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Gabon : Déclaration de l’Union Nationale (UN)

Zacharie Myboto, président de l’Union nationale (UN), est sorti du mutisme qu’il observe depuis la sortie des membres de son parti du PNUD où ils s’étaient réfugiés après que Mba Obame se fut autoproclamé président élu du Gabon. Dans sa déclaration, le 27 avril, le député de la Lebombi-Leyou (Mounana) laisse entendre que sa formation politique «n’accepte pas la tentative de marginalisation dont elle l’objet en ce moment». Il dénonce «une manœuvre destinée à remettre en cause les engagements pris par le pouvoir établi devant les Nations Unies et à torpiller l’implication de cette organisation dans le règlement de cette crise».

Ci-après, l’intégralité de cette déclaration.

Alors que l’Union Nationale observe la réserve qu’elle s’est imposée après les premières discussions avec la délégation de haut niveau envoyée par le Secrétaire Général des Nations Unies dans un souci d’apaisement du climat politique rendu difficile par les exactions du pouvoir établi, celui-ci entreprend depuis quelque temps des manœuvres de diversion qui ne trompent personne : Hier, c’était le prétexte de l’Île Mbanié dont aucun Gabonais ne conteste l’appartenance au territoire national, aujourd’hui c’est la biométrie dont plus personne ne conteste désormais l’intégration dans la liste électorale avant les prochaines échéances électorales.
L’Union Nationale fait d’emblée remarquer qu’une telle fuite en avant, outre qu’elle n’est qu’une opération de communication politicienne, ne saurait prospérer car elle ne répond pas et ne correspond pas à la solution suggérée par l’ampleur de la grave crise politique que connaît notre pays.

L’Union Nationale rappelle que c’est l’opposition gabonaise tout ensemble réunie au sein de l’ACR (Alliance pour le Changement et la Restauration) et de la CPPA (Coalition des Partis Politiques pour l’Alternance) qui a présenté au Président de la République Française Monsieur Nicolas Sarkozy le 24 février 2010, puis au Secrétaire Général des Nations Unies Monsieur BAN KI MOON, le 1er juillet de la même année, un mémorandum énonçant les questions impliquées par cette crise qui relève de la bonne gouvernance et de la transparence électorale.
L’Union Nationale affirme qu’aucun règlement de la crise gabonaise n’est possible sans que les problèmes posés depuis longtemps par l’ensemble de l’opposition gabonaise ne soient examinés dans leur ensemble et non de manière parcellaire et tendancieuse.

L’Union Nationale rappelle que la crise politique gabonaise implique désormais l’organisation des Nations Unies dont la neutralité est un gage de crédibilité du processus et des solutions qui en sortiront ; que ce qui est entrepris par le pouvoir établi ressemble à une manœuvre destinée à remettre en cause les engagements pris par le pouvoir établi devant les Nations Unies et à torpiller l’implication de cette organisation dans le règlement de cette crise.

L’Union Nationale rappelle aussi qu’elle demeure la première force politique de l’opposition avec ses dix parlementaires et ses 154 élus locaux sur l’ensemble du territoire national. Qu’elle dirige des conseils municipaux, des conseils départementaux et des mairies d’arrondissement. Elle est implantée dans l’ensemble du territoire national où elle compte de nombreux militants et sympathisants. L’Union Nationale entend donc continuer à jouer pleinement son rôle dans l’intérêt du peuple gabonais et de notre cher pays. Elle n’accepte pas la tentative de marginalisation dont elle l’objet en ce moment.

En effet, elle porte depuis sa création l’option la plus crédible d’une alternance démocratique dans notre pays. Cette position particulière lui vaut depuis ses débuts, l’acharnement du pouvoir établi. La dissolution d’un parti politique est un acte d’une exceptionnelle gravité que l’on ne retrouve que dans les sombres périodes de l’histoire des nations, car elle préfigure ou consacre la fin de la démocratie et la mise entre parenthèses des libertés publiques.

Tout en restant fidèle à la démarche du Secrétaire Général des Nations Unies dont une mission de haut niveau est attendue à Libreville dans les prochains jours, l’Union Nationale, par la plume de son Président, a déposé ce jour, un recours devant le Conseil d’Etat lequel en disant le droit, confirmera que la dissolution de l’Union Nationale est nulle et de nul effet.

Fait à Libreville, le 27 avril 2011