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Chavez soutient les Palestiniens, dans une lettre à l’ONU

Le président vénézuélien Hugo Chavez a envoyé mardi une lettre au chef de l’ONU Ban Ki-moon dans laquelle il soutient la démarche des Palestiniens visant à obtenir l’admission de leur Etat à l’ONU, affirmant que ce serait « un acte de justice historique. »

M. Chavez, qui ne peut participer cette année à l’Assemblée générale annuelle des Nations unies car il suit un traitement de chimiothérapie à Cuba pour combattre un cancer, déclare dans cette lettre que le Venezuela soutient pleinement « le droit de la Palestine de devenir un Etat libre, souverain et indépendant. »

« Ce serait un acte de justice historique à l’égard d’un peuple qui subit, depuis des temps immémoriaux, toute la douleur et la souffrance du monde, » ajoute-t-il dans sa lettre adressée à M. Ban.

« La cause palestinienne est tout d’abord définie par les injustices dont ce peuple a souffert et continue à souffrir. Et j’ose ajouter que la cause palestinienne représente aussi la volonté constante et inflexible de résister, » dit encore M. Chavez.

Il critique également « Israël » et les Etats-Unis, ces derniers ayant menacé d’opposer leur veto à la démarche palestinienne au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le dirigeant vénézuélien réitère également une affirmation qu’il a déjà faite, selon laquelle « le modèle des Nations unies est devenu obsolète ».

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=31416&cid=18&fromval=1

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Chávez, l’agression en Libye, l’OTAN et la vérité

Il est absolument évident que sans la guerre d’invasion aérienne déclenchée par l’OTAN, en plus de la livraison d’armes et de ressources aux rebelles, ceux-ci seraient battus depuis beaucoup de temps.

Par : Néstor Francia

Bien que nous ne sachions pas encore quelle est la situation réelle actuelle à Tripoli, dans le sens de jusqu’à quand ils pourront résister aux forces loyales à Gadafi, il n’y a pas de doute des progressions faites par les rebelles, duquel un clair signal est sa présence à Tripoli. En tout cas, quelques leçons laisse cette confrontation entre un pays et le pouvoir de l’empire et ses alliés. Parce que c’est la réalité.

Il est absolument évident que sans la guerre d’invasion aérienne détachée par l’OTAN, en plus de la livraison d’armes et de ressources aux rebelles, ceux-ci seraient battus depuis beaucoup de temps. Il ne s’agit pas donc d’une guerre civile, comme essaie d’imposer le tissu médiatique droitier d’occident, mais d’une guerre de rapine du type auquel l’impérialisme prédateur nous a habitués.

D’un autre côté, la canaille médiatique internationale a commencé à essayer de présenter la Libye comme un échec de Hugo Chávez, surtout en essayant d’établir la matrice dont le Président est resté isolé dans l’appui à Gadafi.

Dans un câble de l’agence AFP on dit que « Le président Hugo Chávez est resté seul avec sa condamnation à l’OTAN par son appui aux rebelles libyens qui traquent son ami Muamar Gadafi, et a insisté sur ce que l’objectif des États-Unis et ses alliés de l’Europe soit de s’emparer du pétrole du pays africain ». Pour appuyer cette affirmation, cette agence dirigée par la droite française se présente aux déclarations d’analystes droitiers vénézuéliens, comme Charles Romero, qui affirme, dans la référence au cas de la Libye et de sa relation avec la Venezuela, qui s’agit « d’un engagement qui a été tissé le long de ces mois, et qui laisse le gouvernement isolé du Venezuela, dans une position à une countreroute de la communauté internationale ».

Du côté de Chávez la vérité est. Hier le président a affirmé :  » Soyez fixée sur l’effronterie, le cynisme. C’est l’excuse pour intervenir et pour prendre un pays et ses richesses ». Mais de plus Chávez a été le premier à proposer au monde un plan de paix, ce qui a été la position dans un moment après d’autres facteurs, comme le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et c’était la position soutenue jusqu’à l’aujourd’hui par l’Union Africaine. Chávez a lancé sa proposition en février de cette année et peu après, le 19 mars, a commencé l’invasion aérienne de la Libye, l’agression servie d’entremetteur par le Conseil de Sûreté de l’ONU.

Mais la condamnation à l’OTAN a été partagée par multitude de secteurs progressistes et anti-impérialistes du monde. Hier, par exemple, s’est soulevé, au nom du gouvernement de l’Équateur, Raphaël Quintero, qui est Sous-secrétaire de Relations Extérieures pour l’Afrique, l’Asie et l’Océanie. Dans un communiqué officiel, le Fermier a exprimé le désir ardent de l’Équateur pour qu’il s’accomplisse avec les conventions internationales ; les droits de l’homme se respectent en Libye et Le contrôle du Gouvernement n’essaie pas de prendre cela comme modèle pour tout de suite contrôler d’autres pays … il doit être déterminé par le peuple(village) libyen et non par une alliance militaire qu’ une incursion avec des milliers de bombardements occidentaux pour le territoire pétrolier d’un pays a été réparti, dans la meilleure tradition coloniale. Cela est absolument inadmissible « et il a ajouté que, » les forces militaires étrangères doivent sortir de la Libye, puisqu’elles ont agi au détriment de la souveraineté de ce pays, irrespectueux même de l’opinion des organisations régionales de l’Afrique « .

En réalité, la « communauté internationale » est un autre des mythes créés par l’impérialisme pour l’utiliser comme instrument de son domaine. Elle n’a jamais existé une telle « communauté » depuis que la société humanise a été divisée en classes. Il y a toujours eu des empires, des invasions, des guerres, des rapines, des révoltes, des divisions et une confrontation d’intérêts. Dans l’actuel monde, le mythe de la « communauté internationale » est soutenu sur la base d’organismes au moins inoffensif et inclusivement, plusieurs fois, des outils des impériales politiques contre les peuples, comme mille fois l’Organisation critiquée des Nations Unies et de tous ses parapets odieux exclusifs comme le Conseil de Sûreté, qui est otage des grandes puissances impériales qui le colonisent, en mettant d’un côté à la majorité immense des pays du globe.

Il n’est pas, le savoir facile qui est en faveur plus dans les analyses de quelques académiciens droitiers de notre pays, si la canaillerie ou l’ignorance. C’est le cas d’Elsa Cardoso, qui affirme que « La thèse selon laquelle ce qui motive l’intervention en Libye est sa richesse pétrolière montre le cristal à travers duquel le président Chávez regarde au monde et le miroir très déformé duquel il voit la situation vénézuélienne. Il renforce son idée de ce qu’une grande conspiration existe contre son gouvernement ».

Cardoso veut présenter la politique de rapine des ressources naturelles du monde, appliquée par les États-Unis, comme une « thèse » et non comme une réalité évidente, qui est ce qui est, jusqu’au point dont le congressiste étranger du parti démocrate Ed Markey a déclaré à la chaîne MSNBC : « Bon, nous sommes en Libye à cause du pétrole ». De même, cette réaction définit la conspiration évidente contre notre Gouvernement ; ce qui est nommé le « coup continuel », comme une « idée » et non une certitude. Comme s’ils n’auraient pas existé le coup d’avril, le sabotage pétrolier, les guarimbas et, actuellement, les attaques contre les institutions, surtout contre la Force Armée.

Pour entendre un autre filon important qui étaie la politique agressive de l’empire, qui a sa manifestation principale actuelle au Moyen-Orient, il est nécessaire de s’insérer dans les intérêts qui se meuvent à l’intérieur de l’ensemble de facteurs qui conforment l’aparataje impérial. Dans ce sens, l’ex-analyste de la CIA, Ray McGovern, affirme que des hommes politiques généraux et des entrepreneurs de défense sont les bénéficiaires des guerres à l’Irak et à l’Afghanistan, et ajoute que le président Obama est un « prisonnier de ce complexe industriel militaire ».

Selon McGovern un groupe de personnes qui bénéficient des guerres des États-Unis sont les « généraux politiques qui savent qu’il n’y a pas de victoire militaire dans cette guerre et ceux qui affirment cela, mais plutôt ils mettent aux troupes à travers du broyeur de viande de la guerre … Les généraux obtiennent des médailles, des promotions, et cela est très bon aux généraux ».

L’autre groupe auquel on fait du bien des guerres des États-Unis, a exprimé McGovern, ce sont les entrepreneurs de défense : « Dans la dernière vérification, il y a tant d’entrepreneurs de défense en Afghanistan comme il y a des troupes de l’armée et cela est autour de cent mille ».

McGovern a dit qu’il n’y a pas de supervision sur ces mercenaires et de combien d’argent ils dépensent pour les guerres et a affirmé que le montant monte à 2 milliards de dollars par semaine. McGovern a conclu que le « président Obama agit comme le captif de ce complexe industriel militaire qui bénéficie de ces guerres ».

Mais il y a ceux qui vont encore plus là-bas et affirment qu’en réalité Obama n’est pas seul un otage, mais il a été substitué en pratique par ces groupes de pouvoir. C’est le cas de Norman Birnbaum, de professeur de l’Université de Georgetown, qui dans un long article très intéressant diplômé un « Coup d’État aux EU » affirme, entre d’autres choses :

« Ce qu’a subi la démocratie américaine a été un coup d’État caché. Ses auteurs occupent les plus hauts postes des affaires et des finances, ses domestiques loyaux dirigent les universités, les médias et la grande partie de la culture, et également monopolisent la connaissance professionnelle scientifique et technique … il y a une coïncidence substantielle entre qui ils ont donné son acquiescement au coup d’État et plusieurs qui prétendent au rechristianisation de la nation qu’ils croient que l’avortement et l’homosexualité sont des délits civils alors que les péchés religieux, qui répondent à l’immigration avec xénophobie.

« Ce sont les blancs, principalement au sud et à l’ouest, et dans les plus petites villes qui sont restées scandalisées par l’élection d’un président afro-américain et qui plusieurs de la fausseté se sont crues (et encore ils croient) sur sa personne, depuis sa naissance au Kenya jusqu’à son adhésion à l’islam …

Traduit de l’espagnol par Aymard

http://www.surysur.net/?q=node/17255

Chávez désapprouve le montage sur la prise de la Place Verte de Tripoli

Le président de la République bolivarienne du Venezuela, Hugo Chávez, a critiqué ce samedi le montage réalisé au Qatar sur la prise de la Place emblématique Verte à Tripoli, la capitale libyenne, de la part des combattants du Conseil National de la Transition (CNT).

« Vous voyez comment la capacité de manipulation médiatique a été disséminée dans ce monde », a fait remarquer l’intervenant en référence à la dénonciation de la chaîne Russia Today contre les canaux arabes Al Jazeera et Al Arabiya pour avoir manipulé les images qui ont favorisé la reconnaissance du CNT comme nouveau gouvernement en Libye.

Chávez a déclaré lors du Conseil des Ministres que, l’assaut et la prise de la Place Verte ont été un montage fait au Qatar, où les acteurs professionnels ont participé ». « Ils ont monté au Qatar la Place Verte et l’ont prise, et cela a été ce qu’ils ont répandu au monde, pour cela prenons avec attention ce qu’ils disent les médias« , a t-il ajouté.

Actuellement les versions croissent sur la manipulation de ce qui arrive en Libye, où l’occident tire sur une guerre depuis six mois. « Ce mensonge a trompé les troupes du leader libyen, Muammar Gaddafi qui font partie de l’armée de mer, de plus ils ont remonté le moral des Rebelles et plus de 11 pays ont reconnu le CNT. Tous ces avantages sont le résultat de ces mensonges qui ont été travaillés et transportés d’une manière intelligente pour tromper les partisans de Muammar Gaddafi », a reconnu le leader du CNT, Mustafá Abdeljalil.

La chaîne Russia Today a dénoncé Al Jazeera et Al Arabiya, pour ces manipulations d’images qui ont favorisé la reconnaissance du CNT comme nouveau gouvernement de la nation nord-africaine. Conformément à la chaîne russe, les images des manifestations capturées, supposément, par des journalistes dans la Place Verte, ont été gravées des jours d’avance pour capter la sympathie de l’occident.

Dans les images on peut observer que beaucoup de détails ne coïncident pas avec la réalité de l’infrastructure. Dans le simulacre, aux éditeurs, ils ont oublié de placer les palmiers dans la – supposée – Place Verte. De plus, ils manquent, les ornements du décor et encore beaucoup de détails.

Entretemps, le porte-parole du Comité de solidarité des peuples de la Syrie et la Libye, Marat Musin, a soutenu que « nous avons su qu’avait été préparée une copie de la Place Verte de Tripoli, ils ont commercé avec des acteurs professionnels », a t’il a indiqué.

Il a rappelé que « Omar Jali a bien interprété le rôle du fils de Mouammar Gaddafi, Seif à l’Islam, le monde a vu comment les adversaires arrêtent le fils du colonel », mais les prises ont semblé fausses. Russia Today a réitéré que la création, de la part des agences internationales, d’une situation de déstabilisation en Libye a permis que le CNT fût reconnu par 11 nations et a facilité que les ambassades libyennes se joignent à la cause rebelle.

teleSUR/yi – FC

Traduit de l’espagnol par Aymard

http://www.telesurtv.net/secciones/noticias/97017-NN/chavez-rechaza-montaje-sobre-la-toma-de-la-plaza-verde-de-tripoli/

Guerre Coloniale De L’OTAN En Libye : Les Pervers De L’UMP Applaudissent Au Pillage du Pétrole, du Gaz, A La Ruée Vers L’Or de Tripoli

« Je n’aime pas les grands mots, mais ce que je vois c’est le commencement d’une deuxième colonisation de l’Afrique » Lode Vanoost ancien porte parole du parlement belge.

Actualisation de la situation en Libye. NE CROYEZ PAS LES MEDIAS A LA SOLDE DES MARCHANDS DE CANON ET BANQUIERS ET LEURS LARBINS UMPS & C°

L’arrogance affichée par les élites politiques perverses de l’UMPS dans leurs propos concernant la situation en Libye après 6 mois de bombardements intensifs de l’OTAN qui ont fait des milliers de victimes civiles libyennes surtout ces derniers jours où ils ont redoublé d’intensité montre à quel point la seule chose qui les intéresse c’est la main mise sur le pétrole et le gaz libyens par leurs donneurs d’ordre les multinationales qui piétinent d’impatience de pouvoir acheter les truands/al Qaeda/royalistes libyens – qui sans l’aide de l’OTAN mais surtout de la France la Grande Bretagne et les US sans oublier le Qatar n’auraient rien pu faire et restent de surcroit divisés – pour pouvoir impunément comme au temps des colonies piller le peuple libyen.

C’est surprenant que pendant 6 mois la situation soit restée bloquée malgré ces bombardements criminels de l’OTAN et que brusquement les médias propagandistes crient victoire en montrant des scènes de liesse dans Tripoli le peuple de Tripoli supposé acclamé en libérateurs ces terroristes du CNT. Des évènements non confirmés pour l’heure par des journalistes honnêtes (il en reste quelques uns) actuellement sur place. Il serait fort étonnant quand on connaît l’animosité existante entre les « traîtres » de Benghazi et la majorité de la population de Tripoli que cette dernière se réjouisse de la « victoire » de cette bande de fanatiques supplétifs de l’OTAN.

Pour expliquer cette fulgurante avancée des gangs du CNT dans Tripoli certains avancent le soutien inconditionnel par la puissance de feu aérien et maritime en violation de la Résolution 1973 du CSONU de l’OTAN le déploiement de forces spéciales au sol pour entraîner les rebelles et effectuer des missions de reconnaissance et repérage de cibles, mais aussi lors de l’avancée sur et dans Tripoli de leurs participation aux combats.

L’OTAN ne dissimule même plus la présence de «bottes au sol» de même que ceux qui ont voté pour la Résolution 1973 oublient désormais dans leur précipitation de crier victoire de mentionner la «protection des civils» affirmant haut et fort que «Kadhafi doit partir» prouvant ainsi à tous ceux qui ont soutenu stupidement cette «guerre humanitaire» que l’objectif réel était bien un «changement de régime» pour une recolonisation et un pillage de la Libye.

On parle moins de l’importante réserve d’or possédée par le peuple libyen. La Libye dispose d’une réserve de 143.8 tonnes. Dans le contexte actuel de crise économique avec des banques en manque de liquidité cet or libyen détenu par la Banque Centrale Libyenne est fortement convoité et ce d’autant plus que le président du Venézuela, Hugo Chavez, vient d’annoncer la nationalisation de l’exploitation de l’or dans son pays qui possède d’importantes ressources minières mais aussi le rapatriement et le transfert de ces réserves d’or soit au Venezuela soit dans des pays amis tels la Russie, la Chine…

D’où le vent de panique qui souffle dans le monde des banques notamment américaines et européennes obligées de se séparer de ce magot et la flambée actuelle de l’or.

Mais cette flambée de l’or peut aussi s’expliquer par le fait qu’il soit possible que les 143.8 tonnes d’or de la Libye ne soit plus à Tripoli mais ait été transférés ailleurs dans un pays ami qui partageait avec Kadhafi le souci de faire directement profiter le peuple de ses richesses en ressources naturelles en instaurant l’accès gratuit aux soins à l’éducation, des aides aux logement, bref en développant et consolidant un « état providence » tant décrié par les élites néo libérales cupides qui applaudissent aux massacres de civils en Libye.

Alors pure coïncidence cette « Ruée vers l’Or « sur Tripoli de l’OTAN et ses gangs armés de supplétifs du CNT ?

Comme l’a déclaré si justement l’ancien porte parole au parlement belge, Lode Vanoost le 22/08/2011 au site russe RT :

« L’opération de l’OTAN en Libye est un spectacle politique parfaitement orchestré qui marque le début d’une deuxième colonisation de l’Afrique. Les US et l’UE ont de très bons analystes professionnels…

« Ils ne vont pas le dire à haute voix mais ils savent parfaitement bien qu’il n’y aura pas de transition en douceur et pacifique en Libye. C’est là-dessus qu’ils comptent. Cela va leur donner une parfaite excuse pour intervenir militairement au sol.

« Je n’aime pas les grands mots mais ce que je vois c’est le commencement d’une deuxième colonisation de l’Afrique. »

Il a prédit que l’OTAN ne se retirerait pas de Libye à la fin de son mandat en Septembre.

Actualisation sur la situation en Libye

Chavez dénonce les massacres perpétrés par l’OTAN en Libye (Vidéo)

Vénézuela : Message du Président Hugo CHAVEZ à la Nation

Fidel Castro et Hugo Chavez le 28 juin 2011


« J’attends beaucoup du temps, son immense ventre contient plus d’espérances que de faits passés et les événements futurs doivent être supérieurs à ceux du passé ». Simon Bolivar.

Le temps et ses rythmes, le temps et ses ordres, le temps et ses desseins comme il est dit dans l’Ecclésiaste, m’amènent aujourd’hui à lire ce communiqué à la Nation vénézuélienne et à l’opinion publique internationale très en attente, comme elles l’ont été de l’évolution de ma santé depuis que, voilà plusieurs semaines, j’ai commencé à donner des signes évidents de détérioration.

Après l’excellent voyage que nous fîmes au Brésil et en Equateur entre le 5 et le 7 juin dernier, nous sommes arrivés à Cuba, solidaire de toujours, pour conclure le voyage avec la révision et la signature de nouveaux accords de coopération. Je confesse que, du point de vue de ma santé, j’avais seulement prévu un bilan du genou gauche déjà pratiquement remis de cette lésion du début de mai.

Tout au long de ma vie, j’ai commis des erreurs du genre de celle qui pourrait parfaitement se trouver dans cette catégorie qu’un philosophe a appelées « erreurs fondamentales » : ne pas me préoccuper de ma santé et, en outre, d’être réticent aux bilans et aux traitements médicaux. Sans doute, c’est une erreur fondamentale. Et surtout chez un révolutionnaire avec quelques modestes responsabilités comme celles que la Révolution m’imposa voilà plus de 30 ans.

Cependant, déjà à La Havane, alors que s’achevait la journée du mercredi 8 juin, nous étions à nouveau avec Fidel, avec ce géant supérieur à tous les temps et à tous les lieux. Sûrement, il ne fut pas difficile à Fidel de se rendre compte des quelques malaises que au-delà de mon genou gauche, j’avais essayé de dissimuler depuis plusieurs semaines. Il m’interrogea comme un médecin, je me confessai comme un patient et cette même nuit, tout l’immense progrès médical que la Révolution Cubaine a obtenu pour son peuple et une bonne partie du monde fut mis à notre entière disposition et un ensemble d’examens et de diagnostics commença.

C’est ainsi que fut détectée une formation étrangère dans la région pelvienne qui amena une intervention chirurgicale d’urgence devant le risque imminent d’une infection généralisée. Ce fut le samedi 11 juin, très tôt dans la matinée, quelques heures avant l’annonce lue au pays et au monde et qui a provoqué tant de manifestations de solidarité qui ne cessent de m’émouvoir à chaque instant.

Après cette opération qui, en principe, réussit à drainer l’abcès, commença un traitement antibiotique intensif avec évolution positive qui amena une amélioration notable. Cependant et malgré l’évolution générale favorable tout au long du drainage et des soins, apparurent quelques soupçons de présence d’autres formations cellulaires non détectées jusqu’alors. Commença alors immédiatement une série d’examens cytochimiques, cytologiques, microbiologiques et d’anatomie pathologique qui confirmèrent l’existence d’une tumeur avec présence de cellules cancérigènes qui rendit nécessaire une seconde intervention chirurgicale pour extraire la totalité de ladite tumeur. Une intervention majeure réalisée sans complications, après laquelle mon état a continué à évoluer de façon satisfaisante tandis que je recevais les traitements complémentaires pour combattre les divers types de cellules rencontrés et continuer ainsi sur le chemin de la guérison complète.

Pendant ce temps, je me suis tenu et je me tiens informé et à la tête des actions du Gouvernement Bolivarien, en communication permanente avec le vice-président, le camarade Elias Jaua et avec toute mon équipe gouvernementale.

Je remercie infiniment pour les nombreuses et enthousiastes démonstrations de solidarité que j’ai reçues du peuple vénézuélien et des autres peuples frères, de même que des chefs d’Etat et de Gouvernement de nombreux pays du monde, avec la conviction que tout cet amour, toute cette solidarité, constitue la plus sublime énergie qui pousse et poussera ma volonté à vaincre dans cette nouvelle bataille que la vie nous a imposée et je remercie de manière très spéciale le peuple cubain et la nation cubaine, Fidel, Raùl, et toute cette légion médicale qui s’est mobilisée dans cette bataille, de manière véritablement sublime.

Cependant, j’ai été aussi très conscient d’un certain degré d’angoisse et d’incertitude qui a parcouru, tout au long de ces jours, de ces nuits, l’âme et le corps de la nation vénézuélienne. Je crois qu’au-delà des tentatives de manipulation de certains secteurs bien connus, ces sentiments étaient et sont inévitables et font partie de la nature humaine, celle-ci entourée en outre, par les circonstances qui l’encadrent et souvent la secouent, comme il arrive en cette occasion.

Depuis le début, j’ai assumé toutes les responsabilités avec grand

soin, quant à la véracité des informations devant être transmises, me fondant sur un double ensemble de raisons : la raison médico-scientifique d’abord et en second lieu et avec le plus grand soin, depuis le plus profond de mon âme et de ma conscience, la raison humaine, la raison amoureuse, pour être précis, la raison amoureuse.

Nous avons déjà un peu parlé de la première, c’est à dire la raison médicale. Cela a été un processus lent et soigneux d’approximation et de diagnostics, d’avancées et de découvertes, tout au long des nombreuses étapes d’une procédure scientifique rigoureuse, qui ne supportait ni ne supporte des précipitations ou pressions quelles qu’elles soient. La norme suprême qui soutient cette puissante raison est la pleine vérification scientifique au-delà des indices et des soupçons qui apparaissaient.

En ce qui concerne la raison amoureuse, je suis obligé maintenant de vous parler du plus profond de moi-même. En cet instant, je me souviens du 4 février de cette tumultueuse année 1992. Ce jour-là, je n’eus pas d’autre remède que de parler au Venezuela depuis mon crépuscule, depuis un chemin qui, je le sentais, m’entrainait vers un abîme insondable Comme d’une obscure caverne de mon âme, jaillit le « pour maintenant » et ensuite, je m’enfonçai.

Reviennent aussi à ma mémoire en ce moment ces heures fatidiques du 11 avril 2002. J’envoyais alors aussi à mon peuple vénézuélien bien-aimé, ce message écrit de la Base Navale de Turiamo où j’étais prisonnier, président déchu et prisonnier : ce fut comme un chant douloureux lancé du fond d’un autre abîme qui, je le sentais, m’entrainait dans sa gorge et m’enfonçait, m’enfonçait.

Actuellement, en ce nouveau moment difficile, et surtout depuis que Fidel Castro lui-même, en personne, celui-là même de la Caserne Moncada, celui-là même du Granma, celui-là même de la Sierra Maestra, le géant de toujours, vint m’annoncer la dure nouvelle de la découverte cancérigène, je commençai à demander à mon seigneur Jésus, au Dieu de mes pères, dirait Simon Bolivar, au Manteau de la Vierge, dirait ma mère Helena, aux esprits de la savane, dirait Florentino Coronado, qu’il me laisse la possibilité de leur parler non pas d’un autre sentier de l’abîme, non pas d’une obscure caverne ou d’une nuit sans étoiles : maintenant, je voudrais leur parler de ce chemin escarpé par où je sens que je sors d’un autre abîme, maintenant, je voudrais leur parler au soleil du levant qui m’illumine, je crois que nous avons réussi, merci, mon Dieu !

Et finalement, mes compatriotes aimés et aimées, mes filles et fils adorés, mes chers camarades, jeunes, filles et garçons de mon peuple, mes vaillants soldats de toujours, mes travailleurs et travailleuses aguerris, mes chères femmes patriotes, mon peuple aimé, tous et un seul dans mon coeur, je vous dis que vouloir vous parler aujourd’hui d’une nouvelle étape vers le retour n’a rien à voir avec moi mais avec vous, peuple patriote, peuple bon, avec vous, je ne voulais et je ne veux pour rien au monde que vous m’accompagniez par les sentiers qui s’enfoncent dans un abîme quelconque. Je vous invite à escalader de nouveaux sommets ensemble parce qu’ « il y a du bon vin là-bas, sur le coteau et une belle chanson à chanter », continue à nous dire depuis son éternité, le chanteur populaire, notre cher Ali Primera.

En avant, donc ! En avant avec notre père Bolivar à l’avant-garde pour continuer à escalader la cîme du Chimborazo !

Merci, mon Dieu, merci, mon peuple, merci, ma vie !

Jusqu’à la victoire toujours !

Nous vaincrons !

La Havane, cette chère et héroïque Havane, le 30 juin 2011.

Depuis la Grande Patrie, je vous dis, de tout mon coeur, de toute mon âme, de mon espérance suprême qui est celle d’un peuple, pour maintenant et pour toujours, nous vivrons et nous vaincrons !

Merci beaucoup !

A bientôt !

Presse Présidentielle

(traduction Gaston Lopez)

http://www.editoweb.eu/vive_cuba/

Texte original et video

http://lapupilainsomne.wordpress.com/2011/06/30/viviremos-y-venceremos-dice-chavez-a-su-pueblo/

Perou : Humala Président : Les yeux retrouvés de l’indien – Alliance antiaméricaine envisageable, avec la Bolivie ou le Venezuela ?

Nous l’avions prévu. Ollanta Humala, chef de l’ancien Parti National Péruvien, qui va avoir 49 ans le 27 juin, a été élu à la Présidence du Pérou, sous l’étiquette d’un nationalisme de gauche, faite d’une coalition hétéroclite de petits partis extrémistes et modérés, intitulée Gana Peru. Il sera officiellement investi le 28 juillet, date de la célébration de la fête nationale.

Ollanta Humala succèdera, ainsi, à Alan Garcia, l’ancien ami et élève de François Mitterrand à la Sorbonne qui, après un premier mandat « révolutionnaire » (1985-1990), où il s’était opposé aux diktats du FMI sur le recouvrement de la dette en nationalisant les banques et en créant une hyper inflation à quatre chiffres, avait fomenté le terrorisme du Sentier Lumineux et plongé le pays dans la violence de la guerre civile pendant plus d’une décennie. Alan Garcia, pourtant impopulaire, avait été réélu en 2006, comme un moindre mal devant le saut dans le vide que représentait, déjà à l’époque, le candidat nationaliste, Humala.

Le Pérou, qu’il laisse à son ancien rival, est un Pérou en pleine croissance (+7% depuis le début de l’année avec une moyenne durant son mandat de +5%), porte d’entrée, depuis Fujimori, des investissements asiatiques en Amérique du Sud, mais aussi, points négatifs, un pays qui figure parmi les cancres de l’Amérique du Sud pour la piètre qualité de son système éducatif, ses bas salaires ou l’étendue de son secteur informel de l’emploi (73%), pourtant véritable soupape de sécurité de la misère et de la pauvreté dans les zones urbaines périphériques de la capitale.

A propos d’Alan Garcia, Wikileaks, la voix officieuse de l’Amérique des renseignements, avait parlé d’un « ego colossal », nous rappelant celui démesuré du délinquant sexuel, Dominique Strauss-Kahn. Pendant la campagne électorale, la rhétorique triomphaliste de l’ancien président péruvien avait insisté sur ses résultats économiques productivistes, les grands travaux publics entrepris sous le slogan d’El Peru Avanza. Reconnaissons, quand même, qu’Alan Garcia réussit, dans son second mandat, à diminuer la pauvreté, en faisant passer les chiffres de 49% en 2005 à 30% en 2011.

Or, Ollanta Humala a été élu par les pauvres et il aura pour priorité de redistribuer les fruits de la croissance (8,7 % en 2010), dans un des pays qui reste l’un des plus inégalitaires du monde. Curieusement, dès la proclamation des résultats officiels, comme d’ailleurs tous les outsiders péruviens parvenus au pouvoir ces dernières années (Fujimori, Toledo), le nouveau Président péruvien s’est empressé de rassurer Washington, ambassade incontournable à Lima, les investisseurs étrangers (israéliens et asiatiques), très présents dans le pays, et les élites financières et bancaires.

Pourtant, ses militants ne souhaitaient-ils pas, dans des meetings très enflammés, nationaliser les entreprises étrangères, « tuer les homosexuels », « exproprier les riches » et « expulser les étrangers » en prenant modèle sur la révolution bolivarienne ?

une possible alliance Perou, Bolivie et Venezuela

Elu par le Pérou amérindien, spectaculairement sous-développé

Distribuer les fruits de la richesse aux pauvres et aux démunis, c’est sur cette promesse quelque peu démagogique qu’Ollanta Humala a été clairement élu ! Il l’a, d’ailleurs, été plutôt bien (51,4% des suffrages), preuve qu’il a forcément reçu l’appui des classes moyennes, c’est-à-dire d’un vote modéré qui lui manquait entre les deux tours. Les classes moyennes sont restées en réalité sceptiques jusqu’au bout sur le retour au pouvoir du clan Fujimori, représenté au second tour par sa fille aînée, Keiko.

Ces classes moyennes ont sans doute été rassurées par les derniers discours, modérés et moins révolutionnaires du candidat de Gana Peru. Comme qui dirait, le nationaliste enflammé a su mettre de l’eau dans son vin ! Même le prix Nobel de littérature 2010, le libéral Mario Vargas Llosa, semblait avoir pris acte du second tour du 5 juillet (il avait soutenu l’ancien président, Alejandro Toledo, au premier tour), en déclarant « tout sauf Keiko Fujimori, qui serait une véritable catastrophe pour le pays ! ».

Et il ajouta que, « sans joie et avec beaucoup d’inquiétudes, je vais voter pour Humala ». Le père de Keiko Fujimori, Alberto Fujimori croupit, quant à lui, dans une prison péruvienne où il purge une peine de vingt cinq ans d’incarcération, pour violation des droits de l’homme et délits de corruption.

Le soir de l’élection, devant quelques milliers de supporters, venus célébrer sa victoire sur la place Dos de Mayo de Lima, Humala déclara : « La tâche sera difficile, mais je travaillerai à unir le peuple péruvien sans aucun type de discrimination », formule anodine mais destinée à calmer les peurs et les rancœurs nationales. Ollanta Humala a été élu par le Pérou de l’intérieur, celui des Andes ou de l’Amazonie, le Pérou amérindien, spectaculairement sous-développé (60% de pauvreté dans les zones andines avec de gros problèmes de malnutrition infantile et de désenclavement).

Le vote Humala représente le vote des exclus, le vote des gens de la montagne et de la forêt, des gens « cuivrés », le vote cholo comme, péjorativement, on l’appelle là-bas. Mais il nous faut, contrairement à la plupart des commentateurs français, nuancer et relativiser ce vote car, en réalité, le vote cholo, le vote indien a toujours marqué les élections péruviennes depuis l’échec de Mario Vargas Llosa contre Alberto Fujimori en 1990.

En fait, les cholos constituent la nouvelle classe économique péruvienne, les nouveaux riches, les « rois de la papa » (de la pomme de terre). Et eux non plus, ne sont pas près à partager leurs richesses ou à payer leurs impôts, petit sport national ! Si le vote « indien » a, depuis les années 1990, porté à chaque fois des candidats atypiques au pouvoir, les outsiders des partis politiques traditionnels devenus quasi inexistants, il n’a vraiment rien changé dans la répartition des richesses. Le pouvoir reste, par exemple, indirectement dans les mains des militaires dont, d’ailleurs, la famille Humala est issue. un leader de l’identité indienne.

Ollanta Humala : personnalité de gauche nationaliste

En effet, Ollanta Humala est un ancien militaire, formé à l’école de Chorillos de Lima. Il s’était rebellé, à la tête de son unité d’artillerie, contre l’ex-président Alberto Fujimori et fut même accusé d’exactions sanguinaires (exécutions, enlèvements, torture) contre les populations civiles dans la lutte antiterroriste  dans la zone chaude de Madre Dia, zone « rouge » de la Selva Baja, repère du narcoterrorisme et des maoïstes. A un moment du second tour, Wikileaks tenta de déstabiliser, sans succès, la campagne, en ressortant cet épisode connu du soldat Ollanta par son câble n°51973 du 26 mai 2011, où il était écrit que « le capitaine Carlos Ollanta Humala a, « probablement », commis des crimes contre l’humanité en 1992 dans la zone de Madre Mia ».

Plus précisément, Humala est issu d’une famille moyenne d’Ayacucho, une ville andine du centre du pays, qui fut l’un des foyers du Sentier Lumineux et du Mrta, adeptes de l’impôt révolutionnaire et de la production de cocaïne. Par cette famille, engagée politiquement, il fréquenta très tôt les milieux anti-terroristes, c’est-à-dire les paramilitaires. Parler alors de « personnalité de gauche », comme on le fait, souvent en France, pour caractériser Humala, nous semble donc excessif.

Sous nos latitudes, horror horribilis, il serait considéré plutôt comme un fasciste, issu de la révolution nationale (le Président Velasco des années 70) et de l’ethnocacérisme. L’ethnocacérisme est une idéologie nationaliste provenant d’une interprétation de la figure patriotique d’Andres Avelino Caceres, général péruvien du siècle passé, héros de la guerre de résistance nationale contre le Chili.

L’ethnocacerisme postule la suppression du Chili, une identité spécifique et homogène du Pérou, « l’ethnie autochtone des Péruviens ». L’identité péruvienne est, pour eux, forcément indienne. Or, cette identité est forcément fantaisiste dans un pays aussi métissé que le Pérou que, d’ailleurs, le grand écrivain quechua, Jose Maria Arguedas, dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance, caractérisait comme un « crisol de razas », un « creuset de races «.
Le  mouvement cacériste a été fondé par le propre père de Humala, Isaac Humala, curieux personnage de formation marxiste-léniniste, à la fois adorateur de Lénine de Staline et de Hitler, lecteur de Spengler, proche des paramilitaires et de la droite racialiste et fondateur d’un Institut des Etudes Ethnogéopolitiques, qui substitue à la lutte des classes le concept de lutte des races.

Un quasi plébiscite ethnique et populiste 

Ce qui est certain c’est qu’Ollanta Humala a été très influencé par ce père autoritaire et charismatique, qui l’obligea, avec son frère, à opter pour la carrière militaire dans la perspective ouvertement affichée et planifiée, par tout le clan familial, de réaliser un coup d’état politique, de prendre, un jour, le pouvoir à Lima. Ainsi, Ollanta Humala aura réussi ce pari, fou, de devenir président de la nation péruvienne, mais finalement, de manière légale et par les discours, en se vantant de n’être « ni de droite ni de gauche mais d’en bas » !

Clairement d’’extrême droite durant sa jeunesse mouvementée, Ollanta Humala s’était proclamé, en 2006, bolivarien et partisan de Chavez contre Alan Garcia, ce qui lui avait valu sa défaite électorale aux élections de 2007. Aujourd’hui, il dit s’être rangé du côté d’une gauche alternative et modérée, celle du brésilien Lula. Bref, un itinéraire assez changeant et modulable à merci, presque pragmatique, pour ne pas trop inquiété les USA.

Le vote pour Humala n’a, donc, rien à voir avec un vote socialiste ou bolivarien, mais représenterait plutôt un vote ethnique et populiste comme celui de Morales en Bolivie, le vote ethnique de l’autre Pérou, le vote populiste du peuple andin et amérindien. Notons que ce vote ethnique a pu s’exprimer, en 2011, grâce à la bénédiction surprenante des intellectuels de gauche, tous inquiets du possible retour avec Keiko Fujimori d’un fujimorisme autoritaire et ultralibéral, pourtant impossible dans le contexte de crise internationale des années 2010. Les Indiens majoritaires représentent 45% de la population péruvienne mais ils sont trop souvent écartés des rouages du pouvoir au profit des métis et des blancs.

Si l’on regarde la répartition du vote Humala, elle est déconcertante : dans les régions d’Arequipa, de Cuzco, de Huancavelica et d’Ayacucho, par exemple, toutes situées dans les montagnes, Humala réalise, au second tour, des scores souvent supérieurs à 75%. A Puno (au sud-est, près de la frontière bolivienne), il totalise même plus de 77%, la ville et toute sa région étant, il est vrai, comme Arequipa au Sud, de tradition rebelle et même séparatiste.

C’est là, selon la tradition, que Manco Capac, le premier Inca, serait sorti du lac Titicaca sur les ordres du dieu Soleil pour fonder l’empire du Tahuantinsuyo, le fameux empire inca, dont la bannière arc en ciel est souvent confondue, par les touristes incultes, avec la bannière gay !

La fin du modèle libéral péruvien ?

Le plus curieux est que les élites économiques du pays feignent la surprise, alors qu’elles auraient du voir venir ce grand retour populiste péruvien, retour du balancier marqué ces derniers mois par d’innombrables conflits sociaux. Elles auraient du comprendre que, après l’affaire inadmissible et très mal gérée du massacre de Bagua en 2009, où Alan Garcia avait donné l’ordre de tirer sur les manifestants indiens en lutte pour leurs terres, toute l’élite blanche et militaire de Lima s’était discréditée, tandis que le pouvoir central s’était coupé définitivement et, pour longtemps, de la province.

Le modèle libéral péruvien, mis en place par les Présidents successifs du Pérou, de Fujimori à Alan Garcia, par la libéralisation des frontières commerciales et les détaxations, les privatisations et les zones franches n’a pas cessé d’être perçu comme le modèle autoritaire d’une oligarchie politico-économique, qui brille par son absence de concertation avec le peuple des campagnes et les déshérités des bidonvilles de la capitale. La décentralisation, pourtant capitale dans un pays à la tradition jacobine bien ancrée n’a été souvent que vains mots ou opportunités de corruptions diverses.

Le Sud, qui avait été frappé par un violent tremblement de terre en août 2007, n’a toujours pas été complètement relogé malgré les aides internationales qui se sont perdues on ne sait où. Or, le libéralisme économique appliqué au Pérou est celui du modèle international en vigueur partout, celui que les Occidentaux cherchent à exporter en Afrique du Nord ou à imposer par la force en Grèce, demain au Portugal et en Espagne.

Ce modèle, il faut le souligner, n’est pas intéressé par les libertés politiques et la redistribution des richesses. Il ne souhaite pas le dialogue avec les secteurs populaires. Ce modèle n’est pas en soi démocratique.

Du coup, cette posture radicale du mondialisme ne peut qu’engendrer et récolter ce qu’elle a semé : le réveil des peuples et le populisme national, le protectionnisme et la fierté patriotique, le nationalisme révolutionnaire ou l’autogestion libertaire, l’élan démocratique populaire.

Rassurer l’oligarchie sans décevoir les pauvres

Ollanta Humala suscite un immense espoir, celui du partage des richesses immenses du pays (tourisme, minier, agricole, pêche), mais son grand défi sera  d’y répondre sincèrement et de mettre en place les politiques concrètes bénéficiant aux pauvres, qui ont largement voté pour lui. Il lui faudra rendre le Pérou plus juste et intégré socialement et pas seulement internationalement, à travers les alliances pro-américaines (l’Alena).

D’ailleurs, le Pérou rejoindra-t-il l’Alba, alliance bolivarienne de l’Amérique latine ? On l’espère peut-être, mais on peut en douter, tant les pressions américaines seront grandes ! Le Pérou dépend, pour la restructuration de sa dette commerciale, du bon vouloir des Etats-Unis et, en particulier, de l’aide conditionnée par ces derniers à la lutte contre l’éradication de la production de cocaïne. Les Etats-Unis disposent de bases militaires, non officielles, dans la forêt amazonienne péruvienne, bases qu’ils envisagent sérieusement de développer, à la fois pour contenir l’Equateur, la Bolivie et le Venezuela, et contrôler les réserves d’eau du poumon vert de la planète.

Dans les premiers jours qui suivirent la victoire d’Ollanta Humala, on a vu ce que cherchait avant tout le nouveau Président : amadouer les investisseurs et les marchés car, depuis des semaines, nombre de Péruviens aisés ont sorti leurs capitaux du pays, vers Miami. La Bourse de Lima a suspendu ses opérations après la proclamation officielle des résultats : elle venait d’enregistrer sa plus forte baisse de l’année (-8,71%). Il s’agit pour Humala, non plus de convaincre simplement le peuple péruvien et ses électeurs, pour disposer d’un appui social (car cet appui populaire, il l’a  incontestablement), mais de garantir au monde économique et à l’élite que l’on ne touchera pas trop à ses intérêts.

L’oligarchie attend d’ailleurs, avec impatience et grande inquiétude, le nom de la future équipe gouvernementale. L’idée serait, apparemment, de reprendre l’ancienne équipe (centriste) d’Alejandro Toledo, Président péruvien de 2001 à 2006, des gens comme l’ancien ministre de l’Economie assez intègre, Fernando Zavalla, l’économiste Kurt Burneo. Ce personnel politique avait d’ailleurs rejoint, entre les deux tours, l’équipe Humala. Elle constitue de vraies garanties pour les élites. Mais, avouons que, pour le peuple, cette équipe ne brilla pas par des initiatives et des réformes hardies, pourtant nécessaires au pays.

Ollanta Moïses Humala signifie, en aymara, « le guerrier qui voit tout » mais, à notre avis, surtout son intérêt immédiat ! Son frère, Antauro Humala, plus  extrémiste et exalté, en serait presque plus honnête. Nous aimerions demain pouvoir nous tromper ! Par sa solide formation dialectique et matérialiste, il saura, sans doute, s’accommoder de nombre de situations tangentes et des liens souvent nécessaires, dans le pays, avec les narcotrafiquants.

Même si le pays n’est pas le premier producteur de cocaïne, il reste le principal exportateur de la poudre blanche dans le monde, en raison du faible niveau de ses saisies. En somme, nous craignons un peu qu’il ne soit, comme l’on dit au Pérou, qu’ « un vivo » (qu’un « profiteur ») ! Enfin, il est à craindre que dans des tensions, toujours présentes avec les voisins équatoriens ou surtout chiliens, Humala ne s’emporte et cherche, s’il est coincé un jour, durant son mandat, par des scandales financiers et politiques toujours récurrents en Amérique latine, l’aventure extérieure.

La France a une carte à jouer

Le couple présidentiel – Humala est marié à Nadine Heredia, ancienne étudiante en sciences politiques qu’il avait rencontrée à la Sorbonne (Paris I) et dont il a trois enfants – est francophile. La France, dont la dette du commerce extérieur a atteint des sommets en avril (7,144 milliards d’euros), saura-t-elle passer outre ses réticences idéologiques ? Saura-t-elle enfin nommer en son ambassade du personnel compétent et non caractériel ? Pourra-t-elle activer son entreprenariat au Pérou, pays si prometteur, en tissant avec lui des liens solides ?

Le programme de Humala promet de lutter contre la corruption, de mieux répartir la richesse, de taxer les produits miniers (or, argent, cuivre, zinc) et les hydrocarbures (gaz et pétrole), d’augmenter les salaires, d’instaurer la retraite à 65 ans, la sécurité sociale pour tous, mais aussi le protectionnisme, une démocratie décentralisée et participative. Il lui faut, avant juillet, forger des alliances au Parlement, où son parti ne dispose que de 47 sièges sur 130.

Avec de telles promesses, le peuple péruvien attend forcément Humala au tournant. Espérons qu’il ne soit pas encore déçu par la « grande transformation » sociale promise ! Il est vrai que si Humala a policé son image médiatique, il ne semble pas être revenu, en effet, sur ses fondamentaux. Une nouvelle alliance antiaméricaine, avec la Bolivie ou le Venezuela, est-elle alors envisageable, alliance qui affaiblirait encore plus les Etats-Unis et servirait indirectement nos intérêts européens ?

Posté par Michel Lhomme sur METAMAG