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Angola: le Gouvernement dénonce l’interventionnisme armé en Afrique

Le ministre angolais des Relations Extérieures, Georges Chicoty, a declaré jeudi à Addis Abeba, que l’Afrique était marqué par l’interventionnisme armé et par une forte implication politique des puissances occidentales dans la résolution de leurs problèmes dont la politique interne.

Georges Chikoty a fait cette dénonciation dans son discours prononcé à la session extraornaire de l’Assemblée des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine (UA) qui se déroule depuis mercredi à Addis Abeba (Ethiopie).

Le Chef de la diplomatie angolaise qui y a participé en qualité de représentant du Président José Eduardo dos Santos, il  a cité à titre d’exemple les cas de la Côte d’Ivoire et de la Libye, rappelant que les Nations Unies ont autorisé les interventions militaires dans ces pays avec un soit-disant objectif de protéger les populations locales.

Selon lui, pour la première fois cette formulation a été utilisé de façon aussi claire par l’ONU pour justifier l’invention dans un conflit, faisant remarquer une nouvelle manière d’agir dans la gestion de crises.

Dans son allocution faite devant 13 Chefs d’Etat et 24 chefs de gouvernement africains, Georges Chicoty a souligné que la nouvelle tendance du conseil de sécurité de s’engager de façon active et se plaçant en faveur de l’une des parties en conflit, entre en choc avec le concept traditionnel de maintien de la paix conçue comme rigourireusement neutre depuis la création de l’ONU.

Pour le diplomate, le monde vit de grandes transformations qui ne peuvent être indifférent à aucune nation, vu que les pays africains qui avaient fait tant de progrès sont l’objet de destruction systématique et programmée avec des conséquences imprévisibles pour l’avénir du continent.

Il a fait observer que indépendamment des expériences vécues, aujourd’hui personne ne sait par où viendront les prochains conflits et par conséquent l’Afrique ne peut se croiser les bras et espérer que surgissent de nouvelles crises pour trouver des solutions.

« Les Etats africains doivent assumer leurs responsabilités devant l’organisation continentale, lui fournissant une autonomie financière, en évitant ainsi une dépendance des contributions des pays donateurs, en redéfinissant des priorités de l’organisation, en créant un agenda minime et plus efficace.

VIA

Communiqué de Presse : L’UA intensifie ses efforts pour une solution politique en Libye et souligne l’importance que revêt le respect et de la lettre et de l’esprit de la Résolution 1973 (2011)

Alors que la crise à laquelle fait face la Libye entre dans son troisième mois, l’Union africaine (UA), à travers son Comité ad hoc de haut niveau sur la situation en Libye et la Commission, continue de déployer des efforts soutenus en vue de trouver une solution politique, sur la base de la Feuille de route adoptée par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, le 10 mars 2011. A cet égard, les contacts se poursuivent avec nombre de partenaires internationaux et parties prenantes, afin de faciliter le commencement, aussi rapidement que possible, de négociations sur un cessez‐le‐feu et les autres éléments de la Feuille de route, en particulier la mise en place d’une période de transition inclusive, au cours de laquelle seront entreprises les réformes nécessaires pour s’attaquer aux causes de la crise actuelle. Une telle transition déboucherait sur des élections démocratiques pour permettre au peuple libyen de choisir librement ses dirigeants.

Les efforts de l’UA sont animés par la conviction qu’en dernière instance, seule une solution politique permettra de promouvoir durablement les aspirations légitimes du peuple libyen à la réforme, à la démocratie, à la bonne gouvernance et à l’Etat de droit. Dans ce contexte, un cessez‐le‐feu vérifiable et placé sous contrôle international est essentiel, tant pour créer des conditions propices à l’aboutissement de négociations entre les parties libyennes que pour assurer la protection de la population civile, qui constitue l’objet même de la résolution 1973

(2011) adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies, et devrait guider les opérations militaires en cours en Libye. Il convient de rappeler que, dès février 2011, le CPS a énergiquement condamné l’usage aveugle et excessif de la force et d’armes mortelles contre des manifestants paisibles en Libye, en violation des droits de l’homme et du droit humanitaire international.

Depuis, l’UA a régulièrement rappelé au Gouvernement libyen les responsabilités qui sont les siennes pour la protection de sa propre population. Dans ce contexte, l’UA est profondément préoccupée par la situation en constante détérioration qui prévaut dans la ville de Misrata et les souffrances qui en découlent pour la population locale et les travailleurs migrants africains qui y sont bloqués.

Elle appelle les autorités libyennes, dans le prolongement de leur acceptation formelle et inconditionnelle de la Feuille de route de l’UA, à, immédiatement et unilatéralement, prendre les mesures nécessaires pour alléger les souffrances de la population civile. Ces mesures faciliteront grandement la réalisation rapide d’un cessez‐le‐feu global.

La Commission réitère l’engagement de l’UA en faveur du respect de la résolution 1973 (2011), tel qu’exprimé dans le communiqué du CPS du 26 avril 2011. Dans le même temps, la

Commission ne peut que se faire l’écho de l’appel du CPS sur la nécessité impérieuse pour tous les pays et organisations impliqués dans la mise en œuvre de cette résolution d’agir d’une manière pleinement conforme à la légalité internationale et aux dispositions de la résolution, dont le seul objectif est d’assurer la protection de la population civile. Il s’agit là d’un élément essentiel pour promouvoir un consensus international sur la meilleure voie à suivre en Libye, ainsi que pour renforcer la légalité internationale.

Avec l’opération conduite par l’OTAN en Libye entrant dans sa sixième semaine, il y a un risque accru d’enregistrer davantage de victimes civiles, comme l’a tragiquement démontré le bombardement qui a entraîné la mort injustifiée du fils du dirigeant libyen et de ses petits-enfants, et la destruction d’infrastructures socio‐économiques vitales. De telles actions ne peuvent que compliquer la situation. Pour l’UA, il est temps de céder la voie à un processus politique, y compris un cessez‐le‐feu immédiat, tel que demandé dans sa Feuille de route et les décisions pertinentes du CPS, afin de mettre un terme au conflit actuel, qui a déjà coûté la vie à de nombreux Libyens anonymes sur l’ensemble du pays.

L’UA n’aura de cesse de déployer des efforts pour mettre pour un terme rapide à la crise en

Libye et aider le peuple libyen à réaliser ses aspirations légitimes. Ce faisant, l’UA agit en vertu des dispositions pertinentes de son Acte constitutif et d’autres instruments de l’UA relatifs au respect du caractère sacré de la vie humaine, de la démocratie et de la bonne gouvernance. Dans le cadre de ces efforts, le Président de la Commission participera, en tant qu’invité, à la prochaine réunion du Groupe de Contact sur la Libye, à Rome, le 5 mai 2011. Il saisira cette occasion pour insister, auprès des membres du Groupe de contact, sur la nécessité de promouvoir et de mettre en œuvre une solution politique à la crise libyenne, et mobiliser un appui supplémentaire pour les efforts et la Feuille de route de l’UA.

L’UA saisira également l’occasion des prochaines réunions, à Addis Abéba, entre son CPS, d’une part, le Comité politique et de sécurité de l’Union européenne (UE) et le Conseil de sécurité des Nations unies, de l’autre, respectivement, les 11 et 21 mai 2011, pour mettre en relief la nécessité d’une solution politique et celle de bâtir, à cette fin, un consensus international orienté vers l’action.

Addis Abéba, le 3 mai 2011

Crises africaines : Dissoudre ou défendre l’Union Africaine ?

Faut-il désespérer de l’Union africaine ? Le monde arabe fait sa révolution à partir des rives de la Méditerranée, elle reste muette. La Libye sous les feux de l’OTAN, elle condamne et propose une médiation bancale. La Côte d’Ivoire en crise, la solution africaine n’est jamais arrivée. Le Burkina Faso commence peut-être à égrener la fin de Blaise Compaoré, dans les convulsions  d’une tension naissante, l’UA est prostrée dans le silence.

C’est dans ces circonstances que le diplomate français très peu diplomate, Bernard-Henri Lévy, fait un compte-rendu à la limite avilissant du passage du panel de l’Union à Benghazi, fief des insurgés libyens. Et parle de « délégation pathétique » « jetée dehors » « les pieds au cul » pour avoir proposé une solution « rédigée par Mouammar Kadhafi ». Alors, question : faut-il dissoudre l’UA ? Ou la défendre des diarrhées verbales de pseudo-démocrates cachés sous le manteau néocolonialiste du diplomate ?

Quelle raison nous ont donné ces derniers mois les Chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique de croire en l’utilité de l’organisation panafricaine ? Le temps passe et un profond hiatus se marque de plus en plus entre l’action et le discours de l’institution. Les dernières crises du continent ne sont là que pour en témoigner. Il ne semble pas y avoir la moindre force ni influence de la coercition sur le continent, en dépit des dispositions prises en ce sens par les dirigeants de l’UA. La condamnation systématique des coups d’Etat militaires n’en a en rien découragé la multiplication ces dix dernières années. Au sein même de la délégation en visite à Tripoli, puis Benghazi, un putschiste de luxe : Mohamed Abdel Aziz, ci-devant président de la Mauritanie, adoubé par ses pairs après un scrutin biscornu, quelques mois après son coup d’Etat contre un Président démocratiquement élu, lui. De Tananarive à Nairobi, d’Harare à Alger, de Mbabane à Bissau, les maux du continent sont divers et variés. Et il ne provient de l’Union que peu de solutions acceptables, si elles ne sont pas tout simplement inapplicables.

Le mal, en réalité, réside dans une disposition essentielle de l’acte constitutif de l’Union africaine héritée de la charte de l’OUA : la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats. Ce principe sacro-saint, qui s’étiole pourtant au plan international devant l’apparition et le développement d’autres notions comme le droit d’ingérence humanitaire ou encore la responsabilité de protéger, reste totalement inamovible, inattaquable et intouchable dans le dispositif juridique qui sous-tend chaque action de l’Union africaine. Ajoutée à la question tout autant inaliénable de la souveraineté des Etats, elle vient paralyser, dans une grande mesure les dispositions que l’Union africaine et ses organes principaux auraient pu prendre face à des questions relevant à tout le moins des compétences que leur attribue le même acte constitutif, sur la base des objectifs et buts affirmés par l’organisation. Sans compter, toute langue de bois écartée, avec la mauvaise volonté manifeste de certains chefs d’Etat et de gouvernement dont l’influence plus ou moins importante au sein de l’UA, explique en partie des atermoiements pour le moins préjudiciables à la crédibilité de l’institution.

Ceci dit, il y a quand même un pas qu’il ne faut pas franchir. Que le français Bernard-Henri Levy s’est trop facilement permis de franchir en parlant en des termes pour le moins désobligeants de la visite du panel des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine à Tripoli et Benghazi en quête de la paix. Il n’est un secret pour personne que nombre de Chefs d’Etat africains doivent au Guide libyen d’avoir été reconnus comme tel et maintenus au pouvoir. De là à affirmer que les Présidents africains se sont laissé dicter leurs propositions de sortie de crise par le Colonel Kadhafi… Quand même ! Au surplus, le mépris dans les mots choisis par l’ami de Nicolas Sarkozy pour faire part de la fin de non-recevoir opposée par le Conseil national de Transition libyen au panel africain est patent. J’eus dit en d’autres temps que Jacob Zuma et ses collègues l’ont bien cherché. Envisager aujourd’hui une solution qui inclut un maintien au pouvoir de Mouammar Kadhafi est tout de même susceptible de réprobation. Tout au moins de la part de ceux qui auraient dû être nettoyés comme des « rats » et des « cafards » sans la résolution 1973.

Bernard-Henri Levy et les gens de son acabit, que la situation actuelle du continent africain sort de leur silence, n’ont qu’à se taire. La boucler pour que ceux des Africains qui ont des vérités à dire ne soient pas entendus comme des voix et des suppôts de l’impérialisme et de la recolonisation du continent. Quant à l’Union africaine, nous n’avons qu’elle pour laver nos souillures. Mais, messieurs les Présidents, votre copie est à revoir.

James William GBAGUIDI

Les chefs d’Etats africains suscitent le mépris et la honte, Côte d’Ivoire 2011 – Congo Kinshasa 1961, l’histoire se répète !

Ce lundi 11 avril 2011, l’inacceptable vient encore de se produire en Afrique noire. Comme ce fut le cas en 1961 avec l’arrestation, par le colon belge, de Patrice Lumumba qui sera livré pour assassinat à son rival politique Tshombé. Le colon blanc français vient de frapper et détruire le plus grand symbole représentatif de la souveraineté d’un pays indépendant : l’Institution Présidentielle de la Côte d’Ivoire ! L’armée française a détruit la Présidence ivoirienne et arrêté son Chef d’Etat (Laurent Gbagbo), avec sa famille, et l’a livré à son adversaire politique (Ouattara) et ses rebelles sauvages.

La France par ce geste signifie clairement, au monde entier, que l’indépendance de la Côte d’Ivoire et sa souveraineté sont une grosse blague racontée depuis les années 60. Il y’a une lugubre similitude historique entre ce qui s’est passé au Congo Kinshasa avec Lumumba en 1961 ET ce qu’il se passe actuellement en 2011 avec la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo. L’histoire macabre est en train de se répéter ! Mêmes les peuples des communautés internationales restent curieusement muets malgré le cynisme de ce crime que le continent noir revit.

Malheureusement, l’Union Africaine qui est sensée traiter les problèmes du continent se relègue aussi au rang de simple messager des volontés de Sarkozy quant à sa vision de la politique du continent noir. Nos chefs d’Etat sont d’autant plus ridicules, et irresponsables, qu’ils ont laissé la situation ivoirienne déraper jusqu’à l’indécente arrestation de Gbagbo et sa femme par la France. Ils sont livrés aux rebelles de Ouattara qui leur infligent déjà de copieuses humiliations. La France a opéré sereinement comme si le Président ivoirien n’était qu’un simple délinquant terré dans un abri quelconque, qu’on devait à tout prix détruire sans retenue, et dans l’irrespect total du droit international protégeant la souveraineté des Etats.

Pendant que Gbagbo est la cible des missiles français, notre chère Union Africaine se rend chez Kadhafi qui n’est pourtant pas en danger de mort comme le Président ivoirien. Les chefs d’Etats africains, par cette attitude, ont-ils sacrifié leur homologue ivoirien par lâcheté ou par opportunisme ? Même le Président sud-africain Jacob Zuma qui a vécu dans ces turpitudes racistes et coloniales dans son pays pendant des décennies, s’est tiré discrètement et honteusement, abandonnant son frère GBAGBO au rouleau compresseur franco-onusien. Ce que n’aurait pas fait son prédécesseur Tabo MBEKI qui a tenu tête à Chirac, en 2004, alors que la France continuait à déstabiliser la Côte d’Ivoire avec la rébellion de Ouattara.

Les chefs d’Etat africains ont laissé la France lyncher GBAGBO comme un animal qu’il n’est pas. Ils signifient à leur Peuple que le sort macabre du Président ivoirien a été scellé par le dieu colonial auquel le nègre ne doit pas résister. Les noirs ne seront JAMAIS respectés tant qu’ils continueront à se comporter en félons, en grands enfants à qui l’on fait miroiter n’importe quoi quand ils ne plient pas sous de simples menaces. En jouant aux factotums de Sarkozy en Libye alors qu’ils devaient vider le contentieux ivoirien qui s’enlisait de plus en plus, quelle image nos chefs d’Etat renvoient ils de l’Africain, et à l’Africain, quant au sérieux avec lequel ils seraient capables de traiter les problèmes cruciaux de leur continent ?

Au regard de ce qu’il se passe en Côte d’Ivoire, l’Afrique n’est pas prête de sortir du joug colonial avec ses larbins chefs d’Etats sans aucune dignité. Ils sont incapables de structurer un front uni contre toute manœuvre occidentale, de division, visant à annihiler la moindre velléité d’asseoir une réelle solidarité et une véritable souveraineté de nos Etats. Sans émettre la moindre protestation, en laissant la France livrer leur homologue et frère GBAGBO et sa femme, aux délinquants de Ouattara pour les humilier et les assassiner, les présidents africains viennent de montrer leur incapacité légendaire à mener leur Peuple vers les voies de la dignité et du respect de l’Homme noir.

HONTE A ‘EUX’ DANS LEURS COSTUMES DE MACAQUES

Bhenen

L’Union africaine : un instrument pour les Grandes puissances !

L’Afrique est-t-elle obligée de se soumettre éternellement au pouvoir de la France et des autres puissances de la planète?

L’Union africaine ou plutôt cette fameuse « Institution » supranationale et communautaire, qui n’a aucune indépendance à l’égard des grandes puissances dont les décisions ont été toujours approuvées sans hésitation et immédiatement appliquées à la lettre, constitue aujourd’hui une menace et une grande entrave à la marche vers la concrétisation des Etats-Unis d’Afrique. Comment et pourquoi vouloir être au service d’un continent sans prendre ses distances vis-à-vis de ceux-là mêmes qui l’avaient mis à sac à travers la colonisation et la guerre froide ? Ce sont aujourd’hui les descendants mêmes des Négriers qui nous envahissent en nous manipulant et en nous divisant pour mieux régner. Leur sulfureux droit d’intervention en Afrique est-il justifiable et raisonnable au 21e siècle ? La France doit cesser son Hypocrisie !
Que signifie sécuriser la « vie des Français » dans un pays en guerre tout en ignorant celle des « Autochtones »? Il est scandaleux de voir les militaires français uniquement préoccupés par le sauvetage de leurs ressortissants ! Pourquoi ont-ils oublié les milliers d’Ivoiriens menacés par les balles des belligérants et les règlements de compte!
Toujours vouée à la botte des prétendus maîtres et gendarmes du monde, l’Union africaine est donc une organisation qui est destinée à appliquer à la lettre les décisions et les préoccupations cyniques et calculées de ces donneurs de leçons insouciants du moindre respect de la vie et de l’intégrité du tiers-mondiste! C’est pourquoi elle doit être refondée et confiée à des hommes responsables, lucides, libres, intransigeants et adoubés par le suffrage universel. Autrement dit, elle doit être arrachée des mains des putschistes et des despotes sanguinaires qui en ternissent l’image en la décrédibilisant davantage.

La nécessité de réinventer des Institutions libres, incontestables, non influençables, indomptables et au service de l’intérêt de notre Continent assujetti!

Il est plus que jamais urgent d’avoir en Afrique des institutions crédibles et capables de trancher sur les questions relatives à paix, à la sécurité, à la justice et au développement socio-économique! Parmi tous ces points évoqués, la justice est, à mon sens, primordiale dans la mesure où il est incompréhensible et anormal d’assister au transfert de nos dirigeants à la Cour pénale internationale en les livrant à la soi-disant Justice exemplaire des plus forts. Combien de chefs d’Etat africains ont-ils été victimes des comploteurs de la CPI ? Charles Taylor, Omar El Béchir, Jean-Pierre Bemba et Hissène Habré, les génocidaires rwandais…. Et qui d’autres encore à l’avenir? Peut-être Laurent Gbagbo et sa femme s’ils sont capturés par leurs complices rebelles ? Et il est étonnant d’entendre l’Onu parler de « violation massive des droits de l’homme » en Côte-d’Ivoire, ou ailleurs dans le monde « inutile » des pauvres au moment où elle qualifie de « représailles » le terrorisme d’Etat d’Israël envers la Palestine.
Pourquoi l’Afrique hésite-elle à s’affranchir de la tutelle des Grandes Puissances malhonnêtes en quête de dirigeants africains naïfs, dociles et toujours prêts à acquiescer et à se subordonner à leur sale politique, quitte à encourager des rebellions sanglantes?
Toutefois, loin de moi l’idée de vouloir me faire l’avocat du diable ! Mais, je pense que l’Afrique devrait pouvoir au moins s’occuper de ses propres enfants en évitant ainsi de hurler avec les loups revanchards et opportunistes. Ces derniers exaltent lorsque qu’un Africain est humilié à la face du monde. En vertu de quoi les Grandes puissances s’arrogent-elles le droit d’appuyer les rebellions en Afrique ? Quand verrons-nous un président africain proférer des menaces contre ces petits maîtres et justiciers du monde?

Certes, Gbagbo a tort de s’accrocher au pouvoir en foulant aux pieds les principes de la démocratie et le choix des Ivoiriens, mais l’ingérence étrangère viole évidemment la Souveraineté de ce pays meurtri par la division et la guerre. Autrement dit, la solution pour la Côte d’Ivoire se trouve en Afrique et non pas à l’Onu ou à Bruxelles. Laisser la crise ivoirienne aux mains d’autres continents, c’est jeter de l’huile sur le feu ! C’est un acte lâche, irresponsable et démissionnaire pour l’Afrique. Où sont actuellement tous ces « intellos » qui s’étaient empressés de riposter, suite au discours insensé de Sarkozy à Dakar ? Manquent-ils tous d’inspiration et de souffle pour réagir face à l’agression de l’Africain orchestrée par l’actuel président français qui ne cesse de stigmatiser et de persécuter surtout les braves et honnêtes citoyens d’Afrique en Métropole. A-t-il rappelé à l’ordre son ministre de l’intérieur Claude Guéant pour ses propos racistes qui affirmaient que « les Français ne se sentent plus chez eux » ? Si nous sommes indésirables chez Sarkozy, pourquoi ne somme-t-il pas tous les ressortissants français en Afrique de revenir dans la mère patrie ?

Au demeurant, a-t-on déjà assisté à l’ingérence des pays du Sud dans les conflits survenus dans les pays du Nord ? En tout cas, depuis le procès de Nuremberg, ce sont les plus forts qui jugent les plus faibles. L’Afrique doit prendre son destin en main en se libérant des serres de ces grandes puissances perturbatrices de notre entité et de notre unité continentales. Elles dévorent nos ressources naturelles et s’inquiètent d’une éventuelle naissance des Etats-Unis d’Afrique : l’union ne fait-elle pas la force ? Elles savent pertinemment qu’une Afrique unie et forte est une réelle menace contre leurs intérêts. Cinquante ans après les Indépendances, tout le monde se rend compte du manque criant d’institutions fiables et susceptibles de gérer les crises et conflits en Afrique.

Dame Diop

ddiopdame@hotmail.com
Publications: « Les rêves de la fleur », recueil de poésie publié aux éditions Edilivre, Paris, 2010; 164 pages.

Ahoua Don Mello, porte-parole du gouvernement : “ON N’ETOUFFERA PAS LA COTE D’IVOIRE

M. le porte-parole du gouvernement, ce samedi, la conférence des Chefs d’Etat de l’Uemoa s’est alignée sur la position de la Cedeao en ne reconnaissant que M. Alassane Ouattara comme le président élu ivoirien. Après vos mises en garde et autres interpellations, vous attendiez-vous à cette décision?

Comme vous le savez, le gouvernement Aké N’Gbo est une équipe responsable et donc nous avions élaboré toutes les hypothèses. On était prêt à toutes les éventualités et nous avons pris les précautions judiciaires pour attaquer la décision du conseil des ministres de l’Union (tenue le 23 décembre dernier). Pour vous dire que ce qui vient de se passer était une des hypothèses. Vous avez attaqué la décision devant une juridiction ouest-africaine. Quels sont les arguments que vous développez pour défendre votre cause?

Nous nous sommes d’abord appuyés sur les textes qui régissent l’Uemoa. Cette Union est une association qui a des règles claires : il y a une indépendance totale entre la Bceao et l’organe politique qui est la conférence des ministres ou des chefs d’Etat. Nous estimons que cette grande première est une violation grave des règles qui régissent notre institution commune.

A cette réunion de Bamako non seulement le gouverneur Dacoury-Tabley a démissionné, mais l’accord tacite qui réservait le poste de gouverneur de la Bceao à la Côte d’Ivoire semble avoir été remis en cause. Quel commentaire en faites-vous?

C’est là encore des actes qui n’ont aucun fondement juridique. Le gouverneur a été contraint à la démission. Nous nous y opposons.

Sa démission n’est pas volontaire?

Elle n’est pas volontaire et comme dit tantôt, elle est, selon nous, nulle et de nul effet. Nous ne reconnaîtrons donc pas du tout le nouveau gouverneur qui va être désigné pour le remplacer.

Comment va concrètement s’exercer votre décision de nullité de la décision des Chefs d’Etat de l’Uemoa qui a porté son choix sur le Burkinabé Jean-Baptiste Compaoré?

C’est la dialectique entre la loi et la réalité. Autant, ils ont violé la loi en se comportant comme ils l’ont fait, autant en Côte d’Ivoire, la réalité du pouvoir économique et financier est entre les mains du Président Laurent Gbagbo. Nous continuerons donc à fonctionner comme bon nous semble. Et des dispositions sont prises pour faire face à ce qui se passe en ce moment.

Pensez-vous, dans ce cas, vous retirer de l’Uemoa si votre gouvernement n’est pas sur la même longueur d’onde que les autres Etats de la sous-région?

Pour le moment, nous n’en sommes pas encore là. Mais en tout état de cause, nous sommes un Etat souverain et continuerons d’exercer notre responsabilité en tant que tel.

Dans le cadre de la réciprocité, vous avez annoncé la révocation de certains ambassadeurs dont le dernier en date est celui de la France. Comment cette mesure s’applique-t-elle alors que ces différents pays qui ne reconnaissent pas Laurent Gbagbo comme le Président élu, déclarent vos décisions nulles et de nul effet?

Mieux vaut peut-être en rire. Le territoire gouvernemental est sous le contrôle du Président Laurent Gbagbo, de même que l’administration qui est l’interlocuteur de l’ambassadeur. Maintenant, s’ils ne reconnaissent pas nos décisions, avec qui vont-ils dialoguer dans leurs rapports avec la Côte d’Ivoire?

Avec le président qu’ils reconnaissent.

Oui, mais qui est sans domicile fixe et qui, de surcroît, n’a ni administration ni territoire. Donc ils reconnaissent un Ovni (objet volant non identifié, ndlr).

Comme ces pays ne reconnaissent pas votre administration et les ambassadeurs qui se réclament de vous, comment, concrètement, les Ivoiriens vont-ils faire pour avoir leurs visas et autres papiers consulaires?

Cette question n’a jamais posé de difficultés réelles puisque l’ambassade en tant qu’institution existe.

Pour être plus précis, la France a accrédité, en lieu et place de Pierre Kipré, Aly Coulibaly que M. Ouattara a désigné. Comment les choses vont-elles se passer au plan pratique?

Nous allons arrêter bientôt une nouvelle procédure d’acquisition des visas et autres papiers. Seuls ceux qui la suivront auront leurs papiers et autres documents consulaires. Ne pourront donc entrer en Côte d’Ivoire que ceux qui suivront cette procédure.

La Côte d’Ivoire, avec les mesures qui sont prises contre les autorités et des sociétés d’Etat accusées de composer avec un «gouvernement illégitime», est presque sous embargo. Quelles sont vos solutions pour sortir de l’isolement économique et diplomatique?

Il ne s’agit pas du tout d’un isolement économique ou diplomatique, mais de nos relations avec un seul pays, la France, et un seul continent, l’Europe. Je voudrais vous rappeler que le monde est constitué de cinq continents qui ne constituent pas l’Union européenne. C’est donc l’Europe qui s’isole de la Côte d’Ivoire à la différence du reste du monde qui continue de coopérer normalement avec notre pays et son régime établi.

Mais au plan sous-régional, en ne reconnaissant que M. Ouattara comme le président élu, la Cedeao va-t-elle coopérer avec votre régime?

Mais la Cedeao, c’est la Côte d’Ivoire car notre pays est essentiel dans cette organisation ouest-africaine.

La crise post-électorale actuelle n’a-t-elle pas un impact négatif sur nos relations politiques, commerciales et diplomatiques avec la sous-région?

Certainement qu’il y aura un impact, mais la responsabilité d’un gouvernement, c’est d’identifier l’ensemble des impacts et d’y trouver des solutions. Lorsque la Côte d’Ivoire a été divisée en deux à partir de septembre 2002, il y a eu un impact, mais cela n’a pas affecté l’évolution du port d’Abidjan qui a trouvé des voies et moyens pour continuer non seulement à vivre, mais à développer ses activités. Cette situation n’a pas eu non plus d’impact sur l’économie puisque nous sommes passés de six mille milliards de francs à dix milliards de Pib. Nos recettes budgétaires n’ont pas souffert de cette situation de partition du pays puisque bien que la partie nord du pays ne payât pas d’impôt, les recettes ont été multipliées par deux. Nous sommes passés de 1280 milliards de Fcfa de ressources budgétaires en 2000 à près de 2500 milliards de Fcfa en 2010. Vous voyez que tout est une question de stratégie. A chaque problème, ses solutions les plus appropriées et la Côte d’Ivoire a suffisamment d’intelligence pour trouver des solutions aux problèmes qui vont se poser.

Cette crise n’encourage-t-elle pas la diversification des partenaires pour sortir du face-à-face avec la France?

C’est l’évidence même. C’est dans cette dynamique que Laurent Gbagbo a positionné la Côte d’Ivoire depuis son premier mandat. Nous estimons que la mondialisation ne doit pas être l’apanage des pays développés, mais une opportunité pour les Africains de sortir du sous-développement et de la dépendance pour emprunter la voie de l’indépendance économique. Dans cette dynamique, nous jouons à fond le jeu de la mondialisation.

Dans cette perspective, est-il envisagé que la Côte d’Ivoire, à l’instar d’autres pays ouest-africains, crée sa propre monnaie?

Nous n’en sommes pas arrivés là, mais si nous y sommes contraints, on avisera. Ce qui est certain, on n’étouffera pas la Côte d’Ivoire, y compris sur le plan monétaire.

Monsieur le porte-parole, vous avez rendu publiques plusieurs mesures gouvernementales dont le départ de l’Onuci qui n’est pas encore effectif et la révocation de certains ambassadeurs dont ceux du Canada, de Grande-Bretagne et de France. Les Ivoiriens ont l’impression que ce sont des effets d’annonce.

Ils se trompent. Car celui qui reste malgré nos décisions, reste comme un citoyen ordinaire d’un autre pays. Nous ne sommes pas un Etat fermé; la Côte d’Ivoire est un pays ouvert qui réunit plus de 26% d’immigrés; ce sont donc des immigrés en plus ou des touristes. Nous ne sommes pas hostiles et n’allons pas chasser des citoyens d’autres pays, mais du point de vue des relations diplomatiques, c’est terminé. Nous ne coopérons plus avec les ambassadeurs révoqués. C’est ça le plus important.

Et avec l’Onuci qui continue de parcourir les rues du pays avec ses convois alors que vous avez aussi demandé son départ.

Je veux dire que lorsque vous faites une requête, surtout dans la dynamique des relations avec les organisations multinationales, cela prend du temps. Soyons patients. En tout état de cause, les Ivoiriens doivent être rassurés: la Côte d’Ivoire mettra tout en œuvre pour retrouver sa pleine souveraineté et son indépendance. Le temps que cela prendra importe peu, mais l’objectif est clair et non négociable. Nous avons mis des décennies pour mettre fin à l’occupation coloniale; cette occupation prendra aussi fin.

Dans cette dynamique d’indépendance, le gouvernement Aké N’Gbo a rendu public son budget 2011 qui s’élève à 2907 milliards de nos francs. Comment allez-vous l’équilibrer en recettes?

En recettes, vous savez que l’économie ivoirienne est basée sur l’agriculture, et notamment le cacao. Le comportement de cette denrée est celui de l’économie nationale; en plus du cacao, il y a le pétrole. Le cacao a un comportement qui s’adapte à la crise : quand une crise survient, le prix augmente et donc nos ressources sont à la hausse.

Ces prévisions ne sont-elles pas aléatoires?

Pas du tout. La Côte d’Ivoire fait 40% de la production mondiale. Lorsque le risque pays augmente, la demande du cacao augmente également pour se couvrir du risque et par conséquent, les prix flambent. C’est ce qui a été observé en 2002. Notre économie s’adapte à la crise. Et donc nous réaliserons nos recettes fondées sur l’agro-industrie et le pétrole. Quant aux autres ressources dont celles venant des entreprises, nous n’avons pas d’inquiétudes. Si les entreprises font de bonnes affaires, il n’y a pas de raison qu’elles ne paient pas leurs impôts.

Pourtant le président de la Chambrede commerce et d’industrie a demandé à ses adhérents de procéder à une désobéissance fiscale. N’y a-t-il pas péril  en la demeure?

Le responsable dont vous parlez a été le premier à payer ses impôts.

N’y a-t-il pas été contraint?

Je vous dis qu’il a été le premier à honorer ses engagements vis-à-vis du fisc, malgré le mot d’ordre.

Vous savez sans doute que son passeport lui a été retiré et qu’il lui est interdit de sortir du pays. N’a-t-il pas subi des pressions?

Non, pas du tout. Il a payé ses impôts avant même de lancer le mot d’ordre de désobéissance fiscale.

Ne ferez-vous pas appel à des financements extérieurs pour le budget 2011?

Non. Nous ne sommes plus dans cette logique d’aide et de subvention, parce que nous estimons que la Côte d’Ivoire doit prendre toutes ses responsabilités. Nous parlons davantage de mobilisation de toutes les ressources internes pour faire face à nos dépenses. Le reste relève de relations d’affaires. Nous pouvons emprunter sur le marché financier ou développer des rapports de partenariat avec des pays amis. C’est ce que tous les pays non mendiants font.

Le gouvernement précédent a fait beaucoup d’efforts pour atteindre les initiatives Ppte.

Où en êtes-vous avec la crise actuelle?

Pour nous, l’objectif de l’initiative Ppte, c’est de réduire la dette extérieure, qui constitue un boulet. C’est pourquoi dans notre budget, nous avons prévu le paiement de la dette extérieure qui a quand même chuté, passant de 591 milliards de nos francs à 345 milliards de Fcfa; ce qui devient de plus en plus supportable par le budget et d’ici peu, nous pensons que la dette extérieure ne sera plus qu’un vieux souvenir.

Les relations orageuses avec la France et l’Union européenne ne peuvent-elles pas entraîner des difficultés financières pour la Côte d’Ivoire?

Le budget que nous avons confectionné tient compte du contexte de crise dans lequel nous évoluons. Il est assis sur l’économie réelle de la Côte d’Ivoire qui a su, depuis 2002, s’adapter à la crise. Qui aurait pu penser que les ressources de l’Etat auraient augmenté après la rébellion en 2002? Personne. Nous sommes toujours dans cette dynamique d’adaptation de notre économie à la crise. Nous pensons que le cacao, le pétrole, l’agro-industrie vont continuer de bien se comporter et les entreprises de faire de bonnes affaires, de même que l’Etat.

Avez-vous raison d’être optimiste quand des entreprises ferment?

Le temps nous donnera raison, comme il nous a donné raison depuis 2002.

L’Union africaine se réunit à la fin de ce mois et la crise ivoirienne sera le plat de résistance, au point que le Président français s’est invité à ce sommet.

Votre régime a-t-il des espoirs de pouvoir s’en sortir politiquement?

La crise que nous traversons est politique et un jour ou l’autre, il faudra lui trouver une issue politique. Nous avons fait des propositions concrètes, car c’est une crise issue des élections. Nous disons que tous les documents électoraux (bulletins de vote, listes d’émargement, Pv) existent. La seule chose à faire et qui est moins coûteuse est de s’asseoir autour d’une table et de chercher la vérité des urnes. Une fois que cette vérité sera sue, chacun s’y pliera.

La vérité, selon vos adversaires, est connue: c’est Laurent Gbagbo qui a perdu.

Sur quelle base fondent-ils leurs arguments? Le mercredi 1er décembre, à minuit, il y avait sur les 19 régions de Côte d’Ivoire, 14 qui font 80% de l’électorat dont les résultats étaient consolidés par les 31 membres centraux de la Commission électorale indépendante. Ces résultats consolidés donnaient 53,87%  à Gbagbo Laurent et 46,13% à Alassane Ouattara. Les résultats des cinq autres régions étaient en examen, compte tenu des nombreuses irrégularités qui étaient visibles et qui ont été révélées autant par le système électronique que par le comptage manuel. Que s’est-il passé entre le mercredi à minuit où Gbagbo était en tête dans quatorze régions et le jeudi à 16h? Rien du tout. Les résultats qui ont été annoncés par Youssouf Bakayoko, militant du Rhdp et non le président de la Cei, sont les résultats du QG d’Alassane Ouattara où il est allé les annoncer.

A partir de quels documents?

De ceux qui étaient sur le site web du candidat Ouattara. Pour nous, ce ne sont pas les résultats de la Cei qui ont été annoncés puisque l’institution n’avait pas consolidé ceux de cinq régions, et donc de l’ensemble des 19 régions. La seule vérité, pour nous, ce sont les résultats consolidés et ceux du Conseil constitutionnel. Cette haute juridiction a donné Laurent Gbagbo vainqueur au vu des irrégularités. On ne peut donc pas tenir compte des résultats du QG de Ouattara puisque ceux-là sont différents de ceux du QG de Laurent Gbagbo.

Les résultats de notre institution ne sont pas reconnus et aujourd’hui, il est question de chasser le Président Laurent Gbagbo par la force.

Dites-moi qui ne reconnaît pas les résultats de la présidentielle? Pas les institutions ivoiriennes. Elles ont donné Laurent Gbagbo vainqueur. Ceux qui contestent les résultats du Conseil constitutionnel sont ceux qui refusent la vérité des urnes. C’est tout. C’est pourquoi il faut s’asseoir et compter des bulletins de vote au lieu de compter des morts.

La communauté sous-régionale et internationale, au détriment de la voie du dialogue, privilégie l’usage de la force.

Il ne s’agit pas de la communauté internationale, mais des parrains de la rébellion qui a attaqué la Côte d’Ivoire et qui se cachent maintenant derrière des résultats truqués de l’élection présidentielle fabriqués au QG de Ouattara pour parvenir à leurs fins. En 2002, ils ont bien attaqué un candidat élu démocratiquement. Qui a protesté? Où était cette fameuse communauté internationale? Elle a soutenu la rébellion contre le président élu. En 2004, elle est allée plus loin; elle a agressé la population ivoirienne avec l’aide de l’armée française de l’opération Licorne. Qui a protesté? C’est cette même communauté internationale qui, aujourd’hui, soutient une tricherie électorale contre la démocratie, la légalité et la souveraineté de la Côte d’Ivoire. C’est donc le prolongement de la campagne de subversions.   S’il y a une chose que cette communauté internationale devait dénoncer, c’est la rébellion et ses conséquences que nous vivons jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi a-t-elle été silencieuse et pourquoi, brusquement, se réveille-t-elle?

Votre gouvernement est-il donc prêt à la guerre?

Non, nous ne sommes pas des guérilléros. Vous savez qui sont ceux-là ! Ils attaquent la Côte d’Ivoire depuis 2002. Une partie est au nord, une autre est à l’hôtel du Golf. On a vu leur réaction le 16 décembre dernier lors de leur marche dite pacifique, avec des liaisons objectives avec les forces onusiennes. Laurent Gbagbo est constant. Depuis 1982, il a choisi la voie de la transformation pacifique de la société ivoirienne. Et même quand il a été attaqué en 2002, il a accepté de dialoguer avec ceux qui avaient le sang et les armes en mains. Il n’y a pas plus pacifique que lui. Il est allé jusqu’à proposer le dialogue direct à la rébellion.

En choisissant comme médiateur de ce dialogue celui dont le pays a servi de sanctuaire à la rébellion, Laurent Gbagbo avait-il fait le bon choix?

Vous savez, en politique, il faut toujours faire confiance. Nous avons fait confiance. C’est tout.

Votre confiance a-t-elle été trahie?

Vous le constatez vous-même.

La crise post-électorale n’est-elle pas en train de retarder la réunification du pays?

Pas du tout. C’est une question de temps. Dans la dynamique dans laquelle nous nous trouvons, nous sommes arrivés à un point qu’on peut appeler le Jugement dernier. Parce que tous les acteurs sont maintenant présents, tous ceux qui se cachaient marchent maintenant à visage découvert. Le temps est venu où l’on a maintenant les bons interlocuteurs et on espère trouver le bon médiateur pour sortir de la crise définitivement. Et ainsi, nous nous engagerons dans la logique de recouvrement de la totalité du territoire ivoirien.

Pendant ce temps, la Cedeao prépare activement une intervention militaire. Ses chefs d’états-majors, après Abuja, viennent de se réunir à Bamako. Des travaux sont entrepris pour réhabiliter, apprend-on, l’aéroport de Bouaké où des mouvements d’avion s’effectueraient. Le gouvernement ivoirien est-il prêt à faire face à une telle éventualité?

C’est du bluff parce que d’abord, aucun texte n’autorise une armée sous-régionale à s’attaquer à la Côte d’Ivoire. En plus, la Côte d’Ivoire, c’est la Cedeao en modèle réduit. Est-ce que cette organisation peut s’attaquer à elle-même sans risque d’embraser toute la sous-région?

N’êtes-vous pas en train de faire chanter les Chefs d’Etat dont les populations vivent massivement en Côte d’Ivoire?

C’est une réalité; ce n’est pas du chantage. Vraisemblablement, est-ce que la Cedeao peut attaquer la Cedeao? Ce n’est pas possible. Ce sont donc des pressions qui sont exercées sur les autorités régulières. En tout état de cause, l’armée ivoirienne est l’une des mieux loties de l’Afrique de l’Ouest. Et elle est déterminée. Le peuple de Côte d’Ivoire qui soutient son armée et son chef est autant déterminé, comme il l’a été en 2000 pour chasser le général Guéi Robert, en 2002 au déclenchement de la rébellion armée après l’échec du coup d’Etat et en 2004 avec les événements de novembre.

Pourtant cette armée aussi déterminée soit-elle n’a pas pu mater la rébellion armée.

Certes, mais vous convenez avec moi qu’en 2002, on dormait et cette rébellion nous a surpris. Maintenant qu’on nous prépare un coup à ciel ouvert, nous dormirons les yeux ouverts. Et nous sommes prêts à faire face à toutes les éventualités.

Pour l’instant, vous bénéficiez du soutien de la population qui ne suit pas les mots d’ordre de désobéissance et de grève lancés par vos adversaires. Jusqu’à quand va-t-elle tenir?

La population ivoirienne nous soutient depuis 2000, en descendant dans la rue pour retirer le pouvoir des mains des militaires pour le donner à Laurent Gbagbo. Elle ne cesse de nous soutenir depuis ces épreuves. Rassurez-vous, tant que nous maintiendrons le cap de notre désir de sortir la Côte d’Ivoire de la dépendance, son soutien ne nous fera pas défaut.

Avez-vous, au plan international, des amis?

Bien sûr que nous avons des amis; sinon comment vivons-nous depuis 2002? Vous avez vu les premiers pas du pouvoir de Laurent Gbagbo en 2000, 2001 et 2002. Ces relations se sont consolidées à travers le temps puisque nous avons vécu en toute indépendance. Depuis 2000, nous avons pu développer des relations dans la stratégie de la mondialisation de l’économie et de la coopération Sud-Sud que le Président de la République a mise en œuvre. Nous avons donc pu diversifier nos relations sur les cinq continents. Si un seul continent s’isole de la Côte d’Ivoire, cela ne veut pas dire que notre pays est isolé, au contraire, il a l’opportunité des quatre autres continents. Donc ne confondons pas la France et ses amis avec la communauté internationale.

A l’allure où vont les choses, pensez-vous à entrer en possession des fonds ivoiriens disponibles au Trésor français?

Nous aviserons selon la dynamique de la crise.

Interview réalisée par

FERRO M. BALLY, Fraternité matin d’Abidjan

Philippe-Henri Dacoury-Tabley regrette l’intrusion de la politique à la BCEAO

Le gouverneur Philippe-Henri Dacoury-Tabley a décrié, samedi, l’intrusion de la politique à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). Au terme des travaux de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) tenue à Bamako, M. Dacoury-Tabley a été contraint à la démission à la tête de l’institution financière sous-régionale pour n’avoir pas pu mettre en œuvre des décisions du sommet extraordinaire du Conseil des ministres du 23 décembre.

Sous pression des chefs d’Etat du Mali, du Bénin, du Burkina Faso et du Togo ainsi que des représentants de la Guinée-Bissau et du Niger, le gouverneur Philippe-Henri Dacoury-Tabley a présenté, lors de la 15ème session de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA, sa démission pour « n’avoir pas pu appliquer les décisions » de la réunion extraordinaire du Conseil des ministres de l’Union tenue le 23 décembre à Bissau.
« Face au fait que la politique a tendance à être introduite à la Banque centrale, nous avons accepté de rendre la décision qui nous a été demandée, en espérant que les jours à venir ne seront pas sombres pour l’UEMOA », a-t-il affirmé dans une déclaration.

A ce propos, dans un communiqué lu par le porte-parole du gouvernement ivoirien, Ahoua Don Mello, ministre de l’Equipement et de l’Assainissement, cette démission « forcée » de M. Philippe-Henri Dacoury-Tabley, « reste illégale, nulle et de nul effet ».

La Côte d’Ivoire, estimant qu’il « est dangereux de mêler la politique aux affaires monétaires et financières (…) », a saisi la cour de justice de l’UEMOA et relève, à ce titre, que « la décision des chefs d’Etat apparait comme précipitée et inappropriée ».

« Il est indispensable que notre zone monétaire continue d’être ensemble, continue de se consolider« , a conclu le Gouverneur.

A noter que, l’UEMOA a été créée en 1994 et a pour objectif, le renforcement de la compétitivité des activités économiques et financières des Etats membres dans le cadre d’un marché ouvert et concurrentiel et d’un environnement juridique rationnalisé et harmonisé.

James Lossa