Le Blog de Aymard

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En finir avec le Conseil de l’Entente !

«Le Conseil de l’Entente», vous connaissez ? A cette question banale, on peut être sûr qu’il n’y aura pas beaucoup de gens de la génération des vingt à trente ans pour répondre par l’affirmative. Tellement «la vieille dame» s’est assoupie jusqu’à l’oubli de sa propre existence! «Tiens! Ce machin existe-il toujours?» Si on poursuit le sondage pour demander combien de pays il regroupe et à quoi il sert, très peu de sondés peuvent donner une réponse satisfaisante. Pourtant, ce regroupement d’Etats dont les présidents se sont réunis pour une dizaine d’heures, y compris le temps de route, celui de la cérémonie d’ouverture et de clôture des travaux, a déjà 52 ans d’existence.

Son dernier conclave avant celui de Cotonou s’est tenu déjà à Yamoussoukro en 2009 sous le régime de Laurent Gbagbo, l’ennemi intime du vieux Houphouët Boigny qui a dû se retourner dans sa tombe ce jour–là de voir Gbagbo, le pourfendeur du pacte colonial français, célébrer sa descendance. Parce que le Conseil de l’entente est une vraie créature d’Houphouët Boigny, en complicité avec l’ex-colonisateur qui l’a fortement encouragé à maintenir ce conclave des «pays du champ», ceux qu’on classait dans le pré-carré. L’objectif assigné en ce moment était d’empêcher les partisans de la grande fédération de l’Aof (l’Afrique occidentale française) d’atteindre leur but. Et il a réussi! La grande fédération de l’Aof a éclaté, la petite fédération du Mali avec le Dahomey et la Haute Volta, le Sénégal et l’ancien Soudan français aussi.

Ce bref rappel historique que les historiens professionnels sont appelés à affiner en situant les responsabilités des uns et des autres, pour dire que le Conseil de l’Entente n’a pas été créé dans le but d’unir véritablement les peuples de cette région de l’Afrique, loin s’en faut! C’est une création des anciens colonisateurs français pour maintenir les Etats actuels dans leur configuration lilliputienne pour que prospère la domination française. Et le Conseil a admirablement joué son rôle de frein à l’émancipation de notre sous région ouest-africaine. Ainsi, malgré la création de l’Ocam qui a regroupé en son temps toutes les ex-colonies françaises jusqu’à Madagascar, «la vieille dame» a été maintenue. Plus tard, lorsque l’ensemble ouest-africain a compris la nécessité de se replier sur lui-même en créant l’Umoa puis l’Uemoa, le Conseil de l’Entente a survécu. Et il survivra à la naissance de la grande Cedeao regroupant toutes les ex-colonies françaises britanniques et portugaises. Le magicien Houphouët, malgré toutes les vicissitudes traversées par nos pays, retombaient sur ses jambes, pour la remettre en selle, pour bloquer toutes les tentatives de regroupement où l’enfant chéri du pré-carré se retrouvait en minorité. Conséquence: le Conseil dit de l’entente a survécu à tout, sans vraiment vivre.

Alors aujourd’hui, on peut se demander à quoi sert ce «machin», s’il doit faire la même chose que l’Uemoa, quand cette dernière fait déjà la même chose que la Cedeao qui piétine depuis des lustres sur le chemin de l’intégration. Le constat est fait que si aucun grand projet de la sous région n’avance, c’est parce que, entre deux réunions de la Cedeao, il y a en toujours trois autres de l’Uemoa autour d’une monnaie appelée le franc Cfa, ex-sous multiple du franc français et aujourd’hui de l’Euro garanti, hier comme aujourd’hui, par le Trésor français. Pendant ce temps, la monnaie commune de la Cedeao est devenue un serpent de mer qu’on exhibe à chaque grand’messe annuel de l’organisation pour le fondre dans la paperasse des débats byzantins sur le sexe des anges. Pendant ce temps, l’Union Européenne sous la houlette de ses deux locomotives que sont la France et l’Allemagne ne cesse de resserrer les rangs, en attendant la création dans un futur qui ne semble plus trop lointain, la grande fédération qui ne fait peur qu’aux politiciens chauvins de l’Extrême droite et autres attardés mentaux de la droite française. Alors, à quoi sert le Conseil de l’entente aujourd’hui au 21è me siècle, dans une Afrique happée par la bourrasque de la mondialisation néolibérale? A rien! Sinon à nous faire reculer sur le chemin de l’intégration véritable qui va sortir nos pays de l’économie de rente et de la consommation imbécile des biens produits d’ailleurs.

A preuve, la réunion de Cotonou n’a débouché sur aucune grande décision applicable hic et nunc. Etait-ce utile de convoquer une grand’messe à grands frais pour le contribuable pour se répartir les postes de grands commis de l’institution destinés à récompenser des clients politiques et éloigner les indésirables? Le communiqué final est à cet égard un exercice de haute voltige digne d’un club de vieux copains, où il y a à boire et à manger pour tout le monde. Le premier tiers du communiqué a été consacré aux congratulations réciproques pour des élections dites démocratiques et tout le monde a été servi: le Bénin, le Niger le Burkina Faso et la Côte-d’Ivoire débarrassée de l’Intrus Gbagbo. Puis, dans le second tiers, on parle d’audit et de restructuration de «la vielle dame» et le dernier tiers, encore et encore des congratulations et les bla bla bla de remerciements à l‘hôte. Rien sur la récente déportation de Gbagbo ni des mesures concrètes à prendre pour aider ce pays à se réconcilier avec lui-même. Ni des marches hebdomadaires de Lomé pour l’intégration des députés togolais expulsés du parlement. Tout comme hier, il n’avait rien dit de Tanja tripatouilleur de Constitution. Alors, finissons chers amis Africains avec ce machin de la Françafrique et pensons à «l’heure de nous-mêmes» qui a sonné depuis longtemps!

Vincent Foly

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Patrice Lumumba à Ibadan : Exposé sur l’Unité africaine et l’indépendance

Le 22 mars 1959, Patrice Lumumba est invité à la séance de clôture du Séminaire international d’Ibadan (Nigeria) organisé par le Congrès pour la liberté de la culture et l’Université d’Ibadan. Il y fait un exposé sur  » l’Unité africaine et l’indépendance nationale « .

Le texte a été repris dans l’ouvrage  » La pensée politique de Patrice Lumumba  » dont voici la teneur.

Je remercie le  » Congrès pour la liberté de la culture et l’université d’Ibadan  » pour l’aimable invitation qu’ils ont bien voulu m’adresser pour assister à cette conférence internationale où l’on discute du sort de notre chère Afrique. C’est une satisfaction pour moi de rencontrer ici plusieurs ministres africains, des hommes de lettres, des syndicalistes, des journalistes et des personnalités internationales qui s’intéressent aux problèmes de l’Afrique. C’est par ces contacts d’homme à homme, par des rencontres de ce genre que les élites africaines pourront se connaître et se rapprocher afin de réaliser cette union qui est indispensable pour la consolidation de l’unité africaine.

En effet, l’unité africaine tant souhaitée aujourd’hui par tous ceux qui se soucient de l’avenir de ce continent, ne sera possible et ne pourra se réaliser que si les hommes politiques et les dirigeants de nos pays respectifs font preuve d’un esprit de solidarité, de concorde et de collaboration fraternelle dans la poursuite du bien commun de nos populations. C’est pourquoi l’union de tous les patriotes est indispensable, surtout pendant cette période de lutte et de libération. Les aspirations des peuples colonisés et assujettis sont les mêmes ; leur sort est également le même. D’autre part, les buts poursuivis par les mouvements nationalistes, dans n’importe quel territoire africain, sont aussi les mêmes. Ces buts, c’est la libération de l’Afrique du joug colonialiste.

Puisque nos objectifs sont les mêmes, nous atteindrons facilement et plus rapidement ceux-ci dans l’union plutôt que dans la division. Ces divisions, sur lesquelles se sont toujours appuyées les puissances coloniales pour mieux asseoir leur domination, ont largement contribué – et elles contribuent encore – au suicide de l’Afrique.

Comment sortir de cette impasse ?

Pour moi, il n’y a qu’une voie. Cette voie, c’est le rassemblement de tous les Africains au sein des mouvements populaires ou des partis unifiés. Toutes les tendances peuvent coexister au sein de ces partis de regroupement national et chacun aura son mot à dire tant dans la discussion des problèmes qui se posent au pays qu’à la direction des affaires publiques. Une véritable démocratie fonctionnera à l’intérieur de ces partis et chacun aura la satisfaction d’exprimer librement ses opinions.

Plus nous serons unis, mieux nous résisterons à l’oppression, à la corruption et aux manœuvres de division auxquelles se livrent les spécialistes de la politique du “ diviser pour régner “. Ce souhait d’avoir dans nos jeunes pays des mouvements ou des partis unifiés ne doit pas être interprété comme une tendance au monopole politique ou à une certaine dictature. Nous sommes nous-mêmes contre le despotisme et la dictature.

Je veux attirer l’attention de tous qu’il est hautement sage de déjouer, dès le début, les manœuvres possibles de ceux qui voudraient profiter de nos rivalités politiques apparentes pour nous opposer les uns aux autres et retarder ainsi notre libération du régime colonialiste.

L’expérience démontre que dans nos territoires africains, l’opposition que certains éléments créent au nom de la démocratie, n’est pas souvent inspirée par le souci du bien général ; la recherche de la gloriole et des intérêts personnels en est le principal, si ce n’est pas l’unique mobile. Lorsque nous aurons acquis l’indépendance de nos pays et que nos institutions démocratiques seront stabilisées, c’est à ce moment là seulement que pourrait se justifier l’existence d’un régime politique pluraliste.

L’existence d’une opposition intelligente, dynamique et constructive est indispensable afin d’équilibrer la vie politique et administrative du gouvernement au pouvoir. Mais ce moment ne semble pas encore venu et ce serait desservir le pays que de diviser aujourd’hui nos efforts. Tous nos compatriotes doivent savoir qu’ils ne serviront pas l’intérêt général du pays dans des divisions ou en favorisant celles-ci, ni non plus dans la balkanisation de nos pays en de petits états faibles.

Une fois le territoire national balkanisé, il serait difficile de réinstaurer l’unité nationale. Préconiser l’unité africaine et détruire les bases mêmes de cette unité, n’est pas souhaiter l’unité africaine. Dans la lutte que nous menons pacifiquement aujourd’hui pour la conquête de notre indépendance, nous n’entendons pas chasser les Européens de ce continent ni nous accaparer de leurs biens ou les brimer. Nous ne sommes pas de pirates. Nous avons au contraire, le respect des personnes et le sens du bien d’autrui.

Notre seule détermination – et nous voudrions que l’on nous comprenne – est d’extirper le colonialisme et l’impérialisme de l’Afrique. Nous avons longtemps souffert et nous voulons respirer aujourd’hui l’air de la liberté. Le Créateur nous a donné cette portion de la terre qu’est le continent africain; elle nous appartient et nous en sommes les seuls maîtres. C’est notre droit de faire de ce continent un continent de la justice, du droit et de la paix.

L’Afrique toute entière est irrésistiblement engagée dans une lutte sans merci contre le colonialisme et l’impérialisme. Nous voulons dire adieu à ce régime d’assujettissement et d’abâtardissement qui nous a fait tant de tort. Un peuple qui en opprime un autre n’est pas un peuple civilisé et chrétien.

L’Occident doit libérer l’Afrique le plus rapidement possible. L’Occident doit faire aujourd’hui son examen de conscience et reconnaître à chaque territoire colonisé son droit à la liberté et à la dignité. Si les gouvernements colonisateurs comprennent à temps nos aspirations, alors nous pactiserons avec eux, mais s’ils s’obstinent à considérer l’Afrique comme leur possession, nous serons obligés de considérer les colonisateurs comme ennemis de notre émancipation. Dans ces conditions, nous leur retirerons avec regret notre amitié.

Je me fais le devoir de remercier ici publiquement tous les Européens qui n’ont ménagé aucun effort pour aider nos populations à s’élever. L’humanité tout entière leur saura gré pour la magnifique oeuvre d’humanisation et d’émancipation qu’ils sont en train de réaliser dans certaines parties de l’Afrique.

Nous ne voulons pas nous séparer de l’Occident, car nous savons bien qu’aucun peuple au monde ne peut se suffire à lui même. Nous sommes partisans de l’amitié entre les races, mais l’Occident doit répondre à notre appel.

Les occidentaux doivent comprendre que l’amitié n’est pas possible dans les rapports de sujétion et de subordination.

Les troubles qui éclatent actuellement dans certains territoires africains et qui éclateront encore ne prendront fin que si les puissances administratives mettent fin au régime colonial. C’est la seule voie possible vers une paix et une amitié réelles entre les peuples africains et européens.

Nous avons impérieusement besoin de l’apport financier, technique et scientifique de l’Occident en vue du rapide développement économique et de la stabilisation de nos sociétés. Mais les capitaux dont nos pays ont besoin doivent s’investir sous forme d’entraide entre les nations. Les gouvernements nationaux donneront toutes les garanties voulues à ces capitaux étrangers.

Les techniciens occidentaux auxquels nous faisons un pressant appel viendront en Afrique non pour nous dominer mais bien pour servir et aider nos pays.

Les Européens doivent savoir et se pénétrer de cette idée que le mouvement de libération que nous menons aujourd’hui à travers toute l’Afrique, n’est pas dirigé contre eux, ni contre leurs biens, ni contre leur personne, mais simplement et uniquement, contre le régime d’exploitation et d’asservissement que nous ne voulons plus supporter. S’ils acceptent de mettre immédiatement fin à ce régime instauré par leurs prédécesseurs, nous vivrons avec eux en amis, en frères.

Un double effort doit être fait pour hâter l’industrialisation de nos régions et le développement économique du pays. Nous adressons un appel aux pays amis afin qu’ils nous envoient beaucoup de capitaux et de techniciens.

Le sort des travailleurs noirs doit aussi être sensiblement amélioré. Les salaires dont ils jouissent actuellement sont nettement insuffisants. Le paupérisme dans lequel vivent les classes laborieuses est à la base de beaucoup de conflits sociaux que l’on rencontre actuellement dans nos pays. A ce sujet, les syndicats ont un grand rôle à jouer, rôle de défenseurs et d’éducateurs. Il ne suffit pas seulement de revendiquer l’augmentation des salaires, mais il est aussi d’un grand intérêt d’éduquer les travailleurs afin qu’ils prennent conscience de leurs obligations professionnelles, civiques et sociales, et qu’ils aient également une juste notion de leurs droits.

Sur le plan culturel, les nouveaux états africains doivent faire un sérieux effort pour développer la culture africaine. Nous avons une culture propre, des valeurs morales et artistiques inestimables, un code de savoir-vivre et des modes de vie propres. Toutes ces beautés africaines doivent être développées et préservées avec jalousie. Nous prendrons dans la civilisation occidentale ce qui est bon et beau et rejetterons ce qui ne nous convient pas. Cet amalgame de civilisation africaine et européenne donnera à l’Afrique une civilisation d’un type nouveau, une civilisation authentique correspondant aux réalités africaines.

Des efforts sont aussi à faire pour la libération psychologique des populations. On constate chez beaucoup d’intellectuels, un certain conformisme dont on connaît les origines.

Ce conformisme provient des pressions morales et des mesures de représailles qu’on a souvent exercées sur les intellectuels noirs. Il suffisait de dire la vérité pour que l’on fut vite taxé de révolutionnaire dangereux, xénophobe, meneur, élément à surveiller, etc.

Ces manœuvres d’intimidation et de corruption morale doivent prendre fin. Il nous faut de la véritable littérature et une presse libre dégageant l’opinion du peuple et non plus ces brochures de propagande et une presse muselée.

J’espère que le « Congrès pour la Liberté de la Culture nous aidera dans ce sens.

Nous tendons une main fraternelle à l’Occident. Qu’il nous donne aujourd’hui la preuve du principe de l’égalité et de l’amitié des races que ses fils nous ont toujours enseigné sur les bancs de l’école, principe inscrit en grands caractères dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Les Africains doivent jouir, au même titre que tous les autres citoyens de la famille humaine, des libertés fondamentales inscrites dans cette Déclaration et des droits proclamés dans la Charte des Nations Unies.

La période des monopoles des races est révolue. La solidarité africaine doit se concrétiser aujourd’hui dans les faits et dans les actes. Nous devons former un bloc pour prouver au monde notre fraternité.

Pour ce faire, je suggère que les gouvernements déjà indépendants apportent toute leur aide et appui aux pays non encore autochtones.

Pour favoriser les échanges culturels et le rapprochement entre les pays d’expression française et ceux d’expression anglaise, il faudrait rendre l’enseignement du français et de l’anglais obligatoire dans toutes les écoles d’Afrique.

La connaissance de ces deux langues supprimera les difficultés de communication auxquelles se heurtent les Africains d’expression anglaise et ceux d’expression française lorsqu’ils se rencontrent.

C’est là un facteur important d’interpénétration.

Les barrières territoriales doivent aussi être supprimées dans le sens d’une libre circulation des Africains à l’intérieur des états africains.

Des bourses d’études seraient également à prévoir en faveur d’étudiants des territoires dépendants.

Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour rendre publiquement hommage au Dr Kwamé Nkrumah et à M. Sékou Touré d’avoir réussi à libérer nos compatriotes du Ghana et de la Guinée.

L’Afrique ne sera vraiment libre et indépendante tant qu’une partie quelconque de ce continent restera sous la domination étrangère.

Je conclus mon intervention par ce vibrant appel :

Africains, levons-nous !

Africains, unissons-nous !

Africains, marchons main dans la main avec ceux qui veulent nous aider pour faire de ce beau continent un continent de la liberté et de la justice.

La reconnaissance du CNT, c’est comme si l’Afrique se pliait aux ordres de l’OTAN

La reconnaissance du CNT, c’est comme si l’Afrique se pliait aux ordres de l’OTAN

L’Union Africaine a reconnu le CNT. S’il y en a qui applaudissent à tout rompre, il y en a qui jurent par tous les Dieux que l’organisation continentale vient de commettre le dernier pêché qui emporte tous les rêves de construction de l’unité africaine.

Dans cette affaire de la Libye, les africains dans leur majorité, et la jeunesse en particulier, n’étaient pas pour l’option de la guerre pour régler la crise libyenne.  Du coté des puissances internationales, ce n’est pas tellement qu’on trouvait que Kadhafi n’était pas le dirigeant idéal pour la Libye. Là n’était même pas la question. Il apparaissait plutôt clairement, qu’ayant été surpris par les révolutions tunisiennes et égyptiennes, certains pays ont décidé de se racheter devant l’histoire en fomentant leur propre révolution.  Il ne fallait pas rester sur l’impression qu’on avait soutenu Ben Ali pendant des décennies, empêchant le changement tant voulu par les peuples tunisiens et égyptiens.  Alors on a soufflé à plein poumons sur un mécontentement existant contre Kadhafi mais qui n’arrivait à prendre corps malgré les soutiens multiples.  Avec l’argent, avec des armes, avec des mercenaires on a crée de toutes pièces un CNT.  Et comme cela tardait à l’allumage, on a fait appel à l’OTAN pour le bal du bombardement de nuit comme de jour.

Le prétexte, l’habillage de toute cette grande comédie, c’était, en surfant sur la vague de la révolution arabe, de dire que les peuples de l’OTAN volaient au secours du peuple libyen.  Oui, l’OTAN allait délivrer les libyens de la férule, du dictateur Kadhafi qui était décidé à exterminer son peuple, et ainsi faire régner la loi de la démocratie en Libye !

C’était gros comme le nez au milieu de la figure et l’Union Africaine avait eu raison de freiner des quatre fers contre l’option de la guerre. Cette option était prise sans aucun égard pour la proposition de l’Union Africaine, qui favorisait le règlement pacifique.  Ca c’était brave. C’était renouer avec la tradition d’un Kwame Nkrumah, des pères fondateurs du panafricanisme Marcus Garvey et autres, et les africains étaient fiers de ce refus de succomber au dictat des pays riches. Des pays riches dont le seul souci dans cette affaire libyenne était de pouvoir avoir accès au pétrole et aux marchés que nécessiteraient la reconstruction du pays.

Pourquoi diable Jean Ping, que beaucoup ont commencé à aimer, n’est-il pas resté sur la position de Jacob Zuma ? Pourquoi choisir de faire comme Wade qui n’a aucune honte à dire « c’est moi qui ait dit cela et c’est moi qui me dédit? » Voilà qui explique aujourd’hui que, dans bien des radios, dans bien des journaux, les voix ne tarissent pas de critiques par rapport à l’Union Africaine qui, en reconnaissant le CNT, a bu le calice de la honte jusqu’à la lie.

Victory Toussaint. San Finna.

Le mandat d’arrêt de la CPI contre Kadhafi nul et non avenu

Le mandat d’arrêt de la CPI contre Kadhafi nul et non avenu – Il a été rejeté par l’UA, la Russie et l’Alliance bolivarienne pour les Amériques

Le mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale à l’encontre du guide libyen Mouammar Kadhafi, de son fils Seïf El Islam et du chef des services de renseignements, Abdallah Al Senoussi, est «non avenu et illégitime» ne s’appuyant sur «aucun règlement juridique valable».

Les chefs d’Etat de l’Union africaine l’avaient déjà rejeté dans la forme et dans le fond lors du dernier sommet de Malabo. Autre argument irréfutable pour les «pseudos» juristes à la merci de l’Occident, la Libye de Kadhafi n’a jamais adhéré à cette juridiction.

Elle n’a pas signé ni ratifié le statut de Rome. C’est plutôt les autres chefs d’Etat, notamment français et britannique, qui devraient être devant les «tribunaux internationaux», car la CPI a été créée pour juger «les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité et de crime de guerre». Dans ce contexte, Kadhafi avait accepté l’initiative politique de l’Union africaine et de l’ONU, mais la stratégie de guerre menée par l’Otan dans ce pays a donné le résultat d’un coup d’Etat militaire international contre un gouvernement jusque-là légitime, en témoignent tous les accords y compris militaires signés avec le régime de l’ex-dirigeant.

Il n’est pas possible de rappeler tous les évènements qui ont conduit à ce coup d’Etat, mais certains faits démontrent à l’opinion publique que la guerre de Libye est une erreur impardonnable qui a créé un précédent dans les annales du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Tout est faux et il n’existe aucune raison juridique et humanitaire légitimant une telle intervention contre un peuple paisible et serein depuis presque un demi-siècle.

Il n’y a eu jamais de massacre de manifestants

Selon des experts et des spécialistes, ainsi que des journalistes qui ont eu à effectuer des enquêtes sur les évènements en Libye depuis la «révolte de Benghazi», il n’y a jamais eu de «massacres» de manifestants et une «révolution populaire appelant au changement du système» à l’exemple des révolutions tunisienne et égyptienne, où les deux tenants des régimes dictatoriaux n’ont pas été inquiétés à ce jour par la CPI, ni moins la police (Interpol).

Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a affirmé samedi publiquement aux jeunes Italiens rassemblés dans un meeting que Kadhafi était aimé par son peuple et qu’il n’y a jamais eu de soulèvement populaire en Libye. Il s’agit, selon lui, d’un coup d’Etat mené par des hommes de pouvoir aidés par les éléments d’Al Qaïda et les forces de l’Otan. Berlusconi aurait voulu à travers cette déclaration négocier sa part du gâteau après la destitution du guide libyen, mais il a restitué des faits véridiques devant servir les historiens qui voudront écrire l’histoire de la Libye.

De plus en plus, les spécialistes de la question libyenne se rendent compte du désastre et de la volonté délibérée de détruire un pays afin de se servir de ses richesses. Dans ce contexte, le président russe, Dmitri Medvedev, le dit haut et fort : «L’opération de l’Otan en Libye est au-delà du mandat de l’ONU.» «Le mandat de la résolution onusienne 1973 sur la Libye a été dépassé», a souligné le président russe. Chaque jour, des voix s’élèvent contre cette injustice, ces attaques et cette entrée sur le sol libyen des forces de l’Otan. Les huit pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques, regroupant entre autres la Bolivie, Cuba, la Dominique, l’Equateur, le Nicaragua et le Venezuela, ont dénoncé cette intervention militaire la considérant comme un crime international contre des personnes innocentes. Le nombre de civils libyens tués et la destruction des édifices publics dans des attaques des avions de l’Otan restent inconnus, car les fameuses ONG humanitaires ne s’y intéressent pas.

Elles se sont plutôt investies dans les accusations contre le régime de Kadhafi. D’ailleurs, un fait «inédit» s’est produit dans ce contexte. Un «militant» de l’ONG Humain Right, établi au Caire, a fait état lors d’une intervention sur la chaîne Al Jazeera, de crimes contre l’humanité en Libye !

Les bombardements des avions libyens des manifestants fabriqués par les chaînes TV

A ce sujet, il y a lieu de citer l’étude de Michel Collon, journaliste indépendant et historien belge qui a souligné lundi dans un entretien à la presse nationale que «toute la campagne de l’Otan repose sur la désinformation». «Les bombardements des avions libyens des manifestants étaient des informations entièrement fabriquées par Al Jazeera et Al Arabia», a-t-il ajouté.

Partant de ces données, il est évident que cette justice internationale ne sera crédible et loyale qu’en jugeant les commanditaires de ce complot. Quelle sera la joie de l’opinion internationale d’apprendre que des chaînes satellitaires, des chefs d’Etat qui incitent au meurtre et des anciens dirigeants voulant prendre leur revanche sur un système en appelant à la guerre, ont été jugés loyalement au même titre que ceux qui ont été accusés à tort ou à raison.

C’est ce qui a amené les pays africains, réunis lors du sommet de Malabo (Guinée équatoriale), de rejeter le mandat d’arrêt lancé par la CPI contre Kadhafi». «Les Etats membres de l’UA ne coopéreront pas à l’exécution du mandat d’arrêt», a indiqué l’organisation dans un communiqué diffusé au terme de cette réunion. L’Union africaine avait déclaré sa «préoccupation par la manière dont la Cour pénale internationale gère la situation en Libye». Selon l’UA, «le mandat d’arrêt de la CPI est venu compliquer sérieusement les efforts visant à trouver une solution politique à la crise en Libye (…) et à prendre en compte l’intérêt mutuel des parties concernées». La CPI a choisi un camp au détriment d’un autre. Une démarche qui ne relève pas d’une justice se voulant loyale et exemplaire, avait souligné dans un récent entretien accordé au Temps d’Algérie le professeur Chems Eddine Chitour. La CPI a failli et a démontré son incompétence dans ce domaine, d’où la nécessité de sa dissolution, car elle est devenue un instrument d’influence plutôt que celui de justice.

A ce jour, elle n’est reconnue que par une poignée de pays sur lesquels elle n’exerce malheureusement aucun pouvoir. Les Etats-Unis, la Russie, l’Inde, la Chine, le Pakistan, l’Algérie, l’Arabie Saoudite, la Libye, l’Egypte, le Maroc et bien d’autres pays ne reconnaissent pas cette instance. Ce qui nous amène à dire que son existence est fictive.

Il est d’une urgence extrême que tout doit être revu dans cette question libyenne et que la justice fasse son travail de manière légale, selon la réglementation internationale. La mission ne doit plus être confiée aux instances actuelles (ONU, Union européenne, Ligue arabe…) étant donné leur implication et responsabilité entière dans cette guerre désastreuse. Tout le monde doit être jugé pas seulement Kadhafi. Une mission qui doit relever de personnalités autonomes n’ayant aucun intérêt avec un chef d’Etat.

Le Temps d’Algérie

Un traître de plus, le gouvernement de Boni Yayi dit reconnaître la légitimité du CNT libyen

Suites aux débats qui se sont déroulés le 26 aout 2011 dernier à Addis-Abeba au cours de la 291ème session du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et alors que, l’Union Africaine dénie au CNT toute reconnaissance, le gouvernement du Bénin à travers ce communiqué qui va à l’encontre de celui de l’Union Africaine, reconnait la légitimé du Conseil national de transition (Cnt) dans la situation de guerre qui prévaut en Libye.

Lire l’intégralité du communiqué

Depuis l’historique Conférence des Forces Vives de la Nation, le Bénin s’est résolument engagé dans la voie de la démocratie consacrée par la Constitution du 11 décembre 1990. Face à la crise libyenne, Bénin, fidèle à ses engagements internationaux, a suivi avec attention l’approche adoptée par l’Union africaine dont le sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement réuni à Malabo a adopté à l’unanimité une feuille de route de sortie de crise. Cette feuille de route n’étant pas acceptée par toutes les parties prenantes à la crise libyenne, le Bénin, à l’instar des autres pays de l’Union africaine, a continué d’observer et de suivre, avec la plus grande attention, l’évolution de la situation sur le terrain.

Au regard de la situation actuelle, et prenant en compte les débats qui se sont déroulés ce jour 26 août 2011 à Addis-Abeba, au cours de la 291ème session du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine dont le Bénin est membre ; le gouvernement, se fondant sur les principes fondamentaux de la Constitution du 11 décembre 1990, qui promeuvent les valeurs de démocratie, de liberté, de justice et de paix :

1. fait siennes les décisions dudit Conseil sur la situation politique et sécuritaire qui prévaut en ce moment en Lybie ;

2. prend acte de la situation de fait marquée par l’entrée à Tripoli du Conseil national de transition (Cnt) ;

3. prend également acte de l’engagement des dirigeants du Conseil national de transition (Cnt) de doter, dans les meilleurs délais, la Libye d’institutions démocratiques.

Eu égard à ce qui précède, le Bénin a décidé de reconnaître le Conseil national de transition (Cnt) comme la seule Autorité qui représente le peuple libyen.

A ce titre, le Bénin est disposé à œuvrer aux côtés du Conseil national de transition (Cnt), dans le cadre de l’Union africaine, à la recherche de solutions pacifiques à la crise actuelle ainsi qu’à la promotion de toutes initiatives visant la reconstruction de la Libye et la réconciliation du peuple libyen.

Le Bénin exhorte le Conseil national de transition (Cnt) à tenir ses engagements vis-à-vis du peuple libyen en lui garantissant les conditions les meilleures d’expression des libertés fondamentales dans la paix, la sécurité, la meilleure gouvernance, l’intégrité territorial, l’indépendance et la souveraineté de la Libye.

Fait à Cotonou, le 26 août 2011,

Le Gouvernement

L’Union Africaine passe à l’hypocrisie !

Voilà pourquoi nous sommes faibles, chétifs, nauséabonds dans notre propre corps, dangereux, inhumains, traîtres, bêtes…Mir fällt die Wörter, excusez-moi chers lecteurs si je vire dans une autre langue, faute d’avoir aussi été incapable de proposer une langue propre à mon continent, à mon pays. Je suis groggy, estomaqué, impuissant et fatigué. Les mots me manquent pour vous décrire ce conglomérat de voyous, de prédateurs, de voleurs, de pédophiles, de maudits, et de mal éduqués appelé présidents africains. Des pères de famille qui ne sont pas à proposer à aucun continent sur la planète terre. L’Union Africaine, c’est une peste, un cholera bien mieux un cancer.

Enfin l’Union Africaine, c’est le mal qui va ramener le continent à l’époque des chaînes.

Il paraît même que les « maîtres blancs  »auraient déjà fabriqués et à gogo. C’est l’utilisation de ces chaînes qui manque encore à l’appel. Pour la seule année 2011, c’est deux fils du continent qui sont passé à la trappe des Trappeurs Occidentaux. Le confrère Rue 89 s’égosille, jubile, exulte et titre : « Un parfum de recolonisation entre la France et l’Italie ».  Selon les mots du nouveau patron du CNT auto-proclamé par l’Occident, la tête de Mouammar Kadhafi a déjà un prix et vaut 1, 7 millions de dollars.  Le stratège de guerre chinois Sun-Tzu est on ne peut plus clair et explique comment un rat bien mieux un traître peut du jour au lendemain devenir brave: « Dans l’art de la guerre, il n’existe pas de règles fixes. Lorsque les troupes parviennent à se placer dans une situation favorable, les lâches deviennent braves ; que la situation est désespérée et les braves deviennent des lâches ».

Comment hier en Côte d’Ivoire, nous avions vu des chefs de guerre qui ne s’étaient plus lavés pendant des mois venir avec des gueules puantes et bousculer un chef d’Etat d’un pays qui veut qu’on le respecte encore…

L’Union Européenne parle d’une voix. L’UA parle avec 54 voix

Pour nous embastiller et mettre tout le continent africain dans une cellule de prison, ils viennent [Ndlr, les Occidentaux] comme un seul homme, parlent comme un seul homme et sanctionnent comme un seul homme. Nous, nous parlons pour notre compte personnel alors que nous ne sommes mêmes pas encore au stade d’un Etat pour parler de Nation. Et vous voulez que « l’homme Blanc » nous respecte. Et vous voulez que nous rentrions aussi dans la ligue des pays respectables. L’américain noir Farakhan  a beau se provoquer des ulcères en expliquant que, « Tant que l’Afrique ne se lèvera pas debout comme un seul corps, personne ne respectera l’homme Noir », c’est peine perdue ! A peine fini son discours, et revoilà les cancres qui nous dirigent dans leur jeu favori. Il est question de parler de la Libye depuis hier à Addis-Abeba. Et comme on s’y attendait, des pays comme la Côte d’Ivoire, le Burkina-Faso, le Mali, le Rwanda, la Gambie sont déjà passés remettre les clés qui serviront à noyauter le guide libyen. Comme toujours, l’UA a encore appuyé sur sa gâchette puante d’hypocrisie. C’est un peu comme  à la conférence que Hitler, encore au sommet de sa gloire convoque à Munich. Les pays qui constituent les Alliées arrivent mais chacun avec dans sa gibecière une paix et au nom de son pays, histoire de ne pas avoir la fureur et les bombes du « Führer » sur la tête. On croyait ce model démodé, dépassé. Euh ! Les africains sont à ce stade et l’ambassadeur de Libye  à l’UA,  Ali Awdian l’a bien compris, se moque et rit gauloisement ce bal des hypocrites : « Ils reconnaissent que le régime de Kadhafi est terminé. Ils ne l’ont pas mentionné aujourd’hui car ils savent qu’il est terminé ».

Les  Africains commencent par réfléchir sur la faisabilité de laisser les « blancs » pousser sa peuplade dans la mer avec leurs bateaux et prendre définitivement le continent. Ce pourrait être une solution pour une race qui ne comprend que le langage du fouet, de la bêtise, de la traîtrise  et refuse de rentrer dans la civilisation. Le rideau de fer dont parlait Winston Churchill qui serait tombé sur le continent n’existe nullement. Le vieux et premier ministre anglais voulait nous signifier que ce sont des fils et filles noirs qui constituaient ce rideau. Et depuis l’humiliation du président Laurent Gbagbo par la France avec l’aide des Africains, personne ne se fait plus de doute l’a dessus. Personne !

Camus Ali Lynx.info

l’Union Africaine (UA) ne reconnaît pas le CNT, appelle à un gouvernement d’union

ADDIS ABEBA — L’Union africaine a refusé vendredi de reconnaître la légitimité du Conseil national de transition en Libye, jugeant la situation militaire encore trop instable, et réitérant à la place ses appels au dialogue, pourtant restés sans réponse depuis le début du conflit.

« Le CNT est en train de prendre (le contrôle de) Tripoli et ils disent qu’ils ont conquis la ville, mais il y a encore des combats », a relevé le président sud-africain Jacob Zuma.

« Donc nous ne pouvons pas dire que c’est la force qui est légitime maintenant », a poursuivi M. Zuma, s’exprimant au nom de l’UA à l’issue d’un mini-sommet de cette organisation à son siège d’Addis Abeba.

Sans jamais mentionner explicitement le CNT dans son communiqué final, ni d’ailleurs le régime déchu de Mouammar Kadhafi, l’UA a appelé à la formation d’un « gouvernement de transition incluant toutes les parties, qui serait le bienvenu pour occuper un siège à l’Union africaine ».

Une façon de signifier que le CNT ne pouvait prétendre à ce siège. « Le siège de la Libye à l’Union africaine est actuellement vacant. Si un gouvernement consensuel et inclusif voit le jour demain et qu’il propose un ambassadeur auprès de l’UA, ce dernier sera le bienvenu« , a commenté auprès de l’AFP le porte-parole de la Commission, Noureddine Mezni.

Plusieurs diplomates interrogés par l’AFP ont estimé que la Libye était de facto suspendue de l’Union africaine, soulignant toutefois que le Conseil de paix et de sécurité de l’UA n’avait pas, contrairement à l’usage, officialisé cette suspension.

Les responsables de l’UA ont refusé de préciser si des partisans du colonel Kadhafi pourraient participer au gouvernement d’union qu’ils appellent de leurs voeux. « Nous n’avons décrit aucune des parties, il y a beaucoup de parties impliquées dans le conflit », a fait valoir M. Zuma.
L’UA se retrouve en tout cas en porte-à-faux avec une partie de ses membres, car au moins une dizaine de pays africains, sur un total de 54, ont reconnu le CNT, parmi lesquels l’Ethiopie, le Burkina Faso, le Tchad, le Nigeria, le Sénégal, la Gambie, la Côte d’Ivoire et le Rwanda.

M. Zuma a estimé que ces pays avaient agi à titre individuel, et que « l’UA était unie sur la position » arrêtée vendredi.

Toutefois, pour l’ambassadeur de Libye en Ethiopie, Ali Awdian, interrogé par l’AFP, « ce n’est qu’une question de temps » avant que l’UA reconnaisse le CNT. « Ils reconnaissent que le régime de Kadhafi est terminé. Ils ne l’ont pas mentionné aujourd’hui car ils savent qu’il est terminé », a poursuivi M. Awdian, qui a lui-même récemment fait allégeance au CNT.

L’UA a tenté en vain tout au long du conflit libyen d’engager une médiation entre les rebelles du CNT et le régime de Mouammar Kadhafi, ce que les premiers ont rejeté en posant comme préalable le départ du « guide » de la révolution libyenne.

Les rebelles n’ont pas caché leur suspicion quant à la neutralité de l’UA, traditionnellement proche du colonel Kadhafi, un des promoteurs les plus acharnés de l’unité africaine, et plus prosaïquement un des principaux contributeurs au budget de l’organisation continentale, en plus de faire profiter de ses largesses nombre de régimes africains.

De leur côté, les responsables de l’UA estiment que leurs efforts de paix en Libye ont été sabotés par l’intervention militaire de l’Otan contre le régime Kadhafi, menée selon eux au prix d’une distorsion du mandat initial de l’Onu visant à protéger les populations civiles.

« Pour des raisons multiples, nos efforts n’ont pas abouti aux résultats escomptés », a reconnu le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, en ouvrant vendredi les débats du Conseil de paix et de sécurité de l’organisation.

AFP

UA : Jean Ping annonce la création d’une cour criminelle propre à l’Afrique

MALABO (Xinhua) – Jusqu’ici le seul continent visé par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye aux Pays-Bas, en l’occurrence avec des poursuites contre des leaders comme Omar el Béchir au Soudan et le colonel Kadhafi en Libye, l’Afrique est sur le point de créer sa propre cour criminelle, annonce le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping.

Dans un entretien à la presse négocié par Xinhua au terme du 17e sommet de l’UA vendredi à Malabo en Guinée équatoriale, Jean Ping a affirmé que, malgré les divergences, « un consensus presque parfait » a sanctionné les débats houleux sur les sujets cruciaux comme la crise libyenne où l’organisation propose aux parties un plan comportant une transition inclusive.

Question : Monsieur le président, que vaut l’Union africaine, dans la mesure où elle subit les décisions prises ailleurs l’égard du continent, comme cette nouvelle action de la Cour pénale internationale à travers les mandats d’arrêt émis contre le colonel Kadhafi, son fils et son chef des services de renseignements ?

Réponse : Notre institution, l’Union africaine, ce n’est pas seulement la Commission. La Commission s’apparenterait à un exécutif. Et puis nous avons un Parlement, le PAP, le Parlement panafricain qui siège à Pretoria (en Afrique du Sud). Et nous avons une Cour de justice, une Cour des droits de l’homme et des peuples. Il n’y a donc pas encore de cour criminelle et nous sommes en train de créer une cour criminelle en Afrique. Il ne reste plus que la ratification des chefs d’Etat et la Cour criminelle sera opérationnelle. C’est en raison de tout ce qu’on observe.

Q : Quel est le succès de ce sommet, selon vous ?

R : Je crois d’abord que c’est un grand sommet, en particulier en raison des graves problèmes qui se posaient, les crises comme la crise libyenne, la crise ivoirienne, les crises au Soudan, en Somalie. Toutes ces crises devaient être abordées à un moment précis où l’Afrique avait, comme tous les continents, des points de vue qui ne sont pas forcément identiques. Nous avions des divergences comme tout le monde. En Europe, il y en a. L’Allemagne et les autres, ce n’est pas les mêmes positions. Donc, nous avions aussi nos divergences. Donc, il fallait à la suite d’un long débat et des négociations aller vers une position commune. D’aucuns pensaient que ça va être l’implosion. Or, nous sommes arrivés à un consensus presque parfait. Donc, il y a tout lieu de se réjouir des résultats que nous avons atteints, par exemple en ce qui concerne la Libye. Mais également en ce qui concerne d’autres sujets, nous avons pu en débattre et prendre des décisions importantes, sans oublier le thème de cette conférence qui est un thème concernant la jeunesse. La jeunesse, depuis en particulier le « printemps arabe », a un rôle extrêmement important à jouer et donc il faut s’occuper de la jeunesse. Le jeune qui a dit l’autre jour aux chefs d’Etat « si vous ne vous occupez pas de nous, nous allons nous occuper de vous « , c’est très significatif. Toutes ces choses nous font croire que nous sommes en train de regarder le futur de l’Afrique, de déterminer notre propre destin. Malgré les difficultés, l’absence de moyens, l’Afrique avance et l’Afrique veut se faire entendre et écouter sur la scène internationale, surtout lorsqu’il s’agit de ses propres problèmes.

Q : Parlant de divergences justement, l’Afrique a du mal à mettre en place le Fonds monétaire africain. L’on s’attendait également à ce qu’une décision précise soit prise sur ce dossier lors de ce sommet. Qu’en est-il exactement ?

R : Il y a trois institutions qui ont été prévues sur le plan monétaire et qui figurent même sur notre Acte constitutif. C’est une banque centrale, un fonds monétaire africain, une banque d’investissement. La Banque d’investissement est pratiquement opérationnelle. Le Fonds monétaire, déjà le siège est à Yaoundé. Nous avons déjà les bâtiments, le personnel. Mais, c’est quelque chose qui n’est pas facile à mettre en oeuvre. Donc, nous sommes en train de voir comment mettre en oeuvre un Fonds monétaire africain. Lorsqu’on en parlait au début, les gens rigolaient. Il s’est dit il y a le Fonds monétaire international, comment on va mettre en place un Fonds monétaire africain ? Comment il va fonctionner ? Et puis on a vu qu’après la crise, l’Asie, qui n’y pensait pas du tout, en quelques années, a mis en place un fonds monétaire. Avec la crise grecque et le reste, les Européens commencent à y penser.

Q : La déclaration des chefs d’Etat dit clairement que le colonel Kadhafi ne doit pas faire partie des négociations. En revanche, le Conseil national de transition avait demandé avant le sommet que le colonel Kadhafi ne fasse pas non plus partie de l’autorité de transition. Le plan proposé ne va pas jusque-là. Est- ce que vous ne craignez pas vos propositions soient rejetées par une partie au conflit ?

R : Nous avons toujours affirmé depuis le 10 mars, c’est-à-dire bien avant le Conseil de sécurité, que la transition sera inclusive et consensuelle.

Q : Qu’est-ce qu’il y a de nouveau à Malabo, car toutes les décisions que vous avez annoncées, avaient déjà été annoncées auparavant ?

R : Non, non, nous avions une « feuille de route » qui était claire, qui parlait de cessez-le-feu, de transition inclusive et de l’objectif final qui est de mettre en place des réformes nécessaires pour répondre aux aspirations légitimes du peuple libyen à la démocratie, à la bonne gouvernance, aux droits de l’ homme, à la justice, etc. Est-ce que ce qui est dit là n’est pas un objectif suffisamment clair pour que vous puissiez vous-mêmes en tirer les conclusions ? Et dans le document qui a été proposé, nous entrons dans les détails. Dans le paragraphe 1, on dit bien qu’il (le colonel Kadhafi) ne prendra pas part à ces négociations. Mais les négociations ne concernent pas que le cessez-le-feu, elles concernent la transition.

Xinhua

17e sommet de l’Union Africaine : un de plus… sans grandes illusions

La grande comédie! Comme à leur habitude, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine se réunissent pour jouer leur part de la tragicomédie du continent. Cette fois, on ne rencontrera pas dans les couloirs le «roi des rois traditionnels d’Afrique» et sa cohorte de roitelets et d’amazones. On ne verra pas non plus luire le cuir chevelu du Président sénégalais. Tandis que la Côte d’Ivoire fait son grand retour avec un chef de délégation qui en aura rêvé durant plus de 20 ans. Depuis le dernier sommet en effet, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.

Les dirigeants africains ont comme de coutume du pain sur la planche. Qu’ils malaxeront et laisseront encore d’autres venir cuire à leur place. Ici, seuls les temps qui changent, pas les mœurs.

Il n’y a décidément qu’à l’occasion de ces genres de grand-messes que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine donnent l’impression de la cohésion et l’illusion de la solidarité à toute épreuve. A entendre le président de la Commission de l’Union africaine à quelques heures de l’ouverture du sommet, les Chefs d’Etats et de gouvernement réunis à Malabo auraient en leur possession la clé de résolution de la plus importante crise de l’heure, la révolution libyenne. Comme s’il avait fallu attendre trois mois et plus de pilonnages intensifs du territoire de la Libye par l’OTAN, des déchirements au sein de la grande famille africaine et les retrouvailles de Malabo pour que germe de quelques esprits illuminés la panacée qu’attend le peuple libyen pour retrouver la paix et accéder à la démocratie. Et ce, justement à Malabo. Dans l’antre de l’un des plus méthodiques pourfendeurs des libertés publiques et des droits de l’homme sur le continent africain. Le président Théodoro Obiang Nguema, président en exercice de l’Union africaine, que certains ont tôt fait d’avoir absout simplement parce que grâce à la manne pétrolière, il est en train de faire de la Guinée équatoriale un véritable eldorado africain. Absolution qui fait litière du fait que quand le président Ahmed Sékou Touré, alors encore héros d’un continent, proclamait : « nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage », il ne s’adressait pas seulement au président français Charles de Gaulle. Mais là n’est pas notre propos.

Il parait donc que le 17e sommet de l’Union africaine va accoucher d’une solution sur mesure pour la Libye ?! Pure illusion. Ce n’est pas la première fois que les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres de l’institution panafricaine se retrouvent ainsi pour examiner les problèmes du continent. Mais s’il est vrai qu’ils trouvent cette fois-ci le moyen qui permettrait de mettre fin à la crise en Libye en donnant satisfaction d’abord et avant tout au peuple assoiffé de liberté tout en préservant le pays d’une dérive islamiste, là par contre oui, ce serait la première fois que l’UA réunie en sommet, arriverait à de si nobles fins. L’histoire de l’Afrique ne regorge en effet pas de ces exemplarités. A preuve, combien de fois les dirigeants africains ne se sont-ils pas réunis en sommets ordinaires et extraordinaires sur la longue crise de Côte d’Ivoire entre décembre 1999 et avril 2010? Et pour quel résultat? La solution à la crise ivoirienne, celle en cours d’application, est venue de l’intérieur de la Côte d’Ivoire et de l’extérieur du continent, pour l’essentiel.

Aussi, face à la complexité des situations auxquelles doivent réfléchir les dirigeants africains réunis à Malabo, il y a de quoi être sceptique. En effet, outre la meurtrière révolution libyenne, les débats porteront entre autres sur la situation au Soudan à quelques jours de l’officialisation de la partition entre le Nord et le Sud et sur la menace terroriste grandissante au Sahel. Dans chacune de ces situations, les puissances occidentales ont déjà commencé à déplacer leurs pions. Aidées en cela par certains de ces chefs d’Etat et de gouvernement consciemment venus faire acte de présence, sans plus. Et quand on sait que c’est encore largement par la grâce de ces puissances étrangères que l’Union africaine peut dans certains cas se targuer d’avoir contribué à la résorption de telle ou telle crise sur le continent, il n’est plus autre chose à faire que de conclure à une faillite sans détour de l’Union.

Malabo, pas plus qu’Addis-Abeba et moins encore que d’autres grands shows internationaux de la sorte, ne résoudra les problèmes d’une Afrique sclérosée par la pratique de ses dirigeants. Sans doute proposera-t-on des solutions. Mais, encore faudrait-il qu’elles soient convenables pour tous et qu’il existe les moyens de leur mise en application. Un attelage bien difficile.

par James-William GBAGUIDI, LNT

Après la coquille vide du NEPAD destinée à tuer l’Union Africaine dans l’œuf, le président Wade vient de poignarder l’Union Africaine

Après la coquille vide du NEPAD destinée à tuer l’Union Africaine dans l’œuf le président Wade vient de poignarder l’Union Africaine en reconnaissant les terroristes de Benghazi, alors que la majorité de ces pairs prônent le contraire.

Quel sérum d’aboulie a pénétré les veines de la nation pour que nulle clameur ne réprouve la récente pantalonnade diplomatique du président Wade ? Son voyage à Benghazi, envers et contre la position de l’Union africaine, aura davantage démonétisé une diplomatie sénégalaise téléguidée par les puissances étrangères. Face à cette saynète diplomatique incongrue qui laisse l’Afrique entière comme deux ronds de flan, nulle clameur ne s’élève pour réclamer ordre et éthique à la politique diplomatique du président de la République. La nation sénégalaise somnolerait-elle au ronron des turpitudes d’Abdoulaye Wade ? Il y a quelque chose de révulsant à voir le président de la République débarquer en Libye en paladin de la démocratie et en vestale des Droits de l’homme pour enjoindre Kadhafi de quitter le pouvoir. Abdoulaye Wade a, par le passé, trop souvent minaudé avec Kadhafi pour jouer au grand mamamouchi démocrate.

En atteste la visite en grande pompe que le Libyen a effectuée au Sénégal avec tout le lyrisme ambiant qui s’en est accompagné. Wade a toujours été un flagorneur impénitent de Kadhafi qui, lui aussi, n’a jamais tari d’éloges à son endroit.

Aussi cette palinodie acrobatique du président en aura-t-elle laissé plus d’un pantois. Certes, l’angélisme enfariné ne tient pas la route en diplomatie et la Realpolitik la plus cynique peut se justifier par sa nécessité et son efficacité. Mais il est toujours malséant, pour un homme d’Etat, de se rétracter en jetant les accointances d’hier dans les poubelles de l’oubli.

Il s’y ajoute que Kadhafi, quelque despote qu’il puisse être, n’a pas vraiment de leçons à recevoir de notre vieux baladin national. Abdoulaye Wade a beau se dorer la pilule en se drapant dans les oripeaux d’un démocrate, il n’en demeure pas moins un autocrate invétéré au même titre que le foutraque libyen. La nation sénégalaise, sous son règne, n’est qu’un écrin de peines où les libertés individuelles sont brimées au quotidien avec une désinvolture ineffable.

L’exemple du jeune Malick Bâ, froidement assassiné par les sicaires de la gendarmerie pour avoir renaudé contre la chienlit des découpages administratifs, en est une parfaite illustration.

Sous son règne, une pléthore de journalistes auront été mis au gnouf et une foultitude de ‘procès staliniens’ intentés contre des opposants jugés trop encombrants (exemple Idrissa Seck). Notons, au passage, l’emprise inouïe, sous son magistère, du népotisme familial qui est caractéristique des régimes totalitaires.

Mais, à Benghazi, dans le halo des projecteurs du monde entier, Abdoulaye Wade se pavanera en grand appariteur des Droits de l’homme, occultant ainsi ses pires exactions liberticides.

Grand écran pour ses hauts-faits démocratiques, moucharabieh pour ses plus abjectes exactions : voici le Docteur Jekyll démocrate et le Mister Hyde satrape du Sénégal.

Paladin de la démocratie le matin et tortionnaire des libertés le soir, Wade est une harpie au visage démocratique et au corps de dictateur. Il n’a, de ce fait, aucune leçon à donner à Kadhafi.

Par ailleurs, le président Wade, dans son odyssée importune, se sera aussi distingué par son attitude schismatique vis-à-vis de l’Union africaine. En prenant le contre-pied d’icelle, il aura bousculé les pudeurs à l’Africaine de la bienséance. Et ouvert au sein de ladite organisation des lézardes où suinte le venin de la désunion.

Interrogé plus tard sur les ondes de la Rfi, il excipera de la pusillanimité alléguée de l’Union africaine pour justifier son attitude fractionniste. Mais force est de constater qu’en filigrane de cette visite ubuesque à Benghazi, transparaît la tutelle française.

Abdoulaye Wade n’est, dans cette histoire, qu’un obscur laquais africain à la solde des puissances étrangères. Corvéable et malléable à merci, il n’est, aux yeux de ses maîtres occidentaux, qu’un roquet à qui l’on demande d’aboyer un discours de commande.

Voilà pourquoi, à Benghazi, il a fortement raboté les courbes de son discours pour qu’elles épousent les circonvolutions de la bien-pensance occidentale. Dans cette posture de vulgaire factotum, Wade semble donc ériger la servilité au rang des plus grandes vertus. De quoi dessiller les yeux rêveurs de tous ces songe-creux qui croyaient notre pays délié de son ancrage colonial.

La visite du président de la République à Benghazi aura donc couvert notre pays d’opprobre. Pis, elle discrédite davantage notre diplomatie qui, aujourd’hui, ne cesse de voir ses dorures s’écailler et son tranchant s’émousser.

Face à cette impéritie chronique de nos dirigeants, j’eusse tant aimé que le peuple se levât, comme un seul homme, pour protester contre les embardées du pouvoir.

Mais, à quelques encablures de 2012, le peuple sénégalais, dans sa grande longanimité, semble avoir fait le choix d’attendre le moment des élections pour se débonder dans les urnes.

Par El Hadji Malick Sall

Source : Afrique en Ligne