Le Blog de Aymard

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Archives de Tag: Washington

Triomphe confirmé des islamistes en Egypte : Les USA dans le rôle d’idiots utiles

Le scrutin législatif égyptien s’est traduit par une déroute totale pour les formations libérales, démocratiques et laïques; de même que pour les mouvements issus de la révolte contre Hosni Moubarak, l’an dernier. Cela confirme toutes nos analyses sur la révolution virtuelle des blogueurs et sur la réalité islamique de la société égyptienne. Les USA ont aidé un mouvement qui a été capable de renverser un régime sur sa fin, mais s’avère incapable de le remplacer. Il va falloir composer avec le pouvoir issu non de la rue, mais des urnes : les Islamistes.

Ce basculement de l’Egypte est un événement dont les conséquences sont encore imprévisibles et incalculables. Mais une fois de plus, un certain impérialisme démocratique, tentant d’imposer son modèle partout, semble avoir largement joué les apprentis sorciers.

Cette première élection depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 a été en effet marquée par la victoire écrasante des Islamistes, crédités, toutes formations confondues, d’environ 65% des voix et 70% des sièges… Ils feront ce qu’ils voudront et pourront changer la société égyptienne. Washington, qui ne tire leçon de rien, joue déjà la carte islamist,e malgré les précédentes désillusions et après avoir annoncé le triomphe de la démocratie musulmane. Ben Laden a été un allié, sinon une créature des USA. Faut-il le rappeler?

Les Etats-Unis, avaient repris, ces derniers mois, un dialogue discret avec la confrérie islamiste. En visite au Caire, William Burns, secrétaire d’Etat adjoint, a rencontré des dirigeants du Parti de la liberté et de la justice, issu des Frères musulmans. Son leader a «demandé que les Etats-Unis révisent leur politique (…) en conformité avec (les aspirations) du Printemps arabe», qui a balayé les régimes autocratiques en Egypte, en Libye et en Tunisie. Il a aussi appelé Washington à adopter une «position positive concernant les causes arabes et islamiques».

Le printemps des dupes

William Burns «a félicité le parti pour ses résultats» électoraux et affirmé que son pays était «prêt à aider l’économie égyptienne à surmonter la crise». Les Etats-Unis «respectent le choix du peuple égyptien», a dit William Burns, cité par le communiqué. Washington avait fait savoir, au début janvier, que les Frères musulmans avaient donné des garanties sur le respect du traité de paix conclu, en 1979, entre l’Egypte et Israël, premier allié des Etats-Unis dans la région. Mais, certains signes montrent un durcissement des militaires toujours au pouvoir et certains, en Israël, craignent une surenchère.

Le responsable américain n’a pas, en revanche, rencontré de responsables des partis fondamentalistes salafistes, crédités de plus 25% des voix, dont la percée électorale constitue, de fait, la grande surprise dans la surprise du scrutin.

L’élection des membres de l’Assemblée du peuple doit être suivie, à partir du 29 janvier, de celle des sénateurs de la Chambre haute consultative. Le cycle électoral complet s’achèvera avec une présidentielle, au plus tard fin juin. D’ici là, les Islamistes auront imposés leur marque. Un mouvement électoral est en cours, qui transforme le premier pays arabe, allié des USA et ayant signé un traité de paix avec Israël, en puissance islamique. Ce n’est pas rien.

Washington a cru que quelques jeunes branchés pouvaient imposer leur choix au peuple. Moubarak est tombé parce que, comme Ben Ali, son régime était en hiver et déconnecté du peuple. Mais sa chute ne profite en rien aux forces de la liberté occidentalisées, médiatisées, mais ultra minoritaires. L’Egypte affirme son identité musulmane à travers un vote très net pour un islamisme politique. Il est décidément le grand gagnant de ce qui apparaît, de plus en plus, comme « un printemps des dupes ».

Jean Bonnevey sur METAMAG

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L’ambassadeur du Gabon à Washington agressé par un de ses compatriotes

Manipulations américaines à l’ONU contre la reconnaissance de l’Etat palestinien

Le courrier international

Le directeur du quotidien panarabe Asharq Al-Awsat dénonce les pressions de Washington pour inciter des Etats membres du Conseil de sécurité à se prononcer contre la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Le siège symbolique apporté par la délégation palestinienne à l’ONU, New-York, le 15 septembre 2011.

L’Allemagne, la Colombie et les Etats-Unis, bien sûr, menacent de voter contre la reconnaissance d’un Etat palestinien à l’Assemblée générale de l’ONU. Pour le reste, c’est le flou qui domine. Le Conseil de sécurité comporte quinze membres, et si neuf d’entre eux donnent leur accord, la Palestine deviendra un Etat. A moins évidemment que la représentante américaine, Susan Rice, ne lève la main pour opposer son veto.

C’est très simple de lever la main, mais l’administration américaine aimerait quand même ne pas y être contrainte. Il lui suffit de convaincre suffisamment de pays pour faire capoter le vote sans avoir besoin de recourir à ce geste embarrassant.

Les Etats-Unis font donc pression sur trois pays au moins, à savoir la Bosnie, le Nigeria et le Gabon. En effet, la Bosnie [un Etat à majorité musulmane] refuse pour l’instant de promettre qu’elle votera pour la création de l’Etat palestinien. Choquant ! Choquant comme l’attitude du Hamas iranien – pardon, palestinien –, qui a critiqué, de concert avec Benyamin Nétanyahou, le voyage du président de l’Autorité [palestinienne Mahmoud Abbas] à New York et a mis en doute sa fonction. Heureusement que le Hamas n’a pas de droit de veto au Conseil de sécurité.

Puis il y a notre ami le Nigeria. Malgré tous les liens que nous [les musulmans] avons avec lui dans le cadre de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et de l’Union africaine, il n’a pas non plus décidé s’il voterait en faveur des Palestiniens ou des Israéliens.

Nous ne nous faisons pas d’illusions. Nous savons que le projet d’un Etat palestinien ne se réalisera pas. S’il ne bute pas sur le nombre de votes, il butera sur le veto américain. Il n’en reste pas moins que c’est une des batailles les plus importantes qu’ait connues l’ONU. Elle mettra tout le monde face à cette réalité : l’idée d’un Etat palestinien fait l’objet d’un quasi-consensus international. Un consensus qui ressemble à celui qui existait pour mettre un terme au régime raciste des Blancs en Afrique du Sud.

L’administration de Barack Obama sait qu’elle se retrouvera dans une situation embarrassante si elle entre dans l’Histoire comme celle qui a privé les Palestiniens de leur Etat. Un Etat qu’elle avait pourtant promis de soutenir. Tout le monde regardera la scène au Conseil de sécurité, le 23 septembre. Si les Palestiniens réussissent à rassembler les neuf voix nécessaires, mais que Washington oppose son veto, une vague de colère montera contre les Etats-Unis. Et ce au moment où ils ont précisément besoin d’avoir de bonnes relations avec les pays de la région, en pleine transition.

La bataille agite également l’Assemblée générale, où, depuis hier [20 septembre] et pendant neuf jours, les 193 Etats du monde sont réunis pour débattre. Parmi eux, 116 sont quasiment acquis au vote en faveur des Palestiniens. Pour le camp arabe, il est important de rassembler le plus grand nombre possible de pays européens. Ceux-ci se diviseront en fonction des intérêts qu’ils ont avec Washington et Tel-Aviv.

Ce sera une occasion d’étaler puissamment le soutien international aux Palestiniens. Cela augmentera l’embarras d’Israël et des Etats-Unis. Ce peuple qui jouit du soutien de la majorité des peuples, comment peut-on lui refuser un siège dans cette organisation censée représenter à égalité les nations du monde ?

La Vraie Dette des Etats-Unis : 211.000 milliards de dollars

Une Dette nationale de 14.000 milliards de $ ? 211.000 milliards de $

Laurence Kotlikoff, l’ancien conseiller économique de Reagan, a révélé la vraie dette des Etats-Unis. Elle est de 211.000 milliards de dollars, et pas 14.000 comme cela a été agité ces derniers mois. Ainsi donc, le réel montant de la dette fait quinze (15) fois ce qui a été publié.

Quand Standard & Poor’s a réduit la réputation de solvabilité nationale d’AAA à AA-plus, les États-Unis ont subi la première décadence à sa réputation de solvabilité à jamais. Standard & Poor’s a pris cette décision malgré le fait que le Congrès a passé la semaine passée pour lever la limite de dettes.

La décadence, Standard & Poor’s a dit : « reflète notre avis que le plan de consolidation fiscale que le Congrès et l’administration ont récemment agréé ne répond pas à ce que, de notre point de vue, serait nécessaire de stabiliser la dynamique à moyen terme de dettes du gouvernement. »

Ce sont des problèmes de dettes de moyen à long terme qui inquiètent aussi le professeur d’économie Laurence J. Kotlikoff, économiste senior qui a servi comme Conseiller Économique aux côtés du Président Reagan. Il dit de la dette nationale, que le Trésor américain a estimée à environ 14 trillions de $, est juste la partie visible de l’iceberg.

« Nous avons toutes ces dettes officieuses qui sont massives comparées à la dette officielle, » Kotlikoff dixit David Greene, l’invité de « week-ends sur Tout compte fait ». « Nous sommes concentrés juste sur la dette officielle, donc nous essayons d’équilibrer les faux livres. »

Kotlikoff explique que les obligations de paiement « officieuses » de l’Amérique – comme la Sécurité sociale, l’Assistance médicale et des allocations de Caisse d’assurance maladie – font rehausser considérablement le montant de dettes.

« Si vous additionnez toutes les promesses qui ont été faites pour passer des obligations, y compris des dépenses de défense et vous soustrayez tous les impôts que nous nous attendons à prendre, la différence est 211 trillions de $. C’est le trou fiscal, » dit-il. « C’est notre vrai endettement. »

Nous n’entendons pas plus sur cet énorme montant, parce que les politiciens ont choisi leur langue soigneusement pour garder la plupart du problème des livres.

« Pourquoi ces types pensent-ils à la mise en équilibre du budget ? » dit-il. « Ils devraient essayer et penser à nos problèmes fiscaux à long terme. »

Selon Kotlikoff, un des plus grands problèmes fiscaux sur lesquels le Congrès devrait se concentrer est l’obligation de l’Amérique de faire des paiements de Sécurité sociale aux générations futures des personnes âgées.

« Nous avons 78 millions d’enfants du baby-boom qui sont balancés pour se rassembler, dans environ 15 à 20 ans, environ 40,000 $ par personne. Multipliez 78 millions par 40,000 $ – vous parlez de plus de 3 trillions de $ par an juste à donner à une partie de la population, » dit-il. « C’est une énorme facture, cela dépasse l’entendement et le Congrès ne s’y est pas intéressé. »

Pour éliminer l’écart fiscal, Kotlikoff dit : « les Etats-Unis devraient avoir des augmentations fiscales et des réductions de dépenses sur un long terme, au-delà de ce qui est négocié actuellement à Washington ».

« Ce que vous devez faire est d’augmenter immédiatement de manière permanente les impôts des deux-tiers, ou couper immédiatement et de manière permanente chaque dollar de dépenses de 40 pour cent pour toujours. La Commission Budgétaire du Congrès a dit que nous avons absolument un énorme problème devant nous. « 

Lire l’article publié en Anglais le 06 Août sur NPR.