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Du printemps arabe au printemps russe ou comment on manipule la jeunesse

A la faveur des élections législatives du 04 décembre dernier en Russie, des mouvements de contestation ont vu le jour et en l’espace de quelques heures se sont radicalisés ; ce qui a fait les choux gras des médias à sensation. Les événements des 5 et 6 décembre sur Tchistye Prudy et sur la place Triumfalnaïa ont été relayés avec plaisir. Les médias s’empressaient de nous annoncer qu’il y a eu fraudes électorales organisées par « Russie Unie », le parti représenté par le tandem Poutine-Medevdev et que tout ce beau monde était descendu dans les rues pour affirmer leur mécontentement. Un groupe baptisé «Manifestation pour des élections honnêtes» appelait mercredi sur plusieurs réseaux sociaux à un nouveau rassemblement samedi après-midi en plein centre de Moscou. Un autre groupe, dénommé «Contre le parti des escrocs et des voleurs pour désigner le parti au pouvoir Russie unie, appelait de son côté à se rassembler tous les jours à 19H00 (15H00 GMT). «Puisque le pouvoir a volé les élections au peuple, nous ne pouvons défendre nos droits que dans la rue!», proclame le groupe sur Internet.

Et quand on entend quelques figures de l’opposition russe ; telle que Ekaterina Alexeïeva, représentante de l’Union démocratique de St Pétersbourg dire : « Les gens qui manifestent aujourd’hui à St Pétersbourg sont de nouveaux militants, des jeunes que l’on n’avait jamais vus avant. …Le reste se fera dans la rue. » et,  Iaroslav Nikitenko, activiste écologiste de compléter : « Dès le 4 décembre il y a eu des manifestations anarchistes. Pour eux, le seul choix est un vote « contre tous ». Ce n’est qu’en sortant dans la rue que nous pourrons changer le système : il ne faut plus émettre de demandes pour telle ou telle protestation. Désormais, il faut simplement envahir les rues », on se demande qui veut déstabiliser la Russie et qui a bien intérêt à la voir se désagréger ? précisément en ce moment.

Les manifestants ont redoublé d’ardeur après les propos d’Hilarry Clinton qui, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE, tenue le 6 décembre à Vilnius, a affirmé que ces élections n’étaient « ni libres ni justes ». Le 29 novembre dernier, Vladimir Titorenko, l’ambassadeur de Russie à Doha et les employés de l’ambassade russe au Qatar ont été brutalisés par des douaniers et des policiers qataris qui, ont également tenté de s’emparer de la valise diplomatique de l’ambassadeur à sa descente d’avion.

Au delà des visées électoralistes, la suite accélérée d’incidents reflète bien un plan conçu et exécuté par étapes.

Les raisons sous-jacentes qui poussent les États-Unis et ses alliés occidentaux à mener une guerre totale ont été récemment détaillées par Greg Hunter, célèbre journaliste d’investigation américain dans un document, Pourquoi « Le monde est-il devenu hors de contrôle ?« . Il révèle que la totalité de l’édifice des systèmes économiques occidentaux s’effrite sous le poids de plus de $ 100 mille milliards de dollars de dette et qu’ils ne sont pas en mesure de les rembourser : « Jamais dans l’histoire le monde n’a été aussi proche d’un chaos financier total et la guerre nucléaire dans le même temps. « 

Pour Lyndon Larouche – qui, après l’assassinat extra-judiciaire de Mouammar Kadhafi avait mis en garde contre une escalade vers un conflit mondial opposant l’axe transatlantique aux puissances du monde Asie-Pacifique –  le monde n’a jamais été aussi proche d’une nouvelle guerre. Aussi, la volonté de Barack Obama d’occuper une place militaire centrale en Asie Pacifique amène la Chine à prendre des mesures de protection. Le président Hu Jintao a appelé la marine chinoise à « accélérer résolument sa modernisation » et à « mener des préparatifs intensifs pour le combat militaire », afin de « sauvegarder la sécurité nationale et la paix mondiale ». La Chine il faut le dire, dispose de l’armée la plus importante au monde. Cet appel à la guerre du Président Hu est rejoint par le contre-amiral Zhang Zhaozhong qui, de même, a averti la semaine dernière que « la Chine n’hésitera pas à protéger l’Iran, même avec une troisième guerre mondiale ».

Face aux menaces d’invasion de la Syrie par les exportateurs de démocratie, la Syrie mobilise elle aussi ses capacités militaires ; les Etats-Unis étant à la manœuvre pour créer une zone d’exclusion aérienne en Syrie, comme ils l’ont fait en Libye, et une zone tampon entre la Turquie et la Syrie. Selon le quotidien syrien Al Thawra, La Syrie a organisé le 5 décembre des exercices militaires à armes réelles destinés à tester la force de frappe de ses missiles à longue portée, de ses véhicules blindés et de ses divisions d’hélicoptères, en cas d‘agression militaire étrangère. Elle a déployé des missiles « Scud », tout au long de sa frontière avec la Turquie et l’Irak, et les a dirigés vers la Turquie, principal allié circonstanciel de l’OTAN dans la région . Bachar el-Assad a par ailleurs promis de tirer des « centaines de missiles » sur le territoire israélien si l’Otan attaque son pays.

L’Iran n’est pas du reste. Elle aussi, face aux menaces de frappes aériennes contre ses installations nucléaires a décrété la mobilisation générale. Le général Massoud Jazayeri, chef d’état-major adjoint des forces iraniennes, averti de « détruire Israël » et d’ajouter « Notre réponse à une attaque ne sera pas limitée au Proche-Orient, nous avons des plans prêts pour réagir ». Mohammad Ali Jaafari, commandant des Gardiens de la Révolution a procédé à la mobilisation des forces. La décision aurait même été prise de disperser les missiles Shahab de longue portée, les explosifs sophistiqués, l’artillerie et les unités des Gardiens vers des lieux secrets, pour éviter les actes de sabotage.

Le monde avance t-il petit à petit vers un conflit majeur ? La suite nous le dira.

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Boris Nemtsov : « Poutine est un ennemi du pays : il veut mourir au poste de président »

Entretien avec Boris Nemtsov, réalisé par Le Courrier de Russie

Boris Nemtsov, opposant et ancien vice-premier ministre sous Eltsine de 1997 à 1998, se dit néolibéral. Allié de Garry Kasparov au sein du parti Solidarnost, dont l’enregistrement électoral a été rejeté par le Kremlin, il fut en 2011 tour à tour emprisonné, interdit de quitter le territoire russe et surveillé par les autorités. Rencontre avec une figure de l’opposition à quelques jours des législatives.

Le Courrier de Russie : Y a-t-il une chance de voir gagner un autre parti que Russie Unie lors des prochaines législatives du 4 décembre ?

Boris Nemtsov : Non. En Russie, on n’a pas d’élections. Le choix s’est fait le 24 septembre, lorsque Vladimir Poutine s’est déclaré président éternel et Dimtry Medvedev futur premier ministre. Le reste, c’est une farce.

LCDR : Cela veut dire qu’aucun des partis enregistrés n’a de réel poids politique ?

B.N.  : Ils sont achetés par le Kremlin, financés par lui : personne ne peut critiquer Poutine, personne n’a le droit de parler ni de corruption, ni du Caucase, ni de l’argent volé par l’Etat. Il n’y a pas d’opposition.

LCDR : Et quelle est votre opinion sur le Kremlin ?

B.N.  : Poutine est un voleur, qui, entouré de ses amis, s’approprie impunément la Russie. Voilà ce que je pense. Tout est écrit dans mon livre intitulé Poutine, bilan, 10 ans.

LCDR : Ce même livre qui vous a valu une interdiction de quitter la Russie pendant 6 mois en juillet dernier ?

B.N.  : Oui, exactement. Mais le Parlement a finalement pris une résolution pour lever cette sanction…

LCDR : Vous étiez en France quand vous avez appris la nouvelle. Pourquoi être revenu quand même ?

B.N.  : C’est ma patrie ! Il ne faut pas avoir peur, il faut lutter. Protester.

LCDR : Quels moyens ont les citoyens ordinaires de protester ?

B.N.  : Le 4 décembre ne sera pas une journée d’élection, mais une journée de protestation. Nous proposons aux citoyens de ne pas voter pour tel ou tel parti, mais d’apposer une croix sur le bulletin de vote : alors, selon la loi, le gouvernement sera obligé de nous entendre. Si nous sommes plusieurs millions à faire ça, il faudra tout recommencer, car les gens auront choisi un parti sans représentants. Si nous sommes un ou deux millions, cela voudra dire qu’on a fait le premier pas et que les gens sont prêts à lutter [les bulletins invalidés ou les voix pour les partis qui ne passeront pas le seuil des 7% seront attribués au vainqueur, ndlr]. L’essentiel, c’est la mobilisation.

LCDR : Pourquoi n’y a-t-il pas d’autres moyens de se faire entendre ?

B.N.  : Les gens ont peur. Chez les Russes, la peur est ancrée dans les mentalités depuis Staline. Ils ont peur de perdre leur travail, d’aller en prison, de se faire prendre leur commerce.

LCDR : Et que leur répondez-vous ?

B.N.  : Que chacun peut trouver une niche de protestation correspondant à ses capacités : les plus braves vont sur la Place rouge, les autres peuvent s’exprimer sur internet… et tout le monde peut faire une croix sur son bulletin. Il y a deux jours, Vladimir Poutine s’est fait siffler par 22 000 personnes après un match d’arts martiaux dont il a félicité le vainqueur : les gens sont fatigués et commencent à le dire.

LCDR : Plus qu’avant ?

B.N.  : Ces dernières années, la cote de popularité du premier ministre a baissé de 15%. Les citoyens en ont assez : vous, quand vous en avez marre d’un dirigeant en Europe, vous le virez, c’est d’ailleurs ce qu’il se passe en ce moment en Italie, en Espagne, en Grèce… Ici aussi, les gens sont fatigués du « Poutine éternel ». Il n’est pas assez intelligent pour s’en rendre compte, mais on l’évincera du pouvoir, au final.

LCDR : Quand est-ce qu’il aurait dû partir, selon vous ?

B.N.  : En 2008, après deux mandats. On n’est pas au moyen-âge ! Même les Chinois, à y regardez de plus près, y arrivent mieux : ils n’ont pas de démocratie non plus, mais au moins, leurs leaders se succèdent périodiquement. Poutine est un ennemi du pays : il veut mourir au poste de président. La question est qui va mourir en premier, lui, ou la Russie ?

LCDR : A choisir, vous auriez préféré Dimtry Medvedev ?

B.N.  : Medvedev n’est personne. Un simple blogueur qui piaille sur Twitter…

LCDR : Le parti que vous dirigez avec Garry Kasparov, Solidarnost, a-t-il toujours un avenir politique ?

B.N.  : Nous songeons à nous allier avec un autre parti pour être plus forts, mais dans tous les cas, nous existons toujours.

LCDR : Sans enregistrement légal de votre parti, arrivez-vous à évaluer le soutien que la population vous porte ?

B.N.  : Nous avons 46 000 membres au sein du parti Parnas [le Parti de la liberté populaire, fondé par des opposants au pouvoir russe dont l’ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov et Boris Nemtsov, ndlr], et 12 000 à Solidarnost. L’an dernier, nous avons mené une étude auprès des Moscovites : selon celle-ci, ils sont 25% à vouloir nous soutenir.

LCDR : Vous travaillez avec d’autres partis, légalement enregistrés ?

B.N.  : Nous avons quelques contacts avec les députés des partis de Iabloko et Russie Juste, mais sans coopérer vraiment, car ils sont tous plus ou moins au service du gouvernement. Ils font partie du système et permettent à Poutine de continuer à gouverner.

LCDR : Quelle raison officielle vous a-t-on donnée lorsqu’on a refusé l’enregistrement de votre parti ?

B.N.  : Officiellement, de la paperasse ! Des irrégularités de forme. La vérité est celle-ci : si Poutine n’avait pas peur de moi, il y a longtemps que je serai enregistré.

LCDR : Et vous, vous n’avez pas peur ?

B.N.  : On m’a jeté de l’ammoniac au visage [lorsqu’il était candidat à la mairie de Sotchi en 2009, ndlr], on m’a mis en prison, j’ai eu des sanctions. Bien sûr que j’ai peur. J’ai des enfants. Mais je continue à lutter pour la cause commune.

LCDR : Les gens ne sont pas prêts pour une révolution.

B.N.  : Moi non plus, je ne veux pas de révolution. Mais il y a des moyens d’exprimer le fait qu’on est fatigué de Poutine pêchant des amphores, faisant du cheval, jouant au badminton…

LCDR : En quoi vous différenciez vous de la politique de Poutine sur la scène internationale ?

B.N.  : Je ne suis pas d’accord pour entrer en confrontation permanente avec l’Occident. Je ne suis pas d’accord pour soutenir des bandits tels que Mouammar Kadhafi ou Bachar Al-Assad. Je ne suis pas d’accord pour soumettre l’Europe à une dépendance énergétique, surtout que le gaz qu’on vend est beaucoup plus cher qu’ailleurs ! De manière générale, je ne suis pas d’accord pour être dans un rapport de force permanent avec le reste du monde : les pays Baltes, la Biélorussie, les Etats-Unis, etc. Le seul ami qu’on ait, c’est Nicolas Sarkozy…

LCDR : Vous êtes pour un rapprochement avec l’Europe ?

B.N.  : Poutine veut qu’on ressemble aux Chinois. Mais il se trouve qu’on ressemble d’avantage aux Européens ! Il faudra un jour qu’on devienne amis.

Russie : Démocratie à la sauce Poutine-Medvedev

Lors du congrès de Russie unie (parti au pouvoir), le 24 septembre 2011, le président russe, Dimitri Medvedev, a accepté de mener la liste du parti pour les élections législatives du 4 décembre 2011 afin de devenir le prochain Premier ministre et a proposé à Vladimir Poutine (actuel Premier ministre) de se présenter à l’élection présidentielle de mars 2012. La nouvelle ne surprend personne car le scenario était prévisible. C’est en 2008 que Medvedev sera propulsé au pouvoir par Poutine, faute de pouvoir postuler pour un troisième mandat consécutif à la tête de la Russie, en vertu de la Constitution.

En effet, pour ne pas avoir la communauté internationale sur le dos, Vladimir Poutine avait trouvé un subterfuge : designer son dauphin, Dimitri Medvedev, alors vice-premier ministre pour le succéder. Ce dernier sera donc élu président de la Russie, le 2 mars 2008, avec une écrasante majorité dès le premier tour du scrutin. Et Poutine pour garder la mainmise sur l’appareil d’Etat, va « s’autoproclamer » Premier ministre. A cet instant, le monde entier s’est posé la question suivante : qui va diriger réellement la Russie ? Cette question méritait-elle une réponse ?

Le nouveau Premier ministre, Poutine, leader incontesté de la Russie depuis 2000, s’est même félicité d’avoir « respecté » la Constitution en ne demandant pas de troisième mandat présidentiel. Et pourtant, il modifie radicalement l’esprit et la lettre de la Constitution de 1993 puisqu’il tire les prérogatives présidentielles vers lui au gouvernement et crée de nouvelles fonctions auprès de lui. Medvedev n’aura été président que de nom. Si l’on en doute, il suffit de rappeler que Poutine, en personne, a souligné qu’il entendait épaissir et élargir le champ d’action dévolu au Premier ministre. Ainsi donc, Vladimir Poutine n’a jamais cacher son intention de gouverner la Russie « à vie ».

Car bien avant de quitter la présidence en 2008, il se susurrait dans les milieux politiques russes que l’homme fort du Kremlin (le palais présidentiel russe) avait l’intention de modifier la constitution, pour se présenter une troisième fois. Mais fort heureusement, la modification n’eut pas lieu, car Vladimir Poutine avait un tour dans son sac et le scenario était simple : devenir Premier ministre et attendre quatre ans pour revenir au pouvoir, tout en sachant que l’homme qu’il avait placé au kremlin en 2008, ne s’y opposerait pas, car ne dit-on pas que Medvedev doit « tout » à Poutine ? En réalité, la soif de pouvoir de Poutine n’a jamais fait l’ombre d’un doute.

On se souvient qu’en 2004, il avait été réélu dans des conditions peu orthodoxes car l’élection avait été entachée de fraudes massives. Et pour cause, l’opposition politique avait été muselée : de l’interdiction de tenir des meetings jusqu’à l’arrestation des militants voire de certains responsables des partis politiques. Russie unie pouvait tranquillement élire son candidat. Malgré l’injonction des Etats-Unis et de certains pays européens (France, Grande-Bretagne…), les autorités russes avaient fait la sourde oreille, arguant que c’était les affaires internes de la Russie. Elles s’étaient même permis de jeter des opposants, voire certaines personnalités soupçonnées de lorgner la présidence en prison sous le prétexte qu’ils devaient des sommes colossales au fisc.

Au nombre de ceux qui ont payé pour leur audace, Mikhaïl Khodorkovski, ancien patron de Ioukos (une compagnie pétrolière russe), arrêté le 25 octobre 2003, et envoyé en prison parce qu’il voulait devenir président. C’est à croire que seuls Poutine et ses proches avaient l’intelligence, voire la capacité de diriger la Russie. Le retour annoncé de Poutine au pouvoir était en réalité un secret de polichinelle, aussi bien pour les Russes (opposants tout comme citoyens lambda). Par ailleurs, certains analystes russes s’accordent à dire que Vladimir Poutine ne vient que confirmer, qu’il n’a jamais lâché le gouvernail.

On peut même s’aventurer à dire que Dimitri Medvedev, durant ces quatre ans au pouvoir, n’était qu’un « pantin » car si Medvedev était celui que l’on voyait dans les grands sommets (G8, Assemblée générale de l’ONU…), Vladimir Poutine était celui qui tenait les rênes de la Russie. Ou du moins, peut – être que lui accordait-il une certaine marche de manœuvre dans la gestion des affaires afin que celui-ci se sente président. Le scenario est si parfait que Dimitri Medvedev n’a jamais daigner briguer un deuxième mandat, car en général, lorsqu’une personnalité arrive au pouvoir, elle postule le plus souvent pour un second mandat. On le constate avec Barack Obama qui a annoncé qu’il sera candidat à sa propre succession, tout comme l’a fait George Bush.

Nicolas Sarkozy également s’apprête à le faire, puisque la constitution l’autorise, pourquoi pas Medvedev ? Serait-il incapable de diriger la Russie une seconde fois ? Tout porte à croire que ce tandem n’était qu’un arrangement savamment orchestré par Poutine pour revenir au pouvoir. Son dauphin l’a d’ailleurs accepté vu que c’est lui qui a annoncé samedi 24 septembre 2011, la candidature de Poutine à l’élection présidentielle de mars 2012. Par ailleurs, une réforme constitutionnelle adoptée en 2008 a prolongé la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans à partir de 2012. Théoriquement, Poutine, aujourd’hui âgé de 58 ans, pourra donc se représenter en 2018 et rester au pouvoir jusqu’en 2024. N’en déplaise à ceux de son camp qui commencent à jeter l’éponge pour convenance personnelle ou désaccord clanique…

Souleymane KANAZOE (Kanazoe.souleymane@yahoo.fr)

Sidwaya

Post élections 2012 : un nettoyage de printemps s’imposera ensuite pour Poutine

Le premier ministre Vladimir Poutine a déclaré lors d’une conférence du parti Russie unie à Ekaterinbourg le 30 juin 2011, qu’il se concentrerait sur son hygiène après les élections de 2012 ; une réponse un peu obscure à la question concernant ses préoccupations aux lendemains des présidentielles de mars prochain. Le chef du gouvernement a donc précisé qu’une purification s’imposait, au sens propre du terme comme sur le plan politique. Alors que ni Dimitri Medvedev, ni Vladimir Poutine n’a encore révélé lequel des deux serait candidat, ces déclarations seraient-elle un indice quant à ses intentions de campagne ?

– Journaliste de Xinhua News Agency : «  Le premier ministre Vladimir Poutine a affirmé qu’il devrait nettoyer la politique russe l’année prochaine après les élections présidentielles. Poutine, jeudi, n’a rien révélé quant à ses intentions de se présenter lui même, mais il a fait comprendre aux partisans de Russie Unie qu’il comptait bien jouer un rôle significatif dans la campagne électorale avant le vote de mars.

– Vladimir Poutine : « La première chose que je ferai après le vote ? Eh bien…J’irai me laver, au sens propre du terme, mais aussi sur le plan politique. Après toutes les campagnes que nous allons traverser, nous aurons certainement besoin de nous pencher attentivement sur notre hygiène. Malheureusement c’est inévitable. »

– Journaliste : « Poutine a effectué deux mandats présidentiels successifs entre 2000 et 2008, et conformément à la Constitution russe, il pourra à nouveau présenter sa candidature aux élections de mars prochain. Poutine et le président Dimitri Medvedev ont bien précisé que seul l’un d’entre eux briguerait la présidence. »

CLÉMENTINE BLÉZEAU, lecourrierderussie

La Banqueroute ou la guerre ?

C’est connu depuis la nuit des temps : rien de tel qu’une bonne guerre pour relancer l’économie. De là à se demander si notre amour soudain pour les Libyens est vraiment désintéressé, il n’y a que l’amble d’un Cheval de Troie…

L’année avait plutôt bien commencé puis, très vite, les choses ont tourné à l’aigre. D’abord le cataclysme au Japon, dont les fragrances radioactives ne tarderont plus à nous rattraper, puis maintenant la Libye, pour laquelle l’Occident feint de découvrir que le “Guide suprême” n’est pas seulement un priapique cocaïnomane, mais aussi un dictateur sanguinaire. Depuis la Suisse, cela donne envie de rire, quoique la présidente de la Confédération, Micheline Calmy-Rey, doive plutôt grimacer en se souvenant combien son pays était isolé, il y a encore une année, alors qu’il avait affaire aux menaces de Kadhafi suite à l’arrestation de son ivrogne de fils à Genève quelques mois auparavant. Un Kadhafi qu’il était alors de bon ton de soutenir dans la communauté internationale, et peut-être même, pour le président Sarkozy, d’en obtenir le soutien financier pour sa campagne électorale.

Mais l’amiral Mullen, chef d’état-major US, a déjà prévenu, à moins qu’il s’agisse de préparer le terrain : « On ne sait pas où l’on met les pieds, et le conflit pourrait bien s’enliser », tout en essayant de nous rassurer : « Notre objectif n’est pas de chasser Kadhafi du pouvoir. » On imagine bien en effet qu’une opération baptisée Aube de l’Odyssée cache des objectifs un peu plus considérables que de mettre à la retraite l’instigateur des soirées Bunga-bunga [Silvio Berlusconi et ses partouzes NDLR].

Thierry Meyssan voit assurément juste quand il écrit que « les frappes françaises sur la Libye ne sont pas une opération française, mais une sous-traitance placée sous l’autorité de l’US AfriCom. Elles n’ont pas pour objet de secourir les populations civiles libyennes, mais elles prétextent de la situation pour ouvrir la voie au débarquement des forces étatsuniennes sur le continent africain. »

Dans une récente analyse, Pierre Hillard nous rappelle que « les grands événements sont toujours le fruit des actions d’une élite » et que « les masses ont toujours été utilisées comme instrument en faveur d’une politique bien définie. » L’auteur de La marche irrésistible du Nouvel ordre mondial explique comment la trame de fond à « l’origine de tous ces événements » réside dans le développement du Nouvel ordre mondial qui n’est plus seulement une idéologie, mais une mystique.

Banqueroute des États-Unis

Bill Gross, gestionnaire du plus important fonds d’investissement au monde, Pimco, a annoncé le 10 mars dernier qu’il s’était débarrassé de tous ses Bons du Trésor. Il faut se souvenir que les Bons du Trésor sont la plus grande bulle de ces cent dernières années. Ils sont considérés par les spéculateurs comme une assurance-vie gratuite et qui rapporte tout de suite et très gros.

Depuis novembre 2010, la Fed a racheté auprès des banques d’affaires plus de 70 % des Bons du Trésor aux Etats-Unis. Elle continue d’en racheter mensuellement 100milliards et devrait, d’ici juin 2011, en détenir pour 800milliards de dollars.

Si Pimco fait savoir aujourd’hui qu’il y a tout à perdre à collaborer avec l’État américain et qu’il convient de se débarrasser avec urgence des Bons du Trésor US, c’est qu’elle prévoit que les cours des obligations d’État US vont s’effondrer avant l’été prochain. Que cela entraînera une contraction de l’économie qui peut mener le pays à l’éclatement monétaire par l’hyperinflation, à la récession et au chômage de masse. En clair, la banqueroute des États-Unis.

Barack Obama, Tim Geithner, son Secrétaire d’État aux Finances, et Ben Shalom Bernanke, le Directeur de la Fed, ont engraissé les banques et leur ont permis de fusionner, de s’agrandir afin de devenir “too big to fail ” (trop grande pour faire faillite). Les banques peut-être, les Etats-Unis c’est moins sûr. A moins que la guerre…

Clovis Casadue, pour FLASH

Publié  sur Mecanopolis

Libye : Mais dans quel camp joue la Russie ?

Un mois après la déclaration choc de Vladimir Poutine qui, le 21 mars 2011, comparait l’intervention militaire en Libye aux « appels médiévaux à la croisade », c’est désormais au tour du chef de la diplomatie russe d’enchaîner les remarques sévères à propos du conflit libyen.

Vendredi 15 avril, à la suite de la réunion OTAN-Russie à Berlin, Sergeï Lavrov demandait à ce que les décisions, en Libye et dans le monde arabe, ne soient pas provoquées de force. « Il est d’une importance absolue de ne pas pousser par la force les pays de cette région à prendre des décisions. Ils doivent y parvenir d’eux-mêmes et il ne faut surtout pas faire de victimes parmi les populations civiles », avait-il déclaré, avant d’indiquer que certaines frappes en Libye étaient allées, selon lui, au-delà du mandat de la résolution 1973. Adoptée le 17 mars 2011 par le Conseil de sécurité des Nations unies, la résolution autorise les frappes pour protéger les populations civiles d’une utilisation excessive de la force par le régime libyen.

Hier, jeudi 22 avril, le ministre des Affaires étrangères a poussé plus loin encore la critique en expliquant, au terme d’une rencontre avec son homologue slovène, que la Russie est « préoccupée » par l’évolution de la situation en Libye. « Il s’agit d’une aspiration évidente à un conflit terrestre : ceci est lourd de conséquences imprévisibles », a-t-il affirmé.

Lecourrierderussie.com a demandé à Fedor Loukianov, rédacteur en chef de la revue Rossiïa v globalnoï politike (La Russie dans les affaires mondiales), de lui faire part de son analyse de la position russe : une position de plus en plus difficile à suivre et à saisir.

« La position de la Russie évolue parce que la situation en Libye évolue. Sa position initiale était la suivante : Nous ne sommes pas pour, mais si vous voulez intervenir, alors allez-y ! Ce n’est pas notre problème.

Le non veto russe à la résolution 1973 correspondait au point de vue de Medvedev pour qui la Russie n’est pas une puissance mondiale. Pour le président, la Russie ne doit pas prendre part à des décisions qui dépassent ses frontières ou ses intérêts directs.

Si la Russie s’était opposée à la résolution, alors que même la Ligue arabe la soutenait, cela aurait semblé absurde. Et surtout, pourquoi aurait-elle risqué de compromettre ses relations avec l’Ouest pour Khadafi ?

Si Poutine était toujours président, la Russie aurait certainement usé de son droit de veto contre la résolution de l’ONU

Poutine a réagi car il considère, lui, que la Russie doit occuper une position centrale sur la scène internationale. Il est remonté, depuis l’intervention en Irak, contre l’Ouest qui veut s’immiscer partout et tenter de tout gérer. Si Poutine était toujours président, la Russie aurait certainement usé de son droit de veto contre la résolution de l’ONU.

L’intervention en Libye ne se déroule pas comme prévu et risque de durer. Et la Russie, bien qu’elle ne se soit pas opposée initialement à l’intervention, essaye à présent de s’en distancier le plus possible en se montrant très critique.

Le contexte autour du conflit libyen est caractérisé par une hypocrisie généralisée : l’hypocrisie des pays qui ont soutenu l’intervention et qui, aujourd’hui, prétendent que la situation actuelle ne correspond pas au scénario qu’ils avaient en tête lorsqu’ils ont adopté la résolution ; mais également l’hypocrisie de la Russie qui, en s’abstenant, a, sans aucune ambiguïté, soutenu cette intervention.

Concernant les dernières déclarations de Lavrov, il a eu raison de s’exprimer ainsi. Son évaluation de la situation et des risques est juste. La Russie n’a pas pris part à l’intervention et n’y participera à aucun moment. Aujourd’hui, elle cherche simplement à profiter de sa position extérieure au conflit et savoure la possibilité de pouvoir critiquer ouvertement l’intervention. »

Propos recueillis par GUILLAUME CLÉMENT MARCHAL

lecourrierderussie.com