Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives de Tag: Vincent BOLLORE

Un noir à la maison blanche

Un Noir à la Maison Blanche, par aymard

Le mardi 4 novembre 2008, suite à la victoire de Barack Obama sur le sénateur républicain John Mccain, toute l’Afrique a vibré, les Africains avec. J’ai encore en mémoire la sale journée que j’ai dû passer à l’époque parcequ’ayant été empêché de faire la grasse matinée ; le téléphone ne cessant de sonner et à chaque appel, c’était pour m’entendre dire que l’Afrique était sauvée et surtout cette phrase qui m’a réveillé définitivement : « le continent va sortir du sous-développement ». Même si je n’étais pas devin, je m’époumonais à expliquer à mes interlocuteurs que Barack Obama a été élu pour régler les problèmes des américains et non ceux des Africains. Je pense aujourd’hui avoir pleinement raison en ayant préconisé la prudence à l’égard de ce nègre qui n’est en effet qu’une marionnette placée au pouvoir pour jouer le messie avec le résultat que nous avons. Il me rappelle un certain Kofi Annan à l’Onu. Ce Ghanéen, entré à l’Onu en 1962 pour devenir 35 ans plus tard secrétaire général a été une sorte de pantin aux mains des américains. C’est sous son mandat qu’il y a eu plus de conflits et de massacres. Il s’est personnellement investi en RDC pour que Kabila soit élu au détriment de Tsisekedi, le « sphinx de Limete » qui depuis, je pense appelle à une insurrection populaire. C’est lui qui envoya en Côte d’Ivoire après le coup d’état raté de septembre 2002, le béninois Albert Tévoédjrè en tant qu’envoyé spécial de l’Onu. Tévoédjrè qui, n’a d’ailleurs rien apporté de bon pour son propre pays depuis 1960 a osé dire à la délégation du FPI qui s’agaçait de son trop grand rapprochement avec les rebelles, de se comporter comme des gens civilisés et laisser l’Onuci travailler ; cette dernière travaillant bien évidemment au renversement de Laurent Gbagbo comme on a pu le constater par la suite en vue de l’installation d’Alassane Ouattara qui devient neuf ans plus tard soit en Avril 2011, le Président de la République de la Communauté Internationale. Son passage en tant que 1er ministre aura laissé un goût sucré à ses soutiens internationaux ; période pendant laquelle cet économiste cède aux bras financiers de la Françafrique toutes les entreprises d’Etat de la Côte d’Ivoire. Aucun secteur n’a été épargné. Bouygues, France Telecom ou encore Bolloré se frottent les mains. Martin Bouygues a l’Eau et l’Electricité mais aussi la plate-forme pétrolière d’Azito, les Grands moulins, l’exploitation de l’or et du diamant, le gaz, le chantier du troisième pont d’Abidjan… France Telecom, la téléphonie et Vincent Bolloré le transport multimodal et les ports. Ses maîtres, nostalgiques de cette époque ont tout mis dans la balance pour le faire revenir aux affaires ; même s’il a fallu tuer 3.000 ivoiriens.

Barak Obama disais-je, a été placé au pouvoir pour jouer le messie et il semble bien adorer ce rôle qu’il joue à merveille.

Comme le pygmé de l’Elysée, son compère de France, Obama est un médiaphile. Il adore le spectacle. Le voir marcher en se dandinant et en balançant les bras me fait sourire et me fait chaque fois penser à John Travolta dans « Saturday Night Fever ». A la maison blanche, aux conférences de presse il arrive en sautillant. Il descend les passerelles des avions en sautillant. Puis, quand il arrive, il annonce votre mort tout en souriant.

Pendant la campagne électorale, il avait promis la fermeture de la prison de Guantanamo, le retrait des troupes américaines d’Afghanistan et d’Irak, la création d’un Etat palestinien. Rien de tout cela n’a été obtenu à ce jour même pas un angstrœm d’État palestinien et pourtant ce ne sont pas les palestiniens qui ont voté pour son élection. Il s’était engagé en 2008 à doubler l’aide au développement, à soutenir l’initiative d’allègement de la dette des pays les plus pauvres, à investir 50 milliards dans la lutte contre le Sida ainsi de suite. Et pourtant, c’est le même Obama qui approuve le coup d’état perpétré en Côte d’Ivoire et ordonne l’assassinat de Kadhafi en Libye bref, le renversement de deux (02) régimes qui avaient des résultats économiques et sociaux mémorables avant qu’ils ne soient attaqués le premier en 2002 par une horde de mercenaires africains venus du Burkina et alimentés en armes par la France et le second en 2011 par des islamistes d’Al Qaeda, des soldats du Qatar, des forces spéciales occidentales dont américaines. Et dire que cet homme est prix Nobel de paix !

Hélas, le prix Nobel de la paix est l’instigateur de guerres et de conflits un peu partout et donc, pour la crédibilité du Comité d’Oslo, ce prix doit lui être retiré. Il appelle ouvertement à la violence puisqu’en s’opposant à la reconnaissance de la Palestine par l’ONU, avant cela par l’UNESCO dont il a fait couper les vivres, il participe de ce fait à radicaliser la position du Hamas qui ne restera pas les bras croisés face à Israël qui, non content d’étrangler économiquement la Palestine a décidé d’occuper Jérusalem-Est en y construisant davantage de logements après avoir détruit les plantations d’oliviers des Palestiniens. Plutôt que de pratiquer la paix pour laquelle ce prix lui a été décerné, il a décidé de faire du terrorisme d’État, en appelant à l’assassinat d’un Chef d’Etat bref, un praticien du crime de masse comme témoigne le bilan macabre de l’expédition libyenne : 70.000 morts. Bientôt – réélection oblige – il pourra se targuer d’avoir fait plus que Georges W. Bush pour protéger les américains du terrorisme.

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Coulisses de la rencontre Yayi-Sarkozy mardi dernier à l’Elysée : Les 17 minutes de la honte

Conformément au calendrier établi pour la circonstance, le président Boni Yayi en visite de travail et d’amitié en France a été reçu par son homologue français Nicolas Sarkozy. Chose rendue possible grâce à l’intervention personnelle du patron du Groupe Bolloré, Vincent Bolloré sinon Sarkozy avait catégoriquement refusé de recevoir Boni Yayi. S’il est vrai que le faux bond d’il y a quelques semaines, a été cette fois-ci évité, il faut avoir l’honnêteté de dire que l’accueil a été des plus froids et glaciaux. Pour cause, l’entretien entre les deux chefs d’État n’a duré que 17 minutes contrairement à ce qu’ont raconté les sources proches du palais de la République et qui font état de 25 minutes d’échanges. Plus grave, les chaînes de télévision françaises en dépit de la tradition de grande démocratie et donc de liberté d’expression qu’on connaît à la France n’ont pas été autorisées à diffuser les images de la rencontre. Mieux, le caractère bref de la visite de Boni Yayi dans l’Hexagone est la preuve que Boni Yayi est devenu persona non grata à l’Élysée et témoigne du mépris que Sarkozy ressent pour lui. Puisque les derniers événements qui se sont succédés en ce qui concerne les relations entre les deux hommes en disent long sur le dédain que Sarkozy éprouve pour son homologue béninois. En effet, il y a un an de cela, alors que Boni Yayi était en visite de travail et d’amitié en France, c’est au stade qu’il a été reçu par Sarkozy. Après cette humiliation, Boni Yayi n’avait pas toujours compris le jeu de son homologue français et a continué à forcer l’amitié. Se sentant harcelé, Sarkozy a fini par programmer une visite pour le recevoir. Mais alors que les préparatifs allaient bon train, Sarkozy a annulé la visite sous prétexte qu’il aurait un agenda très chargé. Selon des sources proches du Quai-d’Orsay, le malheur de Boni Yayi aurait commencé après le départ du Bénin de l’ambassadeur français Hervé Besancenot du Bénin car à en croire lesdites sources, celui-ci faisait des rapports et fiches tronqués à Sarkozy sur le Bénin compte tenu des relations intimes qui le lient à Yayi. Ce qui faisait que le Bénin avait une certaine considération aux yeux de Sarkozy. Mais avec l’arrivée du nouvel ambassadeur, les rapports sont désormais bien faits, sans enjolivures. Toute chose qui a permis à Sarkozy de connaitre à présent le vrai visage de Yayi et qui justifie par voie de conséquence son attitude dédaigneuse à son endroit. C’est une grande humiliation pour Yayi qui ne semble cependant pas avoir pris la mesure des choses.

On se souvient qu’il y a quelques décennies lors d’un voyage en France, Thomas Sankara, le président burkinabè à l’époque avait refusé de descendre de son avion alors qu’il était déjà sur le tarmac pour la simple raison que c’est un quidam que son homologue français François Mitterrand avait envoyé le recevoir. Il s’est indigné de ce que ce ne soit pas Mitterrand lui-même qui se soit déplacé pour le rencontrer. A défaut de respecter sa personne, Mitterrand se devrait de respecter le drapeau burkinabè qu’il représentait. Boni Yayi qui attend certainement le pire pour revenir de sa léthargie doit aller à l’école de Sankara pour tout au moins soigner l’image du Bénin. Après tout, l’humiliation est le prix à payer par les États africains vu qu’ils ne veulent pas se mettre résolument au travail et préfère faire la manche. On ne veut pas travailler et on préfère la main tendue.

Jean kpingla, Quotidien béninois d’information Le Béninois Libéré

Versatilité d’une presse française manicheenne…

L’actualité africaine n’a jamais été l’exutoire des médias français que lorsque celle-ci est faite de guerres, de crises institutionnelles, de maladies, de famine, de sous-développement, bref de tous les maux dont souffre le continent africain. Cette presse hexagonale, manichéenne à souhait, et dont l’inclination congénitale à la versatilité et la manipulation sont connues, reste malgré tout, celle dont l’audimat est le plus grand, notamment dans l’espace francophone. Sacré paradoxe pour tous ces Africains qui ont toujours maudit « les méfaits de la colonisation française et les crimes de la France en Afrique». Le Cameroun, bien qu’à proprement parler, n’ait jamais été une colonie, fut sans doute le pays qui paya le plus lourd tribut de l’impérialisme français, avec non seulement la décapitation de la crème des principaux leaders nationalistes, mais aussi et surtout, des massacres perpétrés par l’armée française avant et après l’indépendance du Cameroun.

Des médias qui sont davantage des instruments de propagande et d’espionnage au service du gouvernement et des lobbies économiques français que des organes classiques d’information, de véritables cache-sexes au service d’une politique néocolonialiste en vigueur dans les ex-colonies françaises. Conséquence, cinquante ans après une indépendance politique octroyée par l’ancienne métropole à ses colonies d’Afrique, les médias français sont justes après les gouvernants et les milieux d’affaires, le principal instrument d’aliénation et d’assujettissement de l’Afrique. La situation est déplorable, surtout dans le pré-carré, lorsque sous le couvert d’une couverture médiatique ou d’enquête journalistique, et nonobstant l’image du professionnalisme qu’ils laissent transparaitre, les médias français se positionnent davantage comme le porte-parole de leurs dirigeants. Des exemples sont légions : que ce soit en Côte d’Ivoire avec l’éviction du président Laurent Gbagbo au profit d’Alassane Dramane Ouattara en avril dernier, ou encore en Libye, où les pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), avec comme chefs de file la France et les Etats-Unis, ont renversé du pouvoir, puis tué la semaine dernière, le « Guide » de la révolution libyenne Mouammar Kadhafi.

L’art de la manipulation et de la désinformation

S’agissant de l’élection présidentielle du 9 octobre 2011 au Cameroun, la presse française, comme c’est le cas pour tous les pays du pré-carré qui vit cet événement politique majeur, s’est fortement mobilisée pour couvrir cette importante actualité politique. Ce qui est frappant dans les rendus des confrères hexagonaux, c’est parfois la distance entre les suppositions, les supputations, les procès d’intention et la réalité, basée en principe sur les faits.

Du coup, les reportages, commentaires, analyses et chroniques se situent généralement dans le sens du vent, c’est-à-dire, là où se trouvent les intérêts de la France. Sinon, comment comprendre que ce sont ces mêmes médias français, qui, pour peu qu’ils passent à la caisse, disent tout le grand bien du Cameroun et de ses dirigeants. Le président Paul Biya est alors présenté comme un « sphinx », qui a su préserver la paix au Cameroun dans « une Afrique centrale minée par les guerres fratricides et une instabilité institutionnelle chronique». Le Cameroun est alors présenté comme un pays où « la presse est libre plus qu’en France », un pays où « on n’est pas inquiété pour ses opinions politiques », Paul Biya étant présenté comme un « sage Africain »…

Comme on peut le constater, cette peinture blanche des gouvernants est généralement assujettie à la mobilisation de fortes sommes d’argent, la plupart de ces publi-informations étant prises en charge par le contribuable camerounais, sauf dans le cas du marché des dupes, où des magnats de l’économie française acceptent de payer la note. L’un des exemples en date remonte à juillet 2009 lors de la toute première visite officielle de Paul Biya en France sous la présidence de Nicolas Sarkozy, où Vincent Bolloré dont l’étendue de l’empire au Cameroun se passe de tout commentaire, avait pris en charge, la « promotion de l’image de marque du Cameroun et de son président dans les médias français », d’où de « bons articles » sur le pays de Paul Biya, aussi bien dans la presse audiovisuelle, écrite que cybernétique.

A contrario, quand cette presse française ne passe pas à la caisse, ce sont des articles au vitriol qu’on lit sur le Cameroun. Aussi, Paul Biya est présenté comme un « sanguinaire », un « tyran », un « roi fainéant », un « absentéiste notoire qui gouverne par procuration », et son régime présenté comme très corrompu, sinon le plus corrompu au monde, un pays où le chômage est endémique, où les gens meurent de famine, où la justice n’existe pas, où la démocratie va plutôt à reculons, où la presse est bâillonnée. Dans leur volonté de tout noircir, des médias français ne manquent pas de tenter d’opposer les Camerounais entre eux, dénigrent la campagne d’assainissement des mœurs dans la haute administration connue sous le vocable de « l’opération Epervier », décrivent une économie exsangue malgré d’incommensurables potentialités, avant de conclure sur un pays dans l’impasse. En début de ce mois d’octobre, alors que le pays était en plaine campagne électorale, le célèbre journal Le Monde dont les lecteurs n’ignorent pas les gros plans sur le Cameroun, « un pays dans la voie de l’émergence » quand cela participe à renflouer les caisses de la boite, ont découvert « un reportage » d’un autre style, où tout ou presque, est peint en noir.

Le Cameroun n’est ni un paradis, ni un enfer

Dans sa volonté d’en découdre avec le régime en place, le journal ne manqua pas d’écrire noir sur blanc que depuis vingt ans, Paul Biya n’avait plus mis les pieds à Douala. Mensonge. Certes, si on ne connaît pas particulièrement au locataire d’Etoudi des qualités de grand voyageur dans son pays, même ses pourfendeurs les plus acerbes qui connaissent les réalités du pays ne pourraient être d’accord avec ce mensonge du journal Le Monde. Oui chers confrères de la presse française, sans être un paradis, le Cameroun n’est pas non plus un enfer. C’est un pays qui a ses tares : corruption, clanisme, sectarisme, favoritisme, inertie, détournements de deniers publics, roublardise des dirigeants, laxisme de l’administration, mauvaise répartition du patrimoine national, insuffisance des écoles et des hôpitaux, adduction d’eau et électrification insuffisantes, mauvais réseau routier, chômage…, mais c’est un pays qui bouge, et poursuit sa voie vers le développement et ses millions de citoyens croient en son avenir, et mettent toutes leurs forces, toutes leurs énergies et tout leur savoir-faire pour son essor et pour le bien-être de ses populations.

Malheureusement, cette presse française, à la fois versatile, manipulatrice, manichéenne, mieux, en mission commandée, est reconnue pour son inclination à donner les leçons de déontologie et de professionnalisme aux autres. Cette catégorie de la presse française, où tout « bon article de presse » se joue par l’épaisseur du chèque ou du virement, est encore la première, sous une forme déformée, à s’ériger en modèle lorsqu’il faut perpétuer la Françafrique. Dommage que les dirigeants africains en général et ceux de l’espace francophone en particulier, par complexe du Blanc ou par souci d’obtenir l’adoubement de Paris, essaient toujours de faire des médias français, leur principal vecteur de communication. Est-ce parce qu’ils sont mal élus ? En tout état de cause, il y a lieu d’espérer pour un affranchissement dans les prochaines années. Les pays comme le Rwanda avec le président Paul Kagamé essaient de montrer la voie, convaincus que « la liberté ne se donne pas, elle s’arrache ». Aux autres de piger la leçon.

Une chronique de A. Mbog Pibasso

Jacques Dupuydauby à Mediapart : « On est passé de la ‘Françafrique des mallettes’ à la ‘Sarkafrique des concessions »

Jacques Dupuydauby

L’industriel Jacques Dupuydauby dénonce les pressions de l’Elysée sur les chefs d’Etat africains pour assurer des concessions portuaires au groupe Bolloré.

« Quand Vincent Bolloré s’implante quelque part, il utilise le président français comme son VRP de luxe », déclare Jacques Dupuydauby.

« On est passé des mallettes de Robert Bourgi, qui étaient un secret de Polichinelle, à quelque chose de beaucoup plus fort. On est passé de la ‘Françafrique des mallettes’ à la ‘Sarkafrique des concessions’ « , déclare Jacques Dupuydauby, l’ancien dirigeant du groupe portuaire Progosa, lors d’un entretien accordé au site Mediapart, le 24 octobre. L’homme d’affaires franco-espagnol accuse Nicolas Sarkozy d’exercer des pressions sur plusieurs présidents africains pour implanter et maintenir son ami, l’industriel Vincent Bolloré.

Nicolas Sarkozy sur le Yacht de Vincent Bolloré en mai 2007

Le prêt du yacht Le Paloma, de l’homme d’affaires français, au président fraichement élu, avait révélé les liens étroits entre les deux hommes.

« Chantage d’Etat »

« Quand Vincent Bolloré s’implante quelque part, il utilise le président français comme son VRP de luxe. Nicolas Sarkozy, de son côté, met dans la balance les relations franco-africaines et fait des pressions », affirme le récent retraité qui assure avoir les confidences de plusieurs présidents africains dont Faure Gnassingbé (Togo) et Denis Sassou-NGuesso (Congo). « Je n’avais jamais connu cela auparavant », déclare l’ancien vice-président du groupe Bouygues, proche des réseaux chiraquiens, qui n’hésite pas à parler de « chantage d’Etat ».

Le président congolais, Sassou-NGuesso, aurait confié à l’ancien président de Progosa qu’il ne pouvait plus lui attribuer le port de Pointe Noire suite au veto de Nicolas Sarkozy. La société aurait aussi perdu le port de Douala après que le président français ait déclaré à son homologue camerounais, Paul Biya : « C’est pas Dupuydauby qui viendra vous exfiltrer lorsque vous serez encerclés dans votre palais », selon l’homme d’affaires en conflit depuis plusieurs années avec son rival en Afrique Vincent Bolloré. L’Elysée serait aussi intervenu en Côte d’Ivoire auprès d’Alassane Ouattara pour que la multinationale française conserve son monopole sur le port d’Abidjan. L’industriel franco-espagnol pointe également l’intervention de Claude Guéant en Libye pour que l »intime du président » obtienne le port de Misrata.

« Système Sarkozy en Afrique »

Au Togo, en 2009, Jacques Dupuydauby perd la concession du port de Lomé, que sa société détenait depuis 2001, au profit du groupe Bolloré. Le président, Faure Ganassingbé, aurait prévenu l’homme d’affaires des tractations de l’Elysée dans cette affaire. Condamné en décembre 2010, juste après son éviction, à 20 ans de prison ferme par le tribunal de Lomé pour « abus de confiance », « délit d’escroquerie », « usage de faux », « groupement de malfaiteurs »…, l’ancien président de Progosa dénonce un complot « orchestré par Vincent Bolloré » et soutenu par le controversé Charles Debbasch, conseiller juridique de la présidence togolaise, condamné en France dans l’affaire Vasarely.

L’homme d’affaires réclame « l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le ‘système Sarkozy en Afrique' ». Il rappelle que le député socialiste, Jean Launay, avait déjà posé en octobre 2010 une question au gouvernement sur les pressions de Nicolas Sarkozy en faveur du groupe Bolloré au Togo, sans démenti du ministre des affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner.

Les accusations de l’industriel prononcées contre le chef de l’Etat font suite à celles déjà formulées dans le livre « Sarko m’a tuer »de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié en août. En 1983, Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly, aurait proposé au jeune entrepreneur des prestations fictives de son cabinet d’avocat dans le but de financer son ascension politique. Des confidences qui n’avaient donné lieu à aucune poursuite de l’Elysée.

La politique africaine du président de la République, lourdement remise en question par les affaires Takieddine, Bourgi et Djouhri, est une nouvelle fois entachée par ces nouvelles dénonciations de clientélisme. Et reste bien éloignée de la profession de foi prononcée à Cotonou en 2006, par le candidat de « la rupture », qui promettait pour l’Afrique « une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé. »

Ronan Kerneur – Le Nouvel Observateur

Cameroun : Scandale au cœur de l’industrie de la banane

50 ans après les indépendances, de nombreux Hommes d’Etats africains sont encore complices du pillage de leurs pays  et de l’avilissement de leurs peuples. Au Cameroun, «  L’empire noir  de Bolloré », l’esclavagisme des temps modernes et le néocolonialisme se poursuivent avec la complicité des Hauts dignitaires du régime.

Les Plantations du Haut Penja (PHP),  premier producteur de bananes du pays (société  détenue à 60 % par la Compagnie fruitière, basée à Marseille, et près de 40 % par l’américain Dole et par des actionnaires privés camerounais)  sont accablés par de nombreux faits : accaparement des terres au détriment des paysans locaux, expropriations forcées, Mauvaises conditions de travail, licenciements abusifs,  absence de liberté syndicale, monnaie de singe pour des employés travaillant  plus de 14 h par jour…On se croirait encore à l’époque de l’esclavage.

D’autres part, les habitants se plaignent  de la pollution causée par les  pesticides et fongicides utilisées par la société, des produits pourtant interdits par l’UE (union européenne) pour leur danger sanitaire sont utilisés à Penja. Du fait des produits répandus par voie aérienne et des substances chimiques utilisées, on observe une recrudescence anormale des  cancers, maladies respiratoires,  dermatoses…

La richesse produite par PHP, ne bénéficie pas  aux habitants de Njombé, puisque les routes abimées par les camions de PHP sont dans de piteux états. Ces sociétés ne paient plus d’impôts depuis plus d’une vingtaine d’années.

Il est donc triste de Constater que certains camerounais ont préféré vendre leur pays, la santé de leurs concitoyens, la vie de leurs concitoyens contre des espèces sonnantes et trébuchantes.

La PHP a les responsables politiques, administratifs ou judiciaires de la région dans sa poche.
Les chefs  traditionnels, sous-préfet et préfet  sont gracieusement payés chaque mois pour garder le silence et calmer les ardeurs des populations locales. PHP compte ainsi parmi ses cadres des députés du parti au pouvoir(RDPC) et loue des terres appartenant à des hauts gradés de l’armée.la  PHP est membre de l’Association de la banane camerounaise, un lobby dirigé par un autre député du parti au pouvoir, beau-frère du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana.

Lequel n’est rien moins que le président du conseil d’administration de PHP, Un procureur de la république est habilement corrompu pour diligenter des simulacres de procès  et pour faire disparaître des preuves pouvant les accabler, des policiers corrompus sont coptés pour menacer  les éventuels témoins et pour saper leur moral .D’après le quotidien français Libération, le président Paul Biya, serait l’un des grands actionnaires de la société. En tout cas,  c’est PHP  qui s’occupent de ses plantations d’ananas dans son village de Mvomeka’a dans le sud du Cameroun. Un véritable scandale au cœur d’une république impliquant les plus hautes institutions de l’Etat : La présidence de la république, la primature, l’armée, le gouvernement, La justice, les préfectures, les chefferies traditionnelles…

C’est une affaire très délicate dans la mesure où qui s’y frotte s’y pique et y laisse sa peau. Le 26 avril dernier  l’avant-première du film La Banane du jeune réalisateur camerounais Franck Bieleu a été interdite. Ce film  dénonce les abus subis par les populations de Penja, Le film pointe aussi du doigt la pollution potentielle de l’environnement et de l’eau de rivière par des produits toxiques utilisés dans les plantations et les usines de PHP. Des journalistes français ont été récemment arrêtés alors qu’ils voulaient filmer des manifestations des citoyens expropriés par la SOSUCAM (Autre société transgressant les lois). Ces journalistes  avaient  pourtant reçu  l’autorisation du directeur national de la cinématographie, ce dernier sera démis de ses fonctions par la suite sans aucune forme de procès.

Comme quoi, il ne faut pas pointer son nez dans les affaires françafricaines  en république ‘’bananière’’.
Pour avoir osé dénoncer cette injustice, cet esclavagisme moderne, ce pillage du Cameroun avec la complicité de ses propres fils, l’ex Maire de Djombé Pendja, Paul Eric kinguè croupit aujourd’hui derrière les barreaux  et est accablé de complots montés de toute pièce visant à l’affaiblir et à l’éliminer.

Le directeur général de la PHP avait promis « avoir sa tête à coup de millions » et le directeur général de la SPM avait menace de « le faire assassiner ou emprisonner, après l’avoir fait déposer de ses charges de Maire». On voit bien que ces menaces ont été mises en exécution. «Ce scandale en république « Bananière » n’est que le cote visible de l’iceberg, tout le sommet de l’état est trempe dans de telles magouilles.» nous confiait un ancien directeur général d’une société d’état désormais privatisée.

Triste est de constater que les camerounais qui sont des champions pour apercevoir et combattre la franceafrique dans le pays des autres, feignent de ne pas l’apercevoir chez eux-mêmes, alors qu’elle s’y manifeste dans sa pernicieuse splendeur, avec la complicité des fils de la nation. 50 ans après l’indépendance, le néocolonialisme a encore de beaux jours devant lui. A Penja la banane a un gout amer.

Pour nous joindre

Contact: wakeupafrica1@yahoo.fr

Wake up Africa!

Source: Wake up Africa

BENIN : Premier Gouvernement de Yayi II : La Nouvelle Autocratie sort les Tentacules

PHAGOCYTE LES «PHAGOCYTABLES» POUR MIEUX SORTIR LES GRIFFES

Le week-end du 28 mai 2011, Boni YAYI a publié le premier gouvernement de son deuxième quinquennat. Les journalistes y sont allés de leurs analyses et commentaires dans l’indifférence quasi générale des populations. Les médias qui se sont essayés à l’exercice ont vu, comme innovations ou caractéristiques:

– La réduction du portefeuille à 26 postes ministériels contre 30 précédemment,

– Le renouvellement à plus de 80 %,

– La création d’un poste et la nomination d’un premier ministre,

– La nomination de 8 femmes, soit plus de 30 %,

– Des nominations récompenses,

– Un gouvernement de jeunes et de techniciens avec des femmes à des postes de souveraineté,

– etc.

Des commentateurs y sont allés de leur plume pour «saluer» ces «avancées», notamment la nomination d’un Premier Ministre. Mais tout le monde sait que ce poste de «premier ministre» n’est qu’une illusion, un «Premier Ministre Kpayo», Boni YAYI demeurant le chef du gouvernement… Les commentateurs les moins obtus rappellent la forte propension de YAYI à se substituer à tous ses ministres, usant de sa cour pour intervenir en tout et partout pour montrer que le «Premier Ministre» n’aura pas grand-chose à faire que de porter le titre. Mais à y regarder de près, ce maroquin consenti à KOUKPAKI est un garage. Il est chargé de la coordination de l’Action gouvernementale, de l’Evaluation des politiques publiques, du programme de dénationalisation et du dialogue social. Il est chargé du programme de dénationalisation. Abrité derrière lui comme un bouclier face à la protestation populaire, YAYI bradera les reliquats du patrimoine national à ses amis BOUYGUES, BOLLORE, France TELECOMS, etc., bref aux intérêts financiers français comme reconnaissance de leur soutien au hold-up électoral. Vincent BOLLORE, PDG du groupe BOLLORE n’était-il pas présent comme personnalité d’Etat à l’investiture de YAYI Boni ! D’ailleurs, il ne reste guère de choses: YAYI et ses prédécesseurs ont tout vendu: la SBEE, BENIN TELECOMS, la SOBEMAP… Mis à part la dénationalisation, que reste-t-il ? Il avait déjà toutes ces attributions qui se sont révélé des ornements autour du noyau principal que constituait le Plan. Ce noyau lui a été enlevé et confié au beau-frère. En fait, cela a tout l’air d’un chargé de mission, guère plus. S’il s’y plaît et se plie aux injonctions et désirs de l’autocrate, cela ne regarde que lui. Par contre, ce qui n’est pas indifférent au peuple, ce sont ses rapports avec ce dernier. C’est le rôle de sapeur-pompier qui se cache derrière «dialogue social» qu’on lui a accolé et qu’il jouait déjà en tant que Ministre d’Etat. Ses airs policés contrastant avec les manières rustres de son patron, c’est à lui que ce dernier a recours toutes les fois qu’il s’agit d’aller réparer les gaffes déjà commises. Et on le verra bientôt actif sur ce front. Quand Boni YAYI provoquera la colère des travailleurs en décidant de remettre en cause le droit de grève, KOUKPAKI sera envoyé au front pour éteindre l’incendie. Quand, sur injonction de YAYI, DEGLA fera tirer sur les travailleurs ou les paysans, KOUKPAKI descendra dans l’arène pour justifier l’injustifiable. Comme naguère il a justifié et couvert les malversations, Affaires SOAGA, ICC, CEN-SAD. Des gens espèrent, souhaitent qu’il démissionne quand il se rendra compte de la grande viduité de la coquille qu’on lui a attribuée mais KOUKPAKI n’est pas homme à démissionner; il aurait pu le faire mille fois mais c’est le balayeur des ordures de YAYI.

Et si le Premier des ministres n’est guère plus, on devine aisément ce que sont les autres. Des chiffes molles, surtout par compromissions qui, comme le beau-frère Marcel de SOUZA ou Nassirou BAKO ARIFARI, n’ont d’autres mérites, d’autres faits d’armes que l’organisation et la défense des pires fraudes électorales de l’histoire de notre pays. Récompensés, ils sauront se faire dociles et obéissants, exécutants des basses œuvres de l’autocrate YAYI. BAKO a du métier en la matière; il l’a prouvé comme agent de l’autocrate KEREKOU en milieu universitaire comme Président du BEF où il a livré ses camarades étudiants à la police politique et à la prison en 1985 et années suivantes avant d’être destitué en 1989 par les braves E. ZINZINDOHOUE et AGBAHOUNGBATA.

DEGLA a été porté à la tête du Ministère délégué de l’Intérieur (dont YAYI est en fait le titulaire), et presque de celui de la défense (qui lui a été enlevé au dernier moment) pour avoir montré la gueule et les muscles à l’Assemblée et dans les collines. Il saura peut-être, espère l’autocrate, aider à casser des manifestants et des rebelles.

Un autre élément qui n’a pas laissé indifférente la population, c’est le virage du parti «La Renaissance du Bénin» qui officiellement rejoint la mouvance présidentielle avec d’abord l’entrée au bureau de l’Assemblée nationale d’un de ses militants en la personne du député YEHOUETOME, puis de celle de Blaise AHANHANZO-GLELE comme ministre de YAYI Boni. A ce propos, les spéculations vont bon train. Des journaux avancent la raison que c’est parce que les militants de «La RB» seraient affamés et épuisés et en auraient assez de quinze ans «d’opposition». Ce qui veut dire qu’ils confessent qu’ils font partie de la race de politiciens qui ne peuvent vivre que des prébendes de l’Etat; malgré la possession par la RB de mairies dont certaines comme Cotonou sont parmi les plus riches du Bénin ! En tout état de cause, réuni le 23 mai 2011, «le Bureau Politique National de la RB a décidé d’accepter la main tendue du Président de la République». Quelles que soient les causes réelles de cette nouvelle attitude de la RB, elle ne peut être perçue que comme l’expression de l’anti- modèle et de l’anti-éthique progressive en politique contraire aux intérêts des travailleurs et des peuples du Bénin.

Tout le reste, d’illustres inconnus affublés des épithètes de techniciens, jeunesse, femmes, etc. qui ne sont là, comme ils l’ont tous récité mercredi, 02 Juin 2011 comme une leçon bien apprise que pour appliquer la politique de Boni YAYI et dont ils ne connaissent du contenu qu’un seul mot, le seul qui existe d’ailleurs: Refondation. Bons élèves, ils ont dit qu’ils ne sont venus appliquer que cela. Même à la santé. Et bientôt, on les entendra.

· Boni YAYI tue-t-il à Natitingou ou à Dogbo? Refondation!

· Vend-il Bénin-Télécoms pour une bouchée de pain? Refondation!

· Prend-il des lois liberticides? Refondation!

· Laisse-t-il des dizaines de malades mourir au CNHU faute de bonnes conditions de travail des médecins? Refondation!

· Condamne-t-il des millions d’enfants à l’échec scolaire? Refondation!

Au total, une bande d’aventuriers embarqués sur un navire dont le capitaine est un despote et dont ils ne connaissent en réalité rien de la feuille de route, rien sinon qu’elle sera la volonté de l’autocrate.

Bref, la nouvelle autocratie sort les tentacules, phagocyte les «phagocytables» pour mieux sortir les griffes. Mais ses griffes sont déjà limées. Les travailleurs et les peuples qui en ont vu et vaincu d’autres le disent déjà. C’est le message clair que les travailleurs de l’administration publique lui ont lancé en réussissant brillamment leur grève de 48 heures en pleine période de prise de service des nouveaux ministres. Comme discours de bienvenue, c’est suffisamment éloquent. Bravo les travailleurs. Poursuivez vos luttes en n’ayant en vue que vos intérêts et ceux du pays.

Cotonou le 03 juin 2011,

Le Parti Communiste du Bénin