les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne ne pouvaient pas ignorer ce risque d’islamisation. Ce «printemps arabe » aura profité aux islamistes qui ont profité pour élargir leur champ d’action. L’Occident pour nous apaiser nous parle déjà d’islamisme modéré. Dans quelques années, quand de réelles dictatures seront installées dans ces pays, ils viendront faire les étonnés.

Obama qui, lors de sa campagne avait promis la création d’un Etat palestinien est aujourd’hui celui là même qui aujourd’hui s’oppose au peuple palestinien en menaçant de bloquer ce projet de son droit de véto et de prévenir l’UNESCO de lui couper les vivres si cette dernière votait en faveur d’une adhésion de l’Autorité palestinienne, comme État membre, à part entière. Pour info, les États-Unis fournissent 22% du budget de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) qui a ouvert mardi à Paris sa conférence générale et a mis à son agenda l’adhésion de la Palestine comme État membre à part entière à l’ONU.

En se référant aux nouvelles de ces derniers mois dans le proche et le moyen orient, les Palestiniens à qui on refuse le droit d’avoir un Etat ne se sentiraient t-ils pas frustrés par cette politique de deux poids deux mesures ? Frustrés, ils se tourneront vers le Hamas qui de facto consolidera son assise idéologique.

Pendant que Abdeljalil annonçait l’instauration de la charia en Libye, les tunisiens eux votaient. Résultat de ces élections tombé jeudi soir, le parti islamiste Ennahda, sort vainqueur avec 41,7% des voix contre 13% pour Moncef Marzouki, l’opposant historique de Ben Ali. L’Egypte quant à elle, n’attend que les élections pour qu’on voit défiler les frères musulmans.

Grâce à cette guerre idiote qui a coûté trois cents millions d’euros à la France et deux milliards de dollars aux Etats-Unis, nous pouvons nous féliciter d’avoir à présent sur le continent un régime de plus réclamant ouvertement la charia comme loi fondamentale. Quand on quitte zero (00) pour moins un (-1), n’est-ce pas une régression ?

aymard

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Tunisie : L’ancien président Ben Ali écope par contumace de 16 années de prison lors d’un troisième procès

L’ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a été condamné jeudi par contumace à 16 ans de prison pour corruption et fraude immobilière, dans deux affaires d’achat et cession de terrains immobiliers au début des années 2000 et 97 millions de dinars d’amende.

L’ancien président tunisien Zine Ben Ali et son gendre l’homme d’affaires Sakher al-Materi ont été condamnés jeudi par contumace à 16 années de prison pour corruption.

Le tribunal a également ordonné aux deux hommes de verser chacun une amende de 97 millions de dinars (49 millions d’euros).

Nisrine Ben Ali, fille de l’ex-président et épouse de Sakher al-Materi, a été condamnée à huit ans de prison et une amende de 50 millions de dinars.

Après plusieurs semaines de manifestations, Zine Ben Ali a pris la fuite le 14 janvier avec ses proches en Arabie saoudite, où il vit en exil.

Ben Ali et son épouse Leila Trabelsi ont été condamnés le mois dernier à une peine de 35 ans d’emprisonnement, chacun pour vol et possession illégale de bijoux et d’importantes liquidités.

L’ancien chef de l’État a également été reconnu coupable de possession d’armes et de drogue dans une procédure distincte.

Il s’agissait du troisième procès à l’encontre du président déchu réfugié en Arabie Saoudite, qui a déjà été condamné à plus de 50 ans de prison dans deux autres affaires jugées fin juin et début juillet.

Les islamistes à l’heure des « révolutions »

Académiquement bien estampillée, la thèse post-islamiste semble se confirmer dans les révoltes qui continuent de secouer le monde arabe. Ces mouvements de contestation non contrôlés, nous dit- on, est l’œuvre d’une génération face-book, sans lien organique avec les tendances islamistes.

L’idée fait sans doute écho à la thèse d’Olivier Roy, corroborée par Gilles Kepel, selon laquelle l’islamisme est bel et bien mort de sa confrontation avec les régimes autoritaires et des tensions qu’il éprouve face à la modernité. Selon le chantre de l’échec de l’islam politique, « L’islamisme est fini, comme solution politique et comme idéologie. Mais les islamistes sont là, et c’est donc la grande inconnue.» A l’en croire Penda Mbow, ces « mutations » doivent beaucoup au combat mené par des intellectuels, notamment des féministes, qui ont su convaincre de la nécessité de reconnaitre la neutralité de l’Etat par rapport à la religion. Refusant de faire feu de tout bois, elle pronostique en faveur des femmes qu’elles jugent mieux à mêmes de chaperonner cette grande œuvre révolutionnaire.
Pourtant rien n’est moins évident que l’absence des mouvements islamistes dans les manifestations qui ont provoqué la chute des régimes autoritaires arabes. Les témoignages de Gilbert Achar et de Patrick Haenni pour le cas de l’Egypte, révèle suffisamment le rôle « significatif » que fut celui des Frères musulmans. Tous les deux ont respectivement retracé dans le Monde diplomatique du mois de mars et sur oumma.com les étapes qui ont marqué l’intervention des islamistes et leur option pour « une transition dans l’ordre », telle que prônée par les Etats-Unis et conformément à leur orientation idéologique. On semble par ailleurs ignorer les interventions télévisées de l’un des plus grands savants égyptiens, Youssouf Qaradawi, l’intervention d’une partie des savants de l’institut AL Azhar et le symbole du vendredi dans l’imaginaire des citoyens qui, bien que sécularisés, n’en demeurent pas moins attachés à leur religion.

Les pays arabes donnent l’impression d’avoir basculé tous et d’un seul trait dans le camp de la modernité politique. Ce nouveau tournant va rompre, aux yeux des tenants du post-islamisme, avec le face à face entre autoritarisme et islamisme pour devenir un combat démocratique. Le discours et la nouvelle posture des leaders islamistes confortent cette attente à l’instar de Rached Ghanouchi qui déclare ne pas être candidat aux prochaines élections présidentielles. L’islamisme turc est présenté comme le modèle toléré dont les figures de l’islam politique devront s’accommoder pour être en phase avec les principes démocratiques. On se soucie moins de savoir ce que ces derniers pensent ou comptent faire après que ce vent de liberté aura fini de dévoiler toutes les options envisageables. Cette tendance visant à disqualifier les islamistes est sujette à de sérieuses réserves et emprunte, à bien des égards, les contours de la simplification et des raccourcis.

Estimée à 20% par Olivier Roy et à 30% par Tariq Ramadan, la force des islamistes dans les pays en ébullition ne saurait échapper à la vigilance des spécialistes dignes de ce nom. Le militantisme l’emportant sur l’analyse, l’on fait fi de ce paramètre oh combien déterminant. C’est d’ailleurs avec beaucoup d’ironie que le leader de la section féminine de l’islamisme marocain, Nadia Yassine aborde la faible représentativité des partis politiques de son pays. Silencieuse sur le nombre de militants que compte le mouvement Justice et Spiritualité, pour des raisons de sécurité, elle envisage une réforme en douceur plutôt que des « césariennes historiques ». Ce raisonnement a guidé l’intervention des mouvements islamistes qui s’inscrit en droite ligne de la théologie d’un classique comme le Cheikh ibn Tayimiyya.

Par rapport au succès relatif du modèle turc qui semble emporter l’enthousiasme de tant d’observateurs, les leaders islamistes rappellent les spécificités qui caractérisent leur contexte sans cacher leur admiration à l’égard de leurs frères. Ni Nadia Yassine, ni Rachid Ghanouchi, encore moins Jamil Mansour ne se figurent le cas turc comme « un modèle clé en main », pour reprendre la figure de proue des sœurs marocaines.

A la différence de beaucoup d’autres spécialistes, François Burgat et Vincent Geisser considèrent que le prisme déformant du discours a depuis très longtemps trahi la vérité des faits. En témoigne l’interminable débat et les nombreuses publications consacrées à Tariq Ramadan. Règle de méthode, Burgat invite ses collèges à se rapprocher davantage des islamistes, de consulter leur bibliothèque au lieu de se limiter à leurs déclarations. Jean François Bayart n’hésite pas dans son ouvrage intitulé l’islam républicain, de traiter le Premier ministre turc de « redoutable animal politique » pour son habilité à surfer aussi bien sur le registre nationaliste que celui de l’islam.

L’on se tromperait nous mêmes sur les raisons de ces travers en les imputant à un défaut de rigueur scientifique. Leur persistance est révélatrice d’un engagement pour une vision autrement plus idéologique que l’idéologie qu’il s’agit de saper.

On est davantage persuadé du poids des rapports de force politico-économiques sur les recherches scientifiques largement tributaires des paradigmes forgés à partir de l’occident. Les média ne pouvant pas, pour des raisons objectives, nous aider à sortir de ce carcan, l’heure de vérité semble encore trop éloignée pour qu’on puisse escompter de ce vent de liberté un meilleur traitement des questions liées à l’islam et à l’islamisme. Le passif intellectuel est suffisamment lourd pour que les chercheurs et autres spécialistes prennent conscience du déni de justice qu’ils pratiquent à l’égard de leur objet d’étude.

Ousmane Abdoulaye BARRO

Titulaire d’un DEA en Science Politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis – SENEGAL

Ousmaneabdoulayebarro@yahoo.fr

Tunisie : La Vigilance et la Mobilisation Populaire doivent se poursuivre jusqu’à la victoire décisive de la révolution

Dans son allocution du 3 mars dernier, le président par intérim a annoncé l’abandon de la feuille de route qu’il avait annoncée au lendemain de la chute de Ben Ali, c’est-à-dire l’abandon de l’organisation des élections présidentielles, dans le cadre de la constitution actuelle. Il a désormais annoncé la nécessité d’élire une assemblée constituante le 24 juillet prochain qui « sonne la rupture avec l’ère ancienne ».

Le président par intérim a également confirmé que lui et le gouvernement de transition, à la tête duquel il a désigné Béji Caïd Sebssi, demeuraient au pouvoir jusqu’à ce que l’assemblée nationale constituante entame ses fonctions. Par ailleurs, il a annoncé qu’une instance dite « instance de réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique » allait se charger de préparer le texte de loi régissant l’élection de cette assemblée.

Le parti communiste des ouvriers de Tunisie, tient à s’adresser au peuple tunisien au sujet de ces annonces :

1- La reconnaissance du président par intérim de la nécessité d’élire une assemblée constituante pour préparer une nouvelle constitution, est une nouvelle victoire du peuple tunisien et de sa révolution, particulièrement pour les centaines de milliers de tunisiennes et de tunisiens qui ont organisé les sit-in, manifesté et offert des martyrs pour faire chuter le gouvernement Ghanouchi qui a fait perdre un temps précieux au peuple tunisien.

2- Cette victoire demeure menacée en dépit de son importance. La feuille de route annoncée par le président intérimaire pour aboutir à une assemblée constituante est floue et minée d’autant qu’il ne s’est aucunement concerté avec les forces politiques et civiles attachées à la révolution et à ses objectifs. Si cette feuille de route n’est pas révisée, elle risque de permettre aux ennemis de la révolution de revenir aux affaires sous les slogans de la révolution.
3- L’élection d’une assemblée constituante consacrant la volonté du peuple et de sa révolution politique, sociale et nationale, mettant définitivement fin à la tyrannie, exige :

–  Un accord sur la date des élections pour éviter toute précipitation, permettre aux forces politiques une meilleure préparation, mais aussi pour que le peuple tunisien participe pleinement à ces élections. Il s’agit tout de même de la mise en place d’une nouvelle constitution, qui portera des défis multiples et variés et qui définira les modèles politique, social et culturel à venir en Tunisie.

–  Prendre des mesures concrètes pour permettre au peuple tunisien de jouir de la totale liberté d’exercer ses droits, aux forces politiques de faire connaître leurs positions, leurs opinions sans pression ni répression. Parmi ces mesures :

* La dissolution de la police politique, la poursuite de ceux qui parmi ses membres seraient impliqués dans des actes de tortures et d’assassinats.

* L’abrogation des lois contraires aux libertés ou du moins leur suspension : lois régissant les associations, les partis, les réunions, les manifestations… La mise en place de dispositions provisoires garantissant l’ensemble des ces libertés et permettant la reconnaissance des partis et associations qui le souhaitent.

* Assainir l’administration des figures de la tyrannie et de la corruption, par la nomination, par concordance, de nouveaux responsables à la tête des gouvernorats et des délégations, vu l’influence de ces fonctions dans le processus électoral.

* Assainir l’appareil judiciaire des symboles de la tyrannie et de la corruption, avec le concours de l’association des magistrats, afin de garantir l’indépendance de la justice lors des élections.
* Élaborer une loi électorale spécifique pour élire l’assemblée constituante garantissant la participation des différentes forces politiques et civiles, afin d’être à la hauteur des attentes de notre peuple et pour lui permettre d’exprimer sa volonté : mode de scrutin, découpage des circonscriptions électorales…

* Désigner une instance nationale sur accord des différentes forces politiques et civiles pour superviser les élections.

* Définir les modalités de financement des élections pour contrecarrer les risques de falsification de la volonté populaire, notamment en monnayant des voix grâce à des financements douteux à l’intérieur du pays, par les forces de la contre révolution; ou à l’extérieur, par des Etats réactionnaires et colonialistes qui ambitionnent l’avortement de la révolution et l’instauration d’un régime à leur solde.

4- « Le conseil national pour la protection de la révolution » constitue le cadre adéquat pour s’accorder sur une feuille de route visant à réaliser un changement démocratique qui rompt définitivement avec la dictature. Ceux qui s’opposent à ce conseil, prétextant qu’il serait illégitime (car non émanant d’un vote populaire) oublient sciemment que la seule légitimité qui existe aujourd’hui est celle de la révolution, ce conseil est l’unique cadre bénéficiant d’une large représentativité des forces défendant la révolution.

La présidence par intérim et le gouvernement de transition ne doivent aucunement échapper à la surveillance du peuple et des forces de la révolution, dans les décisions et les dispositions qu’ils prennent.

5- Le maintien de la mobilisation populaire et le renforcement des cadres instaurés par la révolution (les assemblées et comités locaux pour la protection de la révolution) et leur implication sont aujourd’hui, les seuls garants du contrôle de la présidence par intérim et du gouvernement de transition. Ils sont l’unique moyen de consolider la révolution jusqu’à son triomphe total dans notre pays.

Les ennemis de la révolution demeurent, aujourd’hui encore, forts de leurs finances, des appareils de l’État, du soutien de l’extérieur. Ils courbent l’échine juste pour rebondir une fois la tempête passée, pour resserrer à nouveau l’étau autour de notre peuple et le soumettre. Jusqu’à présent, ils n’ont, à aucun moment hésité à s’en prendre à nos concitoyens, à saccager leur bien en faisant appel à des bandes criminelles. Ils ont aussi mené des campagnes de menaces et de dénigrements contre les forces révolutionnaires et populaires.

6- En cette période cruciale, le front du 14 janvier a le devoir de protéger la révolution et de la faire avancer. Aux cotés des travailleurs, des précaires, des pauvres, des étudiants, des intellectuels, des créateurs progressistes et de toutes les couches populaires, le Front du 14 janvier doit faire face aux tentatives de faire avorter la révolution et de la réduire à une simple « réforme » de l’ancien régime sans remise à plat de ses fondements et de ses bases économiques et sociales.

Parti communiste des ouvriers de Tunisie

Tunis, le 5 mars 2011

Mauritanie : Un jeune homme tente de s’immoler

Après la Tunisie : Un jeune homme tente de s’immoler en Mauritanie

Un jeune homme a mis le feu, lundi devant le siège du Sénat à Nouakchott, à son véhicule aspergé d’essence après s’y être engouffré et fermé hermétiquement toues les portières.

Des policiers ont pu sortir le jeune homme, Yacoub Ould Dahoud, du véhicule avec des brûlures légères sur son corps, selon une source médicale à l’Hôpital militaire où il a été transporté.
Les mobiles de cette tentative de suicide n’ont pas encore été connus. Il s’agit d’un homme d’affaires, la quarantaine, évoluant dans les domaines agricole et médical,  » aisé matériellement et menant sa vie de façon tout à fait ordinaire « , ont indiqué à l’AMI des proches à lui rencontrés devant l’Hôpital militaire.

Crim Dem, leral.net

Les leçons de la révolution tunisienne

Grâce à leurs sacrifices, leur courage et leur abnégation, les tunisiens ont réussi à renverser une dictature répressive et humiliante. Quels enseignements pourraient tirer les autres pays arabes et africains de cet événement historique ?

Le 14 janvier 2011 restera un jour historique non seulement pour les tunisiens, mais également pour les arabes et les africains, puisque c’est la première fois depuis les indépendances qu’un peuple arabe et africain renverse pacifiquement un dictateur qui s’accroche au pouvoir depuis 23 ans. Un exploit, mais surtout un cas d’école plein d’enseignements pour tous les peuples aspirant à plus de liberté et de démocratie.

Des révolutions de velours sont possibles dans les pays arabes

L’éviction de M. Ben Ali vient réfuter la thèse de l’exception afro-arabo-musulmane selon laquelle la démocratie est un vœu pieu au regard de l’extrême concentration du pouvoir, la kleptocratie, le maillage policier, et l’étouffement systématique de toute forme d’opposition. La révolution tunisienne est la preuve que dans les pays arabes il existe des démocrates sans démocraties car les citoyens arabes et africains sont non seulement étouffés par leurs propres dirigeants, mais également enfoncés par les calculs géostratégiques des pouvoirs occidentaux. En effet, en soutenant des dictateurs au nom de la lutte contre l’islamisme politique, les régimes occidentaux sont responsables d’étouffer la démocratie dans les pays arabes au profit de leurs intérêts politiques et économiques du moment. En dépit de cela, à l’image de l’effondrement des dictatures d’Europe centrale ou d’Amérique du sud, des révolutions de velours sont désormais possibles dans les pays arabes.

Nécessité d’un nouveau contrat social

Lors de son arrivée au pouvoir, le contrat conclu entre l’ex-Président Ben Ali et le peuple tunisien était : prospérité économique contre libertés civiles. Toutefois, et malgré des rangs plus qu’honorables dans les différents classements internationaux, force est de constater que seule le clan de l’ancien président profitait des fruits de la croissance tunisienne. La « Famille » comme l’appelle les tunisiens s’est accaparée la part du Lion. Dans le contexte de cette concentration de la richesse, la récente flambée des prix des denrées de base a été la goute qui a fait déborder le vase. Morale de l’histoire : le modèle conjuguant ouverture économique et verrouillage politique n’est pas aussi viable qu’on le croit. Si à court terme, il peut constituer un certain compromis ; à long terme par contre, handicapé par sa rigidité, il ne peut garantir la paix sociale, surtout en période de crise ou de choc exogène.

Malheureusement, cette leçon ne semble pas être comprise, en témoigne la précipitation des autorités algériennes ou jordaniennes à répondre par des mesures budgétaires aux tensions conjoncturelles créées par la nouvelle hausse mondiale des produits alimentaires de base. Ne pouvant apporter des réponses aux lacunes structurelles de ces économies, les subventions et le contrôle des prix n’apporteront pas une paix sociale durable. Serrer les boulons sécuritaires, fera retarder peut-être l’échéance, mais amplifiera la chute du pouvoir plus tard. L’Egypte, la Jordanie, la Syrie et les voisins maghrébins sont susceptibles de subir l’effet de contagion, à moins que leurs dirigeants comprennent qu’il est impératif de redéfinir un nouveau contrat social où toutes les libertés seront respectées.

Jeunesse, réseaux sociaux et les nouvelles formes d’expression politique

Baptisée « révolution du jasmin » par les jeunes tunisiens, ces derniers ont joué un rôle déterminant en enclenchant et en développant le mouvement de soulèvement populaire. La jeunesse qu’on disait souvent insouciante et peu intéressée par le fait politique, vient par un mouvement spontané, sans leader, ni encadrement de parti politique, en 27 jours de mettre un terme à 23 ans de dictature policière. C’est à la fois la force et la faiblesse de cette révolte. Mais une chose est sûre, en l’absence d’une opposition réduite au silence ou à l’exil, de verrouillage politique, de complaisance étrangère, c’est la rue, plus particulièrement la jeunesse qui vient de renverser la dictature. Cette jeunesse ne serait-elle pas une force politique en émergence ? La question est légitime et l’exemple des jeunes tunisiens pourrait inspirer la jeunesse arabe et africaine pour croire davantage en elle-même, au lieu de se victimiser, et assumer son rôle dans le changement car elle représente l’avenir. La jeunesse a été particulièrement active, notamment pour mobiliser et organiser la révolte via les réseaux sociaux (facebook, twitter), des canaux d’information plus difficiles à contrôler pour les dictateurs que les médias conventionnels. La possibilité de s’exprimer, de diffuser de l’information a été décisive dans la réussite de la révolte tunisienne. Les nouvelles technologies de l’information seraient-elles le bourreau des totalitarismes ?

Certes, l’immolation par le feu du jeune tunisien est triste et extrême comme moyen d’expression politique. Au lieu de fuir dans les barques de la mort en direction de l’éldorado européen, les jeunes tunisiens et algériens se suicident désormais dans l’espace public en face des symboles de pouvoir (préfecture, direction de sécurité…) pour protester contre l’oppression et la mal vie. D’ailleurs, cela est en train de faire des émules puisqu’on a enregistré en Algérie cinq immolations de citoyens algériens depuis vendredi dernier en protestation contre la dégradation de la situation sociale. Malheureusement, le suicide est en train de devenir la réponse de citoyens opprimés qui semblent dire : vous pouvez m’enlever toutes les libertés que vous voulez, mais nous disposons encore de la liberté de nos corps pour échapper à votre répression.

Plusieurs pays arabes et africains présentent une situation sociale explosive similaire à celle qui a donné lieu à la révolte tunisienne avec des facteurs encore plus aggravants, mais assistera-t-on pour autant à un effet domino dans ces pays ? Certes, en dépit des ressemblances, chaque pays présente des spécificités, mais le risque d’avoir un effet boule de neige est plus grand dans les pays riches en ressources et dont la majorité des citoyens croupit dans la misère. Mais, cela dépendra de la position de l’armée. Si en Tunisie, l’armée s’est montrée républicaine en lâchant Ben Ali, il faudrait une armée au moins neutre dans les autres pays pour espérer qu’un soulèvement populaire aille jusqu’au bout…

Hicham El Moussaoui est analyste sur www.UnMondeLibre.org.

Tunisie : le virage de la France, contrainte par les évènements

La diplomatie française a opéré un virage majeur sur le dossier tunisien, contrainte de s’adapter à un enchaînement d’événements qui l’a dépassée et mise en porte-à-faux. Au lendemain de la fuite du président Ben Ali, la France a employé pour la première fois le mot « démocratie » en décrivant les aspirations des manifestants tunisiens ces dernières semaines.

Dans un communiqué diffusé samedi 15 janvier vers 14 heures, l’Elysée s’est pour la première fois rangé du côté de ceux qui réclament une libéralisation politique : « Depuis plusieurs semaines, le peuple tunisien exprime sa volonté de démocratie. La France, que tant de liens d’amitié unissent à la Tunisie, lui apporte un soutien déterminé. » La veille, la présidence française n’avait fait que « prendre acte de la transition constitutionnelle ». Samedi, avec un jour de retard sur les Etats-Unis, la France a demandé « l’organisation d’élections libres dans les meilleurs délais ».

LE GLAS DE « L’INGÉRENCE »

Fait notable, le communiqué de l’Elysée énonce une doctrine : « La politique de la France est fondée sur deux principes constants : la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain, et le soutien à la démocratie et la liberté. » Cette notion de « non-ingérence » – mentionnée à quatre reprises, dimanche, par la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, dans un entretien au Journal du dimanche – fait son apparition dans le vocabulaire officiel français.

Un signal pour d’autres dirigeants du monde arabe ? Les responsables français semblent chercher, à travers ce concept aux contours flous, à justifier leur attentisme pendant les journées d’une répression policière sanglante en Tunisie. L’expression sonne le glas de l’« ingérence » chère à Bernard Kouchner, deux mois à peine après son départ du Quai d’Orsay.

L’Elysée a voulu, par ailleurs, donner des gages aux nouvelles autorités tunisiennes, en annonçant que des « dispositions » avaient été prises « pour que les mouvements financiers suspects concernant des avoirs tunisiens en France soient bloqués administrativement ». Cette volonté de se montrer à l’écoute du nouveau pouvoir qui se dessine à Tunis avait déjà transpiré dans le refus – préventif – d’accorder l’asile au président Ben Ali.

DOUBLE REFUS DE L’ARMÉE

Dimanche 16 janvier, les responsables français continuaient d’analyser les ressorts d’une crise qui les a pris de court. Une certitude était avancée par une source proche du dossier : l’armée tunisienne a joué un rôle décisif le vendredi 14 janvier, le jour où tout a basculé.

Une délégation d’officiers de haut rang, selon cette version, est allée voir le président Ben Ali dans la matinée, alors que des manifestants se massaient sur l’avenue Bourguiba, pour lui signifier un double refus : le refus de l’armée d’être utilisée dans le maintien de l’ordre et son rejet d’une politique jusqu’au-boutiste marquée par la violence.

De source autorisée à Paris, on s’interrogeait aussi, dimanche, sur le rôle joué par les Etats-Unis dans le départ du président Ben Ali. Washington aurait fait passer le message au dirigeant tunisien – via l’Arabie saoudite, pays où il a trouvé refuge – que le moment était venu de quitter le pouvoir.

QUELLE CONCERTATION ENTRE PARIS ET WASHINGTON ?

Pareil scénario, s’il se confirme, soulève la question du degré de concertation entre Paris et Washington. Car la fuite du président tunisien a pris les responsables français par surprise. Paris faisait, au contraire, l’analyse que les promesses de réformes annoncées par Ben Ali le 13 janvier l’avaient remis en selle politiquement – au moins, pour un temps.

En hâtant le départ du chef de l’Etat, les Etats-Unis ont pu chercher à éviter un chaos susceptible de profiter à terme au courant islamiste, avance-t-on à Paris. Mieux valait ainsi, du point de vue américain, favoriser une transition ordonnée. La France était sur une autre ligne : elle ne jugeait pas la menace islamiste d’une ampleur telle qu’il faille précipiter un changement de régime.

Natalie Nougayrède

Source : lemonde.fr

Eh oui!! Ben Ali rejeté par la France

Alors que la France a toujours été prompte à dérouler le tapis rouge aux dictateurs africains, elle refuse d’accueillir le président Ben Ali (qui jusqu’à peu était encore son fidèle allié dans la région) déchu par la jeunesse tunisienne. Par ce geste très habile, subtile et éhonté, la France de Nicolas Sarkozy montre clairement qu’elle ne veut pas assumer les deux décennies de complicités, de compromissions et de trahison du peuple tunisien. Elle veut faire oublier qu’elle était le principal soutien de Ben Ali et qu’elle l’a soigneusement et laborieusement aidé à rester au pouvoir près d’un quart de siècle, sans opposition, sans presse libre ni liberté d’expression. La dernière élection présidentielle, il s’était fait réélire avec 90% des voix. Michelle Alliot Marie qui pourtant n’a cessé de lui vendre les armes a opposé une fin de non recevoir catégorique à sa demande d’exil, paradoxal!! Eh oui! la leçon est très claire : La France préfère les dictateurs en service que les anciens dictateurs.

dessin de Lindingre

aymard

Le Parti Communiste du Bénin (P.C.B.) félicite le Peuple Tunisien !!!

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)  01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin) Tél. : 21 35 02 95/97 68 88 73 – Site : http://www.la-flamme.info

TUNISIE : LE GENERAL ZINE EL ABIDINE BEN ALI DESTITUE PAR LE PEUPLE S’EST ENFUI

Depuis décembre 2010, la jeunesse tunisienne, les travailleurs et les intellectuels progressistes tunisiens sont dans la rue pour protester contre la faim, le chômage et le bâillonnement des libertés démocratiques. Cela fait vingt-trois ans que cela dure. Vingt-trois  ans qu’avec l’appui des américains, le Général Ben Ali a renversé Bourguiba et instauré une dictature des plus féroces appuyée par les gouvernements français successifs ; vingt trois ans que le peuple tunisien produit pour enrichir ses dirigeants et leurs commanditaires étrangers, lesquels utilisent les médias dont ils ont les commandes pour couvrir les cris et les gémissements de la jeunesse et du peuple tunisien qui n’en peuvent plus de ployer sous le poids de la misère croissante, des tortures et des emprisonnements, de la censure, de l’interdiction des journaux et des agressions contre la presse. Mais depuis un mois, cela a explosé ; à Sidi Bouzi, un jeune diplômé chômeur à qui on venait d’arracher son étalage de fruits dont la vente lui permettait de vivre s’est immolé par le feu. Les manifestations qui ont suivi n’ont eu de cesse de croître et de gagner en ampleur, embrasant tout le pays jusqu’à la capitale Tunis et Souss. Malgré la féroce répression policière qui s’est abattue sur les manifestants et leurs soutiens. Malgré la chape mise sur les médias, malgré le blocage des sites internet, la révolte des tunisiens et leurs cris ont traversé l’espace et se sont répercutés dans le monde entier et l’opinion démocratique mondiale a commencé à protester, obligeant même les autorités françaises, les complices de toujours de Ben Ali à avouer qu’une répression excessive avait cours en Tunisie.

Trois fois, Ben Ali en personne est intervenu à la télé sur la crise. Deux fois il a dénoncé des groupes terroristes et extrémistes et encouragé sa police à réprimer pour restaurer l’ordre. Une soixantaine de morts a déjà été dénombrée. Plusieurs arrestations ont eu lieu, dont celle du porte-parole du Parti communiste des Ouvriers de Tunisie (PCOT), Hama HAMAMI. Et hier soir, pour la troisième fois, Ben Ali intervient pour dire, en substance : Qu’il a « compris » les manifestants, qu’il promet le renforcement de la démocratie et du pluralisme, la liberté de la presse et la fin des mesures de blocage des sites Internet. Il a également ordonné une baisse des prix du pain, du lait et du sucre et promis se retirer du pouvoir en 2014.

Trop tard, répondent en chœur les Tunisiens. Ils sont des milliers dans la rue de Tunis la capitale aujourd’hui 14 janvier 2011 manifestant notamment devant le Ministère de l’Intérieur rebaptisé Ministère de la Terreur. Nous voulons du pain, pas de Ben Ali. Mouvement continu, Non à Ben Ali ! scande la foule où on a pu même voir des manifestants et des soldats s’embrasser. En clair, BEN ALI DOIT PARTIR ET TOUT DE SUITE, PAS EN 2014, TOUT DE SUITE.

Alors BEN ALI joue sa dernière carte ; il dissout le gouvernement et promet des législatives dans six mois. Insuffisant, répond le peuple ; BEN ALI démission ! La police attaque encore une fois le peuple au gaz et à balles réelles. De nouveaux morts mais le peuple continue de protester. Plus rien ne peut arrêter le soulèvement populaire. ALORS BEN ALI S’ENFUIT ET TROUVE REFUGE SUR CONSEILS ET SOUTIENS DE SES AMIS FRANÇAIS ET AMERICAINS A DJEDDAH EN ARABIE SAOUDITE.

Tous les prisonniers politiques sont libérés dont HAMA HAMAMI.

Au peuple tunisien, le Parti Communiste du Bénin et le peuple béninois disent : BRAVO ! COURAGE ! POURSUIVEZ ! VOUS AVEZ CHASSE BEN ALI, RENVERSEZ SON POUVOIR ET METTEZ EN PLACE LE VOTRE.

Au peuple du Bénin, le Parti Communiste du Bénin dit : le peuple tunisien montre la voie ; Boni YAYI qui avoue avoir comme modèle à imiter le dictateur aux mains couvertes de sang BEN ALI doit être poursuivi comme son modèle et chassé comme lui.

Cotonou, le 15 janvier 2011

Le Parti Communiste du Bénin

Le Peuple Tunisien chasse ZINE EL-ABIDINE BEN ALI – Qui l’eut dit, qui l’eut cru?

Zine el-Abidine Ben Ali, hissé à la tête de la Tunisie il y a 23 ans (après le coup d’Etat médical qui lui a permis d’évincer le grabataire Habib Bourguiba),  avait tout pour exercer le pouvoir ad vitam aeternam, et même le léguer à ses ayant-droits ou partisans. Il avait parfaitement trusté l’Etat, capté aussi bien le pouvoir politique, économique, militaire que médiatique. A force de monopolisations, il a créé un système de gouvernance tout à fait verrouillé. Bien vrai que, par cynisme ou pour donner le change, il faisait mine de créer des vannes d’aération avec la création de partis, d’associations, censés jouer la différence… mais  bien entendu ils étaient tous des structures-liges inféodées au pouvoir.


(Le 25 Octobre 2009 pour sa cinquième élection)

Cette démocratie cosmétique avait beau être dénoncée par des voix en interne, celles-ci  étaient étouffées par la répression, les intimidations, lesemprisonnements, les tueries et par le démontage systématique des vrais partis politiques d’opposition. L’opération de domestication du champ politique et social était facilitée par les grandes puissances, disons la communauté internationale, qui ne marchandaient pas  éloges et soutiens à Ben Ali qui, parce qu’il avait réussi à ses yeux à contenir à un stade résiduel l’extrémisme islamique et mis en place un système économique favorable aux échanges avec l’Occident,méritait tous les égards. Alors, on lui passait tout, renvoyant la faute comme c’est toujours le cas pour l’Afrique, à ces opposants désespérément inorganisés, sans programmes et bêtement incapables de s’unir.

Les mêmes qui n’ont pas assez de mots durs pour vouer Laurent Gbagbo aux enfers sont ceux-là qui se montraient les plus accommodants, les plus coulants, avec le régime tunisien.

De quoi a besoin un peuple sinon de nourriture, d’écoles, d’hôpitaux, de routes… ?
Tout cela, disait Jacques Chirac, Ben Ali le prodigue abondamment aux Tunisiens. Alors, le reste, bof !

Nicolas Sarkozy n’a pas fait que reconnaître ces mêmes acquis au premier des Tunisiens : il est allé plus loin pour dire que dans ce pays, « l’espace de liberté progresse », qualifiant Ben Ali d’ami et se refusant, s’agissant de la pratique démocratique dans ce pays, à « s’ériger en donneur de leçons ».

Mais toutes ces protections n’ont pas suffi à protéger l’autocrate lorsque le peuple tunisien s’est dressé contre lui ; l’imprenable citadelle, comme un château de cartes, s’est écroulé au premier coup de butoir d’une jeunesse en furie. Enchantement mais stupeur aussi.


Mohamed BOUAZIZI, diplômé au chômage, vendeur de fruits et légumes par nécessité,
Et qui s’est immolé par le feu

Mohamed BOUAZIZI, celui par qui la Tunisie a été libérée, celui qui est mort à l’Hôpital des suites de ses brûlures

Comment, Sacrebleu, cela a-t-il pu arriver aussi facilement, comme à la parade ?

On n’avait pas prévu que même les partis politiques désorganisés, les syndicats, les médias et les organisations de la société civile muselés, le peuple spontanément, pouvaient enclencher la Révolution et lui donner une conduite intelligente. On n’avait pas compté avec ça ! Et voilà le travail ! Dans le monde arabe, en Afrique subsaharienne et dans le monde entier,  les peuples et surtout les jeunes qui ont suivi les émeutes grâce à Internet, les chaînes de télévision satellitaires, s’émerveillent de tant d’audace de la part des jeunes Tunisiens pendant que les dirigeants broient du noir.

Le mal-vivre tunisien, le chômage des jeunes diplômés, la vie chère, la démocratie factice, la fracture sociale…, ça se vit au quotidien dans ces contrées du monde ; alors, l’effet domino y est dans bien des pensées et sur bien des lèvres.

Le déclencheur, maintenant on le sait, peut venir de n’importe où, de n’importe quoi. Un évènement le plus banal et la marmite saute !

L’enseignement sera-t-il perçu à sa juste mesure ? Il faut le souhaiter car au spectacle qu’offre cette bataille historique, on note quand même la centaine sinon plus de morts, des blessés en nombre incalculables, des dégâts matériels lourds. On se dit qu’on pourrait en faire l’économie et ne pas être obligé, comme le dictateur tunisien, de s’enfuir la nuit tombante ou au petit matin comme un vulgaire détrousseur. Tout cela sans le secours des puissants de ce monde qui l’ont porté aux nues tout au long de ces années et qui refusant de faire comme l’hôtesse de l’Auvergnat de Brassens, vous claquent au nez la porte alors que vous fondiez en eux une confiance totale. Ira-t-on jusqu’à  geler les avoirs  de l’ancien président, de ceux de sa femme Leila Trabelsi et de ses proches,  en Europe, aux USA et ailleurs ? Ira-t-on jusqu’à lancer à leurs trousses la Cour pénale internationale ? En tout cas, le passif est là, fait de meurtres, de corruption, de pillages, de violences en tout genre qui y appellent !

San Finna N°599 du 17 au 23 Janvier 2011