Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: août 4, 2011

BENIN : Jean-Christophe Houngbo a finalement rendu l’âme

Dernier rescapé dans le drame qui a décimé sa famille : Jean-Christophe Houngbo a finalement rendu l’âme

L’espoir a tourné court dans la journée de ce vendredi 29 juillet 2011. Le Chef Bureau régional Ouémé Plateau du Groupe de presse « Le Matinal » s’est éteint après un mois dans le coma. Jean Christophe Houngbo a quitté la troupe au moment même ou elle avait le plus besoin de lui.

Si court a été son séjour, si dure, la séparation. Jean-Christophe Houngbo s’en est allé, refermant derrière lui, toute issue sur les contours d’un drame qui a décimé toute sa famille. Durement atteint, il a finalement succombé. Du temps, il en faudra certainement pour l’oublier. Et pourtant, dans la journée de ce mercredi 29 juin 2011, il était à mille lieux d’envisager que dans les heures à venir un monstre implacable changerait le court de son histoire écrite au prix d’endurance et de déboires. La marche vers l’accomplissement aura duré des années. Mais le temps de la jouissance n’a duré qu’une nuit. Une nuit qui au lieu d’être un moment de joie est malheureusement la dernière d’un séjour. Cette nuit, la première qu’il a choisi de passer avec sa petite famille dans son nouvel appartement a été celle des douleurs et des plaintes. Aussi effroyable fut elle où s’entonne dans les méandres d’un silence éternel, plaintes, agonies et gémissements. Jean Christophe Houngbo s’en est allé au moment même ou toute l’équipe de nuit espérait toujours ce jeudi 30 juin, (le lendemain du drame), ses écrits pour la page politique du vendredi. L’attente a été longue mais les écrits ne viendront pas. C’était le début d’une histoire effroyable qui mettra du temps à se révéler.

La solidarité spontanée, le seul mot pour saluer les sacrifices des uns et des autres

Durement affectée, l’équipe du Groupe de Presse « Le Matinal » ne s’est pourtant pas sentie orpheline. Pendant tout le trajet, depuis son hospitalisation au Centre hospitalier départemental (Chd), Ouémé Plateau à son séjour à la réanimation au Cnhu, le soutien était constant. Confrères, autorités politico-administratives, amis était présents aux côtés de l’équipe. Tant de sacrifices ont-ils consentis pour que lui au moins nous revienne. Et ce vendredi, alors que la nature en a décidé autrement et que tout espoir était perdu, ils étaient encore là à travers conseils, messages de soutien de toute sorte pour amener encore à croire. Jean Christophe Houngbo s’est éteint à l’âge de 47 ans. Il est titulaire d’une maîtrise es Sciences juridiques.

Hospice Alladayè

Quelques témoignages des confrères et personnalités sur Jean-Christophe Houngbo

Gaspard Adjamossi, journaliste et président du Réseau des journalistes accrédités au parlement (Réjap)

Je dois avouer pour avoir été un mois durant à ses côtés, que je suis très malade de cette disparition de Christophe à un moment où on ne s’y attendait pas. En dehors de la confraternité, c’est la fraternité entre nous les deux. Je me souviens encore de ces moments où on ne s’entendait pas sur certains sujets. Mais toujours est-il qu’on finit par se comprendre. Il est parti, parti pour toujours….

Nicaise Azonmahou, journaliste et membre du Réjap

Nous sommes restés au chevet de Christophe pendant un mois au Cnhu de Cotonou. On avait espoir qu’il nous reviendrait, mais hélas, la mort a eu raison de lui. Ce qui nous lie avec Christophe dépasse la confraternité et l’amitié. Il est un frère. Que peut- on d’autre que de prier pour le repos de son âme ?

Venir Venance, Pdg de Idéal Communication depuis Miami aux Etats-Unis

Le journaliste Christophe Houngbo s’en est donc allé. Je suis très affecté par cette disparition. Je me rappelle encore la dernière fois au « Titan Bar » à Porto- Novo la veille de mon départ aux Etats-Unis, je ne pouvais pas savoir qu’il me disait un adieu. En plus, il apparaît dans mon documentaire que j’ai tourné sur l’artiste Sagbohan Danialou. Vraiment, paix à son âme

Jean Gounongbé, président du Congrès du peuple pour le progrès (Cpp)

Christophe Houngbo m’a beaucoup côtoyé. D’abord, c’est son papa que j’ai connu sans savoir que c’était son fils Christophe. Depuis ce rapprochement, je le suivais de près. Je le revois à travers ses articles de presse, spécial en son genre. C’est avec grand regret que je dis condoléances à la famille éplorée, au personnel du journal Le Matinal en particulier, et à la presse béninoise en général.

Chaki Wabi Chanou, chef d’entreprise

Nous avons connu Christophe Houngbo avec sa plume percutante. Il est d’un genre spécial dans la rédaction de ses articles. Nous l’avions beaucoup suivi. Vous savez, à cause de ses articles, je lis souvent Le quotidien le Matinal. Avec ce drame qu’il a vécu et en a tiré finalement révérence, on ne peut que lui souhaiter la paix dans sa dernière demeure. Puisse Allah tout puissant l’accueillir.

Joseph Kiki Savi, ancien conseiller municipal de Porto- Novo

J’ai connu surtout Christophe Houngbo au cours de notre mandat. C’est un journaliste que je suivais de près. C’était surtout aux temps forts de la destitution du maire Bernard Dossou où il avait toujours d’information sur les tractations des conseillers. Il était brave. C’est vraiment une perte dans le monde des médias et je me dois de présenter mes condoléances à sa famille et à tous les journalistes.

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De la Politique Africaine de Sarkozy par Olympe BHÊLY-QUENUM

Il faut ressasser certains propos : l’exigence en est l’amnésie des gens ou leur rétivité à sous-estimer les maux et les blessures qui ne sont pas les leurs ; le 19 mai 2006, Nicolas Sarkozy se présenta à Cotonou ès qualités candidat de la « rupture » ; coutumier des idées fixes à géométrie variable, il déclarera dans son programme: « Je favoriserai le développement des pays pauvres, en cessant d’aider les gouvernements corrompus ».

La même année, il pérora à Bamako : « La France, économiquement, n’a pas besoin de l’Afrique. Les flux entre la France et l’Afrique représentent 2% de notre économie. »

Son arrogance et son dédain m’ont fait revenir à l’esprit la réflexion du grand philosophe juif Emmanuel Levinas déjà citée dans ma riposte[1] : « Revenir à soi, ce n’est pas s’installer chez soi, fût-on dépouillé de tous acquis ; c’est, comme un étranger, être pourchassé jusqu’à chez soi, contesté dans son identité et dans sa pauvreté même. »[2]

L’insulte ni l’humiliation ne l’empêchaient pas de recourir à la supercherie révélée par La Lettre du Continent : «[….] le candidat de l’UMP cloisonne ses relations avec les dirigeants africains à travers une myriade d’émissaires. C’est ainsi avec son seul directeur de campagne, Claude Guéant, qu’il voit les émirs du golfe de Guinée comme le doyen Omar Bongo ou le président Denis Sassou Nguesso. C’est l’ancien ministre Olivier Stirn qui le représentait, le 3 avril à Dakar à l’investiture du président Abdoulaye Wade. Officiellement les dossiers sont gérés par le conseiller diplomatique David Martinon avec Pierre Régent et un jeune diplomate “africain” Bons Bouton. Parmi les secrétaires nationaux de l’UMP, les ex-ministres .Jacques Godfrain et Hervé de Charrette, ne sont pas avares de notes, de même que Michel Barnier.»

On pourrait y ajouter François Jay de la SEM Coopération 92 ; à son sujet, on a pu lire : « Sarkozy a par ailleurs recruté François Jay, un ancien de Bolloré » dans Lettre du continent n°210) qui souligna : « Bunkérisés dans l’Hexagone […] les candidats à la présidence de la République française n’ont pas vraiment eu l’occasion (ou cherché) de définir ce que seront leurs rapports avec l’Afrique…L’équation Afrique/immigration a totalement pollué toute perspective de nouvelles relations avec un continent dont les extraordinaires potentialités sont aussi fortes que sa capacité de nuisance. »

Pas un journal de l’Hexagone ne faisait allusion à l’ambiguïté des méthodes du candidat ; sidéré, j’ai à maintes reprises reproduit les informations ci-dessus dans mes interventions encore présentes à la rubrique Politique de mon site : www.obhelyquenum.com

Le pire étant toujours possible quand on n’a pas la moindre idée du terrain sur lequel on s’avance, élu président de la République française, ex-Mère Patrie de l’Afrique francophone régentée par un cancer dénommé Françafrique, Monsieur Nicolas Sarkozy fit entendre à Dakar, à l’Université Cheikh Anta Diop :

« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. »

À moins qu’il ne soit dénaturé ou un paria, quel Africain oubliera ce coup de massue, poncif hégélien crânement raciste ? Qu’à cela ne tienne, puisque « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », il était légitime, en 2007, de ne faire aucun cas de ce fait historique : « après les accords de Munich, la France affaiblie n’aurait jamais pu se maintenir parmi les grandes puissances, sans ses colonies en tant qu’alliées. »[3]

Depuis l’innommable discours de Dakar, il y a eu en Afrique des élections présidentielles dont certaines, sans être exemplaires, avaient le mérite d’avoir été un tant soit peu démocratiques ; mais en 2011, trucages, irrégularités, truanderies ont atteint leur apogée au Bénin par une forfaiture répréhensible dont la conséquence aurait dû être l’annulation d’une telle mascarade; dans le creuset du Vodún court maintenant le bruit que le chef d’Etat failli du pays piégé envisagerait la révision de la Constitution ; le peuple ainsi que les artistes de l’ex-colonie française dont la servilité du Premier magistrat est accablante auront-ils le courage des Sénégalais? Ils ont infligé au président Wade une défaite qu’illustre le savoureux apophtegme de Montaigne selon lequel « plus haut monte le singe, plus il montre son cul ».

La déconfiture du projet du grand juriste également homme de culture qu’est Abdoulaye Wade est due, «aussi » m’a écrit un ami, « à la mobilisation des intellectuels et des artistes parmi lesquels le rappeur Didier Awadi rejoint par Youssou N’Dour »

Ne s’étant pas compromis, ils n’en endossaient pas les boubous de compradors; que le projet  de Wade s’en soit allé en eau de boudin est une autre preuve que celui qui, depuis Paris, s’impose avec tant d’autorité aux chefs d’Etat de l’Afrique francophone, a précisément l’avantage qu’eux-mêmes lui laissent pour les ridiculiser, voire les détruire ;candidat unique de l’UMP à l’élection présidentielle de 2012, il a dû éprouver le camouflet de son soutien rapporté par Le Canard enchaîné; chercher à associer Barack Obama à la politique africaine de la France sous le règne de Nicolas Sarkozy est une démarche dont la stupidité a dû faire pouffer l’African-American de la Maison Blanche.

C’est la perspicacité de Maryvonne, ma femme, qui a attiré mon attention sur l’article du Canard enchaîné[4] dont je conseille la lecture : à visage découvert, la politique africaine de la France est régulée par le cancer Françafrique ; grâce aux compromissions des chefs d’Etat, celles aussi, hélas ! de certains intellectuels et artistes qui auraient dû se constituer en un contre- pouvoir infaillible, l’Afrique francophone demeure le sempiternel vassal de quelques coteries qui la hongrent.

La Chine s’en amuse, surfe en creusant ses sillons. Quel Africain loyal s’en plaindrait ? Çà et là en Grèce, dans une rue, au marché comme dans un grand magasin, je les ai vus s’exprimer en grec avec des Grecs. Combien de Français bon teint résidents en Afrique sauraient en faire autant ?

Olympe BHÊLY-QUENUM


[1] www.obhelyquenum.com (cf.rubrique POLITIQUE)

[2] Entre-nous. Essais sur le penser-à-l’autre.

[3] Simone Weil.cf.Œuvres, collection Quarto.édits Gallimard, Paris.

[4] N°4733 du 03/07/11.

Comment on fabrique la famine en Somalie

La Somalie, où les pasteurs constituaient autrefois 50 % de la population, avait une économie fondée sur l’échange entre éleveurs nomades et petits agriculteurs. En dépit des sécheresses, elle demeura presque autosuffisante en produits alimentaires durant les années 60 et 70. Au cours de la décennie 70, des programmes de transfert de populations permirent le développement d’un important secteur commercial dans le domaine de l’élevage : jusqu’en 1983, le bétail a représenté 80 % des recettes d’exportation du pays.

Au début des années 80, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale imposèrent au gouvernement un programme de réformes qui mit en péril le fragile équilibre entre les secteurs nomade et sédentaire. L’une des fonctions de ce plan d’austérité était de dégager les fonds destinés à rembourser la dette contractée par Mogadiscio auprès des membres du Club de Paris et, surtout, auprès du… FMI lui-même (1).

Comme le notait un rapport de mission de l’Organisation internationale du travail : « Seul parmi les principaux créanciers de la Somalie, le Fonds refuse un rééchelonnement (…) . Il aide de facto à financer un programme d’ajustement, dont l’un des objectifs majeurs est le remboursement du FMI lui-même (2). »

Le programme d’ajustement structurel a accru la dépendance alimentaire, notamment dans le domaine céréalier. Entre 1975 et 1985, l’aide alimentaire a été multipliée par quinze, soit un rythme d’accroissement annuel moyen de 31 % (3). Cet afflux de blé et de riz vendus sur le marché local, s’ajoutant à l’augmentation des importations, a provoqué des migrations de producteurs et des modifications majeures dans les habitudes de consommation, au détriment des produits traditionnels, maïs et sorgho.

La dévaluation du shilling somalien, imposée en juin 1981 par le FMI et suivie périodiquement par d’autres baisses de parité, entraîna des hausses des prix de tous les intrants de l’agriculture : carburants, engrais, etc. L’impact fut immédiat et désastreux sur les cultures pluviales mais aussi dans les zones irriguées. Dans les villes, le pouvoir d’achat chuta de façon dramatique, les plans de développement du gouvernement furent victimes de coupes claires, les infrastructures s’effondrèrent, les flux d' »aide alimentaire » provoquèrent l’appauvrissement des communautés agricoles (4).

Au cours de la même période, une bonne partie des meilleures terres cultivables furent accaparées par des fonctionnaires, des militaires et des commerçants liés au gouvernement (5). Plutôt que de promouvoir la production alimentaire au profit du marché local, les bailleurs de fonds encouragèrent celle, dotée d’une prétendue « haute valeur ajoutée », de fruits, de légumes, d’oléagineux, de coton destinés à l’exportation et récoltés sur les plus fertiles terres irriguées.

Dès le début des années 80, les prix des médicaments pour bétail augmentèrent en raison de la dévaluation. La Banque mondiale encouragea les responsables à faire payer les services vétérinaires fournis aux nomades (notamment la vaccination des animaux). Un marché privé des médicaments fut institué. Le ministère de l’élevage fut dévitalisé, ses services vétérinaires devant être totalement financés par le paiement intégral de ses prestations. Selon la Banque mondiale, « les services vétérinaires jouent un rôle essentiel dans le développement du cheptel dans toutes les régions et ils peuvent être dispensés principalement par le secteur privé (…) . Etant donné que peu de vétérinaires privés choisiront de travailler dans les zones pastorales éloignées, l’amélioration des soins du bétail dépendra aussi de « paravétérinaires » payés pour vendre les médicaments (6). »

Cette privatisation des soins s’est accompagnée d’une absence de programmes alimentaires d’urgence pour les périodes de sécheresse, tandis que l’eau devenait objet de commerce, que sa conservation était négligée, de même que les pâtures. Conséquences fort prévisibles : les troupeaux furent décimés, tout comme la population pastorale. L’objectif « caché » de cette politique était d’éliminer les éleveurs nomades insérés dans un système traditionnel d’échanges. Selon la Banque mondiale, il est de toute façon bénéfique d' »ajuster » la taille des troupeaux car les pasteurs nomades de l’Afrique subsaharienne sont accusés de contribuer à la dégradation de l’environnement (7).

L’effondrement des services vétérinaires a indirectement bénéficié aux pays riches : en 1984, les exportations de bétail somalien vers l’Arabie saoudite et les pays du Golfe baissèrent radicalement et les achats saoudiens se firent en Australie et dans la Communauté européenne.

La restructuration du budget gouvernemental, sous la supervision des institutions internationales, a aussi beaucoup contribué à la mise à sac de l’agriculture. Les infrastructures cédèrent et les dépenses pour l’agriculture baissèrent d’environ 85 % par rapport au milieu des années 70 (8). Le gouvernement fut empêché par le FMI de mobiliser les ressources nationales ; des objectifs sévères furent fixés pour réduire le déficit budgétaire. Les pays « donateurs » fournirent de plus en plus leur aide sous forme de produits alimentaires plutôt qu’en apport financier ou en équipement. Cette aide était ensuite vendue par le gouvernement sur le marché local et les revenus ainsi dégagés (les « fonds de contrepartie ») devaient financer les projets de développement. Dès le début des années 80, ces opérations représentèrent la principale source de revenus de l’Etat, ce qui permit aux donateurs de contrôler de fait l’ensemble du budget (9).

Les réformes économiques ont aussi signifié la désintégration des programmes de santé et d’éducation (10). En 1989, les dépenses de santé étaient de 78 % inférieures à celles de 1975. Selon la Banque mondiale, le budget courant pour l’éducation était en 1989 d’environ 4 dollars par an pour un élève du primaire, contre environ 82 dollars en 1982. Entre 1981 et 1989, les inscriptions scolaires ont chuté de 41 % (en dépit d’une forte augmentation de la population scolarisable), livres et matériel disparurent des classes, les écoles se détériorèrent, près d’un quart des établissements primaires durent fermer.

Ruine de l’économie et désintégration de l’Etat

L’ECONOMIE dans son ensemble fut ainsi prise dans un cercle vicieux : les dégâts subis par les troupeaux furent cause de famine chez les pasteurs nomades qui se retournèrent vers les agriculteurs ; ceux-ci vendirent ou troquèrent leurs céréales contre du bétail. Toute l’économie pastorale fut de ce fait socialement désarticulée. De même, la chute des rentrées de devises due aux baisses des exportations de bétail et des envois de fonds par les Somaliens travaillant dans les pays du Golfe eut de graves conséquences sur la balance des paiements et les finances publiques, ce qui rendit impossible l’application des programmes gouvernementaux.

Les petits paysans furent ruinés en raison des prix de dumping des céréales américaines subventionnées et de la hausse des prix des intrants. L’appauvrissement de la population urbaine provoqua elle aussi une baisse de la consommation alimentaire. Le soutien de l’Etat aux zones irriguées fut gelé et la production déclina dans les fermes d’Etat, promises à la fermeture ou à la privatisation sous les auspices de la Banque mondiale.

Selon les estimations de cette dernière, les salaires réels du secteur public étaient en 1989 inférieurs de 90 % à leur niveau du milieu des années 70. Le revenu mensuel moyen était tombé à 3 dollars, accélérant la désintégration de l’administration (11). Un plan de remise à niveau des salaires du service public fut proposé par la Banque mondiale, mais cela devait se faire avec la même enveloppe budgétaire, grâce au licenciement d’environ 40 % des fonctionnaires – l’administration n’aurait plus compté que 25 000 salariés en 1995 pour une population de 6 millions d’habitants – et à la suppression des diverses primes. Plusieurs pays donateurs se sont déclarés prêts à financer le coût de ces suppressions de postes (12)…

Le désastre était déjà inscrit dans toutes ces mesures qui réduisaient à néant l’Etat somalien. Pourtant, la communauté internationale des bailleurs de fonds ne fit rien pour redonner vie aux infrastructures économiques et sociales, élever le niveau de vie, reconstruire l’administration : un an avant la chute du régime du général Syad Barre, en janvier 1991, alors que la guerre civile faisait déjà rage, les créditeurs proposaient de nouvelles mesures d’ajustement qui visaient à réduire encore plus les dépenses publiques, à restructurer la banque centrale, à liquider la presque totalité des entreprises d’Etat et à libéraliser le crédit (ce qui ne pouvait qu’asphyxier le secteur privé !).

En 1989, le service de la dette représentait 194,6 % des recettes d’exportation. Cette année-là, le prêt du FMI fut annulé pour cause d’arriérés, et la Banque mondiale gela pendant plusieurs mois un prêt d’ajustement structurel de 70 millions de dollars : les résultats économiques de la Somalie étaient trop mauvais (13). La renégociation de la dette ainsi que toute nouvelle avance étaient conditionnées au paiement des arriérés ! Ainsi le pays était tenu prisonnier de la camisole de force de l’ajustement structurel pour le contraindre à assurer le service de la dette. On connaît la suite : l’effondrement de l’Etat, la guerre civile, la famine et, finalement, « Rendre l’espoir ».

La Somalie est une expérience exemplaire, d’abord pour l’Afrique, où il existe d’autres sociétés pastorales nomades que les programmes du FMI et de la Banque mondiale s’emploient à éliminer. Plus largement, l’histoire récente de la corne de l’Afrique confirme le danger pour le tiers-monde de politiques d’ajustement qui affaiblissent l’Etat et conduisent à l’implosion et à la guerre civile.

Michel Chossudovsky

Texte publié dans Le Monde diplomatique, 1993.

Notes

(1) Pendant la période 1983-1985, la dette somalienne était due à raison de 20 % au FMI et à la Banque mondiale. Cf. Generating Employment and Incomes in Somalia , Jobs and Skills Programme for Africa, Organisation internationale du travail (OIT), Addis-Abeba, 1989, p. 5.

(2) Organisation internationale du travail, op. cit. , p. 16.

(3) Au milieu des années 80, cette aide excédait la consommation de 35 %. Lire Hossein Farzin, « Food Aid : Posititive and Negative Effects in Somalia ? », The Journal of Developing Areas , janvier 1991, p. 265.

(4) Selon l’OIT, la société publique de développement agricole (State Agricultural Development Corporation, ADC) a joué un grand rôle dans le soutien aux prix élevés payés aux agriculteurs : « L’ADC a trop – et non trop peu – encouragé la production de maïs et de sorgho » ( cf. OIT, op. cit. , p. 9). Les données de la Banque mondiale, de leur côté, laissent entendre qu’il y a eu augmentation de la production de maïs et de sorgho après la déréglementation des prix en 1983.

(5) Lire Somalia, Operation Restore Hope : A Preliminary Assessment , African Rights, 11, Marshalsea Road, Londres, mai 1993, p. 18.

(6) Sub-Saharian Africa, From Crisis to Sustainable Growth , Banque mondiale, Washington DC, 1989, p. 98.

(7) Ibid. , pp. 98 à 101. Le surpacage nuit à l’environnement mais le problème ne saurait être résolu en frappant de plein fouet le mode de vie des éleveurs.

(8) De 1975 à 1989.

(9) Les fonds de contrepartie furent les seules sources de financement des projets de développement, la plupart des dépenses courantes dépendant elles aussi des donateurs.

(10) Le pourcentage des dépenses militaires demeura élevé mais ce poste budgétaire baissa en termes réels.

(11) Les salaires du secteur public équivalaient à 0,5 % du PNB en 1989.

(12) Une diminution de 40 % des effectifs du secteur public sur cinq ans (1991-1995). Selon la Banque mondiale, il y aurait 27 000 fonctionnaires en 1995.

(13) La première tranche de ce prêt fut versée par l’Association internationale de développement, filiale de la Banque mondiale. La seconde fut gelée en 1990. Le prêt fut annulé en janvier 1991, après la chute du gouvernement Syad Barre.

Deuil et l’Espoir à Benghazi (un texte de Bernard-Henri Lévy, Libération, 2 août 2011)

Bernard-Henri Levy, un intellectuel faussaire

Tout le monde connait désormais le philosophe français Bernard-Henri Lévy. Il est depuis Mars 2011 l’intermédiaire entre l’Elysée et les rebelles libyens. C’est lui qui a été le premier à nous parler de Conseil National de Transition et à le présenter comme le seul organe légitime représentant le peuple libyen comme si la Libye était sa propriété.

Je suis tombé sur le texte ci-dessous intitulé « Deuil et l’Espoir » paru dans Libération le 02 août dans lequel BHL revient sur l’assassinat du traître Younès dont la disparition selon lui n’empêchera pas l’éclosion de la Libye LIBRE qui verra le jour avec les renégats, les islamistes d’Al Qaeda et autres drogués de Benghazi ;  un texte d’une rare incongruité que je vous invite à lire.

Deuil et l’Espoir à Benghazi

L’assassinat du général Abdelfattah Younès, chef d’état-major des forces libyennes libres, est un événement majeur – et, pour ceux qui l’ont connu, particulièrement tragique. Mais ce n’est en aucune façon la catastrophe militaire et politique que se plaisent à décrire ceux qui, en France et ailleurs, ne manquent décidément aucune occasion de discréditer les insurgés.

1. Toutes les Résistances, toutes les rébellions armées, ont eu à faire face à des drames de ce genre, fruits de machinations plus ou moins clairement ourdies par l’ennemi. La Résistance française, par exemple, connut maints cas d’élimination, après trahison, de responsables de premier plan, à commencer, toutes proportions gardées, par Jean Moulin. L’Alliance du Nord, en Afghanistan, vit son chef, Ahmed Shah Massoud, victime d’un attentat à la caméra piégée après avoir été vendu, sur le territoire même de l’Alliance, par l’un de ses supposés piliers. La même chose se passa avec le FLN algérien dont les rangs furent décimés par des agents infiltrés ou des maquisards retournés par les services français. Les révolutions sont toutes à la merci d’un commando dormant, d’une cinquième colonne, d’un gang instrumentalisé. Et leurs états-majors politico-militaires – il faut avoir perdu toute mémoire historique pour l’ignorer – ont toujours été les cibles privilégiées de ces doubles jeux, de ces tueurs  sorts de l’ombre.

2. Le coup est, certes, dur pour Benghazi. D’autant que le CNT perd, avec le Général Younès, celui de ses commandants qui, parce qu’il avait été le numéro 2 de Kadhafi, connaissait le mieux sa psychologie, les secrets et rouages de son pouvoir, les bunkers qu’ils avaient construits ensemble, sa tactique, sa stratégie (et cela explique que Tripoli ait pu s’attacher à sa perte, mettre sa tête à prix et en faire, tant sur le plan personnel que militaire, un objectif prioritaire). Mais, si le coup est rude pour les anti kadhafistes, il n’est pas fatal. D’abord parce que Younès, s’il avait ce mérite de connaître de l’intérieur le système ennemi et s’il avait, de surcroît, la confiance des Alliés et, en particulier, de la France n’était pas, pour autant, le seul homme-clé de la situation. Ensuite parce qu’il y a, non seulement donc à Benghazi, mais aussi à Misrata et dans le Djebel Nefoussa qui, géographiquement éloignés de la capitale rebelle, ont dû mener quasi seuls leur propre libération, des officiers de métier comme des commandants civils aussi valeureux que Younès et non moins aptes que lui à mener la Libye libre à la victoire. Et enfin parce que sa disparition n’a été suivie d’aucun recul sur aucun des trois fronts (Brega, Goualich et les environs de Misrata) – bien au contraire.

3. Une commission d’enquête, diligentée par le Conseil National de Transition, s’est engagée à faire la lumière sur ce meurtre. Mais une chose est sûre. La façon que l’on a eue, depuis quelques jours, d’en prendre prétexte pour présenter le CNT comme une coalition hétéroclite et opaque d’éléments virtuellement en guerre les uns contre les autres est absurde et témoigne, là encore, d’un manque préoccupant de mémoire historique. Qu’il y ait, au sein du CNT, des archéos et des modernes, des représentants des tribus et des émanations des classes moyennes urbanisées, des ex-kadhafistes, parfois des islamistes à peine repentis et des opposants historiques, militants de longue date des droits de l’homme, je le sais bien. Mais en déduire je ne sais quelle fragilité, pour ne pas dire illégitimité, de ce CNT n’a pas de sens. C’est oublier, d’abord, que la composante démocratique y représente l’écrasante majorité et marque des points tous les jours. Et c’est oublier surtout, et là aussi, l’histoire générale des Résistances qui ont toujours été, presque par définition, des coalitions de cette sorte, amalgamant dans une improbable unité toutes les composantes d’une nation : n’est-ce pas quand on nie cette évidence, et quand on ne veut voir qu’une seule tête, que, comme dans l’Algérie du FLN, les choses tournent, à terme, le plus mal ? et devrait-on faire rétrospectivement grief au pouvoir insurgé de Londres d’avoir amalgamé, en 1940, des gens de gauche et de droite, des républicains en deuil de leurs valeurs et des hommes d’Action française rendant la République responsable de la défaite, des francs-maçons et des nationalistes, des communistes et des socialistes, des gaullistes et  même des anti-gaullistes ?

Les rumeurs n’y feront rien. La rébellion libyenne, après l’assassinat de l’un des siens, est, plus que jamais, et peut-être pour cette raison même, condamnée à se rassembler et à gagner.

Bernard-Henri Lévy.

Photo : Bernard-Henri Lévy, le 10 avril dernier, dans la « Control Room » de l’état-major des forces libyennes libres (les rebelles) à Benghazi. A sa gauche le Général en chef Mustapha Abdel Fatah Younès. Près de Younès, Gilles Hertzog. (c) Marc Roussel.

Comment la structure rituelle du Journal Télévisé formate nos esprits

Si le téléspectateur est de plus en plus attentif au traitement d’informations particulières par les journaux télévisés, il s’interroge rarement sur la structure même de cette émission. Or, pour Pierre Mellet, la forme est ici le fond : conçu comme un rite, le déroulement du journal télévisé est une pédagogie en soi, une propagande à part entière qui nous enseigne la soumission au monde que l’on nous montre et que l’on nous apprend, mais que l’on souhaite nous empêcher de comprendre et de penser. Par Pierre Mellet.

La propagande, c’est les autres (le populisme, l’extrême droite, les révolutionnaires …), la raison, c’est toujours les même (l’Otan, l’Empire sioniste, l’Europe, l’US …).

Le journal télévisé est le cœur de l’information contemporaine. Principale source d’information d’une grande partie des Français, il n’était pourtant, à ses débuts, en 1949 en France, que le sous-produit de ce que n’avaient pas voulu diffuser au cinéma « Gaumont » et les Actualités Françaises. Défilé d’images sur lesquels était posé un commentaire, le « présentateur » ne s’est installé dans son fauteuil qu’en 1954, quand le journal a été fixé à 20h. Depuis lors, la mise en scène n’a fait qu’aller en s’accroissant, et l’information en a été écartée —si jamais elle était présente au départ— pour faire de ce théâtre non plus un journal, mais un spectacle ritualisé, une cérémonie liturgique. Le « 20h » n’a pas pour fonction d’informer, au sens de dégager une tentative de compréhension du monde, mais bien de divertir les téléspectateurs, tout en leur rappelant toujours ce qu’ils doivent savoir.

L’analyse qui suit se base sur les deux principaux journaux télévisés de « 20h » français, celui de « TF1 » et celui de « France 2 », mais peut, à bien des égards, trouver des correspondances avec les journaux télévisés d’autres pays, principalement en « Occident ».

LE CONTEXTE

Fixé à 20h, le journal télévisé est devenu, comme la messe à son époque, le rendez-vous où se retrouve (chacun chez soi) toute la société. C’est un lieu de socialisation essentiel, paradoxalement. Chacun découvre chaque soir le monde dans lequel il vit, et peut dès lors en faire le récit autour de lui, en discuter les thèmes du moment avec l’assurance de leur importance, puisqu’ils ont été montré au « jt ». Tout est mis en place comme dans un rituel religieux : l’horaire fixe, la durée (une quarantaine de minutes), le présentateur-prêtre inamovible, ou presque, qui entre ainsi d’autant mieux dans le quotidien de chacun, le ton emprunté, sérieux, distant, presque objectif, mais jamais véritablement neutre, les images choisies, la hiérarchie de l’information. Comme dans tout rituel, le même revient en permanence, et s’agrège autour d’un semblant d’évolution quotidienne. Les mêmes heures annoncent les mêmes histoires, racontées par les mêmes reportages, lancées et commentées par les mêmes mots, mettant en scène les mêmes personnages, illustrées par les mêmes images. C’est une boucle sans fin et sans fond.

En ouverture, le générique lance une musique abstraite où s’entend le mélange du temps qui passe, la précipitation des événements, et une façon d’intemporel nécessaire à toute cérémonie mystique. Sur la musique, un globe précède l’apparition du présentateur, ou un travelling vers ce dernier le fait passer de l’ombre à la lumière. Tout se passe comme si le monde allait nous être révélé.

Le présentateur y tient rôle de passeur et d’authentifiant. Personnage principale et transcendantal, il se trouve au cœur du dispositif de crédibilité du « 20h ». C’est par lui que l’information arrive, par lui qu’elle est légitimée, rendue importante et donnée comme « vraie ». Par lui également que le téléspectateur peut être rassuré : si le monde va mal et semble totalement inintelligible, il y a encore quelqu’un qui « sait » et qui peut nous l’expliquer.

(Dans d’autre cas, c’est un duo qui présente le journal télévisé. La relation avec le téléspectateur est du coup beaucoup moins professorale et paternaliste, mais plus de l’ordre de la conversation, et peut sembler plus frivole. Bien évidemment, on ne trouvera jamais deux présentateur, ou deux présentatrices, mais toujours un duo hétérosexuel. C’est qu’il s’agit de ne pas choquer la représentation de la famille bourgeoise chrétienne. Ce type de mise en scène étant rare en France, nous ne développerons pas ce point plus avant).

CRÉDIBILITÉ ET INFORMATION

« Madame, Monsieur, bonsoir, voici les titres de l’actualité de ce lundi 6 août », nous dit le présentateur au début de chaque journal. Il ne s’agit donc pas d’un sommaire, d’un tri de la rédaction dans l’information du jour, mais bien des « titres de l’actualité », c’est-à-dire précisément de ce qu’il faut savoir du monde du jour. Il n’y a rien à comprendre, le « journalisme » ne s’applique désormais plus qu’a nous apprendre le monde. Le présentateur ne donne pas de clé, il ne déchiffre rien, il dit ce qui est. Ce n’est pas une « vision » de l’actualité qui nous est présentée, mais bien l’Actualité.

Ce qui importe, dès lors, pour lui, c’est « d’avoir l’air ». Sa crédibilité n’est pas basé sur sa qualité de journaliste, mais sur son charisme, sur l’empathie qu’il sait créer, sa manière d’être rassurant, et sur son apparence d’homme honnête et intelligent. David Pujadas peut bien annoncer le retrait d’Alain Juppé de la vie politique, et Patrick Poivre d’Arvor montrer une fausse interview de Fidel Castro, ils sont tout de même maintenus à leur poste avec l’appui de leur direction, et n’en perdent pas pour autant leur statut de « journaliste » [1] et leur crédibilité auprès du public. Tout se passe comme si l’information délivrée n’avait finalement pas d’importance. Elle n’est là que pour justifier le rituel, comme la lecture des Évangiles à la messe, mais elle n’en est en aucun cas la raison centrale, le cœur, qui se trouve toujours ailleurs, dans le rappel constant des mots d’ordres moraux, politiques et économiques de l’époque. « Voici le Bien, voici le Mal », nous dit le présentateur.

La hiérarchie de l’information est donc inexistante. Alors que l’un des premiers travail effectués dans tout « journal » est de dégager les sujets qui semblent les plus essentiels pour tenter d’en ressortir un déroulé (propre à chaque rédaction) de l’information en ordre décroissant, de l’important vers l’insignifiant, ici, point. On passe de la dépouille du cardinal Lustiger à l’accident de la Fête des Loges, puis vient le dénouement dans l’affaire de l’enlèvement du petit Alexandre à la Réunion, suivit du suicide d’un agriculteur face aux menées des anti-OGM, à quoi font suite l’allocation de rentrée scolaire, les enfants qui ne partent pas en vacances, la hausse du prix de l’électricité, la spéléologue belge coincée dans une grotte, la campagne électorale états-unienne chez les démocrates, l’intervention de « Reporters sans frontière » pour dénoncer l’absence de liberté d’expression en Chine, la Chine comme destination touristique, le licenciement de Laure Manaudou, un accident lors d’une course aux États-Unis, le festival Fiesta de Sète, le décès du journaliste Henri Amouroux et enfin celui du baron Elie de Rothschild [2]. Il n’y a aucune cohérence, à aucun moment. Les sujets ne semblent choisis que pour leur insignifiance quasi-générale, ou leur semblant d’insignifiance. Tout y est mélangé, l’amour et la haine, les rires et les pleurs, l’empathie se mêle au pathos, les images spectaculaires ou risibles aux drames pathétiques, et l’omniprésence de la fatalité nous rappelle toujours la prédominance de la mort sur la vie.

LE REPORTAGE

Une fois les « titres » annoncés, le présentateur en vient au lancement du reportage. Le reportage est la démonstration par l’exemple de ce que nous dit le présentateur. En effet, tout ce qui va être dit et montré dans le reportage se trouve déjà dans son lancement. Le présentateur résume toujours au lieu précisément de présenter. Cela crée de la redondance. Ce qui est dit une fois en guise d’introduction est systématiquement répété ensuite dans le reportage. Ce sont les mêmes informations qui sont énoncées, la première fois résumées, et la seconde fois étendues pour l’élaboration de l’histoire contée. Le reportage ajoute très peu de chose à ce qu’à déjà dit le présentateur, tout juste développe-t-il les détails anodins qui contrebalancent « l’objectivité » du présentateur en créant de la « proximité ». Aux éléments de départ, trouvé dans le lancement, s’ajoute ensuite à l’histoire les petits détails romanesques nécessaire à son instruction ludique.

Le reportage est constitué de deux choses : l’image et son commentaire. Or, si l’on coupe le son, l’image ne signifie plus rien. Alors même que tout devrait reposer sur elle, c’est l’inverse précisément qui se produit à la télévision : le commentaire raconte ce que l’image ne fait qu’illustrer. Cette dernière n’est là que comme faire-valoir. C’est une succession de paysages semblables, de visages et de gestes interchangeables, collés les uns à côté des autres, et sans lien entre eux. À la télévision, l’image ne sert qu’à justifier le commentaire, à l’authentifier. Elle lui permet d’apparaître comme « vrai ». Et elle le lui permet précisément parce que ne disant rien par elle-même, le commentaire peut alors la transformer en ce qu’il veut, et c’est là le principal danger de ce media. L’image possédant une force de conviction très importante, le consentement est d’autant plus simple à obtenir une fois que vous avez dépouillée l’image de tout son sens et l’avez transformée en preuve authentifiant votre discours. Tout repose donc désormais sur le commentaire, et sur la vraisemblance de l’histoire qui va nous être racontée.

« Dans le reportage, note l’anthropologue Stéphane Breton, le commentaire est soufflé depuis les coulisses, cet arrière-monde interdit au téléspectateur (…) et d’où jaillit, dans le mouvement d’une révélation, un sens imposé à l’image. La signification n’est pas à trouver dans la scène mais hors d’elle, prononcée par quelqu’un qui sait » [3]. Le journaliste n’apparaît que très rarement à la fin de son reportage. Nous entendons donc une voix sans énonciateur. C’est une parole divine qui s’impose à nous pour nous expliquer ce que nous ne pourrions comprendre en ne regardant que les images. Il n’y a pas d’interlocuteur, donc pas de contradiction. Le reportage est un fil qui se déroule suivant une logique propre, celle que le journaliste veut nous donner à apprendre, où les « témoins » ne se succèdent que pour accréditer la parole qui a de toute manière déjà dit ce qu’ils vont nous expliquer. Comme avec le lancement, la redondance est omniprésente dans le reportage. Tout « témoin » est présenté non pas selon sa fonction, ni dans le but de justifier sa place dans ce reportage à ce moment là, mais suivant ce qu’il va nous dire. Et la parole du « témoin » accrédite le commentaire en donnant un point de vue nécessairement « vrai ». « Puisqu’il le dit, c’est que c’est comme ça ». Et bien souvent, le « témoin » n’a strictement rien à dire, mais va le dire tout de même, le journaliste devant faire la preuve de son objectivité et de l’authenticité de son reportage, de son enquête, en démontrant qu’il s’est bien rendu sur place et qu’il peut donc nous donner à voir ce qui est.

Le reportage, au journal télévisé, n’est pas la réalisation d’une enquête qui explore différentes pistes, mais le récit d’un fait quelconque montré comme fondamental. C’est une vision du monde sans alternative, qui tente d’apparaître comme purement objective. Si le présentateur dit ce qui est, le reportage, lui, le montre. Et c’est précisément là que l’image pêche par son non-sens, et que le commentaire semble devenir parole divine. « Voici le monde », nous dit l’un, « et voilà la preuve », poursuit le reportage. Et comment contester la preuve alors qu’elle nous est présentée, là, sous nos yeux ébahis ? La réalité se construit sur l’anecdote, et non plus sur un ensemble de faits plus ou moins contradictoires qui permettent de regarder une situation dans une tentative de vision globale pour pouvoir ensuite en donner une analyse.

LES MOTS D’ORDRE

Tout cela se rapporte à la logique de diffusion de la morale. Le journal télévisé, comme la quasi-totalité des médias, est un organe de diffusion des mots d’ordre de l’époque. Il ne discute jamais le système, il ne semble d’ailleurs même pas connaître son existence, mais diffuse à flux tendus les ordres que la classe dominante édicte. Le journal télévisé fait partie de ce « service public », dont parle Guy Debord dans les Commentaires sur la société du spectacle, « qui [gère] avec un impartial + professionnalisme + la nouvelle richesse de la communication de tous par mass media, communication enfin parvenue à la pureté unilatérale, où se fait paisiblement admirer la décision déjà prise. Ce qui est communiqué, ce sont des ordres ; et, fort harmonieusement, ceux qui les ont donnés sont également ceux qui diront ce qu’ils en pensent » [4] .

Le « 20h », issu d’une société où la mémoire a été détruite, transmet les mots d’ordre, comme pour tout conditionnement, par la répétition permanente et quotidienne. Les histoires racontées semblent toutes différentes, quand bien même elles sont finalement toutes semblables. Tout y est répété, soir après soir, constamment, et à tous les niveaux. Seuls les noms et les visages changent, mais le film, lui, reste toujours identique. C’est un perpétuel présent qui est montré et qui permet d’occulter tous les mouvements du pouvoir. Les évolutions n’étant plus jamais mises en lumière, c’est bien qu’elles n’ont plus cours. Le journal télévisé diffuse donc la morale bourgeoise (chrétienne et capitaliste) en bloc compact. C’est un vomi long et lent qui s’écoule, dilué et disséminé tout au long du 20h. Ils connaissent plusieurs modes de diffusions :

– L’accusation. Elle est constante, et généralement dite par les « témoins », ce qui permet de faire croire au journaliste qu’il a donné à voir un « avis », et qu’il a donc rendu un regard objectif de la situation. Un incendie ravage une maison, et ce sont les pompiers qui auraient dû arriver plus tôt. Un violeur est sorti de prison parce qu’il avait droit à une remise de peine, et c’est la justice qui dysfonctionne. Un gouvernement refuse de se plier aux injonctions occidentales, et c’est une dictature, un pays sous-développé où la stupidité se mêle à la barbarie, et mieux encore, où la censure bâillonne tous les opposants, qui sont eux nécessairement d’accord avec le point de vue des occidentaux mais ne peuvent pas le dire. Il s’agit toujours de trouver quelqu’un à vouer aux gémonies pour rappeler ce qui est « bien » et ce qui est « mal », et où l’on retrouve toute la sémantique chrétienne du « pardon », de la « déchéance », etc.

– L’évidence. Particulièrement utilisée pour régler sans discussions les questions économiques, elle consiste à diffuser les dogmes ou les décisions gouvernementales sans jamais les remettre en question. C’est par exemple le cas de la « croissance », qui est toujours la voie nécessaire à la survie jamais remise en cause et dont le présentateur nous annonce les chiffres avec un air catastrophé : « la croissance ne sera que de 1,2 % cette année selon les experts »…

– L’hagiographie. Commme à la messe, le journal télévisé a ses saints à mettre en avant. C’est le portrait de quelqu’un qui a « réussi », soit qu’il vienne de mourir, soit qu’il ait « tout gagné », soit qu’il se soit « fait tout seul », etc. C’est le prisme de l’exception qui édicte le modèle à suivre en suscitant admiration et respect. « Voilà ce que vous n’êtes pas, que vous devriez être, mais ne pourrez jamais devenir, et que vous devez donc adorer », nous répète le journal télévisé en permanence.

– Le voisinage. Particulièrement efficace, il s’agit de dire que « la France est le dernier pays en Europe à aborder cette question ». C’est le mécanisme qui régit la sociabilité de base, l’appartenance au groupe par l’imitation, par la reproduction de ce qu’il semble faire ou être. Le présentateur nous dit alors « eux font comme cela, pourquoi faisons nous autrement ? », présupposant que notre manière de faire est nécessairement moins bonne. « Travailler après 65 ans, aux États-Unis ça n’est pas un problème ». Aucune analyse n’est jamais donnée des points positifs et négatifs du système voisin, seulement un regard « objectif », qui dit : « voilà comment ça se passe là, et pourquoi c’est mieux que chez nous ».

– Le folklore. Ici sont présentés, avec le sourire aux lèvres et l’indulgence pour l’artiste un peu fou mais qui ne fait finalement pas de mal, des gens qui vivent un peu autrement. C’est alors, et seulement dans ce genre de sujet, que le présentateur souligne le caractère « exceptionnel » des personnes qui vont nous être présentées, pour dissuader quiconque de suivre leur exemple.

Ce ne sont là que quelques exemples.

ANECDOTE ET FATALITÉ

Deux modes de représentation du monde bercent principalement le journal télévisé, et sont les deux principaux mouvements de diffusion des mots d’ordre : l’anecdote et la fatalité.

L’anecdote se trouve au début de chaque sujet. Tout part du fait particulier, du fait divers du jour, et s’étend vers le problème plus vaste qu’il semble contenir en lui-même, ou que les journalistes font mine de croire qu’il contient. C’est une rhétorique particulière qui se retrouve aujourd’hui à la base de tous les discours politiques ou journalistiques, un renversement de la logique, du déroulement effectif de la démonstration et de l’analyse du monde : c’est l’exception qui explique désormais la règle, qui la construit. Tout part du fait particulier pour se prolonger, comme si ce dernier détenait en lui toutes les causes et toutes les conséquences qui ont fondé la situation plus générale qu’il est censé démontrer. Le « 20h » ne se préoccupe jamais de décrire des phénomènes endémiques, ou les sort toujours de la chaîne d’événements qui les a amené à la situation présente. C’est une nécessité dialectique logique pour qui veut transmettre les consignes sans se mettre en devoir de les expliquer, sans quoi il se trouve obligé d’apporter de la complication à sa démonstration et se rend compte que les choses sont moins simples qu’il ne voulait les faire paraître. Pour que les mots d’ordre soient diffusés efficacement, il ne faut pas donner la possibilité d’être contredit, donc il vaut mieux ne rien expliquer. De toute manière, nous l’avons dit, il ne s’agit jamais de donner à comprendre, mais toujours à apprendre.

La fatalité, elle, berce l’ensemble du journal télévisé. Les événements arrivent par un malheurs contingent, un hasard distrait qui touche malencontreusement toujours les mêmes (personnes, pays…). C’est une lamentation constante : « si les pompiers étaient arrivés plus tôt », « si le violeurs n’était pas sorti de prison », « si l’Afrique n’était pas un continent pauvre et corrompu », etc. Elle est la base de toute religion puisqu’elle permet de ne rien avoir jamais à justifier, et rappel le devoir de soumission face à la transcendance, puisque nous sommes toujours « dépassés ». La fatalité revient sonner en permanence comme une condamnation, et ajoute avec dépit (mais pas toujours) : « c’est comme ça ». Le système se régule tout seul et est « le meilleur des systèmes possibles », l’homme est un être « mauvais » et passe son temps à « chuter » et à « rechuter » malgré toutes les tentatives de lui « pardonner », le pauvre est responsable de sa situation parce qu’il est trop fainéant pour chercher des solutions et les mettre en application alors même qu’on les lui donne, etc. C’est un soupir constant, un appel permanent à l’impuissance et à la soumission face à la souffrance. Le monde va et nous n’y pouvons rien…

Une fois les mots d’ordre transmis, le messager divin peut nous donner congé, concluant le sermon du jour en n’omettant jamais de nous donner rendez-vous le lendemain à la même heure, puis disparaît, rangeant les papiers qui font foi de son sérieux, la caméra s’éloignant, l’ombre grandissant, et se fondant progressivement dans cette sorte de musique qui ouvrait déjà la cérémonie.

Réseau Nerrati-Press

NOTE :

[1] Patrick Poivre d’Arvor, reconnnu comme la star du journalisme français, n’a pas de carte de presse car ses revenus principaux ne proviennent pas du journalisme, mais de ses activités de conseil et d’écriture.

[2] « 20h » de « France 2 », lundi 6 août 2007.

[3] Stéphane Breton, « Télévision (Hachette Littérature, 2005) ».

[4] Guy Debord, « Commentaires sur la société du spectacle (Gallimard, Folio, 1996) ».

Côte d’Ivoire : Le Ministre Ahoua Don Mello dit sa part de vérité sur la crise

Ahoua Don Mello

MA PART DE VERITE

La vérité des urnes

La crise post-électorale en Côte d’Ivoire, a été vécue de manière très douloureuse par les Ivoiriens, chacun selon ses raisons. C’est pour cela que je tiens publiquement à exprimer toute ma compassion à tous ceux qui en ont souffert et qui souffrent encore. Notre compassion serait vaine si ces souffrances devaient se répéter un jour, car nous ne sommes pas à notre dernière élection ni à notre dernière crise électorale. Alors pour inhiber toutes les formes de ressentiment, seuls la découverte de la vérité des urnes du 28 novembre, l’examen des problèmes qui se sont posés et les dispositions à prendre pour éviter les crises, ou si elles surviennent, les dispositions à prendre pour les résoudre pacifiquement, peuvent nous permettre de soigner nos douleurs et construire notre nation en faillite. S’attaquer aux effets en ignorant la cause de la crise serait une erreur de méthode, car cela ne nous met pas à l’abri d’une autre crise, les mêmes causes produisant les mêmes effets
La grande bataille que nous devons livrer pour asseoir durablement la démocratie est la bataille contre la fraude électorale qui s’est révélée endémique dans les conditions des élections de 2010. C’est dans ce seul but que, prenant acte de la faillite de la commission  Electorale Indépendante (CEI) à proclamer les résultats des élections dans les délais prescrits par le code électoral et l’imposture de son président Monsieur Youssouf BAKAYOKO, à proclamer hors délai les résultats du 2ème tour d’une élection présidentielle au quartier général de campagne d’un des candidats sans procès verbal signé de tous les membres de la commission centrale. Prenant aussi acte de l’attitude incongrue du conseil constitutionnel à proclamer deux présidents pour une seule élection, pendant deux mois, à raison de 15 heures par jour, je me suis évertué à passer en revue les 19 041 procès verbaux (PV) issus des élections du 28 novembre 2010 pour asseoir mon intime conviction sur les élections de 2010. Les résultats que je vais livrer sont édifiants. Mais le travail étant fait par le militant du Front Populaire Ivoirien que je suis, toute suspicion serait certainement légitime. C’est pour cela, mon souhait le plus cher serait que chaque personne physique ou morale (ONG, Association, etc.) à la quête de la vérité des urnes du 28 novembre puisse refaire le même exercice. Cela suppose que l’ONUCI accepte de mettre à la disposition du public l’ensemble des procès verbaux qu’elle détient et que la SAGEM ou la CEI puisse mettre à disposition le répertoire des bureaux de vote. Pour ma part je suis prêt à le faire. Mais la crédibilité des PV et du répertoire sera d’autant plus grande que si la source est onusienne bien que dans ce conflit son impartialité soit douteuse.

Les procès verbaux qui m’ont servi de base de travail sont ceux remis au représentant du facilitateur et à l’ONUCI.

Les procès verbaux examinés par l’ONUCI sont de trois sources :

– PV originaux remis par la CEI au représentant spécial du facilitateur dans les sacs scellés (18433 PV exploitables)

– PV numérisés et transmis par SILS non compris parmi les 18 433 exploitables ci-dessus (548 PV supplémentaires)

– PV annoncés publiquement par la CEI pour l’étranger (60 PV supplémentaires)
Cela fait au total 19 041 procès verbaux (PV) sur 20 073 bureaux de vote (BV) soit 1032 PV manquants non transmis à la CEI centrale par les commissaires électoraux Car chaque bureau de vote doit remettre obligatoirement un PV.

Les 19 041 PV correspondent à 5 418 833 inscrits sur un total de 5 725 722 électeurs. Il serait important, dans le cadre de la recherche de la vérité sur les élections de 2010 que l’on étudie le sort des 1032 PV manquants et l’on situe les responsabilités car il s’agit du droit de vote de 306 889 électeurs pouvant induire une erreur de 7 points sur le résultat de chaque candidat.

Les 19 041 PV, au cours de l’exercice que j’ai effectué, ont été classés en deux catégories. Les PV frauduleux et les PV d’apparence non frauduleux.

J’ai classé dans la catégorie des PV frauduleux ceux présentant les caractéristiques suivantes et donc ne satisfaisant pas les critères définis par la CEI :

– Les PV sans sticker car la commission électorale indépendante a remis à chaque bureau de vote un sticker pour authentifier le procès verbal. L’absence du sticker invalide le procès verbal selon les règles de la CEI ;

– Les PV fictifs car ayant un lieu de vote non renseigné ou le lieu de vote renseigné sur le PV ne correspond à aucun lieu figurant sur le répertoire des lieux et bureau de vote ;

– Les PV dont le nombre de voix par candidat n’a pas été renseigné ou illisibles ;

– les PV dont le nombre de suffrages exprimés additionné au nombre de bulletins nuls est supérieur au nombre de votants. J’ai éliminé ces PV car tout se passe comme si les bulletins de vote se sont multipliés dans l’urne ;

– Les PV dont le nombre de votants est supérieur au nombre d’inscrits de plus 18, car la règle établie par la CEI ne tolère pour chaque bureau de vote qu’un maximum de 18 votants supplémentaires au nombre d’inscrits. Cela pour permettre à ceux qui sont en mission et autres déplacés de pouvoir voter ;

– Les PV dont la somme du nombre de voix pour les deux candidats diffère du nombre total de suffrages exprimés ;

– Les PV dont les noms et signatures des trois membres du bureau de vote n’y figurent pas.
Les cas de fraude les plus significatives sont repartis comme suit :

– Nombre de PV fictifs : 2 090

– Nombre de PV sans sticker : 1 320

– Nombre de PV avec un nombre de votants non inscrits supérieur à 18 : 97

– Nombre de PV dont le nombre de suffrage exprimé est supérieur au nombre de votant : 66

– PV dont la somme des suffrages exprimés par les deux candidats est supérieur au suffrage exprimé : 31

Soit au total 3 604 PV hormis les fraudes mineures. Les 3 604 PV représentent 1 069 285 voix.
J’ai considéré comme valides les PV dont l’un des candidats n’a pas de représentants, même si cela s’est abondamment produit dans la quasi-totalité des bureaux de vote de la zone sous contrôle de la rébellion où le candidat Laurent GBAGBO n’avait aucun représentant. De nombreux soupçons de fraudes existent sur plusieurs PV. Seule une commission qui pousserait plus loin l’analyse en ayant à disposition les listes d’émargement et le contenu des urnes peut découvrir les PV frauduleux issus de la catégorie des PV dont les noms et signatures des trois membres du bureau de vote n’y figurent pas. L’absence du représentant d’un candidat n’est pas une situation de fraude en l’état actuel des règles de la CEI.
Le résultat obtenu en ne retenant que les procès verbaux valides au stade actuel des moyens d’investigation (absence de liste d’émargement, d’urnes contenant les bulletins de votes) est le suivant :

– Nombre de suffrages exprimés : 4 065 262 soit un taux de participation de 71% correspond à peu près au chiffre annoncé par la CEI à la fermeture des bureaux de vote ; chiffres basés sur les listes d’émargement qui sont loin des 81% obtenus sur la base des PV.

– GBAGBO Laurent  2 132 229 soit 52,45%

– OUATTARA Alassane  1 933 033 soit 47,55%

Au vu des documents, la principale source de fraude provient des commissaires de la CEI responsables des zones sous contrôle de la rébellion et des présidents des commissions locales qui ont pu faire disparaître 1032 procès verbaux sans aucune explication officielle. Lorsqu’on se rend compte que la quasi-totalité de ces commissaires et des présidents des commissions locales sont des militants RHDP donc pro-Ouattara et qu’ils avaient les résultats du premier tour, rien ne les empêchait de créer des situations qui invalident des PV favorables au candidat adverse (Cas de Paris). En plus, étant chargé de la gestion des PV et du matériel électoral, rien ne les empêchait de substituer aux vrais PV des faux PV ou des PV sans sticker. Au vu du nombre élevé de PV sans sticker et de PV fictifs tout laisse à croire que c’est ce qui s’est passé.

Enfin les scores soviétiques dans la zone sous contrôle des rebelles avec l’absence des représentants du candidat GBAGBO pourchassés par ces rebelles, constituent la seconde source de fraudes. Une commission électorale équilibrée et une sécurité non partisane, constituent les conditions d’élection avec un minimum de fraude.

En effet, des élections crédibles ne peuvent être organisées en Côte d’Ivoire que si la nation est une et entière. Quelques soient les arguments avancés par la communauté internationale sur la faisabilité d’organisation des élections, il faudra d’abord et avant tout unifier le pays, le pacifier.

La possibilité d’une résolution pacifique de la crise

En cas de crise, une commission de recomptage est la voie la moins coûteuse. Seul, j’ai mis deux mois ; cela veut dire qu’une commission mettra moins de deux mois pour régler la crise. Il faut donc sécuriser tous les documents électoraux depuis les urnes, en passant par les listes d’émargements jusqu’au PV. La présence des représentants des candidats doit être une obligation afin d’éviter des PV fantaisistes et les bourrages d’urnes.

L’exemple d’HAÏTI est instructif. Au premier tour des élections présidentielles tenues le 28 novembre 2011 correspondant à la date du deuxième tour en cote d’ivoire,  le Conseil électoral Provisoire (CEP) haïtien a proclamé des résultats, validés par le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, qui éliminaient le chanteur Michel MARTELY au premier tour et plaçaient le candidat du pouvoir Jude Célestin en tête. La protestation de ces résultats a entraîné une médiation internationale. Une mission d’enquête de l’Organisation des États américains (OEA) a conclu que des fraudes avaient faussé les résultats et a procédé à un recomptage des voix qui a exclu Monsieur Jude Célestin du deuxième tour. Le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU s’en est excusé auprès du peuple haïtien.  Monsieur Michel MARTELY est, aujourd’hui, le Président de la république de Haïti.

Pourtant, au même moment, la protestation des résultats et la demande de recomptage des voix en Côte d’Ivoire sont balayés d’un revers de main par le secrétaire général de l’ONU et son représentant spécial considérant comme une injustice le recomptage des voix. Malgré l’insistance du Président  Laurent GBAGBO auprès de l’Union Africaine et du reste de la communauté internationale.

De même que la république d’HAÏTI a pu éviter une guerre en empruntant la voie du recomptage imposé par la communauté internationale (France, USA, ONU) lors du premier tour des élections, de même la Côte d’Ivoire pouvait faire l’économie d’une guerre en utilisant la même solution pour des crises identiques. Belle leçon de gestion de la crise électorale par les mêmes acteurs de la communauté internationale.

Qui avait donc intérêt à faire une guerre en Côte d’Ivoire ? Ceux qui, de toute évidence connaissaient la vérité des urnes telle que je viens de les exposer. Pour ceux là, la voix du recomptage était sans issue, seule la guerre pouvait donner la réponse souhaitée, donc procéder, vaille que vaille, à un coup d’état.

Les ponts d’une réconciliation durable

Commencée en 2002 avec un seul visage, cette guerre s’est terminée en 2011 avec tous les visages dont celui de la France en première ligne avec des bombes larguées sur nos têtes pour nous « protéger ». Au-delà de la résolution 1975 de l’ONU, en violation flagrante de l’accord de cessez le feu conclu en 2003 et qui a justifié l’envoi des forces onusiennes pour faire respecter cet accord, en violation de l’embargo sur les armes et en violation de l’accord de fin de guerre conclu en 2005 à Pretoria, la Côte d’Ivoire a vécu une page sombre de son histoire sous l’instigation de la France qui a réussi à diviser pour mieux régner en jouant au pyromane et au pompier et en se jouant de l’Union Africaine mise hors jeu en dernière minute.
Il est temps que nous Ivoiriens, nous Africains comprenions définitivement que notre salut ne viendra pas de l’extérieur et que ce ne sont pas les primes de guerre que les différents bailleurs de fonds vont annoncer les uns à la suite des autres qui développeront nos pays et ce continent. Si certains y croient encore c’est leur droit mais cela ne doit pas être l’occasion d’écraser ceux qui croient l’inverse.

Le faux prétexte qui consiste à dire que la guerre a été déclenchée par le refus du Président GBAGBO de quitter le pouvoir après avoir perdu les élections doit aussi être abandonné car aucune déclaration de GBAGBO ne peut être brandie pour prouver de telles affirmations ayant fait du silence sa méthode de gestion de cette crise. GBAGBO a souhaité un recomptage des voix comme en Haïti au lieu de la guerre, mieux, l’institution compétente pour faire d’un candidat le vainqueur des élections présidentielles n’est pas GBAGBO mais bien le conseil constitutionnel qui l’a proclamé vainqueur du 2em tour des élections comme cela s’est passé au 1er tour. Après la décision de l’Union africaine, malgré le non recomptage des voix, il a pris acte des propositions faite par cette dernière à travers un communiqué du gouvernement et a donné son accord pour la désignation d’un haut représentant pour entamer les négociations qui devaient démarrer le 5 avril. Une adresse à la nation plusieurs fois reportée devait être faite après la désignation du haut représentant pour préciser les conditions de mise en œuvre des propositions de l’Union africaine en accord avec plusieurs de ses pairs africains auprès de qui il a dépêché des délégations après le sommet de l’Union africaine
C’est dans cette attente de la désignation et de l’arrivée du haut représentant de l’union africaine, que le Président Français Monsieur Nicolas SARKOZY, en violation du cessez le feu et de l’accord de fin guerre, a déclenché la guerre avec l’appui de l’ONUCI et des rebelles lourdement armés en violation de l’embargo sur les armes.

En effet certains opérateurs économiques de l’Union européenne avaient décidé de passer outre l’embargo à partir du 30 mars si aucune solution n’est trouvée à la crise. Ces opérateurs pouvaient ne pas respecter leur engagement surtout la livraison de matières premières convoitées par d’autres opérateurs économiques hors zone Union européenne. Les négociations de l’Union africaine qui devaient commencer le 5 avril étaient donc inacceptables pour Mr SARKOZY, c’est ainsi que les besoins en matières premières ont primé sur la méthode de règlement pacifique de l’union africaine et l’ordre de violation du cessez le feu a été donné le 28 mars.

N’en déplaise à ceux qui n’ont pas encore compris que les états n’ont que des intérêts et pas d’amis et qui ont la naïveté de croire encore que l’armée française est intervenue pour les sauver. Le gouvernement a appelé au respect du cessez le feu en décidant d’un cessez le feu unilatéral pour ne point se rendre complice d’une guerre inutile de la France contre la Côte d’Ivoire.
Face à l’impossibilité des rebelles de prendre les institutions de la république malgré l’appui aérien français et onusien, dans la nuit du 2 au 3 avril, 17 avions cargo de l’armée française ont débarqué un régiment de bérets verts de la Légion étrangère  et du matériel de guerre après avoir braqué  l’aéroport. On connaît la suite. En violation flagrante de la résolution 1975, 50 bombardements sur la résidence du chef de l’état et une colonne de 30 chars de l’armée française ont eu raison du Président GBAGBO le 11 avril 2011. Après ce coup d’état inédit, l’heure est venue de faire la paix. Toute paix après une guerre commence par un accord de paix. Ce que le Président GBAGBO a appelé, la partie civile de la crise ou ce que AFFI N’GUESSAN a appelé la solution politique de la crise.

Vouloir passer outre ce traité et agir en éternel « vainqueur » en traquant à tous les coins du pays les « vaincus » serait une erreur car la nation ivoirienne ne pourra que s’effriter d’avantage et en plus les éléments constitutifs d’un état disparaissent par des pillages. Nous avons des généraux sans armées, des ministres sans ministères, des juges sans tribunaux, des députés sans assemblée. L’heure est au chantage et au pillage par une armée de rebelles et de prisonniers en armes se considérant « vainqueurs » de l’armée régulière et abandonnée sans solde par les recruteurs.

Aujourd’hui, tous les sachants du FPI et du gouvernement sont soit en prison, soit en exil donc n’ont pas le droit à la parole, ni au dialogue, ni à l’expression de leur part de vérité.
Aujourd’hui près de 2 millions d’électeurs presque tous du LMP sont des exilés internes ou externes sur une population électorale qui ne compte que 5 700 000 électeurs. Si on ajoute à ces 2 millions ceux qui ne sont pas exilés mais persécutés chaque jour dans leur existence pour être des proches de GBAGBO,  l’on se rend bien compte que ce n’est pas la majorité qui a voté Monsieur Alassane Dramane OUATTARA et qu’il sera difficile de gouverner contre cette majorité.

Il faut donc créer les conditions de leur libération et de leur retour pour que toutes les vérités soit dites, que tous les victimes et responsables de crimes soient identifiés avant que la justice ne prenne le relais. Vouloir faire autrement, c’est vouloir cacher un pan important de la vérité sur la crise ivoirienne.

Le gouvernement illégal et illégitime de rebelles formé à Bouaké de 2002 à 2010  n’a pas plus de légitimité que le gouvernement de l’honorable professeur AKE NGBO formé selon les lois et règlements de son pays ; les 10 000 morts de cette rébellion pendant cette période de 2002 à 2010 et le génocide Gueré en 2011 par le fait des rebelles doivent être soumises de la même justice que les victimes alléguées au camp Gbagbo.

Selon la commission spéciale mise en place par l’ONU sur les trafics en zone rebelle, plus de 250 milliards de FCFA de ressources par an soit plus de 2000 milliards en 8 ans (diamant, cacao, bois, coton, anacarde, vente illégale de carburant, moto, vélo, pagne, sucre, lait, huile, casses d’agences BCEAO etc.) ont été détournés par les rebelles sans qu’aucun compte n’est été fait à l’état. Les auteurs de tous ces crimes ne peuvent pas être en liberté tandis que ceux qui ont permis à l’état d’exister malgré ces manques à gagner sont en prison ou poursuivis. Selon Africa mining intelligence n°251 du 01/067/2011, l’exploitation frauduleuse par les rebelles du diamant continue jusqu’aujourd’hui exploitant plus de 300 000 carats chaque année générant plus de 12 milliards l’an.

Si le souci du nouveau pouvoir est véritablement de bâtir un état de droit, alors il est important que la loi  ne soit pas à double vitesse et qu’elle soit la même pour tous au risque de faire de la justice un instrument d’injustice qui entraverait pour longtemps la paix et l’unité nationale.
Reconstruire l’état, l’état de droit, la nation et la démocratie reste donc une œuvre immense qui doit commencer par la liberté d’aller et venir et la liberté d’expression en toute sécurité, en libérant Laurent GBAGBO et tous les prisonniers politiques et en créant les conditions de sécurité nécessaires pour le retour des exilés. Tels sont les préalables à toute réconciliation sincère et durable qui n’hypothèque pas l’avenir.

Ahoua DON MELLO

• Docteur Ingénieur des Ponts et Chaussées

• Ex Directeur Général du BNETD

• Ministre de l’équipement et d’assainissement, porte parole du gouvernement AKE NGBO

L’ethnocratie comme norme de gouvernance de la Côte d’Ivoire sous Ouattara

Président de la république: Alassane Dramane OUATTARA

DAF de la presidence : Ibrahim OUATTARA

Ambassadeur au Mali: Samuel OUATTARA

DG Microsoft Afrique de l’ouest et centrale : Simon OUATTARA

Adjoint au commissaire du gouvernement : Steven OUATTARA

Coordinateur du Programme national de réinsertion et de réhabilitation(Pnrrc) : Daniel OUATTARA

DG anader : Sidiki CISSE

Payeur général du Trésor: Abdoulkader CISSE

Ambassadeur en Iran : Abdoulaye CISSE

Directeur des programmes TV 1eme Chaine: Mohamed Lamine CISSE

Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : Ibrahima CISSE

Ambassadeur a Paris : Ally COULIBALY

DG des Douanes: colonel-major Issa COULIBALY

PCA AERIA – Général d`aviation Abdoulaye COULIBALY

Ministre de l’Agriculture : Mamadou Sangafowa COULIBALY

DG Agence de gestion foncière (AGEF) : Lamine COULIBALY

Secrétaire général de la présidence : Amadou Gon COULIBALY

DG de la Banque pour le Financement de l’Agriculture (BFA): Lacina COULIBALY

ACCT (Agent comptable central du Trésor public de Côte d’Ivoire): Kader COULIBALY

Ministre chargé des Droits de l`Homme et des Libertés publiques : Gnenema COULIBALY

DG du Trésor: Adama KONE

Directeur de la poste : Mamadou KONE

DG du palais de la culture : Dodo KONE

Directeur des parcs et jardins : Moyabi KONE

Président de la Cour suprême : Mamadou KONE

Directeur de l’information TV/ 1eme chaine: Lanciné KONE

Vice consule de Cote d’Ivoire a Washington DC : Amy KONE

DGA du Quotidien progouvernemental « Fraternité Matin »: Moussa KONE

Chef de service national des cantines scolaires : Karidia KONE Soukoulé

Ministre d’Etat, de l`Emploi, des Affaires sociales et de la Solidarité : Gilbert Kafana KONE

Ministre de la Poste et des Technologies de l`Information et de la Com. : Nabagné B. KONE

Gouverneur de la Banque centrale des Etats de l`Afrique .(BCEAO): Meyliet Tiémoko KONE

Ministre des Transports : Gaoussou TOURE

Conseiller spécial du président : Moctar TOURE

DG de CGFCC (Filière Café-Cacao): Massandjé TOURE épouse Litse

Commandant des Forces terrestres: le général de brigade Sékou TOURE

Ambassadeur du Burkina Faso avec résidence à Ouagadougou: Abdou TOURE

Directeur des programmes et de la production TV/ 1ere chaine: Sanga TOURE

Directeur communication porte parole du ministre intérieur : Nina Bintou TOURE

DG de VITIB : Kaladji BAMBA

Maire intérimaire de Gagnoa : Medji BAMBA

Ambassadeur à l’ONU avec résidence à New York : Youssouffou BAMBA

Commandant en second de la Gendarmerie nationale: le colonel Vako BAMBA

DG de la société de gestion du patrimoine immobilier de l’Etat (SOGEPIE) : Issiaka BAMBA

Conseiller technique chargé de la communication ministère de la salubrité : Assoumana BAMBA

Premier Ministre, Ministre de la Défense : Kigbafori Guillaume SORO

Ambassadeur du Libéria, avec résidence à Monrovia: Kapiletchi SORO

Conseiller au Conseil Constitutionnel : Hyacinthe Cabogo SARASSORO

DG de la Poste de Cote d`Ivoire: Mamadou KONATE

Ministre de l`Artisanat et de la Promotion des PME : Sidiki KONATE

Capitaine de vaisseau major: le capitaine de vaisseau Djakaridja KONATE

Directeur de l’information radio Cote d’Ivoire: Salimata SILUE épouse KONATE

DG de l’ANAC a l’aéroport d’Abidjan : SILUE

Nouveau maire de Marcory : Lamine DIABAGATE

Directeur technique de la radio/Fréquence 2: Dala DIABAGATE

DG/CNCE (Caisse Nationale des Caisses d`Epargne): Mamah DIABAGATE

Ambassadeur des États-Unis d’Amérique: Daouda DIABATE

Grande Chancelière de l’Ordre national: Henriette Dagri épouse DIABATE

Ministre de l’Education Nationale : Kandia Kamissoko CAMARA

Directeur des programmes et de la production/ radio fréquence 2: Morané CAMARA

DC Société ivoirienne de construction et de gestion immobilière (SICOGI) : Loukiman CAMARA

DG OIC : Abdul Dramane BAKAYOKO

Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur : Hamed BAKAYOKO

(CEMA) Général de division de l`armée de terre: le général de brigade Soumaïla BAKAYOKO

Ambassadeur de la Tunisie avec résidence à Tunis : Idrissa BAYO

Directeur de cabinet ministère de la culture : Alsseny DEMBELE

Directrice des reportages institutionnels RTI/1ère chaine: Habiba DEMBELE

Ministre de l’Industrie : Moussa DOSSO

Ambassadeur du Cameroun avec résidence à Douala : Adama DOSSO

Responsable du service passeport : Inza DIOMANDE

Gspr (Groupement de la sécurité présidentielle) : Lieutenant-colonel Vagondo DIOMANDE

DG de la Lonaci: Issiaka FOFANA

Directrice commercial et marketing TV2: Damayé Mariama FOFANA épouse Da Chagas

DG de la SOTRA (Société des transports abidjanais): Bouaké MEITE

Secrétariat national à la bonne gouvernance et au renforcement des capacités : Sindou MEITE

Inspecteur Général des Finances : Lassana SYLLA

Directeur cabinet ministère de la jeunesse : moumouni SYLLA

Haca (Haute autorité de la communication audiovisuelle) : Ibrahim SY SAVANE

Ministre de la Promotion du Logement : Nialé KABA

Charge de la reconstruction : Mamadou KEBE

Ministre de la Communication : Souleymane Coty DIAKITE

PCA/ Compagnie ivoirienne d`électricité : Ousmane DIARRA

Ambassadeur de la Guinée /Guinée Bissau, avec résidence à Conakry: Youssouf DIARRASSOUBA

DG du Port d`Abidjan : Sié HIEN

DG adjoint chargé des infrastructures techniques TV2: Adama B. YEO

Directeur TV Bouake : Abou TRAORE

Ministre chargé de l`Intégration africaine : Adama BICTOGO

Chef cabinet ministère de la construction : Brahima DOUMBIA

Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie : Adama TOUNKARA

Ambassadeur de la Libye, avec résidence à Tripoli: Bocoum THIAM

DG population et renforcement capacité : Ibrahim LOKPO

DG Agence Ivoirienne de Presse (AIP) : Oumou Sana BARRY

DG du Port de San Pedro: Hilaire Marcel LAMIZANA

Secrétaire général du gouvernement: Sansan KAMBIRE

Directeur général adjoint/ radio Cote d’Ivoire : Jean-Claude Bettié BAYALA

Senegal : Intégrisme Libéral

Abdoulaye Wade ne changera jamais. Le secrétaire général du Parti démocratique sénégalais est un intégriste. Dans son genre, il s’arroge le droit inaliénable de faire de la politique à tous moments et en maints endroits. Son culte politique ne s’accommode d’aucune autre forme de croyances et ne s’embarrasse d’aucune convenance.

Le Khalife général des Mourides appelle à la cessation de toutes activités politiciennes dans la ville sainte de Touba. Wade organise des séances de tam-tam endiablées aux environs de la grande mosquée. Les intégristes libéraux poussent les frontières de la profanation plus loin. Ils embarquent maintenant leurs concitoyens dans l’univers onirique de l’interprétation des rêves. Convoquer Serigne Saliou Mbacké dans un débat purement politicien est une forme d’attaque terroriste. Mais la voiture de la candidature de Wade semble piégée pour de bon. Au-delà de l’aveu suicidaire du « wax waxeet », la crise du régime libéral est une crise de la volonté libérale, c’est-à-dire leur capacité à commencer quelque chose de nouveau. Et ce n’est écrit nulle part : le stratagème de 2007 ne sera pas forcément efficace en 2012. La vérité du mois d’août n’est pas celle de février. Car à la chandelle, même une chèvre peut sembler demoiselle.

La mobilisation libérale est suspecte. Pour les ambianceurs et autres chauffeurs de salle, Wade est le nouveau Crésus. Le souverain des bords de la Pactole est assis sur un budget colossal de guerre. Mais il faut être objectif. Personne ne peut reprocher aux libéraux de faire de la politique. Le but de tout pouvoir est de se maintenir au sommet. Cependant, aucune fin ne peut justifier tous les moyens. Wade a le droit de donner une réponse politique aux messages politiques de ses adversaires. Mais, pour les Mourides sincères, Serigne Saliou Mbacké est un saint homme. Son nom et son aura ne doivent faire l’objet d’aucune exploitation politicienne. D’autant qu’il y a quelque chose de proprement scandaleux dans les explications fournies par le secrétaire général du Pds tel que rapporté par la presse. Selon Wade, Serigne Saliou Mbacké lui avait fait cadeau d’une bague. Toutefois, si on suit ses explications, il n’avait pas jugé utile de la mettre. Dans un rêve, il aurait vu une bague. Le lendemain, il donne ordre à ses hommes d’aller lui faire le même bijou chez un bijoutier réputé de Paris. Comme par enchantement, il retrouve la même bague sur sa table de chevet un jour. Et ses proches de lui rappeler quelque chose qu’il n’aurait jamais dû oublier : le défunt Khalife général des mourides lui avait fait cadeau du même bijou. En voulant frapper les esprits, Wade fait deux aveux très graves : premièrement, aucun mouride sincère n’oublie un cadeau de cette valeur venant d’un homme de cette hauteur. Deuxièmement, c’est à travers ses propres rêves que Wade valide une recommandation du Khalife général des mourides. Un talibé de cette nature ne court pas les rues de Touba. C’est certain.

A la veille de la Présidentielle de 2007, Wade avait fait la même opération de charme en direction de Serigne Touba. Il avait promis d’investir 100 milliards de nos francs pour moderniser la ville sainte. Mieux, il avait promis de terminer les travaux au lendemain de la Présidentielle. Sa promesse reprise par Serigne Saliou Mbacké avait été perçue comme une consigne de vote par beaucoup de mourides. Non seulement, la promesse n’a pas été tenue, mais Wade a eu le courage de convoquer les difficultés économiques pour se justifier. Entre-temps, le pape du Sopi a construit un monument dit de la Renaissance africaine autour d’une opération foncière de plus de 80 milliards de nos francs. Il a même eu la fantaisie récréative d’organiser un festival des arts nègres tout aussi onéreux. Wade doit respecter les mourides. C’est le minimum. Au cours de sa visite à Touba, nous n’avons pas eu vent d’une quelconque rencontre avec des membres de la famille de Serigne Saliou Mbacké. C’est un signe. Ces derniers sont aujourd’hui engagés dans un bras de fer judiciaire pour rentrer dans leurs droits. Un terrain appartenant au défunt Khalife a été attribué à la société nigériane Dangote par l’Etat dirigé par Abdoulaye Wade. Les lobbys autour des Khalifes et des mercenaires de la foi essaieront toujours de faire dire aux Khalifes ce qu’ils n’ont jamais dit. Wade a promis à Serigne Cheikh Maty Lèye de faire de Touba, une ville plus belle que Dakar dans un an. Le Khalife de lui répondre : « On verra dans un an. » Wade et ses alliés concluent rapidement à une bénédiction du marabout pour le prochain scrutin. Le procédé est malhonnête, mais les intégristes sont toujours les grandes victimes du principe de l’exposition sélective. Ils ne voient que ce qu’ils veulent bien voir. Et ils n’entendent que ce qu’ils veulent bien attendre. Pour se faire exploser, il faut bien avoir un esprit et un cœur cadenassés, n’est-ce pas ?

Aliou Ndiaye/ Observateur

USA : Réouverture de l’ambassade de Libye à Washington

WASHINGTON – Le département d’État américain a autorisé, mardi, l’ambassade de Libye à Washington à rouvrir ses portes sous le contrôle du Conseil national de transition (CNT), l’organe politique des rebelles libyens qui combattent les forces de Mouammar Kadhafi.

Les documents signés par le département d’État donnent aussi aux responsables de la mission l’accès à quelque 13 millions $ d’avoirs de l’ambassade qui avaient été gelés.

Des responsables du département d’État ont affirmé, mardi, que la demande du CNT pour rouvrir l’ambassade avait été analysée et approuvée après la décision de l’administration Obama, le mois dernier, de reconnaître officiellement le CNT comme seul gouvernement légitime de Libye.

L’ancien ambassadeur de Libye aux États-Unis, Ali Aujali, qui a démissionné de son poste pour protester contre la répression des opposants par le régime de Mouammar Kadhafi, devrait être le nouveau chargé d’affaires de la mission.

Le département d’État avait fait fermer l’ambassade de Libye à Washington peu après avoir suspendu ses opérations à l’ambassade des États-Unis à Tripoli, en février.

MATTHEW LEE, THE ASSOCIATED PRESS

La Prière du Pasteur Joe Wright

Un Pasteur qui a de l’audace

Lisez cette prière faite au Kansas à l’ouverture de la session à la Kansas House of Représentatives.

Il semblerait que la prière dérange encore certaines personnes.

Quand le pasteur Joe Wright a été demandé pour dire la prière d’ouverture de la session au Sénat du Kansas, tout le monde s’attendait à une prière ordinaire ; mais voici ce qu’ils ont entendu :

« Seigneur, nous venons vers toi aujourd’hui pour te demander pardon et pour te demander de nous guider.

Nous savons que ta Parole nous dit : « Malheur à ceux qui appellent bien ce qui est mal » Et c’est exactement ce que nous avons fait.

Nous avons perdu notre équilibre spirituel et nous avons renversé nos valeurs.

Nous avons exploité le pauvre et nous appelons cela « La loterie ».

Nous avons récompensé la paresse et nous avons appelé cela « L’aide sociale ».

Nous avons tué nos enfants pas encore nés et nous avons appelé ça « Le libre choix ».

Nous avons abattu des avorteurs et nous avons appelé ça « La justice ».

Nous avons négligé de discipliner nos enfants et nous avons appelé ça «Développer leur estime de soi».

Nous avons abusé du pouvoir et nous avons appelé ça «la politique ».

Nous avons convoité les biens de nos voisins et nous avons appelé ça « Avoir de l’ambition ».

Nous avons pollué les ondes radio et télé avec la grossièreté et la pornographie et nous avons appelé ça «Liberté d’expression ».

Nous avons ridiculisé les valeurs établies depuis longtemps de nos ancêtres et avons appelé ça «Les Lumières».

Oh Dieu, sonde notre cœur ; purifie-nous et libère-nous de nos péchés. Amen. »

*La réaction fût immédiate.*

Un parlementaire a quitté la salle durant la prière.

Trois autres ont critiqué la prière du pasteur et un autre a qualifié cette prière de «Message d’intolérance ».

Dans les 6 semaines qui suivirent, l’Église Central Christian Church, où le pasteur Wright travaille, a reçu plus de 5.000 appels téléphoniques dont seulement 47 étaient défavorables aux propos du pasteur.

Cette église reçoit maintenant des demandes du monde entier, Inde, Afrique, Asie pour avoir la prière du pasteur Wright.